This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.
Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.
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Ce qui suit sont les entrées de 2004-08. Pour les dernières entrées, voyez ici.
2004-08-31 (mardi)
Il est indubitable que le mail (et d'autres moyens de communication électronique, je pense notamment au forum des élèves de l'ENS) est une forme de servitude. Je m'oblige à traiter de l'ordre d'une cinquantaine de mails quotidiens (spams non compris, évidemment) : cela constitue un travail de secrétariat non négligeable, et parfois je traîne vraiment les pieds à le faire. Ne pas relever mon courrier (électronique ou, d'ailleurs, postal) pendant quelques jours est donc bien reposant, et le retour à la connexion est un peu dur (il faut plusieurs heures pour vidanger la file la plus urgente). Parfois je me dis que je comprends Donald Knuth, l'auteur de TeX, qui a arrêté d'utiliser l'e-mail (même si ses raisons ne sont pas tout à fait les mêmes). D'un autre côté, le mail est un moyen de communication bigrement pratique pour rester en contact avec des gens à qui je tiens : et j'aurais tort de projeter sur le contenant l'agacement que je ressens devant certaines corvées apportées par le contenu alors même que certains courriers m'ont fait énormément plaisir à recevoir ; d'autant plus que je dénonce parfois cette erreur (ou ce que je considère comme une erreur) s'agissant du téléphone mobile[#].
Quoi qu'il en soit, une circonstance pas tout à fait élucidée[#2] a fait que la connexion n'était pas disponible là où j'étais pendant mes quelques jours passés près de Lyon : je serais le dernier à m'en plaindre, ça m'a fait de vraies vacances, et j'ai vraiment pu souffler un grand coup. Plus longtemps, l'isolement loin de l'Internet serait sans doute devenu agaçant, mais là, c'était parfait. Et surtout : j'avais sur place largement assez de gens avec qui interagir pour me sentir tout à fait à l'aise, pas besoin d'en chercher électroniquement.
Là,
normalement, je devrais glisser une transition vraiment subtile pour
m'amener à parler de la photo ci-contre (à droite), mais je ne trouve
pas comment. Elle a été prise il y a environ deux mois (le 2004-07-04
précisément), lors du précédent séjour dans la famille de mon frangin.
D'accord, il y a déjà quantité de
photos de moi sur ce site, mais je prends toujours (plus ou moins mal,
c'est une autre question) la pose : en voici donc une où je suis
« naturel », surpris en train de rire. Enfin, je suppose : je ne me
suis jamais vu rigoler moi-même (j'ai envie de dire :
« heureusement »…), donc je ne peux que faire confiance à
l'appareil ; ceci étant, en figeant ainsi un unique instant d'un
mouvement (quoi de plus dynamique que le rire ?), je ne sais pas si
l'image est plus vraie ou plus fausse que celles où on construit une
figure statique. Je laisse la décision à l'œil du proverbial
spectateur.
[#] J'ai moi-même refusé pendant longtemps d'avoir un mobile, considérant qu'il rendrait plus service aux autres qu'à moi, en me forçant à être toujours disponible. Mais j'ai fini par me dire que je pouvais toujours choisir de ne pas décrocher ou de ne pas l'allumer, et je m'en porte très bien. Le téléphone fixe, à la limite, m'ennuie plus, mais j'ai acquis une compétence certaine dans l'art de ne pas répondre au téléphone parce que je suis au lit ou parce que ça m'ennuie : ce n'est vraiment plus une corvée. (Pour une question de vie ou de mort, on peut toujours m'appeler obstinément plusieurs fois de suite, je finis par décrocher.)
[#2] Concours de circonstances remarquable : le même jour, un orage très violent, une manœuvre de dégroupage sur la ligne téléphonique, et la date mentionnée sur une mise en demeure suite à défaut de paiement (un règlement s'étant sans doute perdu), seraient tous les trois susceptibles d'expliquer la perte de la ligne. Impossible de tirer l'affaire au clair.
2004-08-25 (mercredi)
Je repars demain soir de Paris pour passer de nouveau quelques jours à Lyon. J'espère que ça me permettra d'éliminer une certaine quantité de stress accumulée pendant cet été (en clair : il me faut des vacances pour me remettre de mes vacances — vous saisissez ?). Peut-être aussi dire un petit coucou à mon ami Yann, qui s'installe à Lyon où il a trouvé un poste au CNRS.
Je pars de Paris Gare de Lyon 2004-08-26T20:00+0200 et j'arrive à Lyon Perrache 2004-08-26T22:14+0200 ; et comme j'ai pris mon billet à la dernière minute, je voyage en première classe (mais en contrepartie je n'ai pas le droit de rater mon train — ça va, à 8h du soir je devrais être levé). Pour le retour, ce sera probablement le 31, sauf si je change mon billet d'ici là (celui-là, j'ai le droit ; en revanche, il me coûte près du double du prix de l'aller).
Et puis après, enfin la rentrée, tout ça tout ça…
PS : Il est possible que je n'aie pas du
tout accès à mon mail pendant ces quelques jours. Tant pis pour
ceux qui voudront m'écrire. ![]()
2004-08-24 (mardi)
Il y a cinq ans et quelques jours je postai un
message sur Usenet qui conduisit à une petite engueulade suite à
laquelle je me laissai mettre à la porte — pour cinq ans —
d'Usenet (francophone au moins, parce que pour le reste je ne me suis
pas privé de poster, en fait) : façon de partir drapé dans ma dignité,
dirent certains, crise de paranoïa, peu importe, cet épisode peut
maintenant être enterré et oublié car ces cinq ans sont passés. De
toute manière, je n'ai pas l'intention de « revenir » : je n'ai eu que
l'occasion de constater à quel point sur les newsgroups de la hiérarchie
fr règne une ambiance bien puante (la partie la plus
infecte étant la manière dont les « habitués », ou « dinosaures »
/ « cabalistes » / autres noms privatejokesques, bref, les petits rois des lieux,
regardent les « neuneux » de haut avec gouaille en plaisantant entre
eux de leur supériorité de classe et en se délectant de leur humour
de potaches), ça me suffit. (Ou peut-être, diront certains, que
je n'ai toujours pas digéré, même après cinq ans ? Laissons-les
penser ça, ça leur fera plaisir.)
J'avoue par ailleurs que, même après tout ce temps, l'adoption d'Unicode peine encore un peu (et par
ailleurs je me suis planté en écrivant le type MIME
du message par où le scandale est venu, j'aurais dû mettre
UTF-8 tout court et pas UNICODE-2-0-UTF-8,
enfin bon). Je me demande si on se ferait encore autant engueuler en
postant en UTF-8.
Mais bon, revenons à moi-même (le centre de mes préoccupations, tout ça tout ça). Qu'est-ce qui a changé depuis cinq ans ? En vrac et dans le désordre…
Et du côté de ce qui n'a pas changé :
fr.2004-08-24 (mardi)
Je fais souvent des rêves qui se passent dans des tours immenses, avec un nombre faramineux d'étages, et où se déroulent des courses-poursuites dans les ascenseurs (ou parfois aussi dans les cages d'escaliers). En général, ce ne sont pas des cauchemars, d'ailleurs (même quand je suis poursuivi, le rêve n'est pas vraiment effrayant, c'est même plutôt rigolo et ça ressemble un peu à une partie de cache-cache dans un labyrinthe en trois dimensions). Cette nuit, j'essayais de me réfugier dans un étage que mes poursuivants n'auraient pas deviné à l'avance, et c'était technique, parce qu'ils faisaient preuve de beaucoup de psychologie. Curieux.
