David Madore's WebLog: Fichue tendinite

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(lundi)

Fichue tendinite

J'ai déjà raconté que je n'avais pas les épaules symétriques : alors que mon épaule gauche se place naturellement dans le plan où les livres d'anatomie disent qu'elle est censée être, mon épaule droite a toujours tendance à être avancée par rapport à ça (plus ou moins avancée selon la manière dont je tourne les bras, mais toujours au moins un peu décalée vers l'avant). Et sans doute en rapport avec ça (même si le lien de causalité exact m'échappe), (a) j'ai beaucoup moins de mobilité dans l'épaule droite, et (b) j'ai beaucoup plus facilement mal à elle. Je me suis plusieurs fois fait des tendinites à l'épaule droite en faisant de la muscu (surtout les exercices consistant à lever les bras vers le côté ou vers l'avant), jamais à la gauche, et je dois toujours veiller, sur ce genre d'exercices, à régler la charge bien en-deçà de ce que je crois être capable de porter. (Plusieurs fois je me suis dit que j'allais essayer de forcer mon épaule dans la position où elle devrait être pour faire l'exercice, mais j'ai l'impression que c'est encore pire.)

Le problème, en outre, avec les traumatismes aux tendons à l'effort, c'est que souvent ils ne préviennent pas tout de suite : on peut ne pas du tout se rendre compte qu'on a trop forcé, et le découvrir le soir même, voire le lendemain, ou même le surlendemain, lorsque la douleur s'installe. Et il faut facilement des semaines, parfois des mois, pour revenir à un semblant de normalité (en plus de ça, pendant ces semaines ou ces mois, les muscles participant secondairement à l'effort pour contrôler la position des membres ont tendance à fondre énormément, donc si on reprend au niveau où on croit en être, c'est la garantie de réactiver la tendinite : il faut recommencer très progressivement). Bref, au moindre excès, on perd des mois d'entraînement, et je dis ça alors que je fais de la muscu juste pour le plaisir, je n'ose imaginer ce que ça donne chez ceux qui s'y prennent vraiment sérieusement.

Bon, mais là je me suis fait mal à l'épaule non pas en salle de sport mais, vendredi, en retenant une moto qui allait tomber (à essentiellement 0km/h, je précise — c'est là que l'équilibre est précaire) : j'ai eu le réflexe de l'empêcher de verser à droite, et c'était une très mauvaise idée, parce que c'est beaucoup plus lourd qu'un vélo et que mon épaule droite n'a pas apprécié du tout. Alors certes je savais que la moto pouvait être dangereuse, mais je ne pensais pas du tout à ce genre de choses.

Et ce qui est insidieux, c'est que je ne m'en suis quasiment pas rendu compte sur le coup. Ça a un peu tiré, mais la douleur à ce moment-là était très modérée et elle a disparu presque immédiatement. Je suis rentré sans m'apercevoir que je m'étais fait mal. Dès que je suis arrivé chez moi je me suis rendu compte que quelque chose n'allait pas, parce que ma main droite était comme ankylosée ; cette impression-là n'a pas duré non plus. Mais la douleur à l'épaule a vraiment crû tout au long du week-end.

Ça tombe vraiment mal (comme toujours), parce que mon poussinet et moi avions déjà des tracas en tête dont nous cherchions à nous distraire en passant un week-end du côté de la Champagne. Je ne recommande pas spécialement, en tout cas à ceux qui comme nous ne boivent pas d'alcool : à part que la Montagne de Reims offre de jolies vues (notamment dans le hameau fort peu originalement dénommé Bellevue) et quelques balades en forêt, on a vraiment l'impression que toute la région est entièrement consacrée à leur fameux vin pétillant, et notamment la ville d'Épernay m'a fait une très mauvaise impression (à la seule exception du très mignon parc de l'Hôtel de Ville) — notamment, l'avenue de Champagne, alignement de sièges de grandes maisons de champagne, me fait l'effet de ces quartiers d'affaires où s'alignent les sièges de grandes sociétés — architecturalement beaux, mais complètement déshumanisés. Mais évidemment, c'est encore pire si on a du mal à penser à autre chose qu'au fait qu'on a mal à l'épaule.

Enfin, dans la journée, ça va : je suis handicapé parce que je n'arrive pas à lever le bras droit au niveau de l'épaule[#], mais si je le laisse juste se reposer, je n'ai pas mal ou quasiment pas. Mais la nuit, c'est vraiment autre chose…

[#] Problème : je donne un cours mercredi matin. À moins d'une amélioration spectaculaire d'ici là, je ne serai pas capable d'écrire au tableau. Je me demande s'il vaut mieux que j'essaie de faire déplacer ce cours, que je convainque un collègue de me remplacer, que je le donne en montrant les transparents qu'un collègue a faits pour une vieille version de ce cours, que je le donne sans écrire au tableau, ou encore que je demande à un élève de me servir de scribe. Toutes ces options sont assez pourries.

