David Madore's WebLog: 2008-12

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in December 2008 / Entrées publiées en décembre 2008:

(lundi)

Fragment littéraire gratuit #114 (la prophétie)

Je profite de l'absence de mon poussinet pour céder à quelques idées de fragments qui me trottent dans la tête…

Le globe vola en éclats. Vous êtes vaincu, Euryn ! proclama celui qui l'avait brisé.

Une seconde passa, et Auxen compris que quelque chose n'allait pas comme prévu. Il s'était attendu à ce qu'une violente secousse fît trembler le palais, ou à ce que son propriétaire s'écroulât. Au lieu de cela, Euryn restait impassible et continuait de le fixer des yeux. Puis il parla :

Vaincu ? Je ne crois pas. À moins que je me coupe le pied en marchant sur le verre… Vous avez eu raison de me débarrasser de cet orbe, il était plus encombrant que décoratif.

Vous m'avez piégé ! Vous ne chancelez pas. Ce n'était donc qu'une copie. Pourtant…

Non, cher Auxen, ce n'était pas une copie, c'était bien l'objet que vous croyiez détruire. Mais, oui, je vous ai en effet piégé, et plus profondément que vous ne l'imaginez. Pardonnez-moi, je vais maintenant faire ce qu'un maître maléfique est censé faire dans ces circonstances, à savoir abattre mes cartes au lieu de vous tuer. (Car à quoi servirait-il de triompher si personne ne peut l'admirer ?)

Pendant qu'Euryn expliquait cela, ses hommes se positionnaient silencieusement devant chacune des issues de la salle. Auxen en prit note, mais ne réagit pas.

Voilà : j'ai créé l'artefact que vous venez de réduire en morceaux. Et quand je dis que je l'ai créé, je ne me suis pas contenté de le fabriquer, j'ai aussi inventé — comment dirons-nous ? — le contexte dans lequel l'insérer. Quelques légendes, deux-trois histoires auxquelles j'ai donné, croyez-moi ce ne fut pas facile, cette patine qui fait accroire qu'elles remontent au fond des âges. Mais surtout, cette prophétie…

Auxen ne put retenir un cri.

Je savais d'Invar qu'elle apprécierait : un poème d'apparence très ancienne qui prédit dans un langage obscur mais néanmoins facilement décodable un avenir radieux — un bibelot censément magique donc magiquement lié à mon pouvoir, dont la destruction assurerait ma perte — toutes choses auxquelles on voudrait tant croire, n'est-ce pas ? Je ne connais pas de plus puissant stimulant de la crédulité que le désir de croire. Si ce n'est, évidemment, la certitude bienheureuse que dès qu'il est question de magie tout ce qui porte le nom de prophétie est nécessairement authentique et se réalisera à coup sûr.

Euryn ramassa un fragment du globe et le fit miroiter à la lumière.

Étrange, n'est-ce pas ? Être ainsi aveuglé : vous eussiez pu me vaincre sans doute par des moyens plus banals, en rassemblant une armée comme la princesse en avait les moyens ; au lieu de cela, vous avez concentré tous vos efforts sur une banale sphère de verre, persuadés que tout autre chemin était vain. À tel point que vous êtes venu jusqu'ici sans même assurer votre retour.

Un piège remarquable en effet, fit une nouvelle voix, et je ne peux qu'applaudir un tel génie — puisque c'est ce que vous cherchez manifestement. Néanmoins, si vous me permettez de le dire, vous vous êtes vous-même piégé, Euryn, autant que vous piégiez notre chère Invar.

Euryn et Auxen se retournèrent pour savoir qui avait parlé ainsi dans leur dos, et s'exclamèrent simultanément, en identifiant le vieillard qui souriait d'un air bienveillant :

Ardemond !

⁂ C'est ainsi que le volume se finissait. Ce qu'Ardemond avait voulu dire, on ne le saurait jamais : la fin était promise pour le volume suivant de la saga, censé résoudre toutes ces questions laissés éparses (à commencer par l'identité véritable d'Euryn et les circonstances de la naissance d'Invar), mais le volume suivant ne viendrait pas puisque l'écrivaine était décédée, à la consternation de ses fans.

