David Madore's WebLog: 2026-03

Vous êtes sur le blog de David Madore, qui, comme le reste de ce site web, parle de tout et de n'importe quoi (surtout de n'importe quoi, en fait), des maths à la moto et ma vie quotidienne, en passant par les langues, la politique, la philo de comptoir, la géographie, et beaucoup de râleries sur le fait que les ordinateurs ne marchent pas, ainsi que d'occasionnels rappels du fait que je préfère les garçons, et des petites fictions volontairement fragmentaires que je publie sous le nom collectif de fragments littéraires gratuits. • Ce blog eut été bilingue à ses débuts (certaines entrées étaient en anglais, d'autres en français, et quelques unes traduites dans les deux langues) ; il est maintenant presque exclusivement en français, mais je ne m'interdis pas d'écrire en anglais à l'occasion. • Pour naviguer, sachez que les entrées sont listées par ordre chronologique inverse (i.e., la plus récente est en haut). Cette page-ci rassemble les entrées publiées en mars 2026 : il y a aussi un tableau par mois à la fin de cette page, et un index de toutes les entrées. Certaines de mes entrées sont rangées dans une ou plusieurs « catégories » (indiqués à la fin de l'entrée elle-même), mais ce système de rangement n'est pas très cohérent. Le permalien de chaque entrée est dans la date, et il est aussi rappelé avant et après le texte de l'entrée elle-même.

You are on David Madore's blog which, like the rest of this web site, is about everything and anything (mostly anything, really), from math to motorcycling and my daily life, but also languages, politics, amateur(ish) philosophy, geography, lots of ranting about the fact that computers don't work, occasional reminders of the fact that I prefer men, and some voluntarily fragmentary fictions that I publish under the collective name of gratuitous literary fragments. • This blog used to be bilingual at its beginning (some entries were in English, others in French, and a few translated in both languages); it is now almost exclusively in French, but I'm not ruling out writing English blog entries in the future. • To navigate, note that the entries are listed in reverse chronological order (i.e., the most recent is on top). This page lists the entries published in March 2026: there is also a table of months at the end of this page, and an index of all entries. Some entries are classified into one or more “categories” (indicated at the end of the entry itself), but this organization isn't very coherent. The permalink of each entry is in its date, and it is also reproduced before and after the text of the entry itself.

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Entries published in March 2026 / Entrées publiées en mars 2026:

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(lundi)

Je n'ai plus Internet par fibre et je suis furieux contre OVH

Depuis mercredi dernier soir (), notre connexion domestique Internet par fibre (FTTH) est en panne, et je commence à être vraiment furieux contre mon fournisseur d'accès (OVH). Pas tellement du problème lui-même, mais du fait qu'il faille autant de temps pour le régler alors que c'est au pire un câble branché au mauvais endroit.

Nous avons perdu la connexion mercredi à 22h50 (plus ou moins quelques minutes), donc. (Notez l'heure : 22h50, ce n'est certainement pas l'heure à laquelle quelqu'un intervenait au niveau du terminal optique.) Comme l'équipement réseau de l'opérateur n'est pas d'une fiabilité à toute épreuve, je suis allé me coucher en me disant que ce serait sûrement un problème transitoire, réparé le lendemain, d'autant que les lumières-témoin sur le boîtier ONT (celui où la fibre arrive de mon côté, c'est-à-dire qui fait le pont entre le réseau optique et le réseau Ethernet) étaient normales, suggérant une absence de problème physique (p.e., une fibre cassée). Mais le lendemain matin, pas de changement.

En fait, si, mon opérateur (OVH, disais-je) m'avait envoyé pendant la nuit un mail automatisé dont le contenu essentiel était le suivant : Votre accès Internet [numéro] sur le numéro [numéro] est détectée [sic] comme inactive par nos outils de contrôle, vraisemblablement victime d'un écrasement (slamming) de votre ligne. C'est-à-dire qu'une nouvelle connexion aurait été demandée depuis un autre opérateur sur cette ligne. Si vous n'êtes pas à l'origine de cette demande, merci de nous le confirmer dans les meilleurs délais afin que nous puissions lancer une reconstruction, par message OBLIGATOIREMENT écrit et transmit [sic] via le contact assistance de votre Manager.

Passons sur l'orthographe approximative, ce qui m'énerve surtout est le concept pour l'opérateur d'écrire au client pour demander au client d'écrire au support technique de l'opérateur. Ils auraient pu au moins, disons, simplifier la tâche en fournissant juste un lien à cliquer je n'ai pas demandé de transfert de ma ligne, peut-être fournir un ticket prérempli à compléter par des informations de ma part s'il leur en fallait (apparemment même pas), plutôt que de m'obliger à retrouver comment on ouvre un ticket dans leur interface et rédiger quelques phrases juste pour dire en substance ben je vous écris comme vous m'avez demandé de vous écrire, maintenant faites votre boulot de manière à avoir le droit de démarrer le processus de reconstruction.

