David Madore's WebLog: 2020-01

Vous êtes sur le blog de David Madore, qui, comme le reste de ce site web, parle de tout et de n'importe quoi (surtout de n'importe quoi, en fait), des maths à la moto et ma vie quotidienne, en passant par les langues, la politique, la philo de comptoir, la géographie, et beaucoup de râleries sur le fait que les ordinateurs ne marchent pas, ainsi que d'occasionnels rappels du fait que je préfère les garçons, et des petites fictions volontairement fragmentaires que je publie sous le nom collectif de fragments littéraires gratuits. • Ce blog eut été bilingue à ses débuts (certaines entrées étaient en anglais, d'autres en français, et quelques unes traduites dans les deux langues) ; il est maintenant presque exclusivement en français, mais je ne m'interdis pas d'écrire en anglais à l'occasion. • Pour naviguer, sachez que les entrées sont listées par ordre chronologique inverse (i.e., la plus récente est en haut). Cette page-ci rassemble les entrées publiées en janvier 2020 : il y a aussi un tableau par mois à la fin de cette page, et un index de toutes les entrées. Certaines de mes entrées sont rangées dans une ou plusieurs « catégories » (indiqués à la fin de l'entrée elle-même), mais ce système de rangement n'est pas très cohérent. Le permalien de chaque entrée est dans la date, et il est aussi rappelé avant et après le texte de l'entrée elle-même.

You are on David Madore's blog which, like the rest of this web site, is about everything and anything (mostly anything, really), from math to motorcycling and my daily life, but also languages, politics, amateur(ish) philosophy, geography, lots of ranting about the fact that computers don't work, occasional reminders of the fact that I prefer men, and some voluntarily fragmentary fictions that I publish under the collective name of gratuitous literary fragments. • This blog used to be bilingual at its beginning (some entries were in English, others in French, and a few translated in both languages); it is now almost exclusively in French, but I'm not ruling out writing English blog entries in the future. • To navigate, note that the entries are listed in reverse chronological order (i.e., the most recent is on top). This page lists the entries published in January 2020: there is also a table of months at the end of this page, and an index of all entries. Some entries are classified into one or more “categories” (indicated at the end of the entry itself), but this organization isn't very coherent. The permalink of each entry is in its date, and it is also reproduced before and after the text of the entry itself.

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Entries published in January 2020 / Entrées publiées en janvier 2020:

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(jeudi)

Le poussinet et moi avons déménagé (de deux étages)

J'ai déjà expliqué que mon poussinet et moi avions acheté ensemble un appartement plus grand (au 2e étage) dans l'immeuble que nous occupions déjà (au rez-de-chaussée) et que nous nous demandions comment procéder au déménagement pour qu'il soit aussi peu douloureux que possible, sachant qu'un prêt-relais me permet de garder les deux appartements pendant un certain temps. Finalement, nous avons décidé de procéder de façon « progressive mais avec une étape atomique », c'est-à-dire en gros :

  • dans un premier temps, nous avons fait procéder à quelques travaux, essentiellement la pose d'une pompe à chaleur (qui peut servir de clim en été) pour avoir un chauffage plus économique, et souscrit à un abonnement fibre (chez OVH[#]) ; nous avons aussi fait quelques achats minimaux (comme des chaises Ikea) pour le nouvel appartement ;
  • dans une deuxième phase, nous avons transporté autant que possible ce qui n'était pas quotidiennement utile et qui pouvait être bougé sans besoin de meuble de rangement supplémentaire à l'arrivée : d'abord, tous les livres (puisque le nouvel appartement venait avec pas mal de rayonnages de bibliothèque fixés aux murs) et pas mal de vêtements, puis la paperasse et beaucoup de matériel informatique pas vraiment utile ainsi que des ustensiles de cuisine, le tout à grands renforts de bacs de rangement en plastique ; puis nous avons monté quelques étagères une fois que leur contenu avait déjà disparu, histoire qu'elles puissent servir à ranger autre chose ;
  • puis vient l'étape que je qualifie d'atomique parce qu'elle concerne les choses qui, selon moi, ne peuvent pas vraiment être séparées : nos lits, l'équipement essentiel de la cuisine (frigos, micro-onde, vaisselle de base), nos ordinateurs et les bureaux les supportant, quelques tables, et le nécessaire de toilette en gros équivalent à ce que nous emportons en voyage (nous avons aussi monté la télé pendant cette phase, même si ce n'était pas initialement prévu, parce que nous aimons bien regarder la TNT en dînant) ;
  • enfin, nous comptons monter des choses au fur et à mesure que nous nous rendons compte qu'elles sont utiles, et finalement trier tout le reste.

