David Madore's WebLog: 2013-02

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

Note that the first entry comes last! / Notez que la première entrée vient en dernier !

Index of all entries / Index de toutes les entréesXML (RSS 1.0) • Recent comments / Commentaires récents

Entries published in February 2013 / Entrées publiées en février 2013:

(dimanche)

Nouvelles en vrac

  • Je me suis froissé l'épaule… en dormant. Et ce n'est pas la première fois que ça m'arrive (sauf que ce coup-ci c'est l'épaule gauche). Je sais que je bouge beaucoup pendant mon sommeil, mais là, je bats des records de ridicule ! Et le plus bizarre, c'est que je n'arrive pas à savoir exactement où j'ai mal, ni même si c'est au niveau de l'omoplate ou sur l'épaule proprement dite. Bon, c'est anecdotique, mais ça a quand même pour effet de m'empêcher de bien dormir, parce que j'ai très peu de positions où ça ne fasse pas mal. Si au moins j'avais fait ça en faisant de la muscu (mais là je vais devoir arrêter d'en faire pendant un petit moment).
  • J'ai voulu essayer de jouer avec LuaTeX (plus fontspec et unicode-math) dans l'espoir que, peut-être, un jour, grâce à ça, TeX sera un format moins horriblement pourri et qu'on pourra taper des formules mathématiques en Unicode sans avoir à passer par un zillion de packages de macros tous plus moches les uns que les autres (et aux interactions subtiles et incompréhensibles). Malheureusement, pour l'instant, je crois que ce n'est pas encore trop ça.
  • L'accélération 3D sous Linux, ce n'est pas encore ça. Enfin, en principe j'en ai (aussi bien sur mon PC à Paris — carte graphique Radeon HD6450 et pilote libre radeon — que sur celui que j'ai chez mes parents — carte graphique nVidia GeForce 6200 et pilote libre nouveau) ; mais en pratique, j'ai voulu lancer Google Earth sur un de mes PC (celui qui a la nVidia GeForce 6200, une Debian testing avec un noyau 3.7.9, X.org 7.7, Mesa version 8.0.5, la libdrm_nouveau.so.1 version 2.4.40, nouveau_drv.so version 1.0.1 — je n'ai aucune idée de comment ces différentes choses interagissent entre elles, soit dit en passant, et chapeau à celui qui trouvera une doc claire à ce sujet) : j'ai eu droit au message d'erreur GPU lockup - switching to software fbcon (la GPU, c'est le processeur graphique, mais c'est quoi, un lockup ?), suivi de quelque chose de très très lent (normal si le rendu était fait en logiciel), et en peu de temps ça a planté mon serveur X. Je touve que c'est un peu du foutage de gueule que ça plante le serveur : Google Earth étant une application fort connue, la moindre des choses avant de sortir une version d'un pilote, ce serait de tester que cette appli ne fait pas planter les choses quand on les remue un peu ! C'est aussi un peu du foutage de gueule de la part de Google de ne pas avoir un mode basique qui n'utilise quasiment aucune fonction 3D, un peu comme Google Maps. Moi je voulais juste visualiser un peu les traces enregistrées par mon GPS.
  • Ma tentative pour retrouver les notes de cours de Leo Harrington sur Kolmogorov's R-operator and the first nonprojectible ordinal progresse lentement : j'ai écrit à plein de gens qui ont déclaré ne pas les avoir, et j'ai fini par attirer l'attention de l'auteur qui n'est pas sûr de pouvoir les retrouver. Je poserai prochainement la question sur MathOverflow [ajout : ici]… mais ce serait vraiment dommage si ces notes avaient définitivement disparu ! (Eh oui, il n'y a pas que des manuscrits très anciens qui se perdent.)
  • Je voulais mettre à jour un article Wikipédia que j'ai écrit il y a un certain temps et qui cherche à expliquer le principe par lequel on arrive à donner des noms à certains ordinaux passablement grands, pour expliquer comment on va un peu au-delà de ce que j'y ai déjà expliqué (dans la terminologie utilisée dans cette entrée, précisément ici, il s'agit de façon générale de refléter le niveau 2-ou-3 au niveau 1). Je voudrais d'ailleurs en parler dans ce blog un de ces jours, mais je cours après le temps. Toujours est-il que je suis tombé sur un certain nombre de subtilités qui m'avaient échappées — voir l'historique de l'article en question pour les détails — et je me suis pas mal arraché les cheveux parce que je m'embrouillais dans tous les sens. Peut-être qu'un article Wikipédia n'est pas le meilleur cadre pour coucher mes explications.
  • Il semble que mon appel ait été entendu : Nestlé s'est mis à faire du chocolat noir à la vanille. Il n'est pas aussi bon que celui de Bernachon (évidemment), mais il n'est quand même pas mauvais du tout. Quand les merles sont plus faciles à attraper que les grives…
  • Et pour finir, voici une vache complètement gratuite [enfin, sauf quand imgur.com décide de ne pas marcher, bouh hou hou].