J'ai l'habitude de dormir sur le côté : sur le dos ou sur le ventre je me réveille vite en ayant l'impression d'étouffer (ce n'est pas clair pour moi dans quelle mesure j'étouffe vraiment ou simplement j'ai développé cette impression à force de me forcer à dormir sur le côté pour éviter de ronfler)[#2]. Sur le côté droit, en l'occurrence, c'est hors de question (ça m'est arrivé, lors de précédentes tendinites, de conster que dormir sur le tendon douloureux était, en fait, moins douloureux, mais cette fois-ci j'ai essayé et ce n'est pas envisageable). Mais même sur le gauche, je n'ai pas réussi à trouver une position qui ne me fasse pas mal, que le bras droit soit le long du corps et reposant dessus, le long du corps en dévers, replié, ou d'aucune autre façon : il y a toujours quelque part où ça tire. Mon poussinet a fini par avoir l'idée de mettre un oreiller entre mon corps et mon bras, ça aide un peu (essentiellement parce que ça permet plus de positions stables, le bras étant retenu par le frottement sur l'oreiller), mais mon sommeil reste très précaire : j'ai mal dormi la nuit de vendredi à samedi, encore plus mal de samedi à dimanche, et la suivante était encore pire (j'espère que ça va commencer à s'améliorer !). Essentiellement par blocs de 1h ou 2h entrecoupés de réveils causés par la douleur. Et à force, la fatigue me pèse vraiment.

[#2] Je viens de m'acheter une orthèse censée aider avec ce problème, mais je suis un peu sceptique sur le fait qu'il soit vraiment possible de dormir avec ce machin en bouche.

Je suis bien sûr allé voir un médecin. Et je mesure bien sûr la chance que j'ai de vivre dans un pays avec un système de santé qui me permet de consulter un généraliste dans la journée (et pour une somme plus que raisonnable). Mais j'ai quand même une remarque ou deux à faire à ce sujet.

J'avais pris l'initiative de prendre dès le premier jour du naproxène pour calmer l'inflammation (2×550mg/j les premiers jours, plus de l'oméprazole pour protéger mon estomac), un gel au kétoprofène en application locale, et du tramadol+paracétamol la nuit pour calmer la douleur (je n'aime vraiment pas prendre du tramadol vu que c'est un opiacé, mais il faut bien que j'arrive à dormir un peu). Il me restait de tout ça d'une précédente tendinite (où je n'avais quasiment rien consommé de ces médicaments). Le médecin m'a prescrit exactement ce que [je lui avais dit que] je prenais (moins le kétoprofène) : ce qui est normal — même patient, même médecin, mêmes symptômes (quoique plus graves) ⇒ même traitement. Il m'a aussi prescrit de faire faire une échographie et une radiographie de l'épaule, je vais y revenir. Mais quand j'ai parlé de ma difficulté à dormir parce que je ne trouvais aucune position où je n'avais pas mal, ça n'a pas semblé susciter le moindre commencement d'intérêt chez lui. Alors je comprends bien que son temps est précieux et qu'il y a des gens qui vont beaucoup plus mal que moi et que ce n'est pas son boulot de m'aider à trouver exactement quel mouvement me fait mal et comment je pourrais me mettre pour dormir, ni forcément d'écouter mes petits tracas qui ne sont pas directement d'ordre médical. Mais je suis persuadé que c'est une des raisons qui font que beaucoup de gens se tournent vers les charlataneries qu'on qualifie de médecines douces ou médecines alternatives : que si j'allais voir un osthéopathe, au moins, il y a des chances qu'il prenne le temps de discuter avec moi de ce genre de choses et peut-être de trouver des astuces comme celle que mon poussinet a imaginée avec l'oreiller.

La deuxième remarque concerne l'échographie de l'épaule. C'est un peu le parcours du combattant d'obtenir un rendez-vous (rapide) pour une échographie de l'épaule : et le problème n'est pas, apparemment, d'un manque de radiologues (en tout cas pas à Paris), le problème est l'ultra-spécialisation du domaine. Moi je pensais qu'il y avait une division des actes en grands domaines du genre : radiographie, échographie cardiaque, échographie gynécologique, échographie viscérale, échographie des membres — des choses comme ça. Mais non ! Par exemple, j'ai trouvé un centre d'imagerie qui pratique de échographies des chevilles, genoux et coudes mais pas des épaules (j'ai vraiment du mal à comprendre, là). Et comme la typologie n'a pas l'air standardisée, un site comme Doctolib ne permet pas de chercher le premier rendez-vous disponible pour une échographie de l'épaule sur tout Paris : il faut essayer un par un les centres d'imagerie, regarder comment ils classifient l'échographie de l'épaule, et demander quel rendez-vous ils peuvent proposer. Au final, j'ai bien trouvé un rendez-vous rapide (cette semaine), mais il y a vraiment un problème d'organisation qui pourrait être améliorée.

Suite : en fait, c'est plus grave qu'une tendinite : voir cette entrée ultérieure. • Nouvelle mise à jour : voir cette entrée-ci.

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