David Madore's WebLog: 2017-12

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in December 2017 / Entrées publiées en décembre 2017:

(vendredi)

De la fascination des Français pour le prescriptivisme linguistique

Méta : L'entrée qui suit a été essentiellement écrite en février 2016, laissée en plan et jamais finie ; j'essaie de me forcer un peu à publier des entrées qui, comme ça, moisissent dans mes cartons. Comme je n'ai pas envie de la reprendre complètement (ce qui serait la garantie que je ne la publierais jamais), je laisse telles quelles certaines choses écrites en 2016 (et qui font donc référence à événements d'alors comme récents) et j'en modifie d'autres ; je n'ai pas non plus envie d'éclaircir systématiquement ce qui a été écrit quand, donc on me pardonnera un certain flou temporel dans ce qui suit. De même que je dois demander pardon pour le caractère un peu désordonné de ce texte (surtout sa fin), puisque je ne savais plus vraiment où je voulais en venir et j'ai complété comme j'ai pu.

Dans une entrée récente [récente en février 2016, donc…] j'avais choisi d'entrer en matière en défendant, de façon un peu provocatrice, une phrase écrite dans l'entrée précédente (…dans le cadre d'un cours # j'enseigne à un groupe de ce cours [les cours de notre école sont divisés en groupes d'élèves, parfois spécifiques à un cours, donc il s'agit bien d'un groupe de ce cours] → …dans le cadre d'un cours dont j'enseigne à un groupe). Il s'agissait d'un prétexte pour entrer en matière et réfléchir aux différentes subtilités dont les grammaires ne parlent essentiellement jamais concernant les subordonnées relatives. Mais aussi d'une façon de troller les prescriptivistes linguistiques que je sais très nombreux parmi les Français. Et de fait, la petite provocation a marché encore mieux que ce que j'avais imaginé, puisque les commentaires, très nombreux, ont presque totalement ignoré le corps de ce que j'avais écrit sur les relatives (ou, pire, ont cru ou fait semblant de croire que tout tournait autour de la phrase douteuse ou cherchait à la justifier), et se sont focalisés sur le caractère grammatical ou non de la phrase de l'entrée précédente ou sur les autres reproches qu'on peut lui faire. (Il s'est ainsi agi de savoir si un cours peut être divisé en groupes, si on peut enseigner à des élèves ou si on doit enseigner des élèves, s'il est correct d'écrire une page d'un livre avec deux articles indéfinis, etc.) Je ne peux pas vraiment m'en plaindre : qui sème le troll récolte la chienlit. (Et il me faut avouer que la discussion sur les interactions entre l'article indéfini et les compléments du nom n'était pas dénuée d'intérêt.)

Mais très peu de temps après, la sphère politico-médiatico-blablatique nationale a été prise d'une agitation analogue. À part qu'elle orbite à un niveau nettement inférieur aux commentaires de mon blog 😉, ladite sphère a surtout prouvé la fascination elle-même fascinante qu'ont les Français pour le prescriptivisme. Ne serait-ce que dans le résumé, par ailleurs totalement erroné, que j'ai vu passer du point de départ de cette phrénésie : L'Académie a décidé de supprimer les accents circonflexes. There are so many things wrong with this, I don't know where to start.

En fait, on dirait un titre du Gorafi.

(mardi)

Moi aussi je peux parler de The Last Jedi

Spoilers à fond dans tout ce qui va suivre ce paragraphe. — Ah oui, je m'étais promis d'utiliser le joli mot divulgâchis à la place. Donc, divulgâchis à fond. — Mais honnêtement, je doute sérieusement qu'il y ait grand-monde qui ait envie ou besoin de lire une critique pour décider s'il va ira voir un épisode de Star Wars : il y a des gens qui attendent ce moment depuis des années (et qui l'ont sans doute vu le jour de sa sortie, voire avant), ceux qui ont la curiosité de se demander ce qu'ils inventeront cette fois-ci, ceux qui n'iront de toute façon jamais, et il y a ceux qui s'en foutent un peu et qui vont aller le voir parce qu'ils ont des amis, des enfants, un porg de compagnie ou que sais-je encore qui va le voir, mais en tout cas, pour ce genre de film, essentiellement personne ne doit choisir de passer ou non 2h45 au ciné en se basant sur la critique de la séquelle (du reboot du remake) qu'il va regarder. Bref, aucun intérêt d'éviter le divulgâchis (hum, j'ai quand même du mal avec ce mot), on est tous là pour partager nos expériences, post-épiphaniques ou post-traumatiques, ou pour montrer la profondeur de notre herméneutique. Let's dive into it.

