David Madore's WebLog: 2007-01

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in January 2007 / Entrées publiées en janvier 2007:

(lundi)

Google Earth et les souvenirs de Toronto

J'ai installé Google Earth (la version aux stéroïdes de Google Maps), un peu par désœuvrement. Comme mon copain part bientôt à Toronto, j'y ai pointé la souris, histoire de lui montrer quelques-unes des choses qu'il y a à voir dans une ville où j'ai passé du temps et que j'ai beaucoup aimée. Il faut dire que Google Earth n'est pas mal du tout, pour visiter virtuellement un endroit, parce qu'on n'a pas seulement des vues aériennes mais aussi des photos au sol que des gens ont pu prendre, ou encore des liens vers des articles Wikipédia, etc. Par exemple, j'ai pu lui « montrer » l'hôtel de ville de Toronto, endroit qui me plaît particulièrement.

Puis c'est devenu un petit jeu, pour moi, de voir ce que j'arrive à reconstituer, comme ça, à partir de souvenirs lointains et nébuleux. J'ai vécu un an ici (je ne suis pas complètement sûr de la maison, mais je suis sûr de la rue), en '84–'85, alors que j'allais à l'école . Puis j'y suis retourné à l'été '88, pour un mois — je ne sais plus où j'habitais mais c'était sans doute quelque part dans ce coin. Je retrouve aussi les endroits où j'aimais aller, comme ce musée ou celui-ci, le grand centre commercial, le quartier chinois, etc. La dernière fois que j'ai été à Toronto, c'était à l'été '95, je logeais en auberge de jeunesse dans ce coin-là approximativement.

Voilà qui me donnerait envie de voyager. Quel dommage que traverser l'atlantique soit devenu une opération aussi compliquée.

(dimanche)

Notreprésident

[Un visage]

(dimanche)

Dissertations

Au lycée je n'étais pas spécialement bon en dissertation (que ce soit en français ou en philo). J'avais l'impression que mon prof de philo de terminale mettait des bien ou des mal dit ou d'autres annotations pipo dans les marges de mes copies sans même les lire, et au final foutait aléatoirement la note 12, 13, 14 ou rarement 15. À la fin je m'amusais, j'inventais des citations dénuées de sens d'un auteur inexistant (Edgar Kampfenberg) qui reprenaient vaguement les mots du sujet pour les saupoudrer n'importe où dans le raisonnement (il faut veiller à ne pas devenir esclaves de notre liberté, il faut concevoir la réalité de la conception artistique comme une possibilité de libération, etc.).

Au bac j'ai eu 19 : le sujet était connaît-on la vie ou connaît-on le vivant et j'ai essentiellement repris plein d'arguments (notamment sur la difficulté à définir la vie en général) tirés de Le Hasard et la Nécessité de Jacques Monod que j'avais justement lu peu de temps avant et que j'avais énormément aimé. Mais bon, je ne sais pas dans quelle mesure je suis tombé sur un correcteur particulièrement bien luné : je n'ai pas l'impression que ma copie avait quoi que ce soit de brillant à part montrer que je connaissais les mots holisme et réductionnisme pour les plaquer sur ma thèse et mon antithèse, et que j'avais quelques citations à saupoudrer çà et là.

En sup je ne me rappelle pas avoir fait de dissertation. J'y suis revenu en spé, en me disant je n'en ai rien à foutre, de toute façon les matières littéraires comptent peanuts, j'ai juste envie de m'amuser. Le premier sujet de l'année portait sur Les Villes tentaculaires de Verhaeren et demandait :

La poésie sera de la raison chantée, écrivait Lamartine en <telle année> : pensez-vous que cette définition caractérise l'inspiration de Verhaeren dans l'oeuvre inscrite à votre programme ?

Bon, alors Verhaeren c'est pas vraiment bandant, et c'est même plutôt gnian-gnian, comme littérature. Mais comme j'avais envie de m'amuser, j'ai balancé toute la sauce que je pouvais, j'ai fait les comparaisons les plus grotesques que je pouvais, sur la base d'un parallèle saugrenu entre la dualité Brahms (la musique pour elle-même) / Wagner (la musique dans le cadre du Gesamtkunstwerk) en musique et Théophile Gautier / Émile Verhaeren en poésie, en faisait les comparaisons les plus gratuites que je pouvais : avec Virgile qui commence son Énéide par arma virumque cano — vous voyez le rapport avec la raison chantée, n'est-ce pas ; avec Dante qui, ensuite, prenait Virgile pour guide dans sa traversée des enfers en lui annonçant tu duca, tu signore e tu maestro (le but étant aussi de me la péter en citant le plus de langues différentes possibles, donc évidemment j'ai aussi trouvé moyen de citer Pushkine en russe, Goethe et Stefan Zweig en allemand et Homère en grec) ; avec Elgar dont la musique de pompe et de circonstance ne pouvaient pas ne pas rappeler Verhaeren ; avec Wagner dont je trouvais des savants rappels des titres de la Tétralogie dans les poèmes de Verhaeren ; et je ne sais plus qui encore. Et je concluais sur les mots : Et Stefan Zweig s'est suicidé en 1942. (ça devait avoir un rapport avec le fait que Zweig était un grand admirateur de Verhaeren, mais c'était surtout un cheveu sur la soupe).

