David Madore's WebLog: 2006-09

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in September 2006 / Entrées publiées en septembre 2006:

(lundi)

Ratiocinations intempestives politiques

Je parle rarement de politique ici, alors je vais en faire un peu pour une fois (tout en tâchant de garder la neutralité de rigueur du devoir de réserve® du fonctionnaire).

On commence par une prévision, c'est sur ce qui va se passer en 2007, parce qu'on m'a dit de l'écrire dans mon blog pour qu'on puisse se moquer de moi après coup. Je la fais pas tellement parce que j'y crois que parce que personne d'autre ne semble accorder ne serait-ce qu'une seconde d'attention à ce scénario : il s'agit d'imaginer que M. Sarkozy soit élu président de la République mais qu'aux législatives qui suivent son parti, l'UMP, perde nettement face au PS, donnant une nouvelle cohabitation (où le Premier ministre aurait des chances assez importantes d'être, par exemple, M. Strauss-Kahn). Je ne dis pas que je considère ce scénario comme très probable : mon pipotron lui donne environ 35% de chances de se réaliser, contre, disons, 30% pour une victoire du PS aux deux élections, 20% pour une victoire de l'UMP après l'élection de M. Sarkozy, et 15% pour n'importe quelle sorte de scénario un peu exotique (par exemple, une absence de majorité absolue à l'assemblée). Bref, je ne me mouille pas trop : mais je m'étonne de voir qu'on me traite parfois d'illuminé de la simple évocation de ce cas de figure. Rapidement, je dirais que les raisons de penser qu'il n'est pas invraisemblable sont que (1) M. Sarkozy est assez populaire, mais il l'est à titre individuel, son parti, lui, ne l'est pas énormément (et a subi un revers considérable lors des dernières élections), (2) l'adversaire principal qu'on lui désigne généralement, Mme Royal, pourrait échouer à obtenir l'investiture de son parti à cause d'une division interne du PS (ou pour d'autres raisons : on a évoqué, par exemple, la possibilité de bourrage d'urnes depuis que le parti a autorisé des inscriptions « internet » à bas prix permettant néanmoins de voter dans les primaires), (3) une dispersion des voix, plus probable à gauche qu'à droite, pourrait conduire à l'élimination des candidats de gauche au premier tour de la présidentielle, typiquement au profit de l'extrême-droite comme en 2002, alors que cette élimination a peu de chances de se produire de façon significativement répétée sur les législatives, (4) les Français n'ont tout simplement jamais reconduit une majorité à l'Assemblée nationale depuis 1981, (5) les Français ne semblent pas fondamentalement hostiles à la cohabitation, lorsqu'on leur pose la question directement (dans un sondage) ou indirectement (lors d'une élection législative, en '86, en '93 et en '97), (6) s'il est vrai qu'ils pourraient être réticents à voter coup sur coup pour une assemblée de couleur politique opposée à celle du président, ils seraient aussi probablement réticents à reproduire le scénario de 2002 qui donne actuellement un exécutif dont l'impopularité est exceptionnelle. Bref, toutes ces raisons ne font peut-être pas un cas hautement probable, mais au moins digne d'être pris en considération, or je n'ai entendu personne, ni homme politique ni analyste de quelque sorte que ce soit, ne serait-ce qu'évoquer cette possibilité. Je trouve ça étrange, qu'on ferme autant les yeux dessus.


