David Madore's WebLog: 2006-10

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in October 2006 / Entrées publiées en octobre 2006:

(dimanche)

Encore une dent cassée

J'ai encore un bout de dent qui vient de se détacher pendant que je mangeais un biscuit. Cette fois-ci il s'agit d'une molaire de la mâchoire supérieure (côté gauche, la 26 pour être précis).

Je suis effondré.

Je vais voir si mon dentiste peut me recevoir d'urgence demain ou mardi, mais je n'ai pas d'espoir que la dent puisse être sauvée, tant le morceau qui manque est important (et ce qu'on voit n'est pas bien joli). Dans le meilleur des cas, j'imagine que ça veut dire une nouvelle couronne, i.e., encore des mois et des mois de rendez-vous fréquents chez le dentiste (sans parler du coût pharaonique des opérations). Mais surtout, ça veut dire une perte irrémédiable (une fois atteinte, la dent est morte, il n'y a plus rien à faire).

Je suis effondré, parce que je ne comprends pas ce qui se passe : il n'y a pas si longtemps je n'avais jamais eu le moindre problème aux dents (jamais une carie pendant 25 ans) ; en juin 2004, une de mes dents, qui ne m'avait jamais fait mal, a soudainement et complètement explosé (une prémolaire de la mâchoire inférieure : la 45 pour être précis), puis pendant l'été 2005 j'ai eu une carie qui a fait qu'on a dû me dévitaliser et couronner une molaire (la 36) — ça a pris à peu près tout l'hiver dernier et j'en ai abondamment parlé ici — et sa voisine (la 37) a également dû être plombée. Perdre trois dents en l'espace de trois ans c'est un rythme plus qu'effrayant. D'autant plus que ça ne fait même pas six mois que j'ai vu mon dentiste pour la dernière fois et qu'elle est censée avoir vérifié qu'il n'y avait rien comme menace urgente ! Il faut croire que je suis frappé de caries à évolution fulgurante. Pourtant, j'ai l'impression d'avoir une bonne hygiène bucco-dentaire, je me brosse soigneusement les dents deux fois par jours et je ne mangue que très peu de bonbons. Et je n'ai jamais eu la moindre petite douleur à une dent quelconque (peut-être que je suis insensible, en fait). Je ne comprends pas.

Mise à jour (2006-10-30T21:00+0200) : J'ai trouvé une dentiste qui a bien voulu me prendre en urgence, mais comme j'ai eu le malheur de dire que j'avais un léger souffle au cœur, elle n'a pas voulu traiter la carie, elle s'est contentée de mettre un pansement provisoire et de me faire revenir sous antibiotiques. Elle a quand même fait une radio, qui montre qu'il va probablement falloir dévitaliser (donc poser une couronne) mais ce n'est pas complètement sûr non plus.

(samedi)

サッポロ

Les restaurants japonais fleurissent à Paris (le Marais, par exemple, eut été le quartier gay et/ou juif, mais maintenant d'aucuns disent que c'est surtout le quartier à restaurant japonais). Bizarrement, ils sont tous modelés de la même façon : restaurants à sushi et yakitori, dont les menus portent des codes variant d'un endroit à l'autre mais très souvent de la forme lettre+chiffre, tenus… par des Chinois ou des Coréens. Il y en a énormément d'exemples interchangeables, par exemple, le long de la rue Monsieur le Prince (dans le 6e arrondissement, à deux pas du Luxembourg). J'aime bien ça, et d'ailleurs j'y mange assez souvent, mais je soupçonne que c'est, en fait, assez peu japonais. Il y a pourtant aussi, à Paris, des restaurants japonais vraiment tenus par des Japonais. Ceux-là sont plutôt concentrés du côté de l'Opéra, notamment sur la rue Sainte-Anne. Je n'ai aucune idée de s'il y a une raison historique à cet emplacement, ou au fait qu'il y ait un petit îlot de restaurants japonais-japonais seuls au milieu de l'envahisseur japonais-chinois. Il y en a un où je suis allé trois fois, ces derniers mois, et que je commence à vraiment aimer : c'est Sapporo … il semble qu'il y en ait trois (ou plus) à Paris, mais j'ai essayé celui de la rue Daunou et celui du croisement de la rue Sainte-Anne et de la rue Thérèse (ce dernier a l'air plus plein, peut-être parce qu'il figure dans des guides, mais à part ça ça a l'air d'être la même chose). Il s'agit surtout de rāmen (ラーメン), autrement dit, de nouilles, et ça change du sushi — en fait, ça ressemble presque plus à de la cuisine chinoise[#]. Je recommande notamment : les nouilles sautées au bœuf, le riz <je sais plus quoi, peut-être varié> au porc, les rāmen à la sauce soja, la petite salade japonaise, ou encore les gyoza (des petits raviolis). Seul bémol, pour les gens comme moi qui n'aiment pas le gingembre : ils ont tendance à en mettre un peu partout, ce n'est pas du tout évident de trouver les plats qui n'en ont pas (ou pas trop).

[#] La cuisine japonaise faite par les Japonais ressemble plus à la cuisine chinoise que la cuisine japonaise faite par les Chinois. Vous avez compris ? Le Club Complot vous félicite.

