This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.
Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.
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Ce qui suit sont les entrées de 2009-04. Pour les dernières entrées, voyez ici.
2009-04-28 (mardi)
Quand tout le monde parle de la même chose, il devient souvent d'autant plus dur d'extraire des informations vraiment pertinentes d'une masse de blabla sans intérêt. Et en l'occurrence, pour ce qui me concerne, trouver des informations factuelles et un peu geek-compatibles.
On trouve facilement, sur Wikipédia et ailleurs sur les virus de la grippe : en se rappelant qu'il y a probablement un certain nombre d'erreurs, l'essentiel doit quand même être à peu près juste : que les grippes de type A (celles qui causent vraiment du souci) sont classifiés par des numéros affectés aux différentes grandes variantes de deux protéines, l'hémagglutinine (suivant la lettre H, parmi 16 variantes connues) et la neuraminidase (suivant la lettre N, parmi 9 variantes connues). Maintenant, le geek ne se satisfait pas de ça, il veut savoir au juste en quoi les différents H1N1 (exemple choisi complètement au hasard…) diffèrent, justement. Et, s'il est juste que le vaccin contre la grippe fonctionne en sensibilisant le système immunitaire à l'hémagglutinine, on veut savoir en quoi ces différentes sous-variantes de l'hémagglutinine (à l'intérieur de la variante H1) diffèrent, parce que, tout de même, les formules de vaccins contre la grippe saisonnière usuelle incluent une composante ciblant une souche de variante H1N1 (donc on se demande s'il conférerait une immunité au moins partielle contre des autres souches de cette même variante), et aussi parce que le H1N1 est la variante de la plus célèbre de toutes les grippes, celle de 1918.
Heureusement, parmi les merveilles de l'Internet, il y a cette base de données de séquences de nucléotides qui est capable de vous cracher le contenu du génome de plein de choses, entre un humain et un virus du SIDA en passant par l'incontournable Drosophila melanogaster. En particulier, cette base contient les gènes séquencés de toutes sortes de souches de virus de grippe H1N1.
J'ai comparé les séquences des hémagglutinines de quatre exemples de virus de grippe H1N1 : celui de la grippe « espagnole » de 1918, A/Brevig_Mission/1/18(H1N1) tel qu'isolé à Brevig Mission en Alaska, celui de l'épidémie russe de 1977, A/USSR/90/77(H1N1) (peut-être l'épidémie de H1N1 la plus mortelle depuis celle de 1918), celui qui fait parler de lui en ce moment, A/California/04/2009(H1N1) (tel que séquencé en Californie, si tant est que ce soit le même qu'au Mexique), et enfin celui utilisé dans la formule de vaccin préconisée par l'OMS contre la grippe saisonnière pour les saisons 2008–2009 et 2009–2010 dans l'hémisphère nord, A/Brisbane/59/2007(H1N1). Pour les 317 acides aminés formant le peptide HA1[#], les distances sont les suivantes :
| Grippe espagnole 1918 | Épidémie russe 1977 | Grippe mexicaine 2009 | Souche vaccin 2008 | |
|---|---|---|---|---|
| Grippe espagnole 1918 | 0 | 56 | 56 | 68 |
| Épidémie russe 1977 | 56 | 0 | 88 | 46 |
| Grippe mexicaine 2009 | 56 | 88 | 0 | 93 |
| Souche vaccin 2008 | 68 | 46 | 93 | 0 |
En clair, au niveau de la partie HA1 de l'hémagglutinine, la grippe dont on parle actuellement dans les médias est notablement plus proche de celle de 1918 que de celle contre laquelle on vaccine. Après, est-ce significatif, je n'en sais rien (pour commencer, il est évident que les mutations sur chaque emplacement dans la molécule n'ont pas le même poids !, mais je n'ai aucun moyen de tenir compte de ça).
Mais ce qui m'énerve, c'est que ça soit à moi de faire ce genre de mesures, alors que je n'ai aucune compétence pour ça : je n'y connais rien en biologie ou en médecine — pourquoi, alors que tout le monde ne parle que de grippe, n'y a-t-il pas des vrais spécialistes de la grippe qui aient fait des commentaires publics intelligents sur la différence entre les différentes souches de H1N1 ?
