David Madore's WebLog: Impressions du ski après 18 ans sans en faire

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(jeudi)

Impressions du ski après 18 ans sans en faire

Si je compte bien, la dernière fois que j'ai fait du ski, c'était à l'hiver 1990–1991 (dans la petite station jurassienne de Métabief, où la famille de ma mère a un appartement ; j'y étais d'ailleurs avec ma cousine et nous avons essayé le monoski, dont la difficulté un peu gratuite ne nous avait finalement pas trop convaincus). Mon poussinet m'ayant persuadé de réessayer, je me demandais quel serait mon niveau : est-ce que je me retrouverais à faire du chasse-neige pour descendre les pistes vertes ? Peut-être que je l'espérais, en fait, comme prétexte pour essayer autre chose (comme le surf/snowboard, il paraît que ça s'apprend plus facilement ; ou simplement, diront les mauvaises langues qui me connaissent, pour ne rien faire du tout). Beaucoup de gens m'ont dit ah, mais ça ne s'oublie pas ! (ma maman, maman Mouton, et jusqu'à la dame qui m'a loué les skis) : je me demande d'où tous ces gens tirent leur savoir parce que, franchement, des gens qui font du ski un peu correctement, puis qui arrêtent complètement pendant au moins 15 ans, et qui réessayent ensuite, il ne doit pas y en avoir des masses. En plus, les skis ont changé depuis le temps : maintenant ils sont plus courts et ils ont une forme différente (qualifiée de parabolique, même si je ne vois pas bien où est la parabole).

Ceci étant, je dois reconnaître qu'ils n'avaient pas trop tort : si j'ai oublié beaucoup de choses apprises consciemment (par exemple, comment prendre les remontées mécaniques), il m'est resté des réflexes que je ne pensais plus avoir. Donc je savais encore tourner, m'arrêter en dérapant, bref, les mouvements de base qui font qu'au final je n'étais pas toujours parmi les plus mauvais (même parmi les djeunz qui ont l'air de trouver que c'est une façon de se la péter que de plaisanter à l'idée de prendre une piste qui ne soit pas au moins rouge). Et je continue à ne pas savoir à quoi mes bâtons sont censés servir. Il y a pourtant des choses qui ne sont plus comme quand j'avais quinze ans : d'une, j'ai beaucoup plus facilement le vertige (heureusement pas trop sur les télésièges, mais sur les pistes je devais parfois m'arrêter pour une raison qui n'ait rien à voir avec la difficulté technique). De deux, j'ai beaucoup moins de force dans les jambes (par rapport à mon poids), ce qui m'interdit de dépasser une vitesse modérée de peur de perdre la stabilité de mes skis (surtout le gauche) : mon poussinet refuse d'ailleurs de me croire et prétend que je suis juste trop peureux ou trop flemmard pour aller plus vite.

Mais surtout, ce qui a changé, c'est que je n'arrive plus à trouver ça grisant en soi, de skier : si autrefois j'ai pu trouver jouissif de descendre les murs tout schuss, ou (comme mon poussinet semble aimer) batifoler dans les champs de bosses, l'idée de convertir de l'énergie cinétique en frottements sur neige m'amuse beaucoup moins maintenant. L'intérêt est plutôt de pouvoir regarder le paysage #1 (celui où on espère apercevoir un lagopède alpin, mais ça ne nous est pas arrivé) et le paysage #2 (celui constitué des jolis garçons au look sexy, surtout du côté des surfers). Or le paysage #1 ne bouge pas, et le paysage #2 se voit mieux si on prend le temps de s'arrêter pour le regarder passer (d'autant que ça évite les accidents) ; bon, il est vrai qu'il peut y avoir motivation à aller un peu vite pour le rattraper ensuite (et le poussinet et moi nous sommes pas mal débrouillés, en somme, entre nos petits codes pour nous signaler le paysage, et notre façon d'alterner entre le dépasser puis de le laisser nous dépasser — après, peut-être qu'ils pensaient exactement la même chose de nous 😉).

Sinon, un autre intérêt est la conversation du poussinet qui, après s'être découvert une passion de geek pour les remontées mécaniques, m'explique à chaque télésiège que celui-ci est un des seuls débrayables construits par cette compagnie ou que celui-là est un fixe dont le moteur et les pylônes sont prévus pour qu'il puisse être converti en débrayable un jour (mais ça n'arrivera pas), et à chaque téléski quelle est la différence entre un lâcher sous poulie et un lâcher sous pylone ou pourquoi on ne peut pas faire deux virages de sens contraires sur un téléski, et encore toutes sortes d'autres choses que je vivais sans la joie de savoir.

Bon, et enfin, une chose qui ne risquait pas de changer en quinze-vingt ans, c'est qu'il faut une quantité invraisemblable d'accessoires à la con pour faire du ski, et qu'ils sont parfois plus embêtants qu'autre chose (entre les gants et les sous-gants quand il s'agit d'attraper un mouchoir parce qu'on a le nez qui coule, ou encore le masque qui fait tout voir d'une couleur ambrée — mais pourquoi diable ne font-ils pas des masques qui atténuent la lumière visible uniformément, donc de couleur grise dans le visibile et opaque dans l'ultraviolet ? pourquoi faut-il que tout devienne jaune ?).

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