David Madore's WebLog: 2022-02

Vous êtes sur le blog de David Madore, qui, comme le reste de ce site web, parle de tout et de n'importe quoi (surtout de n'importe quoi, en fait), des maths à la moto et ma vie quotidienne, en passant par les langues, la politique, la philo de comptoir, la géographie, et beaucoup de râleries sur le fait que les ordinateurs ne marchent pas, ainsi que d'occasionnels rappels du fait que je préfère les garçons, et des petites fictions volontairement fragmentaires que je publie sous le nom collectif de fragments littéraires gratuits. • Ce blog eut été bilingue à ses débuts (certaines entrées étaient en anglais, d'autres en français, et quelques unes traduites dans les deux langues) ; il est maintenant presque exclusivement en français, mais je ne m'interdis pas d'écrire en anglais à l'occasion. • Pour naviguer, sachez que les entrées sont listées par ordre chronologique inverse (i.e., la plus récente est en haut). Cette page-ci rassemble les entrées publiées en février 2022 : il y a aussi un tableau par mois à la fin de cette page, et un index de toutes les entrées. Certaines de mes entrées sont rangées dans une ou plusieurs « catégories » (indiqués à la fin de l'entrée elle-même), mais ce système de rangement n'est pas très cohérent. Le permalien de chaque entrée est dans la date, et il est aussi rappelé avant et après le texte de l'entrée elle-même.

You are on David Madore's blog which, like the rest of this web site, is about everything and anything (mostly anything, really), from math to motorcycling and my daily life, but also languages, politics, amateur(ish) philosophy, geography, lots of ranting about the fact that computers don't work, occasional reminders of the fact that I prefer men, and some voluntarily fragmentary fictions that I publish under the collective name of gratuitous literary fragments. • This blog used to be bilingual at its beginning (some entries were in English, others in French, and a few translated in both languages); it is now almost exclusively in French, but I'm not ruling out writing English blog entries in the future. • To navigate, note that the entries are listed in reverse chronological order (i.e., the most recent is on top). This page lists the entries published in February 2022: there is also a table of months at the end of this page, and an index of all entries. Some entries are classified into one or more “categories” (indicated at the end of the entry itself), but this organization isn't very coherent. The permalink of each entry is in its date, and it is also reproduced before and after the text of the entry itself.

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Entries published in February 2022 / Entrées publiées en février 2022:

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(vendredi)

Les carrières de Feularde, ou comment se perdre en forêt

J'ai raconté plusieurs fois sur ce blog (en commençant ici, mais de façon plus analytique ici) que mon poussinet et moi aimions nous balader le week-end, généralement en forêt : autrefois (jusqu'en 2018) nous marchions plutôt dans Paris, nous avons commencé à avoir l'impression d'y avoir tout vu, et lorsque j'ai passé le permis (voiture) et que le poussinet a acheté la tuture, nous avons entrepris de visiter les parcs et jardins de l'Île-de-France (ou un peu au-delà), puis nous avons dévié sur les forêts.

Maintenant, c'est assez systématique : le samedi ou le dimanche, souvent les deux, après le déjeuner/brunch, et selon l'heure et la météo, nous partons dans un coin que nous n'avons pas encore vu (ou pas encore trop vu). Depuis octobre 2019 (moment où j'ai commencé à enregistrer quasi systématiquement une trace GPS de mes déplacements : cartes ici), soit en 124 semaines, nous en sommes à 163 balades, totalisant 977km en 221h, soit une longueur moyenne remarquablement proche de 6km par balade, et une vitesse de marche très constante autour de 4.5km/h (pauses-pipi comprises, et il y en a beaucoup ; c'est de la flânerie tranquille, pas de la marche forcée).

Bref, je ne vais pas raconter chacune de nos balades, parce que ça deviendrait vite très ennuyeux. Il faudrait peut-être que je trouve moyen d'écrire un guide, mais reste à savoir comment le présenter, comment le structurer et comment le diffuser. (Et puis, même si j'ai une mémoire assez correcte, il faut admettre qu'à force je commence à les mélanger un peu dans ma tête.)