Passons. Parler de cette élection m'amène à évoquer un point de programme qui est partagé par les deux principaux candidats et qui me semble, pour le dire tout de suite, absolument révoltant, c'est l'idée d'établir un service civique obligatoire pour les jeunes (ici le projet socialiste, là une présentation de celui de M. Sarkozy). Des blogueurs ont déjà argumenté de façon convaincante contre cette idée : ici par exemple, ou , ou encore , rien pour ce qui est des aspects économique du projet, donc pas la peine que je reproduise ces arguments ; de toute façon, je pense qu'il est irréalisable, c'est une promesse électorale vaseuse qui n'engage que ceux qui y croient et qui est destinée à séduire à la fois toutes sortes de gens qui s'imaginent qu'il faut inculquer quelques saines valeurs à cette jeunesse désorientée, un thème qui fait recette depuis Mathusalem — mais dans les faits, ça restera une promesse vide parce qu'il y aurait une terrible levée de boucliers et parce que l'individualisme est quand même bien ancré dans les mentalités : personne ne se risquerait à perdre l'électorat potentiel de cette jeunesse censément désorientée ; et aussi, plus simplement, parce que ce serait impossible de trouver l'encadrement nécessaire ; il sera, de toute façon, bien commode après les élections de prétexter que l'argent manque (ce qui est vrai) ou que c'est juridiquement impossible (c'est contraire à la Constitution et à tous les protocoles sur les droits de l'homme). En gros, on aménagera les possibilités de service civique volontaire (ce qui me semble une très bonne chose, là, surtout si on trouve un moyen d'améliorer la compatibilité avec les cursus universitaires) et on oubliera discrètement le côté obligatoire (là aussi, je m'en réjouirai, car c'est uniquement cet aspect-là qui me pose problème).

Ce qui m'inquiète, c'est, plus que le projet lui-même (dont je viens d'expliquer qu'il ne sera sans doute jamais réalisé), le fait qu'il puisse être avancé sans que ça fasse broncher qui que ce soit. Car, je suis désolé, si ce projet viole toutes les conventions sur les droits de l'homme, ce n'est pas pour une question de forme ou pour un problème technique : c'est qu'il s'agit vraiment d'une violation des droits de l'homme, de forcer quelqu'un à travailler (je pourrais sortir le mot esclavage, là, mais ça ne convaincra que ceux qui ont déjà compris, donc évitons-le), et si le service militaire obligatoire est vu comme une exception historique pour nécessité d'État (que je conteste, d'ailleurs, et je suis bien content qu'il ait été supprimé en France) et si l'éducation obligatoire est agrémentée de sauvegardes importantes (plus obligatoire au-delà de 16 ans, et en-deçà les parents ont le choix du mode d'éducation qu'ils veulent donner à leurs enfants), ce n'est pas un hasard. Une fois qu'on considère qu'un individu est adulte est responsable, on doit admettre qu'il est seul maître à décider de ce qu'il fait de sa vie. C'est très dur pour les gens qui aiment tant mettre leur nez dans les oignons des autres.

Ce qui me fait peur, donc, c'est qu'on puisse proposer une mesure qui va directement à l'encontre d'une liberté individuelle fondamentale, et que ça fasse, finalement, aussi peu de remous. (Et une fois de plus, je me lamente que des gens confondent systématiquement machintruc est une bonne chose et ‹rendre machintruc obligatoire› est une bonne chose… mais je vais y revenir.)


Le problème, avec les libertés individuelles, ou, dans un autre angle, avec le droit des minorités, c'est qu'il faut les protéger y compris contre la majorité. C'est pour ça que la démocratie, qui est, empiriquement, la forme de régime politique la plus respectueuse des droits individuels (‹remous sur les bancs des libertaires du fond de la classe›), est aussi potentiellement dangereuse : car il est difficile, dans un système de gouvernement qui prétend donner le pouvoir à la majorité, de protéger les libertés des individus ou des minorités même contre les décisions de la majorité. C'est pour ça que nous avons des juges, et c'est pour ça que la justice est censée être indépendante du suffrage universel, et c'est pour ça que j'enfonce des portes ouvertes, aussi. Toujours est-il qu'il y a une chose qui m'effraie, c'est qu'on piétine ces libertés individuelles à grandes acclamations de la vox populi, vox dei, à grands coups de sondages et de mesures populaires (et, puisque les gens confondent systématiquement être souhaitable et être souhaitable qu'il soit obligatoire ou être indésirable et être souhaitable qu'il soit interdit, on peut leur faire avaler toutes sortes de salades). Je ne suis pas sûr que les moyens de communication que nous avons en ce début de XXIe siècle soient toujours complètement un progrès pour la liberté : j'avais d'ailleurs déjà ranté à ce sujet.

