David Madore's WebLog: 2008-05

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in May 2008 / Entrées publiées en mai 2008:

(lundi)

Marche des fiertés

La manifestation festive et citoyenne militante et engagée partira demain (mardi 27 mai 2008) à 14h devant le 54 Boulevard Raspail (Paris 6e) pour finir à Jussieu. Marchons pour revendiquer notre droit à la différence et pour défendre notre mode de vie : demain c'est l'

Academic Pride :
la marche de tous les savoirs

Bon, par rapport à l'autre marche, celle qui aura lieu dans un mois et deux jours et qui concerne une autre catégorie de population de laquelle je fais aussi partie, la musique sera sans doute un petit peu moins forte, l'affluence un petit peu moins importante, et la tenue vestimentaire un petit peu moins colorée[#], mais ce sera probablement aussi rigolo et je connaîtrai également pas mal de monde.

[#] Mais probablement tout aussi recherchée… Chéri, pour la marche, tu crois que je dois porter mon tee-shirt Wikimania 2007, ou bien Mathematisches Forschungsinstitut Oberwolfach ?

(dimanche)

Nés en 68

Il faut que je précise que j'ai un faible particulier pour les films qui reconstituent le Zeitgeist d'une époque récente ou retracent l'histoire d'une période telle que vue à travers les yeux de personnages auxquels on s'attache. En fait, ce sont les films qui m'arrachent le plus facilement des larmes[#] alors que les drames sentimentaux n'y parviennent généralement pas. J'ai tenté de faire quelque chose de semblable dans un ou deux de mes fragments littéraires gratuits, mais sans grand succès je le crains.

Par exemple, La meglio gioventù (Nos meilleures années) fait partie de mes films préférés, bien que je n'aie pas spécialement connaissance de la façon dont l'Italie a vécu les années en question ; et dans un genre un peu différent, je pourrais citer C.R.A.Z.Y. (qui se concentre tout de même plus sur la vie de la famille que sur l'atmosphère de l'époque). S'il pouvait être aussi réussi que Nos meilleures années, un film qui retracerait, disons, les trente ou quarante dernières années en France (notamment les années Mitterrand, pour lesquelles j'ai un souvenir attendri) ferait certainement un film que j'adorerais (surtout s'il y avait en bonus un personnage auquel je m'identifierais particulièrement, comme un garçon homo[#2] d'à peu près mon âge).

Tout ça pour dire que je partais particulièrement bon public pour Nés en 68, qui colle à la description que je viens de faire dans la seconde partie de la phrase précédente. Vu que j'ai bien aimé mais que je n'en ressors pas non plus complètement emballé, il faut croire que ce n'est pas aussi réussi que Nos meilleures années. Les principaux reproches que je pourrais lui faire sont d'abord qu'il y a des longueurs ou des scènes vraiment trop appuyées, ensuite que certains événements sont plaqués sur l'histoire des personnages de façon tellement artificielle que ça ne passe pas (ou alors c'est plutôt censé être un clin d'œil, comme les images du World Trade Center en flammes qui apparaissent sur un écran de télé que personne ne regarde). Et Lætitia Casta, même si elle ne s'en sort pas trop mal dans le rôle le plus important du film (et arrive presque à faire croire qu'elle a cinquante ans), est tout de même un peu casse-nerfs à mon goût.

Nés en 68[#3], donc, trace le parcours d'un petit groupe de personnages, dont essentiellement trois qui sont au départ des sorbonnards gauchistes, et leurs enfants, sur une période de quarante ans (mais en se concentrant tout de même sur l'intervalle de 1968 à 1999). À travers eux, les événements qui ont marqué la France pendant cette période, tels que vus et commentés par des ex-hippies (je pense qu'on ne doit guère avoir de chance d'aimer ce film si on n'est pas au moins un peu gauchiste dans l'âme) : la loi Veil, l'élection de Mitterrand, les années Sida, le passage de Le Pen au second tour, et ça se finit avec les déclarations de l'actuel président de la République au sujet de l'héritage de mai '68. Avec comme thèmes importants : la vision hippie de l'amour libre et de la communauté, le militantisme politique et la désillusion, et l'activisme gay (un des personnages milite à Act Up). Si on est branché par ça, alors je recommande.