Personnellement, ce que je voudrais, moi, c'est une carte un peu précise des forêts d'Île-de-France, parce que même en combinant les données d'OpenStreetMap et de Géoportail (qui reflète les cartes IGN de différentes sortes), ce n'est pas toujours terrible, l'exemple dont je parle ci-dessous l'illustre. Déjà, il n'est même pas évident de savoir, quand on regarde les cartes, si une forêt est effectivement ouverte au public, ou quel est son statut (domaniale, régionale, départementale, communale, privée : cf. ce fil Twitter) ; le fait qu'il y ait des chemins indiqués sur OpenStreetMap est un indice qu'on peut s'y balader, mais ce n'est qu'un indice. Savoir pour un endroit donné le type de sol (important pour savoir si ce sera boueux ou pas), le type de chemin (les cartes montrent très mal la différence entre un axe bien tracé et un petit sentier qu'on discerne à peine entre les broussailles), et le type de végétation, ce serait vraiment bien. Je suppose que l'ONF a dans ses cartons une carte détaillée de chacune des forêts qu'elle gère avec la numérotation des parcelles et la typologie de celles-ci, mais si elle l'a, elle ne la communique pas au public ni en ligne ni via l'IGN, c'est un peu irritant. Idem pour les agences des espaces verts des collectivité territoriales. Je commence à bien connaître les types de terrains qu'on peut rencontrer (les zones peuplées de chênes, de châtaigniers, de hêtres, de bouleaux, de pins, les sols couverts de fougères-aigles — qui semblent bien aimer les chênes et les pins, mais moins les châtaigniers —, les mousses, les bruyères, etc.), mais je ne sais pas je les trouverai, parce que chaque massif forestier a une assez grande variété (voir ce fil Twitter pour quelques exemples rencontrés au cours d'une seule balade dans la forêt de Rambouillet). Parfois j'ai des surprises ! Par exemple, il y a deux semaines, nous sommes allés du côté du bois de Rochefort (ici sur OpenStreetMap, ici sur Géoportail), je m'attendais plutôt à voir des chênes à l'infini (c'est le plus courant dans le massif de Rambouillet), et en fait nous avons trouvé un sol sablonneux qui évoquait Fontainebleau, des petits sentiers à travers des conifères peu hauts et denses avec de la mousse dessous (j'aime beaucoup ce type de terrain) et aussi de la lande sans arbre avec de la bruyère à perte de vue (et de très jolis panoramas ; je recommande vivement cet endroit). Ça pouvait peut-être se deviner à partir de la vue aérienne, mais je ne sais pas bien décoder ces vues. (Bon, OK, sur cet exemple précis, j'aurais pu googler bois de Rochefort et tomber là-dessus, mais en général googler le nom d'un bois donne peu d'information, et il n'est même souvent pas très clair ce qu'il est, d'ailleurs.) En tout état de cause, nous devons faire avec les cartes que nous avons.

Comment choisissons-nous l'endroit où nous allons ?, me demande-t-on. Pas de façon très intelligente. Parfois le poussinet pointe du doigt me dit tu as décidé où on va ? et je bredouille un truc ; parfois il pointe du doigt un endroit vaguement vert au hasard sur la carte et demande il y a quoi, là ? on a déjà vu ? et si je ne trouve pas rapidement une bonne raison pour ne pas y aller, il dit bon ben on va voir !. Parfois on fait un peu plus d'efforts, en partant de la carte des endroits où nous nous sommes déjà baladés, et en cherchant les endroits marqués comme forêt et où il semble y avoir un nombre raisonnable de sentiers qui passent sur OpenStreetMap et/ou Géoportail (ce qui suggère, quoique pas de façon infaillible, que c'est ouvert au public). Si le temps est propice à la boue, notamment en hiver ou après qu'il a plu beaucoup, nous cherchons plutôt les endroits au sol sablonneux (du genre Fontainebleau) et nous évitons les endroits où il y a des petits lacs ou des rivières ou des zones marquées comme des marais ; mais parfois nous oublions ces précautions.