Contrairement à d'autres plus prévoyants, elle n'avait pas anticipé sa mort en confiant à son éditeur le nom d'un successeur auquel elle aurait légué tous ses papiers. De papiers, en fait, il n'y avait pas : son fils avait d'abord déclaré à la presse qu'il ferait publier les notes de sa mère (il aurait certainement eu intérêt à jouer ainsi les Christopher Tolkien, vu combien les livres s'étaient vendus), mais rien n'était venu. Elle avait tout soit caché soit emporté avec elle dans la tombe.

Les personnes bien informées surent cependant que deux phrases griffonnées par Mme Bawling furent retrouvées dans son agenda, qui dussent avoir un rapport avec la saga. La première était : Auxen est à la fois Prométhée et Lord Byron, et elle conduisit à beaucoup de spéculation quant à ce que la romancière voulait donner à son personnage du voleur du feu du ciel ou du poète et héros romantique anglais. La seconde phrase affirmait : C'est David qui sauvera la princesse Invar. Celle-ci était encore plus mystérieuse étant donné qu'aucun personnage du nom de David n'existait dans le cycle (et la consonance ne laissait pas penser qu'elle eût l'intention d'en ajouter un) : on songea donc au roi biblique ou au peintre français, mais on ne sut que conclure.

Je pensai pour ma part que cette apparition inexpliquée de mon prénom était un oracle, et je croyais à la réalisation des prophéties. Puisque Invar devait être sauvée et puisque mon nom était invoqué, je ferais le travail.

Aussi écrivis-je le dernier tome de la série que Mme Bawling avait commencé, reliant patiemment tous les fils qu'elle avait laissés épars, donnant à Auxen les rôles qu'elle lui avait prescrits (et je pense avoir assez habilement réussi en cela), et sauvant finalement la princesse (quoique de façon inattendue). Je le fis pour moi et non pour la gloire, car je n'imaginais pas obtenir un jour l'autorisation de le publier : je savais les héritiers terriblement jaloux de leurs droits sur l'œuvre. Cela advint pourtant : une réforme inespérée du copyright me permit de révéler la fin de l'histoire, qui fut un succès.

Je signais des dédicaces dans une librairie à Londres quand j'entendis une voix, à la fois étrangère et familière :

Une fin remarquable en effet, et je ne peux qu'applaudir votre génie — puisque c'est ce que vous cherchez manifestement. Néanmoins, si vous me permettez de le dire, vous vous êtes vous-même piégé, David, en réalisant cette prophétie.

Je me retournai pour savoir qui avait parlé ainsi dans mon dos, et m'exclamai, en identifiant le vieillard qui souriait d'un air bienveillant :

Ardemond !

(vendredi)

Fragment littéraire gratuit #113 (divagations métaphysiques)

— Ce que nous appelons la réalité n'est qu'un minuscule fragment de la Réalité.

J'admirai mentalement la capacité de mon interlocuteur à signifier, par la modulation presque révérente de sa voix, la majuscule dont il gratifiait le dernier mot. Je me gardai bien de commenter et le laissai continuer :

— Regardez ici. Dans le monde physique brut, vous avez là des milliards d'atomes : personne ne peut décrire leur état exact, ils sont trop nombreux. Ils représentent trop d'information. Mais nous avons créé une catégorie mentale : là où se trouvent ces milliards d'atomes, nous voyons une pomme. Nous n'avons pas créé l'objet matériel, analytique, qui est la pomme (l'Urstoff de la pomme si vous voulez), mais nous avons créé la catégorie synthétique qui l'unifie. Il en va de même de tous les motifs dont nous peuplons notre univers mental. De l'immensité de la Réalité nous ne conservons qu'une forme simplifiée : la pomme, le pommier. Qui obéissent à des lois simplifiées : la pomme tombe, le pommier lui donne naissance.

