David Madore's WebLog: 2008-11

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in November 2008 / Entrées publiées en novembre 2008:

(samedi)

Essayons de hacker Amazon.co.uk et la poste anglaise

Je viens de lancer une petite expérience : que se passe-t-il si on commande quelque chose chez Amazon.co.uk qui n'a pas le droit d'être livré en France et qu'on indique comme adresse de livraison

David A. Madore
11 rue Simonet
F75013 Paris FRANCE - ignore following lines
None, XY0 0AA
United Kingdom

Alors, arrivera ou arrivera pas ? Je n'aurais pas pris le risque pour l'Eee PC, mais là il s'agit d'un clavier à environ £9, ce ne sera pas catastrophique si ce truc n'arrive jamais nulle part (ou si on me fait payer une amende pour le défaut de frais de port). Pour le code postal, j'ai choisi celui-là grâce à l'aide de Wikipédia : Within Royal Mail, outward codes beginning XY are used internally as routing codes to route mis-addressed mail, and to route international outbound mail. (Ce que j'espère est que chez Amazon personne ne se rende compte de rien vu que tout est automatisé au possible, et qu'une fois le paquet arrivé dans les mains de Royal Mail l'adresse bizarre force un humain à la lire, à comprendre ce qui se passe, et à agir intelligemment.)

Mais sinon, je veux bien savoir comment on est censé se procurer, en France, un clavier QWERTY (US ou GB, pas espagnol, hein) plat USB filaire (et avec un vrai pavé numérique, trois touches entre la barre d'espace et le control de droite, et surtout un vrai pavé de flèches surmonté d'un rectangle 3(horiz.)×2(vert.) de touches insert/home/pageup et delete/end/pagedown — je précise ça pour exclure certains modèles de chez Logitech ou Labtec qui sont des horreurs). Je crois que je sais remplir toute combinaison de toutes ces contraintes sauf une, mais pas toutes à la fois. ☹

Mise à jour : Ça n'a pas marché, probablement parce que l'objet n'était pas vendu directement par Amazon mais par une « boutique » d'Amazon qui doit traiter les choses de façon moins automatisée. On m'a prélevé le prix de l'article, puis immédiatement remboursé avec comme explication qu'ils ne livrent pas en France (et j'ai perdu 0.03€ dans l'opération).

(samedi)

Monsieur Salomon est attendu rue de Solférino

Premier livre des Premiers secrétaires, chapitre 3, versets 16ss :

Alors deux militantes vinrent se présenter devant le Premier secrétaire.

L'une dit : « Je t'en supplie, mon seigneur ; moi et cette femme, nous habitons le même parti, et j'ai rédigé une motion alors qu'elle s'y trouvait.

Or, trois jours après ma rédaction, cette femme en rédigea une à son tour. Nous étions ensemble, sans personne d'autre dans le parti ; il n'y avait que nous deux.

La motion de cette femme mourut une nuit parce qu'elle s'était assise dessus.

Elle se leva au milieu de la nuit, prit ma motion qui était à côté de moi — ta servante dormait — et l'afficha devant elle ; et sa motion, la morte, elle l'afficha devant moi.

Je me levai le matin pour défendre ma motion, mais elle était morte. Le jour venu, je la regardai attentivement, mais ce n'était pas ma motion, celle que j'avais rédigée. »

L'autre femme dit : « Non ! ma motion, c'est la vivante, et ta motion, c'est la morte » ; mais la première continuait à dire : « Non ! ta motion, c'est la morte, et ma motion, c'est la vivante. » Ainsi parlaient-elles devant le Premier secrétaire.

Le Premier secrétaire dit : « Celle-ci dit : “Ma motion, c'est la vivante, et ta motion, c'est la morte” ; et celle-là dit : “Non ! ta motion, c'est la morte, et ma motion, c'est la vivante”. »

Le Premier secrétaire dit : « Apportez-moi une urne et des bulletins ! » Et l'on apporta l'urne et les bulletins devant le Premier secrétaire.

