David Madore's WebLog: 2004-10

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in October 2004 / Entrées publiées en octobre 2004:

(dimanche)

Stop ?

Non, pas stop. Enfin, pas pour le moment. Je pense que je vais encore écrire dans ce blog à l'avenir. Pour l'instant, d'une part je me sens dépassé par les événements et d'autre part je suis trop occupé à rédiger ma thèse.

(jeudi)

Ras-le-bol

J'en ai marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre marre.

Ça devient niveau Alizée, là. Désolé.

(lundi)

La magie me manque

La magie me manque. Je ne parle pas seulement du monde d'Anecdar, mais, sur un plan plus large, le monde de l'imaginaire et de la magie, les licornes, les sorciers, les magiciens, les fées, les Elfes et tout ce qui peuple nos contes d'enfants, aujourd'hui des créatures disparues, à qui je dédiais (il y a dix ans déjà !) ma dernière tentative pour raconter une histoire d'une certaine ampleur.

Je ne crois pas avoir perdu l'inspiration que j'avais dans ma jeunesse, même si je fais peut-être moins appel à elle dans la manière dont j'avais coutume de l'exercer. Mais j'ai probablement moins d'indulgence à mon propre égard, aujourd'hui, pour me permettre d'écrire les phrases — oserai-je le mot ? — candides que je m'appliquais à former autrefois. Je croyais qu'il suffisait d'utiliser quelques mots sophistiqués dans une construction grammaticalement correcte (avec plein d'adverbes) pour faire de la littérature ; s'il y a quelques phrases dont je suis content ([Ardemond] disparut soudainement, ne laissant derrière lui qu'une vague odeur de fleur d'oranger fanée et un souvenir de cheveux blancs), j'ai maintenant du mal à relire sans tiquer un paragraphe aussi enfantin que :

Karine et Kormor avaient chevauché sans répit pour leurs montures pendant quinze jours. Enfin, à l'aube de ce jour crucial, la ville de Tekir leur était apparue, avec sa soudaineté habituelle, comme ils étaient presque à son seuil. L'Egarthkúr jouait avec les premiers rayons du soleil et la Ville Éternelle étincelait de pureté, inconsciente de ce manteau de ténèbres qui lentement recouvrait les Royaumes comme un linceul obscur.

(Argh ! voilà des comparaisons qui ont la légèreté gracile d'un chevalier en armure de plate complète.)

Mais je suis sévère envers moi-même. Si j'ai fait quelque progrès en expression depuis (ce qui, d'ailleurs, n'est pas sûr, car j'ai troqué certains travers pour d'autres), c'est parce que je me suis permis d'écrire sans me censurer : qu'à force de s'appliquer même l'esprit le plus obtus acquiert une mesure d'aisance. Et surtout, ces mots que j'alignais avec enthousiasme naïf étaient le fluide de mes songes (aïe, encore une image facile) : je n'ai jamais écrit pour être lu, je l'ai fait pour moi-même, pour conserver mes rêves.

Je suis encore un enfant (ou, du moins, je voudrais penser que je le suis resté, que la meilleure part de moi-même a subsisté), et j'ai encore ce besoin de croire à la féerie dans un monde qui n'y laisse pas assez place. Il y a une (et il n'y a qu'une) façon pour un être rationnel et cartésien de croire à la magie, c'est de la créer lui-même, c'est-à-dire par la fiction[#], soit en étant spectateur ou lecteur (ce qui est déjà un processus de création), soit en étant artiste. Or la création des autres correspond assez mal à ma propre imagination, et je préfère donc souvent façonner des mondes, à ma mesure, qu'adopter ceux que d'autres ont établis.

Je devrais donc sans doute me remettre à écrire, librement et sans contrainte, quelque chose d'un peu plus vaste que des fragments littéraires gratuits. Je me demande d'ailleurs si l'écriture de ce genre (surtout étant donné qu'il ne s'agit pas vraiment d'atteindre quelque chose de « sérieux et abouti ») peut se faire par blog interposé (dans les deux cas il s'agit d'une sorte d'exutoire), sous forme de feuilleton.

[#] Je pense d'ailleurs que la « magie-fiction » (la heroic fantasy et tout ce qui tourne autour) a, à ce titre, beaucoup plus d'intérêt que la science-fiction. La science-fiction, finalement, ne m'intéresse que modérément, puisque je peux faire de la science (j'exagère : je ne peux pas voyager dans des galaxies lointaines, évidemment), alors que la magie-fiction est tout ce qui peut me tenir lieu de magie. Il est cependant vrai que du point de vue du développement de l'intrigue, la magie pose souvent des difficultés irréductibles, car, et c'est à la fois son intérêt et son problème, elle rend obscures les limites du possible et de l'impossible : il faut souvent avoir recours au symbolisme pour déterminer ce qui sera permis, et ce n'est guère facile.