Comme pour illustrer son propos, il souleva légèrement le fruit et le reposa sur le livre qui lui servait de support (l'Apocalypse révélée de Swedenborg). Il joua encore un instant avec, puis se décida à revenir à sa leçon :

— On peut très bien imaginer que dans l'espace physique où nous voyons des cellules, des pommes, des nuages et des galaxies on puisse interpréter les mêmes atomes pour y voir tout autre chose. Cet autre univers serait pourtant le même : mais qui sait comment les atomes de la pomme s'y liraient ? Peut-être se regrouperaient-ils autrement ou selon d'autres critères que leur emplacement. Comme dans ces illusions d'optique où l'on peut voir un chandelier ou deux visages qui se font face : plusieurs réalités, plusieurs lectures de la Réalité, pourraient occuper le même volume sans se déranger.

Je pensai que je pourrais lui faire abréger son discours en lui montrant que je comprenais cette idée qu'il prenait pour révolutionnaire. J'évoquai (non sans quelque honte) les mânes de Quine :

— Ou comme il se pourrait, dis-je donc, que dans une tout autre langue notre conversation ait aussi un sens, et un sens qui ne serait pas du tout le même que celui que nous croyons lui donner : ainsi y parlerions-nous de la Lune dans le ciel qui joue à travers les nuages, d'une fleur au parfum enivrant ou d'une clochette au tintement cristallin…

— Précisément. Et déjà nos catégories mentales deviennent dangereusement malléables lorsque nous parlons non plus de choses matérielles mais d'idées ou de sentiments : lesquels se reflètent indiscutablement dans les atomes du monde physique qui constitue notre cerveau mais de façon considérablement plus sophistiquée quand nous disons Anne est triste que quand il s'agit de la pomme tombe. Pouvons-nous être sûrs de comprendre la même chose quand nous prononçons le mot triste ? Ou ne sommes-nous pas déjà en présence d'une multiplicité d'interprétations, alors même que le tissu de nos idées est en interaction, par notre comportement, avec les objets que nous avons dégagés ?

Je croyais savoir que la meilleure façon d'abréger l'étalage du relativisme était de surenchérir :

— Peut-être, d'ailleurs, ne parlons-nous effectivement pas du tout la même langue, vous et moi, et peut-être ce que j'appelle une pomme n'est pas du tout ce que vous appelez une pomme.

— Nous nous comprenons bien. Mais je ne prétends pas seulement que le mot puisse recouvrir plusieurs concepts différents, je prétends aussi que la même matérialité physique peut se décoder pour donner différents objets exotériques selon la façon dont nous agençons les barrières mentales qui découpent la Réalité en morceaux intelligibles par nous.

Il s'interrompit le temps de boire un peu d'eau, puis s'exclama d'un ton quasi exalté :

— Or ces barrières mentales nous retiennent aussi prisonniers !

Sentant fondre sur moi un ramassis confus de platitudes allant du mythe de la caverne au bouddhisme zen, je préférai désamorcer moi-même ces sujets :

— Oui, comme les trop célèbres prisonniers de Platon qui ne voient des objet réels que les ombres. Ou comme les moines que Jōshū tente d'amener à l'Éveil spirituel en les forçant à penser autrement que dans le cadre de leurs barrières mentales habituelles.

— Comme, surtout, les gnostiques…

Je n'avais pas pensé à le devancer à propos des gnostiques. Il me fallut donc l'entendre m'expliquer :

— Comme, surtout, les gnostiques qui voyaient le monde matériel comme une prison, un simulacre pour nos sens, créé par le démiurge, et dont on peut chercher à se délivrer par la connaissance spirituelle, c'est-à-dire la rédemption de notre part divine. Pardonnez-moi si je simplifie de façon caricaturale !

— Simplifiez, simplifiez ! répondis-je (espérant en entendre le moins possible au sujet des gnostiques). Nous nous comprenons.