Et le Premier secrétaire dit : « Coupez en deux le parti et donnez-en une moitié à l'une et une moitié à l'autre. »

La femme dont la motion était la vivante dit au Premier secrétaire, car ses entrailles étaient émues au sujet de son parti : « Pardon, mon seigneur ! Donnez-lui le parti vivant, mais ne le tuez pas… »

…Ah non, en fait, personne n'a dit ça : le parti fut bel et bien coupé en deux, et les batailles intestines continuèrent fort longtemps.

(vendredi)

Une nouvelle soumission au Sloane

Je viens de soumettre à l'encyclopédie des suites d'entiers la séquence :

0, 0, 1, 1, 3, 2, 9, 9, 23, 29, 89, 72, 315, 375, 899, 1031, 3855, 3886

Pour ceux qui s'amuseraient à chercher ce que ça peut être avant que Sloane la valide (ou la rejette s'il trouve ça sans intérêt), voici trois indications : corps fini à 2n éléments • éléments primitifs • trace.

Mise à jour : La suite a été publiée sous le nom A152049.

(jeudi)

Ce qui m'insupporte avec les applications open source

J'ai reçu une nouvelle machine au bureau ; jusqu'à présent j'utilisais mon portable personnel, mais à peine âgé de 2½ ans c'est déjà un vieillard : le voilà donc remplacé par un Core 2 Quad (enfin, un Core 2 Duo pour l'instant parce que Dell a fait une erreur en livrant le mauvais processeur) avec 8Go de RAM qui m'offre un environnement de travail un peu plus confortable (par exemple j'ai pu y compiler Sage — mais je digresse). Bref, j'ai décidé d'y installer une Ubuntu (mais peu importe, ce que je vais dire s'appliquerait à n'importe quelle distribution Linux), et j'ai gagné le droit de batailler contre la configuration : comme d'habitude, obtenir un système qui est à 99% comme on voudrait prend cinq minutes, passer à 99.9% prend cinq jours, et passer à 100% prendrait l'éternité.

Une des doctrines (je cherche ici à traduire le mot anglais tenet) de l'open source, et aussi d'une certaine manière d'Unix, et spécifiquement des distributions Linux, c'est qu'on doit avoir plein de petits programmes qui sont comme les morceaux d'un puzzle et que ces morceaux s'assemblent pour former un système utile. Malheureusement, il y a plusieurs problèmes avec ça :

Premièrement, il arrive que le même morceau soit écrit de plusieurs façons différentes par plusieurs personnes indépendantes ; il arrive aussi qu'un morceau soit écrit, puis abandonné (rendu obsolète) à la faveur d'un autre mieux écrit ; ou encore, que deux morceaux fassent des choses semblables mais en fait différentes (et pas forcément incompatible) ; tout cela est très bien. Le problème, c'est qu'on manque complètent de carte pour expliquer comment les morceaux s'arrangent, du coup on est perdu dans un labyrinthe de petits programmes tous semblables dont les rapports entre eux ne sont expliqués nulle part.

