David Madore's WebLog: 2008-02

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in February 2008 / Entrées publiées en février 2008:

(vendredi)

Les policiers et les feux rouges

J'aimerais bien savoir quelles règles leurs supérieurs leur imposent sur l'usage de la sirène et du gyrophare pour passer au feu rouge, mais j'ai furieusement l'impression que les policiers, au moins à Paris, en abusent franchement — et de plus en plus souvent ces dernières années. Il suffit de comparer avec les véhicules des pompiers et du SAMU (qui, eux, n'ont pas l'air d'abuser) pour s'en convaincre : les policiers deviennent de vrais dangers publics ! Le droit de passer au rouge avec avertisseurs, c'est en cas d'urgence, c'est pas pour finir plus vite la journée ou je ne sais quoi :

Les dispositions du présent livre relatives aux règles de circulation des véhicules ne sont pas applicables aux conducteurs des véhicules d'intérêt général prioritaires lorsqu'ils font usage de leurs avertisseurs spéciaux dans les cas justifiés par l'urgence de leur mission et sous réserve de ne pas mettre en danger les autres usagers de la route. (Article R432-1 du Code de la route)

J'aimerais qu'un parlementaire en demande compte au ministre de l'Intérieur. (Et je ne parle même pas des gens qui se croient manifestement très importants et qui font bloquer la circulation pour passer avec une escorte de n motards. C'est honteux.)

(vendredi)

Dawkins et Dennett à TED

C'est la période de TED (ceux qui, comme moi, lisent régulièrement BoingBoing ne peuvent pas l'avoir manqué), cette conférence d'un genre intéressant — et dont j'ai déjà parlé — où des personnes souvent renommées viennent échanger des idées (définies de façon très large). J'en ai profité pour regarder quelques unes des anciennes conférence :

Celle-ci, par Richard Dawkins[#], qui n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat, m'a semblé à la fois provocatrice et très juste : il y observe que la terreur incompréhensible et irrationnelle que les Américains ont de l'athéisme — et qui se déguise parfois sous la forme du débat évolutionnisme/créationnisme, mais, finalement, ce n'est pas vraiment le sujet — fait, puisque la majeure partie de l'intelligentsia du pays est, de fait, athée, que beaucoup d'entre eux devront mentir sur leurs croyances. Ou, pour dire les choses autrement, il y a une barrière importante — à tout le moins une corrélation défavorable — à ce qu'arrive au pouvoir aux États-Unis un homme politique à la fois intelligent et honnête. C'est déprimant. Il paraît qu'il y a actuellement un seul membre du Congrès (peut-être de toute l'histoire du pays) qui admet publiquement être athée. Quand on voit qu'environ 10% ou 15% de la population des États-Unis est athée ou au moins agnostique — c'est peu mais ce n'est pas si peu —, la sous-représentation est hallucinante (Dawkins fait remarquer qu'elle est encore plus saisissante quand on compare à l'influence des Juifs religieux, qui sont numériquement moins nombreux). C'est aussi étonnant quand on pense que nombreux des Pères fondateurs, à commencer par Thomas Jefferson étaient au moins des libre-penseurs (probablement plus proches du déisme de Voltaire que de l'athéisme de Diderot, mais certainement plus sympathiques aux deux qu'aux puritains de l'époque ou de maintenant).

(Je ne jetterai pas la pierre aux Américains, cependant : qu'on ait réussi à leur faire croire que l'appartenance à une religion était une vertu du côté du patriotisme n'est pas stupéfiant — les peuples sont crédules et enclins à se définir comme ils peuvent du côté du Bien. Les Français ont montré récemment, et à de nombreuses reprises autrefois, qu'ils étaient bien prompts à croire le monde rempli de méchants pédophiles prêts à violer leurs enfants, sans réfléchir au fait que l'immense majorité des agressions pédophiles est faite par des parents de la victime donc que s'il faut protéger leurs enfants c'est avant tout contre eux-mêmes. C'est là une vision pas moins stupide, et pas moins gorgée du bon sentiment d'être les gentils face aux méchants qu'on s'est inventés pour l'occasion.)

Également très intéressante, et apportant une lumière sur les religions, il y a cette conférence de Daniel Dennett sur les mèmes dangereux. Dennett est un philosophe que j'admire énormément — le genre qui nous rappelle que, oui, la philosophie peut être une discipline importante et utile, qui nous apprend vraiment à revisiter les choses que nous savons pour les voir autrement.

[#] Malheureusement, il y a l'air d'avoir un truc buggué sur cette page, sans doute un script JavaScript qui tourne en boucle ; avec mon Firefox ça bloque complètement le navigateur et il faut que j'attende qu'il me demande l'autorisation d'arrêter le script en question — ensuite la page est utilisable. Sinon, peut-être qu'arrêter JavaScript ferait l'effet.

