David Madore's WebLog: 2003-11

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in November 2003 / Entrées publiées en novembre 2003:

(Sunday) · Premier Quartier

November is over

[Traduction française ci-dessous.] I'm cheating by dating this entry of 2003-11-30 whereas it's actually well passed 39 hours, but anyway. The November section of this 'blog (this entry included) is shorter (in number of bytes or in number of entries) than those of October, September or August, but longer than those of July, June or May. Maybe I shouldn't have been grouping by Gregorian month (but rather by decade, by couple of ISO weeks, or something like that). Whatever: it's too late to change now. On to December!

[French translation of the above.] Je triche en datant cette entrée du 2003-11-30 alors qu'en fait il est bien passé 39 heures, mais bon. La section de novembre de ce 'blog (cette entrée incluse) est plus courte (en nombre d'octets ou en nombre d'entrées) que celles d'octobre, septembre ou août, mais plus longue que celles de juillet, juin ou mai. Peut-être que je n'aurais pas dû grouper par mois grégorien (mais plutôt par décade, par paire de semaines ISO, ou quelque chose comme ça). Quoi qu'il en soit, il est trop tard pour changer maintenant. En avant vers décembre !

(dimanche) · Premier Quartier

Qu'est-ce que le zen ?

J'affirme souvent que je suis adepte zen. Mais en même temps, je suis toujours ennuyé de dire ça (sauf peut-être si la personne en face a lu Gödel, Escher, Bach), parce qu'on ne va pas comprendre de quoi il s'agit et probablement s'en faire une fausse idée. Même si le zen est une branche du bouddhisme (au moins historiquement), je ne me considère vraiment pas comme un bouddhiste ; et le mot « zen » a beau signifier « méditation » (passant du sanskrit « dhyāna » au chinois « chán » finalement au japonais), je ne pratique pas la méditation. Le zen tel que je le conçois n'a rien d'une religion ou d'une obédience (et je ne parlerais pas de « spiritualité » non plus) : à peine peut-on dire que c'est une philosophie. Il n'est pas ce qu'on pourrait appeler « orthodoxe », mais il n'y a rien de plus étranger à l'esprit du zen que la question de l'orthodoxie (déjà mettre un nom dessus est en quelque sorte le priver d'une partie de sa nature, prétendre y mettre des lois ou des règles, ou y honorer des maîtres est encore pire). Le zen tel que je le conçois n'a rien de mystique et est complètement étranger au mumbo-jumbo philosophico-religieux « New Age » ou apparenté. On pourrait déjà dire avec plus de justesse que c'est un état d'esprit : l'association commune de « zen » avec « calme » ou « contemplation » n'est pas fausse, mais il ne faudrait pas non plus oublier de l'associer avec « art », avec « fluidité », avec « humour ».

[Painting]Finalement, je proposerais la définition suivante du zen : « ouverture d'esprit ».

C'est vague, évidemment. Le zen est une attitude, et il n'est pas facile de la décrire. C'est un peu comme essayer d'expliquer l'humour à quelqu'un qui ne sait pas ce que c'est : ça va ressembler à quelque chose d'inutile et d'absurde, de mystique ou de fou, et ce n'est pourtant rien de tout ça et nous le savons. Il en va de même du zen : en parler est vain, ce que je fais à présent est aussi absurde que de tenter de ramasser de l'eau avec une passoire — la seule façon raisonnable est de laisser la passoire dans l'eau. (Ça c'était un exemple, pas fabuleux, certes, d'une image zen.) Vous comprenez l'humour lorsque vous riez d'une plaisanterie ; vous comprendrez le zen lorsque vous serez Éclairé (mais contrairement à d'autres penseurs du zen, je ne pense pas que ce soit difficile d'être Éclairé : c'est juste difficile d'en parler).

J'ai écrit une page Web sur le zen, mais je ne sais pas si elle aidera à comprendre quoi que ce soit. J'en doute. Il y a cependant une chose dont je suis content dans cette page, c'est le tout début : l'illustration la plus frappante que j'aie pu trouver de ce qu'est le zen, à savoir ce merveilleux tableau de René Magritte, L'Empire des lumières (ci-contre), accompagné du dialogue suivant : — Combien de maîtres zen faut-il pour visser une ampoule ? — Le cyprès dans le jardin. (Voyez ici si cette réponse vous semble vraiment obscure et si vous avez besoin d'être, euh, Éclairé.)

Le zen, c'est l'art de dépasser les barrières de l'esprit que nous créons en nous : avec nos mots (qui distinguent le clair de l'obscur, l'arbre de la fleur, et le ciel de la terre), avec notre logique (qui distingue le vrai et le faux), avec notre certitude d'être nous-mêmes et pas celui d'en face, et ainsi de suite. Le zen n'entend pas détruire les mots et la logique, car le zen ne prétend pas s'opposer à quoi que ce soit, il cherche juste à montrer comment passer au-delà de ces barrières. Mais comment raconter tout cela sans sombrer dans le mysticisme ? Voilà justement pourquoi le zen est si fragile et pourquoi nos barrières sont si fortes. Je termine donc par une parabole zen, un kōan :

Un disciple vint voir Maître Gro-Tsen et demanda, Maître, qu'est-ce que le Zen ? Gro-Tsen ne répondit rien, mais montra du doigt la Lune dans le ciel qui jouait à travers les nuages. Le disciple insista : Maître, je ne comprends pas : qu'est-ce que le Zen ? Gro-Tsen ne dit toujours rien, mais tendit une fleur au disciple et lui en fit sentir le parfum enivrant. Le disciple ne se tut pas : Maître, vous ne répondez pas : qu'est-ce que le Zen ? Gro-Tsen prit une clochette et en fit écouter au disciple le tintement cristallin.

Le disciple s'impatienta : Pourquoi, demanda-t-il, ignorez-vous mes questions ? Alors Maître Gro-Tsen répondit : Si je te dis la Lune dans le ciel qui joue à travers les nuages, te fais-je voir la Lune ? Si je te dis la fleur au parfum enivrant, te fais-je sentir la fleur ? Si je te dis la clochette au tintement cristallin, te fais-je entendre la clochette ? Comment pourrais-je te faire savoir ce qu'est le Zen ?

À ce moment-là, le disciple fut Éclairé.

C'est sans doute tout cela, le zen, et bien d'autres choses : la Lune dans le ciel qui joue à travers les nuages, la fleur au parfum enivrant, la clochette au tintement cristallin. Mais, dirait Magritte, ceci n'est pas une pipe.

(dimanche) · Premier Quartier

Yudit

[English translation follows.] J'avais déjà essayé ce petit éditeur, mais c'était il y a longtemps, et j'avais complètement oublié son existence. Un ami vient de me le rappeler à l'esprit. En tant qu'éditeur proprement dit, Yudit est assez minable, mais il a quelque chose qu'à peu près aucun autre n'a : un support considérable pour Unicode, et là je n'en connais pas d'aussi bon, donc je tiens à propager l'information.

[Traduction anglaise de ci-dessus.] I had aleady tried this little editor, but it was a long time ago, and I had completely forgotten its existence. A friend just reminded it to me. As an editor proper, Yudit is rather bad, but it has something that almost no other editor has: extensive Unicode support, and since I know nothing better, I wish to pass on the information.

(dimanche) · Premier Quartier

Festival : la fin

J'ai passé mon après-midi au Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris, comme je l'avais décidé. Un parfum nommé Saïd (à 14h15) était franchement mauvais : une sorte de souvenir de vacances interminable sur fond d'une aventure du réalisateur qui n'avait rien d'intéressante et qui ne donnait de beau rôle ni à lui ni à son amourette ; à part pour dire « le Maroc c'est beau, allez-y », ça n'avait aucun intérêt. Frisk (à 18h30) était moins mauvais, mais quand même un peu vide (comme beaucoup de films qui croient que faire trash suffit à remplir — néanmoins j'ai vu largement pire). En revanche, ce qui m'a vraiment emballé, c'était les courts métrages (à 16h30). Notamment deux films français : Far West (que j'avais déjà vu, cependant), et surtout Le Cas d'O d'Olivier Ciappa (un petit thriller comique, dont le rapport avec l'homosexualité était un peu distant, mais absolument excellent dans l'ensemble, et puis Orient est incroyablement beau gosse — dommage que l'acteur, qui était présent, ait précisé qu'il était hétéro) ; et deux films nord-américains, Straight in the Face et Target Audience, tous deux absolument hilarants ; j'ai aussi bien aimé Œdipe N+1, et Avant j'étais triste de Jean-Gabriel Périot. Bref, quasiment tout ce qui était là était entre très bon et absolument excellent (seul un tout petit métrage de cinq minutes m'a déplu, une animation de dessins de Tom de Pékin). Vraisemblablement certains de ces courts métrages sortiront dans la collection Courts mais gays (c'était déjà le cas de Far West et il est certain que ce Le Cas d'O viendra, puisque c'est Antiprod qui produisait), et je ne manquerai pas de les acheter.

(samedi)

La Ville dont le prince est un enfant

J'avais entendu parler de La Ville dont le prince est un enfant, téléfilm tiré de l'œuvre du même nom de Montherlant : comme je suis tombé, l'autre jour, sur le DVD à la Fnac, je l'ai acheté (d'accord, j'avoue avoir un petit faible pour Naël Marandin), et je viens de le regarder. C'est un très beau film : même si la mise en scène laisse un peu à désirer (notamment à la fin, qui m'a semblée un peu… étirée), les acteurs sont convaincants et l'argument est à la fois très pudique et très fort. Bref, j'ai beaucoup aimé.

(« Marandin », c'est le même nom de famille que mon prof de français en cinquième, Jean-Patrice (ou Jean-Patrick ?) de son prénom, que j'admirais passionnément. Je me demande s'il y a un lien de parenté.)

(vendredi)

Comment me faire devenir fou

Une façon simple de me faire devenir fou consiste à me poser une question de maths qui a l'air suffisamment simple et jolie pour que j'aie absolument envie de la résoudre, et qui soit suffisamment non-triviale pour que j'y passe un temps incroyable.

En l'occurrence, quelqu'un a demandé :

Trouver une surface dans l'espace à quatre dimensions qui ne contienne aucune courbe plane.

(Dans la question de départ, il s'agissait de trouver une surface dans l'espace affine réel de dimension quatre ne contenant aucune courbe plane — réelle. Ça j'y ai répondu assez vite. Mais comme je suis géomètre algébriste, je me suis forcément demandé si je pouvais trouver une surface — algébrique lisse — dans l'espace projectif de dimension quatre sur un corps algébriquement clos ne contenant aucune courbe plane. Et là, pour expliciter un exemple, pfiou…)

(vendredi)

Intolerable Cruelty

Je viens de voir Intolerable Cruelty (sur un coup de tête : je ne comptais initialement pas aller au cinéma ce soir). C'est vraiment excellent ! Peut-être par moments un peu excessif dans le délire (notamment la représentation de l'avocat doyen, Herb Myerson, qui semble sorti des plus grotesques imaginations de Fluide Glacial), mais dans l'ensemble tout à fait conforme au génie des frères Coen. Des répliques extrêmement percutantes, ou carrément hilarantes, et notamment une utilisation délicieuse de vers shakespeariens. Une attention très poussée aux petits détails succulents et aux décors très soignés. Évidemment, la vision romantique de l'amour en prend un coup. Et pendant tout le film (comme dans The Big Lebowski), on se demande qui who is nailing whose ass. George Clooney (qui m'insupporte normalement) s'en sort très bien en s'auto-caricaturant un peu ; Catherine Zeta-Jones est absolument remarquable.

(jeudi) · Thanksgiving (États-Unis)

Sur l'origine de l'homosexualité

“But he [Leto II] says that the male army was a survival of the screening function delegated to the nonbreeding males in the prehistoric pack. He says it was a curiously consistent fact that it was always the older males who sent the younger males into battle.”

“What does that mean, screening function?”