Voici un exemple : il y a (au moins !) deux systèmes complètement différents d'économie d'écran dans une distribution Linux standard : le X screensaver et le Gnome screensaver (et peut-être aussi un analogue du côté de KDE) ; chacun de ces deux systèmes d'économie d'écran vient avec plusieurs dizaines d'économiseurs d'écrans (c'est-à-dire d'animations qu'on peut, concrètement, avoir sur l'écran), certains étant d'ailleurs communs aux deux, et par ailleurs les deux font appel à une même capacité sous-jacente du serveur X à éteindre l'écran. Bien sûr, les auteurs du Gnome screensaver prétendent que le X screensaver est obsolète et ceux du X screensaver prétendent que le Gnome screensaver est mauvais pour d'autres raisons. Les réglages du X screensaver et ceux du Gnome screensaver sont semblables mais subtilement différents. Il est tout à fait possible de ne pas savoir lequel on utilise, voire d'utiliser malencontreusement les deux à la fois (qui vont plus ou moins se marcher sur les pieds). Du coup, quand un utilisateur novice demandera de l'aide à un utilisateur un peu moins novice mais néanmoins ignorant de l'existence de deux systèmes différents d'économie d'écran, cela peut donner des jolis dialogues de sourds. Personnellement, j'ai compris l'existence des deux trucs quand j'ai essayé de régler mon X screensaver en utilisant les réglages du Gnome screensaver ce qui, évidemment, ne marchait pas, sans afficher le moindre message d'erreur compréhensible ; de même, je ne comprenais pas pourquoi mon poussinet avait une liste assez différent d'économiseurs d'écran que la mienne. Tout ceci réjouit immensément le Club Contexte mais pas forcément les utilisateurs. Personnellement, je n'ai rien contre l'existence de deux systèmes différents, à condition que chacun signale l'existence de l'autre et explique qu'il est différent sur tel ou tel point et dans quelle mesure ils sont compatibles, comment savoir lequel on utilise, etc.

Un autre exemple : pour placer l'ordinateur en sommeil (suspend-to-RAM) ou en hibernation (suspend-to-disk), il existe tout un tas de mécanismes : le noyau a des capacités dans ce sens (écrire mem ou disk dans /sys/power/state), mais il existe aussi des choses telles que uswsusp, hibernate, pm-utils, gnome-power-manager et j'en oublie certainement. Comment savoir ce qui dépend de quoi, ce qui remplace quoi, ce qui sert à quoi, ce qui obsolète quoi, et ce qui peut servir en supplément à quoi ? Les documentations vous diront toutes qu'il s'agit d'un truc pour placer l'ordinateur en sommeil ou en hibernation, pas comment le truc en question se relie aux autres trucs qui prétendent servir à la même chose. En fait, il s'avère que uswsusp est une sorte de béquille au code du noyau qui lui permet de faire marcher plus de configurations en reconnaissant des besoins spécifiques à certains périphériques, que hibernate (Linux-spécifique et peut-être obsolète) et pm-utils (plus général) sont des collections de scripts censés travailler à plus haut niveau et font appels soit au noyau soit à uswsusp s'il existe, et que gnome-power-manager est sans doute une interface graphique à pm-utils (comme il en existe forcément aussi dans KDE) ; mais cela, on ne peut l'apprendre qu'en passant des heures à essayer de démêler les fils — car chercher un des noms dans Google ne vous aidera pas à trouver le rapport avec les autres. Résultat, si vous avez un problème dans le suspend, vous ne savez pas qui incriminer, vous ne savez pas contre quel package envoyer un rapport de bug, vous ne savez pas où chercher des logs, vous ne savez pas si vous pouvez essayer un autre programme ou si le composant en question est le seul qui remplisse sa fonction. C'est un cauchemar.