2004-08-23 (lundi)
Mon ami italien Davide (que j'ai déjà évoqué plus d'une fois ici) vient de passer quelques jours (en vacances) à Paris. L'occasion pour lui et moi de faire plein de choses ensemble (flâner dans les rues, voir Montmartre la nuit, visiter le parc André Citroën, dîner au Loup Blanc, aller voir Tout le plaisir est pour moi au cinéma, etc.), mais surtout, de discuter de tout et de rien.
C'est une chose qui me fascine, la manière dont, selon les personnes avec qui j'essaie de parler, soit la conversation « prend », soit elle ne « prend » pas et chacun s'enferme dans le mutisme le plus désespérant. Avec Davide je n'ai vraiment aucun problème à converser pendant des heures sans grands silences gênants, sans avoir l'impression de meubler par des phrases de contenu vide, et sans que ça tourne au monologue ennuyeux de l'un ou l'autre participant. Ce n'est même pas tellement une question de centres d'intérêt communs : il est vrai qu'avec un geek unixien, par exemple, je pourrai toujours papoter à l'infini sur ma façon de faire ceci ou cela. Mais là, mon Milanais, il n'apprécie ni les maths ni l'informatique et nous n'en avons donc pas parlé du tout (pas plus, évidemment, que je ne partage avec lui certaines des private jokes que j'ai avec mes collègues normaliens ou ex-normaliens) : ça n'empêche rien, au contraire (j'aime bien pouvoir parler d'autre chose de temps en temps !). Nous n'avons pas des masses de points communs (à part être gays tous les deux, ce qui est quand même maigre). Et on a aussi évité le mode « je raconte ma vie sur les <n> derniers semaines / mois / années, pour occuper le temps ». Non, plutôt, nous avons discouru sur quantité de petites choses du quotidien qui nous entoure, de Paris, de culture, de société, que sais-je encore.
Mais alors pourquoi cela ne marche-t-il pas avec tout le monde ? Je ne sais pas. Soit il y a des gens qui sont intrinsèquement taciturnes et rêtifs à la conversation, soit c'est juste une question d'incompatibilité d'« humeur bavardante ». Mais c'est un certain mystère.
2004-08-21 (samedi)
J'ai déjeuné aujourd'hui[#] avec une amie d'enfance, Barbara (il y avait aussi son petit ami, ainsi que la mère de Barbara, et la mienne), qui enseigne à présent le français (et l'allemand pour les débutants) dans un lycée privé en Angleterre, au nord de Londres. Assez naturellement, la conversation est venue à tourner sur les différences entre l'éducation en Angleterre et en France. Notamment, une des choses qu'elle nous a expliquées est qu'en plus de son enseignement scolaire proprement dit elle a un nombre assez important d'heures de présence obligatoire au lycée pour de la surveillance ou de l'encadrement (par exemple, d'activités sportives le samedi après-midi : les collégiens et lycéens anglais ont normalement le samedi de libre, mais les écoles privées sont très libres d'adopter leur propre rythme de travail et leur propre calendrier de vacances).
Entre autres, elle va devoir assurer un module d'éducation sexuelle
au sens très large (j'ai oublié quel était l'intitulé précis, mais
cela va des détails pratiques et matériels jusqu'à une réflexion plus
générale sur les relations affectives). En quelque sorte, on lui
demande de jouer un rôle de parent. En France, cela serait assez
inconcevable (il est censé y avoir des cours d'éducation sexuelle dans
le cadre du programme de sciences naturelles, je crois, et
éventuellement un élargissement sur quelques questions « sociales »,
mais pas grand-chose de ce genre : au moins, rien qui soit assuré par
les profs — en revanche, les lycées peuvent faire intervenir des
personnes extérieures et cela se voit parfois[#2]). En Angleterre, il semble
surtout y avoir (par ce module d'enseignement) une volonté d'enrayer
un nombre de grossesses chez des adolescentes extrêmement important
par rapport à d'autres pays européens. Il apparaît une certaine
contradiction (qui retombe sur les profs) entre une demande de
politiquement correct (surtout ne jamais dire que quelque chose
est mal, ne pas critiquer, ne pas fâcher) et des consignes mal
assumées d'insister sur l'importance ou le caractère préférable d'une
relation stable monogame. …Et hétérosexuelle, puisque la
fameuse section 28[#3] de
la Local Government Act 1988 interdit (aux gouvernements
locaux) de intentionally promote homosexuality or
publish material with the intention of promoting homosexuality
ou
promote the teaching in any maintained school of the
acceptability of homosexuality as a pretended family
relationship
.
Un autre point intéressant concerne la relation entre profs et élèves, et là ce n'est pas tant une différence entre Angleterre et France (même s'il y en a) qu'une évolution dans le temps : le prof non seulement descend de son piédestal, mais aussi apparaît de plus en plus explicitement comme un employé au service des parents (ou par extension, de l'élève lui-même) et ce, en Angleterre du moins, même dans les écoles publiques[#4]. Malheureusement, il semble qu'on ait du mal à trouver une relation réellement saine en passant d'un extrême à l'autre.
[#] À la Coupole, un café-restaurant assez célèbre, boulevard de Montparnasse — mais à ne pas confondre avec le Dome, qui est juste à côté. C'était bon, quoique un peu cher (mais ce n'est pas moi qui ai payé…), et en tout cas le cadre « art déco » est intéressant et mérite d'être vu.
[#2] Par exemple, le MAG, une association de jeunes homos parisienne, a réalisé un certain nombre d'interventions dans des lycées (à la demande de ceux-ci) autour d'une valise pédagogique sur la lutte contre les discriminations (sexisme, racisme, xénophobie, homophobie, handiphobie…), parfois aussi de façon moins ciblée sur les discriminations pour parler du vécu des jeunes homos.
[#3] Pour autant que je sache (Barbara semblait le croire, en tout cas), cette clause assez hallucinante, dont la compatibilité avec la Charte européenne des Droits de l'Homme est d'ailleurs douteuse, est encore en vigueur. Le gouvernement de Tony Blair avait promis de la supprimer, et une motion dans ce sens était présentée en 1999 ; en 2000, cependant, la Chambre des Lords a refusé de voter cette suppression comme les Communes l'avaient fait. Pour en savoir plus (il y a quelques subtilités à prendre en compte : notamment sur le fait qu'il s'agit là de droit interne et non de droit civil ou pénal), je renvoie à un dossier très intéressant sur la section 28 (d'un point de vue tout à fait impartial) sur le site Web du parlement anglais. Je ne crois pas savoir que la situation ait évolué depuis.
[#4] J'emploie
public
ici dans le sens français du mot, puisque les Anglais
ont cette façon complètement cinglée de parler de public schools
pour désigner des écoles privées.
2004-08-20 (vendredi)
S'il y a une chose qui m'exaspère à Paris, c'est bien à quel point les transports en commun de nuit sont nuls. C'est-à-dire, le seul Noctambus. Tout à l'heure, j'étais du côté de Montmartre avec deux amis (Michel et Davide) et voilà que nous nous rendons compte qu'il est 0h50 et que nous venons de rater les derniers métros. De là, pour rentrer chez moi : d'abord marcher jusqu'à Barbès-Rochechouart (où nous sommes arrivés un peu après 1h) ; puis attendre le premier Noctambus ‘D’ en direction de Châtelet, qui est passé vers 2h (!) ; arriver vers Châtelet autour de 2h20, prendre le Noctambus ‘R’ de 2h30, pour arriver à l'arrêt Vandrezanne vers 2h45. Soit deux bonnes heures pour aller de Montmartre à chez moi, on fait mieux, question efficacité : en fait, je me demande si je ne serais pas allé plus vite à pied (et j'aurais économisé 2.70€) ! Je comprends que les taxis fassent beaucoup d'argent la nuit (sans compter que la fréquentation des Noctambus donne parfois vraiment envie de prendre le taxi, effectivement…). Et je ne parle pas de la signalisation épouvantable : pas d'affichage des horaires dans les arrêts (au moins dans celui où nous étions — sans quoi nous n'aurions pas décidé d'attendre une heure bêtement plantés là !) et parcours précis difficiles à obtenir ; et à Châtelet, aujourd'hui, les abris avaient purement et simplement disparus et personne ne savait de quel endroit quel bus partait !
