This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.
Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.
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What follows are the entries of 2003-09. For latest entries, see here.
Ce qui suit sont les entrées de 2003-09. Pour les dernières entrées, voyez ici.
2003-09-30 (mardi)
Complètement en vrac. J'ai commencé à écrire une petite introduction / vulgarisation bordélique à la logique mathématique pour mes DEUGs, mais je n'ai pas eu le temps de la finir dans la journée (c'est même assez brutalement interrompu), donc si je le fais ce sera pour la semaine prochaine (mais peut-être sera-ce un de mes nombreux projets commencés et jamais terminés ?). Là je dois me coucher parce que lever tôt demain. Mes TD se passent plutôt bien pour l'instant, le taux d'assiduité est bon, les étudiants sortent lentement de leur torpeur de rentrée, et l'ambiance est encore bonne (cela durera-t-il ? à voir) ; je n'ai pas trop l'impression de les emmerder, j'espère que c'est vrai. Jeudi je vois mon directeur de thèse, ça fait un moment que nous ne nous sommes pas rencontrés, il faut faire sérieusement le point sur le travail restant pour boucler cette thèse. Je suis encore horriblement à la traîne dans les réponses aux mails qu'on m'envoie, il y a quelqu'un qui m'a invité il y a trois semaines à donner un séminaire à Rennes, date à ma convenance, et je ne lui ai toujours pas répondu, et maintenant je me fais tirer les oreilles ; je suis incorrigible. Jeudi soir, assemblée générale de l'association HBO : l'actuel président s'en va, épuisé après une année de dévouement associatif — c'est fou comme la vie associative use les bénévoles qui l'animent. J'ai eu une conversation avec *** (je ne sais pas s'il veut que je le nomme, laissons-le donc anonyme) ; qui me dit d'une part que mon 'blog donne une image négative de moi. D'autre part, à propos de mon look ou absence thereof, que je ne devrais pas essayer de me faire passer pour ce que je ne suis pas : seulement, que suis-je ? et si je tache d'y ressembler, je crains d'obtenir une apparence qui me déplaise furieusement — et (peut-être pire), qui ne plaise qu'à des gens qui me déplaisent. Il faudra que j'en reparle. L'ennui, c'est que pour ressembler à ce qu'on est, il faut aussi savoir ce qu'on est, et je ne le sais pas (ou peut-être que je ne veux pas le savoir). La question se pose aussi de savoir si je fais pédé (indépendamment de la manière dont je m'habille). Quoi d'autre ? Je suis toujours incroyablement fatigué le matin, ça ne s'arrange pas. Bon, ma mère vient me dire bonsoir, alors je vais me coucher, là.
Tiens, le mois de septembre se finit : il va falloir passer à octobre (encore vide à l'instant où j'écris, évidemment) — mais, je le répète, je conseille de lire ce 'blog depuis la page des dernières entrées.
2003-09-29 (lundi)
J'aime et je déteste faire du shopping. J'aime parce que je n'apprécie l'argent qu'en le dépensant (ce qui me procure un délicieux frisson « oh non, je n'aurais jamais dû acheter ça, c'était vraiment idiot et inutile ») ou, mieux, en ayant la possibilité de le dépenser : je suis un pur produit de la société de consommation, je trouve terriblement jouissif de rentrer dans un de ses temples païens et de savourer ma liberté, le choix qui se présente à moi. Mais je déteste aussi, parce que quand je regarde dans les détails, je ne suis pas content de l'offre : je ne sais jamais ce que je veux mais je sais clairement que ce n'est pas là. (Et c'est sans doute pour ça que je n'arrive pas à dépenser tout l'argent que je gagne, qui n'est pourtant pas mirobolant.) En fait, l'impression que je ressens est exactement celle décrite par Lewis Carroll dans Through the Looking-Glass (De l'autre côté du miroir) :
The shop seemed to be full of all manner of curious
things—but the oddest part of it all was, that whenever [Alice]
looked hard at any shelf, to make out exactly what it had on it, that
particular shelf was always quite empty: though the others round it
were crowded as full as they could hold.
Passons. En ce moment, les températures baissent à une vitesse dingue, il faut que je prévoie quelque chose à me mettre pour l'automne et l'hiver. De l'an dernier (je ne sais pas où les choses disparaissent si vite, c'est effrayant, on dirait qu'un vêtement ne peut matériellement pas tenir plus qu'un an), il me reste une doudoune (celio* sport) bien chaude et un bombers (d'aucune marque identifiable) qui arrête le vent à peu près autant qu'une passoire arrêterait les eaux de l'Amazone. Et mon sweat actuel me va bien pour le moment, mais si la température descend en-dessous de 12°C ce n'est plus suffisant. Alors, comment trouver quelque chose qui aille bien avec mon (absence soigneusement calculée de) look ? Ben je ne sais pas, je n'y arrive pas, je viens de passer l'après-midi à chercher, et je suis rentré bredouille (avec juste un parapluie acheté au BHV et un torchon de chez Gap pour tenir le temps d'ici que je trouve mieux). Normalement je trouve des choses qui me plaisent dans les collections par Quiksilver et Schott (tiens, ils n'ont pas de site Web, eux ?), mais là j'ai été déçu.
Aussi, je suis agacé tant par les grands magasins, qui présendent des vêtements chers (il n'y a pas si longtemps, la Samaritaine avait encore quelques articles à un prix abordable) et un choix minable eu égard à leur superficie, que par les petites boutiques où on a parfois l'impression en entrant, à la manière dont un vendeur vous fonce dessus, d'être un moucheron qui vient de se frotter à une toile d'araignée.
Je croise plein de gens dans la rue dont je me dis, tiens, voilà des vêtements intéressants. Erreur — ou illusion d'optique : en vérité, ce ne sont pas les vêtements qui sont beaux, c'est la personne qui est dedans.
2003-09-29 (Monday)
The United States join UNESCO, after slamming the door eighteen years ago. I'm speechless.
What next? Will Switzerland join the UN? Oh, wait…
2003-09-28 (dimanche)
Je suis bien allé le voir, mais je n'ai pas énormément à commenter. Ce n'était pas mal du tout, mais je m'attendais à mieux (malgré les critiques de certains). Il y a beaucoup de bons mots (certains sont même absolument excellents), de réflexions cyniques et percutantes, et quelques pensées vraiment profondes qui sont un peu jetées là ; mais globalement rien de transcendant, et parfois c'est même un peu lourd. L'ensemble est émouvant, sans mélo trop facile, mais sans chercher dans l'infiniment subtil pour autant. Bref : un bon film, pas un chef d'œuvre.
2003-09-28 (dimanche)
[Attention, rant ahead : cette entrée est fort longue (peut-être en ferai-je une page séparée). Mais ça fait un moment que je me propose d'écrire ce mot, qui me tient beaucoup à cœur, alors il faut bien m'y lancer un jour.]
Je pars de l'extrait suivant (daté du 26 février 2002) du Journal interrompu de Sylviane Agacinski (l'épouse de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, mais c'est ici « en tant que » philosophe qu'elle parle, de sorte que cette précision est peu pertinente), dont je recommande au passage la lecture :
- Je comprends que l'on parle des complications de l'identité sexuelle, puisque le masculin et le féminin ne s'appliquent pas simplement aux hommes et aux femmes et que chacun est mixe, à sa façon. Dans cette mesure, on peut dire qu'il y a plus de deux « genres ». Mais je conteste que cette multiplicité, cette multiplication des genres, puisse jamais réduire, encore moins annuler, la division sexuelle originaire. Il y a au moins deux genres, et là est l'irréductible.
- L'hétérogénéité sexuelle de l'espèce fonctionne comme modèle de toutes les divisions — comme de toutes les oppositions hiérarchiques.
- Toute neutralisation de la différence (comme de dire que la binarité sexuelle est disséminée jusqu'au point où « elle cesse de faire sens ») est contraire à ce qui relève pour moi de l'ordre d'une expérience élémentaire. Ainsi la possibilité d'être enceinte et porter un enfant constitue-t-elle une épreuve absolue de l'altérité sexuelle de deux façons au moins : elle est l'épreuve du corps maternel, qui accueille en lui un autre ; et elle est l'épreuve de l'altérité sexuelle, celle du mâle sans lequel le corps féminin ne peut être fécond.
D'autres expériences, fort obscures, font que n'importe quel homme m'est toujours étranger, toujours étrange, même si je l'aime, alors que n'importe quelle femme est un peu une sœur — même si je ne l'aime pas. Et la lionne elle-même m'est plus proche que le lion. […]
- Enfin le différend sexuel est beaucoup plus ancien et profond que la division secondaire entre homosexuels et hétérosexuels. L'affirmation de caractères ou de valeurs liés à l'homosexualité en général ne devrait pas être affaiblie par le fait que les gays sont des hommes et les lesbiennes des femmes. Ce que l'on peut dire, c'est qu'il y a plusieurs « genres » de femmes, et plusieurs « genres » d'hommes, et non un seul de chaque « côté ». Mais il n'y en a pas moins deux côtés : penser la femme comme l'autre côté de l'être humain. Non pas son mode mineur, ou faible, mais son autre face.
- Selon Augustin, Ève a été tirée d'un côté d'Adam, et non de sa côte (latus, et non costa).
- Les genres se démultiplient, mais ils ne se neutralisent pas (contrairement au ni… ni… de la pensée queer).
Je suis parfaitement en accord avec ces remarques (à quelques
détails près), et surtout avec l'utilisation du mot
profond
(le différend sexuel est beaucoup plus […]
profond que la division secondaire…
). C'est
essentiellement sur ce point que je voudrais insister.
En bref : je suis un homme (vir — individu de genre masculin) avant d'être homosexuel. Certainement les deux qualifications ont leur importance (comme beaucoup d'autres, je vais y venir), mais la première, l'affirmation de mon genre (tant biologique qu'identitaire) en a nettement plus que la seconde, affirmation de mon orientation sexuelle.
