David Madore's WebLog: 2021-12

Vous êtes sur le blog de David Madore, qui, comme le reste de ce site web, parle de tout et de n'importe quoi (surtout de n'importe quoi, en fait), des maths à la moto et ma vie quotidienne, en passant par les langues, la politique, la philo de comptoir, la géographie, et beaucoup de râleries sur le fait que les ordinateurs ne marchent pas, ainsi que d'occasionnels rappels du fait que je préfère les garçons, et des petites fictions volontairement fragmentaires que je publie sous le nom collectif de fragments littéraires gratuits. • Ce blog eut été bilingue à ses débuts (certaines entrées étaient en anglais, d'autres en français, et quelques unes traduites dans les deux langues) ; il est maintenant presque exclusivement en français, mais je ne m'interdis pas d'écrire en anglais à l'occasion. • Pour naviguer, sachez que les entrées sont listées par ordre chronologique inverse (i.e., la plus récente est en haut). Cette page-ci rassemble les entrées publiées en décembre 2021 : il y a aussi un tableau par mois à la fin de cette page, et un index de toutes les entrées. Certaines de mes entrées sont rangées dans une ou plusieurs « catégories » (indiqués à la fin de l'entrée elle-même), mais ce système de rangement n'est pas très cohérent. Le permalien de chaque entrée est dans la date, et il est aussi rappelé avant et après le texte de l'entrée elle-même.

You are on David Madore's blog which, like the rest of this web site, is about everything and anything (mostly anything, really), from math to motorcycling and my daily life, but also languages, politics, amateur(ish) philosophy, geography, lots of ranting about the fact that computers don't work, occasional reminders of the fact that I prefer men, and some voluntarily fragmentary fictions that I publish under the collective name of gratuitous literary fragments. • This blog used to be bilingual at its beginning (some entries were in English, others in French, and a few translated in both languages); it is now almost exclusively in French, but I'm not ruling out writing English blog entries in the future. • To navigate, note that the entries are listed in reverse chronological order (i.e., the most recent is on top). This page lists the entries published in December 2021: there is also a table of months at the end of this page, and an index of all entries. Some entries are classified into one or more “categories” (indicated at the end of the entry itself), but this organization isn't very coherent. The permalink of each entry is in its date, and it is also reproduced before and after the text of the entry itself.

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Entries published in December 2021 / Entrées publiées en décembre 2021:

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(samedi)

Winter has come

[Image du personnage du “Night King” dans ‘Game of Thrones’]Je crois que je n'ai jamais aimé l'hiver. Il fait tout le temps froid ou moche, parfois les deux à la fois. (Toutes proportions gardées, parce qu'à Paris il fait rarement vraiment froid ; mais justement :) Je suis frileux, je ne me trouve jamais assez couvert dehors et dedans les seules fois où je trouve qu'il fait assez chaud c'est quand il fait trop chaud. Et surtout, le soleil se couche à 17h et ne monte jamais haut, et je trouve ça déprimant. (Bon, il est vrai qu'en été, comme je supporte aussi très mal d'avoir trop chaud, pendant les périodes de canicule je me dis parfois l'hiver a quand même ses bons côtés, mais la différence est que je passe tout l'hiver à souhaiter l'été alors que je ne passe que quelques jours en été à souhaiter l'hiver.) Et aussi, les rares fois où la neige tombe en ville, je déteste ça alors qu'il paraît qu'on est censé s'en émerveiller.

Mais ces dernières années, ma détestation de l'hiver a atteint de nouveaux sommets. Jusqu'en 2018, mon poussinet et moi restions de toute façon à Paris, où le cycle des saisons n'avait pas tant d'impact que ça sur nos activités. Mais quand nous nous sommes mis à vadrouiller l'Île-de-France, l'hiver est devenu la saison où il est beaucoup plus difficile ou moins agréable de se balader en forêt (il fait froid, le sol est plus boueux, les arbres n'ont pas de feuilles, et on a beaucoup moins de temps avant le coucher du soleil). Puis je me suis mis à aimer faire de la moto, et cela présente le même genre de problèmes en hiver (rouler quand il fait froid, même avec des gants chauffants, n'est guère agréable, et rouler quand il fait nuit est dangereux, or la nuit en hiver en Île-de-France tombe bien avant la fin des embouteillages).

Cet hiver-ci, nous avons deux désagréments supplémentaires : un ravalement de façade dont j'ai déjà parlé (qui n'a pas en soi de rapport avec l'hiver, mais qui tombe en hiver, et rend l'appartement moins lumineux), et le fait que ce ravalement de façade nous a forcés à temporairement retirer la pompe à chaleur qui chauffait notre appartement pour revenir au chauffage électrique simple (par effet Joule), et du coup j'ai froid chez moi.