Serait-ce vraiment en demander tant que, au moins les nuits du vendredi au samedi et du samedi au dimanche, certaines lignes de métro (par exemple, les lignes 1, 2, 4 et 6, parce qu'elles forment la grille fondamentale, si j'ose dire) restent ouvertes au moins pour une station sur deux ou trois et avec une rame toute les vingt minutes environ ?
Enfin, voilà, j'avais sans doute des choses beaucoup plus
intéressantes à raconter, mais, comme il est tard, la faute au bus, je
dois me coucher. ![]()
2004-08-19 (jeudi)
Quelqu'un m'a fait remarquer que je parlais peu de livres, dans ce blog (je parle même plus des films que je vois que de mes lectures ; pourtant, ailleurs, je donne la liste de mes livres préférés et je ne parle pas de mes films préférés). Quand on compare avec le journal d'un bibliophage comme Matoo (mais comment a-t-il le temps d'avaler tout ça ? c'est stupéfiant ! ah, c'est vrai qu'il passe beaucoup de temps dans les transports en commun, ça doit jouer), j'ai effectivement assez honte du peu que je lis (du moins, sous forme de taches d'encre sur des tranches d'arbres morts reliées entre elles, par opposition à des pixels éclairés par un faisceau d'électrons…). Et pourtant, ce n'est pas tellement une question de vitesse, puisque je vais assez vite.
La dernière œuvre que j'ai lue, c'est The Unicorn, d'Iris Murdoch : un admirateur anonyme m'avait jadis offert un autre roman d'elle, que j'avais beaucoup apprécié, et je m'étais dit que celui-là pourrait me plaire ; en fait, non : le début est très bon, et explore de façon intéressante la question de savoir à quel point on peut être prisonnier en se croyant prisonnier, mais la fin m'a paru vraiment trop brusque et peu intéressante. Ensuite, j'ai essayé de me plonger dans Un Québécois à Paris de Roland Michel Tremblay (je suppose que c'est le fils de Michel Tremblay), l'histoire (au moins partiellement autobiographique) d'un jeune québecois gay qui part étudier à Paris ; l'histoire m'aurait sans doute intéressé mais j'ai peu accroché sur le mode d'écriture (c'est présenté comme un journal, mais il y a quelque chose dans le style qui me semblait ne pas coller) : je pense que je vais plutôt le lire en picorant des pages au hasard, ça semble assez bien s'y prêter. En fait, j'ai plein de livres dans mes étagères que j'ai commencés mais sur lesquels je n'ai pas persévéré (soit parce qu'un autre texte a pris plus de mon attention et que je n'ai pas recommencé une fois que je l'ai fini, soit parce que je n'étais pas assez motivé) : en ce moment, il y a au moins Othello de Shakespeare qui traîne sur ma table de nuit, Tales of the City d'Armistead Maupin qui a un marque-page vers le début, et aussi L'Île du jour d'avant d'Umberto Eco. Mais j'arrive très difficilement à lire plusieurs choses à la fois.
Hier, je suis rentré chez un libraire et je suis ressorti avec les bras chargés et une centaine d'euros de moins sur mon compte en banque. (Si j'arrivais à lire le dixième seulement de tout ce que j'achète, je m'estimerais heureux ! Mais mes propres bibliothèques me rappellent l'étendue de mon ignorance, c'est bien, ça.) Je ne vais pas tout lister parce que c'est long et parce que je suis bien trop fier pour oser admettre que je n'avais pas encore lu Si c'est un homme (par exemple) et que je viens seulement de l'acheter. Il y a entre autres un tout petit roman (j'aime bien les histoires courtes, moi, ça convient bien à un paresseux de mon genre), Gaieté parisienne de Benoît Duteurtre, qui m'a séduit du premier coup d'œil, si j'ose dire (mais c'est notamment parce que l'éditeur avait mis un dessin de Sempé sur la couverture : j'adore Sempé). Ah, et puis aussi un essai intitulé Je suis noir et je n'aime pas le manioc que j'ai acheté à cause de ce petit extrait reproduit en 4e de couverture, que je trouve excellent, et qui me vole une idée que j'avais pour un fragment littéraire gratuit futur :
« Alors mon brave, dit un officiel français à un émigré convalescent dans un hôpital de Bamako : toi content repartir en France regagner sous ! Toi faire quoi en France ?
— Je suis professeur de littérature à la Sorbonne, Monsieur. »
(Je rêverais de pouvoir sortir une réplique de ce genre !)
Enfin, quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup de lecture pour les semaines à venir. Dont certainement une partie importante va finir abandonnée sur mes étagères avec un marque-page au milieu du premier feuillet.
2004-08-18 (mercredi)
Reprenons point par point :
on ne fait pas blanchisserie avant cinq semaines. J'ai dû m'escrimer au téléphone pour en trouver un qui soit ouvert et pas trop loin de chez moi (finalement j'ai trouvé, au croisement de la rue Bobillot et de la rue de Tolbiac, et en plus la petite dame qui le tient est nettement plus sympathique : je pense que je retournerai là désormais même si ça me fait un peu plus de chemin à parcourir). 1 point (et une indulgence pour la suite parce que je me suis démené).
siet parce que ce sont eux qui abusent. (Même si j'avais voulu m'inscrire sur le champ, de toute manière, il fallait un certificat médical d'aptitude au sport, que je ne pouvais pas produire de mon chapeau.)
Total → 15 sur 20. Ce n'est pas faramineux, mais ce n'est pas
trop épouvantable, non plus. Au moins j'ai le sentiment de ne pas
avoir complêtement gâché ma journée (mon argent, peut-être, mais ça
c'est autre chose
). Bon, l'ennui, c'est qu'il
faudrait recommencer ça quotidiennement, et puis insérer quelques
articles comme rédiger ma thèse
dans la liste. On va y
réfléchir.
Autre déception : je ne suis pas sûr que ça m'aide autant que je l'espérais à combattre la déprime, qui est en train d'attaquer au bélier (hum, mauvaise métaphore, désolé) les portes de mon esprit, là, je ne suis pas sûr de la repousser longtemps ; mais il y a une bonne nouvelle pour ça, quand même, c'est qu'un ami qui m'est cher va faire un petit tour à Paris à partir de vendredi, et ça c'est bien ! (Et comme cet ami est psy, en plus, je vais peut-être en profiter pour lui demander des conseils sur comment trouver un psy qui me conviendrait.)
2004-08-18 (Wednesday)
[Traduction française ci-dessous.]
Update (2004-08-18T21:00+0200): I am told that the problem is already corrected. I'm leaving this up, however, just in case.