Le prof a trouvé ça admirable et m'a mis 18. Pour un truc que j'avais conçu comme du pur pipo et de l'étalage de savoir totalement sans rapport avec le schmilblick, j'ai trouvé ça fort bien payé donc je me suis dit que la dissertation, maintenant, ce serait comme ça. Le prof de philo[#] résistait un peu mieux que le prof de français à ce traitement, mais, globalement, j'avais des bonnes notes en spé en sortant des trucs gratuits et absurdes (et pour corser le jeu, nous convenions de rajouter des phrases aléatoires dans nos dissertations : par exemple une fois les derniers mots de ma conclusion étaient automorphisme involutif de corps suite à un défi stupide).

Au concours, le sujet nous demandait de commenter une phrase d'Alain au sujet de la ville,

Ici gouvernent le fer et le charbon, signes de l'orgueil et de l'enfer. C'est le règne de la force, assis sur la nature décomposée.

en nous appuyant sur les trois oeuvres de notre programme (Les Villes tentaculaires de Verhaeren, L'Emploi du temps de Butor et Dans la jungle des villes de Brecht). Comme il était Notoirement Très Mal de faire un plan avec pour parties (1) Verhaeren, (2) Butor et (3) Brecht (ou toute permutation de ceux-ci), j'ai fait un plan (1) le fer et le charbon, (2) l'orgueil et l'enfer et (3) le règne de la force assis sur la nature décomposée. Si, si. Enfin, je ne l'ai pas annoncé de façon aussi odieusement visible, mais c'était l'idée. Et j'ai suivi la même technique je balance toute la sauce de pipo que j'ai que j'avais suivie en spé.

J'ai eu 15. Au début j'ai cru que c'était une note plutôt moyenne, et que les profs d'Ulm (enfin, je ne sais pas qui, exactement, corrige les copies de français des concours scientifiques) avaient été moins dupes de mon pipo que ceux que j'avais en spé, mais on m'a dit après (je n'ai pas vérifié dans le rapport du jury) que 15 est vraiment une très bonne note. Allez savoir.

Bon, je ne sais pas quelle est la morale de tout ça. En revanche, il est certain que je n'en tire pas un grand respect pour le sérieux intellectuel de cet exercice formel qu'est la dissertation ou sur la manière dont il est corrigé. S'il s'agit de me dire que je ne m'exprime pas totalement comme un pied et que j'ai une certaine aptitude à jeter la poudre aux yeux, je veux bien : mais pour ce qui est du fond de mes dissertations, je suis assez bien placé pour revendiquer que, le plus souvent, il était absolument vide : ça a bien mieux marché quand j'ai considéré ça comme un exercice de style que quand j'essayais d'y mettre un peu de contenu.

[#] À cette époque au moins, à Louis le Grand, dans les spés scientifiques, le cours de lettres était traité par un prof de français et un prof de philo, histoire de nous donner un double point de vue sur les oeuvres à notre programme.

(samedi)

Naughty & Dotty

[Deux peluches]Mon copain m'avait offert pour Noël une peluche de chat Naughty Naughty Pets (techniquement il s'appelle Marty Cohen, mais moi je l'appelle juste Naughty). Alors moi, en retour, je lui ai donné une peluche de vache placide et débonnaire, Dotty (la vache à pois). Voilà que nos peluches sympathisent sur l'oreiller.

(mercredi)

Encore un peu d'hypocondrie

Suite des aventures du David Madore hypocondriaque… J'ai encore ajouté, ces derniers jours, une nouvelle variante à mon vaste répertoire[#] de troubles du sommeil : je me suis réveillé, complètement en nage, avec une sensation d'oppression au niveau du cœur et l'impression de manquer d'air. Et le battement du cœur qui, au lieu de faire lub-dub comme il est censé, sonnait plutôt comme fff-dub. Et une fois de plus j'ai dérangé un médecin pour rien, un cardiologue cette fois-ci, qui m'a osculté (résultat : j'ai bien un petit souffle systolique, sans doute une toute petite malformation congénitale de la valve mitrale, qui peut être la cause de mes crises de tachycardie), m'a fait un ECG (résultat : complètement normal[#2]), et a conclu que toute mon histoire n'avait rien d'inquiétant ; il m'a quand même prescrit une prise de sang et va me faire une échographie cardiaque.