— Et bien sûr, le Serpent de la Genèse, vénéré par les ophites, qui promet à l'Homme la divinité par la Connaissance. Bref, le thème est récurrent, et toutes les religions voient à leur façon cette idée de recherche d'une Vérité supérieure, et surtout de la limitation de l'homme par les œillères qu'il s'impose lui-même. Toutes les sciences, toutes les religions et même les différentes formes d'art représentent des œillères différentes, mais toutes constituent des tentatives pour concevoir la Réalité de façon moins fractionnaire.

C'est ainsi que Madame Blavatsky fit dans le discours de mon hiérophante une irruption aussi fracassante que le gigantesque portrait d'elle au-dessus du bureau le laissait présager.

Je m'emparai la pomme et je la mangeai.

(mercredi)

Pourquoi le Père Noël s'habille-t-il en rouge et blanc, et autres questions

Si vous vous ennuyez pour Noël, demandez-vous un peu si vous savez d'où vient cette fête (non, personne n'a jamais prétendu sérieusement que c'était la date de naissance de Jésus), qui est le mystérieux Père Noël (et quel est son rapport exact avec Saint Nicolas), pourquoi il s'habille en rouge et blanc (alors que Saint Nicolas c'est plutôt du vert et blanc, mais ça peut sans doute varier), et autres questions de ce genre. Des éléments de réponse sont dans cet article (mais ce ne sont que des éléments, vous pouvez aussi regarder sur Wikipédia).

Voilà, joyeuses Saturnales à tous !

(mardi)

Ensemble de Mandelbrot : programme, images fixes, vidéo nº2

Pour satisfaire la promesse que j'avais faite la semaine dernière, le programme que j'ai écrit pour calculer des vues de l'ensemble de Mandelbrot est maintenant disponible ici (j'en ai profité pour rafraîchir très sérieusement cette page listant mes programmes : peut-être qu'il y aura d'autres choses qui intéresseront les gens). Pour ceux qui veulent juste voir des jolies images, j'ai mis quelques vues fixes sur flickr, et j'ai créé une deuxième vidéo (de nouveau, il y en a une version de haute qualité, de 44Mo, téléchargeable par BitTorrent[#] en suivant ce lien — où vous pouvez retirer le .torrent final si BitTorrent ne vous est pas possible — et une version exécrable sur YouTube ; par ailleurs, comme je le disais dimanche, j'ai réencodé les vidéos pour avoir quelque chose que j'espère de meilleure qualité et d'ailleurs légèrement plus petit).

[#] J'ai d'ailleurs peut-être un problème avec mes torrents : il est censé y avoir deux seeds (semences ? graines ?), mais certains clients BitTorrent n'en voient qu'une, ou prennent un certain temps à voir la seconde. Je ne sais pas ce qui se passe.

(dimanche)

Pourquoi les soucis informatiques en attirent-ils toujours d'autres ?

Ce dessin xkcd illustre très bien ma situation…

Avant de sortir une version propre de mon programme de calcul d'ensemble de Mandelbrot, je jetais un œil à la vidéo que j'ai faite (ainsi qu'une seconde, pas encore annoncée de façon très visible), et je me suis rendu compte qu'il y avait des artefacts désagréables — la vidéo saute un peu à certains moments, parce que des frames ont été sautées — la faute en étant apparemment à MEncoder que j'ai utilisé pour l'encoder et qui, apparemment, à des bugs dans le muxer. Solution : utiliser ffmpeg à la place. Ce qui implique de convertir les options barbares de MEncoder (du style mencoder -mf fps=25 'mf:///data4/mandel2-video/interframes/*.png' -audiofile /tmp/audio3.wav -noskip -vf harddup -ovc x264 -x264encopts frameref=8:bframes=2:8x8dct:me=umh:subq=7:nodct_decimate:trellis=2:weight_b:direct_pred=auto:crf=20 -oac mp3lame -lameopts preset=standard -o mandelzoom.avi) en des options tout aussi barbares de ffmpeg (du style ffmpeg -r 25 -s 640x480 -aspect 4:3 -i ffmpeg-frame-links/%04d.png -i /tmp/audio3.wav -vcodec libx264 -refs 8 -bf 2 -flags2 dct8x8+wpred -me_method umh -subq 7 -trellis 2 -directpred 3 -crf 20 -acodec libmp3lame -aq 2 mandelzoom.avi) — heureusement, quelqu'un a eu la gentillesse de m'aider avec ça, mais vraiment, l'encodage vidéo, ça a un côté désagréable magie noire. Et après, évidemment, il me faudra modifier les torrents que j'ai mis en place vers cette vidéo, opération plutôt pénible, et demander aux gens qui les ensemencent de bien vouloir passer à la nouvelle version. Mais je n'en suis pas encore là !