[#] Je ne souhaite pas particulièrement faire la pub d'OVH ici, dont je ne suis pas terriblement content et qui est vraiment cher, mais il semble que (excepté peut-être FDN mais je crois comprendre que nous n'étions pas éligible) c'est le seul opérateur fibre à Paris, ouvert aux particuliers, qui offre des choses qui me semblent être des exigences minimales de qualité (par exemple un bloc IPv6 fixe natif, en l'occurrence un /56 même si j'aurais préféré un /48, et la possibilité d'utiliser son propre routeur) et qui sont considérées comme des demandes de « pros » (je hais cet euphémisme ridicule). J'ai tellement entendu d'histoires d'horreurs sur Orange, SFR et Free que ce n'était vraiment pas question d'aller chez eux.

C'est l'étape « atomique » que nous avons faite hier (et qui nous a pris essentiellement toute la journée) : il reste encore beaucoup de choses dans l'ancien appartement (la machine à laver le linge, un bureau à moi, mon équipement moto, beaucoup d'affaires de toilette ou de ménage…), mais désormais nous habitons au deuxième étage avec les peluches, et nous y avons passé notre première nuit.

J'ai passé énormément de temps à faire fonctionner la connexion fibre (nous savions déjà qu'elle fonctionnait avec un « modem-routeur » fourni par l'hébergeur, mais nous voulions nous en passer pour avoir une configuration aussi proche que possible de ce que nous avions deux étages plus bas, à la renumérotation IP près), mais je ne vais pas m'appesantir là-dessus : disons juste si ça peut servir à quelqu'un que, pour le FTTH chez OVH en collecte Kosc, le PPPoE se fait directement sur le trunk Ethernet et pas, comme chez Orange, sur un VLAN (835) ; et pour pouvoir faire passer IPv6, il faut non seulement activer IPv6 depuis l'interface Web d'OVH mais aussi faire une requête DHCPv6 de délégation de préfixe sur l'interface PPP (ce n'était pas évident). Si vous ne savez pas ce que tous ces acronymes (PPPoE, VLAN et DHCP notamment) veulent dire, ce message n'est sans doute pas fait pour vous. 😁

J'ai aussi passé énormément de temps à simplement décâbler et recâbler les ordinateurs, d'ailleurs. J'espérais que le déménagement m'aiderait à réduire un peu le chaos de l'enchevêtrement de câbles et d'alimentations qui constitue notre installation informatique, mais visiblement, c'est raté : ça semble impossible de relier et d'alimenter trois gadgets sans que ce soit déjà le bordel. (Et une mention spéciale au passage pour les alims tellement larges que quand on les branche, les deux prises adjacentes de la multiprise deviennent inutilisables.)

Au-delà des câbles et des ordinateurs, l'idée que le déménagement nous aiderait à vivre dans un espace un peu mieux rangé est plutôt illusoire. À la limite, c'est même le contraire qui se produit : il est tellement fastidieux de bouger les choses et de décider où les mettre qu'on finit par les mettre au premier endroit venu, et l'organisation est bien pire à l'arrivée qu'au départ.

Tous ceux à qui nous avons parlé de ce déménagement (de ma maman et ma belle-maman jusqu'à l'employée du supermarché voisin à qui nous faisons régulièrement la causette, en passant par beaucoup de nos amis) nous ont félicités et promis que nous serions bien. Ça part évidemment d'un bon sentiment, mais je trouve cette injonction au bonheur un poil stressante, et peut-être d'autant plus stressante que c'est littéralement un problème de riche de dire en fait, non : on a l'impression d'être un ingrat qui ne mesure pas la joie qu'il devrait ressentir.