(dimanche)

Infinite repetita placent

Je pourrais recommencer à me lamenter : soit essayer de redire les choses () différemment (non nova sed nove), soit au contraire recopier verbatim ce que j'ai déjà écrit, puisque les circonstances n'ont pas changé d'un iota (pourquoi auraient-elles changé ? il n'y a rien de nouveau sous le Soleil — en tout cas, pas pour moi). Mais je crois que j'en ai marre de radoter, et que la réitération ad nauseam des mêmes schémas d'événements ne justifie pas qu'on ajoute au comique de répétition celui du renouvellement de l'éternelle complainte c'est vraiment trop injuste (© David Madore 1976–2004) : après tout, relire ce que j'ai déjà écrit (cf. les entrées liées ci-dessus) m'écœure déjà assez, et l'idée qu'il me reste peut-être le double d'années à vivre, tout aussi stériles et vaines, que j'en ai déjà vécues, me donne positivement la nausée. En fait, il y a des sentiments qu'il vaut probablement mieux garder pour soi-même, car l'expression de la sympathie à leur sujet a plutôt tendance à susciter l'agacement que le réconfort. Dont acte : je me tais.

(samedi)

Lassitude

Je suis fatigué. Je suis mort de fatigue. J'ai envie de dormir quelques siècles.

(Friday)

Math is hard

One of the reason I didn't study computer science is that it is a pit of despair: as far as practical problems are concerned, nobody has yet come up with a programming language that is really usable (so everyone writes stuff in C, which is the moral equivalent of writing in English in iambic pentameters without the letter ‘e’—that is, sheer masochism—,or C++, which is worse; and high-level languages simply don't work); as for theoretical problems, they are sitting in a kind of limbo between mathematics and theology. Anyway.

But math is also a source of despair, when one reflects on how little one can prove and how many simple questions are left open and probably will remain so for a long time.

It is easy to concoct a math problem which is understandable by anyone and which is probably bound to remain unsolved for a really long time. Perhaps the simplest example is the so-called Syracuse problem (on the Collatz sequence), namely: start with a positive integer n, and, so long as it is not equal to 1, repeat the following: if it is even, divide it by two, and if it is odd, multiply it by three and add one (for example: 7 → 22 → 11 → 34 → 17 → 52 → 26 → 13 → 40 → 20 → 10 → 5 → 16 → 8 → 4 → 2 → 1); the conjecture states that, whatever the starting integer, the sequence will eventually reach 1 (after which it would go into the loop 1 → 4 → 2 → 1 if it is continued; the question is essentially whether there exist other loops than that which starts from 1). It has been verified experimentally for a huge number of starting values, but so far as I know, nobody has been able to come up with a proof (or, at least, a published proof which has passed peer-review: because there are certainly hundreds of crackpot-generated proofs on the Web). Of course, nobody (almost no real mathematician, I mean) is seriously interested in this particular problem, so it isn't a surprise that no progress is being made; all the same, it is probably a very hard problem.

Here's one, however, that is of much greater theoretical interest, which is “probably not false” (as I heard Swinnerton-Dyer call it), and which is hopelessly out of reach of the present techniques of mathematics. Let F1,…,Fk be k polynomials (in one variable x) with integer coefficients and positive leading coefficient, and assume the product F1·…·Fk of all the Fi is not constantly divisible by some prime p (for example, x²+x is always even—assume that sort of thing doesn't happen): then [the conjecture states that] there are infinitely many integer values of x such that the Fi(x) are all simultaneously prime. This is called Schinzel's (H) hypothesis (or sometimes the Schinzel-Sierpiński hypothesis). Even in the simple case where one takes the two polynomials x and x+2, the Schinzel hypothesis implies the twin primes conjecture, which is far from proven. Similarly, Schinzel's hypothesis implies that there are infinitely many primes of the form 6q²+1 where q itself is prime, and many other things of the same form.

Here is another conjecture, which is about of the order of difficulty of Schinzel's hypothesis (i.e., probably not false, but unattainable): assume t1,…,tr are r complex numbers that are linearly independent over the rationals, meaning that if c1,…,cr are r rationals such that c1·t1 + … + cr·tr = 0, then all the ci are zero (for example, 1, √2 and 2iπ are linearly independent over the rationals); then [the conjecture states that] out of the 2r complex numbers t1,…,tr,et1,…etr (in other words, add the exponentials of the ti to the list), there are at least r which are algebraically independent (over the rationals), meaning that if some polynomial with rational coefficients in r variables vanishes when applied to the r quantities in question, the polynomial is identically zero. This is known as Schanuel's conjecture. If applied in the particular case of 1, √2 and 2iπ, Schanuel's conjecture implies that the three quantities e, e√2 and π are algebraically independent, which in turn implies the transcendence of such quantities as e+π which is still an open problem. Schanuel's conjecture is a kind of holy grail in transcendental number theory.

In comparison to Schinzel's hypothesis or Schanuel's conjecture, the seven problems whose head is at stake for $1000000 are presumably quite easy (in fact, at least one—namely the Poincaré conjecture—can now be considered as good as solved, thanks to Perelman).

It is not unthinkable that these problems should be undecidable; however, the tools available for proving the undecidability of a mathematical statement are even more inadequate, in this case, than those that might attempt to prove the statement… (I let those with some knowledge in logic reflect upon what happens when one iterates the construction is undecidable to transfinite heights).

(mercredi)

Quelle est la couleur du cheval blanc d'Henri IV ?

