David Madore's WebLog: 2004-11

This WebLog is bilingual, some entries are in English and others are in French. A few of them have a version in either language. Other than that, the French entries are not translations of the English ones or vice versa. Of course, if you understand only English, the English entries ought to be quite understandable without reading the French ones.

Ce WebLog est bilingue, certaines entrées sont en anglais et d'autres sont en français. Quelques-unes ont une version dans chaque langue. À part ça, les entrées en français ne sont pas des traductions de celles en anglais ou vice versa. Bien sûr, si vous ne comprenez que le français, les entrées en français devraient être assez compréhensibles sans lire celles en anglais.

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Entries published in November 2004 / Entrées publiées en novembre 2004:

(lundi)

Propagande électorale (message interne)

Il y a des élections dans deux jours à l'ENS des représentants élèves aux différents conseils de l'École ainsi que de la Délégation générale. Moi je n'ai pas le droit de vote puisque je ne suis plus élève[#], mais je ne vois pas pourquoi je me priverais de soutenir des candidats (et je dis blah d'avance à ceux qui penseraient qu'en tant que vieux con / enseignant / quidlibet, je devrais garder une attitude de la plus stricte neutralité : c'est mon blog et je raconte ce que je veux dessus, d'abord, ça n'engage que moi). Les personnes suivantes vont donc avoir à surmonter le lourd handicap de mon soutien, dont ils se seraient bien passés, et auront le droit de coller l'étiquette candidat officiellement soutenu par Gro-Tsen sur leurs affiches de campagne (bonne chance pour avoir des voix après ça). Bref, il s'agit de : Arthur Reutenauer pour le Conseil d'administration (il va tout nier, mais ne le croyez pas) avec comme suppléant mon petit frère le fameux Mouton (bon, eux, ils sont certains d'être élus), et Gaëtan Bisson (qui est un de mes tutés, donc forcément quelqu'un de Bien®, et puis il a un site Web qui Torsche) à la DG ainsi que Gilles Tauzin (co-rédacteur du BOcal) et Cédric « Cro » Faure (parce qu'il faut un ancien DG, qui connaît le boulot, pour assurer la continuité). Voilà, ils ne citent pas Thucydide dans leurs campagnes d'affichage, mais il y a au moins un helléniste et un sinisant dans le lot, et tous sont des gens très impliqués dans la vie de l'École.

Le message important, c'est : ne laissez pas les autres décider pour vous : votez !

[#] Le personnel enseignant est aussi représenté aux conseils de l'École, évidemment, mais apparemment les représentants sont élus pour de longues périodes, et il n'y a pas d'élection en vue.

(lundi)

Robert Badinter, sur le traité constitutionnel européen

Robert Badinter (qui, rappelons-le pour ceux qui ont la mémoire un peu courte, était le ministre de la Justice de Mitterrand qui a fait abolir la peine de mort en France ; et il a à de nombreuses autres reprises œuvré pour les droits fondamentaux) était invité, ce soir, à donner une conférence à l'ENS sur le traité constitutionnel européen : conférence à laquelle j'ai assisté, et je ne le regrette pas, parce que j'ai pu me faire ainsi une idée sur une question sur laquelle j'avais des doutes (et je suis tout à fait convaincu par la position qu'il a exprimée).

Ce qui m'a frappé, c'est d'observer la clarté et la force avec laquelle il s'exprime (j'avais été frappé par la même chose chez sa femme) : il a été avocat, et on sent qu'il devait mettre de son âme dans ses plaidoiries. Et pourtant, le point de vue qu'il défendait était tout à fait modéré et circonstancié (un « oui de raison » pour le traité) — mais remarquablement argumenté.

J'ai peur de déformer en tentant de reproduire de mémoire ce qu'il a expliqué, mais essayons de résumer quelques-un des points de son argumentation tels que je les ai compris. C'est selon lui une mascarade de parler de constitution européenne et que le nom de convention a été donné à l'organe chargé de rédiger la proposition de traité délibérément pour entretenir cette idée (en renvoyant à la l'assemblée qui a porté ce nom sous la révolution française ou bien à la convention de Philadelphie) ; convention qui s'est trouvée emportée par son lyrisme et qui a cru bon de chanter l'Hymne à la joie la larme à l'œil à la fin de ses travaux (et dont le président a voulu insérer en tête du traité une citation de Thucydide). Mais une constitution, c'est l'expression d'un peuple souverain, et c'est un texte voté à la majorité par une assemblée constituante[#] : rien de cela ici, le texte est le résultat d'un compromis diplomatique entre États (et surtout, à ce qu'il a dit, la victoire de la diplomatie anglaise et la vision de Tony Blair de l'Europe). Et d'après lui, si on regarde ce traité (et il n'est pas plus final ou définitif, ou difficile à amender, que les traités qui ont précédé : il a toujours fallu l'unanimité) comme ce qu'il est, c'est-à-dire comme le n-ième d'une série déjà assez longue, il représente plutôt un progrès par rapport aux précédents, même s'il ne va pas aussi loin qu'on aurait pu le vouloir et même s'il est perfectible. C'est un progrès car il réforme les institutions de façon à les améliorer (en donnant notamment plus de pouvoir au parlement européen et à la cour de justice, en permettant à la commission de mieux travailler, en créant une vraie présidence de l'Union et un vrai ministère des affaires étrangères qui aura les moyens de faire entendre sa voix, et en rendant plus facile l'adoption de certaines mesures au conseil même si cela ne va pas assez loin). C'est un progrès aussi car il donne force de loi à la Charte européenne des Droits fondamentaux (charte d'ailleurs aussi rédigée autrefois par une convention, et qui est, selon Robert Badinter, bien supérieure à la Convention européenne des Droits de l'Homme, même flanquée de ses protocoles additionnels) : rien que pour cette raison, selon lui, cela vaut la peine que le traité constitutionnel soit adopté. La troisième partie du traité est certes insuffisante notamment dans les domaines sociaux, mais elle représente tout simplement l'état actuel des traités européens, sans changement notable, et ne les rend pas plus difficiles à amender. En somme, selon Robert Badinter, il faut préférer un oui de raison à un non de désamour (ce sont ses termes) et ne pas se dire que si ce traité est imparfait il faut le rejeter en masse.