Je n'avais pas pris la peine d'écrire quelque chose au sujet de l'épisode VII il y a deux ans, mais franchement, l'intérêt était douteux, c'était essentiellement une copie de l'épisode IV avec de gros moyens en plus et Alec Guinness en moins. Je n'avais pas non plus pris la peine d'écrire quelque chose au sujet de l'épisode 3.999 l'an dernier, qui m'avait pourtant semblé nettement meilleur. Cette fois, je fais l'effort, parce que j'ai trouvé que l'épisode VIII était intéressant. Je ne sais pas si c'est un bon film (il y a des longueurs, et sans doute beaucoup trop de rebondissements, c'est en tout cas ce que mon poussinet a trouvé) ; je ne sais même pas si c'est un épisode réussi de Star Wars ; mais il y a assurément des choix intéressants qui ont été faits. Peut-être que intéressant doit se comprendre comme dans cette fameuse fausse malédiction chinoise, puisses-tu vivre à une époque intéressante ! En fait, peut-être que la meilleure critique que j'aie trouvé est celle du webcomic Wondermark dans ce dessin et sa suite (mais bon, si on n'a pas le goût de l'humour très particulier de Wondermark, ça laissera sans doute très froid).

Comme je le disais ici juste avant la sortie de l'épisode VII, je suppose que les épisodes IV–V–VI (la « trilogie originale ») sont impossibles à juger parce qu'ils se font partie, pour les gens de ma génération, des référents culturels avec lesquels on a grandi et qui ont participé à la définition de la culture pop de notre enfance, dans laquelle ils ont semé les graines d'un nombre incalculable de références et de private jokes. Toutes proportions gardées, essayer de faire une critique de ces épisodes est comme essayer de faire une critique sans préconception de la Bible ou de l'Odyssée : c'est le genre d'œuvre qu'il est quasiment impossible de voir avec des yeux candides. Dans ces conditions, les épisodes VII-VIII-IX font face à une tâche absurde : (toutes proportions gardées, toujours,) c'est un peu comme si on essayait d'écrire une suite officielle de la Bible ou de l'Odyssée — il y a peu de chances qu'une telle entreprise soit couronnée de succès. L'épisode VII avait choisi la voie du fan-service : les fans des épisodes IV–V–VI aiment ces derniers non pas pour leurs valeurs intrinsèques mais parce que ces épisodes et leurs personnages ont baigné leur enfance, donc, on leur donne more of the same.

L'épisode VIII a fait presque exactement le contraire : ostensiblement, le sous-titre pourrait être quelque chose comme les leçons de l'échec et l'importance et la difficulté de repartir à zéro ; mais en plus de ça, il semble prendre un malin plaisir à provoquer les fans en cassant leurs théories ou leurs perspectives. Il y avait toutes sortes de spéculations sur l'identité des parents de Rey, ou sur l'origine, les pouvoirs et le destin de Snoke ; toutes sortes d'attentes pour Luke Skywalker ; toutes sortes de fantasmes sur les Jedi ; toutes sortes de de préconceptions sur ce que la Force permettait ou ne permettait pas ; toutes sortes de rumeurs sur la manière dont Leïa se sacrifierait avec dignité ; et surtout, une règle scénaristique importante de l'univers de Star Wars : que quand les gentils partent dans une mission totalement désespérée aux chances de succès microscopiques, cette mission réussit toujours in extremis. Le dernier épisode fait voler tout ça en éclats : Rey est la fille de personne, l'origine de Snoke n'est pas expliquée et sa mort est amenée de façon peu cérémonieuse, Luke est un héros à reculons, les Jedi ne sont peut-être pas si parfaits que les épisodes précédents nous ont voulu le faire croire, la Force permet des choses qu'on n'imaginait pas, Leïa ne meurt pas, et la mission désespérée non seulement échoue mais cause la mort inutile de plein de gens et la quasi destruction de la rébellion résistance. Luke dit ouvertement qu'il faut que l'ordre Jedi s'éteigne, et il s'avère à au moins deux reprises que le courage héroïque n'est pas forcément une bonne idée (et qu'il faut faire des choix, et que ceux-ci sont difficiles, et que les varis héros ne sont pas forcément ceux qu'on croit).

Je comprends que ça rende furieux les fans (ou en tout cas, des fans). Disney n'a pas vraiment à s'en inquiéter : ils iront quand même voir l'épisode IX (et tous les autres numéros, entiers ou non, qui seront produits par la marque). Personnellement, dans l'absolu, j'aime bien les histoires qui ne sont pas en noir et blanc mais en nuances de gris un peu compliquées : mais quand même, venant de Star Wars, qui a fait du noir et blanc non seulement son thème central mais presque sa marque de fabrique (le côté obscur et le côté clair de la force), c'est aussi inattendu que l'irruption du monde réel dans un conte de fées, je comprends qu'on s'en chagrine. Je serais curieux de savoir comment de tels choix scénaristiques se prennent : est-ce que Rian Johnson (le réalisateur) avait une certaine liberté, ou est-ce que tout choix qu'il faisait devait recueillir l'approbation d'un comité de contrôle et de pilotage chez Disney ? de qui venait la décision de tout casser ? je n'en ai aucune idée.