Quelques petites questions faciles (merci à Pascal pour me les avoir communiquées) :

  1. Combien de temps a duré la guerre de Cent Ans ? 50 ans, 99 ans, 100 ans, ou 116 ans ?
  2. De quel pays est originaire le chapeau appelé un panama ? Brésil, Bolivie, Panama, ou Équateur ?
  3. En quel mois s'est déroulée (et est célébrée) la révolution d'octobre ? Août, septembre, octobre, ou novembre ?
  4. Quel était le prénom du roi d'Angleterre Georges VI ? Jean, Jacques, Georges, ou Albert ?
  5. De quel animal les îles Canaries tirent-elles leur nom ? Le chat, le cheval, le canari, ou le chien ?

Bien sûr, vous aurez deviné que la réponse correcte est à chaque fois la dernière. La guerre de Cent Ans a duré de 1337 à 1453 (voire plus longtemps si on l'arrête au traité de paix de Picquigny en 1475). Le panama est un chapeau fabriqué en Équateur (mais importé du Panama, d'où son nom). La révolution d'Octobre (sous-entendu : au calendrier julien) a eu lieu le 7 novembre 1917 au calendrier grégorien, et c'est ce jour-là qu'elle est célébrée. Le roi Georges VI du Royaume-Uni se prénommait Albert (plus exactement, il s'appelait Albert Frederick Arthur George Wettin de Saxe-Cobourg-Gotha puis Windsor), il a pris le nom de Georges pour régner, le même que son père (Georges V). Enfin, les îles Canaries tiennent leur nom du nom latin du chien, et l'ont donné à l'oiseau qui s'appelle maintenant ainsi.

Un peu évident, peut-être, mais tellement amusant…

(mardi)

Shark Tale

Je viens de voir Shark Tale (Gang de requins). Il y a du bon et du moins bon, alors autant commencer par le moins bon : l'intrigue est nulle, c'est plus une successions de scènes qu'une histoire, ou alors elle ne tient pas debout (même pas comme histoire comique je veux dire), les transitions sont parachutées ainsi que toute espèce de dénouement ou de changement de la situation ; de plus, le personnage principal (Oscar, le poisson) est assez peu attachant (enfin, c'est mon avis), ce qui est vraiment dommage pour ce genre de film ; enfin, plus anecdotiquement, la quantité de clins d'œil complices à la culture Hip-Hop-R'n'B-ou-apparentée finit par devenir lassante. À présent, je peux parler du bon : il y a des gags vraiment excellents, des transpositions (du monde des humains vers le monde sous-marin) absolument savoureuses, des mimiques faciales (ou autres plaisanteries graphiques) génialement réussies, des jeux de mots excellents ; la parodie du monde des parrains de la mafia est très bonne (sauf peut-être pour la pieuvre, qui gâche un peu l'ambiance) ; mais surtout, il y a Lenny (le requin qui a peur de faire son coming out comme végétarien) : et rien que pour la tête de Lenny, ça vaut la peine de voir ce film.

(lundi)

Quel magazine lire ?

Je me dis que je devrais lire un magazine périodique (hebdomadaire ou mensuel), ne serait-ce que pour garder une fenêtre ouverte sur l'extérieur (quelle expression idiote…), et aussi parce que ça fait plaisir de trouver un journal dans sa boîte aux lettres à intervalles réguliers. Je ne sais pas quoi choisir. J'ai été abonné à Têtu pendant passablement longtemps, parce que c'est essentiellement le seul magazine homo français, mais j'en ai finalement eu marre de leur style pseudo-branchouille, de leur absence complète de contenu (si c'est juste pour acheter l'image sur la couverture, autant prendre des livres de photos érotiques, on en a pour moins cher globalement) et de leur nullité éditoriale. Quand je vais chez mes parents, je lis leurs numéros de Télérama, mais, bon, pour ce que je regarde la télévision (c'est-à-dire, en gros : une fois par semaine, le dimanche, sur Canal+, pour la semaine des Guignols et le Zapping, plus de temps en temps quand je mange chez moi — ce qui n'est pas fréquent — ou quand il y a quelque chose de vraiment exceptionnel, peut-être un documentaire Arte par mois)… Quelque chose de plus tourné vers l'actualité, peut-être ?

Peut-être que ce qu'il me faudrait, pour satisfaire mes goûts éclectiques, c'est un abonnement combiné-aléatoire : régulièrement, on tire au hasard un magazine parmi une liste assez large définie à l'avance, et on me l'envoie. Malheureusement, la formule n'a pas l'air de se faire. Évidemment, je pourrais aller moi-même en kiosque acheter directement, mais ce n'est Pas Le Jeu®, et puis, il n'y a pas le plaisir dont je parlais de trouver le journal dans sa boîte aux lettres.

(lundi)

Vers un retour des commentaires ?

Je pense que je vais rétablir les commentaires dans pas trop longtemps. Avec les principes suivants :

Je devrais pouvoir mettre ça en place sans trop de mal, à partir de ce qui existe déjà. C'est en fait le dernier point qui poserait le plus de difficultés (il va falloir modifier la signature des tables de la base de données). La question se pose, aussi, de savoir si je cherche à trouver une solution pour qu'on puisse effacer facilement les commentaires qu'on a soi-même posté (par exemple, on pourrait en postant un commentaire recevoir un lien spécial permettant de l'effacer) ou si je ne me fatigue pas à faire ça.