I seem to be having another problem with my email address
(david): you might find, upon writing to me, that the email
bounces back to you with some error message like
madore
ens
fr
----- The following addresses had permanent fatal errors -----
madore@dma
(reason: 550 5.1.1 <madore@dma.ens.fr>... User unknown)
(expanded from: <david.madore@ens.fr>)
----- Transcript of session follows -----
... while talking to dma.ens.fr.:
>>> DATA
<<< 550 5.1.1 <madore@dma.ens.fr>... User unknown
550 5.1.1 madore@dma... User unknown
<<< 503 5.0.0 Need RCPT (recipient)
If this happens, I have not received the email: please try
sending it again with madore as
recipient, and
clipper
ens
frdmadore as carbon-copy recipient. You do not need to
do this unless you receive some kind of error like the above (or
unless you have some reason to think that the error email might have
been lost en route).
nerim
net
I do not know how long this problem will last. I am doing what I can to get it fixed.
[French translation of the above.]
Mise à jour (2004-08-18T21:00+0200) : On me dit que le problème est déjà réglé. Je laisse cette notice, cependant, au cas où.
Il semble que j'aie à nouveau un problème avec mon adresse mail
(david) : il se pourrait, si vous m'écrivez, que le mail vous
revienne avec un message d'erreur du genre
madore
ens
fr
----- The following addresses had permanent fatal errors -----
madore@dma
(reason: 550 5.1.1 <madore@dma.ens.fr>... User unknown)
(expanded from: <david.madore@ens.fr>)
----- Transcript of session follows -----
... while talking to dma.ens.fr.:
>>> DATA
<<< 550 5.1.1 <madore@dma.ens.fr>... User unknown
550 5.1.1 madore@dma... User unknown
<<< 503 5.0.0 Need RCPT (recipient)
Si cela se produit, je n'ai pas reçu le mail : veuillez le
renvoyer avec madore comme destinataire, et
clipper
ens
frdmadore en copie. Ce n'est pas nécessaire si vous ne
recevez pas une erreur ou une autre comme ci-dessus (ou à moins que
vous ayez une raison de penser que le mail d'erreur ait pu se perdre
en route).
nerim
net
Je ne sais pas combien de temps ce problème durera. Je fais ce que je peux pour le faire réparer.
2004-08-17 (mardi)
On va faire une tentative de dé-légumification du David Madore. Pour cela, je dresse une petite liste de choses que je dois essayer de faire demain, et j'écrirai une entrée pour préciser combien j'ai réussi à en faire et pour me donner une note :
Ouf ! Ce ne sera pas facile, pour certains points il me faudra
vaincre et ma timidité et ma légumitude. Ensuite, on pourra
interpréter les résultats, genre : entre 0 et 5 points : David
Madore est un vrai légume (une courgette ?) ; entre 6 et 10
points : …
2004-08-17 (mardi)
La rumeur (peut-être totalement imaginée — ou antérieure aux faits qu'elle aurait effectivement inspirés) veut qu'un scientifique ait un jour commencé un exposé par :
This talk will be given in the
international language of science: bad English.
En réalité, la plupart des exposés (au moins de maths) auxquels
j'ai assisté étaient dans un langage relativement correct (quoique
affreusement mal prononcé, mais cela est sans doute excusable) : à
part que les Français trébuchent sur un grand nombre de faux amis
(comme quelqu'un qui s'obstinait à répéter I pretend
that
pour dire I claim that
, parce qu'il
pensait à je prétends que
…) et que les Russes omettent
obstinément à peu près tous les articles, ce n'est pas trop mauvais.
Il faut quand même avoir une certaine sympathie pour les gens obligés
de parler une langue qui n'est pas leur langue maternelle et dont les
difficultés s'ajoutent aux difficultés techniques de l'exposé
lui-même. J'ai aussi de la compréhension pour les gens qui font, par
exemple, des annonces dans les aéroports, parfois dans trois langues :
mais il est vrai que c'est souvent un exercice de divination que
d'essayer de savoir quelle phrase a bien pu être prononcée. Et puis,
ce n'est peut-être pas à moi de la ramener.
J'ai moins de compréhension, cependant, pour les signes écrits, affiches et autres inscriptions plus ou moins officielles. En ce moment, l'inscription suivante est actuellement matraquée en énormes caractères blancs sur fond rose sur des milliers d'affiches dans tout Paris (et sans doute ailleurs) :
Tired of old collections in museum?
See new collections in C&A.
À moins que ce soit une affiche spéciale à destination des
touristes japonais et donc rédigée dans une langue simplifiée, on ne
va pas me faire croire que tout le budget de C&A n'est pas
suffisant pour se payer une personne qui parlerait
correctement anglais pour relire leurs affiches avant de les foutre
partout, et que personne ne s'est rendu compte que ça donne
en français quelque chose en petit nègre comme Fatigués de voir de
vieilles collections dans musée ? Voyez de nouvelles collections dans
C&A
… Allô ?
Remarquez, même en français on voit parfois des fautes : je me
rappelle une réclame de Darty qui disait Servir quoiqu'il
arrive
alors qu'ils voulaient clairement dire Servir quoi qu'il
arrive
— mais je soupçonne que, là, c'était à la composition
de l'affiche que l'erreur s'était glissée et pas à la création (bon,
le résultat est rigolo, ça donne presque le sens contraire de ce qui
était voulu ! en tout cas ils ont vite corrigé ça).
En tout cas, rien de plus efficace pour ne plus savoir ce qui est anglais et ce qui ne l'est pas. Tout à l'heure j'ai vu une recommandation de la RATP traduite en anglais par :
Keep your ticket you will need it to
exit.
Et j'ai passé pas mal de temps à me gratter la tête (sans résultat)
pour savoir si to exit
est bien ce qu'on dirait
ici (et non : to get out
/ to go
out
/ on the way out
/ at
the exit
/ when leaving
/ autres variantes).
Le genre de questions qui me découragent d'ailleurs profondément quant
à la possibilité de jamais apprendre une langue correctement sans
voyager dans un pays où elle est parlée (et donc, pour moi,
d'apprendre une quelconque autre langue que le français).
2004-08-14 (samedi)
Voici venue la nuit la plus morte de l'année : celle du samedi quatorze au dimanche quinze août. Au moins, lundi, on peut espérer que le pays reprenne un peu vie. En attendant, je me sens assez seul et je vois le spectre de la déprime qui montre le bout de son nez et essaie de rentrer — mais gardons-le à la porte tant que j'y arrive. Heureusement, demain soir je dîne avec mes parents et des amis à eux qui me sont chers.
J'ai regardé, hier soir et ce soir (une partie — de trois heures — l'un et l'autre jour), le film La meglio gioventù (en français : Nos meilleures années), que j'avais acheté en DVD. J'ai assez aimé, même si j'ai trouvé quelques faiblesses (mais je ne veux pas rentrer dans la critique de film maintenant) ; il faut dire que je suis assez bon public pour ce genre d'œuvre : je le recommande donc à tous ceux qui aiment les films-fresques qui se déroulent sur un certain nombre d'années (en l'occurrence une quarantaine) retraçant, à travers l'histoire d'une famille, les faits marquants de l'histoire de tout un pays (l'Italie, donc, de Turin à Palerme et de 1966 à 2003). Ah, et j'aime tellement entendre la langue italienne — squisita!
C'est un film parfois triste, cependant, ou plutôt, qui rend mélancolique quand on est, comme moi, porté à la nostalgie et aux ruminations sur le temps qui passe. Pas forcément ce que j'avais de plus opportun à regarder, mais enfin. Au passage, j'ai grapillé quelques mèmes qui pourraient servir dans une œuvre littéraire quelconque, mais je crois que je vais m'abstenir, ce que je ponds en ce moment est suffisamment médiocre, ce n'est pas forcément la peine d'en rajouter (je précise, pour ceux qui voudraient faire la connexion, que c'est l'évocation de Rome dans l'entrée précédente qui m'a rappelé que j'avais ce film à regarder, pas le contraire — non que ça ait une quelconque importance, mais enfin, just to set the record straight).