Évidemment, quand on n'a plus d'accès Internet, accéder à l'interface Web de gestion du fournisseur d'accès n'est pas la chose la plus évidente. Heureusement, j'ai un téléphone qui peut faire du partage de connexion, mais il y a quand meme des inconvénients à ça, je vais y revenir. (J'ai quand même perdu un temps dingue, parce que la machine sur laquelle j'ai réussi à rétablir une connexion via le téléphone n'était pas celle sur laquelle j'avais les identifiants permettant d'accéder à l'interface de gestion de l'opérateur. Certes, ça c'est un peu ma faute, mais dans ce genre de cas on veut essayer de simplifier la vie du client, pas lui demander de perdre son temps à passer par plein de trucs compliqués.)

J'ai ouvert le ticket à 08h35 (jeudi matin , donc), et il a fallu attendre encore quatre heures pour que quelqu'un y réponde. Deuxième raison d'être en colère, donc : que ce ne soit pas totalement automatisé alors qu'ils m'avaient envoyé un mail automatisé pour me signaler le problème, donc ils étaient au courant. La réponse dit juste : je vais demander la reconstruction de l'accès, nous sommes en moyenne sur un délai de cinq jours ouvrées pour ce type d'intervention.

Cinq jours ouvrés, c'est de la novlangue insupportable[#] pour dire une semaine. Et une semaine pour que quelqu'un daigne rebrancher ma fibre dans le bon trou (si tant est qu'il y ait même besoin de faire ça), c'est vraiment se foutre de la gueule du monde. Et apparemment je n'ai même pas droit à des mises à jour du style nous avons planifié l'intervention, il est prévu que le technicien intervienne [tel jour], merci de rester joignable : à ce stade, je ne sais rien de plus que ce qui est écrit ci-dessus, depuis c'est le grand silence.

[#] Admettons que parler de 1 ou 2 jours ouvrés a un sens, à la rigueur 3. Mais 5, c'est ridicule : à part quelques jours fériés exceptionnels, 5 jours ouvrés c'est une semaine, c'est tout. Et de façon générale, pour un nombre ≥4 de jours ouvrés, multiplier par 7/5 au lieu d'essayer de finasser pour faire croire que les choses iront plus vite qu'elles n'iront (ça me fait la même impression que quand on donne un prix hors taxes, ce qui devrait être interdit et ce qui l'est d'ailleurs plus ou moins).

Et je parie d'ailleurs que je ne vais pas non plus avoir droit à une explication technique du problème quand il sera réglé. Je pense que les gens ne comprennent pas que, quand il y a un problème technique, on apprécie d'avoir des explications techniques sur ce qui s'est passé, pas juste que le problème soit réglé. C'est de la psychologie humaine de base.

Je précise que je ne suis pas chez un fournisseur d'accès grand public, justement en partie parce que je ne veux pas être traité comme quelqu'un qui veut juste que ça marche et qui ne veut rien savoir des aspects techniques.

Je suis, donc, chez un fournisseur d'accès qui se veut pro[#2], c'est-à-dire qu'il cible avant tout les petites entreprises (c'est pour ça que beaucoup de gens me disent OVH ? jamais entendu parler quand ils me demandent si je suis chez Orange, Free, SFR ou Bouygues pour la fibre). Pour ça je paie quelque chose comme 2 à 3 fois plus cher qu'un abonnement fibre normal pour un particulier (je paie — enfin, mon poussinet et moi payons — 62€/mois à OVH, même si la facturation a l'air d'être pas mal à la tête du client parce que ma mère paye moins pour exactement la même offre). Et pour ce prix, je n'ai pas d'abonnement télé, et pas de box, ces trucs que les fournisseurs d'accès français grand public veulent absolument vous refourguer, qui font à la fois modem-routeur et plein d'autres choses avec une interface merdique. Je suis content parce que je ne veux, justement, ni de télé ni de box, mais j'espère quand même, pour le prix, avoir des services un peu plus « pro » que chez un fournisseur grand public.

[#2] Oui, je sais, j'ai écrit il y a bien longtemps que je détestais le mot professionnel (et je le pense toujours largement). Mais ce que je déteste, c'est la situation où une offre ne serait pas accessible aux particuliers (or chez OVH ce n'est pas le cas, la preuve), ainsi que l'idée générale nocive (à laquelle je proposais de donner le nom d'ergomanie, mais un copain proposait plutôt bossisme) d'accorder plus de valeur à une activité quand elle est effectuée contre rémunération. Ici je veux juste dire j'accorde énormément d'importance à ma connexion Internet et au fait qu'elle fonctionne, et je veux bien payer en conséquence pour, mais j'attends un service correct en retour (et ce n'est pas uniquement pour des raison professionnelles que j'en ai besoin).