L'autre problème, apparenté, c'est qu'on s'imagine qu'on a fait des progrès dans la liberté de X en voyant qu'on a fait des progrès dans la technique de X. Ceci vaut particulièrement si X = la communication. La situation de l'Internet en Chine semble bien montrer que cet outil de communication, qui peut certes devenir un outil de liberté, ne l'est que si on veut qu'il le soit, pas automatiquement (et vlan ! une autre porte ouverte copieusement enfoncée à la hache bénie +2). L'ennui, c'est qu'on confond les deux.

J'ai peur, en fait, qu'on se dirige vers une société toujours plus despotique, mais d'un despotisme non pas d'une oligarchie mais de la majorité bien-pensante, dont les outils de communication, toujours plus développés, deviendraient des outils d'ostracisme des déviants de toutes sortes, en même temps qu'on se féliciterait bien haut que la liberté ne cesse de progresser, comme si la liberté d'expression se mesurait en mégabits par seconde.


Zut, j'ai encore ranté, et je n'ai pas été clair. Tenez, ce n'est pas vraiment le sujet (en même temps, je n'ai pas arrêté de faire des coqs-à-l'âne, alors le sujet…), mais dans un pays toujours plus en avance que nous pour ce qui est des reculées sociales, voilà ce que ça peut donner, le despotisme du bien-pensant.

(Saturday)

Fighting spam (again and again)

As I am decidedly quite sick today, I thought I'd do some spamfighting.

Part one: this blog's comments system. When I launched it initially I thought—naïvely, in retrospect—that since I used custom Perl scripts rather than a common package like, say, DotClear, the spambots wouldn't be able to make sense of my forms and I wouldn't receive any spam. Wrong. I get quite a lot of it, really. Since everything is moderated (something I might change again eventually), you never actually see it, but it's a pain (for me) nonetheless. And it's also pretty incomprehensible: why has this entry's comments been loaded with spam, for example, whereas others get none and Google doesn't seem to find any suspicious reverse links? Anyway…

The usual solution is to display an image of distorted text or digits, and ask the reader to type the characters (thus providing work ad nauseam for the Indian coprocessors). Rather than do that, I thought I'd try some simple instructions in English: namely, to copy certain digits and letters in reverse order (so the instructions might say: please enter below the following signs in reverse order: 5d8335, and the user is expected to type 5338d5). This wouldn't work if everyone started doing the same, because the spambots would soon learn the trick, but I'm trying to take advantage of the fact that I'm the only one using my custom comments system. Now I also don't want to annoy readers by making them type random digits every time they wish to post a comment, so there is a workaround: if your browser has JavaScript enabled, it will “type” the digits for you and you won't even see the input field. If things work correctly, that is (which, Internet Explorer being what it is, isn't very likely, I'm afraid). Again, this won't work if the spambots use a JavaScript interpreter, so I'm taking a gamble here: I don't think they'll run JavaScript code because it'd be rather hard for them to do so and it's probably not worth the effort, and, besides, if they do run JavaScript code in the pages they harvest, they'd be vulnerable to all sorts of attack (such as using their processing power to compute all sorts of useful things just by making them follow links containg the result of the computations we want).

So, ideally, you should notice no changes in the comments system if you have JavaScript enabled, and, if you don't, you'll just have to type six hex digits to post a comment. I think that's the best I could do to minimize annoyance (the other idea I had in mind was to lay all sorts of blacklisting traps in the page, hidden by CSS, which the spambots would have triggered, getting them banned from the page… but that's hard to tune correctly). Don't hesitate to post a comment to check that it works. And if it doesn't, complain to me by mail (at david+www[at sign]madore[dot]org as usual).

…Which gets me to part two: email. I receive mountainloads of spam. So I have a bayesian spamfilter. Which, since nearly all the spam I get is in English and very little ham is in English whereas in French it's the converse, has learned to classify not ham and spam but French and English (a much easier problem, really). So any email sent to me in English has a very high probability of being treated as spam (one way to avoid this is to write bugahugathuga somewhere in the subject line, but that's not a satisfactory solution).

