David Madore's WebLog: 2007-02

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in February 2007 / Entrées publiées en février 2007:

(mercredi)

Pierres précieuses à gogo

Je sais bien qu'on peut acheter les choses les plus fantastiques et invraisemblables, dans le monde dans lequel nous vivons, mais il y a vraiment des fois où je m'en émerveille.

[Pierres précieuses]Avez-vous une idée du prix des rubis ? Mettons, un rubis d'autour de 13 carats[#] ? Activant mon Grand Pifomètre, j'aurais dit quelque chose autour de 1000€ et peut-être 10000€ pour un diamant de la même taille. Il se trouve que pour le diamant je suis très largement en-dessous du compte : en cherchant des comparateurs sur le Web je vois que ce genre de pierre (pour une couleur presque sans teinte et une composition parfaite, avec une coupe ronde) se vend autour de 400000€. Pfiou, je vais réviser mon pifomètre, moi. S'agissant du rubis, c'est plus difficile d'avoir des chiffres, mais ça a l'air d'être peut-être cinq fois moins cher. Mettons 80000€ pour un rubis de 13 carats, donc.

Sauf qu'il y a une subtilité (pour les rubis, je veux dire) : ça ce sont des rubis naturels. Parce qu'on trouve aussi des rubis de synthèse : chimiquement, c'est exactement la même chose (un cristal de corindon, c'est-à-dire de l'alumine), et ce n'est pas du tout facile à distinguer d'un vrai. Comme je suis du genre de personne qui n'a rien à faire de l'origine naturelle de ceci ou cela (je lève les yeux au ciel quand on me parle de vitamine C naturelle par exemple), un cristal de corindon c'est un cristal de corindon et un rubis synthétique n'est pas moins vrai qu'un naturel. Je repose donc la question : quel est le prix d'un rubis d'environ 13 carats ? Là, mon pifomètre m'aurait soufflé quelque chose comme 100€ (enfin, ça c'est ce que j'aurais dit avant d'avoir la vraie valeur pour les pierres naturelles).

La réponse correcte : 2.50€. Non, ce n'est pas une erreur : deux euros et demi le rubis de 13 carats.

C'est sûr que c'est un peu différent. Je ne sais pas qui sont les gens qui achèteraient trente mille fois plus chère la même pierre, mais à mon avis ils sont un peu fous. (J'en profite pour dénoncer la loi qui interdit d'appeler les pierres synthétiques vraies : c'est une connerie invraisemblable d'avoir des règles comme ça, ces pierres sont vraies et on n'a pas à protéger les spéculateurs qui veulent vendrent leurs pierres naturelles à des prix délirants.)

Bref, on peut acheter ces petites choses-là sur le Web (Pehnec Gems), vous avez un lot de 10 pièces de 16mm de diamètre (c'est ça que j'estime à 13 carats — je n'ai pas vérifié avec une balance) pour $32 (bon, les frais de port sont un peu élevés, par contre, il faut compter $24 pour une livraison en Europe parce qu'ils s'amusent à envoyer ça par un truc style chronopost). J'ai craqué et je m'en suis fait livrer… c'est tout bonnement sidérant à regarder. La photo ci-dessus ne rend vraiment pas justice à la beauté de la pierre.

(J'avoue que comme le paquet portait l'indication rubis j'avais un peu peur que la douane me réclame des taxes sur la base du prix du rubis naturel, j'aurais été bien embêté. Heureusement, rien de la sorte ne s'est produit.)