Globalement, je crois que je mets plutôt une bonne note à cet épisode VIII (meilleure que l'épisode VII, en tout cas), mais je m'interroge sur la difficulté dans laquelle il place l'épisode suivant. Sur plusieurs plans :

D'abord, il y a le problème de Leïa. Vu que l'actrice qui l'incarnait est décédée, la solution évidente (et attendue) était de la faire mourir héroïquement dans cet épisode, ce qui aurait été assez facile au montage. Le choix contraire n'est pas spécialement une mauvaise surprise, mais laisse l'épisode suivant devant le trilemme de la faire mourir (ou partir en retraite) hors écran, de la faire jouer par une autre actrice, ou de recourir à un subterfuge comme des images de synthèse (ou lui faire porter un masque, ou ne la montrer que de dos ou que sais-je encore). Aucune de ces solutions n'est très satisfaisante. Bon, tout ça est assez extrinsèque à l'intrigue, mais a tout de même de l'importance, et d'autant plus que Carrie Fisher est maintenant inextricablement liée à l'idée du personnage de la princesse Leïa.

Mais l'autre souci sans doute plus grave est que l'épisode VIII laisse à la fois les gentils dans une position extrêmement affaiblie et les méchants dans une position désorganisée. Le problème avec les gentils est qu'ils ont perdu quasiment toutes leurs forces : soit l'épisode IX commence avec une résistance largement reconstituée, auquel cas ça ressemblera à de la triche, soit il commence au point où l'épisode VIII a fini, auquel cas la suspension d'incrédulité sera encore plus difficile à invoquer s'ils doivent vaincre. Concernant les méchants, ils ont perdu leur supreme leader, et le nouveau n'a pas l'air d'être un bon organisateur, mais surtout, il ne fait vraiment pas peur, le personnage est très réussi en tant que second couteau vaguement ridicule qui voudrait ressembler à Papy Vador, mais en tant que grand méchant ultime, il n'est pas du tout crédible. Si l'épisode IX présente un combat entre une résistance diminuée et un Premier Ordre amputé, il risque de manquer sérieusement de souffle épique (cf. ce que je disais ici, à propos de Tolkien sur la déflation épique).

Et la manière dont ils ont choisi d'évacuer Snoke pose son propre problème : on ne nous a fourni aucune explication sur son apparition, ce qui est sans doute une bonne idée (ça permet de se concentrer sur les personnages vraiment importants), mais ça signifie du même coup que les scénaristes se sont ouverts une porte d'où peut apparaître à tout moment un deus ex machina surpuissant. Je comprends qu'on ne veuille pas s'intéresser à Snoke, mais il fallait trouver moyen de fermer cette porte pour garantir au spectateur qu'il n'apparaîtra pas un troisième empereur-like (ou, a contrario, un gentil surpuissant jusque là inconnu et qui sauverait tout le monde, parce que, après tout, si un méchant surpuissant peut apparaître de nulle part, un gentil surpuissant pourrait aussi). Ne serait-ce que parce que tant que cette porte ne sera pas fermée, aucune fin ne saurait être définitive.

Une solution partielle à ces problèmes serait de situer l'épisode IX nettement plus loin dans le temps que l'épisode VIII : ceci permettrait d'expliquer une renaissance de la résistance dont les graines ont été plantées dans l'épisode VIII, de justifier que Leïa soit morte ou bien jouée par une autre actrice (très âgée), de mettre en scène de nouveaux Jedi (ou peut-être un tout nouveau nom), et de transformer Kylo Ren pour qu'il soit plus puissant et plus impressionnant. En plus, cela laisserait à Disney la possibilité d'avoir des épisodes 8½, 8¼, 8¾, etc. (autant d'œufs en plus de la poule aux œufs d'or), tout en préservant une fin définitive. En contrepartie, il faudrait sans doute renouveler tout le casting, au risque de décevoir ceux qui se sont mis à aimer certains acteurs ou certaines actrices ; et il reste le problème de trouver comment une fin définitive est possible, donc de fermer la porte à l'existence de dei ex machina comme Snoke. Mais je suis assez convaincu que ma bonne idée ne sera pas suivie.

(dimanche)

Comment répartir aléatoirement des cadeaux à Noël

(Allez, hop, je suis en forme : une troisième entrée pour aujourd'hui.)