(jeudi)

Idée de canular place Vendôme

Je passais par hasard place Vendôme et il m'est venu à l'esprit l'idée de laisser discrètement choir devant l'enseigne du joaillier Cartier un zircon cubique (d'une taille judicieusement choisie, suffisamment grosse pour qu'il soit visible, mais suffisamment petite pour qu'il soit vaguement crédible), puis se poser à un endroit d'où on pourra voir la réaction du premier qui apercevra la pierre.

Évidemment si je sors un zircon cubique de ma poche on ne peut pas sérieusement croire qu'il s'agit d'un diamant : je n'ai pas la tête à sortir de ma poche un diamant, surtout de 15–20 carats, et dès lors qu'on est pris d'un doute c'est assez évident que c'est trop dispersif pour être un diamant, que c'est assez mal taillé si on le regarde de près, que ça n'a pas le toucher « froid » d'un diamant, etc. (Même comme ça, j'ai eu droit à un regard complètement sidéré un jour que je sortais la pierre pour la regarder au soleil — je me suis d'ailleurs dit que, du coup, ce n'était pas quelque chose de très malin à faire !) Mais quelqu'un qui verrait ça par terre devant un bijoutier de grand renom pourrait fort bien se laisser berner, surtout s'il n'a jamais entendu parler de zircons cubiques : la façon dont nous interprétons les faits dépend avant tout du contexte dans lequel nous les voyons, et le contexte de la place Vendôme suggère fortement à l'esprit le mot diamant.

Enfin, pour que ce soit vraiment intéressant, il faudrait en fait renouveler souvent l'expérience et compter, pour faire des statistiques, le nombre de gens qui auraient telle ou telle réaction : prendre la pierre et s'éloigner mine de rien, laisser le truc en rigolant, ou entrer dans la boutique (dans ce dernier cas ce serait évidemment rigolo d'entendre ce qui se dit, mais ça semble difficile). Le prix tellement bas des zircons rendrait le tour jouable, mais il faudrait y consacrer beaucoup trop de temps, sans parler de la difficulté de bien observer la scène.

(Et puis, laisser des détritus sur la voie publique est puni d'une amende plusieurs centaines de fois supérieure au prix de la pierre. Groumph : toutes les expériences amusantes sont interdites pour une raison ou une autre.) Reste que je devrais peut-être proposer mon idée à une quelconque émission de caméra cachée (et en fait, comme je suis né tard dans un monde déjà vieux je suppose que ça a déjà été essayé).

(lundi)

Thèmes musicaux

Il y a des airs qui m'amènent encore les larmes aux yeux même si je les ai entendus mille fois — même si je les écoute en boucle. En ce moment, par exemple, l'Hymne d'Opéra Sauvage de Vangelis. En général, il s'agit de tubes (le genre de musique qu'on ne peut pas admettre aimer dès qu'on est face à quelqu'un d'un tant soit peu snob) : Greensleeves, le choral Ein feste Burg ist unser Gott, n'importe quelle composition sur la succession d'accord du Canon de Pachelbel, etc. Finalement, ce ne sont pas forcément les musiques que je préfère, ce ne sont certainement pas celles que je trouve les plus parfaites, mais ce sont celles qui parlent le plus directement à mon système limbique.

Normalement je suis d'avis que le succès — dans tous les domaines mais surtout dans les domaines artistiques — est dû au hasard et à l'accumulation d'effets de bouche-à-oreille, guère au talent (un certain nombre d'études tendent à me donner raison). Mais parfois il faut admettre qu'il y a vraiment quelque chose : comme le roi Édouard VII l'avait prédit à Elgar en entendant l'air de la première marche Pomp and Circumstance, certains airs sont nés pour faire le tour du monde.

(samedi)

Les mesurettes pour l'environnement

J'ai une sainte horreur des mesures pipo qui, censées s'occuper d'un certain problème, n'ont en fait comme seul but que de laisser croire aux citoyens ignorants qu'on s'occupe du problème en question. La sécurité (pensez guerre contre le terrorisme, ha, ha, ha) en est un nid : outre les délires de la TSA aux États-Unis j'aime beaucoup notre national plan Vigipirate, qui cherche désespérément des couleurs plus anxiogènes que le rouge (apparemment c'est écarlate ; je suppose qu'ensuite on aura fuchsia, amarante, zinzolin et des choses de ce genre) vu qu'on ne peut politiquement que le renforcer pour donner plus d'illusion de sécurité.

Mais le plus insupportable, c'est l'environnement. Il est maintenant admis par tout le monde — enfin, sauf par l'actuel président des États-Unis, mais il vient sans doute d'un monde parallèle — bref, il est maintenant admis que nous autres humains sommes en train de nous tirer une balle dans le pied, ou dans les pieds de nos successeurs, par notre façon de vivre. On dit pudiquement que c'est la planète qui est en danger, mais la planète va très bien, merci, on aurait beaucoup de mal à lui faire quoi que ce soit[#] ; ce n'est même pas la vie sur Terre qui est en danger[#2] ; l'espèce humaine est peut-être en danger, mais ce qui l'est certainement c'est notre confortable civilisation (enfin, pour ceux d'entre nous qui avons les chances de profiter de ses conforts). La question est plutôt de savoir si ce sera trop tard dans dix ans pour éviter une catastrophe, trop tard dans cinq ans, trop tard maintenant, trop tard il y a dix ans ou trop tard il y a vingt ans. Mais je digresse.

