David Madore's WebLog: 2005-09

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in September 2005 / Entrées publiées en septembre 2005:

(vendredi)

Visite chez le dentiste

Je ne sais pas si tous les dentistes font comme ça, mais à chaque fois que je vais voir la mienne (le docteur Passerini, dont le cabinet est sur l'avenue des Gobelins), elle trouve une raison de me faire revenir. Je suis allé la voir la semaine dernière, elle m'a juste fait un détartrage et m'a fait reprendre rendez-vous, et cette fois-ci elle m'a dit qu'il faudrait prendre encore deux rendez-vous prochainement (le premier est déjà fixé pour dans trois semaines). Pourtant, elle a bien travaillé aujourd'hui : j'ai passé une grosse demi-heure, sous anesthésie locale, à me faire charcuter les molaires dans tous les sens (je commençais à trouver que ça ne finissait vraiment pas, de la voir prendre un nouvel instrument, puis un autre, puis un autre, puis un autre…). Il paraît que j'avais deux caries bien profondes sur deux dents adjacentes (l'une étant celle pour laquelle je m'étais rendu aux urgences dentaires, sur laquelle on m'avait mis un pansement provisoire : c'était pour le faire changer que j'étais venu, mais je repars avec deux nouveaux pansements toujours provisoires). Je cherche toujours une explication du fait que je n'aie pas eu une seule carie pendant plus d'un quart de siècle et qu'elles se mettent à me poser problème maintenant : je me demande s'il n'est pas possible que j'en aie eu mais qu'elles aient une évolution extrêmement lente, sur une dizaine d'années, ou quelque chose comme ça.

À part ça je crois que j'ai mon traditionnel rhume de rentrée (rhume nº9961342955, ou quelque chose comme ça). Il est encore trop tôt pour savoir si ça va être un petit truc de rien du tout ou si je vais être cloué au lit pendant des jours.

(Thursday)

Gratuitous Literary Fragment #57 (the School of Athens)

What is wrong? How can I tell you what is wrong? It's this place—these people—it just goes too far. They aren't “great minds”, these guys… they're a bunch of freaks, is what they are. I'm sorry. I didn't mean to say it that way. Look: just consider the jokes they tell. Like reciting a couple of mantras from the Book of the Dead in ancient Egyptian—I'm not making this up—but deliberately misquoting them so as to produce a pun in Sanskrit! And that's not the worst part: the thing is, everyone gets it. And they think it's funny! Entertaining! For serious talk, they might choose to speak Anatolian, because the verb forms are better able to convey the intended nuance of meaning: the idea that somebody might not understand Hittite hasn't even crossed anyone's mind. No, listen: this guy is walking across the grounds humming something which turns out to be part of the viola score in some obscure symphony by Zdeněk Fibich. Absent-mindedly humming, of course: but it's absolutely true to pitch and the rhythm is perfect. And it's only in my lucky days that I've ever even heard the name of the composer. And then another guy walks by, picks up the tune, starts whistling the oboe part. Like that: they might run again into each other ten minutes later and they'll still be exactly in tune and synchro. They won't even notice what they've done unless I point it out. Enough: I won't mention the other things they do for distraction, because it's too scary, and I can't mention their less frivolous occupations because even if perchance they aren't speaking Mongolian or Amharic they might as well be for all I understand.

(mercredi)

Des scènes et des fragments

J'ai des scènes qui me trottent dans la tête, qui demandent à être couchées sous la forme de fragments littéraires gratuits ; des scènes pour certaines assez précises, mais difficiles à exprimer avec des mots ; également, des idées (des mèmes, plutôt), ou encore, des phrases (parfois des rythmes de phrases). Malheureusement, je n'ai pas le temps de les concrétiser : il me faut un temps considérable pour écrire chacun de ces fragments (ne parlons même pas de l'idée d'écrire une nouvelle ou, pire, un roman !). Surtout que certains de ces fragments doivent être en anglais (je ne saurais pas moi-même dire pourquoi — sauf pour la raison évidente que si c'est une phrase qui veut être écrite et accompagnée elle peut très bien être en anglais), et ma connaissance de l'anglais est tristement insuffisante, il me faut encore beaucoup plus de temps que pour écrire du français. Du coup, les idées s'empilent, et ce n'est pas agréable pour moi (soit je fais un effort pour les retenir, mais j'ai l'impression que l'inspiration se ternit, qu'il y a une date de péremption associée à ces idées, soit je les oublie, mais j'ai l'impression de perdre quelque chose qui aurait pu être intéressant et qui viendra me titiller désagréablement plus tard).

(mardi)

Miam et beurk

Miam : J'ai de nouveau fait des courses à l'épicerie du Bon Marché aujourd'hui. J'y ai acheté toutes sortes de choses qui me semblaient intéressantes : de la poudre de pili-pili, des chips au sel de mer et au vinaigre balsamique et d'autres aromatisées au cheddar et à la ciboulette, des chips de patates douces (normalement je n'aime pas les patates, mais j'ai eu l'intuition que sous forme de chips ça devait être bon et, de fait, c'est très intéressant !), du confit de pétales de rose et du confit de fleurs d'oranger, du caramel au beurre salé et à l'orange confite, des olives pimentées assorties (pas très original, ça, mais néanmoins délicieux), et enfin un jus de tomates qui est au jus de tomates λ qu'on trouve en supermarché comme du jus d'orange fraîchement pressé par rapport à du Fanta orange (bon, presque). Ah oui, et de la barbapapa, aussi. ☺ Bon, je n'ai pas tout goûté encore, mais ce que j'ai essayé est vraiment bon.