“The ones who were always out on the dangerous perimeter protecting the core of breeding males, females and the young. The ones who first encountered the predator.”

[…]

“I don't find this a curious theory.”

“You have not heard all of it.”

“There's more?”

“Oh, yes. He says that the all-male army has a strong tendency toward homosexual activities.”

Idaho glared across the table at Moneo. “I never…”

“Of course not. He is speaking about sublimation, about deflected energies and all the rest of it.”

“The rest of what?” Idaho was prickly with anger at what he saw as an attack on his male self-image.

“Adolescent attitudes, just boys together, jokes designed purely to cause pain, loyalty only to your pack-mates… things of that nature.” […] Moneo nodded. “The homosexual, latent or otherwise, who maintains that condition for reasons which could be called purely psychological, tends to indulge in pain-causing behavior—seeking it for himself and inflicting it upon others. Lord Leto says this goes back to the testing behavior in the prehistoric pack.”

(Frank Herbert, God Emperor of Dune)

C'est une théorie remarquable et relativement provocatrice : en clair, l'homosexualité masculine se maintiendrait parce qu'elle aurait une fonction dans la structure sociale de la cellule préhistorique humaine voire pré-humaine (je ne sais pas comment traduire pack : meute ? tribu ? groupe ?), fonction qui devient ensuite l'institution de l'armée, à savoir protéger le centre (« civil ») de la meute, où se trouvent les mâles reproducteurs et les femelles, et défléchir les impulsions sexuelles des (jeunes) mâles non-reproducteurs/gardiens les uns sur les autres.

Théorie évidemment trop simpliste pour être vraie, et en même temps trop jolie (en tout cas c'est mon avis) pour être fausse. Et qui est surtout pleine d'ironie puisqu'on a d'un côté un certain nombre d'armées dans le monde qui continuent à refuser les homosexuel(le)s dans leurs rangs (pourquoi ? je crois que personne n'en a la moindre idée) et d'un autre côté un fantasme homo clairement identifié au sujet de l'armée. Maintenant, je me demande où Herbert est allé chercher tout ça : s'il l'a inventé lui-même, c'est quand même assez impressionnant ; s'il l'a trouvé ailleurs, je voudrais bien savoir où (j'ai le vague souvenir d'avoir croisé la même théorie ailleurs, mais je suis incapable de me rappeler quand ou comment).

Bon, et comme je suis en verve, je vous offre même deux théories fumeuses pour le prix d'une. Voici la seconde (pas incompatible avec la première), que je paraphrase parce que ce sont des mèmes orphelins : je ne sais plus du tout d'où je sors ça ; elle dit ce qui suit. Tous les hommes (la théorie ne parle pas du tout des femmes) sont homosexuels latents : cela fait partie du fonctionnement général et normal de l'émotivité humaine ; seulement, un mécanisme (neurochimique ou psychique) intervient, à un niveau différent, pour défléchir le désir homosexuel en désir hétérosexuel, de façon à faire écran à ce dernier ; ce mécanisme de reconversion soit n'est pas activé (pour une raison non précisée) chez certains individus (qui sont alors homosexuels) soit ne fait pas écran au désir homosexuel chez d'autres (qui sont alors bisexuels) soit s'efface de façon temporaire (homosexualité de circonstance, par exemple lorsque les femmes sont trop peu nombreuses dans le milieu) soit enfin n'apparaît qu'un peu tardivement (périodes d'interrogation pendant l'adolescence, et homosexualité transitoire). Reste à justifier pourquoi on proposerait cette explication bizarre de « reconversion » d'un désir homosexuel en désir hétérosexuel. Premièrement, il est fort douteux que le désir homosexuel et hétérosexuel procèdent de deux phénomènes différents (ne serait-ce que parce qu'ils présentent des similitudes symptomatiques incontestables ; et aussi pour de simples raisons numériques, car si les phénomènes étaient indépendants, le rapport de la proportion de bis sur celle d'homos serait sensiblement égale à celle d'hétéros sur le nombre de personnes n'éprouvant aucun désir sexuel, et apparemment ce n'est pas du tout le cas, puisque la première proportion est de l'ordre de grandeur de 1 tandis que la seconde est très élevée). Deuxièmement, une fois qu'on admet que les deux désirs sont apparentés, il est difficile d'expliquer pourquoi le désir homosexuel apparaîtrait autrement qu'en supposant que c'est le cas de base (car il est plus facile d'expliquer qu'un phénomène — en l'occurrence la reconversion — est normal et est parfois absent, que d'expliquer un phénomène rare sans raison apparente).

On ne peut que finir sur cette fameuse phrase (probablement apocryphe) de Niels Bohr :

Your theory is crazy, but it's not crazy enough to be true.

(jeudi) · Thanksgiving (États-Unis)

Extrait de conversation

A
Ainsi, C. nous cacherait des choses ?
B
Oui, son intelligence, par exemple.
C
J'ai au moins l'intelligence de ne pas te répondre, B.
A
Perdu.

(mercredi) · Fin du Ramadan

Les mèmes insaisissables

Fréquemment je me pense à quelque chose et je me dis tiens, c'est une idée qui pourrait faire une bonne entrée dans mon 'blog, ça. Et évidemment, le temps que j'arrive devant mon ordinateur et que je décide d'écrire vraiment une entrée, j'ai oublié toutes ces bonnes idées qui m'étaient venues. (Ça vaut aussi, d'ailleurs, pour mon journal mathématique.) Vous direz, j'ai trouvé de quoi écrire au moins une chose par jour depuis le 2003-05-01 — et en fait plus que ça puisque cette entrée est la 366e en nettement moins d'un an. Néanmoins, j'ai souvent l'impression de faire du remplissage (là, par exemple 😉) faute d'être capable de remettre la main sur un mème qui m'était passé par la tête quelques heures ou jours plus tôt.

Peut-être me faudrait-il un PDA (genre Palm) en plus d'un secrétaire ? Pour pouvoir noter une idée fugace, c'est peut-être pratique. Qu'y a-t-il comme trucs de ce genre pas trop chers et qu'on peut synchroniser commodément avec un PC sous Linux ? (Bon, de toute façon c'est un peu rhétorique, comme question : déjà je n'arrive pas à me bouger le c** pour me racheter un téléphone mobile, pour le PDA ce n'est pas bien parti.)

(mardi)

Comme un mardi…

J'ai dormi à peu près deux heures la nuit dernière. Je commence à trouver lassant ce rythme haché où je fais des nuits de douze heures et plus et d'autres de quatre heures et moins. C'est vraiment n'importe quoi.

Cette fois-ci je n'ai pas été trop mauvais en TD (malgré le manque de sommeil). Je leur ai fait démontrer, avec plein de questions intermédiaires, le théorème de Darboux (les fonctions dérivées possèdent la propriété des valeurs intermédiaires), qui leur est malheureusement passé quelques années-lumière au-dessus la tête (enfin, au moins ç'aura été l'occasion de rappeler qu'une fonction dérivable est toujours continue mais pas forcément une fonction dérivée). Mais en pratique ça leur fait appliquer la définition de la dérivée, le théorème des valeurs intermédiaires et le théorème des accroissements finis — pile leur programme du moment — donc ce n'est pas trop mal. Hélas, appliquer deux théorèmes de suite, c'est le signal pour eux de décrocher. Enfin bon, on fait ce qu'on peut.

J'ai aussi corrigé leurs devoirs maison d'il y a longtemps (que j'aurais déjà dû rendre depuis un moment). Ce n'est pas trop mauvais, cette fois, mais il y a beaucoup trop de gens qui pour encadrer x²−x connaissant un encadrement de x, encadrent x² puis soustraient tout simplement les bornes de l'encadrement de x sans prendre soin de les échanger. Hélas !

Quant à mes propres calculs, ils ne marchent pas fort. En fait, je ne sais plus vraiment où je vais. J'aligne les équations ayant depuis longtemps perdu l'intuition géométrique de la situation et sans être trop sûr de ne pas oublier des morceaux en route.

Mais bon, là, je vais oublier tout ça et me coucher.

(lundi)

Paris insolite

Je trouve qu'il faudrait monter un site Web sur le Paris insolite. Je veux dire un site Web qui recenserait assez systématiquement, par quartier et par type, toutes sortes de petites curiosités de Paris, des choses amusantes qu'on peut remarquer en flânant et qui méritent d'être signalées. Entre autres choses, il serait amusant de faire le recensement des fontaines Wallace, des Space Invaders (et des pochoirs de Miss Tic), des points de visibilité de la petite ceinture, des traces du cours de la Bièvre, des œuvres d'art urbain, etc. On trouve toutes ces informations de façon éparpillée, notamment dans certains livres ou sites Web (Paris Pas Pris a l'air amusant), mais rien de très complet ou même modérément systématique, à ce que je sache. Évidemment, aucune personne seule ne pourrait arriver à compiler quoi que ce soit de vraiment important, mais si on monte un site Web en Wiki (de sorte que la contribution soit ouverte) cela pourrait marcher.

(lundi)

TODO

Parfois je me dis qu'il faudrait vraiment que j'engage un secrétaire. Pour cette semaine :

Administratif : faire mon inscription en fac (écrire un rapport d'avancement des travaux, le faire signer par mon directeur de thèse, le directeur du département, le directeur de l'école doctorale et le délégué aux thèses du laboratoire, puis compléter le dossier administratif) ; date limite 2003-12-10. Prendre possession de mon coin de bureau à la fac d'Orsay. Préparer mon voyage à Rennes (ordre de mission, tout ça).

Mathématique : continuer d'éclater mon modèle cubique dans tous les sens… Poser ultimes questions à J.-L. C.-T. avant son départ. Moins important : regarder dans le Kechris concernant les sommes de boréliens.

Enseignement : corriger les devoirs nº2 !!! Préparer la prochaine interro. Essayer de traiter le théorème de Darboux en exercice prolongé ?

Emails : actuellement 70 mails en attente de réponse (parfois urgente) — faire le tri, supprimer ou répondre.

Relationnel : trouver un moment prochainement pour dîner avec A.M. ; avec S.L. ; avec M.L. Fixer rendez-vous avec É.B.

Divers : commander des lentilles de contact. Me procurer un nouveau téléphone mobile (faire une étude de marché avant…).

Loisirs : acheter les billets pour différentes séances au festival de films gays et lesbiens ; trouver éventuellement des gens pour m'y accompagner.

En général : faire une n-ième tentative pour m'habituer à me lever plus tôt.

Sur l'agenda : organiser la mi-décembre, qui va être très chargée.

Aïe, aïe, aïe. J'ai un peu le sentiment de me noyer, là.

(dimanche) · Nouvelle Lune

The Politics of Fur

Je suis allé au festival de films gays et lesbiens avec Nicolas et sa copine Muriel (ben oui, il y a même des hétéros qui vont faire un tour à ce festival, la preuve). Nous avons vu The Politics of Fur, un film à très très petit budget mais qui m'a tout de même bien plu. Plus exactement : je l'ai beaucoup aimé en tant que comédie (avec une ironie parfois féroce contre certains types sociaux) ; en revance, il semble que la réalisatrice (qui était présente pour répondre à quelques questions) a voulu faire aussi du mélodrame, et là je trouvais que ça tombait complètement à plat (mais sans gâcher l'ensemble, parce que le mélodrame se lisait très bien lui-même au second degré) : bref, elle n'a pas vraiment compris le film ☺. C'est bien aussi parce que c'est un film à la fois lesbien (surtout) et gay (aussi, quand même). Les acteurs ne sont pas trop mauvais pour un aussi petit budget, et même si l'ensemble est un peu théâtral (presque tout dans le même lieu, notamment), je trouve que ça donne un résultat plutôt bon. Si cette description vous donne envie de le voir, il repasse samedi — le 29 — à 22h30 (en salle 300 du forum des images).

J'irai peut-être voir Frisk (soit jeudi soir soit dimanche soir) et peut-être Tandil Forever aussi, et en tout cas certainement Un parfum nommé Saïd et les courts-métrages gays, dimanche après-midi.