Le fait est que ce nouvel appartement, sans compter la baisse de niveau de vie qu'il m'aura coûté, pour l'instant, j'en vois surtout les inconvénients. C'est sans doute normal : pas loin de vingt ans d'occupation de mon appartement au rez-de-chaussée m'ont habitué à celui-ci (y compris à ses défauts) et tout changement ne peut être qu'un changement pour le pire. C'est le même phénomène qui fait que quand on change quelque chose dans un service public, disons par exemple un réseau de bus ou des horaires de train, on fait immédiatement plein de mécontents parce que leur utilisation routinière est perturbée, alors que les gens qui profiteront du changement n'apparaîtront qu'au fil du temps quand ils découvrent qu'il y a quelque chose de commode pour eux dans le nouveau système. Peut-être qu'il y a des choses qui seront mieux dans ce nouvel appartement, mais pour l'instant je ne les vois pas[#2], je vois surtout la salle de bain minuscule, le découpage des pièces mal fait, l'aération qui marche très mal, le temps rallongé si je me rends compte que j'ai oublié quelque chose en sortant, les interrupteurs insupportablement mal disposés, etc. Étant habitué à un appartement où je pouvais me balader à poil autant que je voulais parce qu'il n'y avait personne qui pût me voir, je me sens comme dans un panopticon et ça gâche tout plaisir qu'il pouvait y avoir à recevoir un peu plus de lumière du jour. On devrait avoir plus de place pour ranger les choses, mais en fait ce n'est pas vrai à cause de l'immense salon qui ne peut pas vraiment servir d'espace de stockage, et il y a déjà quantité de choses que je ne sais pas du tout où mettre.

[#2] Il y a deux choses qui pourraient passer pour des avantages (avantages très modérés eu égard au coût pour y arriver), c'est un bureau mieux rangé et une connexion Internet avec un meilleur débit (encore que même là il y a eu des choses sacrifiées, comme une adresse IPv6 mémorable ce que, franchement, j'estime peut-être plus important que le débit). Mais ces choses auraient pu être acquises sans changer d'appartement, donc ça ne compte pas.

En fait, je suis mentalement dans le même mode que quand j'occupe une chambre d'hôtel : je cherche mes marques, je prends énormément de temps à faire quoi que ce soit parce que toutes mes petites habitudes ont volé en éclat (du coup je me demande comment faire les choses les plus simples : je ne sais pas où poser ma serviette avant de prendre ma douche et après, par exemple), et j'ai vite hâte de revenir chez moi… sauf que là je suis chez moi et qu'il va falloir que je m'y fasse.

(Un signe que je ne me sens pas chez moi, c'est qu'instinctivement je garde mon portefeuille, mes clés et mon téléphone dans mes poches, comme je le fais tant que je suis dehors, alors que dans l'appartement que j'avais au rez-de-chaussée, la première chose que je faisais en rentrant était de les poser ; mais maintenant, je ne sais même pas où les poser.)

Bref, je suis très attaché à mes habitudes. Ce n'est pas que je sois hostile au changement (après tout, j'ai bien quitté ma chambre chez mes parents pour m'installer à Paris ; et plus récemment, le poussinet et moi avons fait un bon nombre de changements dans nos habitudes, par exemple celui d'utiliser nos week-ends pour nous balader en forêt date de 2018 et c'est un changement que j'ai accueilli avec plaisir) ; mais je déteste profondément le fait que le changement me soit imposé par l'extérieur au lieu que je puisse y procéder à mon rythme. Or là, pour le déménagement, il était difficile d'éviter une étape « atomique » comme je l'ai dit plus haut (alors que pour déménager de chez mes parents vers Paris, j'avais tout acheté en double et j'étais passé par une très longue phase où je dormais de plus en plus souvent à Paris si bien que j'avais véritablement deux « chez moi »).