[#] Pour être précis
quant à ce que j'ai calculé, j'ai pris, dans la transcription des
gènes en question, la sous-séquence d'acides aminées qui commence par
DTXCIGY… (où X
est L ou I) et qui finit par
…NIPSIQS, qui devient donc HA1 ; dans la variante
A/Brisbane/59/2007(H1N1) j'ai inséré un blanc après le 132e acide
aminé de cette séquence pour le porter à une longueur de 317 alignée
aussi bien que possible avec les autres ; et j'ai calculé le nombre
d'emplacements qui diffèrent, entre chaque paire de possibles, sur
cette suite d'acides aminés (+blanc). J'aurais pu utiliser
la distance
d'insertion-suppression-remplacement, mais elle est fastidieuse à
calculer, et j'ai constaté heuristiquement (avec le programme
Unix diff), sans la calculer exactement, qu'elle devait
être très peu différente de la distance de Hamming que j'ai
donnée.
2009-04-25 (samedi)
Je ne me rappelle plus où j'avais vu, il y a longtemps, un petite
devinette, qui consistait à trouver un anachronisme dans un texte
censé être un article de journal écrit vers 1930 : ce n'était pas
vraiment difficile, mais le petit piège était que l'erreur n'était pas
là où on pourrait la chercher (comme dans une référence à quelque
chose qui n'existait pas à l'époque, ou à un événement qu'on n'aurait
pas pu connaître), elle était dans le terme utilisé pour désigner la
guerre de 1914–1918 : on ne disait évidemment pas, en
1930, la Première Guerre mondiale
mais la Grande Guerre
.
Je le disais au tout début de ce
blog : dans une certaine mesure, c'est plus
le Zeitgeist que l'histoire des événements
eux-mêmes qui importe pour identifier et marquer une époque.
Prenons un autre exemple : une nouvelle ou un film qui se passerait dans les années '60 et où l'écrivain ou cinéaste aurait glissé à un certain moment, comme un clin d'œil, qu'on entendît le canon de Pachelbel. Évidemment, ça n'a rien d'impossible, le canon ayant été écrit à la fin du XVIIe siècle, publié pour la première fois vers 1920 et enregistré dès 1940, on ne voit pas pourquoi ce serait un anachronisme de l'entendre au milieu du XXe. Pourtant, dans une certaine mesure, ç'en est un : car il n'y a pas que l'histoire du morceau de musique lui-même qui importe, il y a l'histoire de sa célébrité, qui date environ de 1980 (suite à un enregistrement par Jean-François Paillard et à son utilisation comme musique du premier film dirigé par Robert Redford, Ordinary People). Je pourrais donner un autre exemple de célébrité musicale, cette fois beaucoup moins longtemps après sa composition, avec la marche nuptiale de la musique de scène par Mendelssohn pour le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, dont Wikipédia nous apprend (à tort ou à raison, mais se non è vero, è bene trovato) que sa popularité comme musique de mariage dans les pays anglo-saxons fait suite à son utilisation en 1858 par la princesse Victoria (la fille de la reine du même prénom) lors de son mariage avec le prince Frédéric Guillaume de Prusse (et futur — quoique bref — empereur allemand sous le nom de Frédéric III).
Bref — mais je ne fais que redire ici ce que j'ai déjà dit, et je le dis mal — il ne suffit pas de savoir les dates des événements historiques, ni même de création des différentes œuvres artistique et de découverte des phénomènes scientifiques, pour arriver à retrouver ce que les gens avaient à l'esprit à tel ou tel moment dans le passé, comment ils nommaient les choses, quels étaient leurs référents culturels, tout ce que j'appelle (de façon peut-être abusive, d'ailleurs) le Zeitgeist. Cet esprit du temps est terriblement difficile à retrouver : y a-t-il des historiens dont ce soit la spécialité ?