Part of a satisfactory solution would be moving away from that overspammed email address on ens.fr. Since I bought madore.org, I can, of course, receive email there. Well, I won't make the mistake of opening simply david at that domain: that would spamrotten again in no time. Instead, I'm explicitly forbidding that address and using various sub-addresses in the form david+something at the domain: the idea being that if one of them starts receiving spam I can easily close it (and figure out how it leaked to the spammers); I can also restrict some to specific senders, or use different filtering techniques according to the destination address.

Unfortunately, these days, we can't simply close or forbid an email address by sending back email bounces: if we do that, we get counted as spammers ourselves (because spam is always sent from forged sender addresses). So all the processing has to be done as the server receives the mail from the sender: this may not seem like a problem, but it is, because the time allotted in that window is small, and because that's not the way email was meant to be treated; my mail transfer agent has various ways of doing this, including one that was invented by another (infamous) mail agent, but merely getting david to reject email at connection time (rather than bouncing) when it is not followed by +something has proved pretty difficult in itself.

Pesky things, computers.

(samedi)

Re-malade

J'ai attrapé mon rhume nº9961342963, et ce n'est pas un petit : j'ai les sinus en feu et les ganglions vraiment douloureux. Heureusement, il y a une chose qui me fait du bien, c'est les inhalations de Balsolène.

(mercredi)

Mots croisés « à la reine »

Le principe des mots croisés « à la reine »[#], c'est que vous devez placer vous-mêmes sur la grille non seulement les mots mais aussi les cases noires. Pour que ce soit faisable, il y a quand même une contrainte, bien sûr, qui donne son nom au problème, à savoir : la grille est carrée et chaque ligne et chaque colonne contient exactement une case noire, et il n'y a jamais deux cases noires sur une même diagonale (dans un sens ou dans l'autre) — autrement dit, deux cases ne sont jamais l'une par rapport à l'autre en position de pouvoir se prendre si c'étaient des dames sur un échiquier.

Voici un exemple, sur une grille 10×10 (il y a donc dix cases noires à placer), donné par des définitions vraiment pas très imaginatives (le but étant de donner un exemple, pas de faire dur), une pour chaque mot d'au moins deux lettres :

Horizontalement : 1. nom de signature. annélide. 2. guerrière. 3. imaginatifs. sortes de piles. 4. brut. prénom de signature. 5. planta. 6. dînes. 7. effets spéciaux. sont admis. 8. le roi (est mort). vapeur. 9. choisi. irrité. 10. helvétique.

Verticalement : 1. blessées. 2. confession. non choisi. 3. volailles. maintenant. 4. dirigée. 5. chargea. branches épineuses. 6. évitait. négatif. 7. rends plus aigu. 8. Viêt Nam. instruments d'optique. 9. blanc du fer. glacier. 10. remodelée.

Et voici la solution (cliquez ici pour la rendre visible) :

On se doute bien que je n'ai pas généré ce genre de friandise oulipienne à la main : j'ai utilisé un ordinateur pour ça, et voici le code.

[#] Je suppose que je ne suis pas le premier à proposer ça, donc c'est peut-être connu sous un autre nom.

(mardi)

Le Club Contexte

Un jour il faudra bien que je vous explique ce que c'est que le Club Contexte, alors aujourd'hui, comme c'est une date importante (le 19 septembre 2006, c'est probablement une date importante, et si ce n'est pas le cas je vous laisse deviner pourquoi), je ne vais pas le faire.

Qu'est-ce que le Club Contexte, donc ? Vous pouvez vous en former une image comme une société secrète dont le but est de semer la confusion partout où elle peut : vous pouvez aussi vous en former une image comme un grand lapin rose ou comme un mot en majuscules, ce ne sera pas moins faux, puisque le Club Contexte n'est pas du tout une société secrète (si c'était le cas, je n'en parlerais pas, n'est-ce pas ?).