Mais ce n'est pas tout : il y a aussi une forme d'attachement affectif à mon ancien appartement… pas à l'appartement lui-même, mais à tous les souvenirs qui sont attachés à ses murs, des souvenirs des moments heureux que j'y ai vécus. (Mon appartement fait un peu partie de moi comme l'explique très justement ce texte : il est normal que remplacer une partie de moi ne soit pas quelque chose d'anodin.) J'ai quitté mon bureau parisien (où je travaillais depuis 2010) avec une grosse boule dans le ventre, il n'est pas surprenant que je ressente quelque chose d'analogue vis-à-vis d'un lieu où j'ai passé encore beaucoup plus de temps. Quand je retourne pour chercher quelques affaires dans cet appartement qui ressemble maintenant plutôt à un chantier laissé après un cambriolage, j'ai une sensation qui s'apparente à celle qu'on éprouve lors de la disparition d'un être cher : celle de souvenirs qui se perdent, noyés comme des larmes dans la pluie.

↑Entry #2635 [older| permalink|newer] / ↑Entrée #2635 [précédente| permalien|suivante] ↑

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(lundi)

Je range ma paperasse, et je me demande comment la trier

Méta / contexte : Je suis encore plus inhabituellement débordé en ce moment que d'habitude, surtout que j'ai bêtement utilisé les vacances de fin d'année pour essayer (sans grand succès) de me reposer plutôt que d'évacuer des choses que je devrais faire, qui me sont ensuite retombées dessus avec une certaine violence ; et j'ai mis de côté un certain nombre de choses que je voulais faire ou écrire sur ce blog (par exemple, même si j'aurais plein de choses à répondre aux commentaires, parfois intéressants, faits sur l'entrée précédente, et je le ferai peut-être un jour, je n'ai vraiment pas le temps en ce moment) ; c'est aussi là un intérêt de Twitter qu'il est souvent plus facile de trouver quelques secondes dans une file d'attente pour écrire 280 caractères que ce qu'il me faut pour pondre des pages sur ce blog. Cette entrée-ci, qui évoque un sujet de débordement en ce moment, a commencé comme une série de tweets, donc je me suis dit qu'elle devenait vraiment trop longue, donc je la convertit en entrée de blog, mais le style s'en ressent peut-être du coup.

Dans la perspective d'un déménagement imminent, j'ai trié ou retrié, pour les ranger correctement, des années de courrier, de documents et de paperasse (personnels et administratifs).

Globalement, ma méthode de tri est : une chemise par dossier (interlocuteur / sujet), et par ordre chronologique inverse au sein de la chemise. J'ai, par exemple, un dossier boulot, un dossier impôts, un dossier banque, un dossier médical, etc., et chacun est rangé chronologiquement en commençant par ce qui est le plus récent. L'intérêt est que c'est assez efficace à ranger, il suffit d'ouvrir la bonne chemise et de mettre tout en haut, et que ce n'est pas trop pénible pour retrouver les papiers ensuite. Mais si l'idée générale est bonne (je crois), il y a plein de détails douteux qui rendent malheureux le maniaque que je suis des typologies précises, et qui concrètement font que les papiers restent difficiles à retrouver même si on les a « bien » rangés.

Par exemple, dans un même dossier, j'ai souvent des documents avec une date bien précise (factures, relevés…) et d'autres ayant une validité très longue voire indéterminée (contrats, par exemple). Classer les deux ensemble pose problème pour retrouver les seconds : mettre mon contrat de travail à la date où il a été signé n'est pas forcément idéal s'il s'agit de pouvoir le retrouver facilement. Mais sinon, où ? Tout au début ? Tout à la fin ? Dans une chemise différente de celle où je mets mes bulletins de salaire ? Faire un dossier contrats semble tentant, mais c'est bizarre de ranger les contrats séparément sous prétexte que ce sont des contrats (d'autant qu'ils sont d'importance très inégale). Ou seulement un dossier contrats en cours et ensuite je classe à la date chronologique de (fin ? début ?) de contrat ? Est-ce que je range l'acte d'achat de l'appartement avec tous les documents relatifs aux prêts bancaires pour l'acheter ? Où est-ce que je mets le PACS conclu avec le poussinet ? Et bien sûr, la frontière entre les documents « ponctuels » et les documents « longue durée » n'est pas du tout nette. Ne parlons pas, d'ailleurs, de ce qui n'est pas daté (il y avait sans doute une date sur l'enveloppe, mais je n'ai pas gardé l'enveloppe) mais qui périme peut-être quand même un jour.