Parce qu'il y a eu divers interludes amusants. D'abord un problème de réseau dans ma connexion entre mon PC chez mes parents (où je passe le dimanche) et celui de mon bureau (dont je n'avais besoin que de façon indirecte mais néanmoins importante) : encore un de ces satanés problèmes de MTU qui conduisent à des symptômes généralement mystérieux de connexions qui gèlent intempestivement, et je n'ai pas réussi à en comprendre la cause (la connexion à mon PC au bureau est compliquée parce que l'ENST a un pare-feu parano qu'on est censé traverser avec un PPTP, et quelque part entre Wanadoo et l'ENST les paquets PPTP se font fragmenter puis réassembler, puis jeter silencieusement parce qu'ils sont trop gros — je n'ai pas réussi à en savoir plus), mais ça m'a fait perdre beaucoup de temps.

Ensuite, un disque dur de mon ordinateur (toujours celui qui est chez mes parents à Orsay) a décidé de se mettre à agoniser. Pour dénoncer les coupables, c'était un Samsung, et il était tout neuf : je l'ai acheté pour remplacer un autre disque dur qui est aussi mort tout récemment. Et bêtement j'avais copié dessus des données sauvées depuis cet autre disque dur et que je n'avais pas encore disséminées ailleurs — pas des données très importantes, mais il faut croire qu'elles portent la poisse. Les choses vraiment importantes étaient de toute façon stockées de façon redondante (en RAID), mais comme souvent dans ces cas la perte n'est pas tant dans les données elles-mêmes que dans le temps qu'on passe à reconfigurer les choses et à sauver ce qui peut l'être (là, le disque agonisant est en train de cracher quelques secteurs — la plupart intacts — au rythme frénétique de huit et demi méga-octets par minute, à peu près le taux de transfert d'une disquette, ce qui signifie qu'il me faudra donc autour de deux semaines non-stop pour tout extraire). Enfin, si ma patience et le disque en question tiennent jusque là.

Après ces interludes, je suis revenu à mon encodage de vidéo avec ffmpeg, et j'ai constaté avec plaisir que celui-ci mourait dans d'atroces souffrances (segfault, abort, enfin peu importe) à la fin de l'encodage, apparemment à cause d'un buffer overrun dans l'encodage audio, bravo. En faisant traiter l'encodage audio par un autre programme, je m'en suis sorti. La vidéo résultante était quand même beaucoup plus grosse que celle produite par MEncoder à partir des mêmes images, avec le même codec, les mêmes options du codec, et à qualité censément égale : je ne sais pas pourquoi, et à ce stade-là je ne veux vraiment pas savoir.

J'écrirai une nouvelle entrée quand ces fichues vidéos seront correctement (ré)encodées.

(mardi)

Zoom dans l'ensemble de Mandelbrot

[Zoom dans l'ensemble de Mandelbrot]Ça faisait longtemps que je rêvais de faire une belle vidéo de zoom dans l'ensemble de Mandelbrot[#], mon poussinet m'a redonné cette envie en jouant avec Fraqtive (j'en parlais la semaine dernière) : me voilà enfin satisfait à ce sujet. Pour l'instant, vous ne pourrez voir de la vidéo en question que la version sur YouTube (ma première vidéo YouTube !), qui est d'une qualité épouvantablement exécrable[#2] (enfin, vous avez le choix entre la qualité normale, qui est épouvantablement exécrable, et la « haute » qualité, qui est seulement lamentablement exécrable), mais je promets de publier prochainement (1) la vidéo en haute qualité (ou en tout cas, beaucoup plus haute que ça), (2) le programme qui a servi à la calculer et peut-être (3) quelques petites notes de vulgarisation sur ce qu'est l'ensemble de Mandelbrot. Mais là je n'ai pas le temps.