Pourquoi éprouvé-je le besoin de le souligner ici (et maintenant) ? Je vais tenter d'expliquer pourquoi je pense cette profession de foi capitale et ce qu'elle signifie concrètement (car ce n'est pas qu'une déclaration abstraite et une pétition de principe sub specie æternitatis).
Pour commencer, peut-être ma proclamation suprendra-t-elle des lecteurs de ce 'blog : on ne compte plus les entrée dans lesquelles j'ai cru utile de rappeler que j'étais pédé — à peu près chacune, en fait, celle-ci comprise — alors que je n'ai pas cru nécessaire d'insister lourdement et péniblement sur le fait que, sans contrefaçon, je suis un garçon. Mais cette insistance est trompeuse : les faits les plus fondamentaux ne sont pas ceux sur lesquels nous devons insister le plus constamment (deux plus deux font quatre, répétez après moi, deux plus deux font quatre…), et parfois le langage le fait pour nous : chacun de nos mots présuppose tout l'Univers et toute notre conception d'icelui. En l'occurrence, chaque phrase dans laquelle j'accorde avec moi un adjectif ou un participe au masculin renvoie à mon genre, ce n'est pas un choix délibéré de ma part, c'est simplement la grammaire française qui le veut (d'autres langues ne le font pas), mais ce n'est pas pour autant anodin. (Je ne compte pas faire une petite crise de Sapir-Whorf-isme, je vous rassure, ni prêter allégeance à Lacan.) Et au-delà du langage : il n'est pas forcément évident, quand on me croise dans la rue, de m'identifier comme gay, alors qu'il est passablement clair que je suis un garçon (sinon, vous avez besoin de lunettes).
Concrètement, cela veut dire que je me sens le plus proche, que j'ai le plus de facilité à m'identifier, dans ma sensibilité, dans ma manière d'appréhender le monde (je ne parle pas spécifiquement de la pensée rationnelle, que je crois asexuée), d'un homme hétérosexuel que d'une femme (quelle que soit son orientation sexuelle). Certainement, je partage avec les lesbiennes l'appartenance à une minorité identifiée par son orientation sexuelle, et donc un certain nombre de valeurs ou de revendications qui peuvent procéder de l'appartenance à cette minorité. Certainement, je partage avec les « hétéroïnes » une attirance affective ou sexuelle pour le genre masculin. Mais l'appartenance à ce genre masculin prime sur l'attirance ressentie pour lui. Et la femme, la féminité, me restent distantes et inaccessibles, même incompréhensibles (Das Unbeschreibliche, / Hier ist's getan; / Das Ewigweibliche / Zieht uns hinan). J'insiste sur le fait que je ne parle pas ici de la pensée rationnelle, qui assurément ne connaît pas les frontières du sexe (ni peut-être celles de l'espèce, cela est un autre problème) : mais réduire l'individu à l'étroitesse de la pensée rationnelle est une fort singulière limitation de sa richesse et de sa diversité.
Concrètement, cela veut dire aussi que je trouve extrêmement blessante l'habitude qu'ont certains (notamment des homosexuels eux-mêmes, justement) de parler au féminin des garçons homosexuels ou de les désigner par des mots féminins (si j'ai écrit que « pédé » ne me gêne pas, en revanche je trouve « tapette » ou même le censément affectueux « tapiole » très insultants). Évidemment, je reconnais à tout le monde le droit de se désigner comme ils le veulent : juste soyez assez aimables pour ne pas dire « elle » en parlant de moi, merci (ni « elles » d'un groupe dont je fais partie — si vous n'aimez pas le fait que la grammaire française demande le masculin à moins que tous les membres du groupe soient féminins, dites par exemple « elles et ils »). Il va de soi que je ne trouve rien d'insultant au féminin in ipso : c'est juste que je ne m'y rattache pas. Au demeurant, ce sont autant les femmes qui pourraient être insultées de la suggestion que prendre un homme et lui retirer son goût pour les femmes fait de lui un individu féminin : quel singulier outrage à la dignité féminine que de penser qu'une femme est un homme « avec quelque chose en moins » !
Si je souligne aussi lourdement, c'est que cela correspond pour moi à un lourd traumatisme (et mon but n'est donc pas ici seulement de débiter mes théories mais aussi de parler de moi, ce qui est normal, c'est mon 'blog et c'est fait pour ça). Je n'ai jamais eu le moindre problème pour m'identifier moi-même (par rapport à moi-même, j'entends : devant les autres il m'a fallu plus de temps) comme homosexuel, ni évidemment comme individu de sexe masculin ; mais l'image que la société (ou que ma vision, adolescent, de la société) me renvoyait de l'homosexualité masculine, apparemment associée à des caractéristiques féminines ou efféminées que je ne trouvais pas du tout en moi, m'a causé un profond trouble identitaire. Comment pouvais-je réconcilier ma masculinité (ou, n'ayons pas peur du mot, ma virilité) avec mon homosexualité alors que toute l'iconographie ou l'idéologie que je recevais au sujet de ces idées les présentait comme contradictoires ? Comme je ne pouvais douter de ma masculinité (je suis en train de le dire, c'est ce qui est le plus significatif), j'ai pu me demander si ce que j'identifiais comme de l'homosexualité n'était pas une erreur de jugement de ma part : il m'a fallu un certain temps avant de comprendre qu'il n'en était rien, c'était seulement une certaine représentation de l'homosexualité qui ne correspondait pas à la réalité. Maintenant je fais un rejet extrêmement fort de l'association d'idées entre l'homosexualité masculine et la féminité ; rejet qui pourtant n'a rien à voir avec une « follophobie » comme certains en éprouvent (et que je réprouve), mais seulement avec un traumatisme d'adolescence.
Passons. Cependant j'en profite pour demander s'il est réellement
opportun de rassembler, comme on le fait fréquemment, les transgenres
et transsexuels, avec les homosexuels. Au-delà du fait trivial que
tous ces groupes prônent de façon générale une plus grande tolérance
sexuelle de la société (mais ce fait-là regrouperait également les
zoophiles ou adeptes du sado-masochisme, par exemple) et peut-être la
demande que la loi n'ait jamais connaissance du genre d'un individu,
je ne vois pas ce qui regroupe les transgenres et les homosexuels. Et
à vouloir assimiler ceux-là à ceux-ci ou ceux-ci à ceux-là, on risque
de perdre de vue que leurs revendications ne sont pas du tout les
mêmes (bien qu'elles puissent s'allier) ; donc oublier la spécificité
des transgenres et entretenir des idées fausses sur les homosexuels.
Je maintiens : l'homosexualité n'a rien à voir avec une confusion
des genres (pas plus que la transsexualité, d'ailleurs), c'est au
contraire nier l'existence même de l'homosexualité que de la ramener à
une confusion des genres (le ni… ni…
dont
parle Sylviane Agacinski) dans laquelle il n'y aurait plus
d'homosexualité ni d'hétérosexualité mais une pansexualité tout
simplement contraire à l'observation la plus immédiate. Et c'est
aussi ignorer la bisexualité (un oubli trop fréquent) que prétendre
qu'il y a un clivage fondamental entre l'hétérosexualité et
l'homosexualité.
Je ne prétends évidemment pas qu'il existe une séparation absolue
et infrangible entre les genres. D'abord, ce n'est pas parce que
j'insiste sur l'existence et l'importance de l'altérité sexuelle que
je nie pour autant le fait que nous ayons chacun en nous des
caractéristiques identifiables comme masculines et d'autres que l'on
pourrait qualifier de féminines. C'est d'une telle banalité que j'ai
presque honte à le dire ; mais parfois il faut défoncer les portes
ouvertes pour être sûr d'être parfaitement bien compris. Je ne
prétends nullement jouer au « macho », nier ou rejeter ma féminité en
affirmant distinctement que je suis un individu de sexe et de genre
masculin et en proclamant ma fierté quant à ma virilité, ni même en me
prétendant incapable de comprendre la femme ; je prétends en revanche
que cette féminité en moi n'a pas à voir avec mon homosexualité. Et
je prétends encore que si l'on passe de l'affirmation (banale et de
peu d'intérêt) « il y a du masculin et du féminin en chacun d'entre
nous » à « tout est en tout et réciproquement » on risque de sombrer
dans une eau de vinaigre intellectuelle qui ne mène à rien. S'il faut
une illustration, je propose plutôt cette très jolie phrase (que j'ai
d'ailleurs déjà citée) : I'm more man than you'll ever be and more woman than
you'll ever get
.
Mais continuons à attaquer au bélier les rares portes ouvertes encore intactes : il est évident qu'encore plus important que notre genre est le fait que, femmes et hommes ensemble, nous soyons des humains. Car la discrimination, toute discrimination, et notamment celle fondée sur le sexe, vient non d'une exagération de la différence entre les genres, mais de l'oubli simple de cette donnée vitale : notre genre est masculin ou féminin peut-être, mais c'est aussi le genre Homo (pun unintended, mais assurément bienvenu). N'oublions pas non plus que nous sommes encore d'autres choses. Par exemple : des mammifères ; cela peut paraître très bête à dire, mais de notre identité mammalienne proviennent certaines des fonctions « nobles » de notre cerveau, les émotions les plus importantes (dont l'amour maternel) ; donc je le dis sans crainte du ridicule, soyons fiers d'être des mammifères, voyons en les chats, les chiens, les rats et les vaches nos cousins, et n'ayons pas peur de dire que nous avons survécu là où les dinosaures ont péri. Je laisse au lecteur le soin de trouver ce qui doit être tiré de notre identité de primates, de vertébrés, et tout simplement d'êtres vivants (et quelle importance doit être donnée à chacune).