Passons à quelque chose dont je suis encore moins fier que mes
fragments littéraires gratuits : je m'aperçois que je suis tout à fait
capable d'éprouver des sentiments homophobes. En l'occurrence, tout à
l'heure dans le métro (en revenant des Tuileries, où j'étais allé
admirer le coucher du soleil, c'est tout, merci), j'étais
assis à côté de deux homos, tous les deux dans le genre vieux beau,
folasse, qui essaie de cacher le fait qu'il a passé le cap de la
cinquantaine
, et ça me fait assez mal de voir ce que ça renvoie à
moi-même et sur moi-même (des pensées vraiment pas reluisantes entre
vieilles tantes !
, faites que je ne devienne jamais
comme ça
, ou encore mais il ne serait pas en train de
me regarder d'un air lubrique, là ?
— ou peut-être que
j'étais en fait vexé parce qu'il ne me regardait pas d'un air
lubrique ? qui sait ?).
Sinon, dans le genre pensées bizarres et dont il n'y a pas vraiment à être fier : en passant devant un SDF, je me suis demandé, tout d'un coup, pourquoi je ne lui donnerais pas 50€ (il se trouve effectivement que j'avais un billet de 50€ sur moi ; mais je ne l'ai pas fait). Je me suis demandé quelle serait sa réaction. Et ensuite, je me suis demandé si ce n'était pas cette réaction que j'achèterais pour cette somme, ou la sensation d'avoir fait son bonheur. Or est-ce que mon bonheur serait aussi facile à acheter ?
2004-08-13 (vendredi)
À défaut de pouvoir trouver les livres que je voudrais lire, et n'étant pas capable de les écrire moi-même, je peux au moins les méta-écrire !
— Mon idée, c'est de faire trois parties, une sorte de thèse-antithèse-synthèse. Chacune se déroulant dans une grande capitale européenne : la première à Londres, la seconde à Rome et la troisième à Paris. Le roman s'ouvrirait sur l'abbaye de Westminster et se terminerait sur Notre-Dame. Chacune des trois parties aurait un personnage principal, qui n'apparaîtrait que dans un tiers du livre, et elle décrirait un an de sa vie : la même année vécue trois fois, à trois endroits et par trois personnes.
— Ce n'est pas spécialement original.
— Je n'ai aucune prétention à l'originalité. Entre ces trois personnages, donc, des points communs : ce sont trois garçons, ils ont le même âge, sont étudiants, et sont homosexuels. Mais aussi des différences de milieu : l'Anglais est d'origine tout à fait modeste, un personnage que Ken Loach pourrait aimer, il doit travailler comme serveur pour financer ses études, il veut à tout prix réussir, et il est très bon élève ; l'Italien est fils d'un homme d'affaires richissime et d'une sorte de Barbara Cartland méditerranéenne, il habite un grand appartement à deux pas de la piazza di Spagna, et sa vie est oisive et douce ; le Français est fils d'intellectuels…
— Décidément, tu ne recules devant aucun cliché !
— Tu est pénible, tu sais. Tu veux que je te raconte, oui, ou non ?
— Excuse-moi, je trouve juste que tu y vas un peu fort. Mais continue.
— Le seul lien connectant les trois personnages (même s'il y a d'autres liens deux à deux) c'est un ami américain, qui vit à New York — ou peut-être San Francisco —, dont on ne sait pas au juste les relations avec les héros, mais qui correspond avec chacun des trois, et qu'on ne connaît qu'à travers ces lettres ; on le devine plus âgé, mais on ne sait pas si on doit lui donner quarante ou soixante ans.
— Bon, et avec tout ça ? La matière, c'est quoi ?
— La description de la vie (et notamment de la vie gay) dans les trois villes en question. Ce sont elles les véritables héroïnes.
— Mais je rêve ! Tu n'as jamais mis les pieds à Rome, et tu n'as passé que quelques jours à Londres. Comment pourrais-tu décrire quoi que ce soit de la vie romaine ou londonienne ? Et je ne parle même pas de la vie branchée ?
— Est-ce que ce n'est pas le propre d'un artiste de pouvoir rapporter parfaitement les choses qu'il n'a jamais vues, qu'elles soient inventées ou réelles ? D'écrire un poème que chacun croira fait pour lui ? Tu ne voudrais pas que je dévoile les secrets de l'art, tout de même ? Ceci dit, tu n'as pas tort : pour éviter les erreurs factuelles les plus bêtes, il ne me suffira pas de lire Time Out, il va falloir voyager un peu. Je te propose donc que nous passions deux mois à Londres et deux à Rome…
2004-08-12 (jeudi)
J'avais vu Les Roseaux
sauvages / Le Chêne et le Roseau[#], probablement la version courte,
il y a assez longtemps, à la télé (à l'occasion d'une rediffusion : ce
n'était pas lors de sa sortie en 1994 mais plutôt en 1999 ou 2000).
J'en avais gardé une image très positive ; cependant assez floue, à
l'exception de cette scène (dont je tire l'image ci-contre), que je
trouve extrêmement forte et belle, où François, le personnage joué par
Gaël Morel, se met devant un miroir et se force, difficilement au
début, à dire je suis pédé
en se regardant.
Il y a quelques semaines, j'ai vu à la Fnac que le DVD
était sorti, et je l'ai acheté : je viens juste de le regarder et cela
n'a fait que confirmer à quel point j'aime ce film. Évidemment, c'est
surtout le rôle de François qui m'émeut ; en fait, je suis stupéfait
de voir (je n'en avais pas gardé un souvenir aussi précis) à quel
point il me ressemble, ce pédé immature et bourgeois
(comme
Maïté — Élodie Bouchez — le qualifie, et ça me va
parfaitement), maladroit, attendrissant, sporadiquement bavard, avide
de compagnie, bon élève et gentiment cuistre : il fait même de la tachycardie (et pas assez de sport) !
Mais tout me plaît dans cette histoire où flotte un frais parfum de
vacances ensoleillées. Pourquoi diable ne l'ai-je pas vu au moment où
je passais moi-même le bac ?
Ah, et puis, si par hasard quelqu'un lisait ceci qui connaisse Gaël
Morel, je lui demanderais volontiers un autographe. ![]()
[#] Je crois que l'un des deux titres (probablement le deuxième) doit faire référence à la version moyen métrage qui est un téléfilm produit sur commande d'Arte, l'autre désigne la version longue.
2004-08-12 (jeudi)
Ce qui est terrible, quand on naît trop tard[#] dans un monde déjà trop vieux, c'est que toutes les bonnes idées ont déjà été eues[#2].
Par exemple, tout à l'heure, j'ai eu l'idée géniale du siècle : concevoir un blog à deux voix, deux personnes qui conversent à raison d'une entrée par jour (alternativement de l'un ou de l'autre), qui selon leur gré répondent à ce que l'autre dit ou bien qui lancent de nouveaux sujets. Parce que c'est plus intéressant d'écouter un dialogue qu'un monologue (enfin, en général). Et ça peut être intéressant si les deux personnes ont des points de vue assez différents sur certaines questions. En plus, j'ai trouvé un nom fantastique pour ça : un diablogue.
Bon, ben devinez quoi : j'arrive trop tard, « ils » y ont déjà pensé, la première recherche Google venue montre que ça existe déjà et que même le nom a déjà été trouvé. Dites, les gens, soyez gentils : la prochaine fois que vous avez une idée géniale, laissez-moi le temps de l'avoir aussi. (Un jour, je réinventerai la roue, tout seul et sans l'aide de personne, na ! Et je la ferai carrée, pour vous narguer.)