Si vous trouvez qu'il y a un problème intrinsèque avec ces principes (que ce soit ça ne marchera jamais ou bien je refuse de commenter dans ces conditions !), n'hésitez pas à me le faire savoir (par mail, évidemment).

(samedi)

Rêves

Ça m'est arrivé une fois de plus cette nuit : je rêve que je m'endors à un endroit hostile ou inquiétant (en l'occurrence, emprisonné quelque part), puis je me réveille au cours de la nuit, et, dans l'obscurité complète de ma chambre, je ne vois pas mon environnement immédiat de façon à revenir aussitôt à la réalité, donc je reste sur l'impression de mon rêve. C'est tout à fait effrayant. Il est d'ailleurs étonnant de voir à quel point, après un rêve, les sentiments, ou même les conceptions erronées, que celui-ci nous impose, peuvent durer passablement longtemps alors même que nous sommes (en principe) éveillés. Pendant cette période d'onde bleue, il est d'ailleurs possible de continuer semi-consciemment l'histoire d'un rêve. Mais c'est surtout pour les idées absurdes que c'est étonnant : à moins de se forcer à les ré-analyser intelligemment, on peut continuer à penser quelque chose d'absolument faux en se réveillant, parce qu'on a eu cette idée dans un rêve ; je soupçonne que c'est d'ailleurs pour cette raison que les songes s'oublient aussi rapidement (sinon, nous resterions, sans nous en rendre compte, prisonniers d'idées absurdes que nous aurions eues pendant le sommeil).

Tiens, pendant une autre phase cette nuit (ou peut-être la même, après tout), j'ai rêvé que je me rasais la tête. Je me demande si je ne vais pas le faire, effectivement : j'en ai assez marre des cheveux longs, c'est pénible à laver (et j'en arrache plein en me coiffant), et puis ça me changera. C'est aussi moins cher et plus simple qu'aller chez le coiffeur.

(jeudi)

Quelques nouvelles rapides

La rédaction de ma thèse avance : je passe à l'écriture de l'introduction (qu'on garde toujours pour la fin…). Le reste peut être considéré comme bouclé (sauf, bien sûr, si quelqu'un trouve une faille quelque part — l'angoisse éternelle du matheux).

Une des choses merveilleuses, pour moi, avec le fait d'avoir un poste à l'ENS, c'est que non seulement je connais tellement de gens dans l'École que, dès que je veux faire une pause, je trouve toujours quelqu'un avec qui bavarder (collègue matheux, élève ou ancien élève), mais aussi que je peux aller dans mon bureau à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, si je veux rester à travailler jusqu'à minuit ça ne pose aucun problème, et ça c'est quand même parfait dans ma situation de thésard en fin de rédaction qui a des horaires typiques assez décalés. Je souhaiterais à tout le monde d'avoir une chance pareille !

Quelques soirées un peu occupées, quand même, histoire de ne pas faire que bosser. Hier soir je me suis encore collé (mais moins intensément) au BOcal, pour l'écriture du nº507. Ce soir j'ai dîné dans un bon restaurant argentin boulevard Saint-Germain (à deux pas de l'église intégriste Saint-Nicolas-du-Chardonnet) : il vaut mieux ne pas être végétarien, mais, si on aime la viande de bœuf (et, en dessert, la confiture de lait), c'est un régal. Demain soir, nouveau dîner entre amis.

Ce week-end, j'étais tenté d'aller fêter l'anniversaire de mon Mouton de petit-frère-adoptif à Lyon, mais je vais plutôt aller rendre visite à mes autres parents, ceux d'Orsay, qui ne m'ont pas vu depuis un bon petit bout de temps, en fait.

(mardi)

Le Pot, c'est bon

Tambours et trompettes, sonnez hautbois, résonnez musettes : le Pot, c'est-à-dire la cantine de l'ENS, a rouvert aujourd'hui après neuf ou dix mois d'absence (le temps de gestation chez les Pots ?). Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise, c'est que ce n'est plus comme âââââvant : disparues les tables et chaises en formica aux couleurs criantes qui faisaient tout le charme de ce restaurant depuis au moins une trentaine d'années, et surtout, finie l'obligation de s'asseoir dans l'ordre dans lequel on arrive, sans laisser de trous (contraignant, peut-être, mais à être ainsi forcé à manger à côté de gens qu'on ne connaissait pas, on faisait d'intéressantes rencontres — maintenant on pourra manger seul dans son coin, c'est bien triste). Fini le service à table, aussi, dans des saladiers en inox : maintenant, c'est un self tout ce qu'il y a de plus banal. Sic transit…

En fait, le pire, c'est sans doute plutôt que les anciens élèves n'ont plus le droit d'y manger (sauf à avoir, comme moi, une fonction officielle quelconque à l'ENS) ; enfin, ils n'avaient jamais eu ce droit, mais on avait toujours pu se refiler des tickets en douce : maintenant, on passe avec un badge sur lequel il y a un code-barre, et pour les extérieurs c'est 9€ le repas, pas 3.50€. C'est vraiment une possibilité de contact entre les générations qui disparaît, là.

