David Madore's WebLog: 2005-04

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

Note that the first entry comes last! / Notez que la première entrée vient en dernier !

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Entries published in April 2005 / Entrées publiées en avril 2005:

(Saturday)

I've moved!

[Traduction française ci-dessous.]

As announced in a previous entry, this Web site has moved: I'm now at http://www.madore.org/~david/ (the previous address redirects accordingly). The change should be quite transparent as far as the user is concerned, but please report anything unexpected. It will take forever (and I mean that literally: it will never happen) before every trace of the former URL (http://www.eleves.ens.fr:8080/home/madore/) is expunged from the face of the Web—so the redirection is there to last, but please try to use the new URL wherever possible (so, please update your bookmarks and all that). Also expect me to vanish from the eyes of the all-seeing god of the Web for some time (if not permanently): but since you're here, I guess you know where to find me.

Incidentally, I notice that a very significant part of the Web traffic I get comes from people who have taken some images on this site (the most popular ones being the playing cards I scanned) and instead of copying them elsewhere are using them directly from here (typically, as an avatar on some random discussion board). I find this annoying: I have nothing against people using my images (especially the playing cards, which I hope are in the Public Domain), and I don't really care whether they ask for permission, but simply using the URL from my site without copying the image and without telling me is just wrong. I have half a mind to configure the server to serve some obscene picture instead whenever the request for one of these images is referred from a certain list of addresses. Well, maybe I'm too nice for that (on the other hand, I'm certainly not too nice for a 403 forbidden).

[French translation of the above.]

Comme annoncé dans une entrée précédente, ce site Web a été déplacé : je suis maintenant sur http://www.madore.org/~david/ (l'adresse précédente redirige de façon appropriée). Le changement devrait être passablement transparent en ce qui concerne l'utilisateur, mais veuillez signaler tout comportement inattendu. Il faudra une éternité (littéralement : je veux dire que ça ne se produira jamais) avant que chaque trace de l'ancienne URL (http://www.eleves.ens.fr:8080/home/madore/) soit effacée de la face du Web — donc la redirection est partie pour durer, mais essayez d'utiliser la nouvelle URL partout où c'est possible (ainsi, veuillez mettre à jour vos signets et tout ça). Attendez-vous aussi à ce que je disparaisse des yeux du dieu du Web qui voit tout pour un certain temps (si ce n'est définitivement) : mais puisque vous êtes ici, je suppose que vous savez où me trouver.

Accessoirement, je remarque qu'une partie très significative du trafic Web que j'ai vient de gens qui ont pris des images de ce site (les plus populaires étant les cartes que j'ai scanées) et au lieu de les recopier ailleurs les utilisent directement depuis ici (typiquement pour servir d'avatar sur un quelconque forum de discussion). Je trouve ça pénible : je n'ai rien contre le fait qu'on utilise mes images (surtout les cartes à jouer, dont j'espère qu'elles sont dans le Domaine public), et je me moque un peu qu'on me demande la permission, mais simplement utiliser l'URL du site sans copier l'image et sans me prévenir, ça ne va pas. Je me demande si je ne vais pas configurer le serveur pour servir une image obscène à la place quand la requête pour une de ces images est référée depuis une certaine liste d'adresses. Bon, peut-être que je suis trop gentil pour ça (en revanche, je ne suis certainement pas trop gentil pour un 403 forbidden).

(vendredi)

Arthur Honegger et Philip Glass

Je me suis acheté un CD d'Arthur Honegger, tout à l'heure : cela faisait des années que je cherchais (enfin, pas de façon très active, évidemment, sinon j'aurais tout simplement commandé le disque, disons juste je regardais de temps en temps quand je passais à la Fnac) à écouter son mouvement symphonique Pacific 231. Je ne sais même plus au juste comment je m'étais mis en tête que je voulais entendre ce morceau, mais en tout cas j'ai été très déçu. Il faut dire que je n'aime généralement pas du tout la musique « classique contemporaine » (quel oxymore stupide, où les deux termes sont erronés — cependant je pense qu'on comprend de quoi je veux parler) ; je ne sais pas pourquoi je m'étais mis dans la tête que Honegger devait faire partie des exceptions. Bon, je suppose que c'est plus « écoutable » que Stockhausen ou Xenakis, mais pas encore assez « écoutable » pour moi.

Bon, il y a des exceptions, des compositeurs ou morceaux de musique « classique contemporaine » que j'apprécie, toujours ceux qui sont à la frontière et dont on se demande comment on doit les classer. Vaughan Williams, par exemple (je ne dis pas que j'aime tout ce que j'ai entendu de lui, mais de façon générale ça me plaît plutôt). Plus contemporain, Vangelis (mais certains diront qu'il s'approche de la musique populaire) ou (John) Williams (scandâle ! de la musique de film). Ou encore Philip Glass : j'ai aussi acheté quelques CD de lui tout à l'heure, et là, ça me plaît (enfin, ce n'est pas une surprise, j'avais déjà eu des occasions d'entendre sa musique, comme dans le film The Hours). Il y a juste qu'on a un peu l'impression que tous ses morceaux commencent pareil, je trouve ; bon, ce n'est pas grave, puisque j'aime bien ce début, et d'ailleurs j'écoute suffisamment en boucle le canon de Pachelbel pour ne pas pouvoir me plaindre de la répétitivité en musique, mais c'est tout de même assez surprenant. (Tiens, j'ai déjà entendu ça ? — ou alors je ne suis pas assez doué pour reconnaître la différence dès les premières mesures.)

(Friday)

Star Wars Revelations

Those Star Wars fans who can't bear to wait until the coming day when Episode III is released would do well to have a look in the mean time at Star Wars Revelations, a 40′ fan film set in the Star Wars universe (it takes place somewhere between episodes III and IV) which shows you can make a very good movie with a very small budget.

(jeudi)

Encore des cheveux

Régulièrement sur ce blog Ruxor vous parle de ses cheveux — qui sont parmi mes pires ennemis — et ce temps est revenu. J'en ai eu marre de les avoir longs, donc, parce qu'il se remet à faire chaud et aussi parce que j'ai voulu recommencer à porter des lentilles de contact et que les cheveux qui tombent dans les lieux c'est terrible pour les lentilles (ça les contamine, même quand ils sont bien propres).

J'avais pensé me les raser complètement, ce que j'aurais fait si j'avais trouvé quelqu'un pour faire la même chose en même temps (c'est plus rigolo à deux), mais comme William est un lâcheur et un dégonflé (<pub target="membres du COF">enfin, votez quand même pour lui</pub>) c'est tombé à l'eau ; j'ai aussi vaguement pensé essayer de me faire une coupe à l'iroquoise (sachant que si ça ne rendait pas bien je pouvais toujours tout raser), mais j'ai fini par décider qu'en fait bof ça ne m'irait pas (parce que j'ai les cheveux trop fins ; c'est dommage, parce que j'aimais bien l'idée — je trouve ça mignon, une coupe à l'iroquoise).

Alors je suis bêtement allé chez le coiffeur en pestant d'avance parce que je sais que, typiquement, quand on dit très court à un coiffeur, il comprend vaguement court, et quand on dit vraiment très très très court il comprend plutôt court, d'ailleurs ça n'a pas manqué ; mais bon, peut-être que c'est normal, la coiffeuse me voyant arriver avec des cheveux qui descendent sous les épaules elle se demande si par court je veux vraiment dire court. Quoi qu'il en soit, j'avoue que le résultat[Photo de tête de David Madore] n'est pas trop catastrophique, enfin, en tout cas, j'ai eu pire. J'ai eu le bon sens cette fois d'éviter les coiffeurs à homos-branchouilles, qui savent peut-être faire des choses bien, mais pas avec mes cheveux à moi (il n'y a rien à en tirer), et qui en tout cas font payer cinq fois plus cher : je suis bêtement allé chez Saint-Algue, qui est à la coiffure ce que les cafétérias Casino sont à la haute cuisine.

Ah oui, la tradition veut aussi, quand je sors une nouvelle photo de moi que je parle aussi de colorimétrie. Hmmm… Peut-être que c'est ça, l'idée : au lieu de varier la coupe de mes cheveux, je pourrais essayer de varier la couleur — si je me les teignais ?

Sinon, à propos de pilosité (désolé), j'ai vu un de mes collègues sortir du Bears' Den, tout à l'heure, j'ai eu comme une illumination (bon sang, mais c'est bien sûr ! pourquoi je n'ai pas compris plus tôt ?).

(Thursday)

Gratuitous Literary Fragment #41 (ripples in the water)

ripples in the water moving without moving but in that distorted mirror whose face may appear and that troubled water which bridge might span ripples in the water unaware of deeper currents crossing dividing assembling interfering lines of destiny drawn by chance and necessity ripples in the water disturb not the sleep of the faithful guardian move on forever and ask not whither ripples in the water scions of the clear mountain streams i hear the murmur of the sea homage of the water ripples in the water mighty tapestry alive and endless soar and ebb at once flow here and there water everywhere ripples in the water

(mercredi)

Fragment littéraire gratuit #40 (une interrogation)

Mais était-ce de l'amour ?