(samedi)

Moi content

Ah, une grande promenade dans Paris en très agréable compagnie, quoi de plus plaisant ?

(samedi)

sur les surfaces cubiques

Mon exposé ne s'est pas trop mal passé : Gabber n'a pas fait d'objection (mais en fait je crois que c'est parce qu'il ne s'est pas du tout intéressé à ce que je racontais) ; Swinnerton-Dyer a dormi (ou quasiment) pendant une bonne partie du séminaire, mais il a fait ça aux autres exposés avant moi, donc je ne me sens pas particulièrement vexé. Je me suis un peu noyé dans les notations, et j'ai dû suivre mes notes de très près, ce qui n'est jamais bon (j'avais été nettement meilleur à Besançon), je ne sais pas à quel point ce que je racontais était compréhensible, du coup.

En revanche, ce dont je suis content, c'est d'avoir très bien tenu le temps : j'ai commencé à 11h pile, j'avais une heure, et j'ai terminé à 12h00 ; et ça c'est bien, parce que je n'arrête pas de m'énerver des conférenciers qui sont incapables de s'adapter au passage du temps (notamment, je trouve très pénibles les gens qui, voyant qu'il est l'heure à laquelle ils auraient dû finir, déclarent il ne me reste que cinq minutes, et, cinq minutes plus tard, répètent la même chose, et encore cinq minutes plus tard demandent à l'organisateur s'ils peuvent prendre encore cinq-dix minutes). Je suis régulièrement en retard à mes rendez-vous, mais au moins quand je parle (que ce soit pour un TD en DEUG ou pour un séminaire), j'arrive à tenir le temps qui m'est demandé (un peu de la même façon que, quand j'étais au lycée et que je faisais l'exercice de résumer un texte en n mots, je mettais toujours le nombre exact de mots demandé, jamais un de plus ou de moins, même si une marge de 5% ou 10% était permise : il est absurde de penser qu'il soit plus facile de résumer en 220 mots qu'en 200, alors, si on en demande 200, autant en mettre 200).

Le texte de mon exposé est disponible, et je refais exactement le même le 11 décembre à Rennes.

(vendredi)

Approximation faible…

Approximation faible aux places de bonne réduction sur les surfaces cubiques sur les corps de fonctions, c'est le titre de l'exposé que je donne demain. J'avais déjà mentionné ce travail dans ce 'blog, au moment où j'avais fini la démonstration (il m'avait encore fallu un mois ou deux pour la mettre complètement en forme, cependant, parce que les détails sont fastidieux). Il n'a rien de remarquable, il faut bien le dire : c'est un cas nettement plus simple qu'un résultat analogue de Sir Peter Swinnerton-Dyer, mais sur les corps de nombres (qui sont beaucoup plus difficiles à traiter que les corps de fonctions), et je n'ai fait, en gros, qu'adapter ses méthodes en les simplifiant pour le cas que je traitais.

Mais bon, il faut encore que je révise un peu tout ça, pour ne pas dire d'ânerie en l'exposant (d'autant plus que Swinnerton-Dyer sera dans l'assistance…). Ce qui m'inquiète notamment c'est qu'en ayant trop voulu simplifier j'aie fait une erreur de logique quelque part (certes, mon directeur de thèse a relu l'article, mais les erreurs sont parfois insidieuses) ; pour cela, cet exposé au séminaire Variétés rationnelles sera un bon test, parce qu'il y aura aussi Ofer Gabber, qui est absolument redoutable quand il s'agit de trouver des erreurs dans les exposés (déjà deux résultats ont été « démolis » lors de séances passées de ce séminaire, par les soins de Gabber).

(jeudi)

Les parfums

Il y a quelques jours, j'évoquais la mémoire auditive (musicale, plus spécifiquement), qui est parfois si insaisissable quand il s'agit de remettre un nom sur un air. Mais encore plus insaisissable est la mémoire olfactive. Avez-vous déjà joué à reconnaître des odeurs (censément familières) à partir de petits pots blancs portant pour toute étiquette un numéro ? C'est à en devenir fou : je me rappelle avoir fait ce test plusieurs fois (dans des musées de sciences ou des choses de ce genre) et à chaque fois m'être cogné la tête contre les murs en lisant les réponses (la vanille ? comment ai-je pu ne pas reconnaître ça !).

Il y a pour commencer un manque de description. La musique, au moins, a une notation précise : personnellement, elle me parle très peu (j'arrive à suivre une partition en écoutant la musique, mais si je lis simplement la partition sans rien entendre, c'est du chinois pour moi et je serais incapable d'y reconnaître un air triste ou un air joyeux, et c'est à peine si je discernerais un temps de valse), mais je sais qu'il y en a pour qui elle est parfaitement limpide. Les odeurs, elles, n'ont rien de tel. J'ai lu quelque part (je ne sais pas quelle confiance il faut accorder à cette affirmation) qu'il y a sept « odeurs primaires » comme il y a trois « couleurs primaires » (c'est-à-dire trois types de récepteurs de couleurs, voir ma page à ce sujet pour plus de précisions) : camphre, musc, fleur, menthol, éther, odeurs piquantes et odeurs putrides (bien sûr, si c'est comme pour les couleurs, il ne faut pas attribuer à ces récepteurs élémentaires une odeur bien précise, de même qu'il est faux de dire qu'il y a des cônes rouges, des cônes verts et des cônes bleus : chaque odeur doit stimuler un peu des septs types de récepteurs, et évidemment il n'y a pas d'odeur « fleur » unique, chaque fleur se distinguant des autres par les stimulations de tous les récepteurs), les cinq premiers étant sensibles à la forme stérique de la molécule et les deux derniers à ses propriétés électriques (en gros, son moment dipolaire et son électronégativité ou quelque chose de ce genre). Si ce modèle est juste, il faudrait définir un espace à sept dimension des odeurs de même qu'on en définit un à trois dimensions pour les couleurs ; et encore, peut-être ce modèle est-il très simplifié et la réalité est-elle bien plus complexe. On a des moyens d'analyser scientifiquement et objectivement un son (dessiner sa courbe, faire son analyse de Fourier), une couleur (filtrer son spectre avec les courbes de sensibilité des trois récepteurs rétiniens), mais pas vraiment une odeur (on peut faire une analyse chimique, mais cela ne dira pas forcément ce que « ça sent » : par exemple, qui pourrait expliquer pourquoi l'éthanoate de pentyle a une odeur de poire et l'éthanal une odeur de pomme ? peut-être simplement parce que ces fruits contiennent ces produits — mais probablement plutôt pour des raisons bien plus subtiles). Bref, rien de plus élusif qu'une odeur.

Pourtant, le multimédia ne sera vraiment multimédia que lorsqu'on pourra faire des pages Web en odorama. C'est une blague classique, mais je suis à moitié sérieux en disant ça.

Que dire des parfums ? (Je veux dire, ceux qu'on met sur soi, pas les odeurs en général.) Souvent, dans un lieu public, je croise une odeur familière : impossible de me rappeler qui portait ce parfum, encore moins quel en est le nom (généralement je ne l'ai jamais su), mais il subsiste en moi une impression, agréable ou pas, en partie liée à l'odeur elle-même et en partie à me souvenirs subconscients qui y sont liés. Je n'ose pas demander aux gens le nom de leur eau de toilette. Personnellement, je porte soit du Team Force d'Adidas soit du Crave de Calvin Klein (d'accord, ça ç'a été choisi en bonne partie à cause du modèle, Travis Fimmel ☺, mais j'aime bien l'odeur), selon mon humeur. Reste que je serais complètement incapable de décrire ces odeurs (de façon complètement arbitraire et pipo j'ai envie de qualifier la première de plutôt salée et la seconde de plutôt sucrée, mais c'est vraiment n'importe quoi). Les pubs pour les parfums, évidemment, ne peuvent pas montrer l'odeur, et doivent rester dans le non-informatif complet, avec des vagues associations d'idée dans une atmosphère onirique : reste que les associations d'idées que nous faisons sur une odeur de parfum sont sans doute plus liées aux personnes que nous avons connues portant ce parfum qu'aux « concepts » que le nez qui l'a créé a pu vouloir mettre dedans — du moins je pense.

L'odeur du pouss'mousse (de Palmolive) au lait d'amande (qui n'est pas exactement l'odeur du lait d'amande lui-même, c'est pourquoi je précise que je parle bien du savon liquide ; d'ailleurs, de façon générale, je n'aime pas trop l'odeur d'amande) me rappelle irrésistiblement le garçon (Laurent T.) dont j'ai été éperdument amoureux en 2001. Je n'ai aucune idée de pourquoi : je ne pense pas qu'il se parfumait au Palmolive pouss'mousse au lait d'amande, et je ne pense de toute façon pas que je n'avais jamais rencontré cette odeur avant. Quoi qu'il en soit, elle reste associée à lui dans mon souvenir (et ce n'est pas forcément désagréable). L'odeur de fleur d'oranger est associée à quelque chose de très vague mais de très fort en moi, je n'arrive pas bien à savoir quoi. Dans mon roman La Larme du Destin (au chapitre 20) j'ai écrit cette phrase à laquelle, rétrospectivement, je trouve un côté « impressionniste » intéressant : Et le Magicien Blanc disparut soudainement, ne laissant derrière lui qu'une vague odeur de fleur d'oranger fanée et un souvenir de cheveux blancs.

Question subsidiaire : qui a été le premier à parler des cinq sens ? On pourrait dire que c'est une évidence, il suffit de compter, mais en fait ce n'est pas évident de délimiter ces cinq sens exactement : par exemple, on peut regrouper l'odorat et le goût en un seul sens, vu à quel point ils sont liés ; on peut distinguer le toucher de la sensation de chaleur, par exemple ; on peut rajouter le sens de l'équilibre, la proprioception (sensation de la position relative des membres, notamment), ou encore les sens internes. Bref, la liste « canonique », vue, ouïe, toucher, odorat, goût, est assez arbitraire quand on y pense. Quelqu'un a bien dû être le premier à l'établir : qui donc ?

(jeudi)

Et si je me levais ?

— Et si je me levais ?

— Mais il n'est que 13h !

— Raison de plus.

(mercredi)

Et si je me couchais ?

— Et si je me couchais ?

— Mais il n'est que 21h30 !

— Raison de plus.

(mardi)

Mauvais TD

J'ai été très mauvais en TD aujourd'hui. D'abord j'avais oublié mon poly chez moi en partant (heureusement j'ai pu en récupérer un au secrétariat avant la séance, ça m'a évité de devoir en emprunter un à un étudiant), ensuite je n'avais pas oublié que le poly, mais aussi les sujets des devoirs maison que je devais leur distribuer et les copies des devoirs précédents que je comptais corriger dans l'après-midi (et je n'allais pas faire un aller-retour Paris supplémentaire pour les rechercher, vu que je couche à Orsay ce soir pour pouvoir être sur place à 8h30 demain). En corrigeant un exercice au tableau j'ai oublié la question finale (peut-être la plus importante), et, évidemment, personne ne me l'a signalé. J'ai aussi oublié de faire un certain nombre de remarques que je devais faire en début de séance sur les entretiens individuels de jeudi. Bref, je ne suis pas spécialement fier de moi. Ceci dit, je crois que ne doit pas non plus être fier de lui l'étudiant qui a eu besoin de presque une demi-heure de maïeutique pour réussir à m'écrire correctement la condition exprimant le fait que la tangente en (x, f(x)) au graphe de f passe par le point (z, 0).

Bon, espérons que demain ça ira mieux : j'ai deux TD, maths et projet professionel.

Et pendant ce temps-là j'écris des idioties sans intérêt dans mon journal mathématique mais ma thèse n'avance pas pas plus que la préparation de mon exposé de samedi au séminaire Variétés rationnelles.