, le poussinet m'a fait remarquer que nous allions rarement marcher dans le Vexin. De fait, même si j'aime énormément les paysages du Vexin et que j'y suis souvent passé lors de mes balades à moto, ou avec mon poussinet en voiture (cf. ici, et [#]), nous n'y avons très peu fait de balades à pied, parce qu'il n'y a pas de grande forêt clairement marquée, à part un tout petit peu autour de l'arboretum de la Roche-Guyon (que je recommande au passage), et parce que la route est un peu longue depuis chez nous. Bref, le poussinet a posé son doigt sur une tâche verte dans le Vexin et a proposé que nous allions là. (Il m'a d'ailleurs aussi fait conduire, ce qui m'a stressé.)

[#] Je me rends d'ailleurs compte en recherchant ces liens je n'ai jamais parlé de Lyons-la-Forêt (Eure), qui est pourtant un village magnifique (bien connu des motards, d'ailleurs : avec la Roche-Guyon et les Andelys il fait partie des incontournables lieux de rendez-vous du Vexin), avec un restaurant étoilé au Michelin, et à proximité duquel village il y a un joli arboretum (à ne pas confondre avec celui de la Roche-Guyon dont je parle ci-dessus).

Le bois en question s'appelle le bois de Galluis (ici sur OpenStreetMap, ici sur Géoportail), entre Frémainville (Val d'Oise) et Lainville-en-Vexin (Yvelines). Enfin, je crois : il y a plusieurs noms sur la carte IGN : bois des Moque-Panier, bois des Chaumarets, bois de Galluis, bois de Guéry, bois à Monsieur, ce qu'ils recouvrent n'étant pas clair. La limite administrative entre les départements du Val d'Oise et des Yvelines passe au milieu, ce qui n'est pas sans rapport avec le schmilblick. Il y a aussi cette carte destinée au public et dressée par l'agence des espaces verts de la région Île-de-France qui désigne une partie de cette forêt comme forêt régionale de Galluis (forêt régionale voulant justement dire que c'est la région qui en est propriétaire et/ou gestionnaire), mais pas la partie au nord-ouest qui s'appelle bois de Galluis sur la carte IGN. Bref, je ne sais pas ce qui est quoi.

Nous sommes partis de l'extrémité est de ce bois, au niveau de Frémainville où nous nous étions garés, et nous avons marché vers l'ouest (itinéraire précis ici) en suivant ce qui correspond à la limite nord de la forêt régionale si j'en crois la carte de l'AEV d'Île-de-France que je viens de lier. Jusqu'à ce stade, le terrain était globalement assez peu boueux, en fait, et les chemins plutôt bien tracés. Les difficultés se sont posées quand nous avons commencé à nous aventurer dans le coin qui est étiqueté carrières de Feularde et bois de Guéry sur le plan de l'IGN (sur le plan de l'AEV de l'Île-de-France, c'est d'ailleurs écrit Feulardes avec ‘s’, je suppose que c'est une typo).

J'aurais dû me méfier parce qu'il y a quelques petits lacs représentés sur la carte : mais en fait, ce ne sont pas juste quelques petits lacs, c'est un véritable labyrinthe. Presque un marais : je ne pensais pas que c'était possible de tomber sur un marais en hauteur (comme on le voit sur le tracé d'itinéraire et la carte IGN du lien précédent, c'est bien en montant qu'on tombe sur cet endroit), mais c'est bien à ça que ça ressemble. Enfin, le terme de marais n'est sans doute pas le bon, mais les photos que j'ai mises sur Twitter doivent donner une idée de la chose : sur un terrain probablement argileux, et rendu tout boueux par les pluies des jours précédents, il s'est créé un nombre impressionnant de plans d'eau de différentes tailles entre des petits lacs, des mares, ou de simples flaques d'eau plus ou moins larges, épousant parfois la forme d'un chemin préexistant pour devenir une rivière (stagnante). La situation était encore empirée par le fait que des engins, probablement des engins d'exploitation forestière, mais peut-être aussi des quads et des motocross, étaient passés par là, avaient rendu le sol encore plus boueux, avaient creusé des traces dans lesquelles l'eau avait fait son lit, et même aux endroits restés secs avaient créé des fausses pistes dans toutes les directions.

