David Madore's WebLog: The Italian Job

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(Friday)

The Italian Job

[Traduction française ci-dessous.]

Hollywood producers seem to have the recipe for this kind of film down pat, now, and The Italian Job plays it by the book. So if one has a fondness for the genre (how should it be called, incidentally? “gangster film” doesn't work well, nor does “thriller”; update (2003-09-21T20:00+0200): “heist movie”—thanks, Pierre), one will like this film. Beyond that, it's just your regular summer feature (except that here in France we get to see it in late September: what are distributors thinking?).

By “the genre”, I mean the kind of movies, of which Ocean's Eleven was one of the finer representatives, where a team of thieves-but-thieves-who-have-some-sense-of-ethics defeat the most cunning security systems through even more cunning and good teamwork, and steal something infinitely valuable from a rather disreputable character. Almost nobody gets killed: the heroes' satisfaction lies less in the money itself than in seeing the look on the villain's face when he discovers his money gone. The plan for taking the booty is always incredibly well—uh—planned: everything is calculated down to the second and to the millimeter; and, of course, something always goes wrong, but the heroes' ingenuity (and, again, good teamwork) manages to get the plan back on its feet (or millimeters—ha, ha, ha). The movie's script is just as calculated (to the second) as the heroes' plan, and works just as well provided we are willing to lend it some sympathy and suspend disbelief. In the case of Ocean's Eleven, there were some surprises on the road; there are none in The Italian Job: the scenario works just as a well-oiled machinery of no originality whatsoever, and basically the spectator knows everything that's going to happen after the first fifteen minutes of the film. But, assuredly, when I bought a ticket for this show, I knew what to expect, so I'm not complaining: I like well-oiled machineries, sometimes. (I'd like to know how much the Austin Mini payed for all the advertising, however.)

Teamwork is probably what sells the film, actually: there is a reassuring sense of comfort in this “every character in his or her role, and a role for each character” idea. One member of the team has become unavoidable these days: the computer nerd (here portrayed by Seth Green, with some talent, it must be said). And it is assumed as a matter of course that the guru can basically break into any system's security—a sort of mise en abyme of the entire plot, except that details are never given as to how the breaking into is done because they would be too technical hence incomprehensible to the audience (certainly if we are supposed to take the phrase “cartesian coördinates” as a technicality, then many things become technicalities). But these technicalities have become a commodious way for the screenwriters to shove dirt under the rug: use computers and networks to remove any obstacle that gets in the scenario's way, and no explaining needs to be done; conversely, create arbitrary limitations when they get too powerful. A friend of mine once pointed out to me that this is the reason why magic is a dangerous literary artifice: once you introduce magic, everything can be explained using it, and this takes away much of the plot's interest. Well, computers are now being used on many occasions in the same way magic could be—thus giving a new twist to Arthur C. Clarke's famous saying that any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic.

Another thing that annoys me is that this propagates the concept that any computer security system has a flaw, and that by being smarter than the system's designers one can always defeat the system's security. This is simply wrong. One can always crack a safe open by attacking it with a stronger force than its defenses (if necessary, put in in a pool of hydrochloric acid: that should dissolve the safe without damaging the gold that's in it); but such is not the case with computer security, and perfect (in the sense of “theoretically perfect”, or even “provably perfect”) security is possible. Certainly it has not often been realized in practice on systems of relatively large size. But computer pirates (or “hackers” as they are inaccurately called by the press) are not genii by far: they are more like script kiddies who always try the same recipes, and by the “million monkeys” rule eventually break into some systems. The idea that someone could rewrite the entire Los Angeles traffic control software algorithms in a matter of days is simply ludicrous. Oh, and, in The Italian Job the computer geek claims to be the real inventor of Napster: this would have been a fun passing clin d'œil, but I wonder why they chose to dwell on it so heavily (or was the film also subsidized by Napster as well as by Austin?).

[French translation of the above.]

Les producteurs hollywoodiens semblent avoir bien compris la recette de ce genre de films, maintenant, et Braquage à l'italienne en suit les règles. Donc si on a un faible pour le genre (comment devrait-on l'appeler, d'ailleurs ? « film de gangsters » ne convient pas bien, ni « thriller »), on aimera ce film. Sinon, c'est juste un divertissement d'été (sauf qu'ici en France on le voit fin septembre : à quoi pensent donc les circuits de distribution ?).