Il est vrai que le service technique, normalement, est plutôt efficace : on peut lui parler de choses techniques sans avoir besoin de passer un appel téléphonique, patienter trente minutes au téléphone, et prononcer le mot shibboleth ; on ne parle pas à quelqu'un d'incompétent qui vous dira d'abord de rebooter votre box (que vous n'avez pas) et votre ordinateur avant de consentir à écouter votre problème, et on ne passe pas pour un extra-terrestre si on dit qu'on a son propre routeur Linux derrière le boîtier ONT. Je paye aussi pour le service d'avoir une IP et un préfixe IPv6 (un /56) natifs et fixes, et de pouvoir enregistrer leur reverse DNS, par exemple. Ça ce sont des choses auxquelles j'accorde de la valeur.

N'empêche qu'un « professionnel », je pense qu'il n'est pas très content s'il perd son accès Internet pendant 7 jours. Un commerçant qui en a besoin pour faire des paiements carte bancaire, il perd probablement plus que les 30€ par semaine que l'Arcep, dans sa grande bonté, prévoit comme dédommagement forfaitaire dans mon cas. Donc j'aimerais bien savoir ce que font, concrètement, les professionnels dans le cas où un sagouin débranche inopinément une fibre optique ou quelque chose de ce genre.

Qu'est-ce qui a bien pu se passer, justement ? L'explication la plus courante qui m'a été donnée, à la fois par des humains sur les réseaux sociaux et par ChatGPT (qui hallucine peut-être — comme d'habitude, c'est plausible mais est-ce vrai je n'en sais rien), c'est qu'un technicien voulant raccorder un autre client à un autre opérateur aurait par erreur rattaché ma fibre à moi à cet autre opérateur, soit au niveau du nœud de raccordement du quartier, soit au niveau du point de mutualisation de l'immeuble. (Dans les deux cas, il semble en effet qu'on y accède comme à un moulin.) Cette explication ignore le fait qu'à 22h50 je pense que personne n'intervient dans les locaux des nœuds de raccordement sur les lignes individuelles (généralement les gens qui ont besoin d'une semaine pour remettre une fibre dans le bon trou, ils ne travaillent pas tard le soir), et après petite enquête dans l'immeuble (où tout le monde se connaît) personne n'a touché au boîtier fibre à ce niveau-là non plus.

Le fait que mon boîtier ONT ait des lumières toutes vertes signifie qu'il détecte bien un signal optique : ma fibre est donc bien raccordée à quelque chose. Elle n'a pas été purement et simplement débranchée ou sectionnée, par exemple. (Là il y aurait une lumière rouge très claire.) Mais il est possible qu'elle soit branchée au mauvais opérateur (même si, comme je viens de le dire, j'y crois assez peu). Je soupçonne plutôt que ma ligne a été malencontreusement effacée dans une base de données logicielle, ce qui devrait être encore plus facile à résoudre : je doute que quelqu'un ait vraiment besoin de se déplacer physiquement jusqu'au nœud de raccordement.

Ce système est quand même invraisemblablement pourri. On a un boîtier ONT qui fait le pont entre réseau optique et réseau Ethernet, apparemment en s'authentifiant auprès de l'opérateur à l'autre bout (donc si on est relié au mauvais opérateur, eh bien rien ne passe) : ils ont prévu une lumière pour signaler si un signal optique est détecté, très bien, mais ils n'ont rien prévu pour signaler si l'authentification réussit. Pire encore, si on est relié au mauvais opérateur, il n'y a pas un signal qui passe pour dire vous êtes relié au port numéro [tant] de l'opérateur [truc], et, dans l'autre sens, je suis le boîtier ONT de la ligne [tant] de l'opérateur [truc] — ce qui permettrait de diagnostiquer et régler ce genre de problèmes d'écrasement, apparemment fréquents, de façon immédiate. (On saurait immédiatement, côté opérateurs, quels sont les fibres reliées à des boîtiers ONT qui n'arrivent pas à s'authentifier et où ceux-ci devraient être connectés, et, inversement, côté client, si on est connecté à un mauvais opérateur.) Je sais que mon idée est révolutionnaire : faire transiter des informations par une fibre optique. Je vous assure, pourtant, je ne l'ai pas brevetée.

Mais non, apparemment, il faut tâcher quelqu'un de faire une reconstruction de ligne, et prendre une semaine pour ça.