En fait, le Club Contexte est tout sauf secret, puisque son œuvre est visible partout, et c'est à peu près autant une société que le chaos le plus indescriptible est un temple grec. Pour prendre un exemple très concret : le pays que tout le monde appelle naïvement l'Angleterre (en oubliant qu'il comprend aussi l'Écosse…) a en fait pour nom le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, dont l'abréviation officielle ISO 3166 est GB ; GB comme United Kingdom et pas comme Great Britain, et dans les codes de noms de pays utilisé dans le DNS (donc « sur Internet », si vous voulez), le code GB s'écrit .uk : il s'agit donc d'un code .uk qui signifie GB comme abréviation de United Kingdom, c'est-à-dire, l'Angleterre, et le Club Contexte est très fier de cette petite opération.

Voilà, vous pouvez croire aux théories du complot, puisque le Club Contexte est partout. Même si l'informatique (et notamment Unix) est son domaine de prédilection, son pedigree est bien plus ancien que ça (avant les ordinateurs, les gens assez fous pour faire de l'informatique s'occupaient probablement de théologie) : il aime, par exemple, beaucoup s'occuper de langues et d'orthographe (pour l'orthographe, cette page ou celle-ci devraient donner une idée assez précise de ce que je veux dire), ou encore de typographie (rien que la césure en anglais, c'est une mine d'or). Il est jusque (et surtout) dans les choses les plus anodines : aviez-vous déjà remarqué, par exemple, qu'il y a à Paris, dans le même coin, une Fondation Cartier et une Fondation Cartier-Bresson, qui s'occupent toutes les deux d'art, et qui n'ont vraiment rien à voir ? ou encore que les stations de métro Corentin Cariou et Corentin Celton sont à des bouts opposés de Paris ? Mais aussi des choses importantes ou graves : le Club Contexte, par exemple, tient à féliciter vivement le rédacteur de l'actuelle Constitution française, qui a cru bon de préciser simultanément que le Président de la République est le chef des armées, que [le Gouvernement] dispose […] de la force armée et que [le Premier Ministre] est responsable de la Défense Nationale.

Peut-être devrais-je expliquer pourquoi ce nom, Club Contexte (même si on admet l'appellation alternative de Club Confusion), mais ce ne serait pas vraiment du jeu ; de toute façon, elle est bien connue et comprise, pensez aux gens qui vous disent des choses comme c'est clair dans le contexte pour dire ce n'est pas clair du tout ou bien (surtout des hommes politiques) dans le contexte actuel pour tenter de vous embrouiller autant que possible.

Je m'étais dit que ce serait intéressant d'ouvrir un blog du Club Contexte (qui ne serait pas, bien sûr, sur club-contexte.org, ce serait bien trop évident, plutôt sur quelque chose comme cfc8b23ab1a14c03e132758b824c42060d17bdc6.info ou encore shores-of-tripoli.com parce que ça n'a aucun rapport), un blog à auteurs multiples (prenant des surnoms qui, évidemment, changeraient tous les jours), dont le but serait de souligner (mais surtout pas dissiper 😉) ces différentes sources de confusion, petites et grandes, partout où on les rencontre.

En attendant, si vous avez compris quoi que ce soit à cette entrée, c'est que je n'ai pas tout à fait réussi mon coup.

(lundi)

Grosse fatigue

À quoi est-ce dû, je l'ignore, mais j'ai été particulièrement fatigué ces derniers jours : pas vraiment comme si j'avais insuffisamment dormi mais plutôt comme si je manquais d'énergie pour faire quoi que ce soit. (Ce matin, par exemple, je suis allé faire les courses et j'ai eu l'impression que c'était un effort surhumain : et quand, en rentrant, je me suis aperçu que je n'avais plus de lait et que je ne pourrais pas aller en chercher chez mon « Arabe du coin » puisqu'il est fermé le lundi, c'était complètement au-dessus de mes forces d'y retourner.) Je regarde la liste des choses que je dois faire s'allonger (ou ma boîte à mails se remplir) et ça me décourage. Pfff…

Bon, un point positif (ça n'a pas vraiment de rapport, mais dans mon esprit, si, ça en a un) : maintenant que j'ai un portable avec le Wifi qui marche, je peux bloguer en plein air. Ça fait une grosse différence, mine de rien.

