David Madore's WebLog: Mon blondinet

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(jeudi)

Mon blondinet

Nous étions tous plus ou moins affalés les uns sur les autres après une soirée où on avait beaucoup rigolé ; la conversation commençait à tourner un peu à vide.

Je m'étais arrangé (sans pour autant devoir faire des efforts démesurés) pour être assis à côté de lui. Pas une beauté extraordinaire, mais un visage souriant et d'apparence plutôt jeune, une allure sportive sans excès, un look décontracté ; et un caractère ouvert, un esprit sain dans un corps sain. Il lance une petite provocation à mon intention (je ne me rappelle même plus quoi). Je réplique d'un air faussement sévère, Tu crois que tu me fais peur, blondinet ? ; pour souligner le dernier mot, je lui ébouriffe un peu les cheveux (il les a châtain clair, et en brosse) en passant la main dedans. Moqueur, il réplique exactement la même chose et fait le même geste. Tout le monde rit. Puis je m'allonge (en essayant de paraître naturel) juste contre lui.

Peu de temps après, nous sommes serrés dans les bras l'un de l'autre, en train de nous rouler une pelle.

Malheureusement, c'est seulement un rêve, que j'ai fait avant-hier soir. (Ce qui est bien quand on doit se réveiller tôt, c'est que souvent ça interrompt un rêve, et du coup on se le rappelle au lieu qu'il aille bêtement se perdre — comme la grande majorité des rêves — au pays des ampoules grillées et des phrases jamais prononcées.) La suite (ou en tout cas une autre partie, je ne sais plus bien s'il y avait une transition et ce qu'elle pouvait être) est fort différente, je fais partie d'une sorte de Ligue des gentlemen extraordinaires, et nous menons une sorte de jeu de piste, la dernière étape consistant à comprendre dans une indication énigmatique sur le temps qu'il faut remettre à l'heure les aiguilles de la grande pendule de la pièce ce qui provoque l'ouverture d'un coffre-fort dérobé dans lequel se trouve un petit récipient contenant un produit infiniment précieux, à moins que ce soit un objet magique. Bref. Mais revenons à l'autre partie.

J'avais conscience, au moment où j'embrassais mon blondinet, que ce n'était qu'un rêve et que j'allais le perdre rapidement parce qu'il n'existait pas. Ça ne m'a pas causé de déception, en fait, mais au contraire ça m'a incité à profiter d'autant mieux de l'instant présent. (Ensuite, j'ai dû rêver que je me réveillais, sans me réveiller vraiment. Ce qui n'empêche, d'ailleurs, que le blondinet en question a continué, il me semble, à apparaître dans le rêve. Enfin, tout cela est très confus comme beaucoup de rêves le sont.)

Mais je me connais : aussi détendue que soit l'atmosphère, aussi naturelle que soit la situation, j'aurais toujours un mal fou à agir comme j'ai agi dans cette bribe de rêve, à mettre ma main dans les cheveux de quelqu'un en gardant l'air décontracté ; et je dois rayonner un air de « distance » tel que personne n'ose apparemment faire pareil avec moi. C'est le genre de choses qui me laisse souvent un sentiment de solitude douceâtre après une soirée entre copains.

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