Pourquoi si longtemps ? Probablement parce qu'on touche à une autre maladie du capitalisme : la manie de tout sous-traiter. Dans le monde dans lequel nous vivons, aucune entreprise ne fait jamais rien elle-même, elle sous-traite à une autre, qui elle-même sous-traite à une autre, qui elle-même, etc., jusqu'à ce que tout le boulot tombe sur les épaules d'un seul pauvre type surchargé, probablement mal payé et pas forcément super compétent.

Parce qu'évidemment ce n'est pas OVH qui assure lui-même la collecte fibre chez les particuliers : ils dépendent du réseau SFR. Mais ce n'est pas non plus SFR qui va s'occuper des fibres chez les particuliers : ils sous-traitent ça à des gens qui sont des auto-entrepreneurs et qui finissent par faire le boulot pour tous les opérateurs. Comme ces gens sont payés au lance-pierre, souvent ils font un boulot de sagouins[#3], et c'est comme ça qu'on se retrouve à débrancher la fibre de Pierre en voulant raccorder Paul, ce qui obligera un autre opérateur à faire appel au même sous-traitant pour re-raccorder la fibre de Paul.

[#3] Je ne veux cependant pas dire qu'ils sont tous incompétents ou malhonnêtes : le type qui est venu poser la fibre chez ma mère était remarquable de compétence et de conscience professionnelle.

Donc on a cette chaîne complètement ubuesque où OVH m'envoie un mail automatisé pour me signaler que je dois leur écrire un message pour qu'ils s'occupent du problème, j'ouvre un ticket, quelqu'un du support technique d'OVH va ouvrir un ticket chez SFR, et quelqu'un du support technique de SFR va faire appel au type-qui-fait-tout, et surtout il est interdit de court-circuiter un maillon de cette chaîne totalement stupide de téléphone arabe, qu'Apollon nous préserve de la possibilité que le client puisse entrer directement en communication avec le type-qui-fait-tout sans passer par la Voie Hiérarchique de la Sainte Sous-Traitance. Chaque étape fait perdre au moins un jour « ouvré ». Et à chaque maillon des infos vont se perdre ou se déformer : je doute fortement, par exemple, que l'info que la coupure ait eu lieu à 22h50 soit répercutée jusqu'au bout de la chaîne, ni que je puisse faire passer le message ne venez regarder dans notre immeuble qu'en dernier recours, il est extrêmement improbable que quelque chose se soit passé ici.

Bon alors, certes, je ne suis pas complètement privé d'Internet pendant le temps qu'OVH joue au téléphone arabe, puisque je peux profiter de mon téléphone pour partager sa connexion. Mais les inconvénients de ce système de tethering sont tout de même nombreux. Ce n'est pas tant que c'est lent (la 5G, il faut le reconnaître, a un bon débit), mais la latence est élevée. Et je n'ai pas non plus d'IPv6 (mon téléphone l'a, mais apparemment il ne sait pas faire de partage de connexion IPv6), ce qui, de nos jours, est vraiment assez pénible[#4]. De façon plus problématique, je dois jouer à activer le partage de connexion quand je veux utiliser Internet, et le désactiver quand je veux faire autre chose avec le téléphone (l'éloigner de l'ordinateur), ou juste pour le laisser refroidir parce que, je suppose, le partage de connexion même par USB empêche le téléphone de s'endormir. En fait, je n'arrête pas d'activer et désactiver le partage de connexion (brancher et débrancher le téléphone), je perds un temps fou avec ça. Et à m'énerver contre les câbles USB-C de merde qui se déconnectent dès qu'on déplace un peu trop le téléphone. Mais en plus de ça, même si ça règle le problème d'accéder au monde extérieur depuis mon PC, je n'ai clairement pas de solution pour accéder à mon PC quand je suis sorti, chose que je fais tout le temps en temps normal.

[#4] Certes, je pourrais trouver quelques acrobaties supplémentaires pour faire quand même passer l'IPv6 au-dessus de ce que j'ai comme IPv4 — on m'a recommandé d'essayer tinc — mais j'espère que le problème de fibre sera réglé assez vite pour que je n'aie pas à m'arracher les cheveux à comprendre ça et à le faire marcher derrière une connexion moitié foireuse.