Je suppose que je ne suis pas le seul, en cette saison, à me retrouver occasionnellement dans un groupe d'amis où on a décidé de faire une répartition aléatoire de petits cadeaux (c'est-à-dire que chacun apporte un cadeau d'une valeur approximative fixée, et l'idée est que chacun repart avec le cadeau d'un autre). Une façon de faire la répartition consiste à mettre les noms de tous les participants dans un chapeau, puis chacun tire un nom et donne son cadeau à la personne dont il a tiré le nom : le problème est qu'il y a un risque de tirer son propre nom — il faut alors retirer, mais si c'est la dernière personne qui tire son propre nom, ce n'est pas aussi évident à corriger. Bon, ce n'est pas très difficile, il y a des algorithmes efficaces pour tirer au hasard un dérangement (= une permutation sans point fixe), on peut même se permettre de refaire tout le tirage depuis le début dès qu'une personne tire son propre nom, ça finira par marcher en environ e≈2.7 tirages en moyenne. Mais je propose quand même une autre façon de faire la répartition qui ne nécessite pas de chapeau, qui est au moins aussi simple et efficace dans la pratique, et peut-être plus rigolote. Je ne sais plus qui l'a trouvée (ce n'est pas moi, c'était à une soirée entre amis, et maintenant elle est adoptée à chaque fois). La voici :

Chacun choisit un nombre aléatoire (pour simplifier les comparaisons, on pourrait dire que chacun choisit un nombre entiers à quatre chiffres, c'est-à-dire entre 0 et 9999). Puis la règle est simple : on trie tous ces nombres (par ordre croissant), et chacun donne son cadeau à celui qui a choisit le nombre venant immédiatement après, sauf le plus grand nombre qui donne son cadeau au plus petit.

Dans la pratique, ça va très vite (chacun écrit son nombre sur un papier, puis on demande qui a choisi un nombre entre tant et tant, par exemple entre 0 et 999, et on diminue l'intervalle tant qu'il y a plusieurs personnes, ce qui donne un tri raisonnablement efficace). Il est bien sûr possible que plusieurs personnes choisissent le même nombre, dans ce cas on peut les trier, par exemple, par ordre d'âge (ou leur faire choisir des chiffres supplémentaires pour départager).

La construction produit un n-cycle, où n est le nombre de participants, aléatoire uniforme (au moins si toutes les personnes sauf au plus une choisissent honnêtement un nombre aléatoire indépendamment les unes des autres ; enfin, peu importe, ce n'est pas le genre de truc où on a envie de tricher). Ce n'est pas pareil qu'un dérangement aléatoire, c'est plus particulier, mais un n-cycle me semble finalement plus convivial, parce que tout le monde se retrouve intégré à la même chaîne de cadeaux où chacun donne au suivant.

Ajout () : Suite à des remarques dans les commentaires, je précise la manière dont on peut modifier ce protocole pour des contraintes un peu différentes. Premièrement, le cas (Secret Santa) où on veut que chacun ignore qui lui fait le cadeau qu'il reçoit (personnellement, je trouve ça plutôt moins drôle dans un groupe d'amis, parce que c'est sympa de pouvoir parler de comment on a trouvé tel ou tel cadeau rigolo, mais bon, peu importe) : chacun apporte un cadeau avec un numéro aléatoire attaché et le place (sans être vu) sous le sapin de Noël ; puis les numéros de tous les cadeaux sont recopiés sur un papier et triés publiquement, et chacun prend le cadeau dont le numéro (qui est toujours étiqueté dessus) est immédiatement avant celui qu'il avait choisi. (On peut même s'arranger ainsi pour que chacun ignore à qui son cadeau va.) • Deuxièmement, le cas où, au lieu de faire des cadeaux pouvant convenir à tout le monde et les répartir aléatoirement, on veut que chacun se voie attribué un destinataire à l'avance et fasse un cadeau spécialement pour lui (personnellement, là aussi, je trouve ça plutôt moins drôle) : dans ce cas, dans une réunion préparatoire, chacun apporte une enveloppe avec son nom à l'intérieur et un numéro aléatoire à l'extérieur et la place (sans être vu) sur une table ; puis les numéros de toutes les envelooppes sont recopiés sur un papier et triés publiquement, et chacun prend l'enveloppe dont le numéro (qui est à l'extérieur) est immédiatement après celui qu'il avait choisi, prépare un cadeau pour la personne dont le nom est à l'intérieur, et le jour de la distribution, étiquette son cadeau pour cette personne (et le place en secret sous le sapin).

En revanche, je n'ai pas trouvé de solution vraiment simple et satisfaisante au cas où on veut empêcher que deux personnes en couple se donnent leur cadeau l'un à l'autre. Une possibilité est de dire que les couples choisissent leurs nombres ensemble et qu'ils doivent être distants de 5000 (par exemple 1729 et 6729) si on s'est placé dans le cas de figure où tout le monde choisit un nombre entre 0 et 9999 : du coup, s'il y a au moins deux couples dans le groupe, personne ne donnera de cadeau à son significant other.