(dimanche)

Nouveau GPS

J'ai de nouveau attrapé une saleté de rhume (immédiatement après être rentré de la montagne) ; c'est certainement ma maman qui me l'a passé. Mon Poussinet l'a eu lui aussi, mais ça ne semble pas lui avoir fait beaucoup d'effet, alors que moi je suis complètement KO. Pour passer le temps, je vais vous parler de mon nouveau récepteur GPS.

Je m'étais acheté un GPS il y a cinq ans et demi, un Garmin eTrex Venture CX, pour aller à la montagne, et ce GPS n'avait pas tenu très longtemps puisque j'en avais cassé l'écran il y a deux ans — pas au point de le rendre inutilisable, mais suffisamment pour que je cesse de m'en servir et que je le donne à mon Poussinet. J'ai décidé de faire comme mon papa (qui est complètement gadgetophile et s'achète notamment des GPS comme si c'étaient des petits pains) et d'en prendre un nouveau : cette fois c'est un Garmin eTrex 20 (ne cherchez pas la logique dans les noms).

Il y a eu des progrès certains en cinq-six ans : pour commencer, le nouveau récepteur m'a coûté moins cher (environ 200€ contre environ 300€ en 2007) ; ensuite, il est plus petit et plus léger, et aussi plus réactif dans son interface. Le système GPS a l'air d'avoir lui-même progressé : alors qu'auparavant il fallait laisser la bestiole allumée pendant une minute ou plus pour avoir un premier positionnement (le temps d'acquérir l'éphéméride des satellites visibles), mon nouveau récepteur l'obtient en seulement une dizaine de secondes — je ne sais pas comment ils ont amélioré ça ; par ailleurs, mon récepteur capte aussi le système russe ГЛОНАСС (j'attends avec impatience le moment où l'Europe sera moins ridicule et qu'on trouvera des récepteurs qui gèrent aussi Galileo).

Il y a quand même quelques petites choses qui m'ont énervé. Par exemple, ça semble quasiment impossible d'obtenir l'affichage de l'heure à la seconde près (la seule façon que j'aie trouvé demande de reconfigurer l'affichage du mode « boussole » et c'est lourdingue) : c'est vraiment absurde quand on pense que le concept même du GPS exige qu'il connaisse l'heure à quelques nanosecondes près, qu'il ne daigne pas afficher les secondes ! Et j'aimerais bien pouvoir m'en servir pour mettre ma montre à l'heure. Aussi, il ne semble plus possible de rentrer des caractères accentués dans les noms des points enregistrés (c'est peut-être parce que j'ai choisi de mettre l'interface en anglais, mais ce n'est pas une raison valable). Je ne trouve plus le mode « couper la réception GPS » qui était utile si on voulait juste regarder quelque chose sur la carte à l'intérieur sans que l'appareil se plaigne qu'il ne sait pas où il est. Et globalement je trouve l'interface un peu moins évidente que dans le précédent, mais c'est peut-être juste une question d'habitude (et ça reste assez mineur).