(samedi)

Fragment littéraire gratuit #96 (une galerie de portraits)

Les figures sur le mur de droite étaient facilement identifiables car, même s'il s'agissait de reproductions de vrais tableaux ou photographies, le choix des personnes représentées, par ordre chronologique, était digne de l'image d'Épinal : d'abord, en portrait, Marco Polo, Christophe Colomb et Ferdinand Magellan, puis le capitaine Cook ; plus loin une vision assez fantaisiste de la fameuse rencontre entre Stanley et Livingstone ; ensuite, encore en portrait, Robert Peary en uniforme, puis la figure sévère de Roald Amundsen ; Charles Lindbergh posant devant le Spirit of St. Louis ; Edmund Hillary et Tenzing Norgay marchant fièrement sur le toit du monde ; Yuri Gagarine dans son scaphandre dont le casque soulignait la jeunesse de ses traits ; enfin, l'image officielle de l'équipage d'Apollo 11.

Les personnages dépeints sur l'autre mur, légèrement plus nombreux, étaient moins reconnaissables, à l'exception d'un buste de Voltaire (le seul à être représenté de cette façon), souriant malicieusement, d'un portrait de Jefferson, et d'une photographie de Bertrand Russell, inimitable avec sa pipe et son air de vieux sage. Au prix de considérables efforts de mémoire, je finis par retrouver aussi, et non sans une certaine satisfaction, les noms de Frederick Douglass, Ernest Renan et René Cassin. Mais les dix autres (quatre femmes et six hommes) devaient m'être inconnus, au moins de visage. Également mystérieux à mes yeux était le dessein qui avait présidé à ce choix : ainsi, ni Gandhi ni Martin Luther King n'avaient-ils été admis sur ce mur, et c'était probablement pour une raison. Or ceux qui avaient arrangé cette étrange exposition n'avaient pas pris le soin de l'expliquer, pas plus qu'ils n'avaient indiqué quel était le rapport entre les deux séries, celle des grands explorateurs et celle qui m'intriguait plus.

Il va de soi que j'ai envie de demander à mes lecteurs de compléter la deuxième série (en les laissant réfléchir si c'est ma paresse d'écrivain qui m'a fait l'arrêter avant la fin).

(lundi)

Journée fatigante

Pfff… D'abord, deux heures et demie de cours, quand on se dit qu'on va en faire autant chaque jour de la semaine, c'est épuisant. Mais c'est surtout que j'ai dû transporter, entre chez moi et Chevaleret (OK, c'est pas très loin) puis Ulm (ça c'est plus long) un vidéoprojecteur qui pesait une tonne (heureusement, on m'a appris que je devrais pouvoir en trouver sur place, donc je n'aurai pas à refaire la même chose demain).

Arrivé à l'École, j'ai trouvé moyen de me retrouver coincé dans l'ascenseur (que je ne prends pas souvent mais là, justement, j'étais fatigué). On m'a secouru rapidement, mais j'ai quand même eu le temps d'avoir vraiment chaud, la ventilation ne marchant plus. Une autre chose qui ne marchait pas, c'est le système d'appel de l'assistance extérieure (il ne faisait qu'actionner une sirène) : heureusement que j'avais un téléphone mobile et un copain à appeler, sinon j'aurais pu y rester assez longtemps ! Je ne comprends pas comment les règlements de sécurité, qui prévoient pourtant tant de choses idiotes, permettent de faire des ascenseurs dont on ne peut pas ouvrir la porte, par un mécanisme d'urgence, de l'intérieur : comment une telle stupidité est-elle possible ? (Encore mieux serait, bien sûr, d'avoir en plus un système de poulies démultipliées permettant de descendre gentiment la cabine à la main depuis l'intérieur. Mais au moins un truc pour forcer manuellement l'ouverture de la porte, de façon à pouvoir s'échapper quitte à faire un peu d'escalade.)