(dimanche)

Before I Had the Words de Skylar Kergil

Skylar Kergil est un musicien et activiste transgenre (et « célébrité YouTube ») dont j'ai entendu parler parce que mon poussinet aime bien les chansons : personnellement, celles-ci me laissent assez indifférent, en revanche il a écrit un livre sur sa vie en général et son expérience transgenre FtM en particulier, et ça, ça m'intéresse nettement plus ; pas tant pour l'angle « trans* » en lui-même mais surtout pour sa perception de l'identité masculine (cf. les pensées brouillonnes que j'avais écrites ici) et son parcours dans une société et une culture parfois cruellement intolérantes. Et puis, j'avais écrit ce petit texte de fiction, qui est apparemment tombé étonnamment juste (cf. les commentaires dessus), ça m'intéressait du coup d'autant de comparer ça à l'autobiographie de quelqu'un de réel. Précisons que ce n'est pas du tout un ouvrage « militant » ou politique : c'est le récit de l'enfance de Skylar Kergil comme il a voulu la raconter (par exemple comme il en fait un petit bout ici en vidéo sur YouTube), ce n'est pas un manifeste ni un réquisitoire.

Le principal reproche que je ferais à ce livre concerne sa forme : il est constitué d'un grand nombre de chapitres courts qui racontent, chacun, une petite tranche de la vie de l'auteur ; mais ce n'est pas toujours par ordre chronologique (ni, d'ailleurs, très logique), c'est mélangé à des paroles de chanson, du coup, tout ça manque un peu de structure et on ne s'y retrouve pas toujours (par exemple, il parle de sa mastectomie et de son changement de nom, puis, plus loin, raconte une anecdote antérieure et je n'arrivais pas à la comprendre parce que je pensais que c'était plus tard) ; les trois derniers chapitres sont des interviews de sa mère, son père et son frère, c'est gentillet mais les questions qu'il leur pose ne sont pas terriblement intéressantes (maintenant, je comprends que ce ne soit pas évident de poser des questions qui peuvent fâcher !). Malgré ça, j'ai apprécié, et je conseille —

J'étais sur le point d'écrire que je conseille à ceux qui se sentent intéressés par la thématique du genre, mais en fait je devrais sans doute plutôt conseiller à ceux qui ne ne sentent pas concernés. Parce que c'est un peu la tragédie de ce genre de livres, qu'ils « prêchent aux convaincus » : ceux qui auraient le plus besoin de le lire, ce sont les jeunes qui s'interrogent sur leur identité de genre, les parents dont les enfants s'interrogent (ou qui s'interrogent sur leurs enfants), et les transphobes de tous poils — mais les premiers et les deuxièmes risquent de ne pas le lire avant d'avoir la réponse à leurs questions, et les derniers seront, justement, les derniers à lire un tel livre. C'est dommage.

Quoi qu'il en soit, Skylar Kergil a l'air d'être un garçon vraiment charmant (je ne veux pas dire qu'il est physiquement mignon — même si en l'occurrence, il l'est plus qu'un peu — mais qu'il semble avoir un caractère vraiment aimable), et ça ressort dans ce qu'il écrit. Rien que pour ça, c'est agréable à lire.

(dimanche)

Je re-regarde différentes adaptations du Christmas Carol

L'approche de Noël m'a fait revenir à l'esprit un de ces souvenirs confus dans lesquels la réalité se retrouve mélangée à toutes sortes d'éléments déformés ou carrément inventés. Le souvenir dont il est question, en l'occurrence, c'est que, pendant l'année que j'ai passée à Toronto quand j'avais huit ans (soit 1984–1985), j'ai vu à la télé une adaptation du Christmas Carol de Dickens, et que je l'ai tellement aimée que j'ai réussi à la revoir plusieurs fois ; mais une fois, ils en ont diffusé une version, en noir et blanc, différente de la version en couleur dont j'avais l'habitude, et j'étais tout contrarié parce que ce n'était pas exactement celle que je voulais voir : notamment, l'esprit des Noëls passés ne correspondait pas à la vision que je m'en étais faite à travers l'adaptation que j'avais vue en premier.