Je regrette simplement qu'il n'ait pas plus parlé du préambule, qui me tracasse assez : il a simplement raconté une petite anecdote au sujet de la citation de Thucydide (χρώμεθα γὰρ πολιτείᾳ… καὶ ὄνομα μὲν διὰ τὸ μὴ ἐς ὀλίγους ἀλλ' ἐς πλείονας οἰκεῖν δημοκρατία κέκληται, Thuc. II.37) qui figurait au frontispice du texte de la convention (et qui a finalement été retirée par la conférence intergouvernementale) : il semble que les conventionnels eux-mêmes (dont il faisait partie, en tant que suppléant du représentant du sénat français) n'aient pas su d'où elle était apparue, mais entre les lignes Badinter accuse Giscard de l'avoir fait insérer en douce, et d'en être très fier ; le ministre grec des affaires étrangères a fait observer que la phrase était mal traduite, et un représentant du gouvernement italien s'est souvenu qu'il s'agissait de propos de Périclès seulement cités par Thucydide. Et puis, mettre une phrase qui explique que dans une démocratie l'avis de la majorité prévaut sur celui de la minorité en tête d'une constitution qui entérine les décisions à l'unanimité dans beaucoup de domaines, c'est un peu étrange. Bah, moi je l'aimais bien, cette idée de citer Thucydide dans la constitution ; mais, d'après Badinter, ça ne se fait pas (au sens où aucune constitution n'a jamais fait ça — et sans doute aucun traité non plus), ça participe juste au lyrisme autour de ce texte.

Parlant de Thucydide, je digresse, mais on voit qu'on est à l'ENS quand deux candidats (littéraires) à des postes au conseil scientifique de l'École croient bon de citer eux aussi la Guerre du Péloponnèse (ὑμεῖς δὲ εἴ τι ἄλλο ἐν νῷ ἔχετε ἢ εἰ ἐναντιώσεσθε τῇ τε ὑμετέρᾳ αὐτῶν ἐλευθερίᾳ καὶ τῶν ἄλλων Ἑλλήνων, δεινὸν ἂν εἴη, Thuc. IV.85) dans leurs affiches de campagne (est-ce une référence ? je ne sais pas). Il y a aussi une citation de Thucydide, d'ailleurs, gravée sur le monument aux morts dans l'École. Thucydide, donc, me poursuit.

[#] À moins qu'au contraire le mot constitution soit à prendre dans un sens très faible. Après tout, lui ont fait remarquer les Anglais, il y a des constitutions de tout en Grande-Bretagne : n'importe quel club de cricket a la sienne. Alors pourquoi pas une constitution européenne ?

(dimanche)

The Meaning of Life

Ce soir, j'ai perdu le sens de ma vie.

Enfin, non, bien sûr, ce n'est pas vrai : il avait déjà perdu — il s'était perdu lentement au cours des trois à cinq derniers mois — mais ce soir il s'est dit clairement que ça ne tenait plus, que ce sens n'était plus là, ou, plutôt, qu'il ne voulait plus être le sens de ma vie. Voilà, c'est un peu ça : non pas une rébellion, mais une répudiation (David, m'a-t-il dit en substance, trouve-toi un autre sens pour ta vie, moi je refuse de servir).

Évidemment, c'est douloureux. La comparaison qui viendrait naturellement à l'esprit, c'est un grand amour qui se brise : mais elle n'est pas très bonne. Imaginez plutôt quelqu'un qui aurait passé un période de sa vie, et trouvé tout son bonheur, dans la pratique d'une certaine activité, et qu'un handicap obligerait à y renoncer. Un handicap qui, pour n'importe quel autre, serait mineur (c'est-à-dire qu'il n'a pas de raison objective de se désespérer — pas comme s'il perdait la vue, par exemple). Ou imaginez quelqu'un qui a vécu sur une vocation religieuse et qui perd la foi.

D'un autre côté, ce n'est pas que douloureux. Car c'est une forme de libération : la prise de conscience du fait que le sens de la vie s'est perdu vient aussi avec une liberté — celle de trouver un nouveau sens.