2009-04-25 (samedi)
Je viens d'envoyer ma déclaration d'impôts électronique, et je
m'aperçois, en lisant la notice qui accompagne la version
papier : des délais supplémentaires : dès le lundi 27 avril 2009,
commencez à télédéclarer
. Ciel !, y a-t-il des pénalités pour les
gens qui rendent leur déclaration trop tôt comme il y en a pour ceux
qui la rendent trop tard ?
Blague à part, ça fait cinq ans que je télédéclare (depuis la première année où c'était possible, donc), et c'est la première fois que ça se passe — logiciellement parlant, je veux dire — de façon vraiment parfaite (l'an dernier, j'avais eu un problème avec d'obscures bibliothèques partagées qui n'étaient pas à l'endroit où Java les cherchait : j'ignore si la résolution de ce problème est à mettre sur le compte des informaticiens de l'administration fiscale ou de ceux de Debian). Et comme tous les chiffres préremplis étaient bons et que je n'avais rien à ajouter, je n'ai eu que quelques clics à faire pour être en règle — il y a des pays où ce n'est pas si simple.
Seul petit reproche : il n'y a apparemment pas de moyen de copier automatiquement les données de la déclaration qu'on a remplie dans le simulateur (on a bien une estimation du montant de l'impôt juste après signature de la déclaration, mais elle n'est pas aussi détaillée que ce que donne le calculateur).
2009-04-20 (lundi)
Je voudrais poser cette question de façon vraiment — sincèrement — ingénue. Il y a trente–quarante ans, la géopolitique s'organisait autour de la guerre froide et de l'axe qui opposait les alliés des Soviétiques à ceux des Américains : les conflits israélo-arabes devaient se lire dans cette optique. La sphère géopolitique doit aimer s'organiser selon un axe dipolaire, parce que j'ai l'impression qu'après la fin de la guerre froide, l'alignement selon l'axe pro-ou-contra-israélien a quasiment remplacé l'alignement slon l'axe pro-ou-contra-américain : mais j'ai du mal à comprendre comment il arrive à acquérir une telle importance.
Certes, j'ai un avis — rapide et fort peu éclairé, car je n'y connais rien[#] — sur la situation des Palestiniens comme j'en ai un sur celle des Tamouls au Sri Lanka ou sur l'inimitié Indo-Pakistanaise, ou sur l'Ossétie et l'Abkhazie, ou sur les Turcs et les Kurdes, ou sur plein d'autres choses. Mais dans tous ces cas mon intérêt est, en toute honnêteté, un peu lointain et purement académique, donc j'essaie de ne pas crier mon avis trop fort parce qu'il ne repose essentiellement que sur mon ignorance et sur des préjugés très vite formés. Or beaucoup plus de gens ont l'air d'avoir des avis très arrêtés sur Israël vs. ses voisins arabes que sur à peu près n'importe laquelle des autres querelles qui peuvent exister entre deux peuples[#2] sur cette planète (peut-être même entre deux idées si on se restreint aux conflits d'idées qui se traduisent de façon assez claire en géopolitique). Les autres conflits ne réussissent pas à s'inviter de façon aussi envahissante dans le cadre d'une conférence des Nations-Unies sur le racisme. Et il n'y a aucun autre conflit sur lequel n'importe qui connaisse la position d'à peu près n'importe quel intellectuel / donneur de leçons un peu en vue (ou, d'ailleurs, sur lequel il en ait forcément une).
Ceci est sans commune mesure avec le nombre de personnes impliquées (il y a certes plus de Palestiniens à Gaza ou en Cisjordanie qu'il y a de Catholiques en Irlande du Nord — ou qu'il y en avait il y a vingt ans —, mais enfin il y en a quatre ou cinq fois plus, pas trente fois plus) ; il est même sans commune mesure avec l'importance économique ou démographique d'Israël. Et si on peut tenter de l'expliquer par la puissance de l'électorat juif américain, mais j'ai quand même l'impression que c'est lui faire beaucoup d'honneur que de prétendre qu'il aurait autant d'influence sur la géopolitique mondiale. Même au sein des pays arabes, j'ose espérer qu'il y a des préoccupations plus variées ! (Et puis, s'agissant des Musulmans en général, je ne vois pas spécialement pourquoi la situation en Cisjordanie les intéresserait plus que celle au Kashmir.) Bref, je ne sais pas trop quoi penser. Est-ce que d'autres grandes puissances (la Chine, la Russie, l'Inde ?) ne sont que trop heureuses qu'on parle abondamment des questions qui les concernent le moins possible, et sont ravies de laisser les États-Unis et les pays arabes regarder et pointer du doigt vers le Moyen-Orient ?