Par « le genre », je veux dire le genre de films, dont Ocean's Eleven était un des bons représentants, où une équipe de voleurs-mais-voleurs-qui-ont-un-sens-de-l'éthique triomphent des plus ingénieux systèmes de sécurité par encore plus d'ingéniosité et un bon travail d'équipe, et volent quelque chose d'une valeur inestimable à un personnage plutôt douteux. Presque personne n'est tué : la satisfaction des héros est moins dans l'argent lui-même que dans le regard du méchant quand il découvre que son argent est parti. Le plan pour s'emparer du butin est toujours incroyablement bien — euh — planifié : tout est calculé à la seconde et au millimètre près ; et, bien sûr, quelque chose va toujours mal, mais l'ingéniosité des héros (et, encore une fois, le bon travail d'équipe réussit à remettre le plan sur ses pieds (ou millimètres — ha, ha, ha). Le script du film est aussi calculé (à la seconde) que le plan des héros, et marche aussi bien à condition qu'on soit prêt à lui accorder de la sympathie et faire semblant d'y croire. Dans le cas d'Ocean's Eleven, il y avait quelques surprises sur la route ; il n'y en a aucune dans Braquage à l'italienne : le scénario marche comme une machinerie bien huilée d'absolument aucune originalité, et en gros le spectateur sait tout ce qui va se passer après les quinze premières minutes de film. Mais, assurément, quand j'ai acheté un ticket pour ce spectacle, je savais à quoi m'attendre, donc je ne me plains pas : j'aime bien les machineries bien huilées, parfois. (J'aimerais savoir, cependant, combien l'Austin Mini a payé pour toute la pub.)

Le travail d'équipe est probablement ce qui vend le film, en fait : il y a un sens rassurant de confort dans cette idée « chaque personnage à son rôle et un rôle pour chaque personnage ». Un membre de l'équipe est devenu inévitable de nos jours : le mordu d'informatique (ici joué par Seth Green, avec un certain talent, il faut le dire). Et il est bien entendu que le gourou peut essentiellement pénétrer la sécurité de n'importe quel système — une sorte de mise en abyme de l'intrigue entière, sauf que les détails ne sont jamais donnés quant à la façon dont il pénètre parce que ce serait trop technique donc incompréhensible pour l'assistance (certainement si nous devons prendre l'expression « coordonnées cartésiennes » comme une expression technique, alors beaucoup de choses deviennent techniques). Mais cette technicité est devenue une façon commode pour les scénaristes de cacher de la poussière sous le tapis : utiliser les ordinateurs pour retirer n'importe quel obstacle qui se trouve sur la route du scénario, et on évite d'avoir à expliquer ; à l'inverse, créer des limitations arbitraires quand ils deviennent trop puissants. Un ami m'a jadis signalé que c'est la raison pour laquelle la magie est un artifice littéraire dangereux : une fois qu'on l'introduit, tout peut être expliqué par son moyen, et cela retire beaucoup de l'intérêt de l'intrigue. Eh bien les ordinateurs sont maintenant utilisés à beaucoup d'occasions de la même manière que la magie pourrait l'être — donnant ainsi un nouveau tour au fameux adage d'Arthur C. Clarke que toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie.

Une autre chose qui m'irrite est que ceci propage le concept que tout système de sécurité informatique a une faille, et qu'en étant plus malin que les concepteurs du système on peut toujours triompher de la sécurité du système. C'est tout simplement faux. On peut toujours ouvrir un coffre-fort en l'attaquant avec une force supérieure à sa résistance (si nécessaire, le mettre dans un bain d'acide chlorhydrique : cela devrait dissoudre le coffre sans endommager l'or qui est dedans) ; mais ce n'est pas le cas de la sécurité informatique, et la sécurité parfaite (dans le sens de « théoriquement parfaite », ou même « démontrablement parfaite ») est possible. Certainement elle n'a pas souvent été réalisée en pratique sur des systèmes de quelque taille. Mais les pirates informatiques (ou « hackers » comme la presse les appelle à tort) ne sont pas des génies de loin : ils sont plutôt des script kiddies qui essaient toujours les mêmes recettes, et par la règle des « millions de singes » finissent par pénétrer quelques systèmes. L'idée que quelqu'un pourrait réécrire la totalité des algorithmes logiciels de contrôle du trafic de Los Angeles en quelques jours est simplement délirante. Oh, et dans Braquage à l'italienne le mordu d'informatique prétend être le réel inventeur de Napster : ç'aurait été un clin d'œil rigolo en passant, mais je me demande pourquoi ils ont voulu s'appesantir tellement là-dessus (ou est-ce que le film était subventionné par Napster en plus d'Austin ?).

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