Merci de votre attention. Vous pouvez maintenant faire passer les mèmes. ![]()
2003-09-27 (samedi) · Nouvel An Juif (5764)
Mes petits neurones lents ont enfin fait l'association d'idées que je cherchais à trouver depuis un certain temps, maintenant, et m'ont rappelé le titre du film que j'essayais de connecter avec l'« affaire » Vincent Humbert, dont on parle beaucoup en ce moment (et sur laquelle je ne dirai rien, parce que je ne saurais rien dire d'intéressant qui n'ait déjà été dit quantité de fois) : c'est Johnny Got His Gun (Johnny s'en va-t-en guerre). Un film absolument insoutenable — je n'ai pas réussi à le regarder jusqu'au bout — qui raconte l'histoire d'un soldat qui, touché par un obus, a perdu ses jambes, ses bras, et sa face (yeux, oreilles, nez et bouche), mais est resté vivant, et ne comprend la vérité que progressivement, trouve un moyen de communiquer avec l'extérieur (en morse en bougeant la tête, je crois) et demande qu'on lui donne la mort. Le film est d'ailleurs basé sur un roman du même auteur.
2003-09-27 (samedi) · Nouvel An Juif (5764)
J'irai voir Les Invasions barbares (voir aussi sa fiche Allociné) demain soir (dimanche 28, donc) à la séance de 20h à l'UGC Ciné-Cité Bercy. S'il y a des gens qui veulent me tenir compagnie, ce sera avec plaisir.
J'ai beaucoup entendu parler de ce film, tant en bien qu'en mal. Mes parents avaient énormément aimé Le Déclin de l'empire américain en '86 (il est dommage qu'ils n'en aient pas profité pour ressortir ce film-là), donc je trouve qu'il peut être intéressant de voir la suite et de me faire ma propre idée.
2003-09-27 (samedi) · Nouvel An Juif (5764)
Le « 1er salon européen gay et gay friendly » (dixerunt) s'installera à Paris Expo porte de Versailles les 18 et 19 octobre 2003. J'ai vu quelques affiches. À part ça, impossible de tirer quelque info que ce soit de leur site Web tout pourri tout en flash et donc impossible à naviguer sans criser (ne serait-ce qu'à cause de la lenteur de réaction). Je me suis toujours demandé ce qu'on trouvait au juste à exposer dans un salon de foobar pour toute valeur de foobar, et celui-là ne fait pas exception.
2003-09-27 (samedi) · Nouvel An Juif (5764)
Je déteste la flûte à bec quand elle est dans les mains d'un enfant qui croit que c'est un jouet apparenté à un sifflet (mais c'est à peine mieux s'il s'applique et qu'il ne connaît que quatre notes). C'est un instrument qui porte incroyablement loin et fort, et qui est vendu librement dans le commerce au lieu d'être soumis aux prix prohibitifs de tous les autres instruments de musique, de sorte que les parents ou les instituteurs trouvent bon de le mettre dans les mains de ces horribles garnements.
Or voilà que ce matin (enfin, soyons honnête : ce midi) le fils de mes voisins est sorti en jouer sur la terrasse (dont j'ai déjà noté que c'était l'endroit où l'isolation phonique est déplorable entre chez eux et chez moi). J'ai eu droit à pas mal de répétitions de toutes les permutations des quatre notes qu'il connaît, et aussi beaucoup du jeu de « je bouge mes doigts n'importe comment sur la flute en soufflant et je vois ce que ça produit comme son ». Plus quelques disputes avec sa sœur qui voulait peut-être jouer elle aussi.
C'est très gentil, les enfants, d'avoir pensé me faire un petit concert, mais j'aurais préféré continuer à dormir. Bon, là, j'ai décidé de me lever, pas tant parce qu'il était midi que parce que j'aurais sans doute fait des rêves bizarres où des enfants de huit-douze ans se font massacrer de toutes les façons possibles (mais très sanglantes) par des vengeurs armés de flûtes.
Certains vont peut-être me demander pourquoi je n'utilise pas de boules quies ou autres protections auditives en mousse. J'en ai, mais je trouve ça assez gênant, et j'apprécierais peu d'être condamné à dormir chacune des nuits de ma vie avec ces accessoires à cause des petits pénibles d'à côté qui une fois par mois décident de m'emmerder.
Devrais-je écrire une lettre à mes voisins ? Passer les voir pour m'expliquer ? Ou ignorer simplement la chose ?
2003-09-27 (Saturday) · Jewish New Year (5764)
I forgot, last Monday (Primidi 1er Vendémiaire), to wish everyone a happy new year CCXII; and I forgot, last Saturday (12.19.10.11.0 on the Long count, 4 Ahau 8 Chen, rule of the Fourth Lord of the Night), to wish everyone a happy new round of the Tzolkin; and I even forgot, Friday two weeks ago (Tut 1 and Maskaram 1), to wish you a happy new year 1720 and 1996; but today it is not too late to wish everyone a happy new year 5764. The nice thing about the totally crazy number of calendars that mankind has come up with is that there's always some kind of new year to celebrate (I'll let you figure out what they stand for; please consult your local Emacs for more details).
So, whatever your calendar, and whatever your culture, I wish you a happy new year and a happy rest of your life.
On 2003-12-20 (December 20), I will be 10000 days old. Please remind me if I forget.
2003-09-26 (Friday) · New Moon
[Traduction française ci-dessous.] It seems that we
(“we” being the opponents to the patentability of
programming techniques and software concepts) have scored, against all
odds, an important
point in Wednesday's European parliament session. Do not cry
victory
too soon, though! This is only a first reading,
and it remains to be seen whether the parliament and the European
Council can agree on a common text. But, for the first time in
decades, it seems that all is not dark for those of us who oppose
systematic and thoughtless reinforcement of so-called
“intellectual property” rights.
[French
translation of the above.] Il semble que nous (« nous » étant
les opposants à la brevetabilité des techniques de programmation et
concepts logiciels) ayons marqué, contre toute attente, un point important
lors de la séance du parlement européen de mercredi. Ne criez pas
victoire
trop vite, cependant ! Ce n'est qu'une première
lecture, et il reste à voir si le parlement et le Conseil européen
peuvent se mettre d'accord sur un texte commun. Mais, pour la
première fois depuis des décennies, on dirait que tout n'est pas noir
poru ceux d'entre nous qui s'opposent à un renforcement systématique
et irréfléchi des dénommés droits de « propriété intellectuelle ».
2003-09-26 (vendredi) · Nouvelle Lune
Une émission très intéressante à l'instant sur France 5 consacrée au divorce. Je n'imaginais pas que ce n'était qu'en 1975 que le divorce par consentement mutuel avait enfin été réintroduit en France (avant n'existait, et depuis 1884, que le divorce pour faute), dans la foulée de la loi Veil [et pas Weil, bien sûr ! merci Chrodegang] sur l'interruption volontaire de grossesse : même si le président d'alors (Valéry Giscard d'Estaing) n'a plus trop la cote actuellement (et je m'abstiendrai de dire quoi que ce soit sur son Premier ministre d'alors, qui a en tout cas fait preuve d'une belle longévité politique), il faut au moins lui savoir gré d'avoir reconnu la nécessité de faire enfin adopter des lois indispensables pour refléter l'évolution des mœurs et des mentalités.
Certaines mesures provoquent une très vive polémique au moment du débat parlementaire, et sont, quelques années plus tard, reconnues à peu près universellement comme des acquis sociaux indéniables et irrévocables ; un demi-siècle plus tôt ils pouvaient paraître absolument inimaginables. C'est sans doute ça que l'on appelle le progrès (social) : le législateur le précède-t-il ou le suit-il ? je l'ignore, mais certainement il doit l'accompagner.
J'aimerais avoir un tableau récapitulant, pour les grands pays du monde, les dates des principales mesures ponctuant cette marche vers le progrès : liberté de la presse, liberté d'association, abolition de l'esclavage, fin des discriminations raciales (du moins de jure ! pour le de facto, je crois qu'on attend encore), égalité entre hommes et femmes (notamment pour le droit de vote), séparation de l'Église et de l'État, dépénalisation de l'avortement, abolition de la peine de mort, etc. Et il serait intéressant d'attribuer un « score de progrès » aux différents pays comparés, sur la base des dates de ces mesures (avec, bien sûr, une pénalité pour celles qui restent à accomplir).
Cela soulève aussi l'évidente question : si nous pouvons voir les marches qui sont derrière nous, quelles sont les prochaines que nous devons gravir ? Et, dans un demi-siècle (si le destin nous prête vie), nous qui nous croyons maintenant Éclairés, aurons-nous encore la clairvoyance de reconnaître le progrès où il sera ? ou au contraire serons-nous dépassés par la nouveauté comme l'ont été certains grands esprits, prêts à accompagner le progrès jusqu'à un certain point seulement ?
2003-09-25 (jeudi)
Bradshaw écrit dans son 'blog :
c'est vrai que y'en a qui ne doute de rien. moi je suis plutôt très difficile sur le physique des garçons, je ne sors qu'avec des mecs que je juge mignon, bon un soir, bourré, dans le noir je peux me laisser surprendre, mais ça ne dépassera pas la soirée et on ne couchera jamais ensemble. même très moches ils ne doutent de rien, les dents jaunes (mais il pense vraiment que je vais mettre ma langue là dedans ?! serieux, il le crois ?!), la calvitie naissante, une peau blanche et grasse qui permet de compter chaque pore, le corps flasque et bedonnant, j'ai tout connu et parfois tout en même temps.
parfois je me dis que je ne devrais pas m'arrêter au physique de la personne, idéalement c'est ce que je voudrais, pouvoir dépasser ça… mais une fois au lit, c'est très concret et il faut pouvoir s'emballer un peu sur la personne (surtout moi qui a déjà du mal à m'emballer avec des bombes, alors avec des thons).
Mais je ne sortirais jamais (sur la durée) avec un mec qui est juste beau, il faut qu'il me touche (c'est malheureusement rare) par son intelligence et sa sensibilité (ça aussi j'ai bcp connu, les mecs mignons mais très cons).
— ce qui me donne envie de réagir, mais je ne suis pas sûr de
savoir comment.
(Mais je précise bien que ce
n'est pas pour marquer un total désaccord.)