Je me pose la question avec sans doute beaucoup de naïveté (j'avoue que j'en rajoute un peu faussement en écrivant cette entrée), mais il peut être intéressant de se poser parfois, en même temps qu'une question, la méta-question de l'importance de cette question et de l'histoire de cette importance.
[#] Rien
est
exagéré, parce que même si on le voulait très fort on aurait du mal à
rester ignorant sur le sujet. Reste que sur ce sujet-là, on a la
désagréable impression de ne jamais rien savoir parce que dès qu'on
apprend quelque chose il y a ceux qui vous diront que l'information
est présentée de façon partiale, ou que celui qui vous l'a expliquée
est un affreux anti/pro-Sioniste/Islamiste (rayez les mentions
inutiles). C'est pénible.
[#2] Il faudrait peut-être écrire une petite note sur le Tibet, cependant, qui a l'air de beaucoup motiver les donneurs d'avis. Mais en Occident (wherever that may be), cet avis a autour de lui l'unanimité béate de ceux qui se sont fait un avis facile en voyant le gourou religieux exilé sympa d'un côté et les méchants envahisseurs de l'autre : je subodore, dans mon ignorance tout aussi crasse sur le Tibet qu'elle l'est sur la Palestine, que la réalité est un chouïa plus compliquée que ça.
2009-04-19 (dimanche)
Rafael Nadal fait partie des célébrités que je trouve scandaleusement sexy (mon poussinet n'est pas vraiment d'accord, mais la maman de mon poussinet, elle, est de mon avis), et ce n'est pas seulement pour sa belle gueule et ses triceps, c'est aussi pour son look bandana-pantacourts-tee-shirts-sans-manches (j'ai un copain qui s'habille à peu près tout le temps comme ça, et je trouve ça décidément craquant). Ceci étant, le tennis m'ennuie trop pour que je regarde un match même pour le voir (puis d'ailleurs ils ne font pas assez de gros plans à la télé), donc je n'étais même pas au courant, et je l'ai appris seulement au hasard d'une finale de tournoi aujourd'hui, qu'il porte maintenant des manches (note : l'ensemble de la page vers laquelle pointe ce lien vaut la peine d'être regardée… ça donne une idée de pourquoi je le trouve sexy). C'est scandaleux, de détruire mes icônes, comme ça !
Mais c'est une occasion de souligner ce mot très spécifique de
l'anglais : sleeveless
. Pour aller plus loin
dans le dévêtu, on peut noter
que shirtless
s'applique aux hommes, tandis que pour les femmes on
dit topless
— alors qu'en toute logique c'est un peu surprenant, vu que si
on est torse nu on ne porte ni shirt
ni top. (N'hésitez pas à signaler si vous
connaissez des équivalents dans d'autres
langues… c'est juste pour ma culture linguistique bien
sûr !)
2009-04-17 (vendredi)
Vu sur le blog de David Monniaux :
Je n'arrive pas à deviner si c'est le résultat d'un programme mal
configuré, si c'est une blague ou si c'est un test particulièrement
subtil et raffiné, et s'il s'agit de reconnaître les robots au sens
propre ou les logiciens… Apparemment, la réponse i
a été
considérée comme correcte.
Pour les non-informaticiens : l'UTF-8 est le mécanisme le plus courant pour encoder (c'est-à-dire stocker sous forme de suite d'octets) le jeu de caractères universel Unicode. Parfois il arrive que des programmes (mal configurés) ne soient pas d'accord entre eux sur un encodage et, par exemple, l'un émet des caractères encodés en UTF-8 tandis qu'un autre les comprend comme étant du Latin-1 (c'est-à-dire l'encodage le plus simple possible, à base de 1 caractère = 1 octet de même valeur, des 256 premières cases d'Unicode, qui constituent également le standard plus ancien Latin-1) : cela donne des résultats caractéristiques que tout le monde a sans doute vus au moins une fois.