Et pour finir la journée gourmande, je suis allé dîner au Loup Blanc (que j'ai mentionné en passant deux ou trois fois déjà dans ce blog — en tout cas je recommande vivement un coup d'œil sur leur carte ! malheureusement celle sur leur site Web n'est plus à jour) où j'ai pu me régaler avec notamment du fromage blanc au sorbet de betterave et une salade aux pousses de fougère.

J'espère vous avoir mis l'eau à la bouche, là !


Bon, sinon, le beurk, c'est parce que j'ai reçu (comme, semble-t-il, 800000 autres Français), et à trois exemplaires, un spam politique envoyé par un candidat notoire à l'élection présidentielle de 2007. Monsieur N. S. (dont nous tairons l'identité) nous invite à participer à sa campagne et à rejoindre son parti, ou quelque chose comme ça (enfin, c'est ce qu'on m'a dit après : moi j'ai envoyé le mail dans la boîtàspam dès que j'ai vu le nom de l'expéditeur[#]). Le plus malheureux, c'est qu'il paraît que c'est légal. Beurk, donc.

[#] Selon le principe que quelqu'un comme lui n'écrit pas un péquenot comme moi, donc il ne pouvait s'agir que d'une usurpation (ce que j'ai d'abord cru) et/ou d'un spam. Ou d'un homonyme, évidemment, mais c'est quand même peu plausible. Après renseignement, ce n'est pas une usurpation ni une homonymie mais bien un spam.

(lundi)

Intrigues

Il m'arrive rarement de relire un livre de la première à la dernière page (normalement je pioche au hasard un livre et un passage qui m'a plu et je relis juste ça). Je viens pourtant de le faire[#] pour The End of Eternity (La Fin de l'Éternité) d'Asimov, qui est certainement un de ses romans les plus étranges et les plus remarquables : je ne dirais pas que c'est le meilleur, mais c'est indubitablement un des plus « asimoviens ». Un roman très intrigant parce que, pendant un bon tiers (voire une moitié) du livre on se demande mais où veut-il donc en venir ? — et à la fin pourtant tout s'explique en temps voulu avec le talent habituel d'Asimov pour les enchaînements de coups de théâtre. L'intrigue est délicieusement compliquée et agrémentée de surprises inattendues (j'adore ça). Et bien sûr il y a le thème du voyage dans le temps qui m'est cher (même si le modèle qu'en propose Asimov ne tient pas debout quand on y réfléchit un peu, il contient des mèmes[#2] intéressants).

Un autre livre que j'ai récemment relu de bout en bout, c'est Cœur de démon (dont j'ai déjà parlé). Il a en commun avec La Fin de l'Éternité (et avec certains de mes romans complètement cinglés de quand j'étais petit) ce genre d'intrigue terriblement compliqué où tout le monde ment, cache des choses, et où on va de révélation en révélation. Ça me donne envie de lire d'autres choses de ce genre : des histoires (se déroulant, peu importe, dans le monde réel, dans un contexte de heroic fantasy ou dans un univers de science-fiction) de complots et d'intrigues, des machinations politiques, des échafaudages de mensonges dans des mensonges, mais où tout, finalement, est expliqué et dénoué après le dernier rebondissement ; donc si quelqu'un a des conseils de lecture à me faire…

[#] Précisons cependant que je l'ai relu en anglais alors que je l'avais lu une première fois en français (parce qu'il était épuisé en anglais donc j'avais dû me rabattre sur la traduction).

[#2] Comme l'idée <spoiler niveau="léger">qu'une modification faite dans le présent va avoir des conséquences qui augmentent en intensité pendant un certain temps (l'effet papillon bien connu), puis qui diminuent dans un futur encore plus lointain</spoiler>. C'est de la pure invention de sa part, il n'y a aucune raison de le penser, mais c'est une idée à mon avis très intéressante et pas du tout impensable. Je me demande si on peut donner un système dynamique ou un automate cellulaire ou quelque chose de ce goût-là (autre qu'un exemple évident du style système en mouvement forcé) qui aurait un comportement de ce genre.

(Monday)

22 years ago, WWIII (might have!) started

This kind of story tends to make shivers run down my spine. Will we learn similar things, twenty years from now, about the war on terrorism as we still learn about the cold war?

(samedi)

Qui est nº1 ?

C'est amusant, chacun des trois grands opérateurs de téléphonie mobile sur le sol français a l'air de faire simultanément de la pub disant que leur réseau est le nº1. Évidemment, chacun a une façon différente (précisée en tout petits caractères ou dans une tournure ambiguë de la phrase) de définir le critère de classement. Jolie illustration de cette citation d'Asimov que j'aime beaucoup : The closer to the truth, the better the lie, and the truth itself, when it can be used, is the best lie. Donc, si j'ai bien compris : Orange a le réseau qui touche la plus grande part de la population (c'est sans doute le critère le plus important), Bouygues a le premier réseau si on se limite au « haut débit », et SFR est premier sur la majorité des critères définis par l'ART (mais évidemment, rien ne dit que ces critères soient importants ou pertinents : ça me rappelle un marchand de meubles près de chez mes parents qui faisait une pub en affichant en énorme braderie monstre sur 70% et en tout petit du magasin — i.e., une partie importante du magasin était soldée, mais de très peu).