(mardi)

Johann Pachelbel doit se retourner dans sa tombe

J'avoue que le célèbre Canon en ré majeur de Pachelbel est un de mes morceaux de musique préférés, et ce n'est pas tant pour le morceau lui-même que pour le jeu inépuisable de combinaisons et de variations auquel il a donné descendance : Pachelbel ad nauseam. Je viens justement de me commander trois CD (sur Amazon.com : 1, 2 et 3) entièrement remplis de bouillie de Pachelbel. Mais je me dis que le plus amusant, ce serait d'avoir un programme de méta-Pachelbel, qui, en fonction d'un certain nombre de paramètres réglables, produit un morceau sur le fameux ostinato. Bon, là où je suis très déçu, c'est que le principe quand on a une idée nacsze, il suffit d'appliquer un petit coup de Google-magic sur le nom le plus évident, et on apprend que quelqu'un l'a déjà réalisée ne semble pas s'appliquer : si je recherche méta-Pachelbel je ne trouve rien du tout (et pareil pour Pachelbel canon generator) — quelle déception.

(lundi)

Le théorème d'insynchronisabilité

Voici un petit résultat mathématique (je suppose qu'on devrait dire que ce n'est ni des mathématiques, ni de l'informatique, mais de la cybernétique) qui est totalement évident, mais qui me plaît beaucoup. C'est le théorème que j'appelle d'insynchronisabilité. De façon approximative (car il est plus difficile à formaliser qu'à démontrer) il stipule qu'il est impossible d'établir une communication fiable face à un canal qui peut être rompu (fiable au sens que si la communication n'est pas passée, les deux parties en communication sont d'accord sur ce fait — on ne va évidemment pas demander que des données puissent être transmises à coup sûr alors que le canal peut être rompu !). Imaginez par exemple un téléphone qui permettrait d'envoyer un SMS et qui préciserait soit SMS envoyé soit SMS non envoyé (échec) de sorte que le premier est affiché lorsque le central a bien reçu le message, et le second lorsque le central ne l'a pas reçu : cela n'est tout simplement pas possible (sauf trivialement en n'essayant jamais d'envoyer le SMS et en indiquant toujours un échec).

Le formalisme précis est le suivant : les deux agents possèdent chacun un état (pris dans un certain ensemble fini, disons) et possèdent un programme qui, en fonction de leur état antérieur et des messages reçus (ainsi que de l'initiation et de la terminaison du temps, qui est discret), leur permet d'envoyer des messages sur le canal et de changer d'état. Le canal est sans erreurs (si un message est reçu, c'est bien ce message-là qui a été envoyé par l'autre agent) mais avec pertes possibles (éventuellement limitées à la coupure subite du canal), et le canal ne donne pas de preuve de bonne réception du message de l'autre côté (sans quoi le problème serait trivialement résolu). Le but est d'arriver, en partant d'un état donné commun aux deux agents, d'établir un protocole (donc un programme pour chacun des agents) qui permet de se synchroniser sur un état commun, qui, si toutes les communications passent (resp. aucune communication ne passe) doit être différent de l'état initial (resp. identique à celui-ci), et qui doit être commun aux deux agents.

Une fois convenu le formalisme, la démonstration de l'affirmation est tout à fait évidente : il suffit de considérer, pour les deux agents et pour tout message reçu, quel sera l'état final de l'agent si ce message-là est le dernier message reçu : appelons-ça l'état asymptotique associé à cette réception de message. Par hypothèse de non trivialité, en présence de bonne communication, un certain message reçu provoque un changement de l'état asymptotique de l'agent qui le reçoit. Par hypothèse de synchronisation, l'agent qui a envoyé ce message devait avoir le même état asymptotique au moment de l'envoi. Par conséquent, si on supprime ce message (et tous les messages qui suivent), l'agent émetteur passe asymptotiquement dans l'état en question, alors que l'autre agent a un état asymptotiquement différent puisque justement il ne reçoit pas le message.

En clair, cette démonstration ne fait que rendre rigoureuse l'idée de l'accumulation des accusés de réception : si l'émetteur envoie un message, le récepteur devrait l'accuser pour s'assurer que l'émetteur ne va pas penser à tort (si on compare à un système sans accusés de réception) que le message a bien été reçu, et cet accusé de réception devrait lui-même faire l'objet d'un accusé de réception, et ainsi de suite, et le changement d'état ne serait possible que si une infinité d'accusés de réception arrivent bien.

Évidemment, le théorème d'insynchronisabilité cesse de s'appliquer si on permet aux agents de finir dans un état je ne sais pas si la communication a bien fonctionné, entendu que cet état ne doit pas être atteint en cas de communication parfaite (ou d'incommunication parfaite). Reste que c'est un résultat qui fait peur si on l'applique, par exemple, à un automate distributeur d'argent : si la rupture de communication entre lui et la banque (qui tient le compte de celui qui retire l'argent) est possible (ne serait-ce que parce que l'automate peut subitement tomber en pane complète, griller totalement, ou que sais-je encore) alors il y a nécessairement un scénario dans lequel soit on se retrouve avec des billets non débités sur le compte (et on peut se douter que les banques rendent ça impossible) soit on se retrouve avec un débit mais sans billets (et c'est ça qui fait peur).

Dans le même esprit, je devrais mentionner le théorème de Horvai, qui affirme que si, dans un programme ou système informatique quelconque, deux variables (deux informations quelconques) sont censées être maintenues synchronisées (donc elles sont redondantes), il y aura forcément un scénario qui les désynchronisera. Il s'agit là d'une loi empirique (le terme théorème est abusif) mais admirablement vérifiée dans la pratique.