Enfin, même si ce n'est pas mon idée à moi, ça me donne un peu envie de choisir quelques deux parmi mes héros personnels et les pousser à ouvrir un blog-à-deux.
[#] Euh, c'est moi qui suis en train de dire que je suis né trop tard, là ? Non mais pincez-moi, je rêve !
[#2] Pour faire pédant,
il faut bien que je cite Eco, là : de mémoire, il n'est pas de
progrès dans les vicissitudes du savoir, seulement une lente —
et sublime — récapitulation
(Jorge, dans Le Nom de la
Rose). Hum, je ne dis pas ça en italien ? Je baisse, je
baisse.
2004-08-11 (mercredi)
J'ai un peu l'impression d'être coincé dans une bulle hors du
temps, le genre de choses dont on parlerait dans un mauvais téléfilm
de science-fiction (en raison d'une faille spatio-temporelle, vous
êtes passés dans une dimension[#]
parallèle : le seul moyen de rejoindre le temps réel est de vous
trouver exactement à l'endroit où la foudre frappera le plutonium
avant que les Langoliers vous dévorent
). L'attente m'est
insupportable. Comme si le mois de septembre devait (re?)mettre en
jeu tout une machine soigneusement huilée d'événements qui se sont
surnaturellement figés et qu'en attendant je dois me contenter de
contempler en me demandant comment ils vont évoluer (le piano, là,
il va me tomber dessus, ou juste à côté ?
). Oh, ce n'est pas
comme si je n'avais pas des millions de choses que je
pourrais faire d'ici là, mais il y en a pour lesquelles je
n'y arriverais vraiment pas avant que les choses aient bougé —
et pour cela, je dois attendre la rentrée (pour le meilleur ou pour le
pire).
Mais en septembre, ce sera bien (tout ne sera peut-être pas parfait, mais on y honorera certainement les jardiniers — mauvaise référence, pardon) : un certain nombre de gens dans mon entourage proche vont pouvoir faire un certain nombre de choses pour un autre nombre de gens, et puis il va y avoir plein de nouvelles têtes à rencontrer, et tout et tout. Vivement ce moment !
Tiens, je ne résiste pas à recopier ce que mon dictionnaire
français-anglais indique sous le mot rentrée
:
La rentrée (des classes) in
September each year is not only the time when French children and
teachers go back to school, it is also the time when political and
social life begins again after the long summer break. The expression
à la rentrée
is thus not restricted to an
educational context, but can refer in general to the renewed activity
that takes place throughout the country in the autumn.
J'allais le dire…
[#] J'aimerais savoir,
d'ailleurs, qui le premier a eu cette idée saugrenue d'une
dimension comme quelque chose dans
laquelle
on va. Comme l'espace ordinaire a trois dimensions, j'aimerais savoir
dans
laquelle (entre les trois — comme si cela avait un
sens de les identifier précisément !) cette personne croyait
être… Sans parler de la notion de dimension parallèle
,
un magnifique oxymore.
2004-08-10 (mardi)
Oh, je comprends très bien ! J'ai su aussi ce que signifiaitadorer, tu sais : j'ai eu moi-même mes héros, dont j'ai cru chaque action dictée par la morale la plus irréprochable, chaque résolution soutenue par le courage le plus inébranlable, et chaque parole déterminée par la sagesse la plus réfléchie. Je leur ai consacré l'autel de ma raison et dédié le sacrifice de mon cœur, et j'ai voulu imiter leur exemple en toute chose. Je me suis haï et méprisé car je n'arrivais qu'à être moi alors que je voulais être comme eux. J'en ai tiré une grande amertume, mais aussi une immense arrogance, car je portais en avant tout ce qui, en moi, me paraissait leur ressembler et car je méprisais tout ce qui n'allait pas dans le sens de la voie que je les voyais me montrer.D'un ton méditatif, et comme pour lui-même, il ajouta :
Je me demande ce que penseraient certaines de mes idoles de jadis si elles savaient maintenant la vénération dans laquelle je les eus tenues. J'imagine que certains ne l'ont jamais soupçonné ; je pense d'ailleurs que dans un ou deux cas le rapport était réciproque — et réciproquement ignoré.Puis, s'adressant de nouveau au garçon :
Enfin, un jour j'ai eu une révélation. J'ai vu un de mes monstres sacrés commettre un acte de faiblesse (peu importe ce dont il s'agit et je me le rappelle à peine moi-même) : un acte de faiblesse, peut-être pas de méchanceté, mais un acte humain. Et j'ai compris, ce jour-là, que ces dieux que j'adorais étaient des hommes, et que, comme tous les hommes, ils avaient leurs défauts et leurs imperfections : que, comme tous les hommes, ils connaissaient des moments d'égarement, des accès de colère, et des erreurs de jugement. Mais j'ai été heureux, car j'ai su, alors, que j'étais de la même farine qu'eux, donc que je pouvais être un des leurs ; j'ai su qu'ils se contredisaient parfois (eux-mêmes ou entre eux) et que si je n'étais pas de leur avis je pouvais cependant parfois avoir raison ; et surtout, j'ai su que je pouvais les admirer, désormais, comme des hommes et non comme des dieux.
2004-08-09 (lundi)
La charmante petite bestiole noire et blanche à quatre pattes qui égayait la maison de mes parents de ses miaulements réclamant notre attention et notre affection, nous a quittés aujourd'hui.
Nous avions adopté Hilbert en '96 (je m'en souviens bien parce que
je préparais les oraux des concours), et il avait sans doute environ
un an. Il avait été sauvé de la fourrière (parce que c'était lui qui
miaulait le plus fort) par une association qui stérilise des chiens et
chats errants avant de les remettre en liberté (pour tenter de
contrôler leur nombre sans les tuer) : la responsable de l'association
s'était vite rendu compte que ce chat était tellement affectueux et
avide de tendresse humaine qu'il ne pouvait pas être lâché dans la
nature, donc elle avait passé une petite annonce pour le donner, et ma
mère avait décidé qu'un animal très affectueux
(ce n'était pas
de la publicité mensongère) était ce qu'elle voulait.
Cet amour pour les humains qu'avait Hilbert, d'ailleurs, lui était bien rendu : quasiment toutes les personnes qui l'ont vu sont tombés sous son charme, même des gens a priori peu sensibles à la séduction féline, et ont admiré son caractère si amical. Parfois il était un peu « pot de colle », et rarement il brillait par son intelligence ou par son agilité, mais sa douceur et sa gentillesse étaient des qualités vraiment appréciées. Dès qu'il se sentait un peu abandonné, il poussait des miaulements déchirants : pas moyen de le laisser seul ; au moins, il sera mort bien entouré (à la différence de notre précédente chatte, que nous avions retrouvée sur le carrelage de la cuisine en revenant de chez ma tante à Noël en 1995).
Enfin voilà : il me manquera.
2004-08-07 (samedi)
Je suis en train de boire une tisane, une infusion aux plantes
(tilleul, camomille, fleur d'oranger doux) que L'Éléphant
a baptisée Nuit tranquille
. Je trouve ça agréable (en écoutant
de la musique douce) pour m'aider psychologiquement à décider que la
journée est finie et qu'il est temps de me mettre au lit (bien qu'il
ne soit que une heure et demie du matin), et aussi tout
simplement parce que j'aime bien le parfum du tilleul et de la fleur
d'oranger et le goût que donne la petite cuiller de miel que j'utilise
pour sucrer le tout. Et puis ça fait très petit pépé prend sa
tisane et dodo, ça va bien avec le personnage.
Mais quelque part, ça énerve aussi le scientifique que je suis. Nuit tranquille ? Est-ce que ça va vraiment m'aider à bien dormir ou est-ce que l'effet est purement psychologique ? Comment savoir ?