Mais surtout, maintenant, il y a le covid. Je ne me hasarderai pas à faire de prédictions combien cette maladie sera saisonnière dans les années qui viennent, d'analyse de la mesure dans laquelle ses motifs saisonniers jusqu'à présent étaient dus à la météo, aux phénomènes biologiques ou comportements sociaux qui en résultent, ou à une simple synchronisation aléatoire de motifs périodiques avec d'autres. Toujours est-il que jusqu'à présent, en Europe de l'Ouest, les périodes de (disons) mi-octobre à mi-mai, que je qualifie pour simplifier d'hiver, ont été bien plus problématiques que les périodes de mi-mai à mi-octobre, que je qualifie pour simplifier d'été.

Or le cerveau aime reconnaître des motifs et est très fort pour en fabriquer des peurs ou aversions. (J'ai été frappé par le phénomène suivant : récemment la porte du garage de ma copropriété s'est refermée sur ma tête alors que je sortais à moto — je n'ai rien eu de grave, j'ai surtout été très surpris et extrêmement furieux — mais maintenant, dès que je passe cette porte, que ce soit à pied, à moto ou même en voiture, j'ai un petit déclic dans ma tête qui me dit attention la tête !.) Et que ce soit justifié ou non, mon cerveau (je veux dire, des mécanismes pas franchement conscients chez moi) est en train d'apprendre que l'hiver est la saison où non seulement il fait froid et moche et sombre et on ne peut pas correctement se balader, mais en plus il y a toutes sortes d'emmerdes liées à la covid.

J'ai raconté combien en 2020 la période « estivale » (de mi-mai à mi-octobre) avait été une fenêtre lumineuse dans ma vie ; et la même période un an plus tard nous a fait baigner dans l'espoir que nos vies allaient enfin cesser définitivement de tourner autour du covid. Au contraire, en janvier-février 2020, j'attendais l'arrivée en Europe du nouveau coronavirus comme j'aurais attendu l'arrivée d'un train sur les voies duquel j'étais ligoté ; et à l'hiver 2020–2021 j'ai émotionnellement retenu mon souffle jusqu'au retour de l'été ; maintenant j'en ai tout simplement marre, je ne suis même plus vraiment intéressé par quelle lettre de l'alphabet grec étiquette le dernier variant ni s'il est 42 ou 1729 fois plus contagieux que la lettre précédente, je veux juste que l'hiver soit fini puisque c'est apparemment désormais la seule période où on peut vraiment profiter de la vie.

J'ai de plus en plus envie de me gaver de bûche au chocolat pour faire des réserves, et me mettre dans mon lit avec une petite pancarte à la porte disant réveillez-moi en mai 2022.

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(lundi)

Réflexions sur le pass sanitaire et l'obligation vaccinale

J'ai longtemps résisté à écrire sur ce blog un pavé sur le pass sanitaire et l'obligation vaccinale, mais je vois une fois de plus que la question n'est pas du tout partie pour disparaître toute seule, donc il va falloir que je perde ma journée à accomplir mon devoir. Soupir. Voici donc une tentative pour expliquer pourquoi je suis hostile au pass sanitaire alors que je suis convaincu que les vaccins sont la clé du retour à une vie normale.

Méta : J'ai écrit le texte qui suit sans vraiment faire de plan, en développant les idées que j'avais préalablement énumérées dans l'ordre dans lequel elles me semblaient s'enchaîner. Comme c'est long, j'ai ajouté après coup des petits intitulés (alignés à droite pour ne pas trop couper le fil d'un texte écrit d'un seul tenant), une façon de structurer que j'avais déjà utilisée.

☞ Le sophisme du binarisme

S'il y a une forme de stupidité que la pandémie a sinon favorisé du moins révélé, c'est celle qui consiste (sans doute parce qu'on a soi-même sur un sujet donné des idées simplistes) à diviser l'opinion mentalement en deux « camps » adverses, selon une logique binaire. Ici, typiquement, d'un côté on aurait (selon cette logique binaire simpliste) d'un côté le camp des gens qui prendraient la pandémie trop au sérieux et qui seraient donc favorables aux confinements, au vaccin obligatoire, au port du masque partout, etc., et de l'autre ceux qui ne prendraient pas la pandémie au sérieux et qui seraient donc des complotistes qui avalent successivement un médicament antipaludéen puis un vermifuge pour chevaux en suivant les conseils d'un gourou tout en s'imaginant qu'il faut laisser faire la nature — ou quelque chose comme ça. Devant l'ineptie de cette classification, certains se disent centristes, mais la seule attitude raisonnable est, je pense, de dénoncer franchement et ouvertement l'absurdité de la classification binaire « alarmistes »/« rassuristes » ou bien « pro-pass »/« anti-vacc » ou autres avatars.