(mercredi)

La dichotomie des livraisons

Cela fait longtemps que j'ai remarqué le phénomène suivant, et j'en ai eu une confirmation ce matin encore : quand quelqu'un vous annonce qu'il va passer chez vous (il peut s'agir d'une livraison, d'une réparation quelconque, ce genre de choses) dans l'intervalle entre l'heure A et l'heure B, il a toutes les chances de passer autour de l'heure A (typiquement, un petit peu avant) ou autour de l'heure B (très souvent après, en fait). Presque jamais entre les deux, bref, presque jamais dans l'intervalle auquel on s'attendrait naturellement (et qui a été annoncé). Je dirais que la courbe de distribution de probabilité de passage avec le temps a une bosse (vaguement gaussienne) autour de A et une autre (moins symétrique) après B. Est-ce un phénomène mystérieux de concentration de la mesure, ou quelque chose comme ça ? Ou juste un biais d'observation ? Ou y a-t-il une explication psychologique profonde ?

Ma meilleure explication (mais quand même pas très satisfaisante) est qu'il y a deux sortes de gens (enfin, d'entreprises) susceptibles de vous donner ce genre d'intervalles : ceux qui, organisés, prévoient de faire les choses en A et s'assurent une marge de sécurité en cas de retard (d'où B) et qui, en fait, sont trop bien organisés et prennent parfois même de l'avance ; et ceux qui, bordéliques, donnent un intervalle un peu au pif, et contrôlent mal leur temps, et se hâtent quand ils sont trop en retard.

En tout cas, la morale, c'est que quand on me dit qu'on me livrera entre 14h et 17h, je prévois d'être là entre 13h30 et 14h30, puis d'aller faire les courses jusque vers 16h45, et d'être de nouveau là entre 16h45 et 19h. Et je suis quasiment sûr que tout se passera bien. C'est tout de même idiot !

Peut-être simplement que les gens ne savent pas la distinction entre entre A et B et vers A ou B ?

(mardi)

regulus est de nouveau malade

regulus.⁂.net (la machine qui sert ce site) a de nouveau des vapeurs :

Oct 21 06:25:25 regulus kernel: hda: dma_intr: status=0x51 { DriveReady SeekComplete Error }
Oct 21 06:25:25 regulus kernel: hda: dma_intr: error=0x40 { UncorrectableError }, LBAsect=4343160, sector=4343155
Oct 21 06:25:27 regulus kernel: end_request: I/O error, dev hda, sector 4343155
Oct 21 06:25:28 regulus kernel: EXT3-fs error (device hda5): ext3_readdir: directory #352130 contains a hole at offset 4096
Oct 21 06:25:30 regulus kernel: Aborting journal on device hda5.
Oct 21 06:25:31 regulus kernel: ext3_abort called.
Oct 21 06:25:33 regulus kernel: EXT3-fs abort (device hda5): ext3_journal_start: Detected aborted journal
Oct 21 06:25:34 regulus kernel: Remounting filesystem read-only

Ça pourrait être une erreur isolée et anodine ou bien le signe que le disque va me lâcher d'une minute à l'autre. J'ai lancé des tests et réparé le filesystem (hda5 c'est ma partition /usr) et tout semble remarcher, mais on ne peut guère prévoir pour combien de temps. J'envisage de plus en plus sérieusement d'abandonner ces nuls de Lost Oasis et de prendre une Dedibox à la place, qui a l'air de répondre parfaitement à mes attentes (sauf la connectivité IPv6, mais de toute façon je ne l'ai pas actuellement) et de résoudre de façon satisfaisante tous les problèmes que j'ai avec mon serveur actuel.

(lundi)

Ultima Underworld II : The Labyrinth of Worlds

Je n'ai jamais été un grand fan de jeux sur ordinateur : ni quand j'étais petit ni maintenant ; et les trucs comme Kraland ou World of Warcraft (ce dernier fait des ravages chez les normaliens… quoique peut-être pas autant que dans South Park) ne m'attirent absolument pas. J'ai toujours été prodigieusement nul aux jeux d'arcade, et sans aucune patience pour les jeux de réflexion ou de stratégie : ce qui m'attirait un peu, quand même, ce sont les jeux de rôle et d'exploration, où on a une quête à remplir dans un monde à découvrir, et, parmi ceux là, il y a deux séries qui m'ont beaucoup plu, ce sont les King's Quest et les Ultima.

J'ai joué au tout premier King's Quest (jusqu'au bout, et j'étais incroyablement content quand j'ai gagné), ça a été un de mes émerveillements avec les ordinateurs ; et plus tard j'ai joué aux numéros V et VI : il faut dire qu'il y avait un effort de création vraiment impressionnant dans l'intrigue — en revanche, ils souffraient du défaut qu'on se retrouvait souvent à essayer successivement tous les objets possibles devant chaque difficulté, jusqu'à trouver celui qui marche, bref, ça devenait un peu lassant.

S'agissant des Ultima, j'ai surtout joué au VI et au VII (la première partie), ainsi qu'à Underworld : les deux premiers sont surtout impressionnants par la richesse du monde présenté, qui se laisse vraiment très longuement explorer, quant à Underworld, c'est essentiellement, je crois, le jeu qui a créé la version « moderne » de l'affichage en première personne. J'ai tellement aimé Underworld que j'ai créé un éditeur de donjon pour ce jeu et je m'amusais à inventer toutes sortes de labyrinthes diaboliques bourrés de pièges à téléportation et de mécanismes invraisemblables, ou simplement des palais soigneusement conçus que j'aimais ensuite parcourir pour admirer.