Il y a des choses dont je suis complètement persuadé que les mérites vantés sont strictement et absolument limités aux effets psychologiques et/ou toute la famille des effets placebo : par exemple, l'homéopathie (j'en profite pour dire coucou au passage à mon zététicien de petit frère) ; il y a d'autres choses dont l'effet est parfaitement patent. Mais entre les deux règne toute une gamme de produits sur l'efficacité desquels je suis a priori sceptique, mais où je ne peux pas faire d'expérience pour décider la question dans un sens ou dans un autre. Et ça, c'est irritant.
Prenons l'exemple des savons liquides pour les mains. Tant qu'il
s'agit de choisir un parfum au sens strict, c'est une question de
goût, je peux me fier à mon nez et à mon appréciation personnelle des
odeurs (par exemple, comme je
l'explique, pour choisir la version aromatisée au lait d'amande) ;
mais les parfums des savons liquides vont chercher des choses comme
antibactérien
, hypoallergénique
, mains sensibles
,
douceur (miel & lait)
, et ainsi de suite. Encore, pour ce
qui est de l'effet sur les mains, je peux espérer m'en faire une idée
par moi-même (mais ce n'est pas complètement clair : l'effet pourrait
être suffisamment faible pour être difficile à observer à moins de
n'utiliser que ce savon pendant des semaines, et néanmoins
assez important — à long terme par exemple — pour que
j'estime qu'il soit utile de prendre cette variante plutôt qu'une
autre). Pour la variante antibactérien
, comment aurais-je la
moindre chance de juger cela ? Je ne vais pas faire une culture de
bactéries dans une boîte de Pétri pour m'en assurer, et néanmoins je
trouverais que c'est une qualité potentiellement utile (par exemple si
je dois me laver les mains avant de mettre des lentilles) ; ou pas,
d'ailleurs : peut-être que cela détruit des bactéries très utiles de
la flore épidermique, peut-être que le produit antibactérien agresse
la peau elle-même ; ou peut-être, tout simplement, que ce savon n'est
ni plus ni moins antibactérien que les autres mais simplement qu'on a
choisi ce terme pour dire qu'il n'a pas de parfum particulier (c'est
une des théories qu'on m'a avancées). Comment savoir ?
Bon, une solution consiste à se référer à des tests qui auraient été faits par des associations de défense de consommateurs dans leurs magazines périodiques, comme, en France, Que choisir ? (Union Fédérale des Consommateurs), ou encore 60 millions de consommateurs (Institut National de la Consommation). Mais les enquêtes ne parlent pas de tout, et on n'a pas forcément vu passer le numéro du magazine parlant du produit auquel on est intéressé (sur le site Web de ces associations, apparemment, il faut payer pour accéder aux enquêtes : du coup, j'ai quelques doutes sur leur but complètement non lucratif… et je ne suis pas plus renseigné sur les savons — peut-être me faut-il une méta-enquête pour savoir quelle est la meilleure enquête sur les savons ?).
Nous sommes entourés d'affirmations plus ou moins publicitaires
(tout est dans le plus ou moins
!) qui nous demandent de leur
faire confiance sur parole, et nous n'avons pas moyen de savoir ce
qu'il en est réellement. Est-ce que le shampooing cheveux
blonds
que je prends la peine d'acheter n'est pas rigoureusement
le même, au parfum près, que le shampooing d'à côté ? Et d'ailleurs,
si j'ai les cheveux blonds et gras, je dois prendre cheveux
blonds
ou cheveux gras
? Est-ce que la lampe à luminothérapie a un quelconque intérêt
autre que rendre plus facile la lecture autour de mon bureau ?
Je n'en ai aucune idée. Mais, ayant fini mon infusion Nuit tranquille, je vais maintenant vous laisser et aller me coucher.
2004-08-06 (vendredi)
#19 — but who's counting?
Bon, et puis il faut que j'arrête de faire des fragments littéraires prétendument « gratuits » et qui, en fait, essaient insidieusement d'en venir quelque part. C'est foireux, et ça donne des résultats mauvais. Mes meilleurs (à mon avis) sont ceux qui sont écrits de façon véritablement gratuite. Mais bon, au point où j'en suis, voici celui-ci :
Le choc ne vint que plus tard : plusieurs heures après ; et ce ne fut pas un choc. Calmement, il pensa : le rêve de ma vie s'est accompli. Ce n'était pas une explosion de joie : le bonheur, assurément présent, avait plutôt la forme d'un courant soutenu, qui croissait lentement en intensité à mesure qu'il se pénétrait de la pensée de ce qui était arrivé ; mais ce n'était pas non plus une déception ou un rejet désabusé (comme s'il se fût rendu compte que ce n'était pas ce qu'il voulait) ; c'était encore moins une volonté de tout finir maintenant que le but de sa vie était atteint ; et enfin, il n'avait pas peur de ce qui viendrait ensuite ni n'éprouvait de sentiment de vide parce qu'on lui avait retiré sa raison de se battre en la remplissant. C'était juste un constat lucide : la chose qu'il avait le plus voulue, le souhait le plus ardent de tant d'années, cela était devenu vrai.
Il lui parut à l'esprit une métaphore, ou une parabole, un symbole un peu douteux qu'il avait dû lire dans quelque livre dont l'intérêt médiocre n'avait pas valu d'être retenu : une chenille qui s'aperçoit, en sortant d'un long sommeil, qu'elle est devenue papillon, que son rêve de pouvoir voler est réalité — mais elle sait aussitôt ce qu'elle doit faire ensuite, son nouvel état lui est immédiatement familier. De cette idée, il glissa vers une autre : il se souvint qu'on lui avait parlé de cette image, qu'avaient les Grecs, des divinités du destin, les trois Parques, ou Moirai, qui filent la vie des hommes et en tissent une tapisserie, le motif universel que nul homme ne peut voir mais qui est connu d'elles seules. Il aimait cette pensée, celle d'être un fil dans une immense œuvre d'art, un fil perdu dans la masse mais qui, ici, peut-être, affleurait à la surface.
Tout avait changé, mais il n'éprouvait ni joie excessive, ni nostalgie, ni regret, ni inquiétude. Il avait trouvé l'assurance d'aller de l'avant.
2004-08-05 (jeudi)
Cette fois, c'est un restaurant éthiopien que j'ai goûté, avec une douzaine d'amis. Ça s'appelle Gojo (ጎጆ précisément, pour frimer un peu avec Unicode — accessoirement, la logique profonde du syllabaire éthiopien m'échappe un peu), rue de l'École polytechnique, et c'est vraiment très bon (quoique un peu cher) : je ne connaissais pas du tout la cuisine éthiopienne, et je suis ravi d'avoir pu essayer (c'est intéressant : on mange avec ses doigts, en fourrant la nourriture dans une sorte de grande crêpe ; du coup, j'ai encore pu faire mon malin en faisant apparaître une serviette citron de nulle part).
Après le dîner, nous sommes allés admirer la vue de Paris qu'on a des toits de l'ENS (hum, on n'est pas censé monter sur les toits de l'ENS, d'ailleurs, personne ne monte sur ces toits, c'est une tradition qui n'a jamais existé, et vous n'en avez jamais entendu parler). Paris vu d'en haut (et surtout la nuit) est un spectacle dont je ne me lasse décidément jamais.
On m'a aussi rappelé que c'était bientôt le 24 août. Ça ne vous dit rien ? C'est la Saint-Barthélémy, mais ce n'est pas que ça : le 24 août 2004 est une date très importante. Je vous aide : une date très importante dans l'histoire d'Usenet. Nan, je plaisante. Mais tremblez quand même.