Une des conséquences de ce binarisme qui a frit le cerveau de beaucoup de gens, c'est de confondre des questions qui n'ont rien à voir, notamment : les vaccins contre la covid sont-ils sûrs et efficaces ? (spoiler : oui, tout à fait), faut-il essayer de vacciner tout le monde ?, faut-il rendre la vaccination obligatoire ?, faut-il instituer un contrôle de vaccination ?, faut-il une forme de pass sanitaire ? — et encore d'autres, qui sont toutes bien distinctes, mais un symptôme du binarisme est de les confondre toutes parce que si les deux camps possibles qu'on arrive à imaginer mentalement sont de répondre oui sur toute la ligne et non sur toute la ligne, forcément, on ne comprend plus vraiment la différence entre les questions qui n'ont pourtant rien à voir.

☛ Différence entre souhaiter X et souhaiter que X soit obligatoire

Il est vrai que, indépendamment de la covid, c'est un tropisme largement répandu que de confondre il est souhaitable que X et il est souhaitable que X soit obligatoire, à tel point que beaucoup de gens ne comprennent même pas la différence. (J'avais déjà évoqué ça il y a — argh — 15 ans ici, et sans doute de nombreuses fois depuis.) Ce tropisme est particulièrement répandu auprès des personnes ayant une mentalité autoritaire, laquelle mentalité va les amener, même s'ils ne confondent pas complètement, à penser que rendre X obligatoire va forcément avoir un effet positif sur X, ou, symétriquement, qu'interdire Y va forcément avoir un effet combattant Y. Ces gens pensent, par exemple, que pour combattre la consommation de drogues (qu'ils assimilent d'ailleurs souvent abusivement à combattre la dépendance causée par les drogues, mais ne rentrons pas dans trop de subtilités à la fois) il faut interdire les drogues.

J'aime bien contrer cette catégorie générale d'erreur de logique en demandant si ce serait une bonne idée d'avoir une loi interdisant la stupidité et si cela pourrait effectivement contribuer à réduire la stupidité dans le pays.

Car voilà, le fait d'autoriser ou d'interdire produit toutes sortes d'effets collatéraux ou d'incitations perverses, et avant de prendre une décision de ce type (interdire les drogues, rendre obligatoire la vaccination, interdire aux gens de se voir les uns les autres pendant une pandémie, etc.) il faut se poser sérieusement la question de savoir ce que sera l'effet combiné de cette décision. Je pense qu'il y aura un assez large consensus sur le fait que rendre le meurtre illégal est plutôt une bonne idée, et que rendre la stupidité illégale est plutôt une mauvaise idée, alors que pour les drogues, il faut vraiment y regarder de plus près.

☞ Je n'ai pas de doute sur les vaccins

J'espère qu'il n'y a de doute pour personne que je suis pleinement persuadé que les vaccins disponibles contre le covid sont extrêmement sûrs et très efficaces. (Je dois cependant faire mon mea culpa à ce sujet : si je n'ai jamais eu de doute quant à leur sécurité, j'étais persuadé, avant que les études soient conclues, que leur efficacité serait beaucoup plus médiocre que ce qu'elle s'est avérée être, notamment parce que les tests d'efficacité ont été conçus pour cibler ce qui était le plus facile, et je pensais qu'ils arriveraient de toute façon trop tard pour jouer un rôle très important dans la gestion pandémique. Par ailleurs, le fait d'être convaincu de cette sécurité et efficacité n'interdit pas d'avoir un avis sur la manière dont on doit répartir les doses quand elles ne sont pas en nombre illimité, par exemple entre classes d'âges ou entre pays, ni d'avoir un doute sur l'opportunité de vacciner, disons, les enfants. Il faut quand même garder à l'esprit que la covid est, dès le début, une maladie très peu grave à l'échelle des maladies possibles — le taux de létalité de l'infection covid chez les personnes non vaccinées, même âgées, reste très inférieur au taux de létalité de l'infection par la variole chez les personnes vaccinées, par exemple : je mentionne ça pour dire que, forcément, moins la maladie est grave, plus il est difficile d'atteindre un stade où le vaccin présente un bénéfice suffisant, et chez les enfants le covid est tellement bénin qu'on a vraiment un doute.)

A minima, je suis suffisamment convaincu de cette sécurité et efficacité des vaccins pour avoir moi-même fait ma vaccination et mon rappel. Et je l'aurais fait même s'il n'y avait eu aucune incitation particulière (d'ailleurs, j'ai aussi fait récemment mon vaccin contre la grippe, et j'ai une ordonnance pour un rappel de vaccin contre la rougeole, ces choses n'étant pas franchement incitées). Et je l'aurais fait même si j'avais su que, pour la troisième dose, j'allais passer une nuit vraiment mauvaise (à me sentir complètement crevé, fébrile et, pour tout dire, malade). Il n'y a absolument aucun doute à mes yeux qu'à mon âge le bénéfice est en faveur de la vaccination.