Je sais que je suis très influencé par la beauté physique. Je n'ai jamais réussi à déterminer si, au juste, j'étais « exigeant » ou pas, ni dans quelle mesure mes goûts étaient banals, mais ce qui est certain est que l'apparance physique conditionne assez largement mon comportement à l'égard d'une personne, et que j'en suis complètement conscient. On a beau dire, même l'amitié n'est pas entièrement détachée de ces considérations : il y a, tout simplement, des têtes qui ne me « reviennent pas », et j'ai énormément de mal à dépasser ce jugement (et je ne pense pas être seul dans ce cas). Quant au fait de coucher, euh, j'ai un peu oublié ce que ça signifie (ça fait trop longtemps que je n'ai pas pu réviser), mais je crois à peu près clair que mes critères sont uniquement d'ordre physique ; enfin, malheureusement pour moi, je n'ai jamais couché avec un garçon que je trouvasse joli, donc, en fait, je ne peux pas vraiment parler de critères.
Ce qui m'amuse, c'est de voir que certains (en tout cas Bradshaw,
ci-dessus : parfois je me dis que je ne devrais pas
) s'en
excuseraient presque. Il traîne dans certains cerveaux le mème que je pourrais résumer
ainsi : l'apparence physique n'est pas ce qui compte chez une
personne, ce qui importe est quelque chose de bien plus profond, et il
est injuste de refuser d'aimer quelqu'un parce que son apparence n'est
pas la plus belle, sans voir sa beauté intérieure
; je peux
illustrer cette idée par l'histoire de La Belle et la
Bête, par exemple, ou de Notre-Dame de Paris, ou
par une certaine phrase tirée du Petit Prince de
Saint-Exupéry (concernant le cœur et les yeux) que je ne
reproduirai pas ici parce qu'on l'a trop entendue. Or je souhaite
souligner la profonde absurdité de ce mème. Certes, ce n'est
pas la faute de Pierre s'il est laid, mais ce n'est pas non plus sa
faute s'il est stupide, s'il est colérique, s'il est dépressif, comme
ce n'est pas sa faute s'il est pauvre ou malade. Il n'y a pas plus de
justice ou de logique à aimer les hommes intelligents et bons qu'à
aimer les beaux ou les riches. Mais une certaine conception du
dualisme cartésien, donnant à la res cogitans (la
pensée, l'apanage de l'humain) la supériorité sur la res extensa (la matérialité, le corps), nous pousse
à avilir la beauté, perçue comme quelque chose de « superficiel » (or
la beauté, comme l'intelligence, ne sont que des manifestations d'un
certainement ordonnancement de nos cellules à tel ou tel endroit, sur
lequel nous pouvons plus ou moins agir).
La notion de justice n'a rien à faire dans le cadre des relations affectives : il n'est pas notre devoir de réparer les inégalités du monde ! cela peut parfois être à notre honneur, mais dans ce domaine-là c'est plutôt douteux. Vais-je me plaindre, moi, qu'Untel m'a été injuste parce qu'il n'a pas répondu à mon amour (et il y en a des quantités) ? Ce serait crétin. En introduisant cette idée nous introduisons aussi un sentiment de culpabilité qui ne sert personne et blesse inutilement ceux qui voient un écart entre leurs sentiments et ce qu'ils voudraient qu'ils fussent.
En bref : déculpabilisons ceux qui croient que la beauté est quelque chose de futile à aimer. Je ne dis pas qu'il faut la vénérer, ou se moquer de ceux qui prétendent aimer Cyrano pour son esprit, je dis juste que ces derniers n'ont pas à se croire plus nobles que ceux qui préfèrent Christian pour sa beauté. Ce n'est pas par de pieuses résolutions ou des considérations morales douteuses que nous renverserons nos critères d'affinité, qui sont profondément personnels et n'ont pas à être jugés ou examinés par la raison.
Évidemment, je compatis avec ceux qui, défigurés (par exemple), se sentent exclus de l'amour de tous pour une raison dont ils ne sont nullement responsables. Au moins peuvent-ils se dire que la beauté des autres, qui les rend jaloux, ne durera pas, elle est chose beaucoup plus éphémère que la bonté d'âme qui rend jaloux ceux qui se sentent exclus parce qu'ils sont méchants, lesquels sont finalement plus malheureux, sans doute. Je pourrais aussi parler de ceux qui se sentent exclus sans être défigurés ni méchants et qui se demandent encore pourquoi. Écrivez un 'blog, ça ne résoudra pas vos problèmes mais ça vous permettra de perdre autrement le temps que vous ne passez pas entre les bras d'un joli garçon / d'une jolie fille.
Bradshaw écrit encore :
quand je me retrouve avec un mec dont l'apparence empêche la naissance de toute éventualité d'une relation, il faut jouer serré : si le mec est sympa, et pas trop con, je prends un air enjoué et je parle. bcp. surtout éviter de relever la moindre de ses allusions vaguement sexuelles, changer de sujet, ne pas y faire attention, se tenir à distance toujours raisonnable pour parer à toute attaque frontale, désexualiser la conversation, éviter tous propos qui pourraient être mal interprêtés, ne pas minauder (essayer), si le mec fait un compliment dire merci et passer à autre chose, ne pas faire trop durer les choses (le temps consacré peut apparaîte comme un signe d'intérêt)…
— et là je suis mort de rire de reconnaître exactement la manière dont certains agissent avec moi.
Je rajoute enfin que j'apprécie beaucoup plus la flatterie quand on
me dit que je suis beau (ce qui arrive fort rarement,
d'ailleurs
) que quand on me dit que je suis intelligent
(ce qui a le don de m'agacer prodigieusement, même) ; et si on veut me
flatter en ne me disant ni l'un ni l'autre, le mieux est de dire que
je suis gentil (ou drôle, ou que sais-je encore). Certes, la
flatterie ne vous mènera à rien avec moi (et je ne vous croirai pas
une seule seconde, quoi que vous disiez), mais, surtout, que ça ne
vous empêche pas d'essayer ! ![]()
2003-09-24 (mercredi)
Je donne immédiatement mon choix de trois livres, établi au prix d'immenses déchirements : L'Aleph de Jorge Luis Borges, La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux et Les Trophées de José Maria de Heredia. Un choix terriblement difficile à faire, comme je viens de le dire, mais que je tente de justifier un minimum :
Voici maintenant, pour prolonger cette liste même si le seul choix de trois sera « pris en compte », ceux que j'ai écartés avec le plus de regret (listés à peu près en vrac) :
— mais je m'arrête là : je n'ai pas l'intention de faire une liste complète des livres qui m'ont plu, ce serait un peu longuet. Et sinon, où que je mette la limite, il y aura des déchirements : voilà juste ce à quoi je pensais sur le moment parmi mes livres préférés, et je suis sûr que j'en ai oublié de très importants.
Merci à McM pour avoir signalé cette opération BiblioBlog.
2003-09-24 (mercredi)
Comme je l'ai dit, le projet professionnel est un module d'enseignement que j'ai pris cette année et que je ne connaissais pas encore. Les étudiants doivent effectuer un travail de recherche documentaire sur un métier qu'ils envisagent, pour arriver à la fin du semestre à une soutenance orale (par équipe formée de choix de métiers proches) et un rapport écrit (individuel) : notre tâche (à deux enseignants pour un groupe) est juste d'encadrer et d'animer les TD (et de juger rapport et présentation finaux).
La première séance était aujourd'hui. C'était un peu déroutant, je n'étais pas trop sûr de savoir comment orienter ou assister les étudiants dans leurs réflexions — j'ai eu l'impression d'être passablement inutile ; heureusement, ma binôme d'enseignement est une habituée de ce module. Déroutante aussi la variété de choix et de précision des idées des étudiants : l'un veut devenir prêtre ou moine (et doit constituer une équipe seul, parce qu'aucun thème proche n'est apparu), un autre chercheur spécialisé dans la démystification du paranormal, d'autres encore ont du mal à voir plus clairement que le fait de chercher dans l'“informatique”, certains enfin forment une équipe sur “vétérinaire en zoo”… Ambiance générale assez surréaliste !
Peut-être aussi un peu déstabilisant le fait de retrouver dans le groupe un des nouveaux avec qui j'avais bavardé lors du buffet d'accueil de rentrée de l'association des étudiants homos de la fac jeudi dernier ; enfin, il n'a pas laissé transparaître la moindre réaction (bon, je n'en dirai pas plus, je ne vais pas l'outer non plus).
2003-09-24 (mercredi)
Jérémie Rénier. OK, OK, toujours désespérément banal. Tiens, il a quatre ans de moins que moi. Ouin, je suis vieux.
2003-09-24 (mercredi)
Sur la liste des étudiants de mon groupe de TD, il y a une seule fille : et elle ne vient pas. OK, le DEUG MIAS est très majoritairement masculin, mais les années précédentes j'avais quand même autour de 5% ou 10% de filles.
Il faudra que je voie combien il y en a sur l'ensemble de la section.
2003-09-23 (Tuesday) · Autumnal Equinox (2003-09-23T10:46:44.54Z)
Major announcement: portable OpenSSH versions 3.7p1 and 3.7.1p1 contain a vulnerability (potential remote root exploit) due to an error in PAM library management code; version 3.7.1p2 fixes this problem. So I go through all the Unix machines I administrate and, for each one, upgrade the OpenSSH to one that does not have the problem.
2003-09-23 (mardi) · Équinoxe d'Automne (2003-09-23T10:46:44.54Z)
Je crois qu'il ne s'est pas trop mal passé. C'est un peu difficile à juger, parce que les étudiants ne réagissent que très peu en apparence (mais ils n'en pensent pas moins) : s'il est vrai que tout se joue lors de la première séance, ce n'est qu'après quelques semaines qu'on apprend comment les choses se sont vraiment jouées. Les principaux risques : passer pour un chieur, passer pour un incapable, passer pour un guignol. J'ai l'impression de les avoir évités, mais ce n'est pas certain non plus (surtout pour le dernier). Je remets ça demain, de toute façon (horriblement tôt ! je couche chez mes parents à Orsay cette nuit), nous verrons ce que donne le deuxième contact.