(samedi)

Impressions de Mac OS 10.4

Ma mère a un nouvel iMac (d'occasion) parce que le précédent était cassé. Avec Mac OS 10.4 (Tiger) dessus, que j'ai donc pu découvrir (puisque j'ai été appelé à la rescousse pour faire un peu d'administration système dessus). Globalement il faut admettre que la qualité de l'interface utilisateur est excellente : même si je n'aime pas trop le concept du « chaque fenêtre appartient à une application, et toutes celles d'une application donnée se soulèvent en même temps », on doit reconnaître que c'est très cohérent. Même ma maman a réussi à faire marcher le réseau (enfin, le routeur que j'administre est un serveur DHCP, donc ce n'est pas miraculeux non plus !) alors que j'ai parfois vu à quoi ressemblait la configuration réseau d'un système Windows, et c'est vraiment pas joli. Là j'ai même fait marcher l'IPv6 en deux clicks de souris (pareil : j'ai des avertissements de routeur qui sont émis sur le brin Ethernet, donc ce n'est pas miraculeux). Et puis il y a des choses tout à fait jolies, comme le dashboard, ou geek-friendly, comme la possibilité de régler finement le format de date et d'heure qu'on veut voir affiché.

Pourtant, il y a des points qui pèchent encore considérablement. Par exemple, dans les préférences système, on ne comprend jamais clairement ce qui est une préférence du système et une préférence de l'utilisateur, et ça c'est désastreux. (Je n'ai toujours pas compris comment régler la langue et le clavier de l'invite de login, d'ailleurs : parfois modifier la langue d'un utilisateur adminsitrateur change celle de l'invite de login, mais pas toujours, c'est très obscur.) L'installation d'une imprimante est encore loin d'être une partie de plaisir (mais c'est sûr que par rapport aux horreurs de CUPS qu'ils utilisent pourtant comme moteur sous-jacent, c'est vraiment bon).

Mais ce qui m'a le plus déçu, pour un système censément prévu pour le « multimédia », c'est qu'il ne sait pas lire des Ogg Vorbis par défaut : moi je pensais que j'aurais juste à double clicker dessus pour les entendre — eh bien non, Mac OS n'est pas par défaut capable de faire quelque chose d'aussi simple. Ça c'est vraiment mauvais, comme prestation, surtout que je m'attendais à ce qu'iTunes soit capable de jouer absolument tous les formats possibles imaginables.

(vendredi)

En vrac

Ça y est, je suis débarrassé de cette semaine de cours. En fait, ce qui prend un temps fou, c'est de préparer des transparents : le 5e jour (ce matin, donc) j'ai décidé de m'en passer et du coup j'ai préparé mon exposé en à peine une demi-heure, contre cinq ou six heures pour chacun des précédents ! J'avoue que je ne comprends pas pourquoi c'est si difficile, d'autant que mes transparents sont loin d'être excellents (la 3e série est carrément très mauvaise ; en revanche, je ne suis pas trop mécontent de la série sur les corps finis).

La prochaine fois, je réfléchirai un peu avant d'accepter ce genre de mission bénévole (parce que j'ai fait ça pour des prunes, ça ne rentre même pas dans mon service). Mais bon, ce n'est peut-être pas si inutile, peut-être que ça m'aidera dans le cadre de ma préparation à l'option « algèbre » de l'agreg.


Du coup, je rate le week-end d'intégration de l'ENS cette année (ils sont partis ce matin, du côté du lac de Vassivières). Je pourrais y aller en train demain (il y a des gens qui font ça), mais quelques heures de train juste pour une soirée sur place je crois que ça n'en vaut pas vraiment la peine.


Sinon, je dois dire que c'était rigolo de faire joujou avec mon pointeur laser (le vert) — pour ce à quoi il est vraiment censé servir. Et, de fait, indépendamment de l'aspect joujou, il faut avouer que c'est quand même bien pratique de pouvoir désigner clairement ce dont on parle, souligner exactement la région d'une formule à laquelle on se réfère, etc., sans se mettre devant et bloquer la vue de la moitié du tableau !


La station Luxembourg vient de passer au numéro 3, plus personne n'y croyait ! ☺

(Explication : quand ils ont refait la station de RER Luxembourg — je crois que ça devait être en 2001 ou quelque part par là —, ils ont décidé d'en faire une sorte de « station-journal » avec des grands panneaux qui présenteraient un « journal de l'écologie urbaine » réalisé en collaboration avec Courrier international, et censément bimestriel il me semble. Je trouve que c'était une bonne idée. Mais ce « journal-station » n'a connu que deux numéros, et le 2e est resté affiché plusieurs années sans bouger. Jusqu'à il y a quelques jours, donc, où il a été remplacé par un numéro 3 — même s'il n'est pas exactement étiqueté comme tel — consacré aux favelas brésiliennes.)


Parlant de station Luxembourg, j'y ai croisé mon prof de physique de sup tout à l'heure. Sauf que je ne l'ai pas reconnu à temps (ça fait tout de même dix ans…) pour le saluer.


Je suis tellement habitué à ce que les « gens normaux » (i.e., non-geeks) n'aient aucun avis (et, généralement, des idées totalement fausses) sur les abus de la propriété intellectuelle (je veux dire, les renforcements délirants que subit ce droit ces dernières années, la manière abusive et scandaleuse dont l'industrie du disque l'exploite et tente pour protéger ses monopoles de faire interrompre le progrès, les tentatives de passage en force pour faire avaler à l'Union européenne la couleuvre des brevets logiciels, ce genre de choses) que je suis surpris quand j'entends quelqu'un qui n'est pas informaticien ou apparenté en parler.