(Pour autant, je suis un peu réticent à le crier sur les toits. Disons que je n'ai pas d'hésitation à le dire — dont acte — mais je suis nettement plus réservé sur les gens qui vont, par exemple, se sont crus obligés d'ajouter un puis deux puis trois emojis de seringue à leur nom sur Twitter pour montrer leur statut vaccinal, comme d'ailleurs les personnes qui ont trouvé indispensable de mettre une photo d'elles portant un masque (ce qui est d'ailleurs un chouïa pénible quand est peu physionomiste). Inciter les gens par sa propre vertu est certainement bien plus louable que chercher à les forcer, mais là aussi il peut y avoir des effets indésirables si on le fait de façon trop grossière : quand on crie sur les toits qu'on est vertueux, il n'est pas sûr qu'on encourage tellement les gens à la vertu plutôt que les braquer en leur rappelant qu'on pense que eux ne le sont pas ; et au contraire, on contribue à répandre la pensée binaire que j'ai dénoncée ci-dessus.)

☞ Autoritarisme et tropisme de l'action

Bref, je suis moi-même vacciné, et j'aimerais bien qu'autant de gens que possible le soient (à la fois pour eux et, très marginalement, pour moi-même et mes proches). Pour autant, je pense que c'est un mauvais calcul — dans le cas de la covid — de rendre le vaccin obligatoire, et un encore plus mauvais calcul d'introduire une obligation vaccinale déguisée sous forme de pass sanitaire qui a d'ailleurs assez vite tombé le masque.

Ce mauvais calcul ne me surprend pas d'un gouvernement globalement autoritaire. (Autoritaire ne signifie pas ici qu'ils font taper les manifestants par les policiers au moindre prétexte — même s'ils font taper les manifestants par les policiers au moindre prétexte — mais plutôt que dans leur tête les Français sont une bande de gamins indisciplinés qu'il faut traiter comme tels. Et cela va avec une conception très verticale du pouvoir où le chef de la start-up-nation décide et les gens sous lui exécutent jusqu'à ce que ces décisions ruissellent jusqu'à la masse des gamins indisciplinés. L'autoritarisme est, presque par définition, largement répandu chez les gens qui veulent arriver au pouvoir, mais la détestable organisation politique de la France qui élit un monarque tous les cinq ans ne peut que favoriser encore plus cette approche particulière.)

Bref, ce calcul ne me surprend pas d'un gouvernement autoritaire, qui a déjà, lors des phases précédentes de la pandémie, adopté des méthodes copiées de la Chine et aussi délirantes qu'interdire à toute la population pendant des mois de sortir (à plus de 1km) de chez elle. Outre l'autoritarisme, d'ailleurs, il y a un autre tropisme qui pourrit largement le cerveau des gouvernants, c'est le tropisme de l'action, le fantasme de toujours vouloir « faire quelque chose » devant une difficulté. C'est ce tropisme qui dans d'autres domaines conduit à « un fait divers, une loi » et qui mène ici le gouvernement de beaucoup de pays à s'agiter à chaque soubresaut des indicateurs épidémiques, multipliant les annonces et les conseils de défense pour donner l'impression au public et sans doute à eux-mêmes qu'ils ont la main sur la situation. (J'accuse ici le gouvernement, mais soyons clairs : ce tropisme crée sa propre attente : dans un pays où tout ce qui ressemble à un problème est toujours suivi d'une réaction, on finit par s'attendre à cette réaction, à demander aux politiques au pouvoir qu'allez-vous faire ? sur un ton tel que la réponse rien n'est plus acceptable même quand — et c'est souvent le cas — elle est la meilleure possible.)

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(vendredi)

Comment (ne pas) adapter Fondation à l'écran

Le poussinet et moi venons de finir de voir la saison 1 (la seule au moment où j'écris) de la récente série télé (Apple TV) qui se prétend adaptée du cycle de livres Fondation d'Isaac Asimov. Comme j'en suis à écrire des critiques, je voudrais en parler un petit peu (en développant ce que j'ai écrit dans ce fil Twitter) ; mais pour que ce qui suit ne soit pas ennuyeux pour les personnes qui n'auraient ni lu les livres ni vu la série, je vais raconter ce qui est nécessaire (en essayant quand même de divulgâcher le moins possible), et parler plus généralement des adaptations au cinéma ou à la télé (enfin, à l'écran : la distinction n'a plus vraiment de sens de nos jours, n'est-ce pas).