Esther répéta la question plusieurs fois dans sa tête, en variant le ton : la réponse ne venait pas pour autant. Comment savoir ? Ce n'était pas un problème dont ses lectures l'avaient avertie, et jamais elle n'avait anticipé une difficulté à cet endroit. Elle avait toujours cru que les moyens seraient détournés mais que les fins seraient claires : qu'il pût en être autrement elle ne l'avait pas même envisagé. Pourtant…

Était-ce de l'amour ? Esther n'aimait pas l'introspection, elle préférait agir à l'intuition. Or ici il fallait bien s'examiner. Certainement elle trouvait dans la compagnie d'Alix un plaisir qu'elle recherchait et qui allait au-delà de l'amitié. Mais toute tendresse qui dépasse l'amitié devait-elle être cataloguée comme de l'amour ? Il n'y avait pas de désir sexuel, de cela du moins elle était sûre. Ou vraiment ? Se pouvait-il qu'elle le refoulât ? Fermant les yeux, Esther évoqua mentalement l'image d'Alix. Non, pas de désir : seulement une sorte de satisfaction sereine provoquée par la contemplation d'un physique parfait. Une présence rassurante, aussi. Une étreinte réconfortante ? Peut-être.

Finalement, la nécessité de savoir ne provenait que de la nécessité d'agir : s'il y avait moyen de demeurer dans la tranquillité de l'ignorance, elle s'y complairait volontiers.

Alix, pendant ce temps, dormait d'un sommeil paisible.

(mardi)

Quand je serai grand, je serai pompier

Je zappais tranquillement entre les six chaînes de ma préhistorique télé pré-TNT (je la regarde très rarement), et je suis tombé sur (une rediffusion d')un reportage de Zone Interdite (M6) consacré au fantasme ultiiiiime de tous les pédés, les pompiers ; et pas n'importe quels pompiers, les élèves de l'école de recrutement des marins pompiers de Marseille. Rhâââââ (les scènes dans les vestiaires, où la caméra s'attarde longuement sur les beaux garçons musculeux en petite tenue, c'est pas possible, ils le font vraiment exprès)…

Bon, fantasme gay mis à part, le reportage n'était pas mauvais du tout, j'avais l'impression que la caméra a su les filmer avec beaucoup de naturel et sans voyeurisme (vestiaires exceptés, donc). Mais, dans ce corps d'élite, quelle sélection sévère ! où quasiment toutes les épreuves[#] sont éliminatoires. (En comparaison, la sélection pour devenir mathématicien, c'est de la gnognote, vraiment.) À peu près tout enfant normalement constitué a un jour rêvé qu'il serait pompier en grandissant, je trouve qu'il y a quelque chose de particulièrement touchant à voir ceux qui ont su conserver ce rêve et qui luttent pour y arriver alors qu'on n'est pas tendre avec eux. Et c'est sans doute le métier qui a la plus haute cote de sympathie auprès des Français en général.

Il se trouve aussi que l'héroïne du documentaire, la seule fille dans la promotion filmée, ressemble de tout point de vue (le physique, l'expression du visage, le ton de la voix, la manière de s'exprimer, et aussi la forme de motivation et de dévouement envers autrui qui peut pousser à devenir pompier) à une fille[#2] que je connais un peu. On prend parti pour elle quand on la sent devenir la tête de turc des garçons, et il y a un vrai suspens quand on se demande si elle ne va pas échouer si près du but.

Enfin voilà : j'ai peut-être raté ma vocation profonde, moi. ☺

[#] Je suis content, je passe au moins sans trop de mal l'épreuve éliminatoire numéro zéro : j'arrive à aligner plus de vingt pompes, et j'arrive à rester plus de vingt-quatre secondes accroché bras pliés à une barre fixe. Mais bon, j'aurais été recalé à la suivante (je ne sais plus ce que c'était).

[#2] Lesbienne, d'ailleurs. Je note ça avec amusement, parce que le métier de pompier ce n'est peut-être pas que pour les garçons homos que c'est un fantasme : une (autre) amie lesbienne me faisait un jour remarquer, le pédé il rêve de coucher avec le pompier, la goudou elle rêve de conduire le gros camion rutilant. Hum…

(mardi)

Temps maussade

Je suis fatigué, j'ai envie de sortir un peu mais il pleut.

Ce matin, il faisait beau, je me suis levé pour aller à Orsay récupérer les exemplaires imprimés définitifs de ma thèse, mais j'ai trouvé porte close à la reprographie (il n'était même pas midi !). Tout ce voyage pour rien. ☹ Et maintenant il fait moche.

C'est terrible, la vie.

(lundi)

Changer d'adresse, ou pas ?

J'ai acheté le domaine madore.org et un miroir censément complet de mon site Web se trouve maintenant dessus[#]. Tout est prêt pour basculer complètement vers ce nouvel emplacement, il me suffit d'écrire une ligne de redirection sur le serveur actuel. Pourtant, j'hésite, parce que la décision n'est pas anodine.

Il y a certainement une part d'attachement sentimental à l'adresse sur www.eleves.ens.fr:8080 que j'occupe depuis huit ou neuf ans. Je n'aime pas les changements d'adresse, je trouve que (même avec une redirection) c'est une insulte à ceux qui ont enregistré l'URL quelque part (par exemple tous ceux qui ont fait un lien vers elle, et ça fait quand même un paquet de monde), surtout que certains emplacement ne sont pas modifiables. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai refusé de perdre le :8080 que toutes les autres adresses du site Web des élèves de l'ENS ont perdu il y a quelques années. Certes, je ne pourrai pas y rester indéfiniment, mais je veux que le changement que je m'apprête à faire soit le bon, et que je n'aie pas à revenir dessus dans les dix prochaines années. D'où la nécessité d'être absolument sûr de mon coup.

Est-ce que je vais vers un terrain vraiment solide ?

Il y a au moins deux points de fragilité potentielle. L'un, c'est le serveur dédié qui héberge mon site à ce nouvel emplacement : autant je suis sûr que si le serveur actuel tombe en panne ou si on fait une erreur logicielle dessus les choses seront rapidement réparées, autant sur un serveur dont je suis seul à avoir la charge c'est un peu plus hasardeux. Ceci dit, ce n'est pas vraiment grave, je peux envisager des solutions de transition en cas de gros pépin technique, ce sera juste très fastidieux.

L'autre problème, qui me cause plus de soucis, c'est de savoir dans quelle mesure je pourrai garder indéfiniment ce domaine madore.org. Ce n'est pas tant que j'ai peur d'oublier de le renouveler et que quelqu'un se jette dessus quand il expirera, ni que le registrar fasse faillite ou quelque chose comme ça : je crains plutôt de voir arriver la Madore Big Company qui prétendrait avoir enregistré le nom comme marque il y a n années et pouvoir donc exiger que je lui cède le domaine séance tenante. À peu près tous les noms possibles imaginables sont déposés comme marques, donc je suppose que ça doit notamment être le cas de mon patronyme, et des juges complètement crétins ont commencé il y a des années à faire valoir le principe que les noms de domaine Web étaient protégés par le droit des marques, couvrant même d'ailleurs des activités non commerciales. Le fait que Madore soit bien mon patronyme me protège peut-être un peu mais, en cas de menace, d'abord je ne pourrais pas risquer l'affrontement juridique, et de toute façon c'est toujours celui qui paie le plus cher qui l'emporte, et ce ne serait pas moi. Peut-être, donc, est-il plus prudent de garder madore.org juste pour faire une redirection, et d'acheter un autre domaine, à un nom qu'on ne risque pas de me contester (voire, utiliser xn--kwg.net, puisque je l'ai déjà).

Pour mon site Web, encore, l'enjeu n'est pas gigantesque. Pour mon mail, j'hésite nettement plus. Il s'agit notamment d'éviter qu'une nouvelle adresse que je prendrais (comme adresse principale) se fasse spammer de façon aussi colossale que mon adresse actuelle. Une idée possible consiste à ne jamais créer l'adresse david tout court (@lenomdudomaine bien sûr), mais uniquement un david+machin à chaque fois que j'ai besoin de donner mon adresse, en faisant varier la valeur de machin, et dès qu'une de ces adresses commence à devenir trop pourrie, on connaît ainsi par quel côté les spammeurs l'ont eue et surtout on peut la fermer sans fermer les autres. Mais ai-je vraiment envie de donner à tout le monde des adresses bizarres comme ça ? Cela doit avoir des inconvénients. Et puis, bien sûr, il y a de nouveau la responsabilité de maintenir correctement le domaine (avec un enjeu nettement plus grand que pour le site Web : si je perds le domaine, je perds des mails).

Bon, pour le site Web, je me donne cinq-six jours de réflexion : a priori j'envisage de tout basculer vers la nouvelle adresse et le nouveau serveur pour le premier mai, date anniversaire de ce blog. En attendant, si des gens ont des conseils éclairés à me donner, je suis preneur. Pour le mail, on verra plus tard.