Mise à jour (2004-10-12T23:45+0200) : On me signale deux articles (que je n'ai pas encore eu le temps de lire, j'ai seulement survolé les math reviews) ayant rapport avec ce théorème :

  • Michael J. Fischer, Nancy A. Lynch & Michael S. Paterson, Impossibility of distributed consensus with one faulty process, J. Assoc. Comput. Mach. 32 (1985) nº2 374–382.
  • Maurice Herliy & Nir Shavit, The topological structure of asynchronous computability, J. Assoc. Comput. Mach. 46 (1999) nº6 858–923.

Je devrais aussi, dans le même ordre d'idées, me renseigner sur le problème dit des généraux byzantins.

(dimanche)

Est-ce que la petite souris va passer ?

Demain lundi, à 14h, je me fais arracher ma dent (oui, d'accord, j'ai mis quatre mois à m'en occuper, mais apparemment ça n'aurait rien changé du tout).

(samedi)

Paris 2012 : who cares?

J'aimerais bien qu'on m'explique un peu la raison du matraquage publicitaire fait par la Mairie de Paris autour des Jeux Olympiques de 2012. S'il y a du lobbying à mener, c'est auprès du Comité International Olympique qu'il faut s'affairer, pas auprès des Parisiens (ou Franciliens, puisque la dernière campagne nous rappelle fièrement qu'il y a huit départements en Île-de-France — wow !) : les Parisiens n'y sont directement pour rien, ce ne sont pas eux qui vont décider de la question, et qu'ils soient convaincus ou non que c'est une bonne chose que les Jeux se déroulent à Paris ne va pas avoir énormément d'influence sur le choix final. À la limite, qu'on en parle une fois que Paris aurait été définitivement retenue, ça se comprend, mais pour l'instant, il y a encore un certain nombre de villes sur la shortlist. Et puis, je ne veux pas dire, mais 2012, c'est quand même loin : pour commencer, un bon dixième de la population française actuelle sera même morte en 2012 et n'en a rien à faire de savoir où les jeux auront lieu. D'accord, les Jeux Olympiques sont sans doute un événement important, mais les préparer huit ans à l'avance, ce n'est pas une certaine exagération ?

Mise à jour (2004-10-10T23:30+0200) : On me dit que la raison de cette campagne de pub est que le CIO, parmi les critères utilisés pour sélectionner la ville où se dérouleront les jeux, effectue des sondages pour évaluer la motivation de la population.

(vendredi)

Fragment littéraire gratuit #24 (image du coucher de soleil)

J'ai une vision d'un coucher de soleil. Je ne sais pas si cet instant a réellement existé, s'il a été peint par Lorrain, ou s'il est le résultat du syncrétisme de différents crépuscules réels, mais il est, pour moi, le coucher du soleil — l'archétype auquel je pense quand j'entends ces mots.

Les adeptes du zen pensent que le langage nous empêche de percevoir l'unité profonde de l'existence. Mon coucher de soleil est le mien, je ne peux pas le partager avec d'autres. Mais à tout moment, dans l'obscurité de la nuit ou bien perdu dans la tempête quand ciel et mer se confondent, je peux évoquer la sérénité de l'instant par le pouvoir incantatoire de cette simple formule, coucher de soleil ; le Petit Prince lui-même ne peut pas dire mieux. C'est là la véritable magie du Verbe : il ne vaut que par ce que nous lui associons.

(jeudi)

Du danger des chiffres trop précis

Si quelqu'un vous dit 34% de mes foobars sont bleutés, on peut en déduire qu'il possède au moins 29 foobars. Pourquoi ? Parce que toute fraction dont le dénominateur est inférieur à 29 est à une distance de 34/100 supérieure à 1/200, donc ne s'approche pas en 34%. Je laisse la démonstration de ce fait en exercice aux matheux (qui connaissent bien les propriétés de l'approximation diophantienne et l'algorithme d'Euclide). C'est là un des risques à donner des chiffres trop précis dans le calcul d'un rapport : il y a moyen de minorer le dénominateur de ce rapport. C'est assez évident pour pratiquement tout le monde quand on parle d'une proportion de 1% : cela implique qu'il y a au moins 67 objets mis en jeu (car 1/66 s'approche en 2% et non en 1%), mais tout rapport dans ce genre donne une minoration (sauf que dans beaucoup de cas elle n'est pas très intéressante : si on dit 17%, ça ne minore que par 6 le nombre de foobars). De même, si quelqu'un vous parle d'une proportion de 33.4%, on peut en déduire que cette proportion est prise sur au moins 287 objets ; une proportion indiquée de 42.85% implique forcément au moins 1181 objets ; et ainsi de suite (enfin, mon ainsi de suite est abusif : ce ne sont que quelques exemples, et la logique n'est pas forcément complètement évidente ; cependant, cela se calcule très facilement avec un ordinateur).

