David Madore's WebLog: 2017-12

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in December 2017 / Entrées publiées en décembre 2017:

(lundi)

Je voyage plus en une semaine que d'ordinaire en un an

C'est un fait que, contrairement à mon poussinet qui est tout le temps par monts et par vaux, je n'aime vraiment pas voyager. (Je n'aime pas préparer mes sacs et m'arracher les cheveux à me demander ce que je dois emporter. Je n'aime pas porter mes sacs qui sont toujours trop lourds. Je n'aime pas me rendre compte que j'ai oublié d'emporter des choses — au hasard, un anti-moustique parce que je pensais qu'il n'y aurait pas de moustiques. Je n'aime pas ne pas avoir toutes les choses que j'ai l'habitude de trouver à portée de main chez moi. J'angoisse si je vais dans un pays dont je ne parle pas la langue. Je n'aime pas me retrouver entassé dans des moyens de transport ou courir d'un moyen de transport à un autre ou au contraire poireauter pour une n-ième correspondance. Je n'aime pas le moment où, après avoir rendu la chambre d'hôtel mais avant de repartir, on n'a plus vraiment d'endroit où se poser ou aller aux toilettes. Je stresse à l'idée de retrouver mon chez-moi cambriolé en mon absence ou ayant subi un dégât des eaux. J'aime aussi peu ranger mes affaires une fois rentré que les préparer pour partir. Et ce que je déteste peut-être par-dessus tout, c'est le nombre de choses que je dois faire et qui s'accumulent pendant que je suis en déplacement, ce qui fait qu'en rentrant j'ai une surcharge de stress qui s'ajoute à celui du voyage lui-même.) C'est un peu dommage, parce que s'il y avait un téléporteur qui me permette d'aller n'importe où instantanément et de rentrer dormir chez moi, j'aurais plaisir à aller visiter toutes sortes de villes dans le monde. Toujours est-il qu'en général, je voyage très peu.

Mais la semaine dernière, j'ai vraiment fait exception à mes habitudes.

D'abord mon poussinet et moi sommes allés à Florence comme je l'ai raconté. Comme mon poussinet travaille dans le métier, nous avons pris le train pour y aller : et pour que le voyage soit plus beau, nous sommes passés par Zürich et Milan. Ça représente environ 11 heures de train (12 heures de porte à porte), mais finalement, je crois que je préfère passer plein de temps dans un train confortable où je peux me dégourdir les jambes que faire le trajet dans un avion bondé où je n'ose pas bouger le bras de peur de gêner la personne à côté. Ça permet de profiter de l'escale à Zürich pour acheter du bon chocolat suisse. Et il faut reconnaître que les paysages suisses (entre Zürich et le tunnel du Gothard, ou même les rives du lac de Lugano vues la nuit) sont effectivement magnifiques. Et puis tant qu'à voyager quand on n'aime pas voyager, autant voyager dans les meilleures conditions, donc nous avions pris des billets pour la classe Executive de la Frecciarossa (le train à grande vitesse reliant Turin à Naples), dont les fauteuils sont confortables (même s'ils font un peu penser au trône de Palpatine réinventé pour un banquier aux dents longues) et où on nous sert un repas à la place (avec une vraie nappe et des vrais couverts, pas un plateau en plastique) ; comme nous étions les deux seuls dans le wagon, c'était d'ailleurs un chouïa embarrassant.

À Florence, l'hôtel nous avait installés dans une suite assez impressionnante : je ne sais pas si c'est parce qu'ils voulaient se faire pardonner un minuscule cafouillage à notre arrivée (notre chambre initialement prévue n'était pas disponible, ils nous ont mis ailleurs) ou le désagrément causé par les moustiques ou le bruit de la rue, toujours est-il que nous avons eu droit à une chambre à mezzanine avec trois lits doubles, un canapé, une belle table, de grandes armoires, etc.