[#] Je préfère ne pas faire de lien dans l'immédiat, parce que j'ai pour l'instant un robots.txt qui interdit aux robots de le parcourir, afin d'éviter de les pourrir avec des informations en double, et je ne sais pas bien combien de temps les moteurs de recherche attendent avant de rescaner le robots.txt, donc autant éviter tout simplement qu'ils tombent dessus. Mais enfin ça devrait être vraiment facile de deviner l'adresse complète, et par ailleurs ça n'a pas spécialement d'intérêt, c'est exactement la même chose qu'ici.

(lundi)

Comment se débarrasser des indésirables

On m'a appelé ce matin pour essayer de me vendre une connexion ADSL à x mégas ; j'ai bluffé le type d'abord par le nom de mon fournisseur actuel (Nerim, il n'en avait manifestement jamais entendu parler mais il ne voulait pas paraître trop ignorant), puis en prétendant que je n'avais aucune idée de combien je payais actuellement (ce n'est pas loin d'être vrai, je sais juste que ce n'est pas exorbitant), et enfin, comme il s'accrochait, en lui demandant s'ils fournissaient une connectivité IPv6 — là, ce n'était même pas la peine d'essayer de cacher qu'il n'avait aucune idée de ce que c'était, il a répété trois ou quatre fois avant que je réussisse à lui faire comprendre que c'était un ‘P’ et pas un ‘T’ la deuxième lettre, je lui ai expliqué vaguement de quoi il s'agissait, et je lui ai dit au revoir.

(dimanche)

Blablabla

Je viens de passer plusieurs heures à faire le ménage chez moi de fond en comble : ça me prend parfois, alors que je suis en train de passer l'aspirateur, je me mets dans l'idée de le passer partout, même aux endroits où des choses sont posées (il n'y a que ma bibliothèque que je n'ai pas eu le courage de déplacer), puis je commence à tout gratter et récurer… Bref, mon chez moi est rutilant (mais pour combien de temps ?), et moi je ruisselle de sueur (parce que, mine de rien, ça fait brûler des kilocalories, tout ça !).

Bon, ensuite je me rends compte qu'il est minuit bien passé et que j'aurais bien aimé sortir de chez moi un peu mais qu'il est trop tard (plus de métros, et tout endroit où je pourrais vouloir aller sera fermé de toute façon). L'ennui, c'est que je tourne un peu en rond chez moi, que je ne suis pas assez fatigué pour me coucher (d'ailleurs, j'ai lancé une lessive, dont le bruit m'empêchera de dormir pendant encore au moins une heure), et qu'il n'y a rien à faire dehors : j'ai horreur de ça quand ça m'arrive. Je vais peut-être quand même aller me promener un peu.

Tant que j'y suis à raconter des détails sans importance de ma vie, voici un petit TODO pour les jours à venir. Récupérer ma nouvelle carte de crédit (l'actuelle expire dans une semaine). Récupérer les exemplaires imprimés définitifs de ma thèse, déposer ce qu'il faut au service de la scolarité et y récupérer mon attestation de doctorat. Passer signer ma feuille annuelle de notation (et en profiter pour me renseigner pour le rachat de cotisations de retraite au régime fonctionnaire). Reprendre rendez-vous chez un dentiste. Pfiou, je n'en suis qu'à la partie formalités et déjà ça me fatigue. Bon, je mets juste : compléter ce TODO pour savoir ce que j'ai à faire dans d'autres domaines. (En maths, par exemple ; mais là, ma priorité est surtout jusqu'à cet été de lire des livres pour essayer de combler certaines lacunes immenses dans ma culture mathématique.)

Je vois que c'est bientôt le mois de mai. Je me demande ce que celui de cette année me réservera. Mai 2003 m'avait apporté le commencement de ce blog, diverses rencontres via IRC, une charge de webmaster pour une association gaie et lesbienne et de trésorier d'une autre association (qui est malheureusement complètement morte), des changements dans mon look (ou pas), mais aussi quelques frayeurs. Mai 2004 m'a surtout apporté une proximité parfois un peu dangereuse (mais qui, a posteriori, m'a été globalement bénéfique — et j'espère pas que pour moi) avec les conscrits (= normaliens de première année) d'alors, mais aussi des balades nocturnes dans Paris, un et des jeux de tarot, des soucis avec les ordinateurs, des difficultés mathématiques et encore quantité d'autres choses (en fait, à relire mon journal personnel, j'ai le sentiment que mai 2004 a été le mois le plus rempli de toute ma vie). Reste à savoir, donc, comment sera mai 2005 ; il y aura au moins des choses publiques comme un vote important ou la sortie d'un film attendu depuis longtemps (et qui sera certainement mauvais, mais il faudra quand même le voir).

(dimanche)

Crac !

Ma brosse a dent a cassé net pendant que je m'en servais (le manche s'est brisé en deux). Je ne pensais pas avoir une force herculéenne, comme ça. Ou alors c'est vraiment de la camelote ? Non, ça doit être moi qui ai une force herculéenne.

(samedi)

Crustacés et Coquillages

On devait à Olivier Ducastel et Jacques Martineau Ma vraie vie à Rouen, qui ne m'avait pas emballé, mais je suis allé voir leur dernier film, d'un ton nettement plus léger, qui emprunte son titre à une chanson de Brigitte Bardot (La Madrague), et j'en ressors euphorique. Crustacés et Coquillages est une comédie très réussie car à la fois hilarante et pourvue d'un certain sens (je ne dirais pas qu'il y a une « morale », mais en tout cas que ce n'est pas gratuit : certains aspects aussi bien des relations parents-enfants que des rapports des gens à leur sexualité — et à celle des autres — sont bien vus). Certes, les rebondissements sont assez téléphonés, l'intrigue est cousue de fil blanc, mais qu'est-ce qu'on rit ! Et puis, les acteurs jouent bien (moi je donnerais une mention spéciale pour Romain Torres, qui fait vraiment bien l'ado désabusé mi-apathique mi-provocateur) et accessoirement il y en a qui ne sont pas mal à regarder (mais comment Jean-Marc Barr fait-il pour être aussi séduisant à quarante-cinq ans ? je le trouve même mieux qu'à vingt-huit[#]).

[#] Argh, je me rends compte que dans ce fragment littéraire gratuit je n'ai pas mentionné le film qui a marqué l'année !

PS : Pour répondre à une question essentielle soulevée par le film, moi je ne me branle pas sous la douche (enfin, rarement). Je préfère largement faire ça allongé sur mon lit.

(Saturday)

Technical changes

[Traduction française ci-dessous.]

I have seized the opportunity that the main site for this blog was down to relocate its comments system: the address (http://www.⁂.net/cgi-bin/comment.pl/lscomments) hasn't changed, but now www.⁂.net (aka www.xn--kwg.net) points to regulus.⁂.net—which is a hosted box that I own—rather than vega.⁂.net—which is my home PC. The advantage is that the comments are now on a dedicated (and reasonably fast) server with a good Internet connection, rather than on my crummy old PC, so they should respond much faster. Note however that DNS caches might get in the way for something like 24 hours and in the mean time it will be slower, not faster, because if your Web browser contacts my home PC vega.⁂.net thinking it is www.⁂.net then it will have to get the comments data from the new server regulus.⁂.net and that's not efficient. But within a few days all should be in order.

I'm also starting to set up a mirror of my entire Web site at http://www.⁂.net/~david/, with the idea in mind that someday I'll move away from www.eleves.ens.fr:8080; but so far this mirror is incomplete, and you shouldn't rely on it. In any case, I'll probably decide to buy another domain name (asterism is fun, but it causes all sorts of problems); in fact, suggestions are welcome as to what that domain could be.

[French translation of the above.]

J'ai saisi l'occasion que le site principal de ce blog était éteint pour déplacer le système de commentaires : l'adresse (http://www.⁂.net/cgi-bin/comment.pl/lscomments) n'a pas changé, mais maintenant www.⁂.net (ou www.xn--kwg.net) pointe vers regulus.⁂.net — qui est une machine embarquée que je possède — plutôt que vega.⁂.net — qui est mon PC chez moi. L'avantage est que les commentaires sont maintenant sur un serveur dédié (et raisonnablement rapide) avec une bonne connexion Internet, plutôt que sur mon vieux PC tout pourri, donc ils devraient se charger beaucoup plus vite. Notez cependant que les caches DNS risquent de causer des ennuis pour quelque chose comme 24 heures et entre temps ça ira plus lentement, pas plus vite, parce que si votre browser Web contacte mon PC vega.⁂.net en pensant qu'il est www.⁂.net alors il devra récupérer les commentaires sur le nouveau serveur regulus.⁂.net et ce n'est pas efficace. Mais d'ici quelques jours tout devrait rentrer dans l'ordre.

Je commence aussi un miroir de mon site Web tout entier sur http://www.⁂.net/~david/, avec l'idée en tête qu'un jour je lâcherai www.eleves.ens.fr:8080 ; mais pour l'instant ce miroir est incomplet et il vaut mieux ne pas compter dessus. De toute façon, je déciderai probablement d'acheter un autre nom de domaine (l'astérisme c'est rigolo, mais ça cause quand même toutes sortes de problèmes) ; d'ailleurs, les suggestions sont bienvenues quant à ce que ce domaine pourrait être.