Je crois que le sens de la vie est un choix éminemment personnel ; ce n'est pas pour autant qu'il est forcément fait de façon très consciente. Souvent le sens s'impose plus qu'il n'est choisi. Quand on n'a plus de sens, on a la liberté d'en choisir un. Mais ce n'est pas un choix facile à prendre, car il faut accepter la renonciation définitive au sens précédent — car il faut rejeter le non-sens.

Quand on perd un être cher, on refuse la consolation facile de la compagnie des autres (ceux qui sont encore en vie, ou encore présents, je veux dire). Car c'est celui qu'on a perdu qu'on veut : les autres ne sont tout simplement pas les bons ! Quand on perd un membre de sa famille, on ne se dit pas, ce n'est pas grave, j'ai une famille nombreuse. Il en va de même du sens de la vie : on ne ressent pas l'envie (le courage, ou la force) d'en trouver un autre, puisque, précisément, la vie est — à ce point-là — dénuée de sens, insensée :

Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nulle part. À lui de choisir entre le Royaume et les ténèbres.

Voilà, donc, le point où j'en suis : une formidable sensation de gâchis (je me serais trompé de sens), une impression de vide intense (où suis-je ? où vais-je ? où cours-je ? et dans quel état j'erre ?), et aussi l'idée d'une potentialité : un peu comme un artiste qui aurait passé du temps sur une œuvre qui tenait de moins en moins debout, et qui finit par jeter l'éponge (et l'œuvre avec) et qui recommence sur une feuille (ou un canevas) blanc — ou qui se demande s'il va vraiment avoir le courage de recommencer.

J'aimerais dire que j'ai au moins appris quelque chose, mais ce n'est pas vrai : je ne sais pas si j'ai fait une erreur, où, ni comment l'éviter à l'avenir. Et je me demande surtout si j'aurai effectivement la force d'accepter cette perte et de ne pas m'agripper au sens précédent en refusant d'admettre qu'il est perdu.

Non, bien sûr que je ne vous en dirai pas plus sur ce qu'était mon sens de la vie ou sur ce que signifie tout ce charabia. Si vous me croyez fou, rapportez-vous à l'entrée précédente.

(dimanche)

It's a strange, strange world

Il y a une chose que j'aime bien, dans le week-end, c'est que je regarde à la télé, sur Canal+ (la semaine des Guignols, puis) le Zapping. La raison pour laquelle j'aime beaucoup ça, c'est que, si j'ai parfois l'impression d'être cinglé, je me rends compte que, au moins, dans ce monde, je ne dépareille pas. Je suis même en bonne compagnie.

<joke kind="private" source="h2g2">Ceci dit, je n'ai pas encore trouvé de manuel d'utilisation pour un cure-dent. Mais je ne désespère pas de voir ça un jour.</joke>

(samedi)

Spleen du week-end

Je déteste toujours autant les week-ends et ce sentiment d'isolement que je ressens dans un entourage déserté (peut-être d'ailleurs que c'est une bonne mesure de la manière dont on est apprécié par autrui que de considérer combien notre entourage est peuplé lorsque les gens n'ont pas de raison extérieure particulière d'être là par rapport à lorsqu'ils doivent l'être par exemple parce qu'ils sont nos collègues ; si oui, j'ai des motifs de m'inquiéter). Encore une sinistre soirée, donc, passée à essayer (sans grand succès) de bosser, autour d'un petit dîner pris dans mon bureau (je n'aime vraiment pas manger seul au restaurant, donc j'ai juste acheté un plat à mettre au micro-onde). Au moins, j'ai l'impression d'avoir un peu amélioré ma compréhension de la théorie (locale, au moins) du corps de classes, quelque chose que je suis censé connaître depuis le DEA mais que je n'ai pas encore bien assimilé (d'ailleurs, je n'ai pas vraiment résolu le problème sur lequel je réfléchissais).

En fait, je suis un peu injuste : quelques personnes ont rompu la monotonie de ma journée en échangeant quelques mots avec moi (par dialogue électronique). Qu'ils soient remerciés.

(vendredi)

Il a un joli cul, Achille

[Image tirée de Troie]Comment ça, il paraît que je bavais quand j'ai vu cette scène au cinéma ?

Bon, le cul, c'est bon pour l'audimat de mon blog. À part ça, je vous suggère une réflexion qui m'est venue aujourd'hui, au moins aussi profonde qu'une énigme du Père Fouras : Vieillir, ce n'est pas perdre l'inconstance de la jeunesse, c'est simplement ne plus l'assumer.

Le lien entre la photo du jour et la réflexion du jour est laissé en exercice trivial au lecteur.