Mais le pire de tout, c'est probablement les mécanismes d'impression. Là vous devez à la fois choisir le spooler (ou front end) d'impression (par exemple CUPS, qui est d'ailleurs une horreur) qui sert à dispatcher les jobs d'impression et le driver (ou back end) qui sert à convertir les jobs au format compris par l'imprimante. Du côté du spooler, il y a plein de morceaux qui s'emboîtent de façon très compliquée et nulle part expliquée (CUPS, par exemple, est un serveur, donc il y a des clients qui vont avec, mais aussi des clients CUPS qui font semblant d'être des clients LPR ce qui fait que vous ne comprendrez pas si vous aurez besoin de ça si vous utilisez CUPS et pas LPR). Du côté du driver, c'est encore pire, parce qu'il y a toujours Ghostscript qui intervient d'une façon ou d'une autre, mais il en existe des versions patchées, il en existe de nombreux drivers proprement dits, et évidemment il y a un nuage de scripts autour de tout ça et des fichiers PPD dont on ne sait jamais s'ils décrivent l'imprimante ou le driver ou autre chose. Pour compliquer le tout, il existe des sortes de méta-drivers comme Gutenprint ou GIMP-print (peut-être certains sont-ils obsolètes mais, justement, c'est impossible à savoir). Et il existe un métasblurgh qui englobe tout ça à la fois et qui s'appelle Foomatic. Si votre imprimante ne marche pas, vous n'aurez aucune chance de savoir si la faute en est à Foomatic, Gutenprint, GIMP-print, Ghostscript, un des drivers de celui-ci, ou CUPS ou autre chose ; et si vous interagissez avec des machines Windows, ajoutes Samba à l'affaire (pour Mac OS, par contre, c'est aussi du CUPS). Je ne reproche pas l'existence de cette multiplicité de systèmes, je reproche que les auteurs des différentes parties (ou personne, en fait) ne prennent pas le soin d'expliquer comment elles se connectent aux autres. Il y a un embryon d'explication sur linuxprinting.org, mais ce n'est qu'un embryon.

Évidemment, parfois les choses marchent toutes seules (et les distributions Linux font tout pour que ce soit le cas). Parfois ça ne marche pas. Ce n'est pas mon reproche. Mon reproche est que quand les choses ne marchent pas, c'est quasiment impossible de savoir à qui on a affaire.

Là je parlais avant tout des soucis liés à la multiplicité des éléments qui font la même chose, même si dans le cas de l'impression ça tire aussi sur le problème de la multiplicité des éléments qui s'emboîtent de façon incompréhensible. Un problème différent mais apparenté est celui de la multiplicité des éléments non documentés qui parlent entre eux de façon trop automagique.

Un exemple archétypique serait Gnome (ou KDE, mais je connais mieux Gnome, pas forcément que j'aime beaucoup plus). Gnome est un environnement graphique pensé pour être aussi convivial pour le débutant que les environnements proposés par Microsoft Windows ou Mac OS. Du coup, il faut qu'il y ait toutes sortes de de programmes et de démons qui fassent des choses magiques qui ne sont pas trop prévues par l'esprit ancestral d'Unix. Par exemple, quand on insère une clé USB, le noyau Linux va le dire (via le système de fichiers /sys et/ou via une socket netlink) à un démon appelé udev qui va lui-même le dire à un démon appelé hal et ensuite, en passant le message par l'intermédiaire d'un autre démon appelé dbus, toutes sortes de choses magiques vont se passer par les différentes couches de Gnome. L'ennui, c'est que si on ne veut pas que toute cette magie se passe (par exemple, si pour une raison quelconque je ne veux pas que mon ordinateur monte automatiquement les clés USB qu'on insère dedans), c'est très difficile : il faut comprendre par où elle passe pour pouvoir l'arrêter. Les rois mages udev, hal et dbus ont tellement envahi tout le fonctionnement de Linux qu'on ne peut plus se passer de les comprendre, et ils sont très complexes, mais au moins il faut admettre qu'il en existe des documentations au moins de certains aspects (et assez rébarbatives, il faut le dire), par exemple pour ce qui est de hal. La magie qui se déroule dans les entrailles de Gnome, en revanche, elle n'est expliquée nulle part, pas plus qu'une partie importante de son terrifiant mécanisme de configuration (qu'on peut naviguer avec gconf-editor).

Un autre exemple est toute la sauce des GNU autotools, dans les compilations : quand la compilation marche bien, on est content, mais si jamais quelque chose échoue, allez fouiller dans un Makefile généré à partir d'un Makefile.in lui-même généré à partir d'un Makefile.am pour comprendre d'où sortait la ligne de commande erronée et comment lui faire comprendre de passer telle option en plus au compilateur !