L'interface avec l'ordinateur a changé : auparavant l'exportation des points et traces enregistrés se faisait de façon assez fastidieuse, maintenant le GPS apparaît comme un périphérique USB de type mass storage contenant des fichiers au format GPX qu'il suffit de copier, c'est beaucoup plus agréable (et de toute façon, l'ancien mode a l'air toujours disponible, si on veut). Les traces elles-mêmes sont enregistrées de façon plus précises (ou plutôt, au moment de les sauvegarder, le précédent GPS les comprimait de façon à retirer plein d'informations utiles : l'actuel ne le fait pas).

Ce qui est con, en revanche, c'est qu'une fois une trace enregistrée, on peut facilement revoir plein de choses à son sujet (son apparence sur la carte, sa distance totale, l'aire entourée, les altitudes maximale et minimale, et même le profil d'altitude) mais une chose que l'appareil est très réticent à donner, c'est la moindre information sur le temps : la seule façon que j'aie trouvé de connaître l'heure enregistrée pour le début et la fin de la trace, c'est de parcourir le profil d'altitude (!) puisqu'il indique effectivement le temps et l'altitude ; et pour ce qui est de savoir le temps qu'on a mis pour aller du point A au point B à l'intérieur de la trace, c'est essentiellement impossible, ce qui est quand même profondément idiot vu que l'information est bien enregistrée.

Enfin, il y a les cartes. Les récepteurs Garmin utilisent un format de carte propriétaire complètement pourri, le format gmapsupp.img : celui-ci ne fait pas exception — mais ce qui a changé c'est que le format semble avoir été beaucoup mieux reverse-engineeré qu'il y a cinq ans, peut-être avec la bienveillance de Garmin, qui semble en tout cas avoir explicitement prévu la possibilité d'utiliser plusieurs cartes de différentes sources, et en tout cas il est maintenant raisonnablement facile de convertir des données OpenStreetMap à ce format et donc d'afficher ces données sur le récepteur. (Les instructions sont ici et .) Le résultat n'est pas parfait (par exemple, quand j'étais à Métabief, je voyais régulièrement un bug bizarre faisant que des traits quelconques sur la carte étaient étiquetés Mouthe ou Pontarlier : certes, on n'était pas très très loin, mais ils n'étaient clairement pas au bon endroit ; je ne sais pas si la faute est due aux données OpenStreetMap qui auraient mis l'étiquette sur le mauvais type d'objet ou bien au logiciel de conversion, ou encore au récepteur lui-même). Mais c'est toujours mieux que ce que j'avais sur le récepteur précédent (des données IGN apparues sur mon disque dur suite à une cascade de rayons cosmiques et exportées vers le récepteur par un programme complètement pourri tournant sur un Windows XP dans une machine virtuelle).

(samedi)

Souvenirs de la station de Métabief

J'avais déjà un peu raconté mes impressions à remonter sur des skis après avoir complètement arrêté pendant 18 ans. Le fait d'avoir arrêté pendant quatre ans de plus (si on ne compte pas une heure de snowboard en débutant) ne change pas grand-chose : il est toujours vrai que je n'ai pas trop perdu en technique et que j'ai, par contre, perdu en motivation et en confiance. Ce qui change, par contre, c'est que je suis retourné à Métabief[#], la station de mon enfance où ma famille a un appartement : j'y étais bien allé il y a deux ans, mais la neige n'était pas là donc je n'avais pas skié. Cette année, au contraire, l'enneigement est excellent. Bref, aujourd'hui, j'ai skié à Métabief pour la première fois depuis 22 ans. (J'ajouterai peut-être quelques traces GPS si j'en ai la patience — je me suis acheté un nouveau GPS, un Garmin eTrex 20, dont il faudra que je reparle — mais ce n'est pas le moment. Ajout () voici un fichier KML qu'on peut ouvrir dans Google Maps ou Google Earth. Concernant le GPS, voir l'entrée suivante.)

Me voilà donc, entre les moments passés à pester que j'ai froid au bout des doigts et que mon poussinet m'embête à vouloir faire prendre au vieux papy que je suis uniquement des pistes rouges ou noires, à essayer de me souvenir de comment les choses étaient autrefois.