Ce midi, c'est un membre du département de mathématiques de l'École qui est parti dans un discours très libertaire sur le sujet, que je n'ai pu que totalement approuver. Ça fait plaisir d'entendre ce genre de choses. (Les matheux sont concernés par le droit de la propriété intellectuelle, parce que les journaux scientifiques en profitent de façon absolument malhonnête ; malheureusement, peu de chercheurs ont fait l'effort de se renseigner un peu pour essayer de comprendre les tenants et aboutissants de la cause.)

(lundi)

Mort de fatigue

C'est de la folie, je n'aurais jamais dû accepter de faire ce cours ! Deux jours passés sur cinq, et je suis déjà mort de fatigue ; j'en ai eu jusqu'à 23h pour finir ma 3e série de transparents (le cours de demain, quoi ! et encore, je ne l'ai pas « fini », j'ai juste arrêté quand je n'en pouvais vraiment plus), et je me lève à 7h30 demain… Argh.

(dimanche)

Transparents, suite

Pfiou, je n'ai même pas vraiment fini la 2e partie (sur 5). Sachant qu'il m'a fallu toute la journée pour ça et qu'à partir de demain j'aurai toute la matinée occupée, ai-je une chance de ne pas me laisser dépasser ?

En plus, apparemment, ça va être compliqué de trouver un rétroprojecteur.

(samedi)

Transparents

Faut encore que je ponde quatre fois ça… Je sens que je ne vais pas avoir le temps de faire grand-chose d'autre cette semaine. ☹

(vendredi)

Réveils en sursaut

Ça fait la troisième fois en assez peu de temps que je me réveille en sursaut tôt le matin (entre 6h et 7h du matin) avec un sentiment de panique inexplicable. Ce n'est pas un cauchemar : quand je me réveille d'un rêve ou d'un cauchemar, j'ai toujours au moins quelques images qui m'en restent — là rien, je me trouve juste à bondir de mon lit avec, sans savoir pourquoi, l'impression que merde, je suis en train de mourir. D'évidence, non, je ne suis pas mort : et, à part un rythme cardiaque élevé à cause de la décharge d'adrénaline (même pas une crise de tachycardie comme il m'est arrivé d'en faire — mais ça a appremment cessé) et de la transpiration parce qu'il fait trop chaud chez moi, je n'ai pas trouvé quoi que ce soit qui justifie cette alerte. Mais bon, c'est quand même inquiétant : même s'il s'avère que c'est purement dans ma tête (je sais que je suis hypocondriaque), c'est au minimum gênant puisque soit je me lève et je suis crevé toute la journée par manque de sommeil soit je me recouche et je ne me rendors qu'une heure après (il faut du temps pour éliminer l'adrénaline de la circulation sanguine) et je ne peux me lever que fort tard.

Ce matin, ça m'est arrivé et j'ai eu le souvenir nébuleux (car perdu dans les brumes de l'instant précédant immédiatement le réveil en sursaut) d'un bruit bizarre dans ma bouche (comme si je disais glop très vite — mais tout cela est très flou dans mon esprit) ; c'est peut-être une piste : il est possible que je fasse de l'apnée du sommeil et que je me réveille quand mon cerveau manque d'oxygène. Pourtant, en temps normal, je ne crois pas que je ronfle (je dors sur le côté). Une autre possibilité (plus inquiétante) est qu'il y ait un lien avec certains maux de tête qui me prennent parfois de façon très subite, vive et localisée.

Je devrais peut-être consulter. D'un autre côté, la dernière fois que je suis allé voir un généraliste, c'était pour un problème pas très différent (sauf que c'était une douleur thoracique qui me réveillait), il m'a dit que je n'avais rien et il m'a prescrit du magnésium et de l'euphytose (en clair, rien du tout).

Tant que j'y suis à parler de symptômes nocturnes, une autre chose qui se produit de temps en temps (mais là, ça fait des années — au moins dix ou quinze ans, en fait), c'est que, pendant que je suis couché mais pas encore endormi (et, bizarrement, beaucoup plus souvent quand je suis couché du côté droit que du gauche), j'ai une sorte de vertige : ça ne dure qu'une fraction de seconde, mais ça me fait l'effet d'un éclair — j'entends un son très puissant (un bourdonnement) qui n'existe évidemment que dans ma tête et mon champ visuel devient tout lumineux. Il semble que ça ne prête à aucune conséquence (là il n'y a pas de choc d'adrénaline, donc ça ne m'empêche pas de m'endormir), ça m'arrive peut-être une fois par semaine, mais c'est en tout cas assez intrigant. Je n'ai jamais ressenti rien de tel une fois debout. (Si je dormais en permanence avec un EEG, on y verrait peut-être plus clair…) Mise à jour (2011-06-20) : ce phénomène est en fait connu et porte un nom : exploding head syndrome.