(Hum, je viens de remarquer qu'Olivier Ducastel et Jacques Martineau — les metteurs en scène — sont aussi ceux qui ont fait Drôle de Félix, Ma vraie vie à Rouen et Crustacés et Coquillages — j'ai d'ailleurs beaucoup aimé ce dernier, moins les deux d'avant. Donc le fait qu'il y ait au moins un personnage homo était assez prévisible.)

Ah, et j'ai bien aimé la BO, aussi.

Si ça vous intéresse mais que vous n'avez pas la patience de passer au cinéma les 173 minutes que dure le film, il semble qu'il sortira sur Arte en octobre (en deux moitiés, au total un peu plus long que celui qui est actuellement en salles). Je peux aussi faire un lien vers la bande-annonce.

[#] Je ne parle même pas spécialement des passages tristes : ce sont plutôt des larmes de nostalgie, des larmes issues de la pensée moi aussi, j'ai vécu ça, que des larmes de tristesse. Par exemple, si Good bye, Lenin! m'a ému au point de me faire pleurer, c'est que la chute du mur de Berlin est quelque chose qui m'a énormément marqué quand j'étais petit, le sentiment de vivre en direct un moment historique (la demi-génération d'avant retiendrait sans doute le pied d'Armstrong posé sur la Lune, la demi-génération d'après les attentats du 11 septembre 2001).

[#2] Si le garçon en question est joué par un acteur extrêmement mignon (en l'occurrence Théo Frilet, c'est lui qu'on voit sur l'affiche du film, et j'avoue que ça a pu m'inciter à le voir), ce n'est pas plus mal non plus. ☺

[#3] Le titre est mensonger, d'ailleurs : les personnages de la seconde génération sont, si j'ai bien suivi, nés en quelque chose comme '69 (Ludmilla et Christophe), '71 (Boris, celui qui est joué par Théo Frilet), et '80 (Joseph).

(samedi)

Fragment littéraire gratuit #111 (le prince et le rebelle)

Tu es entré. J'ai tout de suite su que c'était toi : il n'est pas nécessaire de présenter le lion à l'agneau pour qu'il le reconnaisse. L'air avait ce parfum âcre que seul le guerrier peut sentir la veille de la bataille et qui précède la mort ou la transfiguration. Tu es entré comme si tu avais toujours vécu ici. J'ai senti mon cœur battre.

Votre Altesse, je t'ai appelé, réprimant tout juste l'envie de me jeter à tes pieds : car, malgré tout ce que j'ai pu faire, les leçons de l'enfance ne seraient jamais totalement oubliées. Votre Altesse. Je n'osais pas espérer que vous accepteriez…

D'une voix dont j'ai cru discerner la majesté dans l'équanimité, tu m'as fait cette réponse énigmatique :

J'ai suffisamment lancé de défis au Destin pour ne pas refuser d'en relever un quand c'est Lui qui prend l'initiative. Me voici.

Puis-je considérer que j'ai votre serment, Prince ?

Si tel n'avait pas été le cas, ce n'est pas moi qui aurais franchi ce seuil, Voleur de Feu, et tu le sais. N'insultons pas le peu de temps que nous avons devant nous en lui jetant des paroles inutiles. Tutoie-moi : demain nous serons ennemis — cette nuit nous nous devons la vérité.

Je me suis avancé vers l'oriel qui domine la vallée blanche, où tu m'as rejoint, pour contempler le paysage éclairé par la lune.

Tu as raison, Seigneur, ai-je convenu. Puisqu'on ne manquera pas de nous accuser l'un et l'autre de trahison si cette rencontre vient à se savoir, il n'y a que nous-mêmes qui puissions juger l'honnêteté de notre démarche. Nous sommes nus devant nous-mêmes.