Et c'est une sensation très curieuse que de ne quasiment rien reconnaître, et de se demander la part de ce que j'ai simplement oublié et de ce qui a vraiment pu changer (parce que, indiscutablement, des choses ont changé dans la configuration des pistes et des remontées mécaniques — ou même dans la topographie puisque des travaux ont été faits pour remodeler certains endroits).

J'étais fermement persuadé, par exemple, que vers 1990 les principales pistes pour descendre du point culminant (le Morond, 1420m, on ne rigole pas) jusqu'à la base de la station étaient une verte, une bleue et une rouge ; or maintenant il y a une verte, une rouge et une noire — alors que dans mon souvenir il n'y avait qu'un minuscule petit bout de noire, par ailleurs toujours fermé. Est-ce que mon souvenir est faux, est-ce que les couleurs ont simplement été modifiées (la bleue devenant rouge et la rouge noire), ou est-ce que les modifications sont plus subtiles ? Où trouver des informations à ce sujet ?

Il y avait plein de vieux plans des pistes dans notre appartement (que ma grand-mère a acheté à peu près à l'époque de l'ouverture de la station), mais une de mes cousines semble avoir fait le ménage et tout a disparu. Où trouver ça maintenant ? Il y a bien un certain nombre de renseignements sur l'histoire de la station dans ce thread (dont un message qui évoque au passage une piste bicolore, ce serait peut-être un bout d'explication de mon souvenir), mais, outre que la consultation m'en est excessivement difficile avec la connexion Internet que j'ai en ce moment, j'ai l'impression qu'il se concentre plus sur les remontées mécaniques que sur le plan des pistes (et que les seuls plans scanés sont soit illisibles soit trop récents).

J'éprouve toujours une sensation de frustration impuissante quand de l'information disparaît, crainte qui me motive à consigner de façon un peu maniaque tout ce que je peux enregistrer. Par exemple, dans mon journal, pour l'après-midi de ski d'aujourd'hui :

Skié à partir de 13h40. Avons fait une première montée par le télésiège du Morond et descendus (un peu par erreur) par la piste rouge (« Berche »), puis remontés en haut à 14h20. Descendus cette fois vers Piquemiette (par les pistes « Troupézy » et « Raccourci » puis, à 14h30, une moitié du télésiège des Chamois). Je suis tombé sur la piste noire de Piquemiette (la « Compétition ») à 14h45, et je me suis plaint de m'être mouillé. Sommes revenus (par le téléski du Signal à 14h55, la piste « Source », et les télésièges des Chamois et du Troupézy) sur le Morond (15h40).

Descendus (par la « Belette » et la « Fraisier ») sur Longevilles à 15h45 où il y avait foule au téléski pour remonter (parce que seul un sur deux fonctionnait) : on a patienté jusqu'à 16h pour le prendre. Revenus au Morond par la piste « Chevreuil » et le télésiège du Paradis (16h30). Puis redescendus tranquillement (à partir de 16h40).

Redescendus sur Métabief à 16h55.

En comparant avec les traces GPS, et en enregistrant le plan des pistes actuel, je serai certain qu'on ne pourra pas m'arnaquer à l'avenir !

[#] C'est d'ailleurs vraiment pénible d'écrire une entrée dans mon blog à travers un téléphone en tethering, faute d'aucun autre accès à Internet.

(mercredi)

Petite comparaison entre Online (Dedibox) et OVH (Kimsufi)