C'est très décevant pour les gens comme moi qui connaissent bien Unix de constater à quel point ces mécanismes pour faire de la magie deviennent sans arrêt plus complexes et moins bien documentés. Certes ils font des choses utiles, quand ils marchent ; mais quand on veut faire quelque chose qui les dépasse ou simplement quand ils cassent, on se rend compte qu'il n'y a aucune documentation, aucun log d'erreur, et que le source est labyrinthique (il n'est souvent même pas évident de savoir de quoi il faut chercher le source, d'ailleurs).

En plus, si on gagne en complexité, on ne gagne pas toujours en flexibilité : souvent, au prétexte qu'il faut que tel ou tel aspect du programme soit configurable par les utilisateurs novices, donc par une interface graphique simple, on se retrouve avec des outils extrêmement peu configurables. (Je pense notamment au gestionnaire de fenêtres de Gnome, Metacity, qui a remplacé le plus flexible Sawfish : j'ai l'impression qu'on ne peut même pas avoir deux racourcis clavier qui fassent le même effet, chose qui peut être souhaitable dans certains cas, sous prétexte qu'il faut que les utilisateurs novices puissent éditer leurs racourcis clavier avec une interface très simple où chaque action est associée à un racourci et un seul. Ainsi, si on veut avoir le eye candy moderne de Metacity ou Compiz, on est obligé de se passer de la puissance et de la flexibilité d'un Sawfish ou même Fvwm : c'est vraiment triste.)

Il y a cependant un programme auquel je tire mon chapeau, parce qu'il a réussi à combiner le meilleur de tout : à la fois très simple pour le novice et très puissant pour l'expert, constitué de milliers de composantes, extensible, et pourtant remarquablement bien documenté (ce ne fut pas toujours le cas, mais maintenant il est vraiment bon de ce côté-là), c'est Firefox.

(mardi)

Mystère et boule de chewing-gum

J'ai une très grave question à poser : comment se fait-il que rue Claude Bernard à Paris, juste un peu plus haut que le croisement avec la rue Broca, quelque part entre le magasin qui vend des scooters et celui qui vend des vidéos, régulièrement, typiquement le soir vers 21h, ça sent le malabar (je parle du chewing-gum rose qui fait des grosses bulles) ? Je passe souvent par là et, vraiment, c'est frappant : l'odeur est très forte et parfaitement distincte (la première fois que je l'ai sentie, je me suis dit que c'était amusant, la deuxième fois j'ai trouvé la répétition étonnante, mais en fait c'est presque tous les jours). Y a-t-il là une usine secrète où des petits gnomes fabriquent des bonbons en cachette pour le compte du père Noël ? Ou la réalité est-elle moins sinistre ? Vraiment, je me demande.

(mardi)

Après les domaines .com et .net, accueillez les .测试

Je viens de remarquer l'apparition dans le DNS de toutes sortes de domaines (de premier niveau !) aux noms rigolos, avec lesquels l'ICANN fait joujou. Voici donc des URL qui nous changent de l'alphabet latin (et que tous les navigateurs ne sauront pas forcément afficher ou consulter correctement) :

Si vous vous demandez ce que ça veut dire, je crois que c'est pareil dans chaque langue et ça deviendrait en français quelque chose comme http://exemple.test/Page_principale ; mais bon, je ne parle pas le tourdebabel donc je me trompe peut-être.

(Par ailleurs, si Firefox vous affiche une adresse du genre http://xn--fsqu00a.xn--0zwm56d/%e9%a6%96%e9%a1%b5 quand vous suivez, disons, le premier lien, vous pouvez essayer de faire joujou avec les paramètres de configuration tels que network.enableIDN, network.IDN_show_punycode, network.standard-url.encode-utf8 et network.standard-url.escape-utf8 — dont les interactions sont certainement très subtiles. Vous pouvez aussi vérifier que copier-coller l'adresse dans la barre d'URL, avec ses caractères bizarres, vous amène au même endroit que de cliquer dessus.)