Il m'est arrivé au moins une fois de prendre quelqu'un en flagrant délit d'invention de statistiques pour une raison de ce genre (la donnée annoncée impliquait un nombre d'objets pour la statistique plus grand que ce qui pouvait exister, du style il n'y a que 24.8% de filles dans ma classe — bizarre, ça veut dire qu'il y a une centaine de personnes, c'est assez énorme ; je précise que je ne fais pas ça de tête !). Malheureusement, il est rare que les données s'y prêtent (les gens ont quand même tendance à diminuer la précision de leurs statistiques — et ils ont scientifiquement tout à fait raison de le faire, d'ailleurs), mais quand ça marche, c'est tellement rigolo.

C'est un exemple humoristique de statistique (démontrablement fausse, toujours pour la même raison) qui m'a rappelé cette histoire.

(mercredi)

Nº506

C'est fait (et évidemment ce n'est pas parfait), avec une quantité raisonnable de private jokes — et un bon nombre d'heures passées à hacker. Tout mon respect va à ceux qui se sont, par le passé, attelés à cette corvée, semaine après semaine, pendant des mois d'affilée : moi je doute que je donne plus qu'un coup de main symbolique pour les numéros ultérieurs.

(lundi)

Suis-je tombé dans le BOcal de potion magique ?

Je ne sais pas bien quelle idée saugrenue m'a pris de décider de prendre part à la rédaction du prochain numéro (506) du BOcal, le journal de l'association des élèves de l'ENS ; il faut dire que suite à des critiques émises contre les rédactions des deux précédents numéros (nº504 et nº505), un certain nombre de personnes appelaient de leurs vœux des changements dans l'équipe ou au moins dans la ligne éditoriale, donc Gaëtan, Gilles et moi avons voulu tenter l'expérience.

Bon, maintenant, moi, j'aurais d'autres choses à rédiger, en fait. Par exemple, une thèse de doctorat…

(lundi)

Génériques attaquent

J'allais vous parler ce soir de l'approximation des réels par les rationnels et comment l'appliquer pour montrer que certains chiffres statistiques sont inventés, mais j'ai eu l'idée farfelue de commencer à écouter une collection de fichiers MP3 de musiques de génériques des années '80, et me voilà retombé en enfance, lobotomisé, en train de chanter Capitaine Flam, tu n'es pas de notre galaxie![#] ou encore Le voilà, Albator, le capitaine Corsaire! — ahem, bref, pour les approximations des réels vous attendrez demain. En attendant, vous pouvez m'écouter me ridiculiser.

[#] Tiens, je n'avais jamais encore prêté attention à la ligne ton petit copain Ken, qui suggère de très multiples interprétations… La poupée Barbie est-elle en vérité l'avatar terrestre du sauveur de Mégara ? Les enquêteurs se penchent sur la question.

(Sunday)

Disabling comments

[Version française — plus détaillée — ci-dessous.]

I am deactivating the comments system for this blog: the comments posted on previous entries will still be readable (at least for some time: I will try to maintain them for as long as I can), but no new comments will be accepted (whether on future or past entries) until further notice.

Basically, I have been satisfied with the quality of the comments until roughly this summer. Since the end of August, it has been on a steep decline, and now it seems that the number of trolls or idiotic remarks has completely overwhelmed the few postings having anything interesting to say. Better for me to call the end of the game now than let the signal-to-noise ratio drop down to absolute zero: I do not intend my computer's disk space to serve as a scratch pad do any half-wit who thinks it funny to scribble some graffiti on the subway walls as though they were the words of the prophets. Sorry, you'll have to find another sandbox, folks.

I don't intend to lay blame, however: those people who had interesting things to say have apparently left the field, and I suppose it's my fault if I haven't been able to keep them interested. Or perhaps some are still reading the blog itself but do not wish to click on the comments link as nothing of interest can be found there.

Maybe sometime later I'll put the comments system back up—with changes—if I can find some mode of operation that will ensure some way of avoiding the worst. I guess the most promising is prior moderation (i.e., not letting anyone see the comments until I have approved them, and being much more stringent as to what I approve), like Garoo does; I'll think about it. I welcome any thoughts (by email: write to david+www[at sign]madore[dot]org) on the question, including the testimony of those who have posted interesting comments in the past and have ceased to do so, or those who have never posted any comments and might care to explain why.

[French version of the above—with more details.]

Je désactive le système de commentaires de ce blog : les commentaires déjà postés sur les entrées précédentes seront encore lisibles (au moins pour un certain temps : je tâcherai de les maintenir aussi longtemps que possible), mais aucun nouveau commentaire ne sera accepté (que ce soit sur les entrées futures ou passées) jusqu'à nouvel ordre.

Disons que j'ai été satisfait de la qualité des commentaires jusqu'à, en gros, cet été. Depuis le mois d'août, il a été en net déclin, et maintenant il semble que (sauf peut-être pour, par exemple, une discussion plutôt intéressante sur les frères Bogdanov) le nombre de trolls ou de remarques idiotes a complètement noyé les quelques posts ayant des choses intéressantes à dire.