(vendredi)

Avis de coupure de courant, re

Cette fois l'annonce est bonne : coupure de courant généralisée à l'ENS demain.

(vendredi)

CNRS, suite

Je suis convoqué le 9 mai pour l'audition du concours de recrutement des chargés de recherche au CNRS, puisque je suis sur la liste des candidats admis à concourir. En maths, contrairement à d'autres disciplines, l'audition est une pure formalité, le candidat se bornant à signer la feuille de présence et éventuellement à déposer des pièces à joindre au dossier. En tout cas, la chose intéressante à noter, c'est le rapport entre la taille de cette liste — 164 noms — et le nombre de places — 14. Ce qui quantifie précisément le manque de moyens de la recherche en maths en France : il y en a douze fois trop peu, puisqu'il y a douze fois plus de gens qu'il faudrait employer qu'il n'y a de possibilité de les employer (a priori, quelqu'un qui est arrivé à ce stade a franchi suffisamment d'étapes — notamment une soutenance de thèse — pour qu'on ne puisse pas soupçonner que la candidature est bidon[#] ou quelque chose comme ça). Ceci étant, je ne suis pas sûr que les maths soient les plus mal loties de ce point de vue-là : il serait intéressant de calculer le rapport analogue dans chaque section, mais j'ai la flemme ; je note quand même au hasard que dans la section 32 mondes anciens et médiévaux le rapport est de 16 (il y a 47 candidats pour 3 places).

[#] Bon, d'accord, il y a peut-être un ou deux fumistes du genre Bogdanov dans la liste, mais sans doute pas des masses.

(jeudi)

Occupations et liberté

J'aime avoir l'impression, quand la journée est finie, que je ne l'ai pas totalement perdue, que j'ai fait des choses, peut-être pas des choses terriblement constructives, peut-être simplement m'amuser, mais au moins de ne pas avoir passé tout mon temps dans un état de quasi coma. Et aujourd'hui je me rends compte que ma journée était plutôt bien, de ce point de vue-là (la meilleure depuis un moment, en fait) : j'ai pu faire un peu de maths, mais pas trop, et j'ai pu me distraire (même si je n'ai pas tenu le programme que j'espérais), j'ai assisté à un match d'improvisation théâtrale et la soirée était plutôt réussie.

En revanche, insidieusement, je sens des signes de déprime pointer de nouveau le bout de leur nez de temps en temps. C'est sûrement l'effet post-thèse, en fait, ça : c'est dangereux, le sentiment d'avoir beaucoup de liberté et de ne pas bien savoir ce qu'on doit en faire.

(mardi)

La fumée blanche

Eh ben voilà, il n'a pas dû attendre trop longtemps. Ça avait l'air de lui tenir tellement à cœur, aussi.

(lundi)

La fumée noire

Le Grand Inquisiteur n'est donc pas encore évêque de Rome. Pourtant, on ne peut pas dire qu'il n'ait pas fait comprendre qu'il avait envie de le devenir.

(dimanche)

La couleur bleue

Ça ne doit pas faire longtemps — entre deux et cinq ans, je dirais — que la mode s'est installée d'utiliser la couleur bleue comme témoin de fonctionnement des gadgets électroniques. Peut-être qu'auparavant on ne savait pas faire des diodes électroluminescentes bleues et que l'invention en est récente, mais ça m'étonnerait quand même : je pense que c'est plutôt un effet de mode. En tout cas, le bleu est toujours le même : du rétro-éclairage des touches de mon nouveau téléphone mobile au voyant témoin d'alimentation de ma nouvelle paire d'enceintes[#], le bleu est devenu le symbole omniprésent de tout ce qui est hi-tech, là où il y a quelques années on aurait bêtement utilisé des diodes vertes. Je soupçonne même que la technologie bluetooth associe volontairement son nom à la couleur bleue des diodes qui sont systématiquement présentes pour flashouiller dans les récepteurs de ce protocole. La raison pour laquelle le bleu donne un effet si particulier — si « électrique » — dans la vision des couleurs, c'est que les cellules rétiennes (les « cônes courts ») qui y sont principalement sensibles (en vision diurne[#]) ne participent pas à la sensation de luminosité : autrement dit, un bleu assez pur se voit énormément sans être très lumineux, d'où une impression parfois étrange (qu'on retrouve rarement dans la nature[#2]).

Logiquement, dans quelques années, on devrait arriver à faire des diodes avec une longueur d'onde encore plus courte mais toujours dans le visible (du style 430nm). Et ça flashouillera encore plus.

[#] C'est pour cela que j'y pense maintenant : je me suis réveillé dans la nuit et je me suis aperçu que cette seule diode éclairait vraiment tout mon appartement — beaucoup plus que les diodes vertes sur mon ordinateur, mon modem ADSL ou mon téléphone fixe, même réunies. Car contrairement à la vision diurne où le bleu apporte peu de sentiment de luminosité, la nuit il en apporte normalement car ce sont les cellules « bâtonnet » qui détectent la lumière plutôt que les « cônes » longs et moyens : le pic de sensibilité à la lumière en vision nocturne (courbe « scotopique ») est à 507nm (soit un vert nettement bleuté) contre 555nm pour la vision diurne (courbe « photopique »), et dans la région de 470nm où se situe la couleur bleue dont je parle la différence entre vision nocturne et vision diurne est stupéfiante.

[#2] Sauf peut-être dans les pétunias violets : je m'étonne de voir que je n'en ai jamais encore parlé dans ce blog alors que les pétunias violets (qui deviennent roses quand on les prend en photo) sont un de mes dadas chromatologiques. Rappelez-moi d'en parler un jour.

(Sunday)

Classical Holy Grail

Decoded at last: the ‘classical holy grail’ that may rewrite the history of the world (from The Independent) : see the article about Oxyrhynchus on Wikipedia. I mention this because it reminds me of a literary fragment I wrote a while back…

(samedi)

06 98 03 41 80

[English summary follows.]

Je me suis enfin décidé à me racheter un téléphone mobile (le précédent est définitivement perdu) : c'est le 06 98 03 41 80 (soit +33 6 98 03 41 80 si vous appelez de l'étranger). Je pourrais répéter presque exactement les mêmes choses que la dernière fois.

C'est encore un Nomad : comparaison rapide des tarifs faite, ce sont toujours eux les moins chers si on n'appelle jamais (ce qui est à peu près mon cas), juste pour maintenir la ligne ouverte. Le téléphone lui-même est un Sagem my C-4 (et je ne peux pas fournir de lien sur le site du fabricant parce qu'apparemment ils ne connaissent pas ce modèle — pourtant, je vous assure, j'en ai un sous les yeux !) ; j'aurais aimé pouvoir échapper à l'écran couleur et avoir en contrepartie quelque chose de plus solide ou de moins cher, mais apparemment on ne peut pas (et je n'avais pas de temps à perdre à chercher), alors tant pis, ça m'aura coûté 109€. Côté ergonomie, il n'a l'air pas trop mauvais sauf pour une chose : si je commence à composer un numéro, il apparaît un onglet store (pour stocker le numéro dans le répertoire, logique), mais si je tape dessus il ne me demande pas un nom sous lequel le stocker, il dit juste OK et apparemment il ne fait rien : il doit y avoir quelque chose que je n'ai pas compris, mais en tout cas ce n'est pas très conforme au principe de moindre surprise.

Je n'ai pas fait d'effort pour tenter de garder l'ancien numéro. En fait, c'est pire que ça, je l'ai laissé se périmer (maintenant il y a un message qui stipule que ce numéro n'existe plus), et ça c'est dommage, j'aurais voulu changer l'annonce du répondeur pour préciser mon nouveau numéro. C'est bien bête parce que sur la version imprimée de l'annuaire des élèves de l'ENS j'apparaîtrai avec cet ancien numéro.

Et évidemment, je continue à très mal capter dans mon appartement : donc il faudra toujours essayer de m'appeler au 01 45 88 39 61 avant le mobile.

Comme la dernière fois, je termine avec un fichier MP3 dont la lecture contre un combiné de téléphone fixe devrait composer le numéro : comme ça des gens vont devoir trouver un prétexte pour m'appeler pour essayer ce gadget.

[Résumé en anglais de ci-dessus.] My new cell phone number is +33 6 98 03 41 80 (same operator as previously, and the phone itself is a Sagem my C-4). Again, since cell phone coverage inside of my apartment is very poor, +33 1 45 88 39 61 is the first number to try if one wishes to reach me.

(vendredi)

Unicode Power

On m'a offert un énorme poster qui représente l'intégralité des caractères du plan 0 d'Unicode (4.0.1) ! C'est vraiment impressionnant à regarder, et surtout on se dit que le chinois prend de la place (surtout quand on pense qu'il y a encore beaucoup plus de caractères chinois dans le plan 2).

Bon, maintenant je me demande où je vais bien pouvoir afficher ça.

Voyez aussi ce site Web.