J'administre deux serveurs personnels distants, chez deux hébergeurs différents pour ne pas mettre mes œufs dans le même panier : j'ai une machine (spica.gro-tsen.net, située physiquement, je crois, à Roubaix) chez OVH (dans leur gamme Kimsufi), qui me sert de serveur Web et via laquelle vous êtes probablement en train de lire ces mots si vous êtes connectés sur www.madore.org, et une autre chez Proxad/Online (dans leur gamme Dedibox), qui me sert de serveur mail (mais j'administre autant que possible de manière à prévoir la possibilité d'une transition rapide de l'un vers l'autre en cas de pépin). Le serveur mail s'appelait aldebaran.gro-tsen.net jusqu'à récemment, mais comme l'hébergeur va fermer ce datacenter (situé physiquement à Bezons), j'ai été prié de migrer vers une nouvelle machine, que j'ai baptisée achernar.gro-tsen.net (et qui se trouve à Vitry-sur-Seine). La migration est toujours quelque chose d'un peu fastidieux, parce que j'en profite pour remettre un coup de balais dans mes configs, et découvrir le nombre terrifiant d'endroits où les adresses des serveurs ont été rengistrées ; mais je crois que tout s'est déroulé sans problème, et aldebaran va pouvoir tranquillement faire une supernova dans quelques jours.

Je devrais sans doute dire un mot de mon avis relatif sur ces deux hébergeurs, mais la comparaison n'est pas évidente. La Dedibox me coûte moins cher (11.95€/mois TTC — soit dit en passant je déteste cette manie qu'ils ont de n'afficher que des prix hors taxes : il me semblait même vaguement que c'était interdit en France) que la Kimsufi (17.93€/mois) ; la machine est aussi moins puissante (processeur VIA Nano U2250 simple cœur à 1.6GHz pour achernar contre un Intel Pentium E2180 double cœur à 2GHz pour spica) et a moins de disque dur (160Go contre 250Go — il semble qu'OVH ait étendu ses offres depuis) ; mais il faut dire que j'ai l'offre la moins chère chez Dedibox, et la deuxième moins chère chez Kimsufi : je regrette surtout que Dedibox ait laissé un gap aussi important entre leur prix d'appel (vraiment attractif) et le cran suivant qui me semble un peu prohibitif.

Mais il n'y a pas que ça qui compte. Par exemple, il y a la connectivité réseau : pour ça, la Dedibox, qui est connectée en gigabit, explose la Kimsufi : en testant depuis ma machine du bureau (qui a elle-même une connectivité de malade) j'ai un débit au niveau TCP/IPv4 qui dépasse 90Mo/s vers achernar (et 65Mo/s dans l'autre sens, je ne sais pas pourquoi c'est asymétrique), contre seulement 11Mo/s vers spica (symétriques). En IPv6, les chiffres de 90Mo/s et 65Mo/s sont à réduire à 65Mo/s et 50Mo/s (la machine Kimsufi garde 11Mo/s, c'est vraiment la connexion Ethernet qui limite).

Parlant d'IPv6, Proxad/Online fournit maintenant un /48 sur ses Dedibox (ils ont mis longtemps à s'y mettre) alors qu'OVH ne fournit qu'un /64 sur ses Kimsufi : mais bon, à vrai dire, je n'ai pas vraiment besoin d'autant d'adresses pour une seule machine de toute façon ; en contrepartie, la procédure pour récupérer le /48 de la Dedibox est plus lourde puisqu'il faut faire tourner un client DHCPv6 pour faire une demande de délégation de préfixe. Un truc vraiment pénible, en revanche, c'est qu'on n'a pas du tout de reverse DNS sur la plage d'adresses IPv6 allouées à la Dedibox (il paraît que c'est prévu, mais quand on connaît Proxad, prévu peut vouloir dire prévu pour dans dix ans), alors qu'OVH fournit de quoi en enregistrer (même si j'aurais préféré avoir délégation sur la zone). [Mise à jour : depuis septembre 2013, les Dedibox ont un préfixe IPv6 sur lequel on peut obtenir délégation du reverse DNS.]

Dans le genre de détails qui comptent, OVH fournit un serveur NTP de strate 1 (ntp0.ovh.net) situé à moins de 1ms de latence réseau, alors que Proxad/Online a certes mis en place deux serveurs (ntp1.online.net et ntp2.online.net), mais ils ne sont synchronisés à rien et renvoient une heure complètement fausse (près d'une demi-seconde d'erreur pour le second) : voilà qui n'est vraiment pas sérieux.

La console de gestion me semble de qualité comparable chez les deux hébergeurs (mais je n'ai pas cherché des fonctions très avancées).