Peut-être devrais-je résumer très brièvement la fable (au risque de spoiler complètement, mais honnêtement, je pense que ça n'a aucune importance) vu que les francophones ne sont peut-être pas très familiers avec. Il s'agit de l'histoire d'un vieil avare aigri, Ebenezer Scrooge, particulièrement acariâtre en la saison des fêtes, auquel rendent visite trois esprits, l'esprit des Noëls passés, puis l'esprit du Noël présent et enfin l'esprit des Noëls à venir, qui viennent le racheter : ils lui font voir plusieurs scènes du passé, du présent et de l'avenir pour le convaincre qu'il a été plus ouvert et généreux autrefois, que d'autres gens sont heureux à Noël, et que s'il ne change pas son attitude il mourra seul et détesté ; et suite à ces visites, Scrooge s'amende et devient bon et charitable. Cette histoire a particulièrement marqué la culture anglo-saxonne à différents niveaux : scrooge est devenu un terme général pour un avare (ou l'objet de toutes sortes de références, par exemple le nom de l'oncle de Donald Duck, celui qu'on traduit par Picsou en français, est Scrooge McDuck) ; et la représentation de l'esprit du Noël présent (tel qu'il apparaît dans une gravure qui accompagne l'édition de 1843 du roman de Dickens, et cette image a été ensuite reprise dans les adaptations cinématographiques ou télévisuelles) a certainement beaucoup influencé l'iconographie du Père Noël, au moins à l'époque où il s'habillait encore en vert et pas en rouge. À cause de cette célébrité, on se doute bien, du coup, qu'il y a eu toutes sortes d'aptations de l'histoire.

Heureusement, à l'époque d'Internet, il n'est pas très difficile de retrouver les seules adaptations qui peuvent coller avec mon souvenir : la version que j'avais aimée quand j'étais petit était forcément celle de 1984 par Clive Donner avec George C. Scott dans le rôle de Scrooge, et celle que je n'avais pas aimé parce que ce n'était pas exactement la même était celle de 1951 par Brian Desmond Hurst avec Alastair Sim dans le rôle de Scrooge. Il n'est pas clair comment je peux avoir vu plusieurs fois celle de 1984, mais il n'y a guère de doute que c'était bien celle-là.

J'ai revu les deux versions successivement, et je ne peux pas vraiment dire que ça ait autant réveillé de souvenirs que ce que j'espérais. Je me souvenais bien de l'histoire, mais il est impossible de dire si c'était un souvenir de telle ou telle adaptation ou simplement du livre de Dickens lui-même (que j'ai lu quelque part dans les 30 dernières années). En revanche, regarder deux films qui se correspondent presque scène pour scène a quelque chose qui plaît à mon sens de la symétrie ; je ne sais pas si je pousserai jusqu'à regarder une ou plusieurs des autres adaptations qui ont été faites (depuis 1984, notamment) de la même histoire, mais heureusement d'autres que moi s'y sont attelés, par exemple ici ou .

(lundi)

Je voyage plus en une semaine que d'ordinaire en un an

C'est un fait que, contrairement à mon poussinet qui est tout le temps par monts et par vaux, je n'aime vraiment pas voyager. (Je n'aime pas préparer mes sacs et m'arracher les cheveux à me demander ce que je dois emporter. Je n'aime pas porter mes sacs qui sont toujours trop lourds. Je n'aime pas me rendre compte que j'ai oublié d'emporter des choses — au hasard, un anti-moustique parce que je pensais qu'il n'y aurait pas de moustiques. Je n'aime pas ne pas avoir toutes les choses que j'ai l'habitude de trouver à portée de main chez moi. J'angoisse si je vais dans un pays dont je ne parle pas la langue. Je n'aime pas me retrouver entassé dans des moyens de transport ou courir d'un moyen de transport à un autre ou au contraire poireauter pour une n-ième correspondance. Je n'aime pas le moment où, après avoir rendu la chambre d'hôtel mais avant de repartir, on n'a plus vraiment d'endroit où se poser ou aller aux toilettes. Je stresse à l'idée de retrouver mon chez-moi cambriolé en mon absence ou ayant subi un dégât des eaux. J'aime aussi peu ranger mes affaires une fois rentré que les préparer pour partir. Et ce que je déteste peut-être par-dessus tout, c'est le nombre de choses que je dois faire et qui s'accumulent pendant que je suis en déplacement, ce qui fait qu'en rentrant j'ai une surcharge de stress qui s'ajoute à celui du voyage lui-même.) C'est un peu dommage, parce que s'il y avait un téléporteur qui me permette d'aller n'importe où instantanément et de rentrer dormir chez moi, j'aurais plaisir à aller visiter toutes sortes de villes dans le monde. Toujours est-il qu'en général, je voyage très peu.

Mais la semaine dernière, j'ai vraiment fait exception à mes habitudes.