(vendredi)

L'arbre de Stern-Brocot

Ce que je trouve fascinant dans les mathématiques, ce sont les objets infiniment élégants qu'on peut y rencontrer : je ne m'enthousiasme pas tant pour les démonstrations que pour les créatures qui peuplent le paradis platonique et dont on a vraiment l'impression qu'elles existent et qu'on ne fait que les découvrir et non les inventer. La créature que j'ai rencontrée en l'occurrence (pas aujourd'hui, mais c'est aujourd'hui que j'ai appris son nom), c'est l'arbre de Stern-Brocot : il se trouve que je l'ai redécouvert (et je suppose que je ne suis pas le premier ; déjà, il porte un double nom en l'honneur de deux personnes — Moris Stern et Achille Brocot — qui l'ont découvert indépendamment) dans ma thèse (voyez page 26 de mon manuscrit) en étudiant la résolution par éclatement des morphismes depuis la droite projective, mais je suppose que j'aurais pu le rencontrer en mille et une circonstances tellement il est naturel. J'en discutais avec un ami (Arthur), qui m'a fait remarquer que cet arbre était déjà connu et signalé dans Concrete Mathematics (le livre de Graham, Knuth et Patashnik), et c'est là que j'en ai appris le nom.

Il s'agit d'un arbre binaire dont les feuilles sont exactement les nombres rationnels (du moins tel que je le conçois, avec zéro pour racine ; d'autres présentations prennent des sous-arbres de ce que j'évoque) : il a pour racine le nombre 0, dont partent deux feuilles étiquetées −1 (à gauche) et 1 (à droite) ; au niveau suivant, les feuilles sont −2 et −½ (filles de la feuille −1), ½ et 2 (filles de la feuille 1) ; au niveau suivant ce sont −3, −3/2, −2/3, −1/3, 1/3, 2/3, 3/2 et 3. À chaque niveau, la règle de construction est de placer entre deux fractions déjà formées la fraction dont le numérateur et le dénominateur sont chacun somme de ceux des deux fractions gauche et droite entre lesquelles on intercale la nouvelle (par exemple, entre 1/2 et 2/3 on mettra 3/5, qui sera fils gauche de 2/3). Peut-être que les explications de PlanetMath ou celles de MathWorld, avec dessin, seront plus claires. Cet arbre contient une et une seule fois chaque rationnel, qui apparaît sous forme réduite, et les irrationnels correspondent à des branches dans l'arbre de Stern-Brocot ; de plus, il a des propriétés miraculeuses liées à l'algorithme d'Euclide (d'écriture des réels en fractions continuées) : si on suit une branche de l'arbre, les fractions qui apparaissent sont exactement les meilleures approximations rationnelles du réel limite, et les changements de direction (de la gauche vers la droite ou vice versa) se font exactement aux réduites de l'écriture du réel en fraction continuée. Par exemple, si on part de 1 et qu'on alterne branche droite et branche gauche, on trouve les rapports successifs des nombres de Fibonacci (2, 3/2, 5/3, 8/5, 13/8…) qui sont les approximants d'Euclide convergeant vers le nombre d'or.

[Graphe de la fonction de Stern-Brocot]Je ne m'arrête pas là : supposons que je mette en correspondance l'arbre de Stern-Brocot (mettons le sous-arbre qui a pour sommet ½, entre 0 et 1) avec l'arbre dyadique de même intervalle (qui a pour sommet ½ dont partent deux branches vers ¼ et ¾ et ensuite vers les huitièmes et ainsi de suite). On obtient une fonction continue croissante (représentée ci-contre) qui à tout rationnel (entre 0 et 1) associe un nombre dyadique (c'est-à-dire un rationnel dont le dénominateur est une puissance de 2) : elle envoie par exemple 1/2 sur 1/2, 1/3 sur 1/4, 2/3 sur 3/4, 3/5 sur 5/8 et 5/8 sur 11/16. Cette fonction se prolonge (de façon unique) en une fonction croissante continue φ de l'intervalle [0;1] sur lui-même, qui fait correspondre exactement non seulement les rationnels avec les dyadiques mais aussi — par une propriété bien connue des développements en fractions continuées — les réels algébriques quadratiques avec les rationnels (par exemple, l'inverse du nombre d'or, (√5−1)/2, ou 0.61803…, s'envoie sur 2/3 exactement, car ils s'obtiennent en alternant branche droite et branche gauche dans un cas sur l'arbre de Stern-Brocot et dans l'autre sur l'arbre dyadique). Ceci suggère toutes sortes de questions. Que peut-on dire, par exemple, du nombre dont l'image par φ est (√5−1)/2 (et donc l'image par φ² — l'itérée double de φ — est 2/3) ? Que peut-on dire des nombres dont l'image par un nombre fini d'application de φ (à la partie fractionnaire) donne un rationnel (ou, de façon équivalente, un dyadique) ? Sont-ils stables par addition et multiplication ? Peut-on les caractériser ? L'image d'un algébrique par φ est-elle un algébrique ? Le nombre 0.42037… qui est un des deux points fixes irrationnels de φ (autrement dit, son parcours dans l'arbre de Stern-Brocot est le même que son parcours dans l'arbre dyadique, c'est-à-dire que son développement en fraction continuée et son écriture binaire sont directement liés) a-t-il des propriétés remarquables ? Est-il transcendant ? Bon, je n'ai pas réfléchi à tout ça, et sans doute beaucoup de ces questions sont-elles stupides (soit parce que leur réponse est évidente soit — ce qui me semble plus probable — parce qu'elle est hors de portée et peu intéressante), mais je suis sûr qu'il y a tout de même quantité de choses fascinantes à dire sur cette fonction φ (tiens, sa dérivée s'annule en tous les dyadiques, mais que peut-on dire de φ′ ailleurs).

Ajout (beaucoup plus tard) : Renseignement pris, la fonction φ en question est également classique et s'appelle la fonction ‘?’ [point d'interrogation] de Minkowski. Dans un même esprit, voir aussi la fonction de Fabius.

(vendredi)

Avis de coupure de courant

Une coupure de courant est prévue toute la journée demain (samedi) à l'ENS, donc aussi bien le site Web officiel que le serveur des élèves seront en rade, et notamment ce blog — ainsi, bien sûr, que mon courrier électronique.

Certainement un complot pour m'empêcher de bosser, ça. Comme si c'était nécessaire ! 😉

Rectification : Je me suis trompé d'une semaine, la coupure de courant est prévue pour samedi 23.

(jeudi)

Il fait nuit. Je bois du thé vert. J'écoute le quintette pour clarinette en si mineur opus 115 de Brahms — mixé avec des sons d'eau et des chants d'oiseau. Et maintenant, je vais lire quelques pages du dernier roman d'Umberto Eco.

Le bonheur, quoi.

(mercredi)

Service perturbé

Aujourd'hui je me sens d'humeur à râler, alors comme c'est une des choses que je sais faire le mieux au monde, je ne vais pas me priver. Ce matin quand j'ai voulu prendre le bus (27), le panneau à cristaux liquides qui indique normalement le temps avant le passage des prochains bus indiquait simplement : Service perturbé. Alors je trouve que c'est bien gentil de dire ça, mais c'est justement quand le service est perturbé qu'on a d'autant plus envie de savoir le temps d'attente avant le prochain bus ! Donc au lieu de remplacer cette donnée utile par une information générale (certes importante) ils pourraient peut-être afficher alternativement l'une et l'autre. Non ? Je veux dire, leur système GPS qui permet de savoir où en est le prochain bus, il doit toujours marcher quand le service est perturbé (au pire, ils peuvent donner un intervalle approximatif). Bref, ayant vu ça, je suis allé à pied (ça ne m'arrangeait pas parce que j'étais en retard), et deux cents mètres plus loin le bus m'a filé sous le nez et un feu peu coopératif m'a empêché de le rejoindre à l'arrêt suivant. À ce propos je trouve que les feux à Paris sont souvent beaucoup trop longs (il m'arrive de devoir attendre une minute — j'ai chronométré — pour traverser les Gobelins, c'est vraiment n'importe quoi), j'aimerais bien savoir à qui je dois envoyer une lettre de protestation officielle (à la Préfecture de police ?) et, plus sérieusement, au fait, comment ils sont synchronisés, les feux de circulation (y a-t-il un Grand Ordinateur Central ? si oui, qui s'occupe de le programmer, et par quel moyen communique-t-il avec les feux, et que se passe-t-il quand il plante ?).

Aucun rapport : il sort un film pour (petits) enfants qui s'appelle (en français) L'Éfélant. Alors là, franchement, c'est vachement malin : les enfants qui sont volontiers un peu dyslexiques, surtout sur un nom aussi compliqué que éléphant, ça va vraiment les aider. Bravo.

Ah oui, et puis la météo aujourd'hui, elle s'est bien plantée, il devait pleuvoir et en fait il n'est presque rien tombé, et j'ai annulé une promenade que je devais faire cet après-midi pour ça, et du coup c'était pour rien. Bon, à la place on m'a fait un cadeau, alors ce n'est pas trop grave.