De quoi parlent les livres

Je commence par un résumé de ce dont il est question dans les livres (dont je parle différemment ici), en essayant de divulgâcher le moins possible, mais en racontant ce dont j'ai besoin pour pouvoir discuter des difficultés et des enjeux à adapter cette œuvre à l'écran :

Fondation est un cycle de science-fiction de sept livres écrit par Isaac Asimov entre les années 1940 (d'abord sous forme de nouvelles) et sa mort (le dernier volume a été publié de façon posthume en 1993). Pour donnée d'emblée les titres, il s'agit, dans l'ordre de publication, de :

  • La trilogie originelle ou trilogie centrale (trois volumes assez petits, publiés entre 1951 et 1953, et qui peuvent être considérés comme des recueils de nouvelles) :
    • 1. Foundation (divisé en cinq chapitres qui sont comme autant de nouvelles, présentées dans l'ordre chronologique)
    • 2. Foundation and Empire (divisé en deux parties qui sont comme deux longues nouvelles ou comme on dit en anglais novellas)
    • 3. Second Foundation (lui aussi divisé en deux parties ou novellas)
  • Les deux suites (deux volumes publiés en 1982 et 1986, et qui sont, cette fois, plutôt des romans que des recueils de nouvelles, et d'ailleurs ils se suivent immédiatement) :
    • 4. Foundation's Edge
    • 5. Foundation and Earth
  • Les deux préquelles (deux volumes publiés en 1988 et 1993, de nouveau deux romans se suivant immédiatement) :
    • 6. Prelude to Foundation
    • 7. Forward the Foundation

Ce que je viens de lister est l'ordre de publication. L'ordre chronologique interne dans l'histoire s'obtient en mettant les deux préquelles au début, c'est-à-dire 6,7,1,2,3,4,5 (i.e. : Prelude to Foundation, Forward the Foundation, Foundation, Foundation and Empire, Second Foundation, Foundation's Edge et Foundation and Earth) : cette chronologie couvre une période d'environ 500 ans de l'histoire interne.

On pourrait éventuellement rattacher d'autres œuvres d'Asimov au même cycle, notamment les trois romans parfois appelé le Cycle de l'Empire, à savoir The Stars Like Dust, The Currents of Space et Pebble in the Sky, qui se déroulent quelques millénaires avant le cycle de Fondation dans la chronologie interne, mais ils sont largement indépendants et je n'en parlerai pas plus. (En fait, Asimov a vaguement tenté de rattacher tout ce qu'il avait écrit, ou au moins une bonne partie, à une seule chronologie, donc on peut considérer que presque tous ses romans font partie du cycle de Fondation, mais je ne veux pas évoquer tout ça.) ❧ Par ailleurs, un autre cycle de livres, écrits par d'autres gens et avec l'autorisation des ayants-droits d'Asimov (Foundation's Fear de Gregory Benford, Foundation and Chaos de Greg Bear, et Foundation's Triumph de David Brin) ont été écrits pour essayer de développer les événements autour du livre 7 (Forward the Foundation) : je les trouve nuls et même complètement délirants (entre une sorte de résurrection de Voltaire et de Jeanne d'Arc, I kid you not, et une scène où Hari Seldon se transforme en chimpanzé pour essayer de comprendre je ne sais quoi, j'ai vraiment décroché du délire du premier, et les deux autres n'avaient pas l'air mieux), et je n'en parlerai pas non plus. ❧ Enfin, le livre Psychohistorical Crisis de Donald Kingsbury, dont j'ai déjà parlé, publié sans l'accord des ayants-droits, et qui a donc dû changer tous les noms propres (c'est d'ailleurs assez rigolo) tente de donner une suite à la trilogie centrale (livres 1–2–3) en considérant comme non avenue la suite (livres 4–5) et en cherchant à retrouver la direction d'origine.

Que racontent les sept livres du cycle ? Le point de départ (le moment où commence le volume 1, Foundation, et où se déroulent les préquelles 6 & 7) est celui d'un Empire qui règne sur l'ensemble de la galaxie. Cet Empire existe depuis douze millénaires ; sa capitale, Trantor, est une ville à l'échelle d'une planète entière au centre de la galaxie ; mais surtout, il est maintenant en déclin, même si peu en ont conscience. (Asimov a fortement été influencé par la lecture du classique Decline and Fall de Gibbon.) Le personnage central de toute la série est un mathématicien, Hari Seldon, qui a développé une théorie appelée psychohistoire, qu'il faut imaginer comme une version mathématisée d'une combinaison de l'Histoire et de la psychologie appliquée aux masses, et qui permet de prédire l'avenir des civilisations — non pas l'avenir des individus, ce point est important, mais uniquement, des groupes suffisamment importants (de même que la mécanique statistique permet de prédire précisément le comportement des gaz alors qu'elle ne permet de rien dire sur le comportement d'une molécule de gaz). Cette psychohistoire prédit que l'Empire galactique va s'effondrer en quelques siècles et que cet effondrement sera suivi d'une période de trente millénaires de chaos et de barbarie. Seldon voit qu'il est impossible d'éviter cet effondrement, mais qu'il est possible de racourcir la période d'interrègne, de la ramener de trente mille ans à seulement mille ans. Le projet en question s'appelle le Plan Seldon : il s'agit essentiellement d'établir un petit groupe de gens, la Fondation éponyme, ostensiblement dédiée à l'écriture d'une encyclopédie (l'Encyclopedia Galactica), sur une planète au bord de la galaxie (Terminus), pour servir de germe au second Empire galactique à venir : Seldon a soigneusement prédit la destinée de la Fondation et de la galaxie en général, à travers une série de crises, pour arriver jusqu'à la fondation d'un Second Empire galactique mille ans après l'établissement de la Fondation.