2009-04-15 (mercredi)
Ce qui est génial avec Google et, plus que Google
Web, Google images, c'est
qu'il donne une vision — absolument pas scientifique, et souvent
biaisée par plein de facteurs pipo, mais une vision quand même —
de l'image qu'« on » associe à un mot, ou à un fragment de phrase. Ça
peut parfois presque servir de dictionnaire (par exemple, si vous
voulez savoir ce que smör
signifie en suédois, je
crois
que vous
comprendrez vite[#]), donc
déjà on pourrait dire que c'est utile pour l'apprentissage d'une
langue, mais ce n'est pas tellement ça que je veux dire (quand même,
on a trouvé mieux comme dictionnaire) : je le conçois plutôt comme une
façon de vérifier qu'on a bien trouvé une façon correcte et même
idiomatique de dire quelque chose (Google Web marchera aussi, mais
Google images est, euh, ben plus visuel), et même comme une sorte de
récompense qu'on peut s'octroyer quand on arrive à faire un bout de
phrase correct — ça a quelque chose de merveilleux et de magique
de voir que, visiblement, on a réussi à composer quelque chose qui a
« marché ». Par exemple, quand j'apprends une langue, je ne me prive
pas de chercher des mots signifiant garçons
dans cette langue
(ou des phrases pour joli garçon
, mais en fait l'adjectif
n'améliore pas forcément les images qu'on obtient), et voir ce qui
apparaît : en
arabe ça ne donne pas exactement le même genre d'images
qu'en
suédois. À part pour le plaisir des yeux, c'est intéressant pour
se faire une idée de la tranche d'âge impliquée par des mots
comme boys
en
anglais[#2], garçons
en
français, Jungen
en
allemand, ragazzi
en
italien, мальчики
en
russe, 少年
en japonais, etc. (On peut aussi rapidement comprendre si le mot
est ou non celui qui sert à désigner une équipe sportive
masculine !)
[#] Attention à bien
régler le paramètre de langue (celui qui apparaît
après hl= dans les URL de Google), pour
privilégier la langue qu'on recherche : on peut ainsi se rendre compte
que, bien que ce soient tous les deux des liquides parfois jaunes et
parfois plus sombres, ce que les Suédois
appellent öl
n'est pas du tout ce que les allemands
appellent Öl
—
réponses ici
et ici. (En
revanche, les Magyars, pour qui ça veut dire encore tout autre chose,
ne doivent pas mettre beaucoup d'images sur le web, ou alors Google ne
sait pas bien détecter les pages en hongrois, parce que la même
recherche avec hl=hu ne donne pas grand-chose
d'intéressant.)
[#2] J'utilise des
pluriels — et des indéfinis, et des nominatifs — pour les
langues où ça a un sens, parce que c'est ce qui semble coller au plus
grand nombre de descriptions d'images (signalant des garçons
).
Mais évidemment, ça fait partie du jeu que de chercher à explorer les
combinaisons grammaticales (exploration dont les pouvoirs magiques de
Google limitent cependant l'effet).
2009-04-15 (mercredi)
Je n'aime pas les votes sur Wikipédia. En fait, je trouve que la
démocratie directe dans un projet collaboratif, au sens très large,
est généralement une grave erreur, parce qu'elle a pour conséquence
que ce sont les procéduriers et les psychorigides pénibles qui y
participent régulièrement, alors que les gens qui s'investissent
vraiment dans le projet n'ont souvent pas envie de s'investir, en
plus, dans tout ce qui est méta, procédure, paperasse et autres
enculages de mouche : donc je préfère largement un système de
démocratie participative où quelques personnes particulièrement
impliquées se dévouent pour tout ça et les autres choisissent juste de
temps en temps entre quelques grandes lignes directrices (idéalement,
le choix étant entre différents candidats plus ou moins procéduriers,
plus ou moins psychorigides ou plus ou moins pragmatiques, et on
espère qu'un pragmatique sera élu) ; éventuellement, on peut tempérer
ça en permettant à un quorum assez important de personnes
impliquées de forcer un vote (par exemple pour destituer les
représentants) si le assez important
assure qu'il y aura
suffisamment peu de votes pour qu'on puisse s'intéresser au projet,
sans trop perdre son temps avec le méta-projet, et pour autant ne pas
être privé de pouvoir. Bref.
