David Madore's WebLog: Elephant

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(Friday)

Elephant

कालोऽस्मि लोकक्षयकृत्प्रवृद्धो

[Traduction française ci-dessous.]

The above quote in Sanskrit (which your browser most probably cannot display correctly and which reads kālo 'smi lokakṣayakṛt pravṛddho) is taken from the Mahābhārata: it is probably the most famous line of the Bhagavad Gītā ever since Julius Robert Oppenheimer uttered it watching the first A-bomb explode. It means I am [become] Death, destroyer of worlds. I thought it could serve as a nice epigraph to Gus van Sant's Elephant, which I saw today at the UGC Gobelins (not the movie theater I usually go to, and altogether a bad choice because the screen was very tiny and the sound was horrible; but I had decided to go out at the last minute and this was the only place I could reach before the film started).

Winner of the prestigious Gold Palm at the 2003 Cannes Festival, Elephant is a very beautiful movie recounting a tragic incident based on a true story that took place on 1999-04-20 at Columbine High School in Littleton, Oregon, when two boys entered the school heavily armed and started shooting everyone in sight. However, Elephant is strangely undramatic in tone; nor does it take any political stance whatsoever; and it is not morbid or voyeur in any way either. Quite simply, it is a work of great poetry and fascinating beauty: the teens are beautiful (both in the physical—and sometimes intensely homoerotic—sense, and in an almost metaphysical way too), and Death itself becomes aesthetic in the most amazing manner.

The movie's construction craft is extremely skillful. A same scene is sometimes shown many times, from the point of view of different characters, whose paths cross over and over again; so the spectator is lost in a labyrinth of time which deftly suggests the repetitive character of life in high school, and simultaneously induces a feeling of familiarity. Insignificant details acquire great artistic value, and the cinematography is at once clever and natural. One thing which did annoy me, however, was the over-intensive use of focal blur together with sometimes excessively lengthy scenes just showing someone walk the high school's hallways. But the acting was amazingly good, especially given that all the actors are amateurs: in particular, I noticed one instant's smile on one of the killer's face, which conjured emotions I could hardly put in words. Stupefying!

[French translation of the above.]

La citation en sanskrit ci-dessus (que votre navigateur ne peut très probablement pas afficher correctement et qui se lit kālo 'smi lokakṣayakṛt pravṛddho) est extraite du Mahābhārata : il s'agit de ce qui est sans doute le plus célèbre vers de la Bhagavad Gītā depuis que Julius Robert Oppenheimer l'a prononcée en regardant exploser la première bombe A. Il signifie je suis [devenu] la Mort, destructeur des mondes. Je pensais qu'elle pourrait servir d'épigraphe décente à Elephant de Gus van Sant, que j'ai vu aujourd'hui à l'UGC Gobelins (pas le cinéma où je vais d'habitude, et dans l'ensemble un mauvais choix parce que l'écran était petit et le son horrible ; mais j'avais décidé de sortir à la dernière minute et c'était le seul endroit où je pouvais arriver à temps avant que le film commence).

Palme d'Or à Cannes 2003, Elephant est un très beau film racontant un incident tragique inspiré d'une histoire vraie qui s'est passée le 1999-04-20 au lycée Columbine de Littleton, Oregon, quand deux garçons sont entrés lourdement armés dans l'établissement et ont commencé à tirer sur tout le monde en vue. Cependant, Elephant a un ton étrangement peu dramatique ; il n'envoie aucun message politique ; et il n'est pas non plus en aucune façon morbide ou voyeur. Tout simplement, c'est une œuvre de grande poésie et de beauté fascinante : les ados sont beaux (à la fois dans un sens physique — et parfois intensément homoérotique —, et dans un sens presque métaphysique aussi), et la Mort elle-même devient presque esthétique de la façon la plus stupéfiante.

L'art de la construction du film est extrêmement habile. Une même scène est parfois montrée de nombreuses fois, du point de vue de personnages différents, dont les chemins se croisent encore et encore ; ainsi le spectateur est perdu dans un labyrinthe de temps qui suggère habilement le caractère répétitif de la vie au lycée, et en même temps provoque un sentiment de familiarité. Des détails insignifiants acquièrent une grande valeur artistique, et la mise en scène est à la fois intelligente et naturelle. Une chose qui m'a agacée, cependant, était l'usage trop intensif de la diminution de la profondeur de champ avec des scènes parfois excessivement longues montrant juste quelqu'un qui marche dans les couloirs du lycée. Mais le jeu des acteurs est excellent, surtout que ce sont tous des amateurs : notamment, j'ai remarqué un sourire d'un instant sur le visage d'un des tueurs, qui a suscité en moi des émotions que j'arrive à peine à formuler. Stupéfiant !

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