Alors, d'accord, je veux bien que ma vie ne soit pas en danger, tout ça tout ça. N'empêche que c'est rudement pénible d'être réveillé comme ça régulièrement par des crises de toutes sortes. Je suis peut-être convaincu d'être hypocondriaque, mais (1) ça n'aide pas vraiment à trouver ça moins désagréable, et (2) j'en ai vraiment marre de ces signes qui jouent au loup, parce que quand j'aurai vraiment une maladie grave je ne verrai pas forcément la différence.

Je vais quand même faire une expérience : la prochaine fois que mon pouls bat de façon anormale, je l'enregistre avec un micro, et je fais sur ordinateur une analyse du signal — au moins j'aurai le cœur net, c'est le cas de le dire, quant au fait qu'il y ait ou non une différence ou si c'est juste dans ma tête.

Et je continue à militer pour l'instauration d'un numéro d'appel d'urgence 24h/24, SOS hypocondriaques. Si j'étais la reine d'Angleterre, j'aurais un médecin personnel, mais ce n'est pas le cas, zut.

[#] Précédents épisodes, par exemple, ici, , , , et . C'est impressionnant à quel point je me répète, d'une part, mais aussi à quel point j'arrive à trouver de subtiles différences d'une fois sur l'autre.

[#2] Naïvement j'aurais trouvé que le V1 faisait vraiment n'importe quoi, mais bon.

(samedi)

Interactions à trois, agreg, ADSL

Ce que j'appelle interactions à trois dans le titre de cette entrée est quelque chose de tellement général que c'est un peu difficile d'expliquer de quoi il est question. Il est extrêmement fréquent de constater que quand on met deux choses (les choses pouvant être des objets mais aussi des concepts, des idées, des substances, des personnes…) ensemble, il se produit entre elles une interaction (à deux) telle que le comportement de l'ensemble ne soit pas une conséquence immédiate et intuitive des comportements de l'une et l'autre chose. [Là, je viens de dire dans des termes extrêmement vagues quelque chose de tellement évident que c'est la plus gigantesque porte ouverte de l'univers que j'ai enfoncée à coups de bélier.] Il est cependant un tantinet plus rare d'observer une interaction à trois, en ce sens que trois choses ont, mises ensemble, un comportement qui n'était pas évident non seulement d'après celui de chacune des choses séparément, mais aussi des comportements de deux quelconques mises ensemble.

Exemple concret : il est très facile de trouver deux aliments qui séparément sont bons au goût (soit au goût d'une personne donnée soit d'un avis général) et qui, mis ensemble, ne le sont pas du tout (d'un avis presque universel) : c'est une interaction (néfaste) à deux ; il est, en revanche, plus ardu de trouver trois aliments tels que deux quelconques d'entre eux soient bons mais que les trois ensemble ne le soient pas. Cela doit pouvoir se trouver, sans doute, mais je n'ai pas réussi à mettre le doigt sur un cas vraiment frappant (généralement, deux des trois aliments ne vont pas vraiment ensemble et le troisième ne fait que ressortir ce fait, ce qui n'est pas tellement ce qu'on cherche). Il est encore plus difficile de trouver des exemples d'interactions à quatre ou plus.

Je ne sais pas bien pourquoi je pense à ça, mais c'est un paradigme que j'ai remarqué plusieurs fois pertinent pour réfléchir à certaines situations. Je pourrais aussi mentionner les interactions complexes deux par deux, qui sont des situations où l'interaction entre deux choses A et Y n'est pas du tout intuitive eu égard à l'interaction entre A et X, l'interaction entre B et Y — et l'interaction entre B et X.


En fait, si, je crois que je sais ce qui me met en tête ces histoires d'interactions. Une des choses dont je suis chargé, à l'ENS, c'est de gérer le planning des planches des agrégatifs de maths : chaque semaine, un jour en analyse et un jour en algèbre, deux agrégatifs exposent chacun une leçon (de la liste officielle) devant l'ensemble des agrégatifs et devant un encadrant (un chercheur en maths du département). Le planning comporte donc une colonne semaine, une colonne encadrant, une colonne leçon et une colonne orateur. Et de temps en temps, un encadrant ou un agrégatif me signale qu'il veut changer avec un autre : et là je me frappe la tête contre le mur en me demandant s'il voulait dire qu'il veut changer de semaine, de leçon, ou les deux, ou quoi. Généralement les gens rédigent des mails excessivement elliptiques et ont l'air de considérer comme évidents des sous-entendus qui ne le sont pas.