Zut, j'avais un autre sujet sur lequel râler, mais il ne me revient pas à l'esprit à l'instant. Bon, en attendant je me couche parce que je dois écouter des agrégatifs parler de dénombrement et de corps de rupture, demain matin (tôt !).

(mardi)

Il faut que je prenne des bonnes résolutions

Depuis que j'ai soutenu ma thèse, je me couche de nouveau trop tard. Pfff…

(lundi)

Goods do not meet the requirement…

Certains paquets que je reçois d'Amazon.com portent un gros autocollant jaune avec l'avertissement suivant :

Goods Do Not Meet
The Requirement Of
Article 9 and 10 Of
The Contract For The
Foundation Of The
European Community

(Verbatim : tous les mots ont une majuscule sauf and, et il n'y a pas de pluriel à Requirement ni Article. Et il n'y a pas non plus la moindre sorte de ponctuation.)

En l'occurrence, le paquet venait d'Allemagne et contenait un livre.

Je me suis dit que j'allais chercher sur le Web ce que c'était que le Contract For The Foundation Of The European Community, mais la seule référence à ça est quelqu'un qui cite justement cet autocollant. Et d'ailleurs il me semble que la Communauté européenne, ça n'existe plus, c'est l'Union européenne, et qu'elle n'a pas été fondée par des contrats mais par des traités (ce qui est subtilement différent). Enfin bon, il doit s'agir du Traité de Rome du 25 mars 1957, instituant la communauté [économique] européenne, dont les articles 9 et 10 ont effectivement l'air de parler de mesures douanières :

Les dispositions du chapitre 1, section 1, et du chapitre 2 du présent titre s'appliquent aux produits qui sont originaires des États membres, ainsi qu'aux produits en provenance de pays tiers qui se trouvent en libre pratique dans les États membres.

Sont considérés comme étant en libre pratique dans un État membre les produits en provenance de pays tiers pour lesquels les formalités d'importation ont été accomplies et les droits de douane et taxes d'effet équivalent exigibles ont été perçus dans cet État membre, et qui n'ont pas bénéficié d'une ristourne totale ou partielle de ces droits et taxes.

C'est un peu chinois pour moi (enfin bon, faut bien que les traités soient rédigés dans une langue sibylline, sinon on n'aurait pas besoin de payer des juristes pour les comprendre 😡). J'ai l'impression que l'idée c'est que Amazon.com n'a pas payé les droits de douane pour faire venir le livre depuis les États-Unis jusqu'en Allemagne d'où ils le réexpédient vers moi donc le colis n'est pas protégé par l'union douanière et ils mettent ce gros autocollant qui veut dire que s'il faut faire payer quelqu'un c'est moi et pas eux. J'ai bon ? Ce n'est pas un peu grotesque, comme méthode ?

Sinon, tant que j'y suis, un petit quizz rigolo : savez-vous quels sont les tout premiers mots du traité de Rome et de tous les traités européens depuis, y compris le traité constitutionnel européen dont on parle tellement en ce moment ? Tenez-vous bien : ça commence[#] par

Sa Majesté le Roi des Belges

Eh ben je suis désolé de le dire, mais We the People of the United States ça a quand même plus de gueule que Sa Majesté le Roi des Belges. Sans vouloir offenser personne, bien sûr, mais je crois que je préférais encore Thucydide.

[#] Vous aurez compris, ça commence par l'énumération des hautes parties contractantes, c'est-à-dire les chefs d'État des vingt-cinq pays de l'Union, dans un ordre qui doit vaguement être l'ordre alphabétique dans une certaine langue mais je ne sais pas exactement laquelle. Il s'agit donc du souverain ou du président des différents pays ; il y a une bizarrerie, cependant : pour la Suède, la haute partie contractante est le Gouvernement du Royaume de Suède et non Sa Majesté le Roi de Suède ; je serais curieux de savoir pourquoi elle fait ainsi exception.

(dimanche)

Les affres du nilradical inférieur

C'est un sentiment vraiment horrible de se retrouver un dimanche à onze heures du soir passées à vouloir savoir ce que c'est que le nilradical inférieur (d'un anneau non commutatif) et de n'avoir aucun moyen d'accéder à cette information. Je suis très sérieux — enfin presque.

J'ai la fâcheuse manie de travailler hors des heures d'ouverture de la bibliothèque de maths à laquelle j'ai accès ; j'ai une petite collection de livres de maths dans mon bureau (et une collection bien plus importante chez mes parents à Orsay, mais je n'y suis plus trop), qui souvent ne suffit pas à fournir les réponses que je cherche. Reste le Web : mais ce qui est frustrant, avec le Web, c'est qu'on y trouve des articles de recherche (et un article de recherche en algèbre non commutative ne va jamais prendre la peine de rappeler quelque chose censément aussi connu que la définition du nilradical), des cours de niveau vraiment basique, et quelques informations éparses au niveau intermédiaire, mais rien de cohérent.

Alors voilà, pris dans un méandre de ma pensée j'ai voulu retrouver la définition du nilradical inférieur d'un anneau non commutatif. (Plus exactement, il y a un nilradical supérieur et un nilradical inférieur qui généralisent la notion de nilradical d'un anneau commutatif — l'ensemble des éléments nilpotents. Je connais une définition possible, parfois appelée nilradical tout court, à savoir la somme des idéaux bilatères nils — c'est-à-dire dont tous les éléments sont nilpotents — mais je ne sais pas si c'est le supérieur ou l'inférieur : je penche plutôt pour le supérieur, et j'aimerais bien savoir quel est l'autre définition — peut-être la somme des idéaux bilatères nilpotents mais ça pourrait être tout autre chose.) Impossible : tous les livres que j'avais sous la main traitent essentiellement (ou uniquement) d'algèbre commutative, et personne sur le Web ni sur Usenet n'a jamais écrit noir sur blanc la définition du nilradical inférieur. Je sais que la réponse est dans le livre de Lam sur les anneaux non commutatifs, qui se trouve chez mes parents, mais je ne l'ai pas avec moi.

C'est absolument affreux. Pas pour le nilradical lui-même, mais ce sentiment que l'information est là, quelque part, mais inaccessible.

(samedi)

Et maintenant ?

Alors voilà ce qui a officiellement été dit sur moi :

Orsay, le 8 avril 2005

David Madore a d'abord décrit le contexte général dans lequel s'inscrivent ses recherches. Il a ensuite énoncé précisément les principaux résultats de sa thèse. Il a fait le choix judicieux d'en exposer trois, ceux qui ont des applications à l'étude du groupe de Chow des zéro-cycles. Pour les deux premiers, il a bien dégagé les idées géométriques clés. Le troisième résultat s'appuie sur un calcul difficile de désingularisation torique. Madore a su alors combiner la présentation par transparents de calculs complexes et l'exposé synthétique de sa stratégie.

Le jury a apprécié le soin et la rigueur dont Madore a fait preuve tout au long de son exposé, très bien construit et agréable à suivre.

David Madore a manifestement toutes les qualités requises pour exercer une profession d'enseignant-chercheur.

Pour ces raisons, le jury décerne à David Madore le grade de docteur de l'université Paris-XI avec mention très honorable.

[Suivent les cinq signatures des membres du jury, dans l'ordre alphabétique]

(L'Université de Paris-Sud XI — ou au moins le département de mathématiques — ne décerne pas de félicitations. Comme ça je n'ai pas à me poser l'embarrassante question de savoir si je les aurais eues.)

Bon, il me reste encore à faire procéder au tirage définitif de mon manuscrit pour le déposer à la scolarité (le jury ne me demande pas de modifications, mais j'ai tout de même quelques changements à apporter) ; notamment, il faut que je décide si j'inverse les termes R-équivalence et équivalence rationnelle dans le titre de mon manuscrit pour me mettre en conformité avec l'ordre que j'ai bêtement écrit sur les papiers administratifs (et qui figure donc sur le procès-verbal de soutenance) ou si je maintiens l'ordre que j'avais choisi quitte à risquer des ennuis si je tombe un jour sur des bureaucrates vraiment bornés.

Et ensuite quoi ? Pour cette année, je candidate au CNRS — sans avoir plus qu'une chance minuscule de l'avoir ; je ne peux pas candidater comme maître de conf parce que les dates limites des qualifications sont passées. L'an prochain on verra.

Je pense que je vais aussi chercher un prétexte, l'an prochain, pour être officiellement encore étudiant : après tout, le statut d'étudiant à vie me plaît bien. Ça pourrait être m'inscrire en habilitation (purement pour la forme), ou chercher un master ou une licence pipo, ou je ne sais quoi encore.

Pour ce qui est de mes recherches (mathématiques) futures, j'ai un certain nombre de pistes, les plus sérieuses étant celles qui résultent de conversations récentes avec Brendan Hassett (un de mes rapporteurs), notamment mardi.

Dans l'immédiat, je vais surtout me reposer, faire un certain nombre de choses que j'avais dû laisser de côté ces dernières semaines, et puis sortir un peu, chose qui me manque en ce moment.