(mercredi)

Fragment littéraire gratuit #56 (a star is born)

C'est donc très soudainement que s'opéra pour lui la transformation (et encore plus soudainement la prise de conscience de celle-ci) qui chez d'autres a pu prendre des années : le coup de « baguette magique » de la fée du show-biz qui, selon des critères connus d'elle seule, transforme la citrouille d'un artiste peinant à survivre en carrosse d'une star adulée. Pouf ! du jour au lendemain, sa vie, son univers, étaient bouleversés. Mais, au final, ce qui le troublait le plus, ce n'était pas l'idée qu'il apparaîtrait désormais régulièrement (et dès cette semaine) en première page de la presse people, ni aucun de cette sorte de changements immédiatement liés à la célébrité (peut-être éphémère). C'était plutôt la pensée des milliers d'ados qui afficheraient sa photo en poster dans leur chambre, écouteraient ses disques en boucle et en apprendraient par cœur les paroles ineptes, copieraient soigneusement son look grunge éclectique et aléatoire, se branleraient — certains — en pensant à lui, et feraient généralement de lui leur totem dans leur révolte de gamins — contre maman, contre la société, contre le monde entier. À cette réflexion (bien en-deçà de la réalité, ainsi qu'on va le voir) il fut saisi d'une nausée : comme l'impression de corrompre la jeunesse.

(mardi)

TODO

Ce qu'il y a de bien avec un blog, c'est que ça peut aussi servir d'agenda. 😎

Sur l'agenda :
Cours de mise à niveau du MPRI semaine du 19 au 23. Rendez-vous chez le dentiste le 22. Groupe de travail Frobenius le 27. Thèse de L.L. le 3. Accueil Toulousains le 5.
Urgent :
Préparer cours et transparents pour la semaine prochaine. Faire prolonger le livre de Serre à la bibliothèque.
Paperasse :
Contacter service personnel re rachat cotisations 2000–2003. S'occuper de la MGEN. Papiers assurance. Trouver une filière pipo pour être étudiant cette année ? Renouveler normal❛carte.
Maths :
Soumettre l'article à Compositio ! Ping Bulletin SMF. Revoir plus TODO séparé.
Enseignement :
Organiser une réunion re agreg.
Maths anecdotiques :
Trouver une cns (ou au moins une cs intéressante) pour que A soit libre sur A. Comprendre la remarque de Vincent sur l'informatique quantique.
Informatique :
Développer driver ECC convenable. Développer patch capabilities. Plus TODO séparé.
Divers :
Aller chercher l'aspirateur à la Redoute.
Anecdotique :
Mettre en place www.banana-awards.info (avant que Slashdot tombe dessus…). Refondre l'article Quine sur Wikipédia.
Plus :
Trouver ce que j'ai oublié sur ce TODO.

(lundi)

Ce qui fait une année

Je reviens sur ce fragment littéraire gratuit que j'ai écrit il y a un certain temps, et je me dis que même s'il est assez peu réussi[#], c'est une expérience intéressante que j'aimerais tenter de façon plus sérieuse : en un texte court (disons de l'ordre de deux ou trois pages[#2]) capturer l'« esprit » d'une année. Une tentative qui ne serait ni littéraire ni historique ni « nostalgique », juste de créer une petite capsule temporelle, retrouver ce que les gens pensaient, quelles étaient leurs préoccupations et leurs références, en une année précise. À un endroit précis aussi[#3], bien entendu (Paris, pour ce qui m'intéresse).

En fait, j'imaginerais de faire ça pour cinq années précises à intervalles de six ans : 1970, 1976, 1982, 1988 et 1994. Si les intervalles sont trop rapprochés, on ne voit pas assez la différence ; après 1994 il y aurait 2000, mais on n'a pas encore assez de recul pour mesurer vraiment ce qui est différent entre 2000 et 2005 (en tout cas, pas sur le plan qui intéresse le type de texte que je recherche) ; et avant 1970 on franchit quelque chose d'important avec mai '68 et j'ai trop de mal (mais c'est sans doute purement personnel et lié à mon âge) à retrouver l'odeur de l'époque : en un sens, avant '70, pour moi, c'est de l'Histoire. Et il y a certainement une considération personnelle (1976 est l'année où je suis né, 1994 celle où j'ai passé le bac). Mais il faut voir aussi, pour le choix des extrémités de l'intervalle, que notre façon de voir une année dépend beaucoup du présent : je veux dire, si on écrit en 2005 sur l'année 1988 il faudra peut-être rappeler que les téléphones mobiles n'existaient pas encore — si on écrit en 1994 ce ne sera pas une chose à souligner. Donc les portraits devraient être refaits avec le temps, pas parce que le passé change mais parce que le présent bouge. (En un sens, le texte de Victor Hugo ne nous renseigne pas vraiment sur l'année 1817 : plutôt sur la façon dont on elle différait d'un demi-siècle plus tard.) À la limite il pourrait faire partie de l'expérience de décrire le regard qu'on avait, dans chacune de ces années, sur une année encore antérieure.

Mais tout ceci n'est pas facile à faire : l'actualité est facile à retracer, mais il faudrait aussi se replonger dans les journaux de l'époque (surtout les hebdomadaires, en fait, qui sont une bonne façon de prendre le pouls de la société), revoir des archives d'émissions de télé et écouter des extraits de radio, essayer de se rappeler qu'à ce moment-là on connaissait tel film mais pas tel autre (car il est sorti après), tel artiste mais pas tel autre, etc. À cela il faut encore rajouter des données statistiques (le prix du pétrole, ça fait une grosse différence entre 1970 et 1976 !) et toutes sortes de choses plus subtiles auxquelles qu'on ne pense pas à noter en temps réel parce qu'elles sont tellement évidentes qu'on ne les voit plus, et dont on est surpris de se rendre compte qu'elles ont pu changer. Ce sont peut-être celles-là les choses les plus intéressantes. Ce sont elles la physionomie des années [dont] se compose la figure des siècles.