(lundi) · Dernier Quartier

De l'art de croiser le regard des gens dans la rue

Strangers in the night, exchanging glances…

Je suis incontestablement mateur : quand je croise quelqu'un dans la rue que je trouve beau garçon, je ne me prive pas de le regarder longuement ; et quand il est vraiment très mignon, je m'arrête pour l'observer passer et je me retourne pour le voir s'éloigner. Je ne sais pas à quel point c'est commun : j'ai l'impression que plein de gens m'ont dit faire de même, mais je n'ai quasiment jamais, en public, vu quelqu'un se retourner sur le passage d'un autre, ou le dévisager avec une insistance excessive — peut-être que c'est plus discret qu'il ne semble quand on le fait soi-même.

Je ne sais pas si on doit considérer que c'est incorrect de faire ça. Je comprends qu'il doit être pénible, pour quelqu'un de très beau, d'être harcelé du regard (surtout une jolie fille, parce qu'il y a quand même plus de garçons hétéros mateurs lourds, je pense ; mais je me rappelle une fois à >Dégel! les commentaires in petto ou la façon de regarder un nouveau un peu plus mignon que d'habitude m'ont semblé assez pénibles — OK, j'étais surtout jaloux, sûrement). Bon, j'essaie que mon regard ne soit pas du tout agressif. (Une fois une espèce de racaille-wannabe m'a plus ou moins pris à parti parce que je l'avais regardé avec peut-être un peu trop de fixité. Mais je crois qu'il était vraiment parano.)

Forcément, une fois sur cent (ou quelque chose de cet ordre-là), je trouve qu'on me rend mon regard. Comme ce soir même (2003-11-17T19:50+0100), rue Vandrezanne (au niveau de l'angle que fait cette rue, pour être précis) : je réfléchissais à un problème de maths, donc j'étais un peu distrait et c'est presque inconsciemment que j'ai suivi du regard un beau blond (un tout petit peu grunge sur les bords), et je devais sourire en même temps (chose que je fais très mal consciemment : ce n'est que quand je suis distrait que j'arrive à faire des beaux sourires). Et là je me rends compte qu'il me regarde aussi fixement. Alors j'élargis mon sourire, je passe, et je me retourne trois mètres plus loin pour savoir si j'ai rêvé ou s'il m'a bien regardé, et, de fait, il s'était arrêté et me souriait à son tour. Bon, la question à cent zorkmids : c'est quoi l'étape suivante ? Je suis censé faire quoi, revenir sur mes pas et lui adresser la parole ? (Beau temps, n'est-ce pas ? — ou peut-être Salut, moi c'est David, j'aime bien regarder passer les beaux garçons, et toi ?) Enfin bref, je ne l'ai pas fait, comme d'habitude ; autrefois je me serais lamenté d'avoir laissé passer une occasion (il n'est pas impossible que ce soit le même mec qu'il y a vingt-huit mois, d'ailleurs), mais maintenant je suis plutôt philosophe, et globalement je trouve que c'est un bon signe si des garçons, fût-ce exceptionnellement, se retournent sur mon passage (si ça s'est déjà produit, ça se reproduira bien un jour…).

(lundi) · Dernier Quartier

Farniente

Je crois que je peux considérer que je ne suis plus malade, mais j'ai attrapé le virus du farniente (enfin, il ne m'a jamais quitté, mais il s'est réactivé). J'ai dormi entre 10 et 12 heures par nuit pendant chacun des quelques derniers jours, et je n'ai pas fait beaucoup plus pendant la journée. Évidemment, j'ai plein de choses ultra-ultra-urgentes à faire, ou d'autres, sans qu'elles soient spécialement urgentes, qui traînent depuis une éternité, et qu'il faut bien que je me décide un jour à liquider (genre, des copies de devoirs qu'il faut bien que je rende un jour ou un autre). Et samedi (le 22), je fais un exposé (dans le cadre du séminaire Variétés rationnelles) qu'il faut bien que je me décide à préparer. En tout cas, aujourd'hui, je me suis levé à 14h (soit un peu plus de 12h après m'être couché), et je n'ai pour l'instant rien fait du tout — mais vraiment rien du tout.

Comment est-ce que je peux raconter ma vie dans ce 'blog s'il n'y a rien à raconter ? ☹

(dimanche)

Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris

Le Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris revient pour la 9e fois, du samedi 22 novembre au dimanche 30 novembre 2003. Pour moi ce sera la cinquième saison que j'irai (si ma mémoire est bonne…), et je suis très attaché à ce festival. Notamment j'aime beaucoup leurs séances de courts métrages (même si, évidemment, il y a du bon et du moins bon).

(dimanche)

Sibelius et la mémoire

Lorsque j'ai un air de musique qui me trotte dans la tête, il m'est absolument insupportable de ne pas arriver à en retrouver l'origine. J'ai failli devenir fou, par le passé, parce que j'avais un air qui me revenait obstinément à l'esprit, que je savais que je le connaissais, et que je n'arrivais pas à mettre un nom dessus. Par exemple, pendant plusieurs mois j'ai eu le thème principal — très caractéristique — du 2e mouvement (Allegro moderato) de Finlandia de Sibelius qui me passait régulièrement dans les oreilles. Finalement, quand j'ai réussi à remettre un nom dessus, complètement par chance, ç'a été une révélation ; ce n'est pas que je sois spécialement fan de Sibelius, ou de Finlandia, ou de cet air en particulier, mais à force de le chanter pour essayer de me remémorer son origine, il était devenu obsédant ; je ne sais pas comment il m'était revenu à l'esprit, vu que je n'avais pas écouté Finlandia depuis une éternité, mais c'est justement ce qui rendait l'identification très difficile.

Ça m'arrive aussi pour des citations littéraires, par exemple, ou pour un nom que je n'arrive plus à relier à quoi que ce soit (j'ai le souvenir aussi d'avoir longtemps cherché qui pouvait bien être Morris Fuller Benton avant d'arriver à me rappeler que c'était le créateur de la police Century). Mais pour tout ça j'ai un outil génial : Google. Malheureusement, si Google est parfait pour retrouver la source d'une citation ou la signification d'un nom, on n'a rien de semblable pour un air de musique.

L'autre soir ma mère m'a parlé d'un cas semblable où elle avait entendu à la radio un air célèbre qui lui trottait depuis longtemps dans la tête et qu'elle trouvait très beau, un air qui était (ou avait été) le générique d'une émission de télé. L'ennui c'est qu'elle n'arrivait déjà plus à se rappeler ni quel était cet air, ni de quel morceau il était tiré, ni quel était le compositeur, ni quelle était l'émission. Et là, chercher à retrouver un air inconnu d'un compositeur inconnu, extrait d'un morceau inconnu, ayant servi de générique à une émission inconnue, c'était mal parti. Cependant, quand je lui ai parlé de mon cas avec Finlandia, il lui a semblé que son morceau était justement de Sibelius, et par ailleurs, c'était un air joué au violon. D'autre part, en y réfléchissant, elle s'est souvenu que l'émission était Océaniques (sur Arte). Je me suis donc acheté le CD du concerto pour violon (en ré mineur opus 47) de Sibelius, et je viens seulement de l'écouter. Et dès les premières notes du premier mouvement j'ai immédiatement su que c'était bien à ça que ma mère avait pensé, parce que (même si je ne sais même plus de quoi Océaniques pouvait bien parler) mon neurone a imméditement fait la connexion avec l'émission. C'est d'ailleurs un très beau morceau que ce concerto pour violon de Sibelius ; je suis sûr de l'avoir déjà entendu (outre le générique dont j'ai parlé), probablement plusieurs fois, mais je ne sais plus quand et comment : je suis content de pouvoir mettre clairement un nom dessus.

Dans le genre recherche désespérée, je crois que le pire a été le jour où je cherchais à me rappeler le nom et l'auteur d'un livre dont je ne savais rien du sujet parce que je ne l'avais pas lu. Les seules choses que j'arrivais à me rappeler étaient d'une part que le livre contenait en un endroit une citation particulièrement célèbre (mais je ne savais plus quoi ni à quel sujet) et d'autre part qu'il avait un très vague rapport avec une Licorne. Ça n'a vraiment pas été facile de secouer les mèmes jusqu'à tout retrouver, et pourtant : le livre en question, c'est The Silver Stallion de James Branch Cabell (le rapport avec la licorne étant que celle-ci sert d'illustration sur la couverture) et la citation c'est : The optimist proclaims that we live in the best of all possible worlds; and the pessimist fears this is true.

(samedi)

Coupure de courant

[Executive summary in English of what follows: because of planned demolition works, there was a power outage at the ENS that lasted all day, so this Web site was down, and so was my email; I shouldn't lose any emails, but they may take a while to reach me—if necessary, resend.]

Une bonne partie de l'ENS, et notamment celle qui contient tous les ordinateurs dignes de ce nom (routeurs, serveurs Web, etc.), a été privée de courant pendant toute la journée à cause de travaux : un des bâtiments de l'École (celui qu'on appelle le « pavillon ») devait être détruit (ou plutôt, cela fait dix ans qu'on parle de le détruire, mais cette fois les choses se précisent un peu), et comme beaucoup de câbles essentiels de l'alimentation électrique passent par lui, il a fallu rediriger les choses. La coupure avait été prévue pour durer de 8h à 15h, et en réalité le courant a été rétabli vers 22h.

Notamment, pendant ce temps, ma page Web (comme toutes celles de l'École) a été inaccessible (dont ce 'blog, évidemment), et mon e-mail était en rade. Les messages qui m'ont été envoyés devraient m'arriver à terme, mais ils peuvent prendre plusieurs jours pour cela (s'il y a quelque chose d'urgent à me dire, le mieux est de renvoyer le message). Je ne suis pas entièrement persuadé que le rétablissement du courant soit entièrement durable (ça m'avait l'air assez artisanal, la tête des câbles électriques haute tension qu'ils ont mis en place) et que de nouvelles coupures ne se reproduiront pas, d'ailleurs ; on verra.

Toujours est-il que j'ai peu touché à un ordinateur aujourd'hui. On a fait une grande bouffe entre copains juste en plein milieu de l'entrée monumentale de l'ENS (là où il y avait encore du courant, donc de la lumière), c'était très sympa. Puis (après rétablissement du courant) nous avons déménagé dans une autre salle, et joué au pseudo-tarot (qui n'a toujours pas de nom).

Reste que je suis toujours vaguement malade et que je n'aurais pas dû rester tard à cette soirée parce que je tombe complètement de sommeil.

(Friday)

Elephant

कालोऽस्मि लोकक्षयकृत्प्रवृद्धो

[Traduction française ci-dessous.]

The above quote in Sanskrit (which your browser most probably cannot display correctly and which reads kālo 'smi lokakṣayakṛt pravṛddho) is taken from the Mahābhārata: it is probably the most famous line of the Bhagavad Gītā ever since Julius Robert Oppenheimer uttered it watching the first A-bomb explode. It means I am [become] Death, destroyer of worlds. I thought it could serve as a nice epigraph to Gus van Sant's Elephant, which I saw today at the UGC Gobelins (not the movie theater I usually go to, and altogether a bad choice because the screen was very tiny and the sound was horrible; but I had decided to go out at the last minute and this was the only place I could reach before the film started).

Winner of the prestigious Gold Palm at the 2003 Cannes Festival, Elephant is a very beautiful movie recounting a tragic incident based on a true story that took place on 1999-04-20 at Columbine High School in Littleton, Oregon, when two boys entered the school heavily armed and started shooting everyone in sight. However, Elephant is strangely undramatic in tone; nor does it take any political stance whatsoever; and it is not morbid or voyeur in any way either. Quite simply, it is a work of great poetry and fascinating beauty: the teens are beautiful (both in the physical—and sometimes intensely homoerotic—sense, and in an almost metaphysical way too), and Death itself becomes aesthetic in the most amazing manner.