(jeudi)

Au bord de la crise de nerfs

Homonormalité projetait aujourd'hui Femmes au bord de la crise de nerfs (Mujeres al borde de un ataque de nervios) d'Almodóvar, que je suis allé voir. J'ai beaucoup aimé (de ce réalisateur, ça ne me surprend pas). Et je me rends compte que c'est une belle représentation de ma façon de percevoir la vie : c'est incohérent, ça paraît invraisemblable, ça part dans toutes les directions et ça ne rime à rien, je suis en permanence à deux doigts de craquer, et, malgré — pardon, à cause de tout ça, il faut bien le dire :

La vie, c'est vraiment n'importe quoi — mais qu'est-ce qu'on s'amuse. ☺

(mercredi)

La démocratie, c'est vraiment n'importe quoi

Il y avait ce soir une assemblée générale du COF (association des élèves de l'ENS) pour réforme des statuts. Le genre de choses qu'il est difficile de mener, parce qu'il s'agit de synthétiser les avis d'un grand nombre de personnes qui ont tous des avis complètement différents sur un nombre important de points (mode d'élection des institutions, date de ces élections, attributions des postes, etc.), et en plus les normaliens sont une bande de pinailleurs jésuites et nomicistes, ce qui n'arrange rien ; mais, là, le bureau de l'association n'avait fait aucun travail préliminaire sérieux, n'avait ni synthétisé les propositions qui avaient été faites (et elles étaient intelligentes et documentées) ni préparé un jeu de modifications qui se tiennent (préférant amender en direct les statuts pendant l'assemblée générale elle-même — en tapant du code HTML pourri sous WordPad sous Windows !). Le comble du ridicule a mes yeux a été atteint lorsque le président a réussi, à la faveur du transfert (essentiellement technique) d'un article depuis les statuts de l'association vers le règlement intérieur, à en faire voter une modification qui n'était pas annoncée à l'ordre du jour (et encore, le changement a failli passer complètement inaperçu et être voté en bloc) : essentiellement, jusqu'à présent, une assemblée générale de l'association pouvait voter une dérogation permettant à un non-élève de l'École (par exemple un ancien élève, ou simplement quelqu'un qui fréquente habituellement l'établissement) de se présenter aux élections du bureau — la modification du règlement interdit maintenant de telles dérogations ; le ridicule vient du fait qu'une assemblée extraordinaire votant à une heure du matin à douze voix contre onze (sur une association qui comprend plusieurs centaines de membres, mais il n'y a pas de quorum de représentation) prétend ainsi limiter les pouvoirs des assemblées générales suivantes. (Par ailleurs, je relève l'habituelle confusion mentale entre il est une mauvaise chose que <quidlibet> — en l'occurrence, élire un non-élève au bureau — et il faut interdire <quidlibet>. Mais passons.)

C'est le genre de choses qui me fait penser, de plus en plus, que la démocratie est un système absurde, même sur un petit groupe (et même lorsque les gens qui le constituent sont censéments « intelligents » — avec une bonne définition de intelligents). Je suis un des principaux auteurs des statuts d'une association (la refonte complète desquels a été menée, à la différence de celle que je décris ici, avec une bonne concertation préalable), dont je suis globalement assez fier, mais je me dis que, finalement, si je devais fonder une nouvelle association, j'adopterais plutôt un principe dictatorial dans son organisation (ce que, pour autant que je sache, la loi de 1901 permet tout à fait).

(mardi)

Fragment littéraire gratuit #26 (Gonhirn et la Princesse)

Symbolisme ? Mysticisme ? Sagesse Zen incompréhensible ? Parabole presque transparente ? Ésotérisme à ¤0.02 ? À vous de juger, je n'en dirai pas plus :

La Princesse de la magie ne regarde pas même la pierre qu'on lui apporte, mais continue de fixer Gonhirn. Puis elle l'interroge :

— Dis-moi ceci, Héros. Lorsque tu as affronté le Seigneur des ténèbres en combat singulier, as-tu connu la peur ? Lorsque tu as fait face au Dragon-Monde, as-tu connu la peur ? Lorsque tu as dû te mesurer à la Chose Sans Nom, as-tu connu la peur ?

— Non, votre altesse : Gonhirn n'a pas connu la peur.

— Pourquoi donc ? Dis-moi ceci, Héros : pourquoi n'as-tu pas connu la peur ?

— Gonhirn n'a pas connu la peur, votre altesse, car il savait que le Seigneur des ténèbres n'était pas le plus redoutable ennemi de Gonhirn, pas plus que le Dragon-Monde ou la Chose Sans Nom. Il savait, votre altesse, que cet ennemi était encore devant lui. Il n'y a qu'une seule chose ou personne, votre altesse, qui puisse inspirer la peur à Gonhirn.

— Dis-moi donc ceci, Héros : quel est le plus redoutable ennemi de Gonhirn ?

— Le plus redoutable ennemi de Gornhirn, votre altesse, est Gonhirn lui-même ; et il est écrit dans la destinée de Gonhirn qu'un jour il l'affrontera.

— Connaîtras-tu la peur ce jour-là, Héros ? Dis-moi encore cela.

— Non, votre altesse, car ce jour-là, Gonhirn sera vaincu : cet ennemi sera vaincu.

— Si ce n'est pas ce jour-là que tu connaîtras la peur, alors quelle est la seule chose ou personne qui puisse t'inspirer la peur ? Tu dois me le dire, Héros.

Gonhirn baissa la tête.

— C'est vous, votre altesse. Seule la Princesse de la magie peut inspirer la peur à Gonhirn.

La princesse sourit.

— Fort bien. À mon tour de te dire quelque chose, Héros. Je vais te faire cette prévision. Quand le jour viendra (et il viendra) où Gonhirn affrontera Gonhirn, ce jour-là, tu triompheras de toi-même, et, ce jour-là, tu seras libéré.