(vendredi)

Ouf

Habe nun, ach! Philosophie,
Juristerei und Medizin,
Und leider auch Theologie!
Durchaus studiert, mit heißem Bemühn.
Da steh' ich nun ich armer Tor!
Und bin so klug als wie zuvor;
Heiße Magister, heiße Doktor gar
Und ziehe schon an die zehen Jahr,
Herauf, herab und quer und krumm,
Meine Schüler an der Nase herum—

[Je suis sûr, Arthur, que tu te doutais que j'allais citer ça. 😉]

Enfin voilà, c'est fait : dès que Mme la Présidente de l'Université de Paris-Sud XI aura apposé sa signature sur le procès-verbal, je serai docteur. Pour l'instant, je suis surtout complètement lessivé, alors je ne vais pas dire grand-chose de plus (je recopierai sans doute le rapport du jury dans une entrée ultérieure). Mais j'ai été ému du nombre et de la diversité des gens venus m'écouter (même sans rien y comprendre) ; mon directeur de thèse m'a d'ailleurs fait remarquer — je vous que vous êtes très populaire. Merci à tous, donc.

(jeudi)

J−1

Bon, normalement mon exposé est au point (c'est-à-dire autant qu'il le sera), j'ai fait une répétition hier où je ne m'en suis pas trop mal sorti, mes transparents sont nuls mais il faudra faire avec. J'ai récupéré le dossier de soutenance au service de la scolarité (une enveloppe scellée que je dois remettre au président du jury — je me demande bien ce qu'il y a dedans[#]), j'ai récupéré les exemplaires imprimés de mon mémoire (où j'ai consciencieusement inséré une feuille d'errata) et j'en ai distribué quelques-uns. Ma mère a confirmé pour le pot (cinquante personnes). Bref : tout est prêt, et j'en suis à m'ennuyer en attendant que le temps passe.

Je serai le premier de l'année 2005 à soutenir une thèse de maths à Orsay (ben oui, les thèses se font par saison — à cause de deadlines administratives débiles —, et je suis complètement hors-saison, là). Ah, et, je me demande si tout le monde arrivera à tenir dans la salle où a lieu la soutenance

J'espère par ailleurs que l'administration n'aura pas la bêtise de me chercher des ennuis parce que sur les papiers officiels j'ai indiqué mon sujet comme étant

Hypersurfaces cubiques: équivalence rationnelle, R-équivalence, et approximation faible

alors que sur le mémoire c'est

Hypersurfaces cubiques: R-équivalence, équivalence rationnelle et approximation faible

J'ai moyennement envie de soutenir une deuxième fois sur le même sujet en permutant deux termes.

Bon, pour parler d'autre chose que de ma thèse, voici quelques pointeurs Web. Je viens de jeter un coup d'œil aux images de la dernière édition de l'IRTC, c'est-à-dire janvier-février 2005, sur le thème Out of place, et je dois dire que les lauréats sont excellents : à la fois techniquement réussis, esthétiquement intéressants, et drôles ; je conseille donc de regarder ça (de façon générale les images de l'IRTC méritent l'attention, mais cette fournée me semble vraiment bien, sans doute parce que le sujet était propice à l'inspiration). Je viens aussi de découvrir un poisson d'avril qui fera rire tous ceux qui connaissent Boing Boing : Boring Boring (A Directory of Dull Things).

Je viens aussi de découvrir un passage de la toute nouvelle version (4.1.0) du standard Unicode (béni-soit-son-nom) qui m'a fait hurler de rire :

@		Gender symbols
26A2	DOUBLED FEMALE SIGN
	= lesbianism
26A3	DOUBLED MALE SIGN
	* a glyph variant has the two circles on the same line
	= male homosexuality
26A4	INTERLOCKED FEMALE AND MALE SIGN
	* a glyph variant has the two circles on the same line
	= bisexuality
26A5	MALE AND FEMALE SIGN
	= transgendered sexuality
	= hermaphrodite (in entomology)
26A6	MALE WITH STROKE SIGN
	= transgendered sexuality
26A7	MALE WITH STROKE AND MALE AND FEMALE SIGN
	= transgendered sexuality
26A8	VERTICAL MALE WITH STROKE SIGN
	= ferrous iron sulphate (alchemy and older chemistry)
26A9	HORIZONTAL MALE WITH STROKE SIGN
	= magnesium (alchemy and older chemistry)
@		Circles
26AA	MEDIUM WHITE CIRCLE
	= asexuality, sexless, genderless
	= engaged, betrothed
	* base for male or female sign
26AB	MEDIUM BLACK CIRCLE
	* UI symbol for record function
26AC	MEDIUM SMALL WHITE CIRCLE
	= engaged, betrothed (genealogy)
	* can represent wedding ring
@		Genealogical symbols
26AD	MARRIAGE SYMBOL
	x (infinity - 221E)
26AE	DIVORCE SYMBOL
	x (infinity negated with vertical bar - 29DE)
26AF	UNMARRIED PARTNERSHIP SYMBOL
	x (double-ended multimap - 29DF)
26B0	COFFIN
	= buried (genealogy)
	x (white rectangle - 25AD)
26B1	FUNERAL URN
	= cremated (genealogy)

À quand la marche des fiertés lesbienne, gaie, bi, trans, hermaphrodite, sulfate ferreux et magnésium ? À part ça, je trouve amusant de voir le Saint Standard donner dans le politiquement correct ; ils n'ont toujours pas ajouté, d'ailleurs, le svastika dans les symboles divers (alors qu'il y a plein de croix religieuses, il y a le symbole marteau-et-faucille, le symbole peace-and-love, yin-et-yang, et plein d'autres choses de ce genre, même, très récemment, la fleur-de-lis), je me demande si c'est parce qu'ils ont peur des réactions ou simplement parce que personne n'a fait de proposition formelle. Ah, et, par ailleurs, faudrait que je me dévoue pour faire une proposition qui se tienne pour ajouter les smileys dans Unicode (je veux dire, le « répertoire standard », c'est-à-dire les smileys qu'on retrouve en commun dans énormément de systèmes de communication électronique, ceux qui servent vraiment à transmettre des informations et pas à faire de l'ASCII-art).

[#] En fait, je soupçonne quand même que ce sont les rapports. Mais comme mes rapporteurs font de toute manière partie de mon jury de soutenance, ça n'a pas énormément de sens de me donner sous enveloppe scellée à leur remettre une copie des rapports qu'ils ont eux-mêmes écrit. Et je crois qu'après la soutenance j'aurai le droit de les voir, les rapports en question.

(lundi)

Compte à rebours

C'est tout de même énervant qu'alors que ma thèse est essentiellement bouclée depuis trois mois (si ce n'est plus) je me retrouve en pleine panique de dernière minute : la préparation de mon exposé de soutenance est loin d'être parfaite. (Pour être précis, je prévois quatre parties à mon exposé : la première partie, introductive, je l'ai bien préparée maintenant, mais j'ai peur d'oublier de dire plein de choses sous le stress du moment ; la seconde partie ne devrait pas poser trop de problème, la troisième probablement pas non plus, mais la quatrième est encore complètement dans l'espace, j'ai vaguement deux transparents qui sont très mauvais mais je n'ai plus le temps de faire mieux.)

Demain je vais à Orsay pour parler avec un de mes rapporteurs (probablement pas tellement de ma thèse mais d'autres questions mathématiques — il faut bien profiter de sa présence en France), puis il donne un exposé au séminaire de géométrie algébrique d'Orsay. Je vais aussi récupérer les versions imprimées de mon manuscrit (et y insérer une feuille d'errata[#☹).

Après-demain je vais à Paris pour répéter une nouvelle fois (devant quelques amis) mon exposé de soutenance. Et jeudi je ne fais rien (en tout cas, je prévois de ne rien faire : peut-être qu'il y aura une nouvelle panique de dernière minute, mais espérons que non !). Sauf peut-être de la paperasse administrative (récupérer à la scolarité mon dossier de soutenance).

Et dans tout ça, il faut surtout que j'arrive à dormir, parce que ces derniers jours le niveau de stress a été tel que je n'ai dormi qu'en moyenne cinq heures par nuit et ça ne peut pas durer.

[#] Je précise tout de même que ceci était un poisson d'avril ! Il y a bien quelques choses à corriger dans ma thèse mais, à ce que je sache, rien qui remette en cause l'ensemble.

(dimanche)

Langue écrite et langue orale

Au cours de la préparation de mon exposé de soutenance j'ai essayé de me faire des notes très précises, au moins pour l'introduction. Très précises, cela veut dire : décidant à l'avance presque chaque mot que je vais utiliser (ou au moins l'idée de chaque phrase). Et je me rends compte de la chose suivante : la manière dont je forme une phrase à l'écrit est très différente de la manière dont je la tourne à l'oral. À la fois par le vocabulaire que j'utilise ou par les tournures grammaticales, il n'y a presque rien en commun entre mon français écrit et mon français parlé : si j'essaie de dire à haute voix (pas dans une intonation qui soit celle de la lecture ou de la récitation) une phrase que j'ai écrite, elle me semble ultra-construite, pour ne pas dire maniérée, et à l'inverse, si j'essaie de coucher par écrit ce que je dirais naturellement je trouve cela incroyablement familier.