Dans l'ensemble, je pense que Dedibox gagne (légèrement) la comparaison, du moins si on est prêt à fermer les yeux sur le manque de sérieux et de réactivité de leur part. Ils gagneraient largement à mes yeux s'ils introduisaient une offre à prix intermédiaire entre 12€ et 35€ par mois (pour une machine double cœur avec plus de disque) qui manque vraiment. À l'inverse, Kimsufi gagnerait à proposer une connexion Ethernet gigabit.

(vendredi)

Y a-t-il des domaines que la science a oubliés ?

Au cours de mes pérégrinations mathématiques intempestives, je me suis intéressé à un domaine appelé la α-récursion : mon propos n'est pas — pour l'instant… — d'en parler ni même de décrire de quoi il s'agit (disons juste qu'il est question de généralisation des machines de Turing pour faire des calculs sur des ordinaux ; soit dit en passant, l'article Wikipédia sur le sujet est totalement incompréhensible, mais je n'ai pas le temps de le réécrire maintenant). J'ai donc consulté pas mal d'articles sur le sujet pour essayer de me faire une idée de ce qu'on sait et d'avoir la réponse à certaines questions, et j'ai rapidement remarqué une chose : tous ces articles ont été publiés dans les années '60 ou '70. Bien sûr, ce n'est pas toujours facile d'avoir du recul sur ce qu'est devenu un sujet (notamment parce que si les articles citent des articles antérieurs, il est plus difficile d'aller en avant dans le temps et de trouver la descendance intellectuelle d'une idée — même si Google peut aider), mais j'ai bien l'impression que le sujet a été complètement abandonné[#] depuis 30 ans. Tous ceux qui l'ont inventé ou développé sont partis à la retraite ou passés à autre chose (ou simplement décédés). J'ignore si c'est par lassitude, parce que le sujet devenait trop technique, par manque de résultats nouveaux à explorer, ou pour quelque autre raison.

Évidemment, le savoir n'a pas disparu, puisque les articles publiés existent encore, et sont généralement trouvables même sous forme numérique (ou, s'agissant des livres et des actes de conférences, sur des sites pirates russes). Néanmoins, une bonne partie figure dans des thèses qui ne sont pas disponibles en ligne (et probablement pas disponibles tout court à moins d'avoir recours à une procédure extrêmement lourde de prêt inter-bibliothèque), ou dans des notes de cours polycopiées encore plus introuvables[#2]. Et je ne parle pas des arguments dans les démonstrations qui sont probablement familiers aux experts mais pas à quelqu'un qui essaie d'apprendre le sujet (normalement, dans ce cas, on peut demander à un expert, mais s'ils sont tous partis à la retraite c'est moins évident…).

Je me demande, du coup, à quel point le phénomène est fréquent : quelles autres branches de la science ont disparu sans bonne raison (c'est-à-dire sans que leur objet d'étude disparaisse lui-même ou, s'il s'agit d'une science appliquée, qu'il perde son utilité), sans être non plus absorbées par un domaine plus général ? Y a-t-il des choses qu'on étudiait au XIXe siècle et que plus personne ne connaît ? S'agissant des maths, par exemple, y a-t-il des choses qui auraient semblé évidentes à des experts en 1880 (disons) et que maintenant plus personne ne saurait démontrer ? (En ingénierie, ça me surprendrait beaucoup moins, évidemment : je suppose par exemple que le béton a fait oublier beaucoup de techniques de construction antérieures.)

Et aussi, si des domaines peuvent être oubliés de la sorte, ça incite aussi à se demander s'il y en a qu'on a pu complètement passer à côté. Je dis souvent au sujet de la théorie combinatoire des jeux à la Conway que ça ressemble à des maths faites par des extra-terrestres, et que si la toute petite clique qui l'a mise à jour (Conway, Berlekamp et quelques autres) n'avait pas été là, on n'en aurait jamais rien su. Il en est sans doute de même des théories de Shinichi Mochizuki qu'il est le seul à comprendre et qui démontrerait peut-être la conjecture ABC. Quand on regarde la classification des mathématiques, on peut facilement s'imaginer que ça recouvre tout ce qui est possible, mais on peut aussi se dire au contraire qu'il doit y avoir d'énormes trous.