— Vous me faites peur, votre altesse.

— C'est bien mon intention, Héros. À présent, embrasse-moi.

(lundi)

Ça progresse

[800e entrée dans ce 'blog ! Hourra, hourra, hourra ! Hourra, hourra, hourra ! Hourra, hourra !]

J'ai déposé mon dossier au secrétariat de l'école doctorale pour solliciter l'autorisation de m'inscrire en 5e année de thèse (ce qui me sera nécessaire pour soutenir…). Youpi, je vais être étudiant un an de plus. ☺

(dimanche)

Mon introduction de thèse

Mon introduction n'est toujours pas finie : en fait, elle repart à zéro. La raison est que je n'avais pas bien compris ce qu'il fallait mettre dans une introduction, et mon directeur de thèse m'explique que ce que j'ai fait est plutôt (le début d')un article de survey du domaine de recherche qu'une introduction à mes propres travaux de thèse. Donc, à refaire. Ce n'est pas tant que ça une mauvaise nouvelle, en fait : parce que, du coup, même si je recommence à zéro (ce qui n'est pas tout à fait vrai, certains petits passages pourront resservir), la quantité à écrire est beaucoup moins importante que je le pensais. Ce que j'ai écrit pourra peut-être me servir de base, un jour, si je décide d'essayer d'écrire un article général sur l'arithmétique des variétés rationnellement connexes. S'il y a des gens qui veulent le lire, c'est (inachevé, donc, et qui ne sera peut-être jamais achevé) ici.

Demain après-midi je revois mon directeur de thèse pour que nous essayions de faire un plan de ce que je dois mettre dans mon introduction, nouvelle version. Finalement, ça ne devrait pas me prendre un temps fou. Reste que j'ai raté la soutenance en décembre, je crois bien. (Par ailleurs, je n'ai toujours pas fait mes inscriptions administratives, et ça commence à urger.)

À part ça, côté personnel, la déprime, qui m'avait laissé une sorte de répit, reprend de plus belle, et je me sens terriblement seul malgré tous les gens que je fréquente. Mais j'ai dit que je ne m'étendrais plus sur ce sujet.

(samedi)

Courts métrages

Je reviens du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris où je suis allé (comme chaque année depuis 1999) voir la séance de courts métrages gays. L'avantage avec les courts, surtout si on n'a le temps d'aller qu'à un nombre restreint de séances du festival, c'est qu'on a une plus grande diversité, et aussi la plus grande certitude qu'il y aura au moins une chose qui plaira (alors que si on va voir un seul long métrage et qu'on est déçu, c'est vraiment dommage). Et puis, globalement, j'aime bien les courts métrages, de même qu'en littérature j'ai un faible pour la nouvelle, parce que cela donne souvent des choses plus percutantes, ou plus drôles. L'inconvénient du court métrage, en revanche, c'est qu'il y a des gens qui se croient artistes (voire artistes libertaires) et qui revendiquent leur liberté d'expression, qui s'imaginent que n'importe quelle connerie qui leur passe par la tête est bonne à filmer, et n'ont pas l'air de comprendre que quand c'est Andy Warhol qui le fait c'est intéressant parce que c'est la première fois, mais ensuite ce n'est plus drôle : ce genre de gens n'ont pas les moyens financiers de réaliser des longs métrages, heureusement, mais ils arrivent hélas à produire des courts et à profiter du fait qu'on leur offre un amphithéâtre de spectateurs. Là, il y avait un réalisateur qui avait dû coucher avec un des organisateurs du festival, ou quelque chose de ce genre, pour placer trois de ses trucs complètement débiles (imaginez, par exemple, les pieds d'un type en train de sautiller filmés pendant 4′ : super, non ?) au cours de la même soirée, et ça, c'est vraiment dommage. Mais ça n'empêche qu'il y avait aussi des films très bien (notamment, Un beau jour, un coiffeur, l'histoire très drôle d'un étudiant en thèse de philo qui m'a rappelé des souvenirs).

J'irai peut-être voir les courts métrages lesbiens, aussi (parce que faut pas être sectaire, d'abord ☺).

(vendredi)

Fragment littéraire gratuit #25 (une vue)

J'ai envie de me faire plaisir, alors je vais décrire à nouveau une scène que j'ai déjà dû rédiger mille fois (avec des variations sans importance) parce que c'est une des scènes qui fonde véritablement l'imagination de ma jeunesse dont je cherche à retrouver un certain état d'esprit : place, donc, pour quelques lignes, au David Madore qui écrivait autrefois.

Le col est franchi, dit Tania. Tu peux ouvrir les yeux, maintenant.

Cédric retira son bandeau et son regard se posa pour la première fois sur l'adret des Montagnes Mères et sur les plaines dont elles marquent le terme. Du lieu où ils étaient, à la pointe de l'arche des montagnes, la visibilité était parfaite, et la vue, que rien ne venait bloquer, portait sur plus de trente lieues de terrain fertile et généreusement irrigué — le Premier Royaume. Au cœur de ce pays, juchée sur deux collines jumelles de part et d'autre du grand fleuve, la ville de Lyash-Balder : et les yeux du garçon se fixèrent sur la capitale impériale et royale avec l'immobilité de celui qui cherchait à en pénétrer les secrets par ce seul examen obstiné.