Et le diamant sur la photo, alors, vous demandez ? Bon, là il y a bien une supercherie complète : le diamant en question n'en est absolument pas un, c'est du zircon cubique ; quelqu'un d'un peu naïf pourrait peut-être le prendre pour du diamant (comme le diamant, il est très réfractif donc il étincelle beaucoup, il est très dur, beaucoup plus que du verre, et c'est un cristal de même structure cubique), mais dès qu'on sait que cette supercherie est possible ça ne doit pas être difficile de faire la différence… enfin, je n'ai pas un vrai diamant pour comparer, mais il semble que le zircon cubique soit plus dispersif (il fait des petits arcs-en-ciel), plus lourd, et considérablement plus isolant therniquement (un vrai diamant a un toucher froid comme le métal, parce qu'il conduit extrêmement bien la chaleur, ce n'est pas du tout le cas du faux). Ça n'empêche que je trouve ça très joli à voir (comme les rubis, j'en ai acheté un lot de 10 de 16mm). Les bijoutiers en abusent dans les bijoux low cost : mais même les moins chers vous feront toujours payer beaucoup plus que ce qu'on trouve chez ce fournisseur, il faut bien admettre que deux euros et demi la pierre ce n'est pas exorbitant même pour un faux diamant. Les vrais diamants de synthèse, eux, ils ont l'air d'être certes moins chers que les vrais (peut-être deux fois moins ?) mais quand même rien de comparable aux vrais rubis de synthèse. Dommage.

[#] Un carat vaut 1/5 gramme (200mg).

(samedi)

C'est beau, la technique

Pour une fois je vais parler des ordinateurs pour en dire autre chose que du mal (non, non, ce n'est pas une usrpation). Parfois, la technologie peut effectivement servir à rapprocher les gens. Par exemple, je suis assez impressionné par Ekiga (ex[#]-GnomeMeeting) : c'est mon premier contact avec la VoIP, je pensais que c'était un truc hautement foireux, contrôlé uniquement par des systèmes et protocoles propriétaires comme Skype (dont j'ai surtout entendu énormément de mal), et je constate avec surprise qu'en fait, non, ça marche très bien avec cette application libre (je parle d'Ekiga, hein) et que c'est vraiment très facile à utiliser. Donc non seulement je peux parler avec le garçon que j'aime (il n'a pas encore pu s'acheter un téléphone mobile là où il est : apparemment, au Canada, ce n'est pas aussi facile qu'en France de trouver des trucs prépayés sans engagement et sans compte en banque local), mais en plus on peut se voir à travers nos petites webcam, et ça c'est quand même vraiment bien. Bon, le son est plutôt pourri, mais c'est probablement plus la faute de nos micros que de la couche applicative.

[Compte à rebours]La technique permet aussi de voir le temps passer : c'est quelque chose de formidable qui s'appelle une barre de progression. Alors avec un peu de complicité, je m'en suis fait une sur mon bureau (que j'ai rangée à côté de la phase de la lune et de l'indicateur météo), qui me permet de mesurer le temps restant à attendre avant son retour. D'accord, peut-être que ce n'était pas une très bonne idée, parce que c'est surtout un peu déprimant de voir qu'on n'en est qu'à 3.5883%, mais bon, j'ai quand même la satisfaction que le petit bout bleu n'est plus tout à fait aussi négligeable qu'il l'était quand j'ai lancé le programme.

Maintenant que l'espace est maîtrisé et que le temps l'est aussi, que reste-t-il à faire, ô dieux des geeks ?

[#] Je l'avais déjà signalé, changer de nom est une des grandes spécialités des logiciels libres. Il faudrait créer une page récapitulant tous ces changements, parce que j'ai souvent du mal à m'y retrouver.

(vendredi)

Fragment littéraire gratuit #100

Qui peux-tu être ? Es-tu Siona Ishgur-Sal, général-en-chef des troupes impériales dans la si meurtrière bataille de Tuqnil — dont Je suis responsable ? Ou bien Marc, dont J'ai brisé la vie ? Alexandre le névrosé ? Gonhirn, le plus grand des héros ? Es-tu celui dont J'ai ouvert les yeux à la Vérité ? Quentin, l'idéaliste qui a vieilli ? Stéphane, à qui J'ai apporté le bonheur ? Es-tu l'esclave qui ploie devant son maître ? L'alchimiste à qui J'ai révélé l'Œuvre ? Brian, nommé en signe de paix ? Le Magicien, le Gardien ou le Général ? Le Dragon ou le Dieu de Vie ? Ou es-tu le Libérateur, décidé à affranchir tous ceux que J'ai créés ? Peut-être enfin es-tu Moi-même, depuis le fond de Mon abyme ?