Il est amusant de voir que Google connaît déjà ces domaines et qu'on peut l'interroger à leur sujet. Par exemple, voici une recherche sur le domaine .テスト ; il comprend aussi si on lui donne le nom du domaine en punycode : la preuve. Par contre, on voit sur ce dernier exemple que l'affichage de la page des résultats Google n'est pas du tout prévue pour le cas où le nom de domaine se lit de droite à gauche ; d'ailleurs, je ne sais pas trop comment on est censé écrire les sous-domaines dans ce cas (je dirais quand même de gauche à droite, parce que le http, que Google omet à tort, se lit de gauche à droite).

Sinon, dernier petit gag à propos de Google : il permet de conster qu'il existe des sites Web dans le domaine .arpa (je pourrais moi-même y ajouter ma pierre en créant www.e.a.8.7.8.a.7.0.1.0.0.2.ip6.arpa, mais je ne le ferai pas parce que c'est Mal®).

(jeudi)

Le culte du nanar

Je fais partie d'un groupe de copains qui organisons régulièrement (de façon semi-confidentielle) des projections de nanars. Le nanar, c'est un film qui est tellement mauvais qu'il en devient bon : notion insaisissable s'il en est, et qui conduit souvent à des débats pour savoir si tel ou tel film est un bon nanar ou juste vraiment mauvais ou, au contraire, secrètement excellent, ou encore vraiment bon au second degré (et le débat n'est pas clair sur le rapport entre ces différentes notions).

Pour l'instant, notre consensus sur la palme absolue revient à Dünyayı kurtaran adam (officieusement Turkish Star Wars), un film de science-fiction turc des années '80, tout en carton-pâte et en récupération de musiques voire de séquences d'autres films (comme Star Wars, d'où le titre alternatif), où le héros, armé de bottes et de gants en or magiques, redécouvre l'Islam et sauve l'humanité d'un grand méchant commandant des zombies qui veut récupérer un cerveau humain pour détruire la Terre… ou quelque chose comme ça. (Il paraît que la suite est sortie, mais qu'elle n'est pas du tout à la hauteur de l'original : sans doute parce que l'original se prend au sérieux et pas la suite — or si un mauvais film sérieux peut faire un bon nanar, un mauvais film comique fait souvent juste un mauvais film comique.)

Parmi les autres petits joyaux de la nanaritude que j'ai découverts au nanar-club, il y a aussi White Fire (aka Vivre pour Survivre) : histoire de plus gros diamant du monde qui brûle tous ceux qui s'en approchent (film dans lequel l'héroïne se fait tuer absolument sans raison puis le héros rencontre quelqu'un qui censément lui ressemble et l'envoie se faire faire de la chirurgie esthétique de façon à ce que l'actrice initiale puisse continuer à jouer le rôle de l'héroïne — c'est vraiment bizarre) ; Doc Savage : un film d'aventure dont le degré défie les lois de l'arithmétique en étant à la fois plus grand que 2 et plus petit que 1 ; Yor, le chasseur du futur : où le héros (pas trop mal foutu d'ailleurs) commence comme une sorte de Rahan, chasseur dans un monde préhistorique (bon, il ne chasse jamais rien, il ne fait que détruire accidentellement tout ce qu'il touche, mais il paraît que c'est quand même un chasseur), et finit inexplicablement par affronter une douzaine de clones de Darth Vader dirigés par un grand méchant fort opportunément nommé Overlord ; Flash Gordon : qui prouve que le ridicule ne tue décidément pas, mais qu'est-ce que ça a quand même dû coûter cher ; Howard the Duck : l'œuvre que George Lucas essaie désespérément de faire oublier (ça fait moins glamour d'être auteur de l'histoire d'un canard extraterrestre qui tue un grand seigneur noir de l'espace, que d'être l'auteur de Star Wars — même si à la réflexion on voit que c'est le même esprit) ; ou bien Le Jour et la Nuit de Bernard-Henri-Lévy-Philosophe-Télé : le film qui prouve que les intellos français peuvent faire de très bons nanars avec leurs pensées profondes. Ah, et il y avait aussi une histoire de quelqu'un qui se transformait en dindon géant tueur d'humains parce qu'il avait pris des drogues et que des savants fou avaient fait des expériences sur lui, mais malheureusement je ne me rappelle plus le titre de cet ovni.