Je passe à tout autre chose. J'ai fait changer ma ligne ADSL récemment : je suis toujours chez le même fournisseur, mais j'ai fait dégrouper la ligne et je suis en ADSL2+. Ça devrait me coûter environ 55% moins cher, mais je ne sais pas si j'ai vraiment fait une bonne affaire : d'une part, si mon débit descendant (de download) a un peu augmenté, mon débit montant (d'upload), lui, a beaucoup baissé. Aussi, j'ai un problème incompréhensible avec IPv6 : tous les paquets de plus de 1466 octets qui me sont adressés disparaissent sans laisser de trace (c'est-à-dire, sans m'arriver, mais sans non plus générer d'erreur datagram too big) ; c'est incompréhensible et c'est aussi très gênant (encore, si le problème venait des datagrammes que j'envoie, ce serait une chose, parce que je pourrais facilement forcer mon interface réseau à fragmenter à partir de 1466 octets en IPv6 en réglant la MTU : mais il s'agit des paquets qui me sont adressés, donc je ne peux presque rien y faire sauf dans une certaine mesure dans le cas de TCP en coupant le MSS). Souci, donc.

(lundi)

Rentrée, TNT, jeux, promeneurs, flèches, blog

Je suis retourné au boulot aujourd'hui, avec le sentiment d'avoir un million de choses à faire. Il faudrait peut-être que j'arrête de culpabiliser ou de stresser de ne pas m'employer assez, parce qu'en fait je crois que ce n'est pas une question de temps passé mais plutôt d'organisation. Notamment, j'ai un problème sérieux de « fragmentation » du temps : je me retrouve sans arrêt avec des petits morceaux de temps (qu'on m'excuse l'expression) dans lesquels je n'arrive pas à faire quoi que ce soit d'utile parce qu'ils sont trop courts, et que je suis donc forcé de perdre. Je ne sais pas comment les gens qui ne souffrent pas de ce problème s'arrangent pour éviter ça ! Je crois qu'il y a des gens qui en profitent pour lire : mais j'ai du mal, personnellement, à entrer et sortir d'un livre aussi rapidement.


Quelques nouveautés chez moi : mon copain m'a ramené un décodeur TNT — en fait, je regarde rarement la télévision, mais ça m'arrive quand même de temps en temps (par exemple pendant les petits fragments de temps à tuer que je mentionne ci-dessus), et je ne suis pas mécontent d'avoir ainsi un peu plus de choix. J'ai aussi commandé une mise à jour de ma ligne ADSL pour passer en ADSL2+ (actuellement j'ai un abonnement à débit plus bas et prix plus élevé, ce qui n'est pas forcément idéal), donc je vais probablement, un jour prochain, devoir faire un peu sans Internet à la maison, le temps que le dégroupage soit effectué.


Dans la catégorie voyage vers le passé, j'ai récemment rejoué un peu au jeu King's Quest (le premier), qui m'avait tant captivé quand j'étais petit (c'est quasiment la première chose que j'ai faite avec un ordinateur, jouer à King's Quest). Ça n'a pas été évident de trouver un interpréteur capable de faire tourner les fichiers de données (il y a au moins deux versions du jeu, la version AGI que j'ai connue, et la version SCI qui correspond à un remake de 1990 : les deux formats ont des interpréteurs qui existent sous Linux, mais certains ne marchent pas suffisamment pour qu'on puisse finir le jeu). Mais c'était amusant de refaire un tour là-dedans. J'en ai profité pour mettre une carte, et des screenshots comparés, sur la Wikipédia (anglophone, cette fois, en espérant qu'ils seront moins maniaques).


Ce genre de choses me fait penser qu'il serait bien de créer un petit méta-moteur permettant facilement de concevoir des jeux d'aventure. Le compilateur Inform s'approche assez de cette idée (en tout cas telle que je la conçois), mais ses gros défauts sont que (1) il n'est pas libre et (2) il compile du code pour une machine virtuelle complètement obsolète, la Zork-machine. C'est dommage.