D'un côté je dois reconnaître que ce paysage avait une certaine beauté. (Nous avons aussi vu passer un groupe de sangliers que nous avions peut-être dérangés — je n'en avais jamais vu « en vrai » en forêt -, et, plus tard, un chevreuil.) D'un autre côté, c'était assez angoissant et hostile.

Cela peut sembler étonnant qu'on puisse se perdre alors qu'on dispose d'un smartphone qui a accès à la fois à un récepteur GPS(+Glonass+Beidou) précis de quelques mètres, et qui enregistre la trace toutes les quelques secondes, et à toutes les cartes du monde (au moins OpenStreetMap préchargé sur le téléphone, et la carte IGN via Géoportail puisque le réseau GSM passait bien), pourtant, nous étions perdus au moins au sens où nous ne savions pas du tout par où aller. Je cherchais des chemins marqués sur l'une ou l'autre carte qui n'existaient pas dans la réalité, alors que la réalité était constituée de pistes laissées par des engins d'exploitation qui parfois bifurquaient, parfois disparaissaient un peu mystérieusement, parfois étaient rendues infranchissables par une flaque en occupant toute la largeur (tandis que les bords étaient gardés par une végétation impénétrable).

Pourquoi ne pas simplement revenir sur nos pas ? (Comme j'avais enregistré la trace GPS, c'était une possibilité, même si ce n'était pas complètement évident non plus, parce que, dans ce dédale, la précision du GPS et de l'enregistrement atteignait un peu ses limites : à un moment nous n'arrivions plus à retrouver par quel côté nous avions contourné une flaque en traversant les broussailles qui l'entouraient.) Le problème est que le poussinet est têtu : il déteste renoncer ou rebrousser chemin. Nous nous sommes engueulés devant une flaque qu'il voulait absolument franchir (alors qu'elle était exactement aussi large que l'espace entre des buissons de ronces des deux côtés), il prétendait que ça irait forcément mieux après, moi je disais qu'il n'y avait aucune raison de croire ça, que même si on y arrivait on risquait de devoir le refaire à l'envers, et qu'il valait mieux revenir au moins un peu sur nos pas et chercher un itinéraire moins merdique. Sur ce point précis, il a fini par céder, mais nous avons quand même continué dans ce terrain, jusqu'à arriver dans la partie étiquetée bois de Guéry sur la carte IGN, qui était encore plus boueuse mais au moins il n'y avait plus de petites mares infranchissables et les chemins étaient mieux discernables. (Je me demande si ce bout de terrain plus boueux mais moins aqueux n'était pas une sorte de piste de motocross, d'enduro, ou de quad : les traces semblaient différentes de celles des engins d'exploitation un peu avant, et il y avait des panneaux qui suggéraient qu'ils étaient peut-être là pour guider de tels engins en une sorte de circuit.) Je n'ai aucune idée de si nous étions encore dans des bois publics à ce stade (nous n'étions pas dans la forêt régionale, en tout cas).

Bon, nous avons fini par nous tirer de ce bourbier, et par revenir à la voiture avant la nuit tombée, et sans dommage particulier (aucun de nous n'était tombé dans une mare, ni n'y avait fait tomber son téléphone), juste des chaussures et le bas du pantalon tellement crottés de boue que ça a été un peu pénible à nettoyer.