N'oublions pas non plus le classique des classiques, le joyau de la couronne du plus mauvais réalisateurs de tous les temps, le génialement mauvais Plan 9 from Outer Space, où des extra-terrestres ressuscitent les morts sous forme de zombies pour obliger les humains à reconnaître leur existence et les conduire à faire la paix afin d'éviter qu'ils fabriquent l'arme ultime qui détruira tout l'Univers en faisant exploser les molécules de rayons solaires (si, si !) ; un film célèbre pour des phrases aussi invraisemblables que we are all interested in the future, for that is where you and I are going to spend the rest of our lives; and remember, my friend, future events such as these will affect you in the future ; un film, aussi, qui contient des scènes jouées par le grand Béla Lugosi alors que le film a été commencé après la mort de celui-ci. (À ce sujet, je recommande vivement le film Ed Wood de Tim Burton, qui raconte notamment les circonstances du tournage de Plan 9 from Outer Space : en le voyant, on se dit que, non, ce n'est pas possible, c'est trop gros, et on lit ensuite sur Wikipédia que, si, pratiquement tout est authentique.)

Mais hier la nanaritude de nos projections a atteint des sommets plus exotiques avec देवी माँ (Devī Mã), un petit chef d'œuvre du kitsch issu des studios bollywoodiens. C'est l'histoire du roi des démons qui veut dominer le monde et devenir immortel en tuant la déesse-mère (la Devī Mã éponyme — que les sous-titres anglais que nous avions traduisaient d'ailleurs en godmother, un contresens amusant) : comme ses premières tentatives à base de plantes maléfiques échouent, il doit capturer une petite fille qui est à la fois la fille et l'incarnation de la déesse (ce n'est, disons, pas très clair). La déesse essaie de convaincre la mère (humaine) de la petite fille de lui livrer la fille, mais la mère refuse, d'où soucis divers et variés (en fait, la dispute entre la mère humaine et la déesse occupe beaucoup plus le film que l'histoire du roi des démons). Les rebondissements sont subtils et tout à fait inattendus (indication : tous les personnages féminins — autres que l'héroïne — apparaissant dans le film sont, en fait, des incarnations de la déesse, et pour ceux qui ne comprendraient pas avec les serpents partout, elle clignote régulièrement sous sa forme divine à la peau bleue et armée d'un trident). Les effets spéciaux sont subtils et raffinés (le roi des démons sait se rendre transparent, mais le clou du spectacle est le squelette géant crachant du feu qui apparaît à la fin : si on en juge par sa façon d'exploser en petits triangles, il a demandé au moins une microseconde de calcul à un ordinateur quelque part). Et surtout, on a droit à à peu près une seule phrase musicale (le Leitmotiv de la déesse) répétée pendant deux heures, à la fin on devient fou à l'entendre. Les intermèdes dansés (au son de l'unique phrase musicale, donc) sont délicieusement interminables. Bref, du grand nanar. Nous avons tous regretté de ne pas avoir invité Joël pour nous détailler l'herméneutique sans laquelle nous étions perdus dans la complexité du scénario.

Mise à jour : Le nanar'club a un blog ! (un skyblog, ça s'imposait…)

(lundi)

Nouvel Eee PC

Un an après avoir acheté mon premier Eee PC (un modèle avec 8Go de SSD et 1Go de mémoire qui n'est bizarrement même pas référencé sur la liste censément complète des modèles), j'ai décidé d'acheter un nouveau modèle 901 pour avoir un écran plus grand, un processeur plus puissant et moins gourmand en énergie (c'est un Atom), un disque SSD plus gros, un support Bluetooth et un meilleur chipset Wifi. Comme je l'ai déjà raconté, acheter la machine n'a pas été facile : heureusement, une amie vivant en Angleterre a pu recevoir pour moi le colis de Amazon.co.uk (que je maudis mille fois) et le réexpédier en France — du coup j'aurai payé 380€ plus encore 40€ de frais de port (plus quelques euros pour un adapteur secteur) au lieu des 360€ annoncés ailleurs, mais au moins j'aurai un clavier plus agréable que les horribles AZERTY.