Aucun rapport. L'autre jour, alors que je dînais avec mon copain dans un restaurant japonais de la rue de Choisy, nous avons vu passer des gens qui venaient de la direction de la place d'Italie et qui allaient vers le boulevard Masséna. Pas que ces gens eussent quoi que ce soit de remarquable (ils pouvaient être des touristes, ou quelque chose comme ça), mais il y en avait beaucoup : pendant tout notre repas, ils n'ont pas arrêté de défiler, généralement par petits paquets d'une douzaine ou d'une vingtaine, parfois plus, parfois moins ; difficile d'expliquer ce qui nous a fait prendre conscience que tous ces gens étaient ensemble, mais c'était assez clair. Ça rappelait un peu la promenade en rollers à travers Paris du vendredi soir, sauf que là c'étaient des gens à pied. En sortant, nous étions curieux et nous les avons suivis : apparemment ils rejoignaient des dizaines de cars parqués au niveau de la porte d'Ivry. Nous n'avons pas vraiment eu le fin mot de l'énigme, à part que c'étaient apparemment des marcheurs genre randonneurs (l'un d'eux nous a dit être Belge et faire partie d'une association appelée Les Godillots, mais il semble que ce soit une toute petite association, et certainement pas la seule derrière cet événement).


Encore aucun rapport. Je me suis rendu compte soudainement, hier, que le concept de flèche était un des éléments culturels non évidents les mieux partagés au monde. C'est quelque chose qui peut paraître tellement bête que ça ne nous saute plus aux yeux, mais il n'y a, finalement, aucun rapport intrinsèque entre un trait orné de deux autres petits traits à une extrémité, stylisant une flèche (le projectile), et le fait d'indiquer une direction. Je crois que ça doit être compris dans tous les pays du monde, quasiment par tout le monde (sauf peut-être quelques tribus reculées ayant eu vraiment très peu de contact avec la civilisation globale) : et pourtant, je pense que ce n'est pas si vieux que ça, d'utiliser ce symbole, surtout sous une forme aussi hautement simplifiée (je crois qu'on a commencé par utiliser des dessins beaucoup plus figuratifs, soit de flèches soit de mains qui pointent, pour évoluer vers les formes plus épurées qu'on connaît maintenant). Je serais curieux d'en savoir plus (malheureusement, Wikipédia ne dit rien, pour une fois) sur la manière dont ce symbole s'est imposé.


Je remarque que j'ai tendance en ce moment à faire des entrées dans ce blog qui sont rares mais plutôt longues et composées de tout un tas de petits paragraphes sans aucun lien, ou presque, entre eux. Je n'en suis pas très content : je devrais m'efforcer, pour ce genre de petites réflexions à ¤0.02, de faire une entrée séparée à chaque fois, ça me permettrait de garder une fréquence raisonnable et une séparation des sujets. Après tout, il n'y a pas de taille minimale pour une entrée de blog.

(lundi)

Dites un nombre, n'importe quel nombre…

J'imagine que je ne suis pas le seul auquel cette nouvelle année fait l'effet de James Bond, le retour. Heureusement, Wikipédia est là pour nous rappeler des choses plus sérieuses, par exemple qu'aujourd'hui si nous étions Américains nous porterions à 27 le nombre d'étoiles sur le drapeau de l'Union européenne (qui, en fait, en comporte, et en a toujours comporté, 12 — peut-être parce que ce serait trop cher de tous les refaire à chaque fois qu'on s'étend un peu plus vers l'est). On y apprend aussi que 2007 est l'année internationale polaire et l'année internationale de l'héliophysique ; Google en sait plus et j'y vois que 2007 semble aussi être l'année internationale : de la planète Terre, du dauphin, de solidarité avec le peuple sahraoui, du football africain, et d'encore quantité de choses. Ça va être dur, pour cette pauvre petite jeune de porter tellement de fardeaux. Question numérologie, en revanche, 2007 a l'air d'être un nombre singulièrement peu intéressant. Wikipédia, en bon dépositaire de toute la science du monde, peut aussi nous dire plein de choses intéressantes sur le mois de janvier, y compris le fait qu'il est dédié au dieu Janus et que c'est depuis ~153 qu'il commence l'année, tradition qui a été perdue puis retrouvée plus tard (vers le XVIe siècle). Bref.

J'ai passé le réveillon avec des amis dans un obscur (mais sans doute charmant au demeurant) village au voisinage d'Orléans. À partir de demain, je vais passer quelques jours dans ma belle-famille du côté d'Arras : on en profitera pour faire un tour à Lille, que je ne connais pas du tout et qui vaut certainement la peine d'être visitée. J'essaie de lire Twelfth Night d'ici le 5. J'ai pris des bonnes résolutions, mais je ne les dirai pas de peur qu'on me fasse remarquer, dès la semaine prochaine, que je ne les suis déjà plus. ☺

Tout ceci étant dit, bonne année à tous. Et rappelez-vous : soyez optimistes.

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