Mais là, le vote me semble particulièrement important, parce que la psychorigidité des geeks autour des questions de licences (le même genre de choses qui rend la distribution Linux Debian ridicule à un point qui hésite entre le pathétique et le grotesque) fait que c'est une chance unique, qui ne pourra pas être renouvelée si elle échoue cette fois-ci : il s'agit (en profitant de ce qu'on pourrait appeler une magouille juridique, mais qui est quand même techniquement permis et moralement honnête) de rendre un peu plus libre la licence des textes de Wikipédia, ou, plus exactement, de permettre de l'utiliser sous des termes plus simples et plus adaptés (une licence Creative Commons).
Toutes les explications nécessaires sont ici (et ici pour la traduction française).
Bref, j'encourage vivement les gens qui ont un compte créé sur Wikipédia (et qui ont un nombre pas ridicule d'éditions comptabilisées, je pense que ça doit être 25) à voter (partez d'ici pour la Wikipédia anglophone, et de là pour la francophone). Et je ne cacherai pas que j'encourage à voter pour la proposition (i.e., l'ajout des licences CC).
2009-04-11 (samedi)
Ma mère me dit que je m'habille comme un ado attardé et que ça ne
fait vraiment pas sérieux. Elle a complètement raison — et
c'est sans doute parce que je suis un ado
attardé[#] — mais je ne vois
pas le problème avec ça. Au contraire : j'aime l'idée de perturber
ceux qui jugent les gens à leurs habits. Accusation dont je plaide
moi-même complètement coupable : le jour où je vois dans le métro un
type que son look qualifie subliminalement de racaille de
banlieue
sortir et se mettre à lire une édition (bilingue…)
de la Guerre civile de
Lucain[#2] ou un goth
avec
des piercings partout un exemplaire de Linux Magazine, je
tomberai un peu des nues — et en même temps je jubilerai de
savoir qu'on ne vit pas encore dans un monde où les gens rentrent
sagement dans les petits cases où ils ont l'air de devoir rentrer.
Pour le prouver, et pour revendiquer ma liberté, j'ai essayé toutes
sortes de looks que j'avais simplement envie d'essayer pour voir
comment on me regarde ou comment je me vois moi-même : jean
baggy DC shoes tee-shirt Quiksilver ; pantalon noir à
lanières tee-shirt tribal poignets de force ; survêtement Umbro
baskets casquette tout en blanc ; crâne rasé treillis bombers ; ou
encore, kilt et ghillie shirt (d'ailleurs, j'aime bien le kilt, c'est
juste dommage qu'il n'y ait pas de poches et que le sporran censé les
remplacer soit vraiment trop petit) ; ou enfin, toge romaine (là les
gens vous regardent vraiment bizarrement) ; ou toutes sortes
de mélanges éclectiques de tout ça. Si on me demande pourquoi je
porte ça, je dénonce l'inanité de la question : parce que c'est
interdit par la loi d'être nu en public
.
Or s'habiller comme on veut est une liberté difficile à prendre.