Mais ce qui m'intéresse n'est pas tant de raconter cette micro-aventure que de m'étonner qu'en 2022 ce soit encore si difficile de trouver en ligne des informations sur le terrain. Je me disais qu'il y aurait bien quelque chose sur le web qui parlerait de ces carrières de Feularde, de leur histoire, leur géologie, la propriété actuelle du terrain, l'exploitation qui en est faite de nos jours, quoi que ce soit du genre. Mais rien : juste une mention sur la carte et dans le PLU d'Avernes, et, ce que je trouve de plus précis, une maigre mention dans ce rapport (accompagnant le PLU de Frémainville) à travers une unique phrase : Le massif du Vexin présente de nombreuses étendues d'eau naturelles, issues de sources, ou artificielles (les carrières de Feularde). (OK, donc les petits lacs ne sont pas naturels, quelque part je m'en étais douté à travers l'usage du mot carrières.) Mais carrières de quoi[#2] ? Exploitées quand et par qui ? Et appartenant maintenant à qui ? Je n'en sais rien. Je ne trouve même pas d'explication autour de ce que je soupçonnais, un peu plus loin d'être un circuit de motocross / enduro ou quad (alors que si ce circuit est officiel, on peut imaginer que des gens en parlent quelque part en ligne). C'est tout de même surprenant : je ne dois pas être le seul à m'être baladé dans cette forêt, à être tombé sur cet endroit, à avoir été intrigué par son hydrographie, il y a les gens qui habitent le coin qui doivent en savoir quelque chose, pourtant je suis apparemment le seul à laisser une trace du nom en ligne. (J'ai aussi cherché sur Gallica, sans plus de succès.)

[#2] Les carrières que je connais bien de la vallée de Chevreuse sont des carrières de grès (par exemple celle qui est juste à côté de mon bureau, parc Eugène Chanlon à la limite entre Orsay et Palaiseau, cf. cette page). Là il doit s'agit d'autre chose, parce que de mon regard pas du tout spécialiste le terrain a l'air complètement différent. (Géoportail a une carte géologique mais je ne sais absolument pas la lire et il n'y a pas de légende donc elle ne m'avance pas.) J'ai l'impression qu'il s'agit d'argile, mais ça ne colle pas trop : les argilières, de ce que je comprends, deviennent des lacs raisonnablement grands quand on les abandonne, pas des petites mares éparses. Et puis c'est bizarre d'aller creuser à un endroit qui semble être une forêt depuis longtemps. Bref, je ne comprends rien à cette histoire.

Du coup, j'écris ce billet de blog pour qu'on trouve au moins quelque chose qui parle de l'endroit quand on cherche le nom dans Google. Après tout, peut-être que ça attirera les regards d'une personne qui en sait plus !

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(dimanche)

Comparaison entre deux motos (Honda CB-500F et Yamaha Tracer 9 GT)

J'ai en ce moment (et normalement ce n'est que temporaire) deux motos, puisque j'en acheté une Tracer 9 en octobre (fiche technique ici) après être passé au permis A complet, et que je n'ai pas encore revendu la CB-500F (fiche technique ici) que j'avais achetée après avoir obtenu le permis A2. J'ai fait quelques balades et surtout (vu que la météo ne se prête pas trop aux balades) pas mal d'allers-retours domicile-travail avec la nouvelle (le totaliseur en est à 1760km au moment où j'écris), mais je continue à faire rouler un minimum l'ancienne (16680km au totaliseur) au moins pour ne pas que la batterie se décharge. L'occasion de faire un point sur la différence de ressenti entre elles : outre la différence entre ces modèles précis (qui n'a probablement d'intérêt pour pas grand-monde), ce que je trouve frappant est combien on s'habitue vite à des petites choses qui se fixent dans la « mémoire musculaire ».

La première chose qui me frappe quand je reprends la CB-500F, c'est la différence de position de conduite. Pourtant, la différence de hauteur de selle n'est pas si grande (785mm pour la CB-500F contre 810mm pour la Tracer 9 avec la selle en position basse, si j'en crois les fiches techniques), donc je pense que c'est plutôt la différence de hauteur au guidon qui doit jouer (on est plus penché vers l'avant sur la CB-500F), et qui me donne l'impression de monter sur un vélo. La différence de poids (189kg pour la CB-500F contre 210kg pour la Tracer 9) doit aussi jouer dans cette impression, mais je crois que c'est surtout la hauteur qui l'explique : les 2.5cm de différence sur la selle ne sont peut-être pas beaucoup, mais le fait est que sur la CB-500F, à l'arrêt, je peux poser les deux bottes bien plat au sol, alors que sur la Tracer 9, je touche le sol, certes, mais mon appui n'est pas aussi ferme, et comme la moto est plus lourde je me sens dans un équilibre beaucoup moins stable.