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(lundi)

Lent de Jo Walton

Un ami m'a offert le roman Lent de Jo Walton il y a un mois, et j'ai fini de le lire il y a deux semaines. Comme je lis assez peu de fictions[#] et que j'ai plutôt bien aimé, je peux faire l'effort d'en écrire un petit compte-rendu. Je dois cependant dire d'avance que c'est terriblement difficile de le faire sans divulgâcher au moins un petit peu, donc je vais essayer de le faire le moins possible, mais quand même assez pour dire un peu de quoi il est question. (Mais moi-même je l'ai commencé, sur la foi du conseil de l'ami qui me l'a offert en me disant que ça me plairait probablement, sans chercher à savoir quoi que ce soit sur le contenu, sans rien savoir de l'autrice, et sans lire la quatrième de couverture, ce qui veut dire que j'ai pu, par exemple, jouer au petit jeu d'identifier le personnage principal avant qu'il soit explicitement nommé, petit jeu que je vais bien être obligé de casser ici.)

[#] À la fois parce que j'ai trop de non-fiction à lire et aussi parce que le genre de livres qui me plaît (ce billet ou celui-ci peuvent en donner une idée) est assez difficile à trouver et, quand il se trouve, a tendance à prendre la forme de cycles de SF ou de Heroic Fantasy en 42 volumes de 1729 pages pour lesquels je n'ai plus du tout la patience que j'avais quand j'étais ado.

Ce roman est original parce qu'il est double : il est à la fois, ou plutôt successivement, historique et eschatologique. La première partie est, à l'exception du tout début, un récit historiquement fidèle (pour autant que je puisse en juger, et en notant que fidèle ne signifie pas impartial), de la vie de Jérôme Savonarole. Je connaissais déjà des choses sur la vie de Savonarole parce que j'avais lu l'article Wikipédia à son sujet après que son nom était apparu aléatoirement dans ma tête (cf. aussi ici) il y a un certain temps, mais certainement pas autant que ce qui est raconté dans Lent : j'ignorais, par exemple, son amitié avec Pic de la Mirandole. Et le parti assez audacieux, ici, est de présenter Savonarole comme un personnage sinon sympathique du moins digne de rédemption. J'avoue que j'avais mentalement classé dans la catégorie fanatique religieux, donc j'ai été dérouté (et aussi surpris de la part de la personne qui m'a offert le livre et qui est plutôt bouffe-curé), et obligé de donner un peu de profondeur à l'image que je me fais de ce prédicateur, ce qui n'est pas un mal, loin de là.

Mais ce n'est là que la moitié du livre. Il m'est beaucoup plus difficile de parler de l'autre moitié sans divulgâcher de façon importante. Déjà son existence même pourrait être une surprise, qui est cependant forcément révélée en constatant le rapport entre l'avancée dans le roman et l'avancée dans la vie du Savonarole historique[#2]. Et vu combien l'accent est mis, dans la première partie, sur la question du Salut et sur l'eschatologique chrétienne, on se doute bien qu'il va en être question au-delà. Je ne vais pas en dire plus parce que je ne veux pas trahir la surprise qui fait le pont entre les deux parties (je m'attendais bien à quelque chose, mais pas à ça). Du coup je suis obligé de parler de façon très vague et élusive de cette deuxième partie.

[#2] Il y a dans le livre Gödel, Escher, Bach de Hofstadter un dialogue délicieux [je n'ai pas mon exemplaire sous la main, donc si je dis ça de mémoire : peut-être quelqu'un peut-il me retrouver le titre du chapitre] où Achille et la Tortue discutent du divulgâchis que peut représenter dans un roman le fait qu'on sache combien on approche de la fin, et ils suggèrent la possibilité que la fin du roman soit marquée par un signe extrêmement subtil, la suite n'étant que du remplissage écrit de manière suffisamment habile pour sembler crédible, par exemple l'apparition d'un personnage complètement invraisemblable. (Et bien sûr, comme Hofstadter est Hofstadter, cette technique s'applique au dialogue qu'on est justement en train de lire, la personne qui lit étant invitée à deviner où se finit « vraiment » le dialogue.) J'ai beaucoup repensé à ça en lisant Lent.