Mais il y a un jeu auquel j'ai très longtemps été frustré de ne pas avoir pu jouer, c'est Ultima Underworld II. Je ne sais plus ce qui s'est passé, au juste : un ami à moi devait l'avoir et il l'a perdu dans un crash disque ou quelque chose comme ça, si bien que je n'ai joué qu'un peu au début, juste assez pour me rendre compte que le monde était encore bien plus riche et vaste que dans le premier Underworld (et que, malheureusement, mon éditeur de donjon ne marchait plus et que je ne savais pas décoder les structures de données), mais je ne suis pas allé plus loin que ça. Ensuite, je n'ai plus eu de DOS, et j'ai plus ou moins oublié l'existence de ce jeu, mais tout en conservant le vague regret de ne pas avoir pu vraiment mettre les mains dessus. En plus, la musique (dont voici une interprétation MIDI) utilise un thème que je trouve vraiment excellent, et qui m'a trotté dans la tête pendant toutes ces années.

Eh bien j'ai fini par me prendre en main et par aller chercher sur des sites d'abandonware, où j'ai trouvé une copie du jeu en question. Un petit coup de FreeDOS et de QEMU et j'étais doté d'une machine DOS virtuelle (déjà bien plus puissante que le 486 que j'avais autour de '93) capable de faire tourner le truc. Avec le son, même (AdLib, seulement, cependant). C'est donc avec une certaine émotion que j'ai replongé dans le monde de Britannia et de l'Avatar.

Premier choc : c'est quand même moche. J'ai beau rester totalement isolé des jeux vraiment modernes (et même des premiers grands du genre, comme Myst), j'ai apparemment changé de regard en une douzaine d'années. En fait, le plus frappant, ce n'est pas tant que c'est moche mais que ça manque d'ergonomie (l'usage de la souris et du clavier est, disons, déconcertant — et pourtant Underworld m'avait semblé vraiment excellent sur cet aspect, à l'époque). Cependant, on s'y habitue, et la magie fonctionne encore. Je pense que je vais essayer de finir le jeu, ou en tout cas de l'explorer, pour purger cette frustration de n'avoir pas pu, à l'époque : probablement en trichant un peu (pour booster un peu mon personnage ou pour lire sur le Web la solution des énigmes qui me bloqueraient trop), parce que je n'ai pas envie d'y passer beaucoup de temps, mais tout de même un petit peu sérieusement.

(lundi)

Comment bien acheter Têtu

Je me plains périodiquement que Têtu est un torchon branchouille-snob et vide de contenu. Pour être honnête, je ne sais pas s'il pourrait vraiment en être autrement : je ne suis pas certain de ce qui devrait figurer, dans le meilleur des mondes, dans un magazine gay et lesbien (enfin, s'agissant de Têtu, le et lesbien il faut le dire très très vite) qui ne soit pas totalement nul ; j'ai l'impression que Têtu eut été moins nul, mais ce n'est peut-être qu'une illusion, un souvenir faux du temps où j'étais jeune-con-et-fou (ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'il y eut un temps où la couverture ne représentait pas systématiquement un minet à poil[#]). Il y eut même un temps où on eut vu une femme en couverture de Têtu : si, si, c'est possible : sur le nº38 (octobre 1999), par exemple. il y a une jolie photo de Christine Angot en couverture. Passons.

Pourtant, il m'arrive encore de l'acheter. Pourquoi ? À la limite, ce n'est même pas pour le lire : c'est parce qu'acheter Têtu, vu qu'il s'agit du seul magazine gay que le grand public connaît, c'est dire publiquement je suis pédé : c'est un exercice qui a du bon, de temps en temps. Pour le jeune homo ne s'assumant pas du tout que j'ai été un jour, ce fut un peu une épreuve initiatique, d'aller à un kiosque et de l'acheter. Et de se rendre compte, bien entendu, que le buraliste n'allait pas soulever un sourcil, parce qu'il n'en a vraiment rien à foutre ; il arrive cependant qu'on ait droit à un sourire complice (ou est-ce mon imagination ?). S'abonner, c'est trop facile : ce qui est intéressant c'est de l'acheter en public, et éventuellement de le lire en public. Il est à soupçonner que les évolutions de la société rendant de moins en moins difficile l'achat de Têtu (aujourd'hui ça s'achète vraiment partout, ce n'est pas du tout Le Gai Pied) sont compensées par les couvertures et les titres toujours plus aguicheurs, comme s'il fallait que l'épreuve initiatique reste de difficulté constante. 😝 Aujourd'hui, découvrant que mon magasin Champion (qui s'est étendu récemment, j'en ai déjà dit un mot) vendait maintenant aussi la presse, j'en ai acheté un exemplaire, qui promettait de dévoiler les secrets de l'orgasme entre hommes (résultat : le caissier n'a pas soulevé un sourcil). Eh bien, c'est tout aussi vide de contenu que d'habitude.

Bref, Têtu est emblématique. C'est juste dommage que l'emblème soit aussi nul.

[#] Je dis bien à poil. On n'est pas prêt de voir un mec à poils en couverture de Têtu. ☺

(Monday)

Debian is getting on my nerves

My first Linux distribution (back in '97) was Red Hat. When Red Has was discontinued, I didn't trust Fedora to be a worthy successor (a judgment which I now believe, in retrospect, was probably wrong): so I switched, with some reluctance, to Debian. At first it was a nightmare, but, after a time, I accustomed myself to the Debian way of doing things and I came to see some merit to it: Debian has a number of goodies, such as make-kpkg or debmirror, which I really like and which provide for a very nice overall integration of customized elements in the overall distribution.