2003-09-23 (Tuesday) · Autumnal Equinox (2003-09-23T10:46:44.54Z)
I have just received from Amazon.com my copy of the Unicode standard, version 4.0. For those who do not know what this is, the Unicode standard is, in a nutshell, a computer standard that seeks to provide a uniform encoding (computer representation) for all human scripts, past and present—an infinite job, of course, that will never be complete, but which is nevertheless proceeding at its own pace. Unicode is what permits any well-conceived computer file format, for example any HTML page, to contain characters, even mixed, from an incredible variety of alphabets and scripts; you can test your system's Unicode conformance (browser and scripts) by viewing this Unicode test page, which gives a small sample of Unicode from a few different scripts, together with images of what they should look like. Before Unicode, it was certainly possible to write an HTML page, say, in Japanese, or in Hindi, but it was impossible to write one that contained both Japanese and Hindi (in the same file).
But this Standard, and, beyond the standard itself, the 1500-pages printed form of the standard—the book I just bought—is truly amazing. This is a book about Writing (with a capital ‘W’), a beautiful one, and, turning its pages, one discovers many an elegant and artistic script, whose very existence had sometimes gone unsuspected (I had certainly never heard of Shavian until I learned about it from Unicode; actually, I hadn't even heard of Yi either, which is less forgivable). Have you ever beheld the strange serpent-like signs of Syriac? The graceful curves of Gujarati? The strange loops of Georgian? The treelike glyphs of Ethiopic? The deceptively simple Cherokee? The mysterious pictures of Linear B ? If not, you should have a look at the Standard (all of whose pages can be found in PDF format on the Unicode Web site).
The Unicode standard is one of Man's dreams: one standard to rule all scripts. It is also an endless pursuit: version 3.0 of the Standard (which I had also bought in printed form) already contained 27496 Chinese ideograms (simplified and unsimplified alike), and version 3.1 added another 42711 to these, making a total of 70207—probably the single largest collection of Chinese ideograms ever compiled, more than any dictionary ever published, or any collection of printer's glyphs; and rest assured that more ideograms will yet be found and added to the Standard.
But there are also important omissions in Unicode. The largest and most remarkable one is probably that of Egyptian hieroglyphic: it will certainly take years of work before a decent repertoire of glyphs for Egyptian can be added to the standard, even as a start. (I look forward to the day when I can quote the Book of the Dead in the original in my Web pages—and have it display correctly everywhere!) Unicode guru Michael Everson has written a very interesting note, Leaks in the Unicode Pipeline: Script, Script, Script…, on some of the scripts that remain to be encoded and how difficult it will be to include them someday. Well, good luck with this heroic task!
2003-09-22 (lundi) · Nouvel an républicain (1er Vendémiaire an CCXII)
L'équinoxe d'automne, c'est demain, mais l'heure à laquelle il se produit n'est pas entièrement claire : voici une copie d'un email que j'ai envoyé à Pierre Bretagnon de l'Institut de mécanique céleste et de calcul des ephémérides, et qui peut intéresser les astronomes de service—
Date: Sat, 20 Sep 2003 16:48:02 +0200
From: David Madore <david>madore
ens
fr
To: Pierre Bretagnon <pierre>imcce
fr
Subject: instant de l'équinoxe
Message-ID: <20030920164802.A14194@clipper.ens.fr>
User-Agent: Mutt/1.2.5.1i
Content-Length: 1913
Lines: 41
Bonjour,
Je me permets de vous contacter parce que j'ai vu votre nom associé à
plusieurs théories planétaires et de rotation de la Terre, donc vous
êtes sans doute la personne la plus compétente pour répondre à ma
question. Je précise que je suis pour ma part thésard en maths pures
(en géométrie algébrique) et intéressé par la mécanique céleste à
titre de hobby.
En une phrase, ma question est : quelle est la définition précise de
l'équinoxe (d'automne, en l'occurrence, parce que c'est celui qui
arrive dans trois jours) ?
Naïvement, j'aurais dit, c'est l'instant où le soleil vrai arrive à
l'ascension droite de 12 heures et déclinaison de 0 degrés mesurés par
rapport à l'équinoxe vrai de la date, ces deux événements étant
simultanés par définition du système de coordonnées. Mais j'ai
consulté le serveur d'éphémérides sur le site du Bureau des
Longitudes, et j'y apprends avec une petite dichotomie que le soleil
aura l'ascension droite de 12 heures mesurée par rapport à l'équinoxe
vrai de la date à 2003-09-23T10:46:45.10Z UTC tandis qu'il aura la
déclinaison nulle à 2003-09-23T10:47:11.12Z UTC. Cela fait une
différence de 26 secondes, ce qui n'est pas du tout négligeable. J'ai
pu croire à une imprécision des théories planétaires, mais la
différence entre VSOP et DE406 n'est que de 600 ou 700 millisecondes,
donc j'imagine que je peux attendre une précision en-dessous de la
seconde de temps pour le calcul de l'événement en question.
Donc : pourriez-vous m'expliquer à quoi est dû cet écart ? Et,
globalement, si vous deviez dater l'équinoxe à la seconde près, que
répondriez-vous ?
J'espère ne pas abuser de votre temps en vous demandant cela, et je
vous remercie d'avance de votre attention.
Bien cordialement,
--
David A. Madore
Mél:david; WWW: http://www.eleves.ens.fr:8080/home/madore/madore
ens
fr
Tél: 0145883961 (Paris) / 0169281582 (parents) / 0699730449 (portable)
2003-09-22 (lundi) · Nouvel an républicain (1er Vendémiaire an CCXII)
Demain je commence mes TD en DEUG MIAS à Orsay pour cette année. J'enseignerai, ce semestre, de 10h45 à 12h45 le mardi, et de 8h30 à 11h30 le mercredi. S'il y a des gens qui veulent se glisser dans l'assistance (les cours des Universités françaises sont publics, que je sache), c'est en salle 100 du bâtiment 336 le mardi, et en salle 2 du bâtiment 236 le mercredi. J'aurai aussi certaines semaines (dont celle-ci) une charge supplémentaire le mercredi après-midi : le projet professionnel, qui consiste plus en un travail d'encadrement (en binôme) que d'enseignement.
Bien que ce soit la quatrième année que je reprenne le même programme (à l'exception du projet professionnel, comme je viens de le dire), je me sens toujours assez nerveux pour le premier TD, car c'est au cours de cette première prise de contact que se détermine essentiellement l'ambiance de toute l'année. En 2000–2001, l'ambiance avait été très bonne et très agréable, le courant passant bien entre moi et les étudiants, et en 2002–2003 également (peut-être un peu plus studieuse et un peu moins conviviale) ; en revanche, en 2001–2002, sans que je sache au juste pourquoi, le climat avait été beaucoup moins plaisant, un certain nombre d'étudiants s'étant mis en tête de me faire ch***, et même s'ils n'avaient pas vraiment réussi (je les ignorais largement), ils avaient pas mal gâché le semestre de tout le monde. Cette année-ci, le groupe sera nettement plus réduit, et la part de redoublants très importante. Nous verrons bien ce que cela donnera.
2003-09-21 (Sunday)
[Traduction française ci-dessous.]
Time for a little introspection: what is my purpose in 'blogging? Certainly I enjoy talking about myself, but it runs deeper than just this. Here's one possible reason.
Have you ever played a video game where you could save the game at any point—and be sure you could come back to it later? Felt that very special relief, not so much that you had defeated the ugly monster, but that you had saved the game afterward? Or simply (outside the narrow world of video games) felt relieved, after making important work on a computer, that you had not only saved it, but saved it in a secure place, made a backup, or whatever?
Unfortunately, there is no such thing in real life. Sure, one can get an insurance for something one cares for (even for one's own life!), but there is nothing like the particular bliss of cyberlife where one can make a perfect copy of anything to serve as backup, and store it in security.
Somehow—please don't laugh—'blogging seems to be a substitute of a kind. I may not be able to back up my life in security, but at least I can save some of my memes (see outset below), by propagating them in other people's brains. You, for example. And indeed I feel, after having written some of this 'blog's entries, much as if I had “saved” something of myself.
This is the sort of Sehnsucht nach Ewigkeit
(“longing for eternity”) that drives mankind's greatest
artists or thinkers, aspiring for immortality, to leave their name on
their works for future times to remember. But it is not the sole
privilege of the greatest and highest to propagate their memes: though
my name be engraved in no such marble, I can still hope for some of
the ideas that have flowed through me (I say not come from me
,
merely flowed through
) to become somehow, someday, a
significant part of the noosphere.
Ridiculous? Perhaps—but quite common. Such is exactly the frame of mind of people who wish for their children or descendants a life that they could not have for themselves, or those who think it important for someone to “continue their name”. There are good chances that I won't have any biological children (and I certainly won't have nephews or nieces, so the closest thing I have to descendants are a couple of cousins' children who share some of my genes). But my brainchildren might beget brainchildren of their own, and so on—crescite et multiplicamini: these are my real descendants.
In short, what I am doing now is this: fertilizing your brain. Thank you for your kind assistance.
![]()
[French translation of the above.]
C'est le moment d'une petite introspection : quel est mon but en écrivant ce 'blog ? Certainement j'apprécie de parler de moi, mais cela court plus profondément. Voici une raison possible.
Avez-vous déjà joué un jeu vidéo où vous pouviez sauvegarder la partie à n'importe quel point — et être sûr de pouvoir y revenir plus tard ? Et éprouvé ce soulagement très particulier, non tant d'avoir triomphé du vilain monstre, mais d'avoir sauvé la partie ensuite ? Ou simplement (hors du monde étroit des jeux vidéo) vous êtes senti soulagé, après avoir fait un travail important sur ordinateur, de l'avoir non seulement sauvé, mais sauvé en un endroit sûr, fait une copie de sauvegarde, que sais-je ?