The movie's construction craft is extremely skillful. A same scene is sometimes shown many times, from the point of view of different characters, whose paths cross over and over again; so the spectator is lost in a labyrinth of time which deftly suggests the repetitive character of life in high school, and simultaneously induces a feeling of familiarity. Insignificant details acquire great artistic value, and the cinematography is at once clever and natural. One thing which did annoy me, however, was the over-intensive use of focal blur together with sometimes excessively lengthy scenes just showing someone walk the high school's hallways. But the acting was amazingly good, especially given that all the actors are amateurs: in particular, I noticed one instant's smile on one of the killer's face, which conjured emotions I could hardly put in words. Stupefying!

[French translation of the above.]

La citation en sanskrit ci-dessus (que votre navigateur ne peut très probablement pas afficher correctement et qui se lit kālo 'smi lokakṣayakṛt pravṛddho) est extraite du Mahābhārata : il s'agit de ce qui est sans doute le plus célèbre vers de la Bhagavad Gītā depuis que Julius Robert Oppenheimer l'a prononcée en regardant exploser la première bombe A. Il signifie je suis [devenu] la Mort, destructeur des mondes. Je pensais qu'elle pourrait servir d'épigraphe décente à Elephant de Gus van Sant, que j'ai vu aujourd'hui à l'UGC Gobelins (pas le cinéma où je vais d'habitude, et dans l'ensemble un mauvais choix parce que l'écran était petit et le son horrible ; mais j'avais décidé de sortir à la dernière minute et c'était le seul endroit où je pouvais arriver à temps avant que le film commence).

Palme d'Or à Cannes 2003, Elephant est un très beau film racontant un incident tragique inspiré d'une histoire vraie qui s'est passée le 1999-04-20 au lycée Columbine de Littleton, Oregon, quand deux garçons sont entrés lourdement armés dans l'établissement et ont commencé à tirer sur tout le monde en vue. Cependant, Elephant a un ton étrangement peu dramatique ; il n'envoie aucun message politique ; et il n'est pas non plus en aucune façon morbide ou voyeur. Tout simplement, c'est une œuvre de grande poésie et de beauté fascinante : les ados sont beaux (à la fois dans un sens physique — et parfois intensément homoérotique —, et dans un sens presque métaphysique aussi), et la Mort elle-même devient presque esthétique de la façon la plus stupéfiante.

L'art de la construction du film est extrêmement habile. Une même scène est parfois montrée de nombreuses fois, du point de vue de personnages différents, dont les chemins se croisent encore et encore ; ainsi le spectateur est perdu dans un labyrinthe de temps qui suggère habilement le caractère répétitif de la vie au lycée, et en même temps provoque un sentiment de familiarité. Des détails insignifiants acquièrent une grande valeur artistique, et la mise en scène est à la fois intelligente et naturelle. Une chose qui m'a agacée, cependant, était l'usage trop intensif de la diminution de la profondeur de champ avec des scènes parfois excessivement longues montrant juste quelqu'un qui marche dans les couloirs du lycée. Mais le jeu des acteurs est excellent, surtout que ce sont tous des amateurs : notamment, j'ai remarqué un sourire d'un instant sur le visage d'un des tueurs, qui a suscité en moi des émotions que j'arrive à peine à formuler. Stupéfiant !

(Thursday)

Compromise

[Traduction française ci-dessous.] A completely gratuitous question: what is the best example, in history or literature, of a happy compromise? And a rhetorical question (or merely food for thought): is it better to be adamant about one's principles or willing to compromise? Either can require courage.

[French translation of the above.] Une question complètement gratuite : quel est le plus bel exemple, dans l'Histoire ou la littérature, d'un compromis heureux ? Et une question rhétorique (ou simplement matière à penser) : est-il préférable d'être inflexible sur ses principes ou prêt à compromettre ? L'un et l'autre peuvent exiger du courage.

(jeudi)

« Constat amiable »

Je ne sais pas qui a eu l'idée de ce nom, mais le « constat amiable », c'est le nom que nous donnons à la réception individuelle à mi-semestre des étudiants du DEUG MIAS, et ce que je viens de faire ce matin, avec mon collègue chargé de TD en chimie (et également responsable du projet professionel) — les chargés de TD d'informatique et de physique n'étaient, eux, pas venus, ce qui est dommage (ceci dit, en quatre ans, je n'ai jamais réussi à réunir les enseignants des quatre matières du groupe de TD).

C'est intéressant, parce que c'est l'occasion d'entendre parler (à propos d'eux-mêmes, de leurs résultats, de leur travail, du déroulement des cours, TD et TP, et de leurs projets d'avenir) des étudiants dont on connaît à peine le son de la voix tant ils sont muets d'habitude. Pour l'essentiel ils arrivent avec un air de chien battus et nous expliquent que leurs mauvaises notes au partiel sont dues à un manque de travail de leur part. Comme c'est mignon (et je dis ça sincèrement, je ne me moque pas du tout) ! Il n'y a pas de magie : certains vont se mettre à bosser sérieusement (au moins pour le partiel suivant), et ils auront leur DEUG, d'autres vont se décourager, et ils partiront vers d'autres horizons après avoir peut-être redoublé une (voire plusieurs) fois ; il y en a cependant quelques-uns, et là on est plus désemparé quant à savoir quoi leur dire, qui travaillent vraiment, et qui ne s'en sortent quand même pas.

Il y en a un dans le groupe dont je soupçonne très fortement qu'il est homo. Je serais curieux de savoir si c'est le cas (ce n'est pas vraiment une curiosité intéressée, je précise, même s'il n'est pas mal — en fait, ils sont quasiment tous « pas mal » dans ce groupe, c'est insupportable ; mais je ne vous parle pas de celui qui nous fait des sourires… à en fondre).

(jeudi)

Bulletin de santé

Je ne pense pas que ce soit la grippe ; d'ailleurs, d'après les GROG, l'activité de la grippe est encore sporadique (au moins pour la semaine dernière, 2003-W45). J'ai essentiellement un gros rhume, qui par moments se fait oublier et par moments me laisse complètement sonné.

Au moins j'ai bien dormi la nuit dernière (de 22h30 à 7h30 environ, même si je me suis levé plusieurs fois pour boire, parce que ma bouche était complètement desséchée à force de respirer par là).

(Thursday)

Network outage

/usr/sbin/traceroute clipper.ens.fr
traceroute to clipper.ens.fr (129.199.129.1), 30 hops max, 38 byte packets
 1  loopback1-lns101-tip-aboukir.nerim.net (62.4.16.244)  52.549 ms  56.265 ms  61.800 ms
 2  geth0-1-holger.nerim.net (62.4.16.5)  51.448 ms  56.559 ms  56.268 ms
 3  renater.sfinx.tm.fr (194.68.129.102)  56.921 ms  54.869 ms  56.801 ms
 4  jussieu-a1-1-580.cssi.renater.fr (193.51.179.154)  53.455 ms  55.355 ms  52.796 ms
 5  * * *
 6  * * *
 7  * * *

It's been like that for hours. Are they out for lunch?

Of course, you can't read this until it's irrelevant. 😉

(mercredi)

Grippé ?

Je suis complètement KO, et je me sens mal. Le thermomètre indique 38.1°C — pas concluant pour savoir si c'est un rhume passager ou la grippe qui s'annonce. Je ne sais pas si c'est la fatigue qui me rend malade ou la maladie qui me rend fatigué, mais en tout cas ce n'est vraiment pas la forme.

Et pourtant demain matin je dois me lever vers 7h30 (sauf si je suis vraiment in articulo mortis), parce qu'on reçoit individuellement les étudiants de la section du DEUG MIAS pour faire le point à mi-semestre et confronter les points de vue des différents enseignants. Et ça n'a vraiment pas été facile de faire la communication entre le secrétariat (pour trouver la salle), les étudiants et les quatre chargés de TD (maths, info, physique, chimie) : ce serait vraiment embêtant si je ne venais pas.

À supposer que j'aie la grippe, je me demande si ça vaut la peine de voir un médecin, puisque de toute façon il me prescrira un traitement symptomatique assez inefficace : je peux aussi bien rester chez moi au chaud, me doper au paracétamol (plus un chouïa d'aspirine) et vitamine C, me rincer les sinus au sérum physiologique, et calmer les nausées avec du sirop nausicalm, j'ai tout ça dans mes placards. Et boire beaucoup, bien sûr.

(Tuesday) · Veteran's Day

The Mayan calendar

This should have taken a mere five minutes (since I had it all written out somewhere), but it really took me all day: writing a little something on the Mayan calendar.

(Monday)

The surfer's dilemma

I was doing some Google searches. Let's just say the kind of searches which would give significantly different results if I had turned on adult content filtering protection, or whatever it's called. (I love these euphemisms: it would be so undignified to just say I was searching for porn sites — oops!) And then I saw for real what I had only heard rumors of: Web engine spoofing. The site appeared promising and content-savvy from what Google showed, so I clicked on the link, but the actual content I got (in essence,you'll have to pay $$$€€€¥¥¥¤¤¤ if you wish to get any real content), after a redirection, was very different from what the Google excerpt seemed to hint. So I decided to investigate. And, sure enough, I found proof positive of a deliberate attempt to spoof Google: using the simple Unix command-line utility curl, I downloaded the same address twice, once with a User-Agent field set to Googlebot (masquerading as Google, that is), and once with a standard User-Agent (like Mozilla), and the two were indeed different, the first one showing a basic HTML page loaded with keywords and links to other pages of the exact same kind (which themselves were obscured by the same technique), whereas the second result was an HTTP redirection to some other site that wanted my credit card number and so on.

Hence my dilemma: I could either (a) laugh at the site employing such cheap (but effective) tricks (and at my own naïveté in clicking on the link), be happy with myself for having noticed the foolery, and do nothing beyond that; or (b) denounce the offending site to the Google quality team (since there FAQ states that setting up pages/links with the sole purpose of fooling search engines may result in permanent removal from our index), which is morally justified on the ground that I despise this kind of trickery which adversely affects the search quality by the engine I use; or, of course, (c) fall to the dark side of the force, blackmail the webmaster of the offending site by threatening to denounce it to Google and demand a free unlimited access to all their content. Well, I disapprove of blackmail, but I also disapprove of the site's techniques and philosophy, so I pondered about option (c) for some time (I'd like to think that it would have worked). But in the end I chose (b), not really in the manner of electing virtue over vice, but rather out of curiosity to see if Google would respond at all (previous experience tempts me to think that they will read my mail and act accordingly — we'll see): maybe this is even less virtuous when I think of it.

Of course, the net result of all this is that I spent a great amount of time carefully wording my email to Google and some more time writing this very entry, but I still have no porn, uh, anatomical site to show for (except a few Web-search-engine-hash-fodder pages which weren't meant for a human to see: they're interesting in their own way, they were probably generated by a dissociated press algorithm, but they lack the, ah, uh, pictures). Oh well. That's what I get for being a geek, I guess.

(lundi)

Comment acheter un livre ?

Comme je voulais me sortir un peu de chez moi, je suis allé faire un tour à la Fnac à côté de chez moi, en me disant, je vais m'acheter un livre (bon, pas forcément un livre, mais comme je ne suis toujours pas payé [note : si quelqu'un du Trésor public lit mon 'blog, je tiens juste à me rappeler à son bon souvenir], il vaut mieux éviter les DVD pour le moment). Ce n'est pas, bien sûr, comme si je n'avais pas cinquante livres déjà achetés et qui n'attendent que que je m'y plonge (ou d'ailleurs cinquante DVD que je n'ai pas encore regardés), mais bon.

Et évidemment je n'ai pas su quoi acheter. Je trouve le choix à la fois beaucoup trop large (ça ressemble vraiment au début d'une blague débile, ça : c'est un David Madore qui rentre chez un libraire et il voudrait acheter un livre) et complètement nul. D'un côté il y a des milliers et des milliers de titres qui me crient, achète-moi ! (ou, si on a une un peu plus haute estime de l'objet-livre, lis-moi !) et je ne sais pas comment choisir ; de l'autre, la Fnac Italie 2 n'est pas très riche dans sa sélection, et n'a, par exemple, pas un seul titre en langue étrangère.