J'ai tendance à considérer que la cravate est le symbole le
plus crétin d'oppression vestimentaire qui puisse exister (si on on
excepte ceux qui apprécient sincèrement de la porter — car
évidemment ils existent — c'est tout de même l'accessoire
vestimentaire le plus ridicule de l'univers, qui ne sert absolument à
rien, ne recouvre rien, ne protège rien, et pourtant il y a des gens
qui y sont astreints et qui risqueraient de sérieux ennuis
professionnels à l'enlever). Heureusement, j'ai un métier dans lequel
on n'a pas à porter de cravate, et si le dress-code du chercheur
ressemble à jean délavé et pull informe
, on peut néanmoins se
permettre d'en dévier significativement (témoin un éminent professeur
de l'ENS de Lyon qui, la dernière fois que je l'ai vu,
portait une lavallière). Je me permets le style ado attardé, mais je
ne me permettrais pas tout ce que je me suis permis dans la rue. Et
plus on prend de l'âge et un soupçon de respectabilité plus il est
difficile de se permettre de s'habiller comme on veut : bienheureux
les adolescents s'ils connaissaient leur bonheur !
En tout cas, je trouve un peu affligeante l'uniformité vestimentaire qu'on peut voir, par exemple, dans le Marais : il y a dix-douze ans c'était cheveux ras doc martens, jean et bombers, maintenant c'est le look vintage branchouille chic vendu au BHV Homme qui domine tout, toujours est-il que c'est triste.
[#] Par ailleurs, comme
les ados sont fauchés, c'est très économique de s'habiller comme
eux. ![]()
[#2] Je dois avouer que je n'ai pas encore vu exactement ça. Mais c'est tout de même « inspiré de faits réels » (disons je me souviens d'avoir dans le métro vu ce livre lu par quelqu'un dont je ne me rappelle plus exactement à quoi il ressemblait mais je sais que c'était vraiment tout le contraire de l'image qu'on peut se former d'un agrégatif de lettres classiques ; maintenant, c'est difficile de savoir si c'est sur les habits des gens dans le métro ou sur la poésie de Lucain qu'on a des préjugés, finalement).
2009-04-09 (jeudi)
Je pense que les enseignants à Télécom qui n'y avons ni été élèves ni ingénieurs du corps ni thésards sommes une minorité. En fait, avant de venir ici, j'avais une idée somme toute vague de ce à quoi une école d'ingénieurs pouvait ressembler (si j'ai fait une prépa, je n'ai présenté que les concours des ENS et j'étais décidé à continuer mes études à la fac si je n'y entrais pas — donc je n'ai pas trop cherché à en savoir plus sur les écoles d'ingénieurs) : du coup, j'en découvre beaucoup.
Cette semaine, c'était la campagne électorale
du bureau des élèves,
le BeD
[#] (l'élection
elle-même étant, je crois, demain, puisque ensuite ce sont les
vacances). À l'ENS, les élections du bureau sont assez
tranquilles, pour ne pas dire un peu mornes : à part quelques affiches
bourrées de private jokes, un observateur extérieur aurait pu ne rien
en remarquer. Ici, tout n'est que débauche de moyens : les deux
équipes en concurrence (j'ai nommé
les Bed in
Black et
les Let It
Bed[#2]) ont
littéralement tapissé l'école avec leurs affiches électorales
et ont rivalisé d'attractions impressionnantes (jeux vidéos
personnalisés, promenades en segway, buffet pantagruélique, etc.).
L'an dernier, il y avait aussi de la musique très fort, mais cette
année l'administration de l'école semble avoir signifié qu'il ne
fallait pas non plus rendre tout travail impossible. Le projet
électoral d'une des équipes se résume essentiellement à : faire
plus de soirées avec des écoles de filles
; j'aime beaucoup le
concept des écoles de filles
, qui en dit long sur la mentalité
de celui qui a écrit cette phrase.
Loin de moi l'idée de me montrer réprobateur : je regarde avec curiosité et, je dois l'avouer, un certain amusement.
[#] Soit dit en passant, on remarque, à la vacuité absolue de ce site web, que la motivation des candidats pour faire de la comm' n'a pas l'air de durer très longtemps après les élections, même dans une école de télécommunications. Je ne leur jette pas la pierre, cependant : je sais à quel point c'est inimaginablement prenant de maintenir un site web vaguement à jour.