Bref, depuis qu'on a admis que l'environnement était une priorité, disons, importante, c'est un florilège de mesures ou d'idées dans lesquelles on mélange allègrement les choses vraiment importantes, les choses anecdotiques, les choses qui n'ont rien à voir avec le schmilblick, et beaucoup, mais alors beaucoup, de mesurettes qui sont simplement destinées à donner au citoyen (profitant du confort précédemment mentionné) l'impression qu'il fait un geste pour l'environnement (ou mieux, qu'on fait un geste pour lui). Bref, on ne protège pas l'environnement, on cultive le warm fuzzy feeling qu'on le fait. L'ennui c'est que même pour quelqu'un qui a une culture scientifique décente[#3], réussir à savoir ce qui est vrai ou faux est extrêmement dur tant on est bombardé de ces affirmations trompeuses ou mensongères, sans jamais le moindre chiffre sur le nombre de joules économisés par telle mesure, l'impact écologique exact d'un produit de bout en bout[#4].

Mon supermarché local a cessé de distribuer gratuitement les sacs plastique : ils sont maintenant vendus 0.03€ l'unité et portent l'indication sac réalisé à base de plastique recyclé 100% recyclable ; je soupçonne que c'est du polyéthylène exactement comme avant et que la nouvelle inscription est juste là pour faire passer la pilule, en tout cas je constate que ce plastique prétendument 100% recyclable, aucune possibilité ne m'est offerte pour le recycler — c'est comme pour les produits électroniques sur lesquels on a mis une écotaxe mais j'attends toujours qu'on me dise ce que je dois faire de mes vieux disques durs pour m'en débarrasser de la façon la moins polluante possible. Donc je vais continuer à utiliser autant de sacs (je passe à la caisse, j'en achète 10 pour 0.30€ parce que je ne sais pas à l'avance combien il m'en faut, et je laisse le reste au client suivant, mais à mon avis ça va empirer le gâchis plutôt que l'éviter), je vais payer un chouïa plus au supermarché qui ne va pas pour autant mettre en place un recyclage, et je vais continuer à me servir de ces sacs comme sacs poubelle pour qu'au moins ils soient incinérés, ce qui récupérera au moins une partie de l'énergie[#5] utilisée pour le produire mais dégagera sans doute[#6] plus de CO2 que si le recyclage avait été mis en place. Je crois que le but de la mesure est juste de donner aux gens l'impression qu'ils paient pour l'environnement, tout en ne leur prenant qu'une somme d'argent ridiculement faible et en ne contribuant pas d'un atome au problème. Bof.

Ceci étant, j'aimerais bien savoir quelles sont les mesures qui ont, ou pourraient avoir, un vrai impact bénéfique sur l'environnement (l'énergie nucléaire ? les véhicules hybrides ? les voitures à air comprimé ?). Mais quelque chose me dit que ce n'est pas du côté du Grenelle de l'Environnement que je vais les trouver.

[#] Si vous craignez pour la destruction de la Terre, vous pouvez consulter la page de l'International Earth-Destruction Advisory Board, régulièrement mise à jour pour vous indiquer le nombre de fois que la Terre a été détruite et le niveau d'alerte associé. Je suis certain que beaucoup d'assureurs seront prêts à vous vendre d'excellentes assurances contre cette éventualité (ou bien contre le big crunch, la contradiction des mathématiques, etc.).

[#2] La vie sur Terre, elle a réussi à survivre au passage d'une atmosphère légèrement réductrice à une atmosphère constituée de 20% d'oxygène (et l'oxygène, comme gaz corrosif et toxique, on peut difficilement faire pire à part le chlore ou le fluor), alors, je ne m'inquiète pas, elle nous survivra même si on détruit 99.999% des espèces avec nous.

[#3] Pour commencer, quelqu'un qui est conscient que, tant qu'on a un chauffage électrique radiatif thermostaté, en hiver, ça ne sert à rien de chercher à limiter l'usage des appareils électriques pour limiter la consommation d'énergie ! Apparemment ce genre de raisonnement est déjà hors de la portée de beaucoup de gens.

[#4] Quand on affirme qu'un produit (sacs en papier ?) est biodégradable mais qu'on ne nous dit pas quelle quantité d'énergie est nécessaire à le fabriquer, je trouve qu'il y a arnaque. De même si une source d'énergie (l'énergie solaire, peut-être ?) pollue moins au rendement mais plus à la mise en place des équipements…

[#5] Enfin, enthalpie libre plutôt qu'énergie, probablement.