Tu es venu jusqu'à Moi. Dans cette chambre, ce soir, dans cette chambre où Je croyais être seul, cette chambre où tout se joue, où J'écris ces phrases, tu es entré et tu Me regardes. Tu ne Me quittes pas des yeux. Seul. Seul avec Mes créatures. Tes yeux hurlent la vengeance.

Un instant, Je M'imagine M'agenouillant à tes pieds : te suppliant de Me pardonner, au nom de vous tous, pour ce que Je vous ai fait subir. Mes enfants ! pouvez-vous seulement deviner que Je vous aime autant que tu Me hais ? M'accorderais-tu ton pardon ?

Comprends-tu seulement Mon besoin de créer ? Démiurge de pacotille, qui rêve de mondes infinis, Je n'en accomplis que des fragments. Ressens-tu Ma honte devant ce qui est imparfait ? Sais-tu combien Je souffre des limites qui vous retiennent ?

Non. Tu ne peux pas M'entendre.

Tapi dans l'ombre où vivent les cauchemars et les remords, tu t'approches de Moi. Je frissonne. Je compte jusqu'à trois. Tu lèves la main sur Moi. Je fais ce que Je dois : J'écris trois mots en retenant Mon souffle. Trois mots :

Tu es mort.

J'essuie une larme.

(lundi)

Vol AC 881 pour Toronto

Ce n'est pas évident de faire des adieux dans un aéroport… Pour commencer, ces endroits me mettent mal à l'aise : l'impression que les passagers sont traités comme du bétail me paraît chaque fois plus terrifiante, entre d'une part les compagnies aériennes qui pratiquent les tarifs les plus incompréhensibles, n'hésitent pas à recourir elles-mêmes au surbooking et refusent à l'inverse de proposer des assurances raisonnables sur l'annulation des tickets ou la perte des bagages, — et d'autre part les contrôles de sécurité qui ne protègent contre rien mais donnent juste aux passagers le plaisir (masochiste ?) de croire que si on les maltraite autant c'est certainement pour leur propre sécurité[#]. J'en viens à essayer de me rappeler à quoi pouvait bien ressembler le transport aérien à une époque vaguement civilisée : de même peut-être dans quelques années s'étonnera-t-on qu'il y ait eu un temps où même sans payer le luxe de la classe affaires on avait le droit de voyager autrement que nu, menotté, entassé et endormi… Mais je digresse.

Ce n'est pas évident de faire des adieux dans un aéroport, disais-je : on est pris dans des files d'attente dont on ne sait pas bien jusqu'où elles vont, quelque part il va falloir se séparer, on veut repousser ça le plus loin possible pour ne pas s'en aller alors que l'autre reste à faire la queue, mais plus on avance dans la file plus ça devient difficile, on se dit avec angoisse qu'on ne va pas pouvoir passer cinq minutes à s'embrasser sous le nez du douanier. D'ailleurs on se demande vaguement s'il y a des gens qui regardent avec un air un peu bizarre les deux garçons qui s'embrassent… Zut, je digresse à nouveau.

Bref, c'est fait, et on est quand même arrivé à sourire entre les larmes : peut-être que c'est en se séparant un peu qu'on apprend à se rendre compte combien on s'aime. Parce que, finalement, ce n'est pas tant un grand vide qui se crée qu'un grand plein qui s'éloigne quelque temps.

Il y a comme un effet de syncope au moment où on se quitte : on passe d'un régime où on comptait les dernières semaines, puis les jours, puis les heures, puis les mètres de file d'attente restants avant l'adieu, à un autre où tout d'un coup il faut compter cinq mois pour se retrouver et plus cinq minutes pour se séparer. C'est un peu vertigineux. On passe de se dire c'est la dernière fois que <ceci-cela> à maintenant je fais quoi ?. Bizarre.