But now I am becoming increasingly irritated at some of Debian's major defects and I am seriously contemplating switching to another distribution.

The worst offender is probably Debian's slowness at producing stable distributions. Basically, when using Debian, you have the choice between three releases: stable, testing and unstable. Now stable is hopelessly out-of-date: it works (more or less) and it is regularly maintained as far as security problems go, but the libraries and utilities are so incredibly old that you can't install any recent program on it—you're stuck with the set of programs you start with. I use stable on my computers which absolutely must not break: a router in my parents' house and my Web server (regulus.⁂.net), and even then it causes some problem (I needed Git, for example, and it was nearly impossible to install). The unstable Debian distribution, on the other hand, is bleeding-edge and, consequently, always broken: packages are uploaded to unstable as soon as they are build, essentially without any testing. Not a good idea! So it might seem that testing, which (confusingly) is intermediate between stable and unstable, is a reasonable compromise. Not so! This is what I use on most of my computers, but Debian has a religious rule that packages for the testing distribution can never be build directly for it, they must come from unstable after a certain period of testing in the latter. Sounds reasonable? Actually it isn't: it means that even if there is a serious security vulnerability, the problem cannot be fixed in testing until it has been fixed in unstable, tested there, and all the dependencies for the new package migrated to testing—so testing is a security nightmare. Sometimes, also, packages unexplainably vanish; a week ago, for example, a very serious security problem was found in the (proprietary) nVidia graphics drivers for Unix—now nVidia reacted reasonably fast and corrected the problem within 72 hours, but Debian reacted in its usual stupid way: presently the package has simply disappeared from the testing distribution. This is worse than just bad management! Debian is supposed to have some security maintenance, but it's only for the stable distribution despite an announcement sometime ago that they would do something about testing. The FAQ confirms this massive stupidity.

This is only the tip of the iceberg, however. The basic problem about Debian developers is that they are like religious fanatics: they have incredibly strict rules about everything and they refuse to ignore the rules even when it has utterly stupid consequences (such as removing vital parts of the distribution or of the documentation on the account that it is not free software for some rigid definition of the term which no sensible person gives a shit about). Strict rules can be a good thing in a computer context when it means we can rely on certain invariants, but when taken at a too high level it only causes problems. The Debian legal team, furthermore, is a bunch of sick weirdos who confuse real-life law with a game of Nomic and therefore can't understand that sometimes the only valid solution to a (purely theoretical) legal problem is ignore it. Another consequence of how anal Debian is about legal problems is that there isn't a single multimedia package of any kind in the distribution: you need to get those from another source which, being maintained by a very small team, doesn't benefit from the general Debian infrastructure and has all sorts of problems.

So I wonder what other Linux distribution I could use instead. The best candidate so far seems to be Ubuntu, which seems to benefit from many of Debian's strengths withouth being driven by ayatollahs (in fact, its motto is: Linux for human beings). Gentoo or Fedora might also be worthy of consideration, however.

(dimanche)

Les DVD, c'est vraiment incompréhensible

J'ai enfin pu essayer mon disque sur des « vrais » lecteurs DVD de salon. Je préviens tout de suite que j'en ai fait une nouvelle version (2006-10-22, donc) pour corriger un bug qui faisait que certains lecteurs n'affichaient pas le cadre entourant la sélection dans les menus (ça rendait un peu… difficile la navigation), et aussi pour rajouter le titre (et mon nom) dans la séquence d'ouverture et des numéros dans les menus ; enfin, j'ai rajouté une possibilité de visualiser successivement toutes les animations, à raison d'une minute chacune, présentées comme des chapitres (auquel cas on peut passer de l'une à l'autre en utilisant les touches de la télécommande). Le torrent est au même endroit (accessible depuis la page de présentation), et il remplace l'ancien. Désolé si cela cause de la confusion.

Parmi les subtilités byzantines des DVD, il y a la distinction entre titre, chapitre et cellule : toujours est-il qu'il n'est, apparemment, pas vraiment possible de faire une entrée d'un menu qui va provoquer la lecture d'un chapitre et revenir au menu ou bien boucler — il faut, pour cela, faire de ce chapitre un titre à part entière. La bonne nouvelle, cependant, c'est qu'on peut utiliser la même séquence vidéo comme un titre et comme un chapitre d'un autre titre sans pour autant la dupliquer sur le disque (c'est ce que j'ai fait dans cette nouvelle version de mon DVD : chaque vidéo est à la fois un titre et un chapitre d'un titre qui les contient toutes successivement). Reste que le Club Confusion félicite les inventeurs de ce truc pour leur idée.

Également incompréhensible est la question des supports gravables. Tout le monde sait qu'il y a des DVD−R, des DVD+R, des DVD−RW et des DVD+RW. Je pensais avoir compris que les DVD−R (qui ont été mis au point par les gens qui ont inventé les DVD, je veux dire, les DVD-ROM, pressés) étaient techniquement moins bons mais plus semblables aux DVD pressés (donc plus compatibles avec les lecteurs basiques ou anciens) que les DVD+R, qui sont un format concurrent et plus récent. Apparemment ce n'est pas ça non plus, puisque le vieux lecteur de DVD de salon de mes parents, que je viens de récupérer chez moi, et qui date de mi-2001, arrive (expérimentalement) à lire les DVD+R (qui sont pourtant un standard postérieur à lui !) et pas les DVD−R. Au moins gravés par mon ordinateur. Je ne comprends pas du tout la logique (et, de nouveau, le Club Conclusion approuve). D'autant que les lecteurs de CD même très anciens arrivent bien à lire les CD-R, alors pourquoi pas les lecteurs de DVD les DVD−R ?