Malheureusement, il n'y a rien de tel dans la vie réelle. Assurément, on peut souscrire à une assurance pour quelque chose à quoi on tient (même pour sa propre vie !), mais ce n'est rien comme la sérénité particulière de la cybervie où l'on peut faire une copie parfaite de n'importe quoi pour servir de sauvegarde, et la stocker en sécurité.
D'une façon ou d'une autre — ne riez pas — 'blogger m'en semble une sorte d'ersatz. Je ne peux certes pas faire une copie de sauvegarde de ma vie en sécurité, mais au moins je peux sauver certains de mes mèmes (voir l'encadré ci-dessous), en les propageant dans le cerveau d'autres personnes. Vous, par exemple. Et je me sens en effet, après avoir écrit certaines des entrées de ce 'blog, comme si j'avais « sauvé » une partie de moi-même.
C'est la sorte de Sehnsucht nach Ewigkeit
(« poursuite de l'éternité ») qui guide les plus grands artistes et
penseurs de l'humanité, aspirant à l'immortalité, à laisser leur nom
sur leurs œuvres pour que les temps à venir se les rappellent.
Mais ce n'est pas le privilège exclusif des plus grands et plus hauts
de propager leurs mèmes : quoique mon nom ne soit engravé en aucune
sorte de marbre, je peux cependant espérer que quelques-unes des idées
qui ont coulé par moi (je ne dis pas venues de moi
mais
seulement coulé par moi
) deviennent un jour, d'une façon ou
d'une autre, une partie significative de la noosphère.
Ridicule ? Peut-être — mais fort commun. Tel est exactement le cadre d'esprit des gens qui veulent pour leurs enfants ou descendants une vie qu'ils n'ont pas pu avoir pour eux-mêmes, ou ceux qui croient important que quelqu'un « continue leur nom ». Il y a de bonnes chances pour que je n'aie pas d'enfants biologiques (et certainement je n'aurai pas de neveux ou nièces, de sorte que le plus près que j'aie en matière de descendants sont quelques petits-cousins qui partagent certains de mes gènes). Mais mes enfants de l'esprit pourraient engendrer d'autres enfants de l'esprit, et ainsi de suite — crescite et multiplicamini : ceux-là sont mes vrais descendants.
En bref, ce que je fais maintenant est ceci : fertiliser votre cerveau. Merci de votre aimable coopération.
![]()
[Traduction française ci-dessous.]
The word “meme”, which parallels “gene”, was invented by the English biologist Richard Dawkins in his celebrated book The Selfish Gene (1976). In a nutshell, memes are to ideas what genes are to living creatures: the elementary building blocks from which ideas are made. And much the same way as the biosphere is a struggle in which the fight for survival of the fittest individuals, competing for food, selects the genes most capable of ensuring their own reproduction, while random mutations continuously produce new genes from old ones, much in the same way, the noosphere (the world of thoughts) is a struggle in which the fight for survival of the fittest ideas, competing for brain space, selects the memes most capable of ensuring their own reproduction, while random variations continuously produce new memes from old ones.
This concept can also be traced, for example, in the work of the French philosopher Alain, who had already noted that human tools follow an evolutionary process very similar to that which Darwin pictures as the origin of species: craftsmen tend to reproduce prior tools as faithfully as possible, but slight changes always happen, willy-nilly, and the best tools are more successful and tend to be copied more often. So even if no individual craftsman is creative in his work or shows any ingenuity in improving existing tools, civilizations tend to develop better objects over the course of generations.
[French translation of the above.]
Le mot « mème », qui fait parallèle à « gène », a été inventé par le biologiste anglais Richard Dawkins dans son célèbre livre The Selfish Gene (1976). En bref, les mèmes sont aux idées ce que les gènes sont aux créatures vivantes : les blocs élémentaires de construction à partir desquels les idées sont faites. Et de la même manière que la biosphère est une lutte dans laquelle le combat pour la survie des individus les plus aptes, en concurrence pour la nourriture, sélectionne les gènes les plus capables d'assurer leur propre reproduction, tandis que des mutations aléatoires produisent continuellement de nouveaux gènes à partir des anciens, bien de la même manière, la noosphère (le monde des pensées) est une lutte dans laquelle le combat pour la survie des idées les plus aptes, en concurrence pour le terrain de pensée, sélectionne les mèmes les plus capables d'assurer leur propre reproduction, tandis que des variations aléatoires produisent continuellement de nouveaux mèmes à partir des anciens.
Ce concept peut aussi être tracé, par exemple, dans l'œuvre du philosophe français Alain, qui avait déjà noté que les outils humains suivent un processus d'évolution très semblable à celui que Darwin dépeint comme l'origine des espèces : les ouvriers tendent à reproduire les outils antérieurs aussi fidèlement que possible, mais de petits changements se produisent toujours, çà et là, et les meilleurs outils ont plus de succès et tendent à être copiés plus souvent. Donc même si aucun ouvrier individuel n'est créatif dans son travail et ne montre aucune originalité pour améliorer les outils existants, les civilisations tendent à développer de meilleurs objets au fil des générations.
2003-09-20 (Saturday)
[Traduction française ci-dessous.] I've already mentioned my pseudo-tarot game several times on this 'blog. I've played it again with some friends, this evening and thursday evening, and some further changes and clarifications have been made to the rules. By now it is really necessary to give the game a permanent name. So I'm making a public offer: send me suggestions on how to call it, and if I find a proposal that I like well enough to use it as the game's name (I'll be the only judge as to that), I'll offer its sender a deck of tarot cards from Amazon.com.
[French translation of the above.] J'ai déjà mentionné mon jeu de pseudo-tarot plusieurs fois sur ce 'blog. J'y ai de nouveau joué avec des amis, ce soir et jeudi soir, et quelques nouveaux changements et éclaircissements ont été apportés aux règles. Maintenant il est vraiment nécessaire de donner au jeu un nom permanent. Donc je fais une offre publique : envoyez-moi des suggestions sur la façon de le nommer, et si je trouve une proposition que j'aime assez pour l'utiliser comme nom du jeu (je serai seul juge en la matière), j'offrirai à son auteur un jeu de cartes de tarot d'Amazon.com.
2003-09-20 (samedi)
Hier soir j'étais pressé de dîner pour pouvoir arriver au cinéma à temps, donc je suis rentré dans un MacDo (place d'Italie). Ils avaient un burger appelé « Chicken Première », et j'ai voulu essayer : eh bien j'ai été surpris, ce n'était pas mauvais du tout, en fait. C'était même bon, si, si.
En revanche, je tiens à me plaindre de ce que les restaurants du centre commercial Italie 2 ferment en même temps que les autres boutiques, à 21h (peut-être même 20h, d'ailleurs). N'est pas un peu ridicule, un MacDo qui ferme à 21h ?
2003-09-19 (Friday)
[Traduction française ci-dessous.]
Hollywood producers seem to have the recipe for this kind of film down pat, now, and The Italian Job plays it by the book. So if one has a fondness for the genre (how should it be called, incidentally? “gangster film” doesn't work well, nor does “thriller”; update (2003-09-21T20:00+0200): “heist movie”—thanks, Pierre), one will like this film. Beyond that, it's just your regular summer feature (except that here in France we get to see it in late September: what are distributors thinking?).
By “the genre”, I mean the kind of movies, of which Ocean's Eleven was one of the finer representatives, where a team of thieves-but-thieves-who-have-some-sense-of-ethics defeat the most cunning security systems through even more cunning and good teamwork, and steal something infinitely valuable from a rather disreputable character. Almost nobody gets killed: the heroes' satisfaction lies less in the money itself than in seeing the look on the villain's face when he discovers his money gone. The plan for taking the booty is always incredibly well—uh—planned: everything is calculated down to the second and to the millimeter; and, of course, something always goes wrong, but the heroes' ingenuity (and, again, good teamwork) manages to get the plan back on its feet (or millimeters—ha, ha, ha). The movie's script is just as calculated (to the second) as the heroes' plan, and works just as well provided we are willing to lend it some sympathy and suspend disbelief. In the case of Ocean's Eleven, there were some surprises on the road; there are none in The Italian Job: the scenario works just as a well-oiled machinery of no originality whatsoever, and basically the spectator knows everything that's going to happen after the first fifteen minutes of the film. But, assuredly, when I bought a ticket for this show, I knew what to expect, so I'm not complaining: I like well-oiled machineries, sometimes. (I'd like to know how much the Austin Mini payed for all the advertising, however.)
Teamwork is probably what sells the film, actually: there
is a reassuring sense of comfort in this “every character in his
or her role, and a role for each character” idea. One member of
the team has become unavoidable these days: the computer nerd (here
portrayed by Seth Green, with some talent, it must be said). And it
is assumed as a matter of course that the guru can basically
break into any system's security—a sort of mise
en abyme of the entire plot, except that details are never given
as to how the breaking into is done because they would be too
technical hence incomprehensible to the audience (certainly if we are
supposed to take the phrase “cartesian coördinates” as a
technicality, then many things become technicalities). But these
technicalities have become a commodious way for the screenwriters to
shove dirt under the rug: use computers and networks to remove any
obstacle that gets in the scenario's way, and no explaining needs to
be done; conversely, create arbitrary limitations when they get too
powerful. A friend of mine once pointed out to me that this is the
reason why magic is a dangerous literary artifice: once you introduce
magic, everything can be explained using it, and this takes away much
of the plot's interest. Well, computers are now being used on many
occasions in the same way magic could be—thus giving a new twist
to Arthur C. Clarke's famous saying that any sufficiently advanced
technology is indistinguishable from magic
.