Cela se voit à toutes sortes de choses. À l'oral, par exemple, je vais poser une question par qu'est-ce qu'on peut dire des foobars bleutés ? alors qu'à l'écrit ce sera que peut-on dire des foobars bleutés ? ; à l'oral le démonstratif est ça alors qu'à l'écrit c'est ceci ou cela ; à l'écrit je structure mes phrase en périodes alors qu'à l'oral je fais des phrases généralement courtes que je relie par beaucoup de alors (ne marquant pas la concession), bon, bref et autres mots de liaison un peu vides de sens. Dans un exposé mathématique j'utilise beaucoup de pronoms de la première personne (je vais supposer que k est algébriquement clos, et je vais même rajouter indénombrable et de caractéristique zéro) alors qu'à l'écrit on les évite (le corps k sera supposé algébriquement clos et, pour simplifier, indénombrable et de caractéristique nulle). C'est assez étonnant, je ne me rendais pas compte de l'ampleur de la différence.

Peut-être suis-je particulièrement touché parce que mon expression écrite est volontiers ampoulée voire précieuse tandis que mon expression orale est globalement naturelle (du moins il me semble) [tiens, du moins c'est vraiment le type de locution que je n'emploierais que très difficilement à l'oral : je dirais enfin je crois]. Ou peut-être pas. J'ai vaguement l'impression que la différence entre ma façon de m'exprimer verbalement et oralement est beaucoup plus réduite en anglais : est-ce parce que je maîtrise beaucoup moins bien l'anglais (surtout la langue idiomatique et courante) ou est-ce qu'intrinsèquement l'anglais a moins d'écrart entre langue écrite et langue parlée ?

Quoi qu'il en soit, il m'est presque répugnant de mettre par écrit des choses que je dirais naturellement. Un exemple idiot : la première phrase de mon exposé commencera sans doute par quelque chose comme alors, pour introduire mon travail, je vais commencer par évoquer la question suivante… : je n'arrive pas à dire cette phrase sans le alors initial (juste pour l'intonation), mais si j'essaie de l'écrire, il me semble parfaitement ridicule.

(samedi)

Télédéclaration d'impôts → foutage de gueule

Je me suis naïvement dit que j'allais télédéclarer mes impôts cette année, en passant par le serveur Web spécial. Erreur fatale ! Après deux heures et demie passées à lutter, je capitule.

Déjà, techniquement, leur système est d'une stupidité inimaginable. Au lieu de proposer bêtement un formulaire HTML, avec un peu de magie JavaScript pour aider, le tout transitant sur une connexion HTTPS, ce qui marcherait très bien, ils éprouvent le besoin de mettre en place un système beaucoup plus compliqué et qui pose toutes sortes de problèmes sans apporter aucun avantage : à savoir, générer d'abord un certificat cryptographique censé identifier le citoyen télédéclarant, puis faire signer la déclaration par ce certificat. Pourquoi ? Parce qu'une règle débile de l'administration (du Code général des impôts, je suppose) dit que la déclaration d'impôts doit être signée, et quelque andouille a décidé que pour interpréter ça dans le contexte d'une télédéclaration il fallait une signature cryptographique[#]. Toute personne ayant quelques notions de cryptographie verra immédiatement la connerie du système (qui apporte une illusion de sécurité sans rien apporter de réel) : la « signature » en question ne vaut que par la confiance qu'on accorde au certificat (c'est-à-dire, au fait que le certificat représente bien le télédéclarant), et cette confiance a pour source le fait qu'il est capable[#2] de donner son numéro de télédéclarant, son numéro fiscal, et son revenu fiscal de référence de l'an dernier ; ergo : ça n'apporte rigoureusement rien de plus de générer d'abord un certificat qui ne vaut que par cette ténue preuve d'identité et faire signer la déclaration à ce certificat que de joindre tout simplement les informations prouvant l'identité à la déclaration.

Enfin, admettons. Le système est idiot, mais jusqu'à ce point il n'est pas prouvé qu'il est mauvais. Évidemment, la complexité du mécanisme fait qu'ils ont besoin de Java, et même d'une bibliothèque Java ad hoc, un module cryptographique pour signer la déclaration à partir du certificat (vous suivez ?). Java étant assez mal foutu, l'installation d'une bibliothèque Java va échouer sur plein de systèmes (notamment à peu près n'importe quel Unix ou bien un Windows quand on utilise un compte non-administrateur et qu'on a fait un peu attention aux permissions) parce qu'il va tenter d'installer la bibliothèque à un endroit où il n'a pas le droit d'écrire (au lieu de créer un répertoire chez l'utilisateur et le rajouter au classpath). Cette fois-ci, ce n'est pas l'administration française qu'on peut accuser d'idiotie, c'est Sun. Mais ce point est mineur, on peut facilement le contourner (en donnant à l'utilisateur le droit d'écrire dans les répertoires de la JVM, par exemple en en créant une pour lui).

Mais au bout du compte, ça ne marche toujours pas. J'obtiens le message d'erreur suivant :

Votre demande n'a pas pu aboutir.

L'accès au service est momentanément indisponible. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. Nous nous efforçons de rétablir le service dans les meilleurs délais.
Merci de bien vouloir vous reconnecter ultérieurement.

Pour plus d'informations, le service d'assistance est accessible selon la modalité de votre choix (assistance téléphonique, mél…).

Pour retourner à la page d'accueil du site, veuillez cliquer sur le bouton situé en haut de cette page.

Il est possible que leur site soit simplement saturé ou qu'ils aient un bête problème technique avec leur serveur. Mais il est aussi possible que ce soit autre chose : j'ai appris que l'an dernier des gens ont rencontré la même erreur et simplement changeant de navigateur (pour passer de Mozilla à Internet Explorer, sous Mac OS) le système a fonctionné. Autrement dit, au moins l'an dernier, ce message d'erreur était un pur mensonge et signifiait : Vous n'utilisez pas un navigateur qui nous plaît. J'ignore si c'est encore le cas cette année, mais je ne suis pas sûr de pouvoir prendre le risque d'attendre voir si le site se remet à marcher et voir ainsi passer la date limite pour la déclaration papier, sachant que si le « problème » est de mon côté (i.e., avec Mozilla ou Firefox sous Linux ça ne marche jamais) je peux toujours rêver que ça tombe en marche. Joie.

Alors bon, après tellement de temps passé à lutter contre les âneries du ministère et de Sun pour finalement tomber sur un message d'erreur douteux, je crois que je comprends pourquoi la télédéclaration ne remporte pas beaucoup de succès.

[#] Si vous voulez savoir, ce qu'on « signe » en fait, dans le cadre d'une télédéclaration, c'est un fichier pipo-XML (ce n'est pas du XML bien-formé, même si ça y ressemble) qui commence quelque chose comme ceci (évidemment je suis aller fouiller dans les données qu'échangent leurs immondes programmes Java et JavaScript, donc j'ai vu quel était le cœur de la déclaration) : <?xml version="1.0" encoding="ISO-8859-1"?> <FORM_XML VALUE=1-1-2042-2004> <?xml version="1.0" encoding="ISO-8859-1"?> <F2042> <REG_IMP>1</REG_IMP> <NUM_TRT>12</NUM_TRT> <TYPESAISIE> </TYPESAISIE> <CHANGEMENT_ADR> </CHANGEMENT_ADR> <ETATCIVIL> <NOMPRENOM>M MADORE, DAVID</NOMPRENOM>, et ainsi de suite. Quelque part j'ai du mal à imaginer que le fait d'ajouter la signature cryptographique par un certificat ad hoc et sans valeur sur un tel fichier pas très human-readable aurait une valeur juridique supérieure à celle de soumettre un formulaire Web ordinaire en cochant une case je certifie l'exactitude des renseignements ci-dessus.

[#2] Déjà, j'ai un problème, là : je ne vois aucune indication, où que ce soit, du fait que l'une quelconque de ces trois données soit censée être secrète. Autrement dit, je ne vois pas où on me conseille de ne pas publier sur mon blog, par exemple, mon numéro de télédéclarant, mon numéro fiscal, et mon revenu fiscal de référence. Dans ces circonstances, avoir le culot d'utiliser ces informations pour identifier quelqu'un, et prétendre ainsi authentifier son identité, est sacrément audacieux.

(vendredi)

Catastrophe !

On vient de me signaler deux problèmes graves avec ma thèse : premièrement, une erreur irrécupérable dans la deuxième partie, qui met à l'eau la totalité de celle-ci, et deuxièmement le fait que plusieurs résultats de la quatrième et cinquième parties sont des conséquences immédiates d'un résultat connu depuis longtemps (dû à Manin). Autant dire que c'est tout mon travail qui est réduit à néant. Je dois voir mon directeur de thèse tout à l'heure pour décider s'il faut annuler la soutenance et retirer le manuscrit, mais il est plus que probable que ce soit la décision prise (en une semaine, il n'est pas envisageable de refaire le travail de trois ans).

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