[#] Au moins parce que j'ai oublié des choses importantes : Le Grand Bleu, la mort de Dalida l'année précédente… et sans doute encore plein d'autres.

[#2] Le modèle d'origine est le chapitre intitulé En l'année 1817 dans Les Misérables.

[#3] On pourrait aussi varier l'endroit… mais les lieux s'influencent mutuellement alors que les années s'influencent seulement dans un sens, ce qui rend l'expérience asesz différente.

(Sunday)

The Banana Awards

All right, I admit I have something to do with this

(samedi)

Rêves

Je disais récemment que je ne rêvais jamais que j'enseignais, mais ça m'est arrivé cette nuit. En fait, le rêve était très semblable à celui dans lequel je panique de ne pas arriver à avancer un examen : je donnais un cours (ou un TD, que sais-je… ça avait l'air d'être au niveau lycée ou début de fac) et j'étais épouvantablement mauvais, je m'embrouillais, je perdais mon temps sans arriver à traiter ce que je devais traiter, et les élèves s'en allaient les uns après les autres. Bon, c'est plus vrai qu'avec l'examen parce que, si je n'ai jamais vraiment eu de problème de manque de temps pendant un examen, lorsque je donne un TD j'avance toujours très lentement (enfin, je ne peux pas vraiment dire que ça me panique non plus).

La nuit précédente, j'avais fait un autre rêve dont je me souviens, où se mêlaient des éléments aussi divers que le voyage en Inde de Joël, l'inondation de la Nouvelle-Orléans, quelques séries télévisées sur lesquelles je suis tombé en zappant, et La Planète interdite que j'ai récemment revu. Toujours est-il que ça se passait sur un des satellites d'Uranus, Miranda (mais dans mon rêve Miranda et Uranus lui-même se confondaient assez), qui abritait (sous dôme, un peu glauque, d'ailleurs) une colonie humaine dont on avait perdu trace, et que j'étais chargé de retrouver, ce qui n'avait pas été bien dur ; mais voilà qu'une terrible tempête allait dévaster la colonie (ensuite le rêve partait dans d'étranges considérations concernant les meilleurs restaurants indiens sur Miranda, et dans un dédale de petites rues). Au moins une association d'idées est transparente : Miranda est un des personnages de La Tempête de Shakespeare, dont La Planète interdite (où il est question de retrouver une expédition perdue à destination d'Altaïr) est souvent considéré comme une adaptation.

(vendredi)

Agenda

Je viens de m'acheter mon agenda 2005–2006. Bon, en fait j'en ai acheté deux parce que pour le premier je me suis trompé et j'en ai pris un qui va de novembre 2005 à fin décembre 2006 alors que mon vieil agenda va d'août 2004 à fin août 2005, donc ça faisait un trou de deux mois et j'ai préféré racheter un agenda d'août à août (en maudissant Quo Vadis pour avoir inventé encore une incompatibilité gratuite). Mais passons. J'ai commencé à le remplir, et c'est effrayant, j'ai déjà (sur les trois prochaines semaines) plusieurs conflits (des choses qui se chevauchent, je veux dire). Je n'aurais peut-être pas dû accepter de faire un cours de mise à niveau en algèbre commutative pour informaticiens dans dix jours. Enfin, au moins ça me forcera à me lever tôt !

(jeudi)

Je te tiens par la main…

Je ne saurais pas dire de quels éléments précisément provient cette impression, mais quand je vois un couple[#] d'amoureux dans la rue (ou un autre lieu public) qui s'affichent (se tiennent simplement par la main, ou plus), j'ai généralement tendance à le catégoriser immédiatement dans une de deux catégories assez nettes et distinctes. La première, celle des couples dont l'affection se voit simplement parce qu'elle déborde : ils ne se soucient pas de ce qu'on pensera d'eux, ils ne se soucient que l'un de l'autre, et généralement ça se voit ; souvent, c'est « mignon », c'est attendrissant. Ceux-là ne jouent pas la comédie (ou alors, pas volontairement). Les autres, ce sont les relations dont on n'a l'impression qu'elles n'existent que pour se montrer, qu'elles satisfont une fonction sociale. L'un des deux amoureux (typiquement, le garçon) ou les deux semble tenir la main de l'autre (ou l'enlacer, ou n'importe quoi d'autre) uniquement pour bien montrer que c'est sa fiancée, à lui, son « butin de chasse ». Je fais là un procès purement gratuit et infondé, mais c'est l'impression qui s'en dégage : on ne perçoit aucune sorte de complicité partagée, comme si chacun supportait l'autre uniquement pour pouvoir parader avec.

[#] Hétéro, bien entendu. Les couples homos ne s'affichent décidément jamais (hormis dans des endroits très précis) : je ne sais pas quelle est, en ce fait, la part de crainte de l'homophobie, la part de lassitude de son fait, la part de respect plus ou moins mécanique de traditions sociales, et la part du fait, bêtement statistique, que les couples homos sont simplement beaucoup moins nombreux. Mais le fait est qu'on n'en voit pratiquement jamais.