Je crois pourtant que ces quelques derniers jours ont été bien employés : à faire le plein d'images et de souvenirs pour tenir pendant les semaines d'attente, à profiter de chaque moment ensemble, je n'ai vraiment rien à regretter.

Mais, dans l'immédiat, je crois aussi que mes propos sont assez incohérents comme ça, je vais donc en rester là pour le moment.

[#] Plus de détails dans cette ligne d'idées (la dénonciation du vaste pipo des mesures de sécurité du transport aérien) sur le blog de Bruce Schneier que je recommande au passage.

(mardi)

Une conférence qui tombe à point ?

Et si j'essayais d'aller  ?

(dimanche)

Toronto, c'est loin

Toronto, c'est loin (6020km de chez moi, pour être précis), et cinq mois c'est long (146 jours, en fait). C'est la distance et le temps par lesquels je vais être séparé de mon amour, qui part en stage la semaine prochaine.

J'avoue que j'ai peur. Peur de la façon dont lui et moi allons vivre cette durée ; peur de perdre cette joie qui éclaire ma vie depuis huit mois ; peur à cause de cette prophétie ; peur que nous devenions fâchés ou distants l'un de l'autre ; peur que les choses ne soient plus pareilles. Peur de ne plus savoir gérer ma solitude sans le soutien d'une caresse réconfortante, sans l'étreinte d'un bras que j'aime.

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?

J'essaierai de lui rendre visite à mi-parcours, vers le mois d'avril, si j'arrive à prendre des vacances (ce qui n'est pas gagné pour toutes sortes de raisons), ce qui serait l'occasion de revoir Toronto ; mais j'ai peur de ne pas y arriver. Je vais repasser cette année un concours qui, l'an dernier, m'avait conduit au bord du craquage nerveux et qui ne devrait pas être moins stressant cette fois-ci : j'ai peur que ce moment-là soit particulièrement éprouvant. Je devrais aussi quitter, cet été, l'endroit où j'ai passé des jours si heureux (et dont la destruction des lieux symboliques sonne à mes oreilles comme un étrange avertissement) ; que j'aie ou non le droit de vivre encore dans la ville que j'aime avant tout dépendra des jugements impénétrables des commissions de spécialistes qui examineront mon dossier scientifique. J'ai peur.

Mais bon, mon amour et moi avons échangé quelques gages de notre souvenir et témoignages de notre affection, je suis rassuré qu'il sera bien accueilli là où il va et que tout va bien se passer. Malgré ma peur, je suis confiant.

(samedi)

De la facilité d'installer une imprimante sous Linux

Mon copain m'a prêté son imprimante laser, une Brother HL-2030, et j'ai décidé de la faire fonctionner avec mon ordinateur qui tourne (encore) sous Debian GNU/Linux.

Sur à peu près n'importe quel autre système d'exploitation, on choisirait dans un quelconque panneau de configuration un onglet de gestion des imprimantes, on cliquerait sur ajouter imprimante (enfin add printer, parce que je déteste que les ordinateurs me parlent le petit nègre qui leur tient lieu de français), on choisirait la marque (Brother) et le modèle, on imprimerait une page de test, et ce serait fini.

Sous Linux, heureusement, c'est beaucoup plus simple. Ahem.

D'abord on prend le soin d'aller sur LinuxPrinting.org pour savoir si l'imprimante est gérée et ce qu'ils conseillent. On constate qu'elle n'est pas dans la base de données mais qu'il y a un modèle avec un nom très proche et qui est peut-être la même chose, ou peut-être pas. On constate également qu'il y a, sur cette description, pas moins de sept pilotes censés pouvoir faire marcher cette imprimante, sans compter le pilote propriétaire fourni par le fabricant, alors on se dit qu'on a peut-être une chance. (On découvrira plus tard qu'en fait certains de ces pilotes sont le même, et que d'autres ne semblent pas/plus exister, mais on n'y est pas encore.)