[#] Bien sûr, rien n'est jamais complètement abandonné, et il est toujours possible que les choses reviennent ; j'ai d'ailleurs l'impression qu'il y a des gens qui s'amusent à réinventer la roue sans clairement expliquer le rapport avec le sujet tel qu'il existait antérieurement — c'est un peu pénible.

[#2] J'aimerais, par exemple, mettre la main sur des notes d'un certain Leo Harrington intitulées Kolmogorov's R-operator and the first nonprojectible ordinal, mais l'auteur est apparemment à la retraite ou ne lit pas son mail. S'il ne répond pas au courier papier que j'ai envoyé, je vais essayer auprès de ses anciens élèves ou auprès de MathOverflow, mais je ne suis pas persuadé d'y arriver.

Continue to older entries. / Continuer à lire les entrées plus anciennes.


Entries by month / Entrées par mois:

2017 Jan 2017 Feb 2017
2016 Jan 2016 Feb 2016 Mar 2016 Apr 2016 May 2016 Jun 2016 Jul 2016 Aug 2016 Sep 2016 Oct 2016 Nov 2016 Dec 2016
2015 Jan 2015 Feb 2015 Mar 2015 Apr 2015 May 2015 Jun 2015 Jul 2015 Aug 2015 Sep 2015 Oct 2015 Nov 2015 Dec 2015
2014 Jan 2014 Feb 2014 Mar 2014 Apr 2014 May 2014 Jun 2014 Jul 2014 Aug 2014 Sep 2014 Oct 2014 Nov 2014 Dec 2014
2013 Jan 2013 Feb 2013 Mar 2013 Apr 2013 May 2013 Jun 2013 Jul 2013 Aug 2013 Sep 2013 Oct 2013 Nov 2013 Dec 2013
2012 Jan 2012 Feb 2012 Mar 2012 Apr 2012 May 2012 Jun 2012 Jul 2012 Aug 2012 Sep 2012 Oct 2012 Nov 2012 Dec 2012
2011 Jan 2011 Feb 2011 Mar 2011 Apr 2011 May 2011 Jun 2011 Jul 2011 Aug 2011 Sep 2011 Oct 2011 Nov 2011 Dec 2011
2010 Jan 2010 Feb 2010 Mar 2010 Apr 2010 May 2010 Jun 2010 Jul 2010 Aug 2010 Sep 2010 Oct 2010 Nov 2010 Dec 2010
2009 Jan 2009 Feb 2009 Mar 2009 Apr 2009 May 2009 Jun 2009 Jul 2009 Aug 2009 Sep 2009 Oct 2009 Nov 2009 Dec 2009
2008 Jan 2008 Feb 2008 Mar 2008 Apr 2008 May 2008 Jun 2008 Jul 2008 Aug 2008 Sep 2008 Oct 2008 Nov 2008 Dec 2008
2007 Jan 2007 Feb 2007 Mar 2007 Apr 2007 May 2007 Jun 2007 Jul 2007 Aug 2007 Sep 2007 Oct 2007 Nov 2007 Dec 2007
2006 Jan 2006 Feb 2006 Mar 2006 Apr 2006 May 2006 Jun 2006 Jul 2006 Aug 2006 Sep 2006 Oct 2006 Nov 2006 Dec 2006
2005 Jan 2005 Feb 2005 Mar 2005 Apr 2005 May 2005 Jun 2005 Jul 2005 Aug 2005 Sep 2005 Oct 2005 Nov 2005 Dec 2005
2004 Jan 2004 Feb 2004 Mar 2004 Apr 2004 May 2004 Jun 2004 Jul 2004 Aug 2004 Sep 2004 Oct 2004 Nov 2004 Dec 2004
2003 May 2003 Jun 2003 Jul 2003 Aug 2003 Sep 2003 Oct 2003 Nov 2003 Dec 2003