[#6] J'écris sans doute parce que le bilan précis est difficile à faire : le sac est fait à partir de pétrole et brûlé pour donner du CO2 et de l'énergie qui doit être au moins en partie récupérée. Mais si le sac n'avait pas été produit, cette même énergie, pour être utilisée, aurait dû être produite autrement, et si elle est également produite en brûlant des matières fossiles, il faut comparer le rendement dans les deux cas ; si en plus on compare à une situation où le sac est recyclé, il faut aussi examiner le coût énergétique de ce recyclage par rapport à celui de la fabrication à neuf d'un sac. Je souligne simplement que faire le bilan complet est un peu subtil, et je ne suis pas scientifiquement qualifié pour le calculer.

(vendredi)

Légistique, droit et méta-droit

On me signale un lien auquel je n'avais jamais prêté attention sur Légifrance : c'est ce guide de légistique. Si, comme moi, vous ignoriez ce qu'est la légistique — ce qui est sans doute excusable vu que le mot n'est pas dans beaucoup de dictionnaires —, il s'agit de l'art de faire des lois ; et c'est là un guide très intéressant car on y trouve des explications que je n'avais jamais vues dans des traités de droit, notamment portant sur la rédaction proprement dite des textes normatifs (car ce ne sont évidemment pas les députés et sénateurs eux-mêmes qui écrivent les lois, ce sont des secrétariats au fonctionnement assez opaque et on a là un petit aperçu des règles auxquelles ils se conforment).

Toujours dans le domaine du droit, je me plains souvent que les gens ne comprennent pas les modalités, mais il y a une autre chose que j'aimerais voir systématiquement éclairci et étudié (et pas, par exemple, laissé au hasard de la jurisprudence), ce sont les « méta-droits », au sens des droits sur les droits.

Par exemple, associé à un droit D, il y a le droit de déléguer ce droit, c'est-à-dire de pouvoir l'octroyer à une tierce partie X — éventuellement de façon révocable. Naïvement, on pourrait dire que si on possède un droit, on possède automatiquement le droit de le transférer, selon l'argument je peux toujours dire à X : si vous voulez exercer le droit X, demandez-moi et je le ferai pour vous — autrement dit, servir d'intermédiaire dans l'exercice du droit que je délègue. Juridiquement, ce raisonnement ne vaut rien, et pour plein de raisons : même si servir d'intermédiaire est possible, on peut tout de même exiger que ce soit moi qui fasse les formalités d'exercice du droit, on peut aussi mettre des conditions d'intention personnelle (pensez au droit de vote) ou de confidentialité ou que sais-je, ou en tout cas faire peser sur moi la responsabilité de l'exercice du droit, ou enfin on peut tomber sur des problèmes que Hofstadter appelle des problèmes de fluidité (si je dispose du permis de conduire, i.e., du droit de me déplacer en voiture, le raisonnement que j'ai esquissé me permet éventuellement de déléguer à X le droit de me déplacer en voiture, c'est-à-dire de me dire où je dois aller, pas de déléguer le droit de se déplacer en voiture ! donc je ne peux pas transférer le permis de conduire à quelqu'un d'autre). Néanmoins, j'ai tendance à trouver que les droits juridiques ont la fâcheuse tendance à être excessivement peu transférables et délégables : c'est sans doute pour éviter les abus, mais on se dit parfois que c'est idiot que, si deux personnes sont toutes deux d'accord, l'une ne puisse pas se substituer à l'autre dans (la totalité des clauses d')un contrat conclu avec une troisième personne (sans l'accord du troisième, évidemment).

La meilleure analyse ou modélisation faite par les informaticiens de la possibilité de délégation des droits — qui est essentielle dans la cybernétique d'un système d'exploitation — est celle qui est faite dans le système de sécurité par capabilités (à laquelle une bonne introduction est donnée ici). Dans un système de ce style, à partir d'un droit D (une capabilité) on peut créer une « délégation révocable » de D, c'est-à-dire un nouveau droit D′, qui a exactement les mêmes effets que D, mais qui est placé sous le contrôle d'un autre droit, RD, qu'on garde pour soi-même, et qui est le droit de révoquer D′ (lorsqu'on le fait, D′ cesse de produire un effet : ceux qui l'avaient reçu le conservent, mais il ne leur est plus d'aucun secours). Mais les juristes ne pensent pas du tout en ces termes.

Plus souvent important que le droit de déléguer un droit, il y a le droit d'abandonner un droit. (C'est une question qui est parfois posée sous la forme métaphysique : Dieu a-t-il le pouvoir de cesser d'être omnipotent ? ou constitutionnaliste : le parlement britannique a-t-il le pouvoir de limiter le pouvoir du parlement britannique ?) Là aussi, on s'attendrait à ce qu'on puisse abandonner un droit dont on dispose, mais le droit pense souvent autrement : il peut falloir un contrat, ce qui peut être pénible (ne serait-ce que parce qu'on ne peut pas contracter tout seul — comme on le pourrait si le droit était écrit par des geeks logiciens), et parfois un contrat même ne le permet pas. Souvent cette impossibilité d'abandonner un droit est justifiée pour éviter les abus, mais ça peut être un souci : je pense à nouveau au droit d'auteur — je ne vois pas comment un auteur français pourrait libérer réellement une de ses œuvres, en la protégeant de ses changements d'humeur ultérieurs (et de ses héritiers, mais là il y a peut-être moyen de s'en sortir par testament).