Another thing that annoys me is that this propagates the concept that any computer security system has a flaw, and that by being smarter than the system's designers one can always defeat the system's security. This is simply wrong. One can always crack a safe open by attacking it with a stronger force than its defenses (if necessary, put in in a pool of hydrochloric acid: that should dissolve the safe without damaging the gold that's in it); but such is not the case with computer security, and perfect (in the sense of “theoretically perfect”, or even “provably perfect”) security is possible. Certainly it has not often been realized in practice on systems of relatively large size. But computer pirates (or “hackers” as they are inaccurately called by the press) are not genii by far: they are more like script kiddies who always try the same recipes, and by the “million monkeys” rule eventually break into some systems. The idea that someone could rewrite the entire Los Angeles traffic control software algorithms in a matter of days is simply ludicrous. Oh, and, in The Italian Job the computer geek claims to be the real inventor of Napster: this would have been a fun passing clin d'œil, but I wonder why they chose to dwell on it so heavily (or was the film also subsidized by Napster as well as by Austin?).
[French translation of the above.]
Les producteurs hollywoodiens semblent avoir bien compris la recette de ce genre de films, maintenant, et Braquage à l'italienne en suit les règles. Donc si on a un faible pour le genre (comment devrait-on l'appeler, d'ailleurs ? « film de gangsters » ne convient pas bien, ni « thriller »), on aimera ce film. Sinon, c'est juste un divertissement d'été (sauf qu'ici en France on le voit fin septembre : à quoi pensent donc les circuits de distribution ?).
Par « le genre », je veux dire le genre de films, dont Ocean's Eleven était un des bons représentants, où une équipe de voleurs-mais-voleurs-qui-ont-un-sens-de-l'éthique triomphent des plus ingénieux systèmes de sécurité par encore plus d'ingéniosité et un bon travail d'équipe, et volent quelque chose d'une valeur inestimable à un personnage plutôt douteux. Presque personne n'est tué : la satisfaction des héros est moins dans l'argent lui-même que dans le regard du méchant quand il découvre que son argent est parti. Le plan pour s'emparer du butin est toujours incroyablement bien — euh — planifié : tout est calculé à la seconde et au millimètre près ; et, bien sûr, quelque chose va toujours mal, mais l'ingéniosité des héros (et, encore une fois, le bon travail d'équipe réussit à remettre le plan sur ses pieds (ou millimètres — ha, ha, ha). Le script du film est aussi calculé (à la seconde) que le plan des héros, et marche aussi bien à condition qu'on soit prêt à lui accorder de la sympathie et faire semblant d'y croire. Dans le cas d'Ocean's Eleven, il y avait quelques surprises sur la route ; il n'y en a aucune dans Braquage à l'italienne : le scénario marche comme une machinerie bien huilée d'absolument aucune originalité, et en gros le spectateur sait tout ce qui va se passer après les quinze premières minutes de film. Mais, assurément, quand j'ai acheté un ticket pour ce spectacle, je savais à quoi m'attendre, donc je ne me plains pas : j'aime bien les machineries bien huilées, parfois. (J'aimerais savoir, cependant, combien l'Austin Mini a payé pour toute la pub.)
Le travail d'équipe est probablement ce qui vend le film,
en fait : il y a un sens rassurant de confort dans cette idée « chaque
personnage à son rôle et un rôle pour chaque personnage ». Un membre
de l'équipe est devenu inévitable de nos jours : le mordu
d'informatique (ici joué par Seth Green, avec un certain talent, il
faut le dire). Et il est bien entendu que le gourou peut
essentiellement pénétrer la sécurité de n'importe quel système —
une sorte de mise en abyme de l'intrigue entière, sauf que les
détails ne sont jamais donnés quant à la façon dont il pénètre parce
que ce serait trop technique donc incompréhensible pour l'assistance
(certainement si nous devons prendre l'expression « coordonnées
cartésiennes » comme une expression technique, alors beaucoup de
choses deviennent techniques). Mais cette technicité est devenue une
façon commode pour les scénaristes de cacher de la poussière sous le
tapis : utiliser les ordinateurs pour retirer n'importe quel obstacle
qui se trouve sur la route du scénario, et on évite d'avoir à
expliquer ; à l'inverse, créer des limitations arbitraires quand ils
deviennent trop puissants. Un ami m'a jadis signalé que c'est la
raison pour laquelle la magie est un artifice littéraire dangereux :
une fois qu'on l'introduit, tout peut être expliqué par son moyen, et
cela retire beaucoup de l'intérêt de l'intrigue. Eh bien les
ordinateurs sont maintenant utilisés à beaucoup d'occasions de la même
manière que la magie pourrait l'être — donnant ainsi un nouveau
tour au fameux adage d'Arthur C. Clarke que toute technologie
suffisamment avancée est indiscernable de la magie
.
Une autre chose qui m'irrite est que ceci propage le concept que tout système de sécurité informatique a une faille, et qu'en étant plus malin que les concepteurs du système on peut toujours triompher de la sécurité du système. C'est tout simplement faux. On peut toujours ouvrir un coffre-fort en l'attaquant avec une force supérieure à sa résistance (si nécessaire, le mettre dans un bain d'acide chlorhydrique : cela devrait dissoudre le coffre sans endommager l'or qui est dedans) ; mais ce n'est pas le cas de la sécurité informatique, et la sécurité parfaite (dans le sens de « théoriquement parfaite », ou même « démontrablement parfaite ») est possible. Certainement elle n'a pas souvent été réalisée en pratique sur des systèmes de quelque taille. Mais les pirates informatiques (ou « hackers » comme la presse les appelle à tort) ne sont pas des génies de loin : ils sont plutôt des script kiddies qui essaient toujours les mêmes recettes, et par la règle des « millions de singes » finissent par pénétrer quelques systèmes. L'idée que quelqu'un pourrait réécrire la totalité des algorithmes logiciels de contrôle du trafic de Los Angeles en quelques jours est simplement délirante. Oh, et dans Braquage à l'italienne le mordu d'informatique prétend être le réel inventeur de Napster : ç'aurait été un clin d'œil rigolo en passant, mais je me demande pourquoi ils ont voulu s'appesantir tellement là-dessus (ou est-ce que le film était subventionné par Napster en plus d'Austin ?).
2003-09-18 (jeudi) · Dernier Quartier
Un commentateur d'une entrée passée [il faudra que je prévoie une façon de faire des liens vers les commentaires sans m'engager quant à la stabilité de leurs URI ; pour l'instant je me contente de cette périphrase], « organoleptix », me suggère que je suis peut-être sujet à dépression sans en être conscient (il me renvoie à un article sur la dépression masculine). C'est intéressant, parce que je me suis souvent posé cette question. A priori, je ne présente aucun des symptômes majeurs de la dépression : je ne suis pas mélancolique (enfin, passablement rarement), et j'ai plutôt le problème d'être intéressé par trop de choses que de manquer de goût pour tout. D'un autre côté, il est vrai que mon appétit de sommeil est peut-être franchement pathologique (surtout quand je m'endors en pensant mourir), et que je manque souvent d'énergie pour faire quantité de choses qui me plairaient. Par le passé j'ai eu des périodes d'excessive tristesse associée à ma perpétuelle solitude affective. Mais je me suis résolu à ne plus m'en laisser abattre, et à ne plus laisser le sentiment de malheur (au moins pour cette raison) s'emparer de moi ou m'empêcher de profiter pleinement de ma vie (qui, je dois bien l'avouer, est assez odieusement chanceuse) ; maintenant, peut-être cela me coûte-t-il des efforts dont je n'ai pas forcément conscience.
Je m'étonne, moi qui ai longtemps été un farouche solitaire, de constater que je trouve des forces dans la société et la compagnie de mes congénères (je parle ici uniquement de relations de camaraderie et d'amitié, pas de liens affectifs forts — dont je n'ai, finalement, pas l'expérience). Finalement, ma motivation et ma force vitale sont assez directement liées à ma fréquentation de toutes sortes de personnes, et réciproquement (et quand, l'été ou la chaleur faisant, je ne vois personne, alors ça ne va pas bien). Je pourrais tenter une explication facile en disant que voir du monde me permet de tourner mon regard ailleurs que mes entrailles qui ruminent mon mal-être ; mais je peux aussi avancer quarante mille autres explications contradictoires, donc je n'y crois pas plus que ça. (D'ailleurs, si j'ai une vague idée de ce qui se passe dans ma tête, celle des autres me reste résolument opaque.)
D'ailleurs je peux être taquin et me demander quelle importance
cela a que je sois déprimé si je n'en ai pas conscience. ![]()
2003-09-18 (jeudi) · Dernier Quartier
Ma forme physique est catastrophique, ç'en est assez effrayant. Surtout du point de vue de l'endurance : je ne peux pas courir 100m sans être à bout de souffle ; certes, j'ai toujours été peu endurant, mais là c'est quand même pire que d'habitude, et il faut que je fasse quelque chose. Du sport, par exemple (plus sérieusement que les trois séries de trente pompes et quelques exercices symboliques que j'aligne chaque jour pour me donner bonne conscience). En même temps, je me sens très médiocrement motivé. Il est vrai que je n'ai pas trop de problème de, euh, « surcharge pondérale » (la dernière fois que je me suis pesé, j'étais passé en-dessous de 60kg, c'est limite trop maigre, et en fait ce serait bien de gagner quelques kilos en protéines) ; mais si l'héridité fait son boulot, ça pourrait bien arriver dans quelques dizaines d'années.
Pfiou… Par où je commence ? Faire du jogging dans Paris, bof-bof, quand même.
2003-09-17 (Wednesday)
[Traduction française ci-dessous.] I have scanned my full deck of Visconti tarot cards (the one which is a facsimile of the original): you can find the large (512×1024) images here (around 200kbyte per card) and the reduced (154×307) images here (around 17kbyte per card). Actually, only seventy-four cards are to be found: the remaining four (the Devil, the Tower, the knight of coins and the three of swords) are lost: my deck uses modern remplacements for them (in the style of the rest), but these are subject to copyright so I cannot redistribute them (I scanned them, but I am not making them publicly available). As far as I can tell (but one needs to be careful with the totally crazy and fascist Intellectual Property laws that we now have), the seventy-four Visconti tarot cards are in the Public Domain, and you and I can copy and use them freely and for any purpose. Enjoy!