Il est d'ailleurs caractéristique de voir comment le nombre de commentaires anonymes a augmenté. En soi, il n'y a rien de mal à poster anonymement : je comprends tout à fait, si on veut faire un commentaire ponctuel et qu'on ne veut pas s'embarrasser d'apprendre un nouveau mot de passe, qu'on utilise ce système (c'est dans cette intention que je l'avais permis). Choisir un pseudo ridicule, tant qu'on le maintient, ça va tout à fait. Mais ces derniers jours ont vu un tel florilège de posteurs écrivant sans pseudo — ou avec un pseudo qui change tout le temps — sans donner la moindre adresse pour les retrouver, et se retranchant derrière cet anonymat pour se comporter comme des gamins boutonneux (hi, hi, voyons ce qui se passe si j'appuie sans arrêt sur post ! hi, hi, voyons ce qui se passe si je fais le copier-coller d'un long texte qui n'a rien à voir ! hi, hi, thermomètre anal pipi caca !), qu'on ne peut pas considérer ça autrement que comme le signe que ça ne marche tout simplement plus.

Mieux vaut donc pour moi sonner la fin du jeu que de laisser le rapport signal/bruit tomber au zéro absolu : je n'ai pas l'intention de laisser le disque dur de mon ordinateur servir de bloc-notes à n'importe quel demeuré qui trouve amusant de gribouiller des graffiti sur les murs du métro comme si c'étaient les paroles des prophètes. Désolé, les gars, vous allez devoir vous trouver un autre bac à sable.

Pourtant, je n'ai pas l'intention de blâmer qui que ce soit : les gens qui avaient eu des choses intéressantes à dire ont apparemment quitté le terrain, et je suppose que c'est ma faute si je n'ai pas réussi à les maintenir intéressés. Ou peut-être que certains lisent encore ce blog mais ne veulent pas cliquer sur le lien commentaires car rien d'intéressant ne peut s'y trouver.

Je tiens aussi à signaler que ce ne sont pas les attaques personnelles qui me découragent : je trouve qu'à partir du moment où on étale sa vie sur le Web, il faut être prêt à les encaisser. Simplement, les gens qui veulent me reprocher des choses, je préfère qu'ils aient les couilles de le faire en leur nom, et les yeux dans les yeux. Et encore, je préfère même une critique basse mais relativement bien formée que la bouillie infâme que j'ai eue à lire ces derniers termps.

Peut-être plus tard réactiverai-je le système de commentaires — avec des changements — si je peux trouver un mode d'opération qui assurera qu'on évite le pire. Je suppose que le plus prometteur est la modération préalable (i.e., ne pas rendre visibles les commentaires avant de les avoir approuvés, et être beaucoup plus strict quant à ce que j'approuve), comme Garoo le fait ; je vais y penser. Toutes réflexions sont bienvenues (par mail : écrire à david+www[arobase]madore[point]org) sur la question, y compris le témoignage de ceux qui ont posté des commentaires intéressants par le passé et ont cessé de le faire, ou ceux qui n'ont jamais rien posté et pourraient expliquer pourquoi. Ou toutes suggestions sur ce que serait le système de commentaires idéal.

En attendant, merci à tous ceux qui ont écrit des choses intéressantes ou drôles, je pense qu'ils sauront globalement se reconnaître (il y a quelques exceptions, mais dans l'ensemble ça coïncide à peu près avec les gens avec qui j'ai eu aussi un échange de mails).

(samedi)

Nuit blanche — ou pas

Pas de nuit blanche pour moi cette année, finalement : je ne raffole pas tant que ça de l'art crypto-contemporain, je me suis contenté d'une visite gratuite au Louvre (comme l'an dernier, mais cette fois en compagnie) avec deux amis, il faut le dire, plus dans l'ambiance amusons-nous à inventer des interprétations complètement délirantes des tableaux de la Renaissance italienne que dans une optique sérieuse de contemplation des œuvres d'art.

Il est triste, cependant, de constater comment en un rien de temps une journée très bien commencée peut basculer. En l'occurrence, quand quelqu'un vous déçoit profondément par son comportement. (C'est dur d'appliquer correctement l'impératif de Kipling : If neither foes nor loving friends can hurt you…)

(vendredi)

De la nature profonde de l'informatique

J'ai toujours trouvé que l'informatique et l'astrologie avaient énormément en commun (ça ne marche pas, toute personne sensée sait que ça ne peut pas marcher, mais on fait croire que ça peut marcher parce que c'est une façon d'extorquer des fortunes à des gens ; en plus, c'est basé sur un vocabulaire délibérément abscons pour impressionner le profane, et puis il y a plein de versions incompatibles entre elles). Du coup, une question fondamentale que je me pose, c'est s'il existe des geeks de l'astrologie comme il en existe de l'informatique, qui croient ou font semblant de croire que ça peut marcher (ou passent leur temps à pester que ça ne marche pas) et surtout pratiquent la masturbation intellectuelle en coupant les cheveux en quatre pour savoir si la projection sur l'écliptique doit se faire perpendiculairement à l'orbite ou perpendiculairement à l'écliptique, de même que les geeks informatiques peuvent discuter de savoir si c'est autorisé par les RFC d'envoyer un TCP RST au moment où on ferme la partie bidirectionnelle d'une socket. Ceci étant, quand j'y pense, peut-être que l'informatique se rapproche plus de la théologie que de l'astrologie, en fait, et que les gens qui autrefois auraient fait de la théologie appliquée (i.e., de la thaumaturgie) ou théorique font maintenant de l'informatique appliquée (i.e., de la gestion du reboot) ou mystique. La différence, bien sûr, c'est qu'il y a des miracles attestés, alors que si un jour quelqu'un avait vu un ordinateur résoudre un problème, on en parlerait encore.

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