Au même instant, l'empereur sortait sur le balcon du palais qui dominait la ville, et il regarda vers le nord.

(jeudi)

Divers

Téléphonie, d'abord : mon mobile marche de nouveau, mais je l'ai oublié dans un taxi ; heureusement, je devrais bientôt pouvoir le récupérer. Côté téléphone fixe, j'ai obtenu le code pour déverrouiller le téléphone de mon bureau, et je peux maintenant appeler l'extérieur.

WWW : Google a ouvert Google Scholar (en phase de test) : plutôt intéressant sur le principe (exemple de recherche…), même si les résultats laissent encore parfois à désirer.

Sommeil : toujours en manque !

Une grande question, enfin : si on a avec quelqu'un des relations se limitant à se dire salut quand on se croise, et qu'on voudrait faire un peu plus connaissance, comment s'y prend-on ?

Mise à jour (2004-11-20T01:15+0100) : J'oubliais de rajouter : j'ai acheté le calendrier 2005 des sapeurs pompiers de Paris — que j'ai payé 20€ parce le jeune pompier en uniforme qui me l'a proposé était tellement craquant.

(mercredi)

Échec inscription carte SIM

Ce matin, mon téléphone mobile avait cessé de fonctionner : en s'allumant, il affiche le message d'erreur SIM card registration failed (en anglais parce que je l'ai réglé pour afficher ses messages en anglais : en français, ça donne Échec inscription carte SIM). Ce qui doit signifier en gros que ma carte SIM a été blacklistée par mon opérateur (Bouygues Telecom) : normalement, ça se produit pour défaut de crédit ou quelque chose comme ça, mais comme je suis sur une carte prépayée (que la carte avait plein de sous et que de toute façon la ligne est censée durer quelques mois après la fin du crédit) ce n'est pas possible. Bref, c'est une bande de singes, il faut que je contacte leur service clientèle pour les engueuler, mais je ne pourrai faire ça que quand j'aurai accès à un fixe à des heures ouvrables, ce qui n'est pas forcément gagné, en fait, et j'imagine qu'il faudra que je retrouve le numéro de ma carte SIM et ce genre de choses.

Je n'avais vraiment pas besoin de ça.

Enfin bon, jusqu'à nouvel ordre, je n'ai plus de mobile. J'essaierai quand même de consulter ma boîte vocale depuis un fixe.

Mise à jour (2004-11-17T22:10+0100) : On me signale que je ne suis pas seul dans ce cas, et que c'est sans doute dû à un plantage généralisé de Bouygues Telecom. Bravo la technologie… Enfin, attendons voir.

(mardi)

J'ai l'impression de couler

Peut-être que je suis du genre à trop facilement me laisser déborder par les événements : dès que j'ai plusieurs préoccupations en même temps, ça fait trop, et je panique. En l'occurrence, c'est la rédaction de (l'introduction de) ma thèse qui me prend tout mon temps : comme je digresse facilement, ça me demande un nombre d'heures invraisemblable : voilà plusieurs semaines que j'y suis à plein régime, et je ne progresse que peu. Quand je quitte le bureau, vers minuit ou une heure du matin, c'est que l'accablement est vraiment trop fort. Et comme je me lève autour de neuf heures, au final je dors trop peu. Dans ces circonstances, n'importe quoi devient une épreuve : comme, ce matin, trouver le temps d'aller faire quelques courses. En plus, mon directeur de thèse commence à se fâcher, d'abord parce que je prends trop de temps à finir, et ensuite parce que nous devions déchiffrer ensemble un article (dont j'ai déjà parlé) et que je ne réponds pas à ses mails (la raison étant qu'à chaque fois je me dis que je répondrai quand je serai un peu plus avancé dans ma rédaction — argh).

Hier, après avoir m'être rendu compte que j'avais oublié ce fait gênant que les diagonales d'un carré sont parallèles en caractéristique deux (histoire d'utiliser des mots simples de façon à donner l'impression que je manipule parfois des carrés ; en fait, je manipule surtout six points dans le plan — parce que se donner six points dans le plan équivaut en gros à se donner une surface cubique) et que ça donnait une surface cubique complètement bizarre (toujours en caractéristique deux) qui me forçait à réécrire un lemme idiot, je me suis couché très tard et complètement crevé (sans prendre le temps d'écrire une entrée dans ce blog, j'en avais vraiment trop marre), et je me suis laissé dormir jusqu'à onze heures.

Comme je le disais il y a un an, faites que je flotte mais que je ne coule pas.

J'aurais bien fait une petite entrée (de vulgarisation) sur les ordinaux dénombrables, un des sujets sur lesquels mon activité mathématique a digressé ces derniers temps, mais je crois que je n'aurai vraiment pas le temps. Ceux qui ne l'ont pas encore fait peuvent lire mon texte de vulgarisation sur l'infini pour se consoler.