Sinon, mon petit patch pour Linux ne rencontre guère de succès : Alan Cox a dit que ça ne servait à rien, Theodore Ts'o, qu'il fallait absolument être conforme au draft POSIX sur les capabilités, le secrétaire de la rédaction du draft en question, que je n'avais rien compris à ce draft, et un membre de la NSA, responsable de SElinux, que mon truc cassait SElinux. Bouh. ☹

(samedi)

Fragment littéraire gratuit #95 (Biactol Boy)

Je me demande un moment dans quelle case je vais le classer… Mais oui, c'est évident : c'est un Biactol Boy : il a vaincu son acné dont il ne reste maintenant que quelques traces qui disparaîtront sans mal mais qu'il exhibe pour l'instant presque comme des cicatrices de guerre ; il sent à vingt mètres les phéromones qui disent jeune mâle bourré de testostérone : il est beau, ou plutôt, il le deviendra, il le sait, mais il ne sait pas encore comment ; le regard fier et en même temps blasé qu'il cherche à se donner ne cache pas la timidité enfantine qui continue de le marquer. Il rayonne d'amour pour son survêtement Umbro et pour sa copine dont il serre la main avec la maladresse de la relation toute neuve. Un spécimen parfait. Mais comment l'aborder ?

(samedi)

C'est la rentrée

Chaque année je le constate avec presque l'émerveillement avec lequel on voit les fleurs s'ouvrir au petit matin[#] : début septembre… c'est la rentrée. Sans doute ce ne serait pas avec émerveillement si je n'avais pas la chance d'enseigner à un endroit où j'ai vraiment plaisir à aller travailler (et où j'entame à présent, a priori, ma dernière année), et je plains mes collègues du secondaire qui ont retrouvé cette semaine des hordes de gamins odieux. 😐 Malgré la satisfaction de voir terminée cette période de coma estival, je me prends à trouver que je n'en ai pas suffisamment profité pour me reposer, et je m'inquiète de la quantité de choses à faire qui vont rapidement me tomber dessus, avec l'inévitabilité des impôts locaux[#2]. Je me suis bêtement engagé, par exemple, à refaire cette année le cours accéléré de M2 que j'avais donné l'an dernier, et qui m'avait donné un mal fou à préparer (a priori je reprends les mêmes transparents cette année — si ce n'est que je les projèterai depuis mon portable avec un vidéoprojecteur — mais il va quand même falloir que je les remanie, surtout vers la fin).

[#] Euh, oui, c'est complètement pourri et vraiment éculé, comme métaphore, je suis d'accord.

[#2] Wow, encore une métaphore totalement merdique.

(mercredi)

Yapu Ernests

Les gentils petits poissons qui sont le symbole de mon École ne sont plus parmi nous : le bassin aux Ernests a été vidé (et va rester vide pendant quelques mois) pour des travaux. Les poissons eux-mêmes sont restés pendant quelque temps dans un malheureux seau d'eau, où ils ont vaguement agonisé (l'un d'entre eux m'a paru tout à fait mort au fond du seau et l'autre faisait des mouvements désespérés pour respirer à la surface, le pauvre devait être complètement asphyxié), puis ils ont été relâchés dans la Seine. Toute l'École est endeuillée par cette perte de son identité (si on nous avait prévenu un peu à l'avance, quelqu'un aurait certainement déniché un aquarium où les garder).

(Tuesday)

A bit of hacking with the Linux kernel

I had wanted to write this patch for some time now… I'm glad to have gotten it done.

(lundi)

Soyez un coprocesseur indien !