Au bout du compte, je suppose que ma connexion finira par être rétablie, et je sais très bien ce qui va arriver : le service technique OVH va me demander de mettre une note au pauvre type qui a pris mon ticket, et qui n'est responsable de rien, il a juste eu à transmettre ma demande dans ce jeu totalement stupide de téléphone arabe vers le service technique de SFR. (Je crois que je ne pourrai même pas fermer le ticket sans mettre une note.) Si je lui mets une sale note, ça le pénalise injustement d'un truc dont son employeur est responsable, et si je lui mets une bonne note, son employeur s'en servira sans doute dans sa pub. Mais je n'ai pas envie de le noter lui, j'ai envie de noter cette organisation totalement stupide où tout doit passer par une chaîne de sous-traitants et où les boîtiers ONT chez les particuliers et les terminaux optiques aux points de raccordement ne sont pas foutus de s'échanger des paquets réseau non authentifiés pour dire à qui ils sont et retrouver sur quel port ils sont connectés.

Mise à jour () : Ma connexion a été rétablie après passage d'un technicien (très aimable, et pas du tout un sagouin) qui m'a changé mon boîtier ONT. Il m'a dit que ces choses-là vieillissent et que le problème arrive. En tout cas, ce n'était pas un problème de fibre branchée dans le mauvais trou.

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(jeudi)

Où et quand voir des cerisiers en fleurs en Île-de-France

[Magnolias en fleurs devant un bâtiment style fin XIXe]

Image : Magnolias de l'école Estienne (photo prise le )
(Non, ce ne sont pas des Prunus !)

Plus les années passent plus j'attends les signes de l'arrivée du printemps avec impatience comme une sorte de libération. Là fait quelque chose comme quatre mois (avant même le début de l'hiver, donc) que je répète sans arrêt à mon poussinet : j'en ai marre de l'hiver ! je veux voir des cerisiers en fleurs !

Ce n'est pas comme si je ne remarquais pas les fleurs avant, bien sûr, mais comme je l'ai dit plusieurs fois (cf. le dernier billet, en fait), mon rapport à l'espace extérieur a, pour diverses raisons, pas mal changé vers 2020. Et depuis 2021, à chaque printemps, je photographie les arbres en fleurs, et maintenant je commence à savoir identifier quelques espèces[#], et à bien connaître l'ordre dans lequel le ballet du printemps se déroule.

[#] Je veux dire que je partais de loin. En 2010, pour moi, tous les noms d'arbres étaient synonymes de arbre : je savais peut-être distinguer un cerisier d'un mélèze, mais c'est à peu près la limite. (Séquence obligatoire des Monty Pythons.)

J'aime bien les magnolias, qui fleurissent de manière si éphémère (et cette année ils sont en avance d'environ trois semaines). Plus tard dans la saison, j'aime beaucoup les fabacées comme les robiniers faux-acacias et les glycines, surtout pour leur parfum doux et sucré ; encore plus tard, j'aime bien l'odeur des faux jasmins (Trachelospermum jasminoides) et du chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), que je n'arrive pas bien à distinguer bien que ces plantes n'aient que peu de rapport. Et n'oublions pas, au passage, les paulownias qui fin avril colorent brièvement en mauve la place d'Italie.

[Pommiers en fleurs dans une rue à Paris]

Image : Pommiers d'ornement Malus × zumi ‘Golden Hornet’ (photo prise le )
(Pas non plus des Prunus, mais ce sont des rosacées.)

Mais pour moi, les rois du printemps, ce sont les rosacées. Et parmi les rosacées, sans vouloir porter ombrage aux pommiers et poiriers d'ornement qui peuvent avoir des fleurs magnifiques (comme ceux-ci dans notre quartier ou ceux-ci à Chèvreloup), mes préférés sont certainement les Prunus.

S'il y a besoin d'éclaircissements, le genre Prunus est un genre parmi d'autres dans la famille des rosacées (voyez ici si le rapport entre une famille, un genre et une espèce vous échappe, mais c'est du plus grand au plus précis), et il regroupe diverses espèces d'arbustes ou arbres fruitiers : cerisiers, pruniers, pêchers, abricotiers, amandiers, prunelliers, etc. — tout ça ce sont des Prunus. (Les pommiers et poiriers, ainsi que toutes sortes d'autres choses comme les ronces et les roses, sont dans la même famille des rosacées, mais pas dans le genre Prunus. La caractéristique la plus évidente des rosacées est leurs fleurs à cinq pétales, même si certains mutants ont été sélectionnés pour faire des fleurs beaucoup plus épaisses.)

Ce qu'on appelle communément les cerisiers est un sous-genre, nommé Cerasus, au sein du genre Prunus. Ce sous-genre des « cerisiers vrais » comporte notamment l'espèce Prunus avium, le merisier, qui est l'ancêtre sauvage de ce qu'on cultive pour ses fruits appelées cerises, mais aussi P. cerasus, le griottier (elle est l'espèce-type du sous-genre), ainsi que P. serrulata, le cerisier du Japon, qui est l'ancêtre, ou un des ancêtres, de la grande majorité des cerisiers d'ornement dont je vais parler plus bas.