(mercredi)

Dix propositions pour un droit d'auteur équitable

Encore une proposition d'étendre les restrictions de propriété intellectuelle fait parler d'elle : ce qui est particulièrement honteux est cette façon de présenter l'extension des restrictions comme une avancée pour la société ! l'article du Guardian suggère que le commissaire européen McCreevy (à l'origine de cette proposition) has been lobbied hard on the issue. You bet he has! Le droit d'auteur actuel ne cesse de profiter de l'apathie générale (ou de l'ignorance) à ce sujet de la grande majorité de la population pour permettre à un tout petit lobby de la soumettre à un droit sans cesse plus sévère.

Le plus rageant, c'est que la seule victoire que peuvent espérer les partisans comme moi d'un copyright juste et équilibré c'est que des lois/directives/traités/etc. insensément restrictives soient provisoirement ajournées (parfois pour être de nouveau proposées dans un temps très court : voyez la petite danse amusante à laquelle joue le ministre canadien de l'industrie Jim Prentice). Jamais aucune victoire durable n'a été obtenue, jamais en aucun pays des provisions trop restrictives n'ont été relâchées ; alors que quand le camp adverse obtient des victoires, elles sont durables et même rétroactives (des œuvres qui avaient acquis la liberté du Domaine Public retombent sous le coup des restrictions).

Je pense qu'il faut répondre au lobbying par du contre-lobbying. Voici mes propositions concrètes :