Évidemment je pourrais demander conseil aux libraires, ils sont là pour ça, mais comment voulez-vous que je fasse si je ne sais pas du tout ce que je cherche. Si je cherchais un livre dont la couverture est rose avec des pois bleus, peut-être que ça serait possible. Mais ce que je veux, c'est un livre qui me plairait.

Oh, ce n'est pas comme si il n'y avait pas des aides pour trouver ça. Meilleures ventes, lit-on ici (mais ai-je le même goût que les meilleurs acheteurs des meilleurs ventes ?) ; notre sélection ou coup de cœur lit-on là (mais de qui ?) ; prix Goncourt (souvenirs nébuleux d'une polémique à ce sujet, qui m'intéresse fort peu) ; prix Médicis, prix Renaudot, prix Tartempion : bon, au lieu de choisir un livre, je peux choisir un prix, si je veux ; meilleur prix : non je plaisante ; Amélie Nothomb : ça c'est un peu comme prix machin ou prix truc, ça fait vendre aussi, on dirait ; Nadine Trintignant, ma fille, avec un petit feuillet jeté — charmante intention — qui précise que toute personne accusée est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été prouvée par un tribunal ; tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir sur la sexualité de vos enfants et que vous allez devoir apprendre à vos dépens (ou quelque chose de ce genre) : c'est un peu trop tard pour moi, là. Pfiou. Tout ça, et un raton-laveur.

Je ne dis pas qu'il n'y a pas de très bons critiques littéraires. Que ce soit parmi les professionnels ou parmi mes amis ou connaissances, il y a des gens qui émettent des avis très valables et très pertinents, je n'en doute pas, et qui pourraient m'aider. Bon, bien sûr, je ne pense jamais à faire mon choix à l'avance, je n'ai pas apporté en venant à la Fnac mes petites notes gribouillées sur les titres que je pourrais envisager d'acheter (et je suis incapable de me rappeler un seul des titres dont je m'étais dit, tiens, c'est intéressant, il faudra que je voie ça). Mais ce n'est pas le seul problème : les critiques littéraires, aussi bons soient-ils, critiquent eu égard à leurs propres goûts, qui ne sont pas forcément les miens. Amazon.com, lui, me dirait welcome, David Madore, we have some suggestions for you, en se basant sur mes achats précédents (et je découvrirais qu'il s'agit du traité définitif sur la masturbation et du standard ISO 299792458 sur le filetage des enclumes, et je me lamenterais de la perspicacité redoutable d'Amazon.com pour ce qui est de l'évaluation de mon caractère) ; mais heureusement, nous ne sommes pas en 2038, et quand je rentre à la Fnac il n'y a pas encore une hôtesse souriante pour me dire ouèlcomeuh, David Madore, oui av seume suggestieunes feur you.

Là-dessus, mon esprit profondément dérangé conçoit la solution ultime du problème du choix des livres : une immense base de données de critiques littéraires où chacun décrit son avis sur tous les livres qu'il a lus, et répond à diverses questions comme quel est votre nom ?, quelle est votre couleur préférée ? et quelle distance une hirondelle peut-elle parcourir en portant une noix de coco ?, et le système effectue toutes les corrélations entre ces différents paramètres (mes goûts connus et ceux des autres critiques), fait appel aux indicateurs dernier cri de la statistique, et mouline le tout pour me dire, définitivement et positivement, quel est le livre qui me convient ici et maintenant. Peut-être même qu'il l'écrit pour moi, d'ailleurs, ou au moins le fait écrire par un nègre ad hoc.

Mais bon, ce système n'existant pas encore, j'en suis réduit à utiliser des méthodes plus traditionnelles. J'ai flâné dans les rayons et j'ai fini par trouver le dernier Le Chat, et j'ai acheté ça. Exeunt le prix Goncourt et le marquis de Sade : là au moins j'aurai (eu) fini en dix minutes et j'en aurai (eu) pour mon argent. (Enfin, presque : en fait, je suis un peu déçu, Geluck a fait mieux, notamment parce que dans les précédents albums il y avait à peu près 50% de jeux de mots et 50% d'autres blagues, tandis que cette fois c'est plutôt 80% contre 20% ; mais bon, j'ai quand même relevé cet excellent : quand l'homme a découvert que la vache donnait du lait, que cherchait-il exactement à faire ce jour-là ?…)

Allez, maintenant que je sais comment trouver un livre, je n'ai plus qu'à me trouver un mari. C'est presque aussi facile.

(lundi)

Fatigue

Depuis une semaine, je suis complètement lessivé. J'ai eu presque chaque jour une raison pour me lever avant 9h, et même si je me suis couché régulièrement tôt, j'ai fait des crises d'insomnie quasiment chaque nuit (encore cette nuit entre 2h et 5h du matin environ). Je me sens complètement déphasé, ou pire. Aujourd'hui, j'avais une réunion entre enseignants du DEUG MIAS, pour laquelle je me suis levé à 7h, et même si j'allais assez bien pendant la réunion, en sortant j'avais vraiment la tête qui tournait et le sentiment de défaillir. J'ai eu une faim terrible vers 11h : j'ai mangé quelques madeleines au chocolat prises dans un distributeur, pour tenir le coup, mais ça m'a complètement coupé l'appétit au déjeuner.

Ce qui est plus inquiétant, c'est que j'ai régulièrement des maux de tête (diffus, mais certains) et des saignements de nez. Or la seule chose qui marche bien contre mes maux de tête (en tout cas de ce genre-là), c'est l'aspirine, qui n'est pas exactement préconisée quand on saigne du nez. J'essaie d'en prendre la dose minimale qui soit efficace (soit autour de 250mg/j, pris au moment où j'ai le plus mal), mais je ne sais pas si ça suffit à pallier considérablement ses effets anticoagulants. À l'instant, j'en ai pris un comprimé et, cinq minutes plus tard, pouf, je me suis mis à saigner (chose bizarre, d'ailleurs, le saignement a disparu aussi sec). Le problème n'est pas tant que j'ai du mal à arrêter le saignement sur le coup — j'y arrive plutôt bien, en fait, en serrant mon nez assez fort pendant une ou deux minutes —, l'ennui est plutôt que le lendemain ou le surlendemain, ça peut recommencer à n'importe quel moment, et la série peut durer des jours et des jours (j'ai déjà vécu ça).

Je ne crois pas être malade, c'est juste la fatigue. Du coup, il faut vraiment que je rattrape du sommeil. Or demain c'est le 11 novembre. Mais, que faire : si je me couche trop tôt (avant 22h, disons), je ne vais pas m'endormir, et dans tous les cas je risque de faire de l'insomnie vers 3h du matin. Si je mets mon réveil pour 10h ou avant, je risque de ne pas rattraper assez d'heures de retard (d'autant plus que mercredi matin c'est lever à 7h). Si je le mets pour plus tard que ça (ou pas du tout), je ne m'habitue pas à me lever plus tôt.

Pfiou, j'ai des relents de sang dans la gorge, maintenant. J'ai horreur de ce goût. Je ferais un très mauvais vampire.

(dimanche) · Pleine Lune

Éclipse

[English translation follows.]

Je voulais prendre la résolution de me coucher tôt, mais j'ai tout de même voulu rester voir l'éclipse, hier soir. Je ne l'ai pas regretté, parce qu'elle était très belle et très visible : la Lune était très haute dans le ciel puisqu'elle se produisait vers 1h du matin heure solaire (soit 2h heure légale d'hiver à Paris) et puisqu'on n'est plus si loin du solstice (de sorte que l'écliptique est haut dans le ciel la nuit), et par ailleurs la météo était très favorable (vers 2h du matin il n'y avait pas un nuage à proximité de la Lune).

Au début j'étais un peu déçu : un observateur inattentif aurait pu croire à un croissant de Lune (la partie cachée ne se voyait pas du tout, sans doute masquée par la partie non encore éclipsée et par la luminosité résiduelle du ciel à Paris). Sauf qu'évidemment d'une part un croissant de Lune aussi haut dans le ciel au milieu de la nuit ce n'est pas très plausible (ben oui, un croissant, ce n'est jamais loin du Soleil) et d'autre part le bord du croissant n'a pas du tout la même forme : finalement ça donnait un peu le vertige de voir cette petite écharde de Lune si haut dans le ciel. Alors que l'éclipse approchait la totalité, la Lune a joué avec de petits altocumulus et j'ai cru qu'elle allait disparaître complètement, mais ce sont les nuages qui sont partis. Finalement, la totalité a clairement montré un disque pâle d'éclairage indirect. Cela doit être très beau vu de là-haut, et l'éclairage si particulier ! N'ont-ils pas laissé une caméra sur l'astre pour pouvoir filmer une éclipse ?

Un certain nombre de gens dans les rues levaient la tête de temps en temps, soit qu'ils étaient déjà au courant de cette éclipse soit qu'ils la remarquaient au moment même (il est vrai qu'on regarde assez peu la Lune, mais la pleine Lune, tout de même, se voit bien, et à plus forte raison si elle est éclipsée). Quelqu'un m'a demandé, sur un ton presque agressif, qu'est-ce qu'ils ont, tout le monde, à regarder en l'air ? : je lui ai signalé l'éclipse, et il a répondu, ah, une éclipse ? solaire ? lunaire ? ; je me suis retenu de lui rétorquer que l'éclipse solaire avait lieu depuis un certain moment et que ça s'appelait la nuit, mais je lui ai montré la Lune en lui disant qu'elle était pleine et qu'on voyait bien qu'elle était éclipsée : ça ne l'a pas impressionné, et il est reparti en secouant la tête. Manifestement quelqu'un qui n'a pas le temps de regarder le ciel.

(Saturday)

A script in Python

I've written my first program in Python: it's a cgi script which computes and displays the Gregorian solar and lunar calendars for any given year. I had started writing it in Perl, but I realized that Perl has no operator for integer division (!!!) and I need a lot of integer divisions in that script. So I gave up on Perl and decided to use Python instead.

Incidentally, I'm amazed by how few programming languages have a “sane” behavior for integer division and integer modulus when the dividend is negative: namely for (-2)/5 to be -1 (and not 0) and for (-2)%5 to be 3 (and not -2); apparently this is because (most?) silicon implementations have the totally ludicrous behaviour which makes (-2)/5 equal to 0 (so that (3-5)/2 is not equal to 3/2-1, which is really stupid). Anyway, Python has the sane behavior, whereas C does not.

I'm not enthusiastic: Python has some annoying misfeatures, for example the lack of the ternary x?y:z construction of C/C++/Perl, or a print construct which automatically adds a newline. On the other hand, Python is definitely cleaner than Perl (that's not too hard, though!) and has some nice features (I very much like the formatting % operator).

Anyway, you can see, with the names I had suggested for the lunar months, that today (November 8 of 2003) is Novil 14 of 2003. Consequently, it is a full moon (theoretical full moons fall on the 14th of every lunar month, and they agree more or less accurately with real full moons: typically to within a day). Actually, it is better than that: there is a full lunar eclipse tonight (maximality is at 2003-11-09T01:19Z). (For those who wonder why I'm not writing Full Moon next to this 'blog's entry, it is because I align the Moon phases indications on universal time and the full moon is ever so slightly past midnight GMT.)

(Friday)

How much information in the Web and elsewhere

A remarkable study by some people at Berkeley. Rather amazing.

(Friday)

Mr. Anderson! We meet again!

[Traduction française ci-dessous.]

So I saw the third Matrix. In short: I found it much better than the second part (which I had not been too enthusiastic about), but not as good as the first; the first part was original and interesting, the second was mystical and incoherent, and the third is unoriginal but not too bad. If you've seen the second, you should probably see the last also, because the worst is over; but if you've seen only the first, maybe you should stop there.

[The following contains minor spoilers, but—I hope—nothing that would really take away the enjoyment out of watching the movie.]