Disons juste que ce n'est plus du tout historique, mais que ça va très bien avec la première partie. J'ai trouvé quelques passages un petit peu fastidieux (le trope dans lequel s'inscrit cette seconde partie a été exploré de diverses manières par diverses fictions, il n'est pas évident de s'en démarquer de façon originale, et par ailleurs cela implique un peu nécessairement d'exposer des « règles du jeu » qui sont toujours un peu pénibles à établir, et je ne suis pas trop fan de cet aspect), mais la fin m'a donné toute satisfaction, peut-être justement parce qu'elle ne s'embarrasse pas de trop expliquer. (On peut, cependant, trouver du coup qu'on reste un peu sur sa faim à cause d'un déséquilibre entre des explications un peu trop longues jusque là et une fin assez abrupte.)

Et de même qu'on peut considérer le début de la première partie comme une petite énigme où il faut identifier le personnage principal, et dont je regrette d'avoir dû divulgâcher la réponse, il y a une petite énigme dans la seconde partie où il s'agit aussi d'identifier un personnage : je vais laisser cette petite énigme-là, et juste donner comme indication qu'il fait l'objet d'une très célèbre pièce de Shakespeare (et que, comme Savonarole, c'est un personnage dont il peut être intéressant de donner un peu de profondeur à une vision trop volontiers caricaturale).

Le titre du roman, au fait, joue sur l'ambiguïté du mot lent en anglais (qui désigne le carême mais qui est aussi le participe passé du verbe to lend, comme on dit qu'un livre est lent and returned dans une bibliothèque).

Pour finir, je sens que je dois évoquer la nouvelle Tres versiones de Judas de Borges, dont je me garderai de dire quel est le rapport avec le roman dont je parle, mais avec laquelle je n'ai pas pu m'empêcher de faire un rapprochement mental. Je ne prétends pas que ce rapprochement est forcément justifié, ni que l'autrice avait cette nouvelle à l'esprit, mais je pense que ça peut être une bonne idée de lire les deux à proximité, et que le fait d'avoir aimé l'un est sans doute un bon indicateur du fait qu'on peut aimer l'autre.

Ajout () : j'aurais sans doute aussi dû mentionner une certaine parenté de construction avec Umberto Eco, essentiellement dans la manière dont Eco aime placer ses personnages dans un cadre historique réel bien documenté, et s'en servir pour développer ses propres idées, y compris en allant parfois en plein dans le genre fantastique (par exemple, le roman Baudolino d'Eco commence comme un roman historique, puis vire complètement au fantastique avant de revenir à quelque chose de plus historique).

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(jeudi)

Activation du omicron-19

Méta : Le titre de cette entrée est une référence à Galaxy Quest — possiblement le film le plus génial de tous les temps soit dit en passant, voyez-le si ce n'est pas déjà fait. ❧ Par ailleurs, ce qui suit a été rédigé de façon chaotique au fur et à mesure que les infos arrivaient et que mes idées changeaient, donc ce n'est pas très structuré et il est même possible que je me contredise d'un endroit à l'autre : tout est à prendre avec des pincettes encore plus grosses que d'habitude.

Mise à jour () : pour des réflexions un peu plus récentes de ma part sur ce variant ο, voir fil Twitter (25 tweets ; ici sur ThreadReaderApp). Pour un avis de personnes plus informé que moi et pour avoir au moins une note d'espoir (à prendre, à ce stade, avec des pincettes), voir ici une interview de François Balloux dans Intelligencer concernant l'Afrique du Sud, et ici un fil Twitter concernant l'interprétation de premières données du Royaume-Uni.

Alors voilà, il n'aura pas fallu une semaine après avoir écrit le dernier billet, dans lequel je me plaignais que cette pandémie ressemblait à une répétition éternelle des mêmes événements, pour que SARS-CoV-2 nous invente son dernier variant en date, rapidement baptisé omicron (ο) par l'OMS, sautant en cela les lettres ν (sans doute pour éviter que les gens fassent des jeux de mots en anglais sur the nu variant / the new variant) et ξ (apparemment pour éviter le jeu de mot avec le nom du dirigeant chinois) du code de l'effroi. Car oui, il y a bien eu des variants ε, ζ, η, θ, ι, κ, λ et μ même si vous n'en avez pas entendu parler parce qu'ils ont seulement été classés sous surveillance et pas préoccupants.

Et préoccupante, la situation l'est certainement.