[#2] L'an dernier,
l'équipe élue s'appelait les How I Bed :
apparemment, il est de bon ton d'avoir des noms en anglais et des
sites web
qui flashouillent de
partout. Si nous étions de bons enseignants, ils feraient des jeux de
mots sur bed
un peu moins évidents que par l'anglais, et des
sites Web en SVG animé par un JavaScript aussi beau
qu'astucieux. Nostra culpa.
2009-04-09 (jeudi)
Avec 21 voix contre 15 (et 541 abstentions, donc…), l'Assemblée nationale a fait un peu reculer dans le temps l'adoption d'une loi honteuse. Malheureusement, ça ne sauve rien, parce que — sauf improbables manifestations monstrueuses pour sauver l'Internet français, mais apparemment les Français n'en ont pas grand-chose à faire — le gouvernement persistera, et gagnera forcément. Mais quand on sait qu'au final on ne peut pas gagner (sauf peut-être devant le Conseil constitutionnel, ou une cour européenne), un peu de temps de gagné, et une petite giffle à un gouvernement qui veut vendre les libertés individuelles à l'industrie du disque, ça fait toujours un certain plaisir.
2009-04-08 (mercredi)
Ma soutenance de thèse, c'était il y a quatre ans déjà. D'accord, c'est un peu moins important que l'invention d'Internet, mais c'est plus récent aussi.
2009-04-07 (mardi)
Il y a quarante ans tout rond paraissait ce document (RFC 1), qui n'a guère d'intérêt en lui-même, mais qui est un bon candidat s'il s'agit de définir une date de naissance (symbolique) à l'Internet.
Donc, joyeux anniversaire !
2009-04-01 (mercredi)
La meilleure chaîne du PAF, pour moi, ça ne fait aucun doute, c'est la Chaîne parlementaire (même si techniquement ce sont deux chaînes complètement différentes, je ne fais pas de différence entre Public Sénat et LCP Assemblée Nationale). Je regardais à l'instant Bouge la France : d'abord il y a eu une séquence sur le G20, et c'est la première fois que je vois ou entends un journaliste en parler et en dire quelque chose de réellement instructif — à savoir une explication claire de comment un sommet pareil se projette et surtout de ce que les Européens, les Américains, et les Chinois cherchent à en obtenir et ce qu'ils en tiereront probablement.
Ensuite, l'interview de deux spécialistes de sécurité informatique au sujet du ver Conficker : c'est le genre de choses dont j'attends le pire — questions ineptes des journalistes, réponses vaseuses, voire idées reçues ou complètement périmées sur ce qu'est un virus informatique — et généralement, c'est effectivement le pire qu'on me sert ; mais là, surprise !, le journaliste, quoique visiblement complètement ignare, a laissé parler ses experts et n'a pas posé de questions trop débiles, et surtout, l'un des deux interviewés a parlé de la sécurité dans des termes que même ma maman aurait compris, et pourtant sans approximation douteuse, il a réussi à faire passer en peu de phrases et sans se hâter un certain nombre d'idées importantes et à réfuter des préjugés communs. Bref, c'était lumieux. En gros, il a expliqué que :
botnet) de millions de machines dont il peut alors louer les services.
Rien de bien remarquable, donc, et certainement rien qui puisse
m'apprendre quelque chose, mais ce qui était vraiment bien c'était la
clarté avec laquelle c'était dit. Après coup, j'ai recherché le nom
de celui qui s'était ainsi exprimé : il s'agit de Benjamin Bayart (le
même qui a fait récemment pas mal parler de lui
en dénonçant
la dérive de l'Internet vers un Minitel 2.0
), et quand on
voit ce qu'il fait, on n'est pas trop
surpris qu'il soit quelqu'un de bien.
Ce qui est regrettable, c'est que cette émission sera vue par
quelque chose comme cinq cents foyers, vu que l'audience de la chaîne
parlementaire ne doit pas beaucoup dépasser l'effectif du
parlement. ![]()
[#] Contrairement au passé ! Autrefois les concepteurs de virus et vers informatiques étaient des programmeurs dévoyés, qui voulaient prouver leur expertise technique en nuisant de façon flagrante. Maintenant, ce sont des sous-traitants d'escrocs en tous genres qui font ça uniquement pour l'argent.
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