Si quelqu'un se demande comment un enseignant-chercheur français fait pour se faire rembourser la classe Executive des trains italiens ou une suite de luxe à Florence, la réponse est… qu'il ne le fait pas. Mes voyages professionnels finissent toujours pas sortir de ma poche quand je suis mis face à l'enfer administratif de remplir un ordre de mission à faire signer par douze personnes, d'expliquer sur quelle ligne de budget il faut tirer (je n'en ai aucune idée), de chercher à négocier le droit de me faire rembourser un billet de seconde si je voyage en première, ou de m'entendre dire que comme on est en décembre les comptes de l'année sont clos et que je devais m'y prendre trois mois à l'avance : au bout d'un moment, j'abandonne, et maintenant j'abandonne avant même de commencer, c'est plus simple et ça m'évite d'ajouter encore des tracas au voyage que je trouve déjà assez stressant. Je crois, en fait, que sur les rares déplacements professionnels que j'ai faits, les seuls où j'ai effectivement obtenu un remboursement étaient toujours des voyages à l'étranger payés par les gens qui me recevaient et qui, eux, semblaient capables de contourner tous ces obstacles. Toujours est-il qu'on ne peut pas m'accuser de dilapider en voyages l'argent du contribuable français. En l'occurrence, c'est surtout l'argent du poussinet qui a été dilapidé.

Nous sommes rentrés de Florence, mercredi (), en avion. Le vol lui-même est court, mais j'ai poireauté vraiment longtemps à l'aéroport (parce que mon poussinet, qui prenait un vol plus tôt que moi — il partait pour Londres — avait reçu une annonce selon laquelle il pouvait y avoir des problèmes à la sécurité et qu'on lui recommandait d'arriver très en avance, ce qui, finalement, était une fausse alerte). Au moins, après les Alpes vue du train à l'aller, j'ai pu admirer les Alpes depuis les airs au retour, juste un peu avant le coucher du soleil, c'était très beau.

Vendredi (), nouvel aller-retour en train, cette fois pour Montpellier (donc 6h45min de train, aller-retour), pour aller un enterrement. Ce n'était évidemment pas prévu, mais on peut au moins se consoler que ça ne nous ait pas forcé à annuler quoi que ce soit.

Et samedi (), c'est pour Nice que nous sommes partis : mon poussinet voulait prendre le dernier iDTGV (le tout dernier : la marque cesse d'exister), donc il avait prévu de longue date d'aller passer la nuit à Nice, point d'arrivée de cette dernière rame. Manque de chance pour lui, les gens d'iDTGV avaient aussi prévu de faire la fête pour la dernière rame, mais ils avaient choisi celle qui allait dans l'autre sens : Nice→Paris à peu près au même moment ; donc nous n'avons pas eu droit aux ballons et autres goodies dans une voiture-bar spécialement décorée. Juste à passer 5h35min dans un train de plus en plus vide et de plus en plus tristounet, à faire les mots fléchés du magazine iDTGV (vraiment trop faciles) et ceux du Figaro abandonné par un autre passager (vraiment trop durs : hommes des cavernes en 12 lettres = poitrinaires, c'est limite pervers).

Mais pour consoler son copain qui n'aime pas voyager, mon poussinet nous avait réservé une suite (cette fois c'était prévu au programme, pas comme à Florence) de luxe, vue mer, à l'hôtel Negresco sur la promenade des Anglais. C'est bien la première fois que je loge dans une chambre d'hôtel qui fait deux fois la superficie de notre appartement parisien ; avec deux salles de bain (deux baignoires plus une douche, quatre lavabos, deux toilettes et un bidet), un canapé, quatre ou cinq fauteuils, un lit gigantesque avec cinq oreillers ; et une déco Louis XVI. (Et puis on peut toujours se dire que peut-être Grace Kelly ou Salvador Dalí ont dormi dans ce lit.) Mes photos ne sont pas en ligne, d'ailleurs peut-être que je ne les y mettrai pas vu qu'elles ne sont pas très réussies, mais celle-ci et celle-ci sur le site de l'hôtel le sont, et proviennent visiblement de la suite où nous étions. La suite en question était affichée à 2900€ la nuit (c'est-à-dire que c'est le prix maximal qu'ils peuvent pratiquer ; je suppose qu'il est rarement atteint), nous l'avons eue environ à 1/6 de ce prix, ça reste raide, mais il faut bien célébrer le dernier iDTGV !