J'avais déjà parlé du concept de coprocesseur indien. Mais je n'imaginais pas à quel point certains pouvaient faire preuve d'astuce pour en développer. Par exemple, on me dit que certains ont inventé le coprocesseur pornographique : le principe est très simple, et délicieusement génial : imaginez que vous êtes un spammeur, vous voulez créer des millions de comptes Yahoo! pour envoyer votre mail, donc il vous faudra faire passer des millions d'images de texte déformé à un coprocesseur indien — mais pas besoin pour ça d'investir du côté de Chennai, il vous suffit de monter un petit site porno de mauvaise qualité et indiquer aux visiteurs que c'est gratuit mais que pour accéder aux images porno, il leur faudra… taper les lettres identifiées sur l'image, laquelle est justement celle que demande Yahoo! lorsque vous lancez une création de compte à ce moment-là. Eh bien le très respectable (ou pas) Génial Oracle Omniscient Gardien du Livre de l'Entendement vient de lancer un petit jeu qui vous propose, justement, sous forme ludique, d'être leur coprocesseur indien : on vous montre des images et vous devez proposer une étiquette à coller dessus (par exemple, on vous montre un oiseau et il faut répondre oiseau, enfin, plutôt, bird, puisque c'est en anglais), sachant que quelque part ailleurs sur le Web il y a quelqu'un d'autre qui joue au même jeu avec les mêmes images que vous, et votre but est d'arriver à la même étiquette. Extrêmement simple… mais extrêmement prenant, aussi, et totalement génial comme concept. Je suis complètement admiratif.

(samedi)

Money money money

J'ai l'habitude de gérer mon argent de façon très simple, mais pas très sérieuse : une fois de temps en temps je jette un coup d'œil au solde de mon compte courant (via l'interface Web proposée par ma banque), je vérifie qu'il me semble raisonnable, s'il est trop élevé je vire de l'argent vers mon compte dépôt, s'il est trop bas je fais des efforts pour limiter mes dépenses sur une période mal définie. Ça ne marche somme toute pas trop mal — sauf quand je dois faire de grosses dépenses que je n'avais pas vues venir — mais, surtout, ça ne me permet pas d'avoir la moindre idée d'où va mon argent.

Du coup, je prends une bonne résolution de rentrée : je vais tâcher de tenir désormais une comptabilité un minimum sérieuse, en utilisant le logiciel GnuCash. Lequel a le bon goût de savoir importer les formats dans lesquels ma banque me permet de télécharger les écritures sur mon compte, du coup ça me simplifie beaucoup la tâche ; il faut se familiariser avec la comptabilité en partie double, mais ce n'est pas bien difficile une fois qu'on a compris que le principe était de toujours déplacer de l'argent d'un compte à un autre (et heureusement, le manuel est bien fait). Et le programme lui-même a l'air bien pratique (jusque dans des détails comme me permettre d'utiliser le format YYYY-MM-DD que j'affectionne pour les dates, et ce, bien que je lui demande de me parler en anglais et d'utiliser l'euro comme unité de monnaie), notamment avec une organisation hiérarchique des comptes qui permet de gérer la comptabilité avec le niveau de détail qu'on souhaite. [Note : je ne prétends pas faire ces remarques comme comparaison de GnuCash avec un logiciel X ou Y : je n'en ai jamais utilisé d'autre, et je n'y compte pas, donc je ne cherche pas à savoir ce que les autres ont.] Le problème, c'est même que, là, je serais presque tenté de dépenser de l'argent juste pour le rentrer dans la comptabilité. 😝

(vendredi)

Fragment littéraire gratuit #94 (à mon tour)

C'est ici que tout avait commencé, sous le regard moqueur et bienveillant d'Auguste Comte : il est juste et bon que je me retrouve au même endroit, devant cette statue, maintenant que ta mort a scellé mon propre destin. Tu m'as manipulé, Libérateur, je ne le comprends qu'à présent, quand il est trop tard. Pris dans le dédale des façades que tu as dressées pour moi, façonné comme tu l'as voulu, j'ai été ton objet, je ne peux désormais que porter jusqu'au bout le rôle que tu m'as assigné. Ma gloire et ma honte.

À mon tour d'être le Libérateur.

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