(mardi)

Fragment littéraire gratuit #55 (Visita Interiorem Terræ Rectificando Invenies Operæ Lapidem)

L'alchimiste renifla le contenu du creuset et prit un air satisfait. Pas de doute, c'était bien là du soufre : pas la poudre jaune qui en tient habituellement lieu, mais la pure essence du soufre, rouge vif, pâteuse. Jamais la distillation n'avait été aussi parfaite. Il déposa cette substance à côté du mercure, prenant grand soin de ne pas les mélanger. Surtout pas si tôt ! Il manquait encore le troisième ingrédient, celui qui assurerait le mariage entre les deux principes. La terre… murmura-t-il.

La terre… répéta Matthieu. Dois-je vous en apporter, Maître ?

L'alchimiste se tourna vers son assistant et sourit. Oui… Oui, excellente idée. Oui, c'est toi qui vas me l'apporter. Son regard était tel que le garçon recula d'un pas. Non, reste ici ! Sais-tu ce qu'est la terre, et comment on se la procure ? Elle doit être vivante, tu le sais ? Et c'est toi qui vas me la fournir.

Puis avec un ricanement, il rajouta : M'espionner ! Tu as cru pouvoir m'espionner ! Oui, je le savais, Matthieu, je sais qui tu es et qui t'emploie : dès le début je savais tout. Ne bouge pas ! Ne fais pas un geste ! Tu es paralysé. D'une voix à la fois douce et terrible : Tu as fait un serment. Maintenant tu ne peux pas lui échapper. Il est trop tard. Tu voulais me voir à l'œuvre ? Tu vas être au cœur de l'Œuvre. Mais tu ne pourras pas en rapporter grand-chose.

Mathieu voulut répondre, marchander, implorer, mais il ne put prononcer un son. L'alchimiste étendit la main sur son front et articula lentement : לקחת כי־עפר אתה ואל־עפר תשוב׃

Quand le serviteur de l'abbé entra moins d'une heure plus tard, tout était accompli. Le vieillard, seul, balayait un reste de poussière sur le sol, tandis que sur la table une pierre rouge semblait briller de l'intérieur.

(lundi)

Devinette mathématique

On m'a posé cette question assez récemment, et je la trouve assez jolie ; en plus, elle est compréhensible par tout le monde :

On vous donne une règle (non graduée) d'environ 30cm (et un crayon, quand même), et deux points distants d'environ 35cm : comment faire pour tracer la droite qui les relie ? Et si les points sont très éloignés, peut-on toujours s'en sortir ?

Corrigé (2005-09-06T21:30+0200) : Voici la solution que j'avais à l'esprit.

Soient A et B les points à relier, distants d'à peu près 35cm. On trace une droite dà peu près parallèle à (AB) et distante d'elle de quelques centimètres (au maximum), et sur cette droite on marque deux points A′ et B′ tels que B′ soit à peu près aussi loin que possible de A, et A′ à peu près aussi loin que possible de B, mais pour que les droites AB′ et BA′ soient quand même traçables. Soit C′ un point sur la droite d′=(AB′) à peu près au milieu de [AB′]. On appelle C″ le point où AB′ et BA′ se rencontrent. On trace une droite d″ passant par C″ et à peu près parallèle à (AB) et (AB′) : soit B″ l'intersection de cette droite d″ et de (AC′) et A″ l'intersection de d″ et (BC′). Soit C le point d'intersection de (AB″) et (BA″) (si on a bien choisi C′, ça doit être faisable). Alors le théorème de Pappus assure que A, C et B sont alignés, et C est à peu près au milieu de [AB], donc on trace (AC) (c'est assez court) et (CB) et on a notre droite (AB) recherchée.

Cette solution doit marcher lorsque le rapport entre la distance à tracer et la longueur de la règle n'excède pas quelque chose comme 4/3 (je n'ai pas vérifié, mais c'est de ce genre-là). Mais du coup, on peut faire comme si on disposait d'une règle, disons, 30% plus longue, et en itérant la construction on peut faire comme si on disposait d'une règle arbitrairement longue. (Sauf que ça devient complètement théorique parce que la perte de précision est rapidement énorme.)

(samedi)

Parigramme

J'aime en général beaucoup les livres de l'éditeur Parigramme : par exemple, l'Atlas de Paris de Danielle Chadych et Dominique Leborgne, ou encore Métro insolite de Clive Lamming, sont absolument excellents, d'une clarté et d'une précision vraiment remarquables (principal reproche : l'absence d'index dans ce dernier). Mon dernier achat chez eux, c'est Sur les traces de la Bièvre parisienne, de Renaud Gagneux et Jean Anckaert : c'est un ouvrage fascinant. Évidemment, le fait que j'habite (rive gauche de la Seine mais) rive droite par rapport à la Bièvre, et que je traverse régulièrement son cours (le plus souvent, en bas de l'avenue des Gobelins ou bien, sur la rue Corvisart le long du square Le Gall) doit jouer dans l'intérêt que je porte à cette rivière disparue (elle est maintenant souterraine et son eau passe dans les égouts) qu'il est occasionnellement question de faire resurfacer : pour aller de la Butte aux Cailles à la Montagne Sainte-Geneviève, je dois d'une manière ou d'une autre passer par la vallée de la Bièvre, et je ne peux pas ne pas remarquer les traces de son ancienne présence, ne serait-ce que dans le relief.

Je pense que je vais prochainement me procurer Retour à Paris de Daniel Quesnay (comparaison de photographies à un siècle d'intervalle, prises exactement sous le même angle), et peut-être aussi l'Atlas du Paris souterrain d'Alain Clément et Gilles Thomas (même si je ne suis pas spécialement cataphile).