Indiscutablement, la CB-500F est plus maniable. Si je devais faire des trajets en ville (mais justement je n'en fais pas, ou quasiment pas, juste pour aller à la concession), je préférerais celle-ci. (Enfin bon, à ce niveau-là, en fait, je préférerais une électrique équivalente 125cm³, ou un vrai vélo, en fait. Mais je digresse : de toute façon, en ville, je prends essentiellement le métro ou mes pieds.) La CB-500F est plus maniable, mais ce n'est pas pour autant que la Tracer 9 ne l'est pas : j'avais un peu peur que cet aspect soit gênant, mais je n'ai pas été embêté pour tourner un peu serré dans les situations de la vie courante. J'avais aussi peur que les 10cm de largeur de plus (ce qui n'est pas rien !) me dérangent pour faire de l'interfile, mais je n'ai pas vraiment remarqué.

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(mardi)

Nouvelle tendinite calcifiante à l'épaule

Je suspens l'écriture d'une entrée de blog sur les mathématiques constructives qui est en train de développer des excroissances dangereusement nombreuses pour parler un peu de moi, et d'une nouvelle tendinite à l'épaule — gauche, cette fois.

Je dis cette fois, parce qu'il y a trois ans et demi, je m'étais fait une très méchante tendinite à l'épaule droite. (J'en avais parlé ici, , et sur ce blog, mais je résume cet épisode passé.) L'élément déclencheur s'était produit (le ) alors que je travaillais l'épreuve de plateau du permis moto : la moto avait commencé à pencher alors que je la manœuvrais à allure très lente, j'avais tenté de l'empêcher de tomber, et en ce faisant j'avais tiré très fortement sur mon épaule droit. Sur le moment, la douleur avait été assez faible, mais le soir même elle était très forte, et j'ai passé trois ou quatre nuits à très peu dormir, j'ai eu vraiment mal pendant une dizaine de jours, et encore en faisant quelques mouvements pendant environ trois mois. Pendant les quelques premières semaines, je ne pouvais plus lever le bras. J'ai passé plusieurs examens, d'abord des radios et une échographie, puis une IRM pour confirmer, et finalement un arthroscanner ordonné par un chirurgien orthopédiste, lesquels examens ont donné des résultats un peu contradictoires (l'échographie indiquait que j'avais une rupture d'un ou deux tendons, finalement ce n'était pas le cas). Mais le point important, outre une dégénérescence un peu déprimante à mon âge (arthropathie gléno-humérale, bref, arthrose de l'épaule), c'est que j'avais des calcifications au niveau de deux (voire trois) tendons : le supra-épineux, le sub-scapulaire, et peut-être l'infra-épineux, qui causaient certainement ces douleurs, et qui se sont résorbées en un temps plus ou moins long.

De ce que je comprends de l'article Wikipédia sur les tendinites calcifiantes (d'ailleurs illustré par une radio d'épaule qui, à mon œil non-expert, ressemble bigrement à la mienne), c'est que dans des circonstances pas bien comprises (mais qui ne semblent pas liées à l'exercice physique), il peut se créer un dépôt d'une substance calcique (l'hydroxyapatite) au niveau de certains tendons, le plus souvent de l'épaule (et notamment le supra-épineux) ; puis ces dépôts calciques vont avoir tendance à se résorber, et c'est cette phase de résorption qui est surtout douloureuse, surtout si elle passe par une fragmentation des calcifications, et cause une inflammation des tendons. Il semble que la résorption des calcifications suivie d'un rétablissement spontané du tendon soit l'issue la plus courante des tendinites calcifiantes, et qu'il n'y a donc qu'à traiter par des anti-inflammatoires, mais des traitements visant à provoquer ou accélérer la résorption apatitique existent.

En 2018, je m'étais fait mal en rattrapant une moto, donc, mais ça ne pouvait pas être ça qui avait créé la calcification : cela prend du temps à se former (je ne comprends pas combien, mais certainement plus que quelques jours), elle était forcément déjà là, le choc l'a peut-être fragmentée, c'est sans doute ça qui a causé l'essentiel de la douleur, et finalement les calcifications se sont complètement résorbées.