Comme les humains aiment bien les belles fleurs et les fruits juteux, on a beaucoup croisé et sélectionné les Prunus pour obtenir l'une ou l'autre (rarement les deux) de ces caractéristiques en abondance. Mais même à l'état sauvage, les Prunus ont de très jolies fleurs (dans les forêts d'Île-de-France, à l'état sauvage, on trouve des Prunus spinosa, ou prunelliers, qui sont des sortes de buissons, et des P. avium, ou merisiers).

[Buisson de prunelliers en fleurs (blanches)]

Image : Buisson de Prunus spinosa sauvage à Chèvreloup (photo prise le )
Le prunellier est un des Prunus sauvages qu'on voit couramment en Île-de-France

Je ne prétends pas comprendre la classification au sein du genre Prunus, ni même du sous-genre Cerasus qui regroupe les vrais cerisiers. C'est très compliqué, parce que déjà on a un certain nombre d'espèces naturelles (et avec les plantes, la notion d'espèce est toujours délicate, encore plus qu'avec les animaux), qui ne collent pas toujours parfaitement bien avec les noms vulgaires (cerisier, prunier, etc. : chacun de ces termes peut regrouper plusieurs espèces). Ces espèces elles-mêmes peuvent prendre diverses formes ou variétés. Et comme je viens de le dire, on a croisé et sélectionné, c'est-à-dire créé des cultivars au cours de toutes sortes de traditions d'horticulture (la plus célèbre pour les cerisiers à fleurs étant celle du Japon) qui leur donnent des noms qui ne permettent pas toujours de bien retrouver la ou les espèces sauvages parentes, si tant est qu'elle soit identifiable. Je me suis procuré une copie du livre Japanese Flowering Cherries de Wybe Kuitert, et j'avoue que c'est un peu décourageant si on veut s'y retrouver, il y a pas loin de 400 pages dans ce lire consacré juste aux cerisiers à fleurs japonais (les espèces Prunus campanulata, P. incisa, P. nipponica, P. pendula, P. sargentii et bien sûr P. serrulata, leurs hybrides et très nombreux cultivars), qui ne sont qu'un sous-ensemble des Prunus (même si ce sont les plus importants dans les arbres d'ornement).

Quelques précisions, quand même, pour les maniaques, au sujet de la terminologie et de la nomenclature (les autres, vous pouvez sauter ce passage en petits caractères), de ce que j'ai compris de mes lectures :

Un nom d'espèce s'écrit en donnant le genre et l'espèce, en latin, et si possible en italiques, par exemple Prunus cerasifera, vulgairement appelé le prunier-cerise ou myrobolan. Le nom du genre prend toujours une majuscule, le nom de l'espèce n'en prend jamais (et ne peut pas commencer la phrase puisque le nom du genre précède forcément) ; pour éviter des répétitions lourdes quand on parle toujours du même genre, on peut abréger le dernier genre évoqué en juste son initiale, p.ex. P. cerasus, le cerisier aigre ou griottier. Il y a aussi des hybrides, qu'on indique soit en donnant les espèces parentes séparées par des signes ‘×’, soit juste un signe ‘×’ devant un nom spécifique de l'hybride, par exemple P. × yedoensis qui est un croisement (probablement artificiel, mais partiellement devenu féral) entre plusieurs taxa du sous-genre Cerasus (du genre Prunus), mais ce n'est pas totalement clair lesquelles (probablement P. serrulata var. speciosa côté mâle et P. pendula f. ascendens côté femelle ; voir ci-après pour la signification de var. et f.).

En-dessous de l'espèce, contrairement aux zoologistes qui ne connaissent que la sous-espèce, les botanistes distinguent la sous-espèce, la variété et la forme (dans l'ordre décroissant), mais il est rare d'avoir plusieurs, et à plus forte raison toutes ces choses, donc on note que ce qui intervient, en sous-entendant que ce qui n'est pas écrit a le même nom que le taxon immédiatement au-dessus (et souvent qu'il est le seul). On abrège ça en subsp. (ou ssp.), var. et f. respectivement (qu'on ne doit pas écrire en italiques, contrairement aux noms des taxons eux-mêmes). Par exemple : Prunus cerasifera var. pissardii, le prunier de Pissard, qui est une variété du prunier-cerise. En gros, si je comprends bien, la notion de sous-espèce doit correspondre à des groupes géographiquement séparés qui ne se reproduisent donc pas et qui acquièrent des caractéristiques particulières en s'adaptant à leur environnement ; une variété se réfère à des variations naturelles au sein de l'espèce ; et une forme se réfère à des variations encore plus mineures (qui peuvent apparaître par une mutation accidentelle).