  1. Dans tous les textes législatifs et réglementaires comportant les termes propriété intellectuelle, remplacer ces mots par monopole de reproduction. (Justification : il s'agit d'un terme neutre ; les mots propriété intellectuelle laissent penser qu'il s'agit d'une forme de propriété, donc protégée par les droits fondamentaux, alors qu'il n'en est rien, l'auteur d'une œuvre de l'esprit a le droit à la paternité sur celle-ci, pas à la propriété, et le monopole qui lui est concédé n'est pas un droit inaliénable mais une façon commode de subventionner les artistes.) Dans le cas où le Conseil constitutionnel (ou toute autre cour suprême) serait tenté de considérer la propriété intellectuelle comme une forme de propriété et lui donner valeur constitutionnelle, amender la Constitution pour éclaircir ce point.
  2. Amender la législation sur la propriété intellectuelle le monopole de reproduction pour expliciter le fait qu'elle ne s'applique qu'aux œuvres de l'esprit comportant une part significative de créativité : aucune collection de données purement factuelles (telle que carte géographique, base de donnée, etc.) ne doit pouvoir bénéficier de la protection concédée par ce droit. De même, aucun brevet ne doit pouvoir être concédé s'il ne représente pas une innovation significative et notamment s'il se contente d'appliquer différemment des idées déjà connues, ou s'il ne correspond pas à un procédé industriel stricto sensu.
  3. Limiter la durée du droit d'auteur à : 50 ans après la publication de l'œuvre ou jusqu'à la mort de l'auteur (le plus long des deux), qu'il s'agisse d'œuvres littéraires, cinématographiques, graphiques ou musicales ou de toute autre œuvre de l'esprit ; appliquer la même règle uniformément, aussi bien pour les droits des interprètes et traducteurs que pour ceux des artistes créateurs. (Justification : le but principal est de rémunérer l'artiste de son vivant pour l'inciter à produire ; il n'y a pas de raison que cette rente soit transférable à ses héritiers pas plus que le salaire de n'importe quelle autre activité, mais on peut tout de même consentir, pour la sécurité de l'éditeur, un monopole minimal de 50 ans pour les œuvres de vieillesse ou posthumes.) Supprimer les prolongations de guerre (qui n'ont aucune sorte de justification) et toutes les autres bizarreries pouvant rallonger la durée du monopole. En revanche, pour les logiciels, limiter la protection à 20 ans (ce qui, vue l'extrême rapidité du développement de l'informatique, est déjà énorme).
  4. Si la mesure précédente contrevient aux obligations souscrites en droit international (notamment les engagements pris en vertu de la convention de Berne sur le copyright), appliquer ces obligations de la façon la plus étroite possible : par exemple, la convention de Berne n'oblige qu'à protéger les œuvres qui sont protégées dans leur pays d'origine et pendant la durée de cette protection ou jusqu'à 50 ans après la mort de l'auteur (le plus court des deux) — un pays signataire peut tout à fait restreindre la durée de la protection des œuvres publiées chez lui.
  5. Interdire la signature de tout traité ou de toute convention nouvelle qui étendrait la durée du monopole ou qui en durcirait les termes, sauf en vertu d'un referendum.
  6. Obliger les œuvres protégées à être enregistrées : plus exactement, faire valoir le principe selon lequel, pour exercer son droit de monopole sur la reproduction et l'usage d'une œuvre, l'auteur ou un ayant-droit doit au préalable la faire inscrire dans un registre centralisé et y laisser un moyen fiable de le contacter (et, dans le cas d'un logiciel, une copie du code source). Ceci assure qu'une œuvre orpheline (dont les auteurs ou ayant-droits ne se font pas connaître ou sont injoignables) puisse être librement utilisée tant qu'elle reste orpheline. (Justification : les œuvres orphelines sont la plus grande perte du Domaine Public : un projet comme Google Books rendrait un service beaucoup plus immense à l'humanité si on n'était pas obligé de considérer par défaut que la grande majorité des œuvres — qui sont ainsi orphelines — sont protégées.)
  7. Donner une reconnaissance légale au terme de Domaine Public, ou, mieux, Patrimoine Public, qui doit être considéré comme le patrimoine commun de l'Humanité. Instaurer une commission pour le défendre et le sauvegarder (notamment, pour éviter que les œuvres tombent dans l'oubli).
  8. Donner une reconnaissance légale ferme aux droits à la courte citation (s'aligner au moins sur le concept de fair use le plus large) et à la copie privée. Interdire toute perception d'une taxe sur la copie privée si la copie privée est volontairement rendue techniquement impossible ou excessivement difficile (en revanche, le principe général d'une taxe sur la copie privée est légitime si sa distribution est juste et qu'elle correspond à un droit réel et réellement exercé). Supprimer et interdire toute protection légale de mesures techniques (telles que mesures techniques de protection contre la copie) et reconnaître fermement le droit à l'analyse rétrograde (reverse engineering) ; noter que ceci ne signifie pas que les mesures techniques de protection doivent être interdites, simplement qu'elles ne doivent pas être protégées par la loi et qu'elles doivent exclure la perception d'une taxe sur la copie privée.
  9. Garantir un droit minimal à la reproduction d'une œuvre lorsque le monopole de reproduction est tombé à des héritiers de l'auteur (autrement dit, si l'auteur peut exercer son droit de repentir et faire supprimer l'œuvre complètement ou interdire sa diffusion, ses héritiers ne doivent que pouvoir en tirer un bénéfice financier). De même, garantir le droit au libre usage d'un brevet quel qu'il soit tant qu'il n'est pas fait dans un but commercial. Enfin, limiter les droits dont dispose l'architecte d'un bâtiment pour qu'il ne puisse pas faire obstacle aux travaux normaux souhaités par le propriétaire de ce bâtiment.
  10. Permettre à l'État de racheter les droits d'une œuvre jugée particulièrement importante pour la placer dans le Domaine Patrimoine Public (en dédommageant l'auteur ou ses héritiers) : rendre cette procédure obligatoire pour toute œuvre achetée par un musée (de sorte qu'on puisse librement photographier les tableaux des musées nationaux) et tout bâtiment public. Placer d'emblée dans le Patrimoine Public toute création financée essentiellement par l'argent public (comme c'est le cas aux États-Unis).

Je pense que l'adoption de ces mesures conduirait à une situation où le droit de la propriété intellectuelle du monopole de reproduction serait juste et équilibré, c'est-à-dire assurerait un financement aux auteurs et créateurs sans pour autant léser les droits de ceux qui bénéficient des œuvres. Maintenant il faudrait que je rédige ces propositions sous une forme plus claire, comme une sorte de manifeste pour un copyright équitable, avec un préambule expliquant les raisons de ce manifeste. En attendant, les commentaires sont les bienvenus.

(mardi)

Mes petits biscuits au chocolat sont kasher

Mon supermarché Champion local a un stand spécial de produits kasher (qui a d'ailleurs été, avec beaucoup de tact, placé juste au bout du rayon des jambons et charcuteries). Mais, bizarrement, il y a surtout plein de produits kasher dans le stand (différent du précédent) qui a l'air de rassembler l'essentiel des produits d'importation : je suppose que c'est parce que parce que ce sont des produits importés d'Israël ; par exemple, sur ce stand, vous avez du Nutella étiqueté en hébreu[#] : je ne sais pas si c'est parce que celui fabriqué en France n'est pas kasher ou si c'est exactement le même avec simplement le sceau d'un rabbin en plus, mais en tout cas on peut acheter du Nutella israélien. Enfin bref, sur le même stand j'ai acheté des petits biscuits d'importation italienne (des pasticcini con gocce di cioccolato, vous voyez le genre de petits trucs italiens absolument délicieux), et j'ai été surpris de voir qu'ils étaient eux aussi estampillés kasher. Ils sont d'ailleurs parve, c'est-à-dire sans lait ni viande (si cette subtilité vous semble étrange, voyez ce petit résumé des règles de la kashrut) : l'étiquette apposée par l'autorité rabbinique dit clairement fabrication spécial [sic] sans lait ; mais là où c'est étrange, c'est que les ingrédients finissent par : Peut contenir des traces de fruits à coque et de produits à base de lait. Apparemment pour les allergies c'est au lait, mais pour la loi juive ça ne l'est pas. (Je suppose que l'explication est que la même usine fabrique des produits à base de lait ou quelque chose comme ça. Enfin, je ne sais pas.)