Je suis quand même assez fâché qu'un produit livré avec Linux ait un matériel aussi mal géré par Linux ! Ma première étape a été de recopier sur la nouvelle machine la distribution Linux de l'ancienne (une Ubuntu 8.04 Hardy Heron à laquelle j'avais déjà dû apporter quelques modifications pour que l'ancien Eee PC fonctionne complètement). Résultat : pas de réseau Ethernet, pas de Wifi, un touchpad qui ne marche pas correctement, et je n'ai même pas osé essayer les hotkeys (ni le suspend-to-RAM/disk ou d'autres choses susceptibles de casser). Pour l'Ethernet, c'est apparemment parce que Asus a pris la décision-à-la-con® d'utiliser un chipset Atheros/Attansic sur PCI Express : je me demande bien comment ils ont pu avoir une idée aussi saugrenue que d'utiliser un chipset Ethernet Gigabit sur PCIe pour un truc qui, finalement, ne peut faire que du 100Mbps ; quoi qu'il en soit, la version suivante d'Ubuntu (8.10 Intrepid Ibex) résout le problème, mais upgrader en l'absence de support réseau est pénible et par ailleurs c'est très long sur une machine aussi minimaliste (l'installeur me dit qu'il en a encore pour plus de deux heures…). Pour le Wifi, il paraît que le chipset Ralink sera plutôt un progrès par rapport au Atheros, mais j'attends d'avoir pu le faire fonctionner pour me prononcer.

Mais le touchpad, c'est vraiment la catastrophe. Actuellement il fonctionne, mais c'est pire que s'il ne fonctionnait pas : il n'y a pas moyen de désactiver cette fonctionnalité atroce qui s'appelle le tapping, c'est-à-dire le fait de pouvoir cliquer au touchpad sans utiliser les boutons (juste en tapant brièvement sur le touchpad). Je ne sais pas qui a pu inventer ce truc, mais pour moi c'est une abomination, ça rend le touchpad complètement inutilisable, pire, dangereux parce qu'il clique aléatoirement partout dès qu'on a le malheur de l'effleurer par erreur. L'ancien Eee PC avait aussi cette misfeature, mais on pouvait sans trop de mal la désactiver parce que le touchpad était un Synaptics, bien géré par Linux+X.org depuis longtemps ; sur le 901 ils ont encore pris une décision-à-la-con® en remplaçant le touchpad Synaptics par un Elantech, beaucoup moins commun, et actuellement non supporté par Linux+X.org : la seule solution pour désactiver le tapping (autrement qu'en désactivant complètement le touchpad, ce qui est peut-être le mieux, en fait) est d'utiliser ce patch encore expérimental qui devrait le faire apparaître comme un Synaptics.

Par curiosité, est-ce qu'il existe des ultraportables qui soient vraiment supportés par Linux ? (Quand je dis vraiment, je veux dire jusque dans les moindres détails par les distributions habituelles et sans les configurer bizarrement ni aller chercher des drivers sur des sites tiers ; et que tous les périphériques et toutes les fonctions marchent parfaitement : réseau, wifi, bluetooth, accélération 3D, son, détection du niveau de la batterie, suspend-to-quidlibet, configuration détaillée du touchpad, toutes les touches magiques du clavier, etc.) Car le Eee PC, il faut bien le dire, échoue encore lamentablement à ce test (et le MSI Wind doit être dans le même cas vu qu'il a, par exemple, le même touchpad).

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