Mais comme il n'y a pas d'autorité divine ou de consensus clair ce qui est une espèce, tout ça est laissé à l'appréciation de qui fait la classification : l'espèce Prunus pendula est parfois classifiée comme variété P. subhirtella var. pendula de l'espèce P. subhirtella (alors que d'autres considèrent cette dernière, notée P. × subhirtella, comme hybride entre P. pendula f. ascendens et P. incisa — vous suivez ?), et l'espèce P. speciosa parfois considérée (surtout au Japon) comme variété P. lannesiana var. speciosa d'une espèce P. lannesiana (qui, pour d'autres, est un groupement artificiel). Il ne faut pas s'imaginer que vous verrez toujours le même nom sur les étiquettes de plantes essentiellement identiques ! Le choix des noms lui-même a une histoire et des traditions, parfois assez compliqués.

D'ailleurs, quand on cite un taxon, on est censé aussi donner une citation, justement, qui donne l'attribution à la première personne en ayant validement publié une description de celui-ci (très souvent c'est Linné, qu'on cite juste comme L.) ; et il y a encore des règles très compliquées sur la bonne manière de citer quand le taxon a été reclassifié ou renommé. Le code international de la nomenclature botanique se lit de façon aussi plaisante et distrayante qu'un recueil de lois (je le sais parce que j'ai plongé dans les deux).

Tout ça, bien sûr, concerne les plantes sauvages : les botanistes ne s'intéressent pas à l'horticulture (enfin, ils peuvent, mais ce n'est pas leur centre d'intérêt, cf. ce que je disais sur les linguistes et les conlangs) ; et bien sûr, parfois les taxa créés artificiellement s'échappent dans la nature et deviennent féraux. Un taxon créé artificiellement s'appelle un cultivar. Un cultivar se cite normalement (je ne sais pas s'il y a une norme claire en la matière) en mettant entre guillemets (moi j'utilise des guillemets simples) le nom que lui a donné la personne qui a créé (ou, à défaut, décrit) le cultivar, après le nom du taxon naturel dans la mesure où on peut le retrouver, p.ex. Prunus serrulata ‘Albo Plena’ (un nom donné en 1906 par Camillo Schneider, mais le cultivar semble remonter à un individu importé du Japon en Angleterre, probablement aux jardins botaniques royaux de Kew, au début du XIXe siècle ; en tout cas, celui-là n'est pas un cultivar japonais même si l'espèce parente est originaire du Japon). Comme je l'ai dit plus haut, retrouver l'espèce d'un cultivar est parfois tellement confus qu'on doit se contenter d'une approximation.

Notamment, il y a tout un groupe de cultivars japonais anciens, dit sato-zakura (里桜, littéralement fleurs de village), dont la généalogie est tellement confuse que des experts conseillent d'écrire simplement Prunus groupe ‘sato-zakura’ sans chercher à spécifier une espèce précise (les espèces sauvages parentes semblent être majoritairement P. serrulata, peut-être en trois formes différentes, mais aussi P. apetalata et P. pseudocerasus). Donc pour les cultivars de ce groupe (comme ‘Ama-no-gawa’ et ‘Kanzan’), on pourra chercher à donner une espèce, généralement P. serrulata et/ou écrire Prunus groupe ‘sato-zakura’.

Et puis pour arranger le tout, les cerisiers sont souvent greffés, donc l'espèce (ou en tout cas le cultivar) du tronc porte-greffe et l'espèce des branches qui donnent des fleurs peuvent être différents, d'ailleurs parfois le porte-greffe se rebelle et fait ses propres fleurs, si bien qu'on voit clairement que l'arbre est composite.

Voilà, donc pour résumer : c'est Compliqué™.

Comme en plus les caractéristiques permettant l'identification ne sont pas du tout évidentes et ne sont souvent pas ce qu'on remarquera spontanément (par exemple, la couleur des fleurs est une mauvaise clé d'identification), et que certains traits sont très instables dans une espèce, on s'y perd complètement. Ce qu'il faut vraiment regarder pour identifier les espèces, c'est la forme des pétales, la forme des étamines et du pistil, la structure des inflorescences, la longueur du pédoncule, l'attachement aux branches, etc. Ce ne sont pas les choses qu'on remarque si on veut juste admirer les arbres (et ce n'est sans doute pas un hasard : c'est justement parce qu'on ne les remarque pas qu'il n'y a pas eu de sélective artificielle à ce sujet, donc ces paramètres peuvent servir à l'identification). Et j'avoue que, moi, je ne regarde pas trop de près.

🌸

Mais peu importe le nom précis du Prunus, on peut se contenter de l'admirer.