On passe rapidement sur le pilote propriétaire fourni par le fabricant : soit parce qu'on préfère ce qui est libre, soit parce qu'on trouve que des instructions qui demandent de faire dpkg -i --force-all trucmuche.i386.deb ne doivent pas être très propre surtout quand on est sur x86-64 et pas x86-32 (comme le .i386 l'indique), soit parce qu'on n'aime pas tel ou tel autre aspect du machin. Bref, on est brave et on se dit qu'on va utiliser des drivers libres.

Mais avant de commencer, il faut choisir un spooler d'impression. Parce que, comme je disais, sous n'importe quel autre OS, mettre en place une imprimante revient juste à choisir un pilote : sous Linux, on n'a pas seulement le choix du pilote, on a aussi le choix du spooler (= le démon qui s'occupe d'envoyer vos travaux d'impression au pilote, de les ordonnancer, etc.). Choix entre au moins CUPS, lpd, LPRng, PPR et pdq. Voire, pas de spooler du tout si on préfère. (Évidemment, tout ça est surtout drôle si on n'a pas encore compris que tous ces choix existent et sont mutuellement incompatibles et qu'on commence à suivre des instructions afférentes à deux choix contradictoires ; c'est encore plus drôle quand on sait que les différents spoolers ont tendance à inclure des programmes de compatibilité les uns avec les autres, qui ont donc les mêmes noms les uns que les autres.) Bon, mettons qu'on choisisse CUPS parce qu'on en a vaguement l'habitude ailleurs et qu'on se croit beaucoup plus fort qu'ESR.

Je passe sur la première difficulté qui est de trouver sous quel nom de package Debian se cache CUPS (le problème n'est pas tant de trouver un package, c'est de savoir exactement quoi installer, tant les descriptions des rapports entre les différents packages sont obscures) : en l'occurrence j'en savais déjà quelque chose, donc je n'ai pas trop hésité. CUPS propose ensuite une jolie interface Web (enfin, jolie, ça dépend des goûts, mais au moins une interface) pour ajouter une imprimante. Première surprise, il ne semble pas connaître quoi que ce soit aux imprimantes USB. On cherche un peu à tâtons : il y a des packages appelés foomatic-db ou foomatic-filters dont le rôle est parfaitement obscur (et plus encore le rapport à CUPS, Ghostscript et tout le bazar) ; il y en a un qui s'appelle printconf et qui semble prometteur, malheureusement il ne fait rien du tout. Après réflexion on se rend compte que c'est parce qu'on n'a pas chargé le module noyau qui gère les imprimantes USB : mais, même une fois ce module chargé, il prétend ne pas connaître l'imprimante en question. Dommage. Retour à l'interface de CUPS qui, maintenant que le module noyau est chargé et divers packages foomatic et gutenprint installés, est un peu plus loquace. Cependant, le modèle précis n'est décidément pas connu : le plus proche semble être le HL-2060, mais si on l'utilise comme pilote l'imprimante reçoit des données et s'active pendant un moment mais au final n'imprime rien.

Je reviens aux questions de pilote : il faut savoir (de nouveau, si on ne le sait pas, on va être totalement perdu dans une forêt d'explications contradictoires) qu'il y a aux moins deux séries principales de pilotes d'impression (libres) sous les Unixoïdes à la Linux : il y a la série Ghostscript (Ghostscript lui-même existe en au moins trois branches différentes, sinon ne ce serait pas drôle : il y a la branche GNU qui est en gros une version retardée de la branche Aladdin, et la branche ESP essentiellement par les gens de CUPS), et il y a la série Gutenprint qui se fut appelée Gimp-Print (changer de nom est une des grandes spécialités des logiciels libres : voyez le programme Phoenix, développé par un groupe appelé soit Netscape soit Mozilla, qui est devenu Firebird puis Firefox ; en l'occurrence, ils ont changé de nom parce que ça n'avait plus grand-chose à voir avec Gimp : bon). L'idée est que Ghostscript est un interpréteur PostScript qui possède différents formats de sortie, dont les langages de toutes sortes d'imprimantes, alors que Gutenprint doit plutôt fonctionner de façon bitmap. Pour rajouter un peu à la confusion, les pilotes Gutenprint peuvent aussi servir dans Ghostscript. Ou quelque chose comme ça. Bref, on commence à être sacrément perdu.