(samedi)

L'Homo modernus et la civilité

Les publicités de la RATP sont souvent excellentes : leur dernière campagne (contre les incivilités) me semble tout à fait dans cette lignée, avec des slogans comme l'Homo modernus connaît l'usage de la poubelle depuis environ 35000 ans — je trouve que c'est une façon excellente de dire aux voyageurs peu soucieux de civilité dans les transports en commun vous êtes des cons arriérés restés à l'âge de pierre avec humour et sans qu'on puisse leur reprocher quoi que ce soit. Je suis un peu sceptique quant à l'efficacité de ce genre d'actions mais, en tout cas, j'aime voir ce genre de paroles sur les murs du métro.

(vendredi)

The Queen

Il n'est pas surprenant que j'aie aimé ce film, dont l'esprit est condensé dans une des toutes premières scènes : Élisabeth II, recevant Tony Blair (qui vient de remporter les élections) pour lui demander de former un nouveau gouvernement, lui fait remarquer, d'un ton indiscutablement royal, qu'il est son dixième Premier ministre, le premier étant… Winston Churchill, qui s'est assis là, justement, dans cette même chaise. J'adore.

Il s'agit d'un film biographique sur la manière dont la famille royale d'une part, et le nouveau Premier ministre de l'autre, ont appris et réagi à la mort de la princesse Diana : la reine, qui considère que le deuil est une affaire purement privée et que la médiatisation de la mort de Diana n'est bonne pour personne, reste cloîtrée dans sa propriété de Balmoral, tandis que Tony Blair s'efforce de faire comprendre par exemple que, même si une tradition plusieurs fois séculaire veut que l'étendard royal sur le palais de Buckingham n'est pas un drapeau, sert seulement à signaler la présence du souverain au palais et ne doit en aucun cas être mis en berne, il serait pourtant opportun de faire une sérieuse entorse au protocole. En même temps qu'il explique à sa femme (réputée avoir des sympathies républicaines) que, non, il ne cherche certainement pas à profiter de tout ça pour faire abolir la monarchie. En fait, les termes dans lesquels Blair défend la reine, à un moment, face à un de ses propres conseillers qui cherche à la ridiculiser, sont vraiment émouvants.

Bref, je suis bon public pour ce genre de choses, mais j'ai assurément beaucoup aimé. Ce que j'ai le plus regretté, c'est le portrait fait de la reine mère, représentée comme une vieille idiote, alors qu'elle avait gardé toute sa lucidité jusqu'au bout, elle qu'Adolf Hitler avait qualifiée de femme la plus dangereuse d'Europe (et ça, comme titre de gloire, je trouve que c'est beau).

(jeudi)

Le danger des règles indérogeables

Il y a un mème dont j'ai pris une conscience aiguë il y a quelque temps et que je remarque maintenant partout : j'ai du mal à l'exprimer en peu de mots, donc je vais donner quelques exemples, mais il s'agit de l'importance, lorsqu'on établit des règles, de ne pas se trouver dans une situation où plus personne ne peut y accorder de dérogation et où ces règles conduisent à la paralysie d'une ressource ou bien à des désastres personnels ou à des choses de ce genre.

On peut prendre des exemples à l'Université : on a tout un système compliqué de règles pour l'inscription et l'obtention des diplômes, des dates limites, etc. Inévitablement, il va y avoir des cas particuliers qui posent un problème selon ces règles (ou plutôt : pour lesquels ces règles posent un problème), des gens qu'un cas de force majeure a empêché de s'inscrire dans les temps, ou qui ont un parcours extrêmement exotique, ou je ne sais quoi : il est alors indispensable que quelqu'un (ou un groupe de personnes, séparément ou communément) ait le pouvoir absolu de déroger à n'importe laquelle des règles qui régissent le système d'inscrition, de notation, ou de délivrance des diplômes. C'est généralement le cas pour la partie pédagogique (les jurys des examens sont souverains), mais il y a parfois des problèmes insolubles du côté administratif ; l'informatique est souvent appelée comme prétexte (complètement fallacieux, et extrêmement dangereux) pour justifier qu'une règle ne peut pas être dérogée (l'ordinateur ne peut pas me laisser faire ça dira quelque secrétaire pour justifier son impuissance ou son incompétence ; or devant l'ordinateur, pas de recours).

D'autres exemples peuvent être donnés dans toutes sortes de domaines de l'administration ou de la loi. À un niveau raisonnable, il est vraiment souhaitable que toute règle puisse être levée dans des circonstances exceptionnelles : on pourra dire que cela ouvre la porte à l'arbitraire, mais cela évite aussi que des situations inextricables se créent, où il n'y a aucune porte de sortie (insérer ici n'importe quel exemple de quelqu'un qui se serait retrouvé, par exemple, dans une catégorie fiscale complètement invraisemblable et d'où il était impossible de sortir faute de pouvoir faire intervenir quelqu'un de haut placé pour débloquer l'absurdité). À un niveau très élevé, on est plus embêté, car il est impossible de donner à quelqu'un le droit de déroger : il existe encore des traités internationaux qui mentionnent le secrétaire général de la Société des Nations, traités qu'il est en pratique impossible de faire changer car il faudrait un accord unanime et la ratification de toutes les hautes parties contractantes. On peut aussi mentionner le code source du noyau Linux, qui est sous une licence impossible à modifier vu qu'il faudrait l'accord de tous les programmeurs qui y ont contribué.