Voilà maintenant qu'il m'arrive essentiellement la même chose, mais à l'épaule gauche, et cette fois il n'y a pas eu de choc ni d'événement déclencheur clairement identifiable : j'ai commencé vers fin décembre à avoir mal à l'épaule gauche, notamment la nuit où j'ai du mal à trouver une position confortable où dormir. (Je ne peux dormir que sur le côté — sur le dos ou sur le ventre, j'étouffe — et si je me mets à gauche ça a tendance à appuyer là où ça fait mal, tandis que si je me mets à droite, ça a tendance au contraire à tirer.) Comme je me fais assez souvent des tendinites à la musculation, qui se résolvent normalement toutes seules assez vite, je ne me suis pas inquiété, mais là ça fait un mois et demi que ça dure et que ça ne s'améliore pas vraiment (enfin, il y a des hauts et des bas : certains jours ou surtout certaines nuits je pense que c'est parti, mais ça revient).

Je suis allé voir un médecin, qui m'a prescrit du paracétamol, du naproxène, et un gel à l'ibuprofène en application locale. Et m'a fait faire une radio et une échographie, qui ont révélé essentiellement la même chose qu'à l'autre épaule il y a trois ans : une calcification du tendon supra-épineux (et un début d'arthrose). Dans le langage fleuri des médecins :

Cher Confrère,

J'ai reçu Monsieur David MADORE, 45 ans, pour évaluation d'une scapulalgie invalidante. Ce patient pratique la musculation.

L'échographie a montré une ostéophytose marginale céphalique humérale antérieure. L'examen de la coiffe retrouve une calcification de 20×6 mm développé à la partie postérieure du tendon supra épineux et une calcification centimétrique dense de 10 mm. Il n'y a pas de bursite, pas de rupture tendineuse. Il n'y a pas d'anomalie des tendons biceps, sous-scapulaire ou infra épineux et petit rond. Les muscles sont normaux. Il n'y a pas de comblement de la fosse spinoglénoïdienne, pas d'épanchement glénohuméral.

J'ai donc complété par des radiographies qui objective les dépôts calciques et qui confirme la présence d'une omarthrose débutante avec une ostéophytose glénohumérale inférieure et un début de pincement postérieur démasquée [sic] en rotation externe.

(Les rapports analogues faits sur mon épaule droite il y a trois ans sont recopiés dans les entrées à ce sujet liées ci-dessus.)

La douleur n'est pas continue, et n'est généralement pas très forte. Je ne suis pas gêné dans mes mouvements, il n'y en a que quelques uns qui sont un peu douloureux, comme enfiler un blouson (particulièrement mon blouson de moto, d'ailleurs, parce qu'il est lourd et rigide), le reste du jour je n'ai pas ou quasiment pas mal. (J'ai d'ailleurs réussi à trouver un nombre raisonnable de mouvements de musculation que je peux effectuer sans douleur, et qui me donnent même l'impression de faire du bien.) Mais la nuit, je suis assez souvent réveillé, ou empêché de me rendormir. Le naproxène aide clairement, mais ce n'est sans doute pas une bonne idée d'en prendre trop longtemps.

Globalement, la situation de mon épaule gauche maintenant semble meilleure que celle de mon épaule droite en 2018 (il y avait plusieurs tendons affectés, la douleur était vraiment terrible au début, je ne pouvais plus lever le bras), mais en 2018 ça s'était tout de même réglé assez vite alors que là je ne suis pas sûr qu'il y ait une amélioration significative. Peut-être est-ce lié au fait que la calcification a l'air plus importante (le rapport en signale une de 20×6 mm et une de 10 mm, alors que la seule dimension mentionnée dans les rapports de 2018 est de 4 mm).

Toujours est-il que j'espère que ça va quand même se résoudre tout seul. Et que j'aimerais bien savoir pourquoi mes épaules ont tendance à se calcifier, comme ça. (D'après mes dernières analyses sanguines, qui datent justement de 2018, ma calcémie est normale — ma calcémie corrigée est à 2.31mmol/L — donc ce n'est pas une surabondance de calcium qui explique le problème.)

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