Tu as regardé la vallée, puis, me la désignant d'un geste ample, tu as dit sombrement : Et voici pourquoi nous devons nous haïr.

C'est en t'écoutant prononcer ces mots que j'ai su que je t'aimais.

(mardi)

Essayons d'apprendre un peu d'arabe

Je suis un grand fan de la méthode Assimil, pas forcément que je la trouve excellente dans l'absolu, mais il me semble qu'elle convient très bien à quelqu'un qui, comme moi, a une mémoire essentiellement auditive[#] : la meilleure façon d'apprendre une langue serait donc bien d'écouter des phrases prononcées dans cette langue, en en comprenant le sens, en cherchant juste à activer les connexions neuronales entre les deux, jusqu'à ce que « ça rentre ». Et je pense qu'en allant au bout d'une méthode Assimil avec beaucoup de régularité, on doit arriver à un niveau pas complètement ridicule dans une langue donnée : c'est là que ça pèche, bien sûr, parce que je n'arrive pas à garder une motivation suffisante pour maintenir la régularité. Il faut y passer une bonne demi-heure par jour (et encore, je pense que c'est une minoration, parce que le temps de bien réécouter la leçon de la veille, écouter trois ou quatre fois la leçon du jour, s'exercer un peu à l'écriture, faire les exercices, préécouter la leçon du lendemain, trente minutes sont déjà justes), et, mine de rien, ce n'est pas facile à trouver.

En 2001, je n'étais arrivé qu'à la douzième[#2] leçon de l'Assimil hongrois — il est vrai que c'était un crash-course puisque je partais une semaine à Budapest et que je voulais au moins pouvoir prononcer correctement Nem beszélek magyarul![#3][#4] avant de partir, ce qui est tout de même un niveau qu'on dépasse à la 12e leçon. Il y a deux ans j'avais poussé un peu plus loin pour le japonais, en allant jusqu'à la 29e leçon (j'avais fait un an d'étude du japonais en grand débutant à l'ENS mais je n'avais strictement rien retenu). À la limite, qu'il ne m'en reste consciemment rien n'a aucune importance : mon but n'était pas vraiment d'apprendre du hongrois, respectivement du japonais, mais de me faire une représentation mentale de ces langues, d'assimiler un peu de leur structure (voire d'assouplir mes propres mécanismes de pensée). Bref, de transformer quelque chose de complètement opaque en quelque chose de certes toujours opaque mais où je peux imaginer de progresser.

Là je me suis acheté l'Assimil arabe[#5]. Pourquoi l'arabe ? Peut-être parce que je m'efforce à trouver des langues aussi éloignées que possible les unes des autres (auquel cas il faudrait sans doute que je programme ensuite le tamoul, le chinois et le swahili), de façon à avoir une petite image de la forteresse de Babel. Peut-être parce que c'est une langue importante parlée en France (mais l'argument est un peu pipo : l'arabe parlé en France est dialectal, et a priori ce n'est pas spécialement celui-là que je vais/veux apprendre). Ou peut-être parce que l'écriture en est absolument fascinante. Toujours est-il que je ne pense pas sérieusement arriver à un stade où je pourrais lire quoi que ce soit d'intéressant[#6], encore moins comprendre la langue parlée, mais l'idée est juste de picorer quelques notions sur comment l'arabe fonctionne, et de voir si ma patience va cette fois au-delà de la 29e leçon (en ce moment j'en suis à la 3e, où on voit des phrases aussi passionnantes que دَخَلَ الْوَلَدُ وَ دَرَسَl'enfant est entré et il a étudié).

[#] Et dont l'apprentissage des langues reste quelque chose de complètement théorique vu que je n'ai aucune intention de voyager pour essayer de m'en servir. C'est vrai que je suis un cas un peu spécial.