Mise à jour (2008-12-16T17:35+0100) : J'ai uploadé la vidéo de haute qualité (64Mo pour 4′14″ en 640×480, 25fps) : vous pouvez la télécharger (en utilisant BitTorrent, BitTornado, Azureus ou un autre client de ce genre) en suivant ce lien (il s'aggit d'un petit fichier .torrent que vous passez ensuite à votre client BitTorrent pour qu'il récupère le tout). Pour ceux qui n'arrivent pas à utiliser BitTorrent ou équivalent (par exemple parce que vous êtes à la merci d'un administrateur réseau crétin qui croit que ça ne sert qu'à diffuser des contenus « piratés »), vous pouvez récupérer directement le .avi en effaçant l'extension .torrent du lien précédent (je fais exprès de ne pas faire un lien direct, parce que je veux m'assurer que les gens ne cliquent pas sans réfléchir).

[#] Vous me direz que ça manque pathétiquement d'originalité (il suffit de regarder le nombre de vidéos de ce genre déjà sur YouTube). Je dois bien reconnaître que c'est vrai ; mais mon amour-propre me poussera à prétendre, avec un tantinet de mauvaise foi, que ma vidéo à moi elle est — aux artefacts de compression près — beaucoup plus belle que toutes les autres : certes, elle ne vas pas aussi loin que certaines (il y en a une sur YouTube qui va à une magnification de 101000, et qui est d'ailleurs rigoureusement sans intérêt), mais elle montre plus de variété dans l'ensemble puisque j'ai judicieusement choisi le point autour duquel zoomer. (Par exemple, pour trouver des points intéressants, il faut résister à la tentation de descendre dans les spirales de ce qu'on appelle les points de Misiurewicz, qui n'apportent aucun motif nouveau mais seulement des itérations en plus dans les calculs.) Sinon, pour ce qui est de la musique, ce n'est peut-être pas ce que j'aurais mis idéalement, mais je voulais un enregistrement dans le domaine public (l'ensemble de Mandelbrot l'est forcément, puisqu'il est une pure construction mathématique, et ç'aurait été dommage que la seule musique apporte un copyright à la vidéo), et ce n'est pas évident à trouver.

[#2] J'en suis d'ailleurs un peu contrarié : YouTube fournit des explications sur les formats à utiliser, que j'ai suivies scrupuleusement (codec H.264, résolution 640×360, audio MP3, 30 images par seconde), en me disant que peut-être comme ça ils n'auraient pas à réencoder la vidéo, et évidemment, ça n'a pas manqué… Ils m'auraient donné une borne sur le débit, j'aurais peut-être pu produire un truc de meilleur qualité qu'eux avec cette contrainte !

(lundi)

Crottes de ragondin et autres matières

(Entrée complètement décousue et incohérente, mais bon, il est tard, je suis fatigué, et je voulais quand même dire des choses.)

Hier j'ai marché dans plusieurs petites crottes de ragondin (chose dont David Monniaux avait dit une fois que le chemin de l'enfer était pavé) : d'une, je voulais faire un petit calcul numérique idiot sur des formes modulaires, et je suis tombé sur un bug totalement hallucinant de Perl. De deux, un site web incontactable pour moi (kernelnewbies.org, mais peu importe) parce que des paquets ICMPv6 (packet too big, évidemment) disparaissaient dans la nature — apparemment c'est magiquement réparé, mais je n'exclus quand même pas que le problème était de mon côté, ma config IPv6 étant faite d'un assemblage incroyable de bugware notamment parce que, justement, mon fournisseur d'accès perd les paquets entre telle et telle taille. Comme si je n'avais pas assez de bugs qui m'ennuient comme ça. Bon, en fait je suis sans doute de méchante humeur parce que j'ai corrigé des copies : ça m'attriste toujours de voir que les gens n'ont pas compris ce que j'ai répété et rerépété patiemment (croyais-je).