J'ai l'impression que les situations bloquées, où une règle a été établie et devient impossible à changer ou déroger, sont de plus en plus nombreuses avec le temps. Que le déploiement de l'informatique dans toutes sortes de domaines a pour principal danger qu'il augmente le nombre de situations où il est impossible de contourner les règles. Et cela m'inquiète.

(lundi)

Le DVD Surfaces cubiques est arrivé !

J'en avais déjà dit un mot, le voici arrivé : le DVD Surfaces cubiques, avec plein de jolies animations, est prêt à être téléchargé.

Malheureusement, je n'ai pas encore réussi à mettre les mains sur un lecteur de DVD de salon (avec une vraie télévision dessus, et tout et tout) pour le tester… (Enfin, plus exactement, j'ai pu faire un essai et ça n'a pas marché, mais c'était très vraisemblablement un problème de support, i.e., un DVD+R mal finalisé, et pas un problème avec l'image elle-même, donc ça ne me dit rien.) Je serais donc reconnaissant à quelqu'un qui pourrait faire l'essai et me confirmer qu'il marche bien : d'ici là, je m'abstiens de faire trop de publicité pour ce truc, puisque s'il s'avère qu'il ne marche pas bien sur les lecteurs de salon je devrai le refaire.

(samedi)

Trois idées saugrenues, une question idiote, et autres choses

J'ai récemment eu trois idées complètement saugrenues et ridicules, mais avec lesquelles je suis sûr que des gens suffisamment talentueux (i.e., pas moi) seraient capables de faire beaucoup beaucoup d'argent. La première : lancer une collection de vêtements qui soient coupés comme des costumes formels (avec cravates, etc.) mais au lieu des couleurs ternes utilisées normalement pour ça seraient en motif camouflage ; je suis sûr qu'un grand couturier quelconque pourrait vendre ça (très très très cher, évidemment) en expliquant qu'il s'agit d'une métaphore de la discrétion dans la vie professionnelle blablabla. Deuxième idée : celle d'un moyen de transport urbain et chic, le traineau à roulettes tiré par cinq cents chihuahuas. Troisième idée : lancer une nouvelle branche de l'astrologie, qui aura certainement au moins de succès prédictif que la dominante actuellement, où on prédit des choses sur les gens non seulement d'après leur signe astrologique mais aussi d'après le signe astrologique de la personne la plus proche d'eux (enfin, de leur mère) à leur naissance (qui a dû les entourer de leur aura, ou quelque chose comme ça) : l'avantage étant qu'on doit employer des détectives privés (et empocher une grosse commission au passage) pour retrouver qui était la sage-femme ou le médecin qui a procédé à l'accouchement.

Voilà, si j'ai de nouvelles idées géniales comme ça, je vous les ferai savoir.


Question débile : aujourd'hui j'ai vu deux groupes de deux ou trois personnes (des jeunes, autour de 16 ans je dirais) se balader avec des drapeaux (dans chaque groupe il y avait deux drapeaux, je crois) représentant trois éclairs (noirs) entourés d'un ovale. Dans l'un des groupes le fond du drapeau était bleu, dans l'autre il était rouge. Qu'est-ce que ça peut bien signifier ? Un jeu d'équipes dans Paris ? Des scouts ou quelque chose comme ça ?


Sinon, j'ai fini de réaliser mon DVD : il n'y manque que les sous-titres que je compte encore rajouter pour commenter chaque animation. Je confirme que réaliser un DVD avec menus, sans outil graphique, est incroyablement casse-b****s. Et je ne sais toujours pas avec quel programme et quelles options le graver, après, pour maximiser les chances qu'il soit lisible sur un lecteur de salon. L'image ISO sera prochainement sur un bittorrent ou quelque chose comme ça, pour ceux qui veulent se le graver.

(mercredi)

Un DVD artistico-mathématique

J'ai eu une idée saugrenue : à force de faire des vidéos de surfaces cubiques, je vais en réaliser un DVD. En effet, je n'arrête pas, en ce moment, de calculer des vidéos de ce genre : pas seulement des surfaces cubiques qui tournent, mais aussi qui se déforment les unes en les autres, des singularités qui se créent ou qui fusionnent, etc. Au début, c'était pour m'aider à me faire une représentation mentale des singularités possibles, mais il y aussi un aspect artistique parce que certaines de ces vidéos sont extrêmement jolies. À vrai dire, même en ayant fait une thèse sur le sujet, je ne me rendais pas compte à quel point ces surfaces de degré trois admettaient une incroyable richesse de formes, donc je m'émerveille de voir tout ce que j'arrive à faire voir.

Bon, la réalisation technique risque de poser encore quelques problèmes. Pour l'instant, je calcule des animations de 300 images que je fais répéter 5 fois, ce qui fait une vidéo d'une minute chacune, qui met autour d'une demi-heure à calculer — enfin, je peux facilement en faire deux en parallèle puisque mon ordinateur est un dual-core, et je pourrais faire plus en faisant appel à d'autres machines, donc ce n'est pas vraiment ça le facteur limitant. Ce qui sera plus délicat, si je veux faire un « vrai » DVD (lisible sur un lecteur de salon) ce sera de faire une structure de menus, de rajouter des explications, et de trouver les foutues options à utiliser (dans mencoder) pour faire une vidéo lisible partout.