Je ne sais pas pourquoi on ne voit pas plus souvent de produits marqués hallal, en revanche. Sans doute que kasher⇒hallal donc que ceux qui tiennent à suivre ce genre de lois se contenent de cette indication-là. Mais heureusement qu'on n'a pas quarante-deux religions dont une interdirait de manger des oranges, une autre du poulet, encore une des œufs, une quatrième tout mélange entre le sucré et le salé, une cinquième la nourriture qui a été réchauffée puis refroidie, etc.

[#] Désolé, je ne vous fais pas la version Unicode, parce que je n'ai pas pensé à noter comment ça s'écrivait. [Mise à jour (2008-02-24T23:20+0100) : c'est נוטלה.]

(lundi)

Un métro ligne 15 à Paris ?

En tant que fan-dilettante du métro parisien, je suis toujours impressionné par le nombre de sites qui lui sont consacrés, avec des renseignements incroyablement précis. Voyez par exemple cette carte de l'évolution du plan du réseau année par année depuis 1900 : de façon générale, le site MétroPole est vraiment impressionnant pour ce qui est de la description du matériel roulant, et il a d'autres choses rigolotes dessus comme cette image du RER de quand j'étais petit, mais il a le défaut d'être plutôt bordélique. Le site Navily est aussi assez bon, mais je crois que c'est Symbioz qui m'impressionne le plus : par exemple cet article sur les lignes et leur histoire est vraiment excellent.

Une des choses qui retiennent notamment mon attention, c'est cet article sur les lignes bis : j'aime beaucoup ces lignes-jouet que sont les lignes bis (enfin, je les aime surtout, je suppose, parce que je n'ai pas à les prendre ☺), mais il ne serait sans doute pas mauvais de les relier ensemble (comme l'explique cet article et ce schéma), d'autant plus que les voies existent — ce plan, illustrant l'article que je viens de citer (et tiré de la carte dont je parle ci-dessous), le montre très bien — et que cela permettrait de donner vie à la fameuse station Haxo à moitié créée il y a presque 90 ans mais jamais achevée et jamais utilisée. L'idée de joindre ces lignes 3bis et 7bis est prévue dans le schéma directeur de la région Île-de-France adopté en 2007, mais je ne sais pas bien quel gage de sérieux cela donne.

Enfin, évidemment, il y a le mythique plan des voies du métro. Manifestement celui-là a été reconstitué par des enthousiastes, mais je me demande dans quelle mesure on ne pourrait pas obtenir les plans de la RATP elle-même en vertu du droit d'accès aux documents administratifs (sont-ce des documents administratifs ?).

(samedi)

Clinton et Obama sont dans un bateau

Je ne sais pas qui je préfère entre Madame Clinton et Monsieur Obama, mais j'aimerais bien voir un des deux être élu (en tout cas nettement mieux que le républicain même si je n'ai rien contre les frites), et j'ai peur que leur façon de se faire la guerre profite nettement à McCain. J'imagine bien un scénario dans lequel Obama aurait suscité les espoirs de tout un tas d'électeurs jeunes, indécis, indépendants, qui croiront en sa victoire jusqu'au moment où, finalement, Clinton aurait de justesse l'investiture démocrate, et ces électeur, dépités, ne se mobiliseraient pas et feraient gagner le troisième. Or il ne faudrait pas oublier que la différence de politique entre démocrates et républicains est bien réelle (alors que celle entre Clinton et Obama ressemble quand même plus à une différence de forme et de personnes).

Comme d'habitude, si vous voulez une prévision du résultat, le mieux est encore de faire confiance à la magie du libre marché, i.e. aux gens qui placent leur argent dans l'affaire, donc de regarder chez les bookmakers (il faut apprendre à lire le truc, cependant, parce qu'ils donnent des cotes et pas des probabilités : mais si on décode en termes de probabilités, ça ressemble au moment où j'écris à 47% de chances pour Obama, 33% pour McCain et 20% pour Clinton ; si vous pensez que c'est très faux, pariez sur la personne pour laquelle la proba vous semble le plus sous-estimée, vous aurez une espérance de gain positive et vous rendrez les chiffres plus justes ; on peut aussi comparer avec ce tableau-là, sachant que si les chiffres ne collent pas il y a de l'arbitrage à faire entre les deux). La magie de ce système de prévision, c'est que ça intègre tous les sondages, toutes les analyses d'experts, toutes les intuitions personnelles des gens, et l'expérience des élections passées indique que c'est fiable (tant que les analystes ne se mettent pas eux-mêmes à se baser là-dessus, sinon il y aura des bulles spéculatives).