2004-08-05 (jeudi)
Voilà voilà, je voulais juste dire un petit bonjour, comme ça, à M le Maudit, qui tient un blog
tout à fait délicieux donc je lui pardonnerai de m'avoir classé dans
les pédéblogueurs, chroniqueurs, mythomanes, génies, atrabilaires,
névrosés, misanthropes, bavards etc
(sic). Et je lui souhaite
surtout bon courage pour son mémoire de maîtrise.
PS : L'outing, c'est mal, n'est-ce pas ?
2004-08-04 (mercredi)
Léonard et Frédéric ne se connaissaient pas. Il y eut un déclic, semblable à l'impression qu'on peut avoir en regardant une image pendant longtemps avant de se rendre compte soudainement qu'on la voyait dans le mauvais sens, ou que ce qu'on prenait pour un creux était en fait un relief et que toute la perspective était inversée. De fait, toute la perspective était inversée. Léonard et Frédéric ne pouvaient pas se connaître. Étrange comme une observation aussi simple, aussi évidente, pouvait conduire à tout interpréter différemment, à tout remettre en question.
Sinéad sourit. Tout tombait sous le sens. Si elle eût été détective, si elle eût enquêté sur un crime, elle eût maintenant connu le nom du coupable. Mais la beauté de la chose était qu'il n'y avait ici, justement, aucune malice, aucune malveillance : tout pouvait (tout devait !) s'expliquer sans cela. Au pire un faux pas bien maladroit et aux conséquences inattendues. Chacun d'une myriade de faits épars s'expliquait maintenant : la lettre que Frédéric avait reçue aussi bien que la visite du vieux professeur.
Enfin, Sinéad avait trouvé la clé de sa tranquillité. Elle décrocha le téléphone et composa le numéro qu'elle avait si souvent renoncé à appeler.
Hum ! Je n'en suis vraiment pas content, de celui-là. Je le laisse néanmoins en l'état, parce qu'il contient (et servira peut-être à propager) un mème ou deux qui me plaisent bien. Mais j'aurais aimé réussir à rendre un peu cette sensation de déclic où tout semble se mettre en place, et la sensation heureuse que cela procure.
2004-08-03 (mardi) · Mon Anniversaire
Un des moyens d'éviter de déprimer, c'est de ne pas s'en laisser le temps, en ayant une vie sociale aussi chargée que possible. Ça tombe bien, mon anniversaire c'est un bon prétexte pour voir des gens (fût-ce en août).
Donc, j'ai 28 ans[#], il va
falloir que je commence à apprendre à mentir sur mon âge, parce que,
quand j'atteindrai la trentaine ça va devenir vraiment dur de me faire
passer pour un djeunz. ![]()
Bon, sérieusement : j'ai dîné chez mes parents hier (lundi) soir, ma mère m'avait fait un bon repas, et d'ailleurs ça fait pas mal d'années que je n'avais pas eu mes parents sur place autour de mon anniversaire (normalement je suis consigné à garder le chat[#2] à Orsay pendant que eux partent en vacances, et les trois dernières années j'en avais profité pour organiser un buffet d'anniversaire chez eux). Ça fait aussi un petit moment que je n'étais pas allé dormir chez mes parents (pourtant, c'est drolement bien, comme maison : et puis, il y a sept ordinateurs — en réseau — dedans, ce qui est sympa, et j'ai quelque chose comme 200 bouquins de maths dans ma chambre que je n'aurai jamais le courage — ni la place — de transporter à Paris).
Je dois dire que j'ai aussi été très touché par le nombre et la diversité des gens qui m'ont souhaité un bon anniversaire. C'est vraiment quelque chose qui me fait chaud au cœur. Un grand merci à tous !
Ce soir, c'était dîner avec des amis à Paris, au restaurant. J'ai essayé, plutôt que de rassembler tout le monde qui est disponible à cette période, de faire un petit groupe de gens que j'apprécie beaucoup et qui ne sont pas ceux qu'ai le plus l'habitude de voir. Et c'était vraiment très sympa. Le restaurant s'appelle Le Petit Prince de Paris (c'est dans le 5e, sur la Montagne Sainte-Geneviève), et je le recommande tout à fait pour la qualité de la nourriture (nettement moins, en revanche, pour la rapidité du service, ça c'est un peu dommage). Et j'ai encore des dîners prévus avec des amis demain et après-demain, et vendredi je dois encore voir quelqu'un… bref, je ne me laisse pas le temps de m'ennuyer ou de voir les choses en noir, et d'ailleurs, juste maintenant, je n'en ai aucune envie.
Sinon, question boulot : j'ai voulu soumettre un article
aujourd'hui pour publication dans le Bulletin de la
Société Mathématique de France, mais l'adresse mail du
secrétariat bounce comme adresse invalide.
M'est avis que c'est un complot pour dire qu'on ne doit pas travailler
en août : I think I'll take the hint.
![]()
[#] Obligatory calendar note, so Karl P won't have to mention it : 28 years is the Julian calendar cycle length, and since the leap years have followed precisely the Julian rule since 1901, I have lived a full cycle, that is, each calendar date occurred precisely four times for each day of the week (except for Februrary 29, of course, which fell just once on every day of the week) since I was born. And, of course, since today is a Tuesday, I was also born on a Tuesday.
[#2] Le chat, d'ailleurs, ne va pas bien : non seulement il a une maladie des reins mais en plus, maintenant, il refuse de sortir hors de la maison (quelque chose a dû le traumatiser, on ne sait pas quoi). Et il devient assez difficile à supporter, à réclamer sans arrêt de l'attention des humains.
2004-08-01 (dimanche)
Bienvenue en août, le mois le plus mort
de l'année. Pas étonnant que ce soit celui où se trouve mon
anniversaire
(snif, je vais avoir 28 ans, c'est
horrible !). Et forcément, un dimanche au mois d'août… bon, je
vous ai déjà dit tout ça.
Alors, je suis sorti me promener, aujourd'hui (mais pas en rollers — faut encore que j'apprenne à surmonter la paresse de les enfiler). J'ai « découvert », si j'ose dire, que de chez moi on peut aussi aller au centre ville en passant par la rue Pascal, la rue Mouffetard, la rue de la Montagne Sainte-Geneviève et la rue de Bièvre. Je n'y avais jamais pensé (je passais par la rue Le Brun et la rue Geoffroy Saint Hilaire puis la rue du Cardinal Lemoine ; il est vrai que cela a l'avantage de contourner la montagne Sainte-Geneviève) : il faudra que je mesure quel est le chemin le plus rapide pour aller à l'Hôtel de Ville. Il est vrai que la géographie d'une ville comme Paris est traîtresse : on a tendance à rectifier toutes les rues en droites et tous les angles en angles droits alors que ce n'est pas du tout le cas ; par exemple, dans ma tête, la rue Mouffetard prolonge les Gobelins et la rue Pascal est perpendiculaire aux deux — or ce n'est pas du tout le cas comme on le verra sur un plan.
Tiens, rue Mouffetard, j'ai surpris une bribe de conversation :
j'ai pris les meilleurs écrivains du Brésil, et je les ai fait
manger dans ce restaurant
. J'aimerais bien savoir qui était cette
personne capable de prendre les meilleurs écrivains du Brésil
et les faire manger quelque part. J'avais entendu un autre bout de
conversation, ailleurs, qui m'a fait sursauter, mais j'ai maintenant
oublié.
À part ça, j'ai transcrit en phonétique la fameuse dictée de Mérimée et je l'ai enregistrée. Encore un truc inutile pour meubler la ramification infinie des pages de ce site Web.
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