One of my major grievances against Matrix Reloaded was the amount of utterly pointless—and perfectly boring—fighting. Fortunately there's much less of that in Revolutions: there's still a lot of fighting which I care little for, but at least it takes place mostly within the real world, not within the Matrix (where everyone worth speaking of is essentially immortal), so it isn't as completely pointless as it might be.

The really lame dialog lines (such as, Everything that has a beginning has an end) are still just as lame, but at least now some fun is made of it, and some sentences are deliberately ridiculed (agent Smith's last lines make this abundantly clear).

Reloaded was entirely incoherent, probably the worst bit (to my mind) being when the Architect told Neo, in essence, that if you choose what I hope you will choose, your girlfriend will die—what a magnificient way to convince anyone—and, incidentally, I wanted you to come all the way to me, which is why I made it so difficult: how absurd can you get? In contrast, Revolutions basically makes sense; the plot isn't too terribly intricate and people do things which are more or less reasonable considering the goals they strive to achieve. Now there isn't anything really remarkable in this film, but it holds water.

Another nice thing is that it has an ending that is indeed something of an ending (and not too abrupt), not a teaser for yet another sequel. I can't say I'm entirely satisfied with it: it still leaves some windows of possibility for a Matrix IV, but at least it doesn't make it compulsory. Unfortunately, nowadays, any film that has the remotest chance of becoming a popular blockbuster must leave open the possibility of a sequel, so no such film ever receives a proper and completely satisfactory ending; Matrix goes as far as could be reasonably expected.

As for the cast: I really liked Hugo Weaving's performance, for one thing, with whom I had been rather disappointed in the previous installment. I also admired Niobe's character and the way Jada Pinkett Smith impersonates her. The other I would like to mention is the Oracle: the actress who had played that part in the previous movies (Gloria Foster) died before this one was shot, so the producers had to find a replacement (Mary Alice); the replacement in question doesn't act too badly but, unfortunately, her voice doesn't nearly match the original actress's particular hoarseness—couldn't they find an appropriate person to dub her? Besides, why bother using a replacement who looked vaguely similar, given that they found a satisfactory “explanation” for the change in appearance?

Another bickering: there's a point where Neo is incredibly obtuse in failing to recognize Agent Smith (why, who else calls him Mr. Anderson anyway?). Was it really necessary to demonstrate him as such a dimwit?

One bit I very much enjoyed, however, was the atmosphere of the SM (or at any rate very SM-like) party at which the Merovingian is met.

Lastly, I think the young Zion fighter (is it Clayton Watson?) is sooooo damn cute.

[French translation of the above.]

Alors j'ai vu le troisième Matrix. En bref : je l'ai trouvé bien mieux que la seconde partie (que dont je n'avais pas été trop enthousiaste), mais pas aussi bon que la première ; la première partie était originale et intéressante, la seconde était mystique et incohérente, et la troisième est sans originalité mais pas trop mauvaise. Si vous avez vu le second, vous devriez probablement voir le troisième aussi, parce que le pire est passé ; mais si vous na'vez vu que le premier, peut-être que vous devriez vous y arrêter.

[Ce qui suit contient des spoilers mineurs, mais — j'espère — rien qui retirerait vraiment le plaisir de voir le film.]

Un de mes principaux griefs contre Matrix Reloaded était la quantité de bagarres absolument sans but — et parfaitement ennuyeuses. Heureusement, il y en a nettement moins dans Révolutions : il y a toujours beaucoup de combat dont je me fous assez, mais au moins cela se passe principalement dans le monde réel, pas dans la Matrice (où tout personnage digne de ce nom est essentiellement immortel), donc ce n'est pas aussi inutile que ça pourrait l'être.

Les répliques vraiment nazes (telles que, Tout ce qui a commencé doit finir) sont toujours aussi nazes, mais au moins maintenant on s'en moque, et quelques phrases sont délibérément ridiculisées (les dernières lignes de l'agent Smith rendent cela abondamment clair).

Reloaded était entièrement incohérent, probablement la pire partie (à mon avis) étant quand l'Architecte disait à Neo, essentiellement, que si vous choisissez ce que j'espère que vous choisirez, votre amie va mourir — quelle magifique façon de convaincre quelqu'un — et, incidemment, je voulais que vous veniez jusqu'à moi, ce qui est la raison pour laquelle je l'ai rendu aussi difficile : comment peut-on être aussi absurde ? En contraste, Révolutions est assez sensé ; l'intrigue n'est pas trop terriblement tordue et les gens font des choses qui sont plus ou moins raisonnables eu égard aux buts qu'ils cherchent à accomplir. Alors il n'y a rien de vraiment remarquable dans ce film, mais il tient la route.

Une autre chose bien est qu'il a une fin qui est effectivement une fin (et pas trop abrupte), pas un teaser pour encore une suite. Je ne peux pas dire que j'en suis entièrement satisfait : elle laisse encore quelques fenêtres de possibilité pour un Matrix IV, mais au moins ce n'est pas nécessaire. Malheureusement, de nos jours, tout film qui a ne serait-ce que la plus étroite chance de devenir un blockbuster populaire doit laisser ouverte la possibilité d'une suite, donc aucun film de la sorte ne reçoit jamais une fin propre et complètement satisfaisante ; Matrix va aussi loin qu'on pouvait raisonnablement l'attendre.

Quant aux acteurs : j'ai vraiment apprécié le jeu de Hugo Weaving, d'une part, dont j'avais été plutôt déçu dans l'épisode précédent. J'ai aussi admiré le caractère de Niobé et la manière dont Jada Pinkett Smith la joue. L'autre que je voudrais mentionner, c'est l'Oracle : l'actrice qui jouait ce rôle dans les films précédents (Gloria Foster) est morte avant que celui-ci soit tourné, dont les producteurs ont dû trouver de quoi la remplacer (Mary Alice) ; la remplaçante en question ne joue pas trop mal mais, malheureusement, sa voix n'a rien de semblable au timbre rauque de l'originale — ne pouvaient-ils trouver personne pour la doubler ? D'ailleurs, pourquoi se fatiguer à utiliser une remplaçante qui ressemblait vaguement, alors qu'ils avaient trouvé une « explicaiton » satisfaisante pour le changement d'apparence ?

Encore un pinaillage : il y a un moment où Neo est incroyablement obtus en ne reconnaissant pas l'agent Smith (qui d'autre, d'ailleurs, l'appelle M. Anderson ?). Était-il vraiment nécessaire de le révéler comme un tel bêta ?

Un morceau que j'ai tout à fait apprécié, cependant, c'était l'atmosphère de la soirée SM (ou en tout cas y ressemblant beaucoup) à laquelle on trouve le Mérovingien.

Enfin, je trouve que le jeune combattant de Zion (est-ce Clayton Watson ?) est teeeeellement mignon.

(jeudi)

Mon blondinet

Nous étions tous plus ou moins affalés les uns sur les autres après une soirée où on avait beaucoup rigolé ; la conversation commençait à tourner un peu à vide.

Je m'étais arrangé (sans pour autant devoir faire des efforts démesurés) pour être assis à côté de lui. Pas une beauté extraordinaire, mais un visage souriant et d'apparence plutôt jeune, une allure sportive sans excès, un look décontracté ; et un caractère ouvert, un esprit sain dans un corps sain. Il lance une petite provocation à mon intention (je ne me rappelle même plus quoi). Je réplique d'un air faussement sévère, Tu crois que tu me fais peur, blondinet ? ; pour souligner le dernier mot, je lui ébouriffe un peu les cheveux (il les a châtain clair, et en brosse) en passant la main dedans. Moqueur, il réplique exactement la même chose et fait le même geste. Tout le monde rit. Puis je m'allonge (en essayant de paraître naturel) juste contre lui.

Peu de temps après, nous sommes serrés dans les bras l'un de l'autre, en train de nous rouler une pelle.

Malheureusement, c'est seulement un rêve, que j'ai fait avant-hier soir. (Ce qui est bien quand on doit se réveiller tôt, c'est que souvent ça interrompt un rêve, et du coup on se le rappelle au lieu qu'il aille bêtement se perdre — comme la grande majorité des rêves — au pays des ampoules grillées et des phrases jamais prononcées.) La suite (ou en tout cas une autre partie, je ne sais plus bien s'il y avait une transition et ce qu'elle pouvait être) est fort différente, je fais partie d'une sorte de Ligue des gentlemen extraordinaires, et nous menons une sorte de jeu de piste, la dernière étape consistant à comprendre dans une indication énigmatique sur le temps qu'il faut remettre à l'heure les aiguilles de la grande pendule de la pièce ce qui provoque l'ouverture d'un coffre-fort dérobé dans lequel se trouve un petit récipient contenant un produit infiniment précieux, à moins que ce soit un objet magique. Bref. Mais revenons à l'autre partie.

J'avais conscience, au moment où j'embrassais mon blondinet, que ce n'était qu'un rêve et que j'allais le perdre rapidement parce qu'il n'existait pas. Ça ne m'a pas causé de déception, en fait, mais au contraire ça m'a incité à profiter d'autant mieux de l'instant présent. (Ensuite, j'ai dû rêver que je me réveillais, sans me réveiller vraiment. Ce qui n'empêche, d'ailleurs, que le blondinet en question a continué, il me semble, à apparaître dans le rêve. Enfin, tout cela est très confus comme beaucoup de rêves le sont.)

Mais je me connais : aussi détendue que soit l'atmosphère, aussi naturelle que soit la situation, j'aurais toujours un mal fou à agir comme j'ai agi dans cette bribe de rêve, à mettre ma main dans les cheveux de quelqu'un en gardant l'air décontracté ; et je dois rayonner un air de « distance » tel que personne n'ose apparemment faire pareil avec moi. C'est le genre de choses qui me laisse souvent un sentiment de solitude douceâtre après une soirée entre copains.

(jeudi)

Suite des événements

Je tombe de sommeil. Je n'ai eu qu'environ 20h de sommeil sur les 4 dernières nuits, alors qu'il m'en faut normalement près de 10h par nuit pour me sentir en forme.

Mon directeur de thèse (que j'ai vu ce matin) n'a pas eu l'air trop inquiet par la tournure que prenaient mes calculs. Il a réussi à me persuader que c'était la peine de continuer, que j'avais des chances pas trop faibles d'arriver à un résultat intéressant, et que même si je ne désingularisais pas jusqu'au bout je pouvais peut-être obtenir un résultat en fin de compte. Bref, il m'a un peu remotivé.

Après déjeuner je suis allé au secrétariat du DEUG MIAS pour récupérer des copies d'interro à corriger, et je les ai d'ailleurs corrigées sur place (flemme de trouver un autre endroit où travailler pas trop loin sur la fac), ce qui m'a permis de bavarder un peu avec la secrétaire, qui est très gentille (et compétente — j'aimerais pouvoir dire ça de tous les secrétariats auxquels j'ai affaire). Bon, j'espère que ma correction ne se ressent pas trop du manque de sommeil, mais je crois que ça va. Le prof qui fait les cours d'amph a insisté pour faire une rotation des corrections sur cette interro (i.e. les chargés de TD ne corrigent pas leur propre groupe), ce que je trouve un peu bête (ça me semble très sain pour les partiels, mais pour les interros c'est dommage parce que ça empêche d'avoir un bon suivi du niveau de nos étudiants).

Je comptais rester sur le campus parce que l'association HBO organisait un petit buffet ce soir, mais je me suis rendu compte que j'étais vraiment trop crevé (en plus, mon sac à dos pesait une tonne vu que j'y transportais des choses à ramener de chez mes parents). Je me suis assis pour essayer de lire le début de Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs d'Umberto Eco, mais les mots dansaient sous mes yeux, donc j'ai vite abandonné et je suis reparti chez moi.