Pour effacer les crottes de ragondin, voici cependant un court métrage tout gentil et tout mignon (Validation) sur l'importance du sourire quand on est pris en photo. J'ai beaucoup aimé.

Ce qui est nettement plus gros qu'une crotte de ragondin, c'est la façon dont on s'est aperçu que les démocraties européennes comme le Royaume-Uni avaient des méthodes guères plus admirables que la Chine populaire pour censurer Internet (David Monniaux résume très bien l'affaire) : quand je disais que la paranoïa sur la pédophilie atteignait des sommets du grotesque !

Tout à l'heure, mon poussinet m'a montré le très amusant programme Fraqtive, pour faire des zooms dans l'ensemble de Mandelbrot : j'avais déjà beaucoup fait joujou avec des programmes de ce genre, mais celui-ci est vraiment pratique à utiliser, et surtout, il tire parti de la puissance des ordinateurs modernes, donc on peut vraiment explorer mieux que tout ce que j'avais pu voir jusqu'à maintenant. Ça m'a permis de me faire une idée nettement plus précise de comment les petits ensembles de Mandelbrot se relient les uns aux autres. Seul regret : il est limité par les flottants machine, donc on ne peut pas zoomer plus qu'un certain niveau.

(samedi)

De la difficulté d'acheter des lacets

Régulièrement je suis confronté à la difficulté d'acheter les objets les plus anodins, et je tombe souvent des nues de voir à quel point les choses les plus banales peuvent être introuvables. Le dernier épisode de cette saga, donc, concerne l'achat d'une paire de lacets : des lacets coaxiaux (j'utilise ce mot, qui visiblement n'est pas le bon, parce que je ne sais pas comment on est censé dire ; je m'explique).

J'ai une paire de chaussures de sécurité (des chaussures de chantier, si on veut) Caterpillar — d'un modèle très proche ou identique à celui-ci mais peu importe. Je trouve ça très agréable à porter, surtout par temps pourri.

Elles ont des lacets très épais que j'aurais envie de qualifier de coaxiaux ou gainés (mais visiblement aucun de ces termes n'est le bon ou, en tout cas, ils ne sont compris par personne) : c'est-à-dire que ce sont des lacets tubulaires (sans doute en nylon/polyester) à section circulaire, sauf que dans cette gaine il y a un lacet intérieur, lui aussi à section circulaire, mais probablement plein, et plus fin. Les deux parties sont indépendantes, reliées seulement extrémités. (Vraisemblablement c'est fait pour que la gaine extérieure protège le lacet intérieur de l'usure.) Ils sont longs de 150cm et noirs, mais ça ce n'est pas très important, ce qui est vraiment difficile à trouver c'est la largeur et la structure coaxiale.

Or un de ces lacets a cassé (au niveau de la gaine extérieure), et je cherche à le remplacer, à l'identique parce que des lacets plus fins ne se nouent pas de façon aussi confortable. Je n'aurais pas imaginé une seule seconde que ce pût être aussi difficile de trouver une paire de lacets ! J'ai cherché partout : mon Champion local, un cordonnier, un Go Sport (sur la recommandation du cordonnier), au Vieux Campeur… et même une boutique de vêtements de chantier où ils vendent des chaussures de ce genre mais apparemment pas les lacets qui vont avec. Non seulement personne n'a des lacets comme ça, mais quand je cherche on me regarde comme si je demandais un dé-ψ-onduleur métatronique à polarité inversée pour ma navette spatiale ! Pourtant, les chaussures elles-mêmes, elles ne sont ni rares ni difficiles à trouver.

Même son de cloche sur Internet : de toute façon, sur Google, chercher lacets chaussures Caterpillar est forcément compris comme chaussures à lacets Caterpillar, et quelle que soit la façon dont je varie ma recherche je n'ai trouvé personne qui vende des lacets en ligne avec un choix qui ne soit pas ridicule.