[French translation of the above.] J'ai scanné la totalité de mon jeu de tarots des Visconti (celui qui est un fac simile de l'original) : vous pouvez trouver les grandes (512×1024) images ici (autour de 200ko par carte) et les images réduites (154×307) ici (autour de 17ko par carte). En fait, seules soixante-quatorze cartes s'y trouvent : les quatre restantes (le Diable, la Maison-Dieu, le cavalier de deniers et le trois d'épées) sont perdues : mon jeu utilise à leur place des remplacements modernes (dans le style du reste), mais ceux-ci sont sujets au copyright donc je ne peux pas les redistribuer (je les ai scannés, mais je ne les rends pas publiquement disponibles). Autant que je puisse en juger (mais il faut être prudent avec les lois totalement folles et fascistes que nous avons maintenant sur la Propriété intellectuelle), les soixante-quatorze tarots des Visconti sont dans le Domaine public, et vous et moi pouvons les copier et les utiliser librement et dans n'importe quel but. Faites ce que vous en voudrez !
2003-09-17 (Wednesday)
Yesterday evening, major announcement: all OpenSSH versions prior to 3.7 contain a vulnerability (potential remote root exploit) due to an error in buffer management code; version 3.7 fixes this problem. So I go through all the Unix machines I administrate and, for each one, upgrade the OpenSSH to one that does not have the problem.
This morning, major announcement: all OpenSSH versions prior to 3.7.1 contain a vulnerability (potential remote root exploit) due to an error in buffer management code; version 3.7.1 fixes this problem. So I go through all the Unix machines I administrate and, for each one, upgrade the OpenSSH to one that does not have the problem.
Déjà vu?
2003-09-16 (Tuesday)
[Traduction française ci-dessous.]
Apparently I am still alive, although I slept for over seventeen hours (with only a short pause to write the previous entry), which is a lot even by my standards. And I got up feeling very much dazed and bewildered, having a hard time to think (I seem back to normal, now—if you agree to call me normal, that is); which is to be expected after such a bout of inactivity.
To answer some of the comments, I don't seriously think I might
have an aneurysm on one of my brain's arteries—I just consider
the possibility. But if I did, I think I'd rather not know rather
than take a scan and be told, this thing might burst any moment,
and we can't remove it by surgery because of the way it's buried in
the brain tissue
. Well, maybe it is stupid. Some aneurysms give
forewarnings, by the way (in the form of localized headaches), but
certainly they don't move around in the head. (Some other nasty
things might, though, for example a clot.) And some problems can
happen at any age. Cerebrovascular accidents are, after all, one of
the major causes for death in industrial countries (more than cancer,
if I recall correctly).
Oh yes: I'm a hypochondriac. I've known this for a long time.
[French translation of the above.]
Apparemment je suis encore en vie, même si j'ai dormi plus de dix-sept heures (avec seulement une courte pause pour écrire l'entrée précédente), ce qui est beaucoup même selon mes standards. Et je me suis levé me sentant très désorienté, avec des difficultés pour penser (je semble être revenu à la normale — si vous convenez de m'appeler normal, je veux dire) ; ce qui est attendu après une telle période d'inactivité.
Pour répondre à quelques-uns des commentaires, je ne crois pas
sérieusement avoir un anévrisme dans une artère cérébrale —
j'en imagine juste la possibilité. Mais si c'était le cas, je crois
que je préférerais ne pas savoir plutôt que passer un scanner et
m'entendre dire, ce truc pourrait rompre à n'importe quel moment,
et on ne peut pas le retirer chirurgicalement à cause de la manière
dont il est enfoui dans le tissu cérébral
. Bon, peut-être que
c'est stupide. Certains anévrismes donnent des signes avant-coureurs,
au fait (sous la forme de maux de tête localisés), mais assurément ils
ne se déplacent pas dans la tête. (D'autres choses désagréables
peuvent le faire, cependant, comme un caillot.) Et certains problèmes
peuvent survenir à tout âge. Les accidents cérébrovasculaires sont,
après tout, une des causes majeures de décès dans les pays
industrialisés (plus que le cancer, si je me rappelle bien).
Ah oui : je suis hypocondriaque. Ça fait longtemps que je le sais.
2003-09-16 (Tuesday)
[Traduction française ci-dessous.]
I was lying in bed, soundly sleeping, when the following things happened (c. 2003-09-16T02:15+0200): (a) I became half-awake, (b) I very clearly thought “I'm going to die”, (c) I had a terrible headache, (d) a loud bang (at least that's what it felt) resonated in my head (in a very localized place, near the top of the parietal lobe of the right hemisphere), and then (e) I fully awoke, with my heart pounding at an incredible speed. This all happened during a few seconds. (The recollection I have is that the chronological order is (a), (b), (c), (d) and (e). But logic would have me think (d), then (b) and (a), then (c) and (e). Sometimes memory is unreliable as to the order of events in close succession: it is known that the impression of chronological order is imposed a posteriori by the brain.) Then all went back to normal, very rapidly (I've never had such a bad headache recede so quickly). Apparently I'm not dead; and I went through a sequence of simple tests to make sure I hadn't lost some major mental, psychomotor or sensitive ability, but it doesn't seem so.
I don't know what to make of this. I've had various signs before that made me worry about my cerebrovascular condition, and I've already had (d) and (e) happen unexpectedly (though the location of the bang is usually the occipital lobe of the right hemisphere), but never with (b) before (it was really strange). Maybe I should take a scan (on the other hand, maybe I don't really wish to know more).
This is irritating. If an aneurysm burst is to kill me, I wish it would do it cleanly, not giving me the time to think “I'm going to die” or feel anything like a bang or a headache. And, by the way, not leaving me alive and mentally crippled would be nice: thanks in advance!
(Note, by the way, the utter stupidity of the reflex reaction: sudden pain in the head ⇒ adrenaline discharge ⇒ increase in blood pressure. Probably not the right response to a cerebrovascular problem!)
[French translation of the above.]
J'étais au lit en train de dormir profondément quand les choses suivantes se sont produites (vers 2003-09-16T02:15+0200) : (a) je me suis à moitié réveillé, (b) j'ai clairement pensé « je vais mourir », (c) j'ai eu un mal de tête épouvantable, (d) une détonation (au moins c'est l'impression que ça donnait) a résonné dans ma tête (à un endroit très localisé, vers le haut du lobe pariétal de l'hémisphère droit), et ensuite (e) je me suis entièrement réveillé, mon cœur battant à toute vitesse. Tout cela s'est produit en quelques secondes. (L'impression que j'ai est que l'ordre chronologique était (a), (b), (c), (d) et (e). Mais la logique me ferait penser (d), puis (b) et (a), puis (c) et (e). Parfois la mémoire n'est pas fiable quant à l'ordre d'événements en succession rapide : il est connu que l'impression d'ordre chronologique est imposée a posteriori par le cerveau.) Puis tout est revenu à la normale, très rapidement (je n'ai jamais eu un mal de tête pareil qui se résorbe aussi rapidement). Apparemment je ne suis pas mort ; et j'ai fait une suite de tests simples pour m'assurer que je n'avais pas perdu une capacité mentale, psychomotrice ou sensorielle importante, mais il ne semble pas.
Je ne sais pas quoi en penser. J'ai eu des signes auparavant qui m'ont fait m'inquiéter quant à mon état cérébrovasculaire, et j'ai déjà eu (d) et (e) se produisant de façon inattendue (même si l'emplacement de la « détonation » était d'habitude le lobe occipital de l'hémisphère droit), mais jamais avec (b) avant (c'était vraiment étrange). Peut-être devrais-je passer un scanner (d'un autre côté, peut-être que je ne veux pas en savoir plus, en fait).
C'est irritant. Si une rupture d'anévrisme doit me tuer, je voudrais qu'elle le fasse proprement, sans me laisser le temps de penser « je vais mourir » ou de sentir quelque chose comme une sensation de détonation ou un mal de tête. Et, en passant, ne pas me laisser vivant et mentalement diminué serait sympa : merci d'avance !
(Notez, au passage, la stupidité complète de la réaction réflexe : soudaine douleur dans la tête ⇒ décharge d'adrénaline ⇒ augmentation de la pression sanguine. Probablement pas la bonne réponse à un problème cérébrovasculaire !)
2003-09-15 (lundi)
OK, ce n'est vraiment pas original. Mais il se trouve juste qu'ils sont apparus dans la lucarne magique que, lobotomisé par ma dure journée, j'avais allumée.
And the winners are: Gaël Leforestier et Jonathan Cerrada. (Ben oui, j'avais bien dit pas original du tout. Enfin, il s'en trouvera certainement pour dire quand même que j'ai des goûts de chiottes.)
2003-09-15 (lundi)
Opération séduction dans la vallée de l'Yvette ? Vol au-dessus
d'un nid de bacheliers frais pondus ? Je vous laisse imaginer. En
tout cas je me suis insidieusement fait
passer pour un des leurs (facile, me dit un lecteur, je suis à peu
près aussi nul en orthographe). Enfin, je ne sais pas si j'ai été
crédible une seule seconde ou si tout le monde s'est demandé, mais
c'est qui, ce vieux type qui nous mate et qui nous propose des
bonbons ?
— je n'ai adressé la parole à personne et on m'a
laissé dans mon coin (je suis très fort pour ça), ce qui était un peu
ce que je voulais, aussi (pour éviter un embarras certain). Ce sont
surtout les intervenants que j'ai écoutés, pour savoir ce qu'on peut
raconter aux étudiants lors de cette fameuse semaine (enfin, journée,
au moins, pour l'instant) de rentrée. Quelques petites fausses notes,
des informations incorrectes (ou périmées), des oublis, des
contradictions aussi d'ailleurs, qu'il faudra éventuellement que je
rectifie. Et un certain pouvoir soporifique de plusieurs orateurs, il
faut dire (même si j'y étais assez prédisposé) — qui, de fait, a
semblé produire son effet. En fait, ma con