(vendredi)

Sombres histoires : lumières et dictionnaires

Eh bien non, je n'ai toujours pas de la lumière : aujourd'hui je suis parti comme une fleur en me disant je vais au BHV pour m'acheter des ampoules à diodes et un support pour les mettre, puis j'irai plus près de chez moi pour m'acheter un support halogène comme deuxième source d'éclairage. Naïf !

Premièrement, les ampoules à diodes, actuellement, n'existent qu'avec deux culots, appelés GU10 et GU5.3 : ce sont des culots dont vous n'avez jamais entendu parler, qui sont distincts à la fois des deux types de culots à vis habituels (E27 et E14) et du culot à baïonnette (B22), et qui ne sont utilisés par aucun type de support sur pied (uniquement des supports de type spot, plafonniers ou muraux, qui s'alimentent par des dominos, pas par des prises, ce qui ne fait pas du tout mon affaire). Il n'y a aucune incompatibilité électrique, notez bien, (enfin, si, pour le GU5.3, qui est du 12V, mais pas pour le GU10, qui prend du 230V tout ce qu'il y a de plus standard), et si on sait faire des ampoules de ce type on pourrait tout aussi bien en faire à culot à vis habituel, mais il se trouve juste que ça n'existe pas (il paraît que c'est censé apparaître précisément dans deux semaines, à ce que m'a dit le vendeur du BHV : je ne sais pas si je crois à ce genre de miracles). Je pense que cela mérite le prix de l'incompatibilité la plus conne et la plus gratuite de tous les temps (au moins les histoires de RAM elles ont une vague raison d'être). Donc, d'ici deux semaines, impossible d'avoir un éclairage sur pied à diodes, au moins d'après le BHV et les deux Bricorama où je me suis renseigné. Joie. Bon, on reverra ça.

Pour l'halogène, j'ai choix entre le BHV, qui est hors de prix, et mon Bricorama local, qui est plus abordable, mais comme les deux supports précédents que j'ai acheté chez eux ont cassé, je suis méfiant. Je n'ai donc rien acheté sur ce terrain-là non plus.


Je fais un coq-à-l'âne pour évoquer quelque chose qu'on m'a raconté ce soir : il paraît que c'est une tradition chez les encyclopédistes et les lexicographes d'insérer un mot dans leur encyclopédie ou leur dictionnaire qui est complètement inventé (par eux, je veux dire), pour voir si ensuite d'autres reprennent leur corpus de mots. Par exemple, le New Oxford American Dictionary a inventé à cet effet le mot esquivalience. Je me demande bien si le OED en contient : ce serait certainement très tentant et très facile pour eux ! Ma mère me raconte également qu'un de ses collègues, distingué chartiste auteur d'un livre recensant les hôtels particuliers à Paris, en a inventé un de toutes pièces. Ça ne doit pas être évident de retrouver lequel ! Tiens, au fait, vous pouvez chercher l'intrus dans cette liste (ce n'est vraiment pas difficile, il se repère vite…).

L'association d'idées me fait également penser au petit jeu suivant, qui peut être distrayant avec un groupe d'amis : quelqu'un choisit un mot bien obscur dans un dictionnaire très complet (comme le OED) et en recopie la définition. Il annonce le mot mais pas la définition. Puis chacun des autres joueurs invente une définition possible pour ce mot. Celui qui a choisi le mot les lit toutes (y comprise la vraie) dans un certain ordre, et on vote (à bulletin secret) pour celle qui semble la plus plausible : chaque vote pour la bonne définition fait gagner un point à celui qui a voté et en perdre un à celui qui a choisi le mot, tandis que chaque vote pour une mauvaise définition fait gagner un point à celui qui l'a rédigée et en perdre un à celui qui s'est trompé.

(jeudi)

Je veux de la lumière !

Certains se rappellent peut-être mes déboires avec mes lampes halogènes : ils ne sont pas finis. Pour résumer, j'en avais une depuis longtemps qui marchait fort bien, mais un jour elle a cassé (je parle du circuit électrique dans le socle, hein, pas de l'ampoule) ; j'en ai donc racheté une autre (à un prix défiant toute concurrence), mais d'une part elle était d'une couleur horrible (je parle toujours du support, pas de l'ampoule) et d'autre part elle a cassé en quelques jours ; alors j'en ai racheté encore une autre (stupidement, du même modèle), blanche, cette fois, et elle marche encore… vaguement. Vaguement ça veut dire que l'intensité lumineuse a baissé progressivement au fil des semaines, et maintenant elle éclaire à peu près autant qu'une incandescente ordinaire de, euh, 50W à tout casser, alors que c'est une halogène de 300W. Ça doit être le variateur qui est fondamentalement buggué, mais là il est vraiment en position maximale, il n'y a pas de doute.

Demain je vais donc au BHV et je compte en revenir avec une lampe qui marche. J'aimerais bien en trouver deux, en fait, une halogène (mais une bonne, cette fois) et une lampe à diodes : je ne sais pas si c'est trouvable, pour l'instant je n'ai vu des lampes à diode que sous forme de spots muraux, jamais ajustables sur pied, je ne vois vraiment pas de raison pour ça, mézenfin… Au moins les diodes il ne devrait pas y avoir besoin de les changer tous les deux mois.

Accessoirement, je ne comprends vraiment pas comment le support d'une lampe halogène peut casser. Ce n'est qu'un unique fil électrique avec un interrupteur et un rhéostat !

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