La manière de regrouper selon les interlocuteurs / dossiers pose aussi plein de problèmes dans les cas limites (est-ce que je fais un dossier retraite séparé du dossier boulot ? mais ça se recoupe beaucoup). J'ai un dossier banque, mais peut-être devrais-je avoir un dossier séparé pour chaque banque chez laquelle j'ai (ou ai eu) un compte, surtout que la banque la moins importante m'a le plus noyé sous les papiers. J'ai un dossier moto avec tout ce qui concerne l'achat, l'entretien, l'immatriculation du véhicule… mais l'assurance passe par la MAIF et est donc rangée avec l'assurance habitation. Aussi, est-ce que j'y mets aussi ce qui se rapporte à mon permis ? mes souvenirs d'auto-école ? En parallèle de mon boulot à Télécom, j'ai fait passer des concours des ENS pendant quelques années (2007–2010) : Est-ce que je range ces bulletins de salaire-là avec les autres juste par ordre chronologique ? ou est-ce que je fais un dossier séparé ?

Il y a des dossiers clos (comme le dossier thèse ou candidatures MdC 2006–2007 ou encore les cinglés qui ont imaginé que j'avais une dette envers eux — peut-être parce qu'on leur a donné un faux nom — et m'ont envoyé une société de recouvrement de créances) et d'autres qui ne le seront pas tant que je suis en vie (médical, impôts, courrier personnel) : j'ai tendance à diviser ces derniers par tranches chronologiques, mais ce n'est peut-être pas idéal. Est-ce qu'il vaut mieux faire un gros dossier médical ou est-ce que je subdivise par spécialité médicale ? (Si je cherche un examen ancien, ce n'est pas évident de retrouver par date, même si grâce au journal que je tiens, je dois pouvoir.)

En plus des documents qui me concernent nominativement, il y a des documents et livrets d'information (guide de tarifs bancaires, notices, ce genre de choses) : faut-il les ranger avec ? À la date où je les ai reçus ? Et les anciennes cartes de membre de quelque chose ? Aussi, j'ai pas mal de choses que je garde comme souvenirs personnels : la limite entre les documents administratifs et les documents personnels n'est pas toujours claire, et ça devient encore plus problématique pour le classement.

Il est souvent clair si un document me concerne moi ou concerne mon poussinet, mais pas toujours (dans le cas d'un achat ou contrat commun dont nous nous serions occupés de façon jointe et dont nous n'aurions qu'une copie), et de nouveau, ceci pose des problèmes de rangement, surtout que parfois, pour un même dossier, il peut avoir conservé certaines pièces et moi d'autres sans que ce soit toujours clair qui a qui ou selon quelle logique.

Et puis il y a des documents encore plus spéciaux, si j'ose dire. J'ai écrit un testament, par exemple, ainsi que des instructions à ouvrir s'il m'arrive un accident grave : par définition, ce n'est pas seulement moi qui vais devoir retrouver ces documents le cas échéant (même si je peux avoir à les retrouver por les détruire, réécrire, modifier, amender ou relire). Il se pourrait qu'il y ait plusieurs documents, possiblement de nature proche, que des amis m'ont demandé de conserver sous forme scellée et dont je ne connaîtrais pas le contenu ; et éventuellement avec des consignes (par exemple de discrétion) un peu contradictoires avec le rangement. Il se pourrait qu'il y ait des documents de nature stéganographique.