Ensuite il faudra voir comment distribuer le résultat, aussi : j'ouvrirai un torrent, mais ce serait bien de pouvoir proposer à des gens intéressés d'en avoir une version gravée.

(dimanche)

Areuh ga ga gazou gou gou…

Je viens de passer un bon moment à faire joujou avec ce petit jeu interactif d'éveil pour les tout-petits [nécessite flash] et c'est franchement addictif. Délicieusement psychédélique. 😎

(vendredi)

Prise de notes sur portable

Cet après-midi au séminaire Variétés rationnelles j'ai essayé de prendre des notes sur portable au lieu d'utiliser du papier et un stylo. Il n'est pas clair que ce soit plus ou moins bien que sur papier : d'un côté je tape des mots français beaucoup plus vite que je ne les écrirais sur papier, de l'autre, pour des formules mathématiques c'est plutôt le contraire qui est vrai (LaTeX est quand même bien verbeux donc assez pénible à taper). D'autant que le deuxième exposant (qui n'est autre que mon directeur de thèse) a commencé a utiliser des notations un peu méchantes : notamment un Ш cyrillique (prononcez cha, c'est une notation assez courante pour le groupe de Tate-Шафаревич) et un Б cyrillique (prononcez , c'est une notation nettement moins courante, une sorte d'analogue pour le groupe de Brauer) — heureusement j'ai pu utiliser le Wifi pour trouver une page en ligne expliquant comment faire le sha en LaTeX ; et puis il a fait un gros diagramme commutatif, et ça c'est vraiment infernal à taper en LaTeX (la syntaxe de XY-pic est vraiment horrible, et il faut un temps fou pour arriver à quelque chose de convenable). Pourtant, je m'en suis assez bien tiré, mieux même, je crois, que je ne l'aurais fait à la main (en tout cas, ce sera plus facile à relire) ; d'ailleurs, il y a des gens qui ont été impressionnés, en sortant, de voir que j'avais déjà un truc mis en page. (Je ne le mets pas en ligne, parce que c'est sans doute bourré d'erreurs et je ne veux pas gêner les exposants en mettant des versions buggués de leurs travaux sur le Web.)


Pas vraiment de rapport, mais je me dis de plus en plus souvent qu'il faut que je prenne toujours avec moi un calepin et un stylo (ou bien un PDA, mais je crois que je n'en trouverai pas qui me plaise) pour pouvoir noter, dans les conversations, les choses à chercher plus tard dans Wikipédia (ou sur le Web en général). Ce soir, pendant ou un peu après le dîner, par exemple, on a parlé :

Ça fait des années qu'on se moque souvent de moi en me disant que je ne peux pas laisser passer un repas sans consulter un dictionnaire, si j'en ai un à portée de main ; maintenant c'est plutôt Wikipédia, mais l'esprit est le même : encore un confort dont l'absence m'agace maintenant que j'y ai pris goût.

(jeudi)

Encore des jolies images de surfaces cubiques

[Surface cubique de Clebsch]J'avais déjà réalisé des images de surfaces cubiques lisses, comme celle qui décore cette entrée ou les deux que j'ai mises au frontispice de ma thèse ; mais cette fois, pour m'aider à lire le texte de Cayley dont je parlais hier j'ai fait quelques vidéos de surfaces cubiques ayant des singularités. Vous pouvez donc admirer :

Ces vidéos sont au format AVI contenant du codec DivX;-). Si vous ne trouvez pas mieux, utilisez VLC pour les lire.

(mercredi)

Un peu d'archéologie mathématique

On raconte souvent que les mathématiques sont des choses qui sont éternellement vraies et que les textes mathématiques ne vieillisent donc pas… c'est un peu exagéré.

J'avais besoin de résultats sur les types de singularités possibles pour une surface cubique. De fil en aiguille, j'ai remonté des références jusqu'à un mémoire d'Arthur Cayley de 1869 où il classifie complètement (en vingt-trois cas) les lieux singuliers possibles d'une surface cubique, et je me suis dit que j'allais essayer de regarder ça (après tout, 1869, ai-je pensé, ce n'est pas si vieux). Premier souci, je n'avais pas le titre exact du mémoire en question (seulement une référence à Cayley's famous memoir on cubic surfaces ; de fait, il s'avère que le titre exact est bien : A Memoir on Cubic Surfaces, comme quoi M. Cayley n'avait pas énormément d'originalité dans les choix de ses titres). Je rentre juste le nom d'auteur dans le catalogue de notre bibliothèque, et il me renvoie sur les œuvres complètes du Monsieur, lesquelles sont en réserve, en 13 volumes plus un volume d'index. Je demande donc à la bibliothécaire si je peux consulter le volume d'index, mais au début elle ne le trouvait pas (probablement parce que c'est un volume un peu plus petit que les autres et qu'on vient de déménager récemment donc peut-être la réserve n'est-elle pas encore bien rangée) : elle m'a donc suggéré quelques pistes pour trouver une version numérisée sur Internet. De fait, on en a trouvé une, dans les collections mathématiques historiques de l'Université du Michigan ; mais, de toute manière, en cherchant un peu plus, on a fini par me retrouver l'index dans la réserve, et j'ai pu faire sortir le bon volume (le VI, pour être précis). Qui, bien sûr, n'était même pas coupé : donc j'ai dû déranger de nouveau les bibliothécaires pour qu'on me trouve un coupe-papier (et ça non plus, ça n'a pas été facile).