(Sunday)

Scribus

I am on a quest to discover a (free software) page formating engine for rendering newspaper-style layouts (that is, flowing text organized in multi-column boxes and floating inserts of images or other text boxes) with PDF output capabilities, during which quest I considered such things as Apache FOP and the (IMHO) entirely crazy PassiveTeX but found nothing satisfactory (every candidate so far has unacceptable limitations, typically the lack of support for floats). The goal would be to be able to design a daily newssheet (such as the ENS students' BOcal) without using either the horribly clumsy and stiff LaTeX or QuarkXPress (unusable under Unix or with CVS). So far Scribus seems the most promising, so I have given it a further look. In a nutshell, it is a WYSIWYG (WYSIWYM?) desktop publishing and page layout program for Unix with the ability to import and export various file formats (including PDF). It comes with a graphical user interface, which is something that I actually do not care about (I would much prefer a command line tool which takes a plain text input file in some variant of the XML format and converts it to PDF, the advantage being that there are many tools and editors which work with plain text files — for example they can be used under CVS), but I suppose some people might prefer it that way (at least the file format is not binary, though it is hard to edit by hand).

On the positive side, there are some very nice features for the page layout part proper (such as the ability to shape text boxes more or less arbitrarily): it's not just a toy program (such as the many projects which, driven by the free software hype, proudly announce that this is version 0.0.0.1alpha-pre2 of a program which, in version 1.0, is projected to brew coffee and make your bed, but so far only displays its version number and exits with a segmentation fault). PDF output seems intelligently done, the file format is documented XML, the program looks like it's stable, and can actually produce genuine documents. And it's scriptable in Python, which is nice. On the negative side, it's very clumsy to use. It somehow only found a limited subset of the fonts installed on my system, it sometimes refuses to change the font size or alignment for no reason I can understand (probably because the selection is not what I believe it is), it constantly reverts to the “default” font, the mouse drag doesn't snap to where I want it to, drawing a border around text is impractical, and so on. And the file format, although it is XML, is really hard to edit by hand (making it pretty unthinkable to do entirely without the GUI as I would prefer). I'm afraid that, so far, it does not suit my needs.

(dimanche)

Miam !

Du pain de mie (légèrement sucré, mais pas trop) imbibé de vinaigre balsamique de Modène et d'huile d'olive vierge, c'est bon.

(samedi)

Comment parler aux gens (ou pas)

Je me rends compte qu'il y a un nombre assez important de gens que je côtoie régulièrement, et à qui j'aurais des choses à dire que je n'arrive tout simplement pas à dire. Je ne parle pas de choses précises, très importantes et graves, qui seraient un point douloureux de non-communication, mais de questions plus mineures et qui cependant, à force de rester, et surtout, comme il y en a pour beaucoup de gens, finissent par devenir pesantes. Le problème n'est pas tant que je sois trop timide pour aborder le sujet, mais plutôt du manque d'occasion pour le faire. Il peut s'agir de toutes sortes de choses : par exemple, d'un comportement que je trouve pénible de la personne en question, et que j'aimerais signaler avec tact[#] ; ou au contraire, de quelque chose au sujet de quoi je voudrais présenter des excuses ou demander si je dois en présenter (ou éclaircir un malentendu possible) ; ou une question qui m'intrigue ; parfois, c'est même plus vague : j'aimerais aborder un certain sujet avec une certaine personne, sans vraiment savoir ce que j'aurais à en dire de particulier. Typiquement, il s'agit de choses qui ne sont pas assez « légères » pour être évoquées en passant, entre la poire et le café, mais pas non plus assez « graves » pour mériter de prendre spécialement la personne visée entre quatre-z-yeux pour lui dire, et en général trop « imprécises » pour être écrites (un mail, ce n'est pas forcément terrible pour s'exprimer sur un sujet sur lequel on ne sait pas exactement ce qu'on veut dire). Bon, je suis peut-être désespérément vague dans ma façon de m'expliquer, mais il est difficile de donner des exemples concrets sans faire de la délation (ce que je veux éviter).

En tout cas, c'est frustrant. Souvent, cependant, la situation se résout d'elle-même (la question finit par être abordée naturellement, ou au contraire elle cesse d'être pertinente). Peut-être que la réponse à avoir n'est pas de chercher à communiquer plus mais tout simplement à tolérer l'état qui existe.

[#] Une de mes citations préférées (parfois attribuée, mais je pense à tort, à Isaac Newton) définit le tact de la façon suivante : Tact is the art of making a point without making an enemy.

(vendredi)

Comment je fais des maths (ou pas)

C'est quelque chose qui me fascine assez, comment j'arrive à « faire des maths » pendant des heures d'affilée et ne pas avancer d'un pouce — mais pas parce que je butte sur une difficulté, simplement, je m'égare, je pense à autre chose (des mathématiques toujours, mais pas la question sur laquelle je suis censé réfléchir), je me pose des questions sans importance et je tiens obstinément à les résoudre avant de continuer. J'ai déjà signalé que j'ai tendance à me laisser trop facilement piéger par les petits problèmes à l'apparence élégante : je me demande dans quelle mesure c'est le cas des autres matheux. La rédaction d'une introduction de thèse est particulièrement redoutable pour ce qui est de tomber dans ce genre de pièges : quand on veut dresser un panorama de ce qu'on sait, c'est le moment de se poser énormément de Questions À La Con® et de passer un temps fou à les résoudre. J'ai noirci des pages et des pages de calculs pour appliquer des concepts abstraits à des situations triviales (vous serez tous ravis de savoir, par exemple, qu'une courbe cubique plane singulière irréductible tracée sur une surface cubique lisse est très libre si et seulement si sa singularité est un point double ordinaire : c'est ce qui résulte d'un calcul bovin et sans subtilité, et ça ne sert absolument à rien, même dans ma thèse).