Le pilote que LinuxPrinting.org recommandait était le pilote hl1250 qui fait partie de la série Ghostscript (remarquons d'ailleurs que la page est très vieille puisqu'elle parle de patchs pour Ghostscript 5 alors que ma Debian pas spécialement bleeding edge fournit un Ghostscript 8.51 rien que dans la vieille version GNU). En admettant qu'on commence à avoir une certaine habitude d'Unix, on est capable de prononcer l'incantation mystique (gs -dNOPAUSE -dQUIET -sDEVICE=hl1250 -sOutputFile=/dev/usb/lp0 machinchose.ps) pour faire pondre un sortie de fichier brut (ce qu'il enverrait directement à l'imprimante) à ce pilote Ghostscript à partir d'un fichier PostScript et le balancer directement dans le périphérique d'impression. Ça marche plus ou moins, sauf que l'imprimante imprime deux exemplaires de la page chacune réduite à une demi-page en largeur : on devine confusément que c'est parce qu'elle essaie de faire du 1200dpi alors qu'elle n'en est pas capable, Au pif, on essaie le pilote hl1240 et là, apparemment, l'imprimante est contente.

Reste que dans CUPS ça ne fonctionne toujours pas. En regardant de plus près, il s'avère que c'est surout parce que CUPS ne semble vouloir utiliser que les pilotes Gutenprint et que ceux-ci (comme on peut le voir en leur faisant eux aussi sortir la sortie brute qu'ils envoient à l'imprimante) ne mettent pas des petites formules propitiatoires que l'imprimante semble vouloir entendre pour daigner cracher une feuille : ^[%-12345X@PJL JOB NAME="Truc"^M^J@PJL ENTER LANGUAGE=PCL^M^J et autres enjolivures ; si on les rajoute, ça marche, mais on ne sait vraiment pas comment forcer le pilote à rajouter ces borborygmes.

Du coup, on se dit qu'on va utiliser le pilote Ghostscript hl1240, puisqu'il semble donner ce qu'il faut. Malheureusement, quelqu'un a l'air d'avoir décidé que Gutenprint c'était mieux et que tout le monde devait utiliser ça dorénavant, et du coup il n'y a apparemment plus de façon simple de demander à CUPS de gérer une imprimante avec des pilotes Ghostscript. On est obligé de se farcir l'écriture d'un script shell contenant essentiellement l'incantation mystique déjà indiquée ci-dessus pour appeler Ghostscript avec les bons arguments, puis un fichier encore plus barbare, un fichier PPD, pour que CUPS consente à l'utiliser.

Avec tout ça, ça semble marcher à peu près. Le centrage n'est pas parfait et on n'ose même pas chercher à faire du recto-verso, mais bon…

Vous voyez que c'est vraiment plus simple que sous Mac OS, hein ? Non ? (Le plus ironique, d'ailleurs, c'est que Mac OS utilise CUPS en interne lui aussi.)