Et ce n'est pas que la chambre qui était impressionnante : la déco de l'hôtel en général est assez stupéfiante, comme leur salon royal, où personne ne semble oser s'asseoir probablement en pensant que c'est plus un musée qu'un lobby d'hôtel.

En revanche, pour la vue sur la mer, c'était un peu raté : samedi soir quand nous sommes arrivés il faisait nuit depuis longtemps, et dimanche, il a fait un temps de chien à Nice toute la journée. Autant à Florence quelques jours avant il faisait glacial mais très beau, autant à Nice il faisait froid et moche. Le genre de pluie qui tombe toute la journée et qui semble vous geler jusqu'à la moelle des os. Du coup, la vue sur la mer n'était pas terrible, et, après une petite promenade, nous nous sommes réfugiés dans l'après-midi chez un copain pour nous sécher et nous n'avons essentiellement rien vu de la ville.

Au moment de repartir, comme les intempéries ne touchaient pas que Nice mais une bonne partie de l'Europe (l'aéroport d'Ajaccio a été complètement fermé, Heathrow était en pagaille, etc.), notre vol de retour a eu du retard. Heureusement ce n'était « que » 1h30min de retard, mais j'ai quand même eu l'occasion de plus visiter l'aéroport de Nice que ce que je souhaitais, et en rentrant, de moins dormir que je l'espérais. Il semble que plus tard l'aéroport de Nice ait été complètement fermé lui aussi, donc finalement, nous avons eu plutôt de la chance.

(dimanche)

À Florence, les moustiques travaillent jusqu'en décembre

Je suis à Florence pour quelques jours à l'occasion d'une mini-conférence en l'honneur des 70 ans de mon directeur de thèse. (Les universités de Paris possèdent — en indivision — une villa sur les hauteurs de Fiesole, qui, comme à peu près tout à Florence, semble avoir une histoire incroyable et une décoration époustouflante. Je ne sais pas comment les organisateurs de la conférence ont réussi à l'obtenir pour ces quelques jours, j'imagine que le planning est incroyablement serré. En attendant de voir la villa lundi, mon hôtel n'est pas mal du tout si on aime les riches plafonds et les miroirs profonds.)

Comme je n'aime pas trop jouer au touriste, je n'ai pas vraiment l'intention d'aller visiter le musée des Offices ou ce genre de choses. Aujourd'hui nous avons juste profité du beau temps pour nous balader au jardin Boboli. Tout à l'heure, nous comptons faire un tour à la Fiera Nazionale del Panettone e del Pandoro qui a lieu justement ce week-end à deux pas de notre hôtel, j'avoue que ça m'intéresse plus que n'importe quel musée. Je n'en raconte pas plus ici parce que le confort de taper sur mon portable est assez mauvais.

Mais pour l'instant, ma plus grande découverte est qu'il peut y avoir des moustiques même début décembre quand les températures minimales tournent autour de 0°C. En partant je m'étais dit que ce n'était vraiment pas la peine de prendre un insecticide : du coup, mon poussinet a passé plusieurs heures pendant la nuit à les traquer pour les écraser un par un ; apparemment mes idées sur le cycle de vie des Culcidés étaient complètement fausses, et si quelqu'un veut bien m'expliquer en quelle saison ils piquent au juste, qu'il ne s'en prive pas.

Sinon, communiquer en Italie est toujours assez frustrant. Je comprends assez bien l'italien, mais je suis décidément incapable de le parler correctement, si j'essaie ça revient au mieux à faire de l'interlingua, au pire, du français aléatoirement transformé pour ressembler à de l'italien. Du coup, souvent je me retrouve à communiquer en anglais, ce qui est décidément bien triste.

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