Bref, alors que le temps commence à me manquer vraiment sévèrement, je le perds allègrement. Mais le pire, c'est que c'est en faisant des maths ! (Simplement, pas comme il le faudrait.)

(Thursday)

URL roulette

I forgot to mention this little hack. It will take you to a “random” Web location:

Web roulette

Unfortunately, it's dreadfully slow: it works by performing a Google search on a random word (by using the Google Web APIs) and then selecting a random result among the first fifty. Since the dictionary of words contains French and English words, it is strongly biased toward French and English pages. Also, since the use of the Google APIs is limited, it will not generate more than one URL every twenty minutes (beyond that, the same location is returned). But still, it was fun to write. (Source code available upon demand, and I will put it in the Public Domain.)

If you're looking for something better, URoulette exists. But I don't know how it works.

(mercredi)

Parler ? Mais pour dire quoi ?

Je ne conçois pas comment il est possible que j'aie écrit sept cent quatre-vingt-sept (787)[#] entrées dans ce blog : depuis quand est-ce que j'ai quelque chose à raconter, moi ? Il faudra que je les lise, un jour : si ça se trouve, je les ai écrites dans un état semi-conscient, et j'ai involontairement dit des trucs intéressants ; peut-être même que, fatigué après une journée de misère et de frustration, tapant au hasard sur mon clavier pour évacuer le stress accumulé (le clavier peut faire un bon punching-ball, quand on a la force physique d'un geek), j'ai accidentellement composé une démonstration[#2] de l'hypothèse de Riemann (on ne sait jamais, tout peut arriver — enfin, pas que David Madore se trouve un copain, mais les choses raisonnables, du style, en recomptant les bulletins on va découvrir que c'est Ralph Nader qui a été élu à la Maison blanche).

…Hum, pas vraiment. Après une petite lecture en diagonale, j'ai l'impression qu'il n'y a pas de démonstration de l'hypothèse de Riemann (dommage, il va falloir faire autrement pour gagner $1000000) : il y a beaucoup d'histoires d'un certain Ruxor, ou Gro-Tsen, qui cherche la bonne longueur pour ses cheveux, qui n'arrive pas à éclater correctement les hypersurfaces cubiques ou à s'éclater sans elles, et qui fragmente parfois une littérature gratuite. Rien de bien passionnant.

Je suppose donc que si vous êtes ici, c'est par erreur, et parce que vous avez fait une recherche Google qui par hasard vous a fait tomber sur cette page. Je vais donc vous indiquer la bonne direction :

Merci de votre attention. Nous reprenons maintenant nos programmes habituels.

[#] Non, ceci n'est pas une publicité subliminale pour Boeing. Enfin, si par hasard vous avez les moyens de vous payer un Boeing 787 et que vous lisez mon blog, contactez-moi, ça m'amuserait de l'apprendre.

[#2] Pas une réfutation, j'espère : ce serait plus pénible à démontrer, ensuite, si le contraire est démontré d'abord.

(Tuesday)

1989-11-09

[Montage of pictures]Three score years ago, a great shadow was being fought out of this continent. But such is the tide in the affairs of men that, no sooner had one evil been drawn away than another took its place: from Stettin in the Baltic to Trieste in the Adriatic an iron curtain descended across Europe. One war followed close on the heels of another, and, cold as it was called, did not fail to take its toll of souls. A specter, they said, was haunting Europe, and another sought to oppose it. The former capital of Germany became a great battlefield of that war, where these forces met most direly, for on August 13, 1961, the curtain took a shape: and on that day, the city was split asunder, separating families, dividing husbands and wives and brothers and sisters, and dividing a people who wished to be joined together.

Fifteen years ago to the day, on the night from November 9 to 10, 1989, the wall fell. This momentous event came as a great beacon light of hope to millions. So that night would go down in History as the night when the third—the cold—world war ended; coincidentally, on the very anniversary of the proclamation of the Republic of Weimar that ended the first world war in 1918, and of that night in 1938 which sounded as the sinister prelude to the massacres of the second world war.

Perhaps, when History is too close to our eyes, we fail to recognize it as such. Few today, it seems, are keen to recognize the importance of what I consider one of the three or four most memorable dates of the twentieth century (and undoubtedly the most important world event in my lifetime): and commemorations have been kept to a bare minimum, even, it would appear, in Germany.

All free men, wherever they may live, are citizens of Berlin.

(And, for my part, I definitely owe an apology to a couple of great orators for stealing some of their best lines. Strangely enough, nobody seems to have made any remarkable speech on the occasion of the fall of the Berlin wall: the only oration associated with the artefact is John Kennedy's famous Ich bin ein Berliner on 1963-06-26—which I did not hesitate to plunder of nice phrases. Was Helmut Kohl incapable of coming up with some memorable line? Or was he too taken by the suddenness of it all to get someone to write some for him in advance? Or Gorbachev?)

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