(vendredi)

Nommez cette couleur : premiers résultats

Mon programme choisit des couleurs uniformément distribuée dans l'espace sRGB linéaire. Voici les couleurs qui ont été le plus souvent reconnues (en premier ou deuxième nom), et la valeur moyenne associée :

NomNb.RGBMoyenne
vert662 0.33270.72950.3252
bleu543 0.24670.52740.7352
rose386 0.81700.31620.5800
violet259 0.49050.19200.6700
jaune176 0.81210.81190.2440
mauve120 0.55560.29500.6644
gris114 0.50680.50170.5563
orange 89 0.81810.39360.1404
beige 64 0.70020.56900.3664
marron 57 0.52870.31840.1680
bleu ciel 56 0.31470.61580.8412
blanc 54 0.83430.83430.7710
vert pâle 53 0.50590.80190.4508
bleu clair 49 0.25250.64640.8257
vert clair 46 0.41770.82990.3649
rouge 40 0.59800.12610.1364
bleu turquoise 34 0.13470.70150.6787
rose pâle 32 0.86920.51940.6613
turquoise 31 0.19390.76680.6935
bleu gris 27 0.32660.47390.6569
jaune pâle 26 0.85000.86790.3697
bleu pâle 26 0.43970.63750.7761
violet clair 25 0.55250.23650.7458
violet pâle 20 0.60440.44120.7597
vert pomme 19 0.22380.75640.1437
kaki 18 0.33930.42550.1440
cyan 17 0.15860.78130.7535
blanc cassé 17 0.78190.80370.7043
rose bonbon 17 0.91310.36800.7289
pâle 16 0.65580.62850.6383
clair 15 0.57780.57840.6379
brun 14 0.53390.30770.0879
vert fluo 14 0.24450.86330.2709
vert d'eau 14 0.41180.86520.5516
saumon 13 0.79710.40260.2465
vieux rose 13 0.75090.37470.4051
bleu vert 13 0.26810.76270.6601
bleu-vert 13 0.21300.62540.5195
marron clair 12 0.57010.37070.1625
rose foncé 12 0.72630.11140.4506
turquoise 12 0.14460.83450.7518
vert pale 12 0.49140.84520.5136
fuchsia 11 0.72300.09660.5772
gris-bleu 11 0.38300.46070.6010
saumon 10 0.84120.38670.2615
vert anis 10 0.35470.85940.1594
gris clair 10 0.65530.66930.6697

Il y a évidemment des bizarreries et des anomalies de toutes sortes, mais dans l'ensemble ce n'est pas complètement aberrant. Une des choses qui m'étonne, quand même, c'est à quel point le rouge est bas sur cette liste : apparemment il y a assez peu de couleurs (en tout cas dans le cube sRGB linéairement distribué) auxquelles on donne spontanément ce nom-là. C'est notamment surprenant par-rapport à la fréquence du vert et du bleu, ou bien du rose.

(jeudi)

Nommez cette couleur

Je lance une petite webexpérience sur les noms qu'on donne aux couleurs (quelles sont, par exemple, les couleurs qu'on qualifie spontanément de bleu, où est la frontière avec le vert, combien de couleurs distingue-t-on spontanément si on ne cherche pas à entrer dans les détails, etc.). En commençant par le français (je lancerai peut-être plus tard la même expérience en anglais).

Vous pouvez y participer en allant sur http://www.madore.org/cgi-bin/color.pl avec un navigateur graphique (tenant compte des stylesheets CSS) et en donnant des noms — suivant les instructions — aux couleurs affichées. (Merci de ne pas pourrir la chose avec des données pipo.) [Fin () : Après avoir laissé cette expérience tourner pendant presque six ans, j'ai décidé d'y mettre un terme. Voyez ici pour quelques résultats. Voyez aussi l'entrée suivante.]

Quand j'aurai récolté suffisamment de données, j'en ferai quelque chose. Ou pas.

PS : Ce programme ne s'arrête jamais. C'est normal : continuez jusqu'à ce que vous en ayez assez. Il n'y a rien à gagner.

(jeudi)

Abstract nonsense

[Papier avec des calculs]Parfois une démonstration mathématique tient en peu de mots français.

(lundi)

Accident de travail

Zut, je me suis coupé en froissant un papier (sur lequel j'avais écrit des calculs faux) pour le mettre à la poubelle. Comme quoi la vie du mathématicien est pleine de dangers. (Et je ne vous parle pas de la poussière de craie qui salit, du café[#] qui tache et des autres inconvénients directement liés à nos outils de travail indispensables.)