Je pense que ce serait une erreur de se dire bah, on en a déjà vu douze, des variants (certes, mais ce n'est que le cinquième à être classé comme préoccupant par l'OMS, et on ne peut vraiment pas dire que δ n'ait pas été très important, il semble qu'il soit responsable de centaines de milliers de morts en Inde). Ni de toute façon, il est normal que, plus on progresse dans la pandémie, donc plus le virus devient endémique, plus on voit de variants se succéder, cela ne préjuge en rien de la gravité de la situation : ce dernier point est correct, les virus mutent, c'est normal, c'est un peu le principe même, et ce fait n'est pas en soi préoccupant (voir par exemple cet article, celui-ci ou encore celui-là concernant d'autres coronavirus humains déjà endémiques), mais on peut être plus ou moins chanceux dans l'apparition des mutations. Ce que je veux dire, c'est que je m'attendrais a priori à ce que les mutations successives tendent à apporter de petites augmentations incrémentales de la vitesse observée de transmission, tendant à un équilibre graduel infection/immunité entre le virus et la population infectés ; je m'attends à ce que les sauts considérables soient excessivement rares, et d'autant plus rares que le temps passe (comme une forme de recuit simulé), et soit cette intuition est fausse, soit nous sommes vraiment f✺cking malchanceux, parce qu'ici pas mal de signes suggèrent que nous sommes (et c'est au moins la troisième fois après α et δ) en présence d'une vitesse de transmission effective nettement accrue.

Et dans ce cas précis, il semble difficile d'échapper à la conclusion que cette transmission accrue est au moins en partie liée à une évasion immunitaire (ce qui est doublement préoccupant) : d'une part, il semble qu'on ait un certain nombre de raisons génétiques directes de le craindre (cf. les liens deux paragraphes plus bas), mais d'autre part, il semble difficile à ce stade, dans une population largement immunisée par le passage du variant δ d'expliquer une transmission élevée sans postuler au moins une partie d'évasion immunitaire — i.e., ce n'est pas tant que la nouvelle forme est plus contagieuse, c'est que l'ancienne l'est moins parce qu'on est déjà en partie immunisés contre elle, et que cette immunité ne vaut pas aussi bien contre la nouvelle. (Déjà les calculs que certains ont fait du R₀ du variant δ du genre il est 80% plus contagieux que le variant α qui est lui-même 80% plus contagieux que la forme ancestrale qui avait un R₀ de 2.5, donc R₀ de 8 sont de la connerie, mais là si on pense que le variant ο est quelque chose comme 2.5 fois plus contagieux que δ on arrive à un R₀ de 20, et il faut s'arrêter un moment pour se dire que c'est juste totalement absurde de penser que dans une population naïve chaque personne en contaminerait en moyenne 20 autres ! Ces calculs sont de la pure bouillie intellectuelle ; mais du coup, il est difficile de ne pas invoquer au moins une part d'évasion immunitaire pour expliquer la conclusion.)

Encore une fois, on s'attend à ce que ce genre de choses se produise, cela fait partie du processus normal d'endémisation, d'ailleurs je l'évoquais la semaine dernière : même vaccinés, nous allons tous attraper la covid un jour ou un autre, et même de façon répétée au cours de notre vie, par oubli immunitaire et/ou mutation du virus ; mais je m'attendais à quelque chose de nettement plus… graduel.

Pour ceux qui veulent des précisions scientifiques, parce qu'ils ne faut pas compter sur les journalistes pour en donner, ce fil Twitter du virologue Trevor Bredford est fort intéressant quant à la datation du clade (21K / B.1.1.529) dont on parle. (Voir aussi cette suite sur la transmissibilité.) J'attire notamment l'attention sur la double observation que les séquences phylogénétiquement les plus proches répertoriées datent de mi-2020 (donc antérieurement à l'apparition des variants α et δ) et que pourtant le rapprochement des branches suggère le clade semble être apparu autour du , ce qui suggère une évolution chez un individu (ou alors il faudrait imaginer un groupe d'individus qui non seulement ne serait pas séquencé mais même n'aurait eu aucun contact avec le monde extérieur entre mi-2020 et octobre 2021, ce qui semble hautement invraisemblable). Le détail des mutations observées et leur signification conjecturée est listé ici. (Ce message signale aussi, ce qui est intéressant, l'insertion d'une séquence probablement d'origine humaine au niveau N-terminal.)

Bref, j'espère ne pas tellement avoir été du genre à crier au loup pendant cette pandémie (et je ne crois en tout cas pas avoir été de ceux qui font commerce de leurs angoisses), mais je suis inquiet. (J'écris d'ailleurs ce billet pour me forcer à rationaliser un peu cette inquiétude en la mettant en mots, parce que j'étais retombé sur un cycle d'angoisse assez semblable à celui du début de cette pandémie où je vais à peu près bien dans la journée, j'ai une grosse montée d'angoisse au moment du dîner, ça retombe un peu au moment de me coucher, et je me réveille pendant la nuit en ruminant, ce qui s'ajoute à des difficultés à dormir que j'avais déjà.)

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