Bon, comme ça n'a pas été facile, je vais moi-même mettre ce « fameux » mémoire sur Internet (puisque Cayley est mort il y a nettement plus de 70 ans, ça devrait être bon, et je doute que l'Université du Michigan m'ennuie au sujet de la façon dont les pages sont scanées) : voici donc A Memoir on Cubic Surfaces, by Arthur Cayley (Phil. Trans. R. Soc. London, 159 (1869), 231–326) [PDF, 6.1Mo], et une version réduite à 2 pages sur 1 plus commode à imprimer sur du papier A4. (J'aurais voulu mettre une version DjVu plutôt que PDF, parce que c'est quand même plus adapté pour un document scané, mais je ne trouve rien pour convertir l'un en l'autre de façon propre.)

Mais bon, une fois qu'on a l'article, les difficultés ne sont pas finies : les notations et la terminologie mathématique utilisées par Cayley sont, pour une bonne part, incompréhensibles pour un géomètre algébriste moderne : par exemple, ce qu'il appelle un point de type C2 s'appellerait aujourd'hui une singularité de type A1, je ne suis pas sûr de comprendre ce qu'il appelle un bord torsal d'un point biplanaire, ni ce qu'est la courbe spinodale (même si je devine vaguement que c'est la courbe des points dont le plan tangent intersecte la cubique en une courbe ayant un cusp en ce point). Je ne sais pas si je vais vraiment pouvoir en tirer quelque chose, de cet article.

Je me disais que je pourrais peut-être faire des graphismes de ces différents types de singularités, mais, évidemment, quelqu'un y a pensé avant : il y a même un site Web consacré aux surfaces singulières, avec visualisation en Java. Et pour quelque chose de plus traditionnel, je suis sûr qu'en cherchant un peu à l'IHP ou au Palais de la Découverte on pourrait me trouver des jolis modèles poussiéreux comme on en faisait autrefois représentant « en dur » toutes sortes de surfaces cubiques singulières.

Pour en savoir plus sur l'histoire des surfaces cubiques, voyez ici.

(lundi)

De l'habitude du confort et des risques associés

[Diantre, cela faisait longtemps que je n'avais pas laissé passer autant de temps entre deux entrées de ce blog. Je pourrais dire que j'ai été débordé : ce serait un léger mensonge — en revanche, il est vrai que j'ai des journées bien remplies.]

Il y a quelque chose dont je prends fortement conscience en ce moment, c'est à quel point le confort, si c'est quelque chose d'agréable, est aussi un piège redoutable, car on prend très vite l'habitude de tout ce qui le procure et il devient, dès lors, à peu près indispensable — en ce sens que son manque se fait très cruellement ressentir.

Je pourrais multiplier les exemples dans le domaine informatique, déjà : depuis que j'ai un joli portable capable de faire du Wifi (quoique de façon parfois aléatoire, mais il semble que ce ne soit pas spécialement ma faute), je commence à trouver normal d'avoir un accès Internet partout, tout le temps, et si je me rends compte, en m'asseyant dehors pour prendre l'air, que pour une raison quelconque je n'ai pas de Wifi, je suis tout contrarié. Dans la nouvelle bibliothèque de maths de l'ENS (car depuis la rentrée la bibliothèque a déménagé dans le bâtiment nouvellement construit, qui borde la rue Rataud), chaque table est munie d'une prise Ethernet, de sorte que, même en bibliothèque, pendant que je travaille, je peux consulter une référence sur le Web, ou envoyer un mail pour poser une question mathématique, sans même avoir à me lever de ma chaise pour aller au poste de travail le plus proche. Mine de rien, ça fait gagner un peu de productivité (au hasard, tout à l'heure, pour trouver les numéros de volume aux Publications mathématiques de l'IHÉS du volume III des ÉGA, je n'ai eu qu'à aller sur Wikipédia) ; mais mine de rien, c'est aussi un petit confort auquel on prend goût et dont l'absence, un jour, sera irritante.

Mais ce n'est évidemment pas vrai qu'en informatique. À côté de chez moi, mon supermarché Champion s'est agrandi pendant l'été. La durée des travaux a été un peu pénible, parce que je ne trouvais plus rien (en fait, l'organisation des rayons changeait toutes les semaines, au fur et à mesure qu'ils réaménageaient) ; maintenant, il y a plein de nouveaux rayons et je vais pouvoir y trouver toutes sortes de choses que je devais auparavant aller chercher plus loin (exemple idiot : des slips) — eh bien je vais y prendre goût et me déclarer très fâché le jour où, inévitablement, un de ces rayons sera vide.

Et, de façon plus fondamentale, le fait d'habiter Paris, le fait de travailler à 15′ de marche de là où j'habite, le fait de pouvoir prendre tous mes repas sur mon lieu de travail, toutes ces choses sont des éléments de confort qui sont pour moi une chance exceptionnelle et dont je devrai peut-être (sans doute ?) un jour me passer. Ça me fera mal.

Ce que je ne sais décidément pas, c'est comment éviter ces écueils. On peut, évidemment, refuser tout nouvel élément de confort, mais c'est stupide (ou, en tout cas, ça défeate le purpose) : je voudrais trouver une façon de profiter, au maximum, des conforts qui s'offrent à moi sans en devenir dépendant. Je cherche encore.

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