Donc, où et quand peut-on voir des beaux Prunus en Île-de-France ? (Je parle de l'Île-de-France parce que c'est là où je vis et ce que je connais, mais évidemment beaucoup de remarques générales comme celles sur le moment de la floraison s'appliquent à tout endroit qui a un climat comparable.)

Le et le quand vont ensemble, bien sûr : chaque arbre donné va fleurir pendant quelque chose comme une à deux semaines, mais la floraison de l'ensemble des Prunus s'étale entre fin février et fin avril. En excluant des floraisons carrément hivernales (qui peuvent être des accidents, des mutants ou des cultivars très spécifiques), les premiers à sortir leurs fleurs ce sont les prunelliers (sauvages), Prunus spinosa (espèce du sous-genre Prunus, c'est-à-dire plus proches des pruniers que des cerisiers vrais), des petits buissons épineux assez nombreux sur le bord des chemins et des routes et qui se repèrent bien parce qu'ils se parent de jolies petites fleurs blanches assez délicates. Bon, de près, c'est un peu décevant, mais de loin c'est très mignon, surtout quand il y en a beaucoup, et je les aime surtout parce que je vois ça comme le signe que ça y est c'est le printemps qui arrive. (J'en ai mis une photo plus haut à gauche.)

[Pruniers-cerises en fleurs (blanches)]

Image : Prunus cerasifera var. divaricata à Chèvreloup (photo prise le )
Ce sont parmi les premiers à fleurir.

Dans les parcs et jardins, ce sont surtout les Prunus cerasifera (pruniers-cerises, aussi dans le sous-genre Prunus) qu'on va voir fleurir à peu près à ce moment-là (je veux dire, maintenant, tout début mars). Et au sein de cette espèce, il y a un groupe d'individus, précisément des Prunus cerasifera var. divaricata, auxquels je suis particulièrement attaché, et auxquels je vais rendre visite chaque année début mars : ils sont situés ici dans l'arboretum de Versailles-Chèvreloup[#2] (il faut tourner à gauche immédiatement après l'entrée, et ensuite avancer d'environ 300m). Je les avais vus pour la première fois le , en fleurs, par un temps absolument magnifique, et j'étais complètement émerveillé par leur aspect presque argenté, resplendissant au soleil : chaque année, depuis, j'essaie de retrouver ce moment magique, mais ce n'est pas toujours possible (il faut qu'il y ait un moment de beau temps qui tombe à la fois pendant la brève floraison des pruniers-cerise et où je sois disponible pour aller à Chèvreloup). J'ai enfin réussi à les revoir aussi beaux hier (photo ci-contre, à droite) et c'est essentiellement ça qui me motive à écrire ce billet de blog. Si vous voulez les voir, il faut y aller maintenant : dans une semaine ce sera déjà trop tard.

[#2] L'arboretum de Chèvreloup, situé sur la commune du Chesnay-Rocquencourt, est situé immédiatement au nord du parc de Versailles (juste à côté du domaine de Trianon), en face du centre commercial Parly 2. Il appartient au Museum national d'Histoire naturelle (comme le Jardin des Plantes de Paris). Ce n'est pas un jardin paysager mais bien un arboretum : le but n'est pas de faire joli, mais de rassembler des specimens de nombreuses espèces et de les étiqueter ; néanmoins, c'est un cadre agréable où se promener (ou bien pour faire un pique-nique si on aime ça), et le poussinet et moi aimons bien y aller (souvent après avoir pris un brunch au café Coutume à Parly 2). L'entrée de l'arboretum est payante, mais ce n'est vraiment pas exorbitant et il y a des abonnements annuels. Ils ont une jolie collection de cerisiers à fleurs, mais je souligne que les pruniers-cerise dont je parle ci-dessus, qui fleurissent nettement avant les autres, ne sont pas au même endroit (ce ne sont pas des cerisiers vrais, c'est-à-dire du sous-genre Cerasus, ce sont plutôt des pruniers). À toutes fins utiles, je précise qu'on peut y aller en transports en commun (prendre le bus depuis Versailles jusqu'à Parly 2 et ensuite c'est à quelques minutes de marche), même si c'est un peu long.

Mais la floraison des cerisiers proprement dit (le sous-genre Cerasus du genre Prunus) commence plus tard, typiquement vers la dernière semaine de mars ou tout début avril.

[Cerisier du Japon en fleurs (blanches), avec des gens devant en train de l'admirer]

Image : Le célèbre Prunus serrulata ‘Shirotae’ au Jardin des Plantes de Paris (photo prise le )

Personnellement je préfère ceux qui ont des fleurs blanches, et à ce sujet, un magnifique specimen est le Prunus serrulata f. albida ‘Shirotae’ du Jardin des