Je me demande dans quelle mesure le résultat serait différent si on demandait aux électeurs de choisir d'abord entre démocrates et républicains puis à l'intérieur du camp en question ; voire les deux simultanément. C'est là un problème qui rend très difficiles les analyses mathématiques de méthodes de scrutin : non seulement il est notoirement impossible en général de tirer des ordres de préférence individuels un ordre de préférence collectif cohérent mais, pour commencer, les gens n'ont même pas un ordre de préférence cohérent à l'échelle individuelle puisqu'il répondent de façon différente selon l'ordre dans lequel on leur demande de faire les choix (ou, en fait, selon un nombre considérable de paramètres impossibles à analyser correctement).

Dans le même genre, quel aurait été le résultat des élections françaises de 2007 (et, avant, de 2002) si les législatives avaient été placées avant la présidentielle ? Ou si les deux avaient eu lieu simultanément ? On ne saura jamais, vraiment, mais je soupçonne que beaucoup de choses auraient été différentes, jusqu'au rôle conçu des les institutions. (Et c'est ce qui est constamment agaçant avec la démocratie : de voir à quel point les électeurs sont irrationnels et inconstants ; mais bon, je dis sans arrêt que la démocratie doit être imaginée comme un moyen — dont le but est de garantir du mieux qu'on puisse les droits individuels — et pas une fin.)

(vendredi)

Pendant ce temps…

Je suis un peu attristé de constater que je ne trouve plus guère le loisir d'écrire dans ce blog que le week-end. En fait, ce n'est pas seulement que je manque de temps : on peut très bien tenir un journal bien vivant en y consacrant peu de temps, pour peu qu'on soit prêt à écrire des entrées brèves — mais j'ai une certaine répugnance à ça, que je ne saurais pas bien expliquer, disons que j'éprouve le besoin d'élaborer ce que j'écris. Peut-être qu'au lieu de tenir un blog je devrais carrément écrire des essais : comme ça j'aurais l'assurance absolue que personne ne les lirait. ☺ L'ennui, en tout cas, c'est que les textes longs (et les essais à plus forte raison), c'est non seulement long à lire mais aussi à écrire (je tape vite, mais que la densité de bêtises que j'écris ne vous fasse pas penser que je réfléchis vite !). Quant aux fragments littéraires gratuits que j'aime écrire — que j'ai soif d'écrire — ils prennent encore plus de temps.

Je peux quand même raconter que j'ai reçu les microfiches de ma thèse : en effet, toutes les thèses françaises sont reproduites à l'Atelier National de Reproduction des Thèses de Grenoble (Université Pierre Mendès-France) ou Lille (Université Charles de Gaulle : on remarquera le choix judicieux des universités qui équilibre les tendances politiques — dans mon cas c'était Grenoble), sous forme de microfiches, pour être ensuite distribué dans un certain nombre de bibliothèques universitaires. Un format un peu obsolète, les microfiches, diront les moqueurs, mais qui résiste apparemment mieux au temps que les formats numériques (par ailleurs, le dépôt électronique sur thèses-en-ligne est aussi presque obligatoire maintenant). Réduction d'un facteur linéaire de 60 environ, ce qui permet de faire tenir 28×18=504 pages A4 sur une petite fiche A6 : du coup, mon mien mémoire ne prend même pas le cinquième de la fiche, c'est assez embarrassant quand on se dit que c'est là le résultat de quatre-cinq ans de travail ! (Certes, sur le disque dur c'est encore plus petit.) Enfin, voilà, j'en ai reçu cinq exemplaires, je me demande bien ce que je peux en faire.

J'ai aussi reçu[#] ce matin un stéthoscope électronique que j'avais commandé (j'ai un léger souffle au cœur que je veux entendre par moi-même, notamment parce qu'il semble qu'il varie un peu ; aussi parce que j'ai parfois l'impression d'avoir des anomalies dans le battement, et je veux pouvoir les enregistrer histoire de faire la part d'hypocondrie et de réalité. A priori il suffit de relier le stéthoscope (qui a une sortie jack) à mon Eee PC et d'enregistrer : naïve idée, cependant, car le diable est dans les détails, et entre les niveaux d'amplification à une demi-douzaine d'endroits et l'Eee PC qui marche carrément mal depuis que je l'ai passé sous Debian (du style le son qui ne marche plus après une mise en veille), l'affaire est loin d'être conclue. Mais le son du stéthoscope lui-même est vraiment excellent.

[#] Avec des droits de douane qui n'ont pour une fois atteint que 35% du prix de la marchandise. D'habitude j'en ai plutôt pour 150%. Ce qui est rigolo avec les frais de douane c'est que c'est complètement aléatoire et arbitraire.

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