Ce serait tout de même crétin que je doive racheter une paire juste pour avoir de nouveaux lacets !

(jeudi)

Ἅπαξ λεγόμενα

Puisque ces caractères ont été introduits dans Unicode (qui devait avoir bu un peu trop de tsikoudia ce jour-là) pour écrire un seul texte, et que Google ne semble pas connaître le texte en question, le voici :

𐇑𐇛𐇜𐇐𐇡𐇽 𐇧𐇷𐇛 𐇬𐇼𐇖𐇽 𐇬𐇬𐇱 𐇑𐇛𐇓𐇷𐇰 𐇪𐇼𐇖𐇛 𐇪𐇻𐇗 𐇑𐇛𐇕𐇡□ 𐇮𐇩𐇲 𐇑𐇛𐇸𐇢𐇲 𐇐𐇸𐇷𐇖 𐇑𐇛𐇯𐇦𐇵𐇽 𐇶𐇚
𐇑𐇪𐇨𐇙𐇦𐇡 𐇫𐇐𐇽 𐇑𐇛𐇮𐇩𐇽 𐇑𐇛𐇪𐇪𐇲𐇴𐇤 𐇰𐇦 𐇑𐇛𐇮𐇩𐇽 𐇑𐇪𐇨𐇙𐇦𐇡 𐇫𐇐𐇽 𐇑𐇛𐇮𐇩𐇽 𐇑𐇛𐇪𐇝𐇯𐇡𐇪 𐇕𐇡𐇠𐇢 𐇮𐇩𐇛 𐇑𐇛𐇜𐇐 𐇦𐇢𐇲𐇽 𐇙𐇒𐇵 𐇑𐇛𐇪𐇪𐇲𐇴𐇤 𐇜𐇐 𐇙𐇒𐇵

𐇑𐇛𐇥𐇷𐇖 𐇪𐇼𐇖𐇲 𐇑𐇴𐇦𐇔𐇽 𐇥𐇨𐇪 𐇰𐇧𐇣𐇛 𐇟𐇦𐇡𐇺𐇽 𐇜𐇐𐇶𐇰 𐇞𐇖𐇜𐇐𐇡 𐇥𐇴𐇹𐇨 𐇖𐇧𐇷𐇲 𐇑𐇩𐇳𐇷 𐇪𐇨𐇵𐇐
𐇬𐇧𐇧𐇣𐇲 𐇟𐇝𐇡 𐇬𐇰𐇐 𐇕𐇲𐇯𐇶𐇰 𐇑𐇘𐇪𐇐 𐇬𐇳𐇖𐇗𐇽 𐇬𐇗𐇜 𐇬𐇼𐇖𐇽 𐇥𐇬𐇳𐇖𐇗𐇽 𐇪𐇱𐇦𐇨 𐇖𐇡𐇲 𐇖𐇼𐇖𐇽 𐇖𐇦𐇡𐇧 𐇥𐇬𐇳𐇖𐇗𐇽 𐇘𐇭𐇶𐇡𐇖 𐇑𐇕𐇲𐇦𐇖 𐇬𐇱𐇦𐇨 𐇼𐇖𐇽

Non, je ne sais pas plus que vous ce que ça peut vouloir dire, mais c'est certainement très profond. Si vous n'avez pas la police pour afficher les caractères en question, rassurez-vous, vous ne risquerez pas de les rencontrer trop souvent, et si vous les rencontrez ce sera forcément dans ce texte-là donc le fait d'avoir les caractères ne vous éclairerait pas beaucoup.

(Par contre, je remarque que la police que j'ai, moi, a un problème de directionnalité : les glyphes sont prévus pour une écriture de droite à gauche comme l'original alors qu'Unicode, dans son infinie sagesse assistée de tsikoudia, a décidé qu'il fallait inverser les glyphes et écrire de gauche à droite. Du coup, il m'affiche un truc subtilement inversé.)

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