Le nombre de mails que j'ai en retard de réponse commence à devenir très important. C'est stressant, il suffit que j'aie pour quelques jours un débit un peu moins important, et ça s'accumule. Il faut dire aussi que ma page sur le calendrier (avec laquelle j'espérais en avoir fini) a été signalée sur une mailing-list consacrée au calendrier et que plein de gens m'ont fait des remarques intéressantes que je marque mentalement comme « il va falloir que j'y réponde quelque chose ». Tiens, il va falloir que j'écrive un petit script cgi qui affiche les calendriers lunaire et solaire d'une année quelconque, ce sera utile et agréable (surtout maintenant que j'ai pondu des noms pour les mois). Pfiou, je tiens bien ça de mon père, moi, qui nous annonce (à ma mère et moi) pour la n-ième fois que cette fois, c'est promis, il arrête de passer des nuits blanches devant son ordinateur à essayer de faire fonctionner je ne sais quel programme à la con, et qui le lendemain soir replonge dans sa drogue.

Demain je vais voir Matrix, avec une bande de copains principalement de l'ENS (enfin, des anciens de l'ENS), à la séance de 10h15 de mon cinéma préféré. (Oui, je sais, je l'ai déjà dit plein de fois.) Je me suis défendu de lire quelque critique que ce soit sur ce film.

(mercredi)

Mes petits calculs ne marchent pas

C'est une sensation vraiment horrible que de faire des calculs avec d'abord le sentiment qu'ils marchent, que tout se comporte bien comme on s'y attend, et de se rendre compte tout d'un coup qu'on interprète mal les choses, qu'en fait rien ne va, et puis finalement qu'on ne comprend rien aux calculs qu'on était en train de faire mécaniquement, qu'ils semblent se contredire, etc.

Bref, mes éclatements ne me mènent à rien. Je les multiplie, les variables s'accumulent, les composantes s'ajoutent, et ça ne cesse jamais d'être singulier.

(mardi)

France Boutique

Il faut que je dise un petit quelque chose de France Boutique, sinon je vais oublier ce que j'ai à raconter à ce sujet.

Les critiques sont assez partagées (notamment, Télérama, comme ils font souvent das ce cas, publie deux critiques d'avis très différent). Certains disent avoir adoré, d'autres ont trouvé le film raté. Et je comprends assez bien les deux. D'un côté, j'ai beaucoup aimé une galerie de portraits tout à fait excellents, et notamment tous les seconds rôles m'ont énormément plu, avec une mention spéciale pour Judith Godrèche (mais aussi Julien Lucas, qui débute, et que j'ai trouvé parfait dans son rôle, et aussi terrrrrriblement séduisant). En plus, il y a des petits bijoux de situations, un certain nombre de trouvailles tout à fait excellentes (la scène où la jeune peintre montre ses toiles est absolument fabuleuse). Mais à côté de ça, le tout est très disparate, parfois il y a des longueurs, parfois des bouts complètement gratuits et qui ne mènent nulle part, bref, Tonie Marshall n'a pas su bien exploiter ses atouts, et on a parfois l'impression qu'elle pédale complètement. Ça a peut-être le mérite de refléter justement l'ambiance de la France Boutique elle-même, mais parfois ça m'agaçait plus qu'autre chose.

Cependant, globalement, je conseillerai. Pas un chef d'œuvre, mais un agréable divertissement.

(mardi)

En bref

Je n'ai dormi que 3h en tout la nuit dernière (de 22h30 à 1h puis de 7h30 à 8h). Ce que c'est que d'essayer de se recaler sur un rythme normal (mais faut bien, j'ai quelque chose de prévu chaque matin cette semaine).

Ce matin j'ai occupé tout mon TD à corriger le partiel dont j'avais corrigé les copies (mais d'un autre groupe). Je n'ai même pas pu donner leurs notes aux étudiants de mon groupe, ni leur montrer leurs copies, parce que celui qui les a corrigées ne les a pas encore transmises au secrétariat. J'ai juste la moyenne, qui est autour de 7.5 (pas fameux, ça, pas fameux).

Je suis allé voir mon père à l'hôpital. Les hôpitaux me terrifient toujours, même quand j'y vais sans être malade moi-même ; je m'y sens complètement perdu, entouré par ces indications barbares et effrayantes, genre « chirurgie viscérale » (pourquoi ont-ils mis mon père dans ce service, je n'en sais rien). En plus, celui d'Orsay est un véritable labyrinthe. J'ai trouvé mon père en compagnie de son étudiant de thèse qui, je lui en sais beaucoup gré, s'est vraiment très bien occupé de lui (il lui avait même apporté un ordinateur portable pour lui faire regarder un film des frères Marx pour le distraire). Peu de temps après ma mère nous a rejoints. Et encore peu de temps après, le médecin est arrivé et a annoncé qu'il faisait sortir mon père. Celui-ci n'a plus trop mal, mais il est assez dans les choux. Enfin, au moins il ne me fait plus la gueule.

Sur un registre plus léger, j'ai trouvé (cette nuit, pendant que j'insomnisais, puis aidé par DH pour compléter les trous) des noms à donner aux douze ou treize mois du calendrier lunaire grégorien : terminus, lipidus, vénus, ambre, pouque, jouve, tibre, claud, septil, octil, novil, décil et parfois mercuaire (en anglais, Terminus, Lipidus, Venuch, Amber, Pook, Jupe, Tibery, Claudy, Septil, Octil, Novil, Decil, Mercuary). Il y a des raisons pour tous ces noms, mais elles sont tellement idiotes et nazes que je ne sais pas si j'ose les raconter. ☺ Nous sommes actuellement le 10 novil 2003, et ça me permet de souhaiter un bon anniversaire à Antoine, parce que même si je suis en retard d'un jour pour le calendrier solaire, je suis en avance d'un jour pour le calendrier lunaire, na.

(lundi)

Fluctuem nec mergamur

L'euphémisme pipo, ce serait de dire que je « travaille mieux dans la contrainte ». La vérité c'est que je fais tout à la dernière minute possible parce que quand je peux faire autre chose je perds mon temps avec des conneries sans intérêt. À la dernière minute, comme pour corriger les copies, par exemple. Ou pour faire les calculs que je dois faire d'ici jeudi (pour les raconter à mon directeur de thèse, parce qu'ensuite il s'absente quelques jours). Bref, je vais avoir quelques jours complètement dingues, là, pour essayer de finir à temps tout ce que je dois finir.

Vivement le week-end ! (Et pourtant je ne dis pas souvent ça.)

(Monday)

Technical note: correcting broken dates (again)

[Traduction française ci-dessous.] Maybe it is the result of too much work on the calendar, but I had written “01” instead of “11” when entering the dates of this 'blog's entries in November. I just corrected this error and moved comments to where they should be. My apologies for the inconvenience.

[French translation of above.] Peut-être que c'est le résultat de trop de travail sur le calendrier, mais j'avais écrit « 01 » au lieu de « 11 » en entrant les dates des entrées de ce 'blog en novembre. Je viens de corriger cette erreur et j'ai déplacé les commentaires là où ils devraient être. Mes excuses pour la gêne occasionnée.

(lundi)

« Donc »

J'ai corrigé une tranche de ma pile de copies (je préfère corriger tous les exercices 1, puis tous les 2, etc., plutôt que corriger complètement la première copie, puis la seconde, etc., parce que de cette façon j'ai toutes les subtilités de l'exercice 1 bien en tête quand je le corrige — et aussi je ne me fâche pas trop contre un étudiant donné, parce que je ne me rappelle plus, en lisant un exercice, s'il était bon ou pas aux autres, donc ma correction est plus objective).

Je crois que ce que je trouve le plus pénible, c'est le mot « donc ». On a l'impression que c'est le seul mot français qu'ils connaissent, et qu'il veut tout dire. Dès qu'il y a deux affirmations mathématiques, ils se sentent obliger de les relier par le mot « donc » ou par le signe « équivalent » (« ⇔ »). Le « donc » signifie, sous leur plume, à la fois « je peux donc conclure », « il suffit donc que je prouve », « cela équivaut donc à », « l'assertion demandée équivaut donc à », « je cherche donc à prouver », « je peux donc réécrire l'affirmation à démontrer de la façon suivante » (d'accord, il y a « donc » dans toutes ces liaisons, mais ce n'est pas simplement « donc »), ou même parfois des choses plus originales comme « en effet », « puisque », « par ailleurs », « or », j'en passe et des meilleures. De toute façon, ils ne connaissent aucune autre coordination que le « donc » ubiquiste (et, rarement un « car » ou un « or » qui traînent, mais c'est vraiment exceptionnel). Pas un malheureux « par conséquent », pas de « ainsi », pas de « parce que », rien de tout ça (je ne vais pas aller jusqu'à demander des « au demeurant », non plus). Pour le signe d'équivalence, c'est à peu près pareil, il veut tout dire, mais en gros c'est « je réécris n'importe comment les formules que je manipule et voici ce que j'obtiens ».

Parfois, bien sûr, les deux affirmations reliées par le fameux « donc » sont toutes les deux vraies, mais le « donc » ne l'est pas (il cache un trou dans la démonstration aussi gros que le Brésil, ou bien, sans cacher quoi que ce soit, il est tout simplement incongru). Parfois j'hésite à pénaliser ce mot incongru (si on n'accordait des points qu'aux démonstrations valables d'un bout à l'autre, la meileure note serait 5 et la moyenne 0.5), surtout quand je devine bien ce que l'étudiant a voulu dire (mais d'autres fois cela relève vraiment des sciences occultes) et que ce qu'il voulait dire (par opposition à ce qu'il a vraiment dit) n'est pas trop faux. Soupir.

(lundi)

Mauvaises nouvelles

Je viens d'apprendre que mon père (il a 65 ans) est à l'hôpital avec une infection pulmonaire. On l'a mis sous oxygène et on le garde en observation. On n'en sait pas plus pour le moment.

Il devait partir au Bénin (où il était invité pour un colloque). Ma mère, elle, était en week-end. Heureusement l'étudiant de thèse de mon père a pris un peu les choses en main. (Mon père a d'abord cru à un rhume, mais il allait vraiment de plus en plus mal, alors il s'est rendu aux urgences.)

Mise à jour (2003-11-03T21:15+0100) : Merci de vos témoignages de sympathie. Apparemment c'est une infection virale ; il a très mal à la gorge mais son état ne semble pas critique. J'irai lui rendre visite demain.

(dimanche)

Rien

Fatigué. Dodo.

Demain lundi (enfin, aujourd'hui, plutôt), correction de copies en vue. À la dernière minute, comme d'habitude.

Mardi, reprise des TD. Va falloir se lever de bonne heure. Dur. Mercredi aussi.

Jeudi, je raconte mes petits calculs à mon directeur de thèse.

Vendredi matin je vais voir Matrix.

Ah, puis un de ces jours j'essaierai de trouver quelque chose d'intéressant à raconter ici.

(Saturday) · All Saints' Day · First Quarter

Enough with the calendar!

This is the third night in a row that I'm staying up to unZeusly hours writing this stupid page on the calendar. But I'm through with it now. I've finished describing in gory details the workings of the Gregorian lunar calendar. Other calendars (notably the Jewish and Islamic calendars) can wait for some other time (like maybe in a couple million years), even though I have a ready-to-paste text on the Maya calendar (as simple as can be, in its way, since it blindly cycles without caring in any way for the position of the Sun or Moon) somewhere in my sleeve.

One thing which is badly missing, however, in the Gregorian calendar, but it is not a scientific problem, merely an esthetic one: the months have no names. So I issue a general Request For Ideas: can someone come up with (thirteen) names to give to the months of the Gregorian lunar calendar rather than simply “first month” through “twelfth month” (or “thirteenth month” if the year is embolismic). These names would have to be original, so as to identify the calendar uniquely (it would be too confusing to call them, for instance, January through December and then Undecember or something like that). Maybe a dozen Greek or Roman deities could be used to provide the names (if the Gregorian solar calendar has a month named March, I think the Gregorian lunar calendar should have one named Venuch; and maybe we can have months of Tibery and Claudy also, to go with July and August).

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