[#2] Pour comparaison, le nombre total de leçons d'une méthode Assimil a l'air de tourner entre 75 et 100 en général (mais en fait on est censé faire deux vagues d'apprentissage, ce qui veut dire qu'ils estiment qu'il faudra environ cinq ou six mois pour atteindre le niveau qu'ils proposent).

[#3] Je ne parle pas hongrois !

[#4] Mon directeur de thèse (qui partait au même congrès à Budapest) s'est mis au hongrois au même moment, et avec la même méthode, mais il a eu plus de persévérance que moi et il semble que maintenant il ne baragouine pas trop mal la langue.

[#5] Chose amusante, ils ont retiré du titre leur célèbre marque de fabrique : sans peine (même si la collection s'appelle encore ainsi). Est-ce qu'ils n'osent plus dire que c'est le cas ? Ou est-ce qu'ils sont tombés victimes de la fameuse blague :
— Il paraît que vous avez appris à jouer du violon en cinq leçons faciles.
— Oui, c'était les neuf mille neuf cent quatre-vingt-quinze suivantes qui étaient difficiles.

[#6] Surtout que l'arabe a (comme l'hébreu ou d'autres langues de la même famille) ce défaut pour les débutants que — à part pour écrire le Coran ou des textes poétiques — on n'y note normalement pas les voyelles brèves. Donc à moins de connaître la langue, celui qui aurait juste appris l'alphabet ne peut même pas prononcer un texte écrit. D'ailleurs, l'égyptien ancien — j'en ai fait un peu — est dans le même cas, sauf que, là, personne ne sait quelles sont les bonnes voyelles sauf dans un petit nombre de mots, donc on prononce tout ‘e’.

(lundi)

Les téléphones qui appellent tout seuls

La nuit dernière j'ai reçu deux coups de téléphones.

Le premier, à cinq heures du matin, était de mon père. Mon père, qui est du genre technophile, s'est récemment acheté un iPhone ; apparemment le fonctionnement de l'appareil ne doit pas être totalement intuitif, parce que mon père a réussi à faire plein de choses avec… sauf comprendre comment téléphoner. Enfin, il sait téléphoner, mais seulement pour appeler un numéro qui était déjà dans le répertoire de sa carte SIM. (Et ça fait un moment qu'il est à ce stade-là. Come on! it can't be that hard.) En revanche, il faut croire qu'appeler un numéro du répertoire est trop facile, parce qu'il a composé le mien par erreur, et m'a donc réveillé à une heure fort indue.

Bon, mais ça ce n'est rien par rapport à l'autre coup de téléphone de la nuit (ahem, matinée). Il faut savoir que j'ai au bureau un de ces énormes téléphones qu'on a je ne sais pourquoi dans les bureaux, avec plein de boutons qui me laissent aussi perplexe que mon père devant l'iPhone (à la différence que je sais quand même appeler). Déjà à l'ENS j'en avais un gros, mais il faut croire qu'à l'ENST Telecom ParisTech j'ai gagné du galon (ou simplement que c'est une école de télécoms, soit) parce qu'il est encore plus énorme. Mais il déconne : je m'en doutais depuis un moment parce qu'il émettait aléatoirement des petits bruits bizarres sans que je le touche (non, je ne parle pas de la sonnerie : ça je sais ce que c'est 😕). Là, il a réussi à m'appeler à la maison sans que personne ne le touche (le numéro qui s'est affiché est celui de mon bureau, or je suis seul à l'occuper et à cette heure-là je n'y étais pas ; et il a sonné avec insistance jusqu'à ce que je décroche, après quoi évidemment il n'y avait que le silence : donc à moins de postuler que j'ai un bureau hanté, c'est le poste qui déconne). J'avoue que je ne m'étais pas imaginé qu'un téléphone pouvait bugguer au point de composer un numéro sans qu'on le veuille.

Mais être appelé deux fois comme ça à quelques heures d'intervalle, c'est très fort.

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