[#] Voyez ici pour plus d'explications.

(lundi)

Éco-participation : la fin des prix TTC ?

Depuis le 15 novembre dernier, la France s'est dotée [décret nº2005-829 du 20 juillet 2005 (NOR: DEVX0400269D)] d'une nouvelle taxe sur les équipements électriques et électroniques, histoire de payer leurs frais de recyclage. Je suppose que c'est une bonne chose, en tout cas, je n'ai pas à m'en plaindre. (En revanche, je me plains beaucoup du fait qu'on manque totalement d'informations sur ce qu'on est supposé faire, en pratique, des vieilles cartes d'ordinateurs, des vieux disques durs, etc., dont on veut se débarrasser ; pour l'instant, je les accumule sans les jeter, ce qui me semble encore le plus simple. Mais ce n'est pas ce dont je veux parler ici.)

Ce qui m'horripile surtout, c'est que depuis que cette taxe a été créée, les vendeurs, sans doute pour ne pas donner l'impression d'avoir augmenté leurs tarifs, ne l'incluent pas dans les prix marqués. On voit donc fleurir des petites étiquettes prix hors éco-participation, des lignes supplémentaires sur nos tickets de caisse, etc. Je trouve ça absolument inadmissible : lorsque je vois un prix affiché chez un commerçant, je m'attends à ce que ce soit le prix net que je doive payer, toutes taxes comprises. (Et c'est quelque chose qui m'insupporte, par exemple, aux États-Unis, de ne jamais savoir exactement combien quelque chose coûte, parce qu'il faut toujours ajouter une taxe de vente dont on ignore le montant ; enfin, le pire c'est encore les restaurants puisqu'il faut aussi ajouter un service qui n'est pas marqué.) D'ailleurs, lorsque je fais les courses, je sors parfois la monnaie exacte avant la caisse, pour gagner du temps : il importe pour cela que les prix soient corrects, et connus de moi, au centime près, d'après les étiquettes en rayon.

De toute façon, ce n'est pas seulement moi qui condamne ça, puisque l'arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l'information du consommateur sur les prix (NOR: ECOC8700137A) stipule : Toute information sur les prix de produits ou de services doit faire apparaître, quel que soit le support utilisé, la somme totale toutes taxes comprises qui devra être effectivement payée par le consommateur, exprimée en monnaie française. Comment se fait-il que cette nouvelle taxe fasse exception ? (Peut-être justement que ce n'est pas une taxe mais un autre gadget législatif ou réglementaire inventé pour l'occasion. Toute personne sensée appellera quand même ça une taxe.)

Peut-être les commerçants n'ont-ils pas été prévenus à temps que la taxe entrait en vigueur : dans ce cas, il faut critiquer la manière dont le gouvernement prend des dispositions sans prévenir suffisamment à l'avance pour qu'elles soient correctement appliquées. J'imagine aussi (même si je ne vois pas d'instruction claire dans le décret) qu'il est imposé que le montant de la taxe soit indiqué quelque part explicitement (ce n'est pas toujours le cas, hélas) : personnellement, je m'en fous, mais je tiens à ce que le prix total soit clairement indiqué. Et force est de constater que ce n'est pas le cas.

(vendredi)

Portrait robot

[Portrait robot]Ce site (en Flash) permet de réaliser des portraits robots (c'est très rigolo) : on se rend compte que c'est vraiment très difficile d'en produire un qui ressemble… J'ai essayé d'en pondre un de moi-même, ça donne l'image ci-contre, qui n'est pas complètement sans rapport avec moi, mais on a quand même l'impression que ça pourrait être n'importe qui.

(jeudi)

Le bassin détruit

[Photo du bassin détruit]D'abord on nous a pris nos poissons, voilà qu'on nous a aussi détruit le bassin qui les contenait. À la pelleteuse. Snif.

Ensuite si les normaliens sont tout perturbés et ne réussissent pas leur agreg, faudra pas s'étonner !

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