Informatiquement, ce que je ferais dans beaucoup de cas douteux, ce sont des liens symboliques (permettant au même fichier d'apparaître à plusieurs endroits où on pourrait avoir envie de le chercher), mais quand il s'agit de vrais documents papier, ce n'est pas évident ! (Je pourrais insérer un papier ad hoc disant le papier machin reçu à la date truc est rangé dans le dossier bidule, mais ce serait vite extrêmement fastidieux d'écrire ces papiers-liens, et plus encore de maintenir la cohérence.) Quant à tout numériser, c'est l'idéal, mais vu le temps que ça me prend de scanner une page, j'en aurais pour bien plus d'heures que je ne veux y consacrer. Je ne parle pas, d'ailleurs, du problème de s'y retrouver dans des archives qui sont moitié papier et moitié informatisés (par exemple, les arrêtés de détachement pris par le ministère de l'Éducation nationale pour me détacher à Télécom Paris me sont aléatoirement fournis sous forme papier — auquel cas je les scanne mais je garde quand même la version papier — ou sous forme scannée — que je n'imprime pas forcément).

Au-delà de ces problèmes si j'ose dire « logiques », dans le rangement, il y a aussi des problèmes « physiques ». J'utilise de simples chemises papier sans rabats (parce que les rabats à ouvrir et fermer à chaque nouveau papier étaient un facteur non négligeable dans ma flemme à ranger mes papiers ; mais aussi parce que les chemises à rabats supportent beaucoup moins bien que les bêtes papiers pliés qu'on les remplisse au-delà de leur capacité nominale ; et par ailleurs, les élastiques des chemises à rabats supportent assez mal le vieillissement). Mais le problème se pose de savoir quoi faire de ce qui n'a pas le format A4 réglementaire, soit que ce soit trop grand (ça ne rentre pas dans la chemise) soit que ce soit trop petit (ça rentre, mais ça tombe et se déclasse dès qu'on manipule les choses). Je n'ai pas trouvé, notamment, comment stocker les cartes postales, souvent jolies, que nous avons reçues d'un peu partout à l'époque où le poussinet en envoyait à plein d'amis dès qu'il bougeait quelque part (et de fait, quand on en envoie, les gens rendent la pareille) : elles ont des formats très différents, ne tiennent pas dans une pochette ni avec ni sans rabats, il faut sans doute que je trouve une boîte de la bonne taille.

Une fois les papiers rangés (plus ou moins logiquement) dans des chemises colorées (j'ai abandonné toute tentative d'avoir une logique au choix des couleurs), il faut ranger les chemises. Dans mon ancien appartement, j'utilisais des chemises à rabats et je me contentais de les empiler sur mon bureau ; problème : pour insérer quelque chose dans une chemise, il faut l'extraire de la pile, qui commence rapidement à ressembler à une tour de Pise. Cette fois, j'ai décidé d'utiliser des boîtes de rangement en plastique de 34cm × 23cm × 14cm (mon Carrefour local en vend un lot de 10 pour environ 15€, j'ai dévalisé leur stock) avec l'idée qu'il est sans doute plus simple d'empiler les chemises dans les boîtes et les boîtes sur les étagères ; mais c'est difficile de trouver une logique mémorisable pour quelle chemise va dans quelle boîte et qui garantit un remplissage raisonnable des boîtes. Je ne suis pas du tout convaincu, en revanche, par les cartons à papiers (qui pourraient remplacer les boîtes), ils sont trop pénibles à ouvrir ou fermer, et surtout, ils sont prévus pour un rangement vertical du papier qui me semble décidément moins pratique qu'un rangement horizontal (par exemple, la position verticale fait que le papier se déforme s'il n'y en a pas juste la bonne quantité dans le carton, les cartons ont tendance à tomber dès qu'on en prend un, bref, je ne suis pas fan).

Au final, j'ai fait… quelque chose. Qu'on pourrait temporairement qualifier de raisonnablement bien rangé, mais dont je sais pertinemment qu'en quelques mois ce sera de nouveau le chaos.

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