D'abord mon poussinet et moi sommes allés à Florence comme je l'ai raconté. Comme mon poussinet travaille dans le métier, nous avons pris le train pour y aller : et pour que le voyage soit plus beau, nous sommes passés par Zürich et Milan. Ça représente environ 11 heures de train (12 heures de porte à porte), mais finalement, je crois que je préfère passer plein de temps dans un train confortable où je peux me dégourdir les jambes que faire le trajet dans un avion bondé où je n'ose pas bouger le bras de peur de gêner la personne à côté. Ça permet de profiter de l'escale à Zürich pour acheter du bon chocolat suisse. Et il faut reconnaître que les paysages suisses (entre Zürich et le tunnel du Gothard, ou même les rives du lac de Lugano vues la nuit) sont effectivement magnifiques. Et puis tant qu'à voyager quand on n'aime pas voyager, autant voyager dans les meilleures conditions, donc nous avions pris des billets pour la classe Executive de la Frecciarossa (le train à grande vitesse reliant Turin à Naples), dont les fauteuils sont confortables (même s'ils font un peu penser au trône de Palpatine réinventé pour un banquier aux dents longues) et où on nous sert un repas à la place (avec une vraie nappe et des vrais couverts, pas un plateau en plastique) ; comme nous étions les deux seuls dans le wagon, c'était d'ailleurs un chouïa embarrassant.

À Florence, l'hôtel nous avait installés dans une suite assez impressionnante : je ne sais pas si c'est parce qu'ils voulaient se faire pardonner un minuscule cafouillage à notre arrivée (notre chambre initialement prévue n'était pas disponible, ils nous ont mis ailleurs) ou le désagrément causé par les moustiques ou le bruit de la rue, toujours est-il que nous avons eu droit à une chambre à mezzanine avec trois lits doubles, un canapé, une belle table, de grandes armoires, etc.

Si quelqu'un se demande comment un enseignant-chercheur français fait pour se faire rembourser la classe Executive des trains italiens ou une suite de luxe à Florence, la réponse est… qu'il ne le fait pas. Mes voyages professionnels finissent toujours pas sortir de ma poche quand je suis mis face à l'enfer administratif de remplir un ordre de mission à faire signer par douze personnes, d'expliquer sur quelle ligne de budget il faut tirer (je n'en ai aucune idée), de chercher à négocier le droit de me faire rembourser un billet de seconde si je voyage en première, ou de m'entendre dire que comme on est en décembre les comptes de l'année sont clos et que je devais m'y prendre trois mois à l'avance : au bout d'un moment, j'abandonne, et maintenant j'abandonne avant même de commencer, c'est plus simple et ça m'évite d'ajouter encore des tracas au voyage que je trouve déjà assez stressant. Je crois, en fait, que sur les rares déplacements professionnels que j'ai faits, les seuls où j'ai effectivement obtenu un remboursement étaient toujours des voyages à l'étranger payés par les gens qui me recevaient et qui, eux, semblaient capables de contourner tous ces obstacles. Toujours est-il qu'on ne peut pas m'accuser de dilapider en voyages l'argent du contribuable français. En l'occurrence, c'est surtout l'argent du poussinet qui a été dilapidé.

Nous sommes rentrés de Florence, mercredi (), en avion. Le vol lui-même est court, mais j'ai poireauté vraiment longtemps à l'aéroport (parce que mon poussinet, qui prenait un vol plus tôt que moi — il partait pour Londres — avait reçu une annonce selon laquelle il pouvait y avoir des problèmes à la sécurité et qu'on lui recommandait d'arriver très en avance, ce qui, finalement, était une fausse alerte). Au moins, après les Alpes vue du train à l'aller, j'ai pu admirer les Alpes depuis les airs au retour, juste un peu avant le coucher du soleil, c'était très beau.

Vendredi (), nouvel aller-retour en train, cette fois pour Montpellier (donc 6h45min de train, aller-retour), pour aller un enterrement. Ce n'était évidemment pas prévu, mais on peut au moins se consoler que ça ne nous ait pas forcé à annuler quoi que ce soit.

Et samedi (), c'est pour Nice que nous sommes partis : mon poussinet voulait prendre le dernier iDTGV (le tout dernier : la marque cesse d'exister), donc il avait prévu de longue date d'aller passer la nuit à Nice, point d'arrivée de cette dernière rame. Manque de chance pour lui, les gens d'iDTGV avaient aussi prévu de faire la fête pour la dernière rame, mais ils avaient choisi celle qui allait dans l'autre sens : Nice→Paris à peu près au même moment ; donc nous n'avons pas eu droit aux ballons et autres goodies dans une voiture-bar spécialement décorée. Juste à passer 5h35min dans un train de plus en plus vide et de plus en plus tristounet, à faire les mots fléchés du magazine iDTGV (vraiment trop faciles) et ceux du Figaro abandonné par un autre passager (vraiment trop durs : hommes des cavernes en 12 lettres = poitrinaires, c'est limite pervers).

Mais pour consoler son copain qui n'aime pas voyager, mon poussinet nous avait réservé une suite (cette fois c'était prévu au programme, pas comme à Florence) de luxe, vue mer, à l'hôtel Negresco sur la promenade des Anglais. C'est bien la première fois que je loge dans une chambre d'hôtel qui fait deux fois la superficie de notre appartement parisien ; avec deux salles de bain (deux baignoires plus une douche, quatre lavabos, deux toilettes et un bidet), un canapé, quatre ou cinq fauteuils, un lit gigantesque avec cinq oreillers ; et une déco Louis XVI. (Et puis on peut toujours se dire que peut-être Grace Kelly ou Salvador Dalí ont dormi dans ce lit.) Mes photos ne sont pas en ligne, d'ailleurs peut-être que je ne les y mettrai pas vu qu'elles ne sont pas très réussies, mais celle-ci et celle-ci sur le site de l'hôtel le sont, et proviennent visiblement de la suite où nous étions. La suite en question était affichée à 2900€ la nuit (c'est-à-dire que c'est le prix maximal qu'ils peuvent pratiquer ; je suppose qu'il est rarement atteint), nous l'avons eue environ à 1/6 de ce prix, ça reste raide, mais il faut bien célébrer le dernier iDTGV !

Et ce n'est pas que la chambre qui était impressionnante : la déco de l'hôtel en général est assez stupéfiante, comme leur salon royal, où personne ne semble oser s'asseoir probablement en pensant que c'est plus un musée qu'un lobby d'hôtel.

En revanche, pour la vue sur la mer, c'était un peu raté : samedi soir quand nous sommes arrivés il faisait nuit depuis longtemps, et dimanche, il a fait un temps de chien à Nice toute la journée. Autant à Florence quelques jours avant il faisait glacial mais très beau, autant à Nice il faisait froid et moche. Le genre de pluie qui tombe toute la journée et qui semble vous geler jusqu'à la moelle des os. Du coup, la vue sur la mer n'était pas terrible, et, après une petite promenade, nous nous sommes réfugiés dans l'après-midi chez un copain pour nous sécher et nous n'avons essentiellement rien vu de la ville.

Au moment de repartir, comme les intempéries ne touchaient pas que Nice mais une bonne partie de l'Europe (l'aéroport d'Ajaccio a été complètement fermé, Heathrow était en pagaille, etc.), notre vol de retour a eu du retard. Heureusement ce n'était « que » 1h30min de retard, mais j'ai quand même eu l'occasion de plus visiter l'aéroport de Nice que ce que je souhaitais, et en rentrant, de moins dormir que je l'espérais. Il semble que plus tard l'aéroport de Nice ait été complètement fermé lui aussi, donc finalement, nous avons eu plutôt de la chance.

(dimanche)

À Florence, les moustiques travaillent jusqu'en décembre

Je suis à Florence pour quelques jours à l'occasion d'une mini-conférence en l'honneur des 70 ans de mon directeur de thèse. (Les universités de Paris possèdent — en indivision — une villa sur les hauteurs de Fiesole, qui, comme à peu près tout à Florence, semble avoir une histoire incroyable et une décoration époustouflante. Je ne sais pas comment les organisateurs de la conférence ont réussi à l'obtenir pour ces quelques jours, j'imagine que le planning est incroyablement serré. En attendant de voir la villa lundi, mon hôtel n'est pas mal du tout si on aime les riches plafonds et les miroirs profonds.)

Comme je n'aime pas trop jouer au touriste, je n'ai pas vraiment l'intention d'aller visiter le musée des Offices ou ce genre de choses. Aujourd'hui nous avons juste profité du beau temps pour nous balader au jardin Boboli. Tout à l'heure, nous comptons faire un tour à la Fiera Nazionale del Panettone e del Pandoro qui a lieu justement ce week-end à deux pas de notre hôtel, j'avoue que ça m'intéresse plus que n'importe quel musée. Je n'en raconte pas plus ici parce que le confort de taper sur mon portable est assez mauvais.

Mais pour l'instant, ma plus grande découverte est qu'il peut y avoir des moustiques même début décembre quand les températures minimales tournent autour de 0°C. En partant je m'étais dit que ce n'était vraiment pas la peine de prendre un insecticide : du coup, mon poussinet a passé plusieurs heures pendant la nuit à les traquer pour les écraser un par un ; apparemment mes idées sur le cycle de vie des culcidés étaient complètement fausses, et si quelqu'un veut bien m'expliquer en quelle saison ils piquent au juste, qu'il ne s'en prive pas.

Sinon, communiquer en Italie est toujours assez frustrant. Je comprends assez bien l'italien, mais je suis décidément incapable de le parler correctement, si j'essaie ça revient au mieux à faire de l'interlingua, au pire, du français aléatoirement transformé pour ressembler à de l'italien. Du coup, souvent je me retrouve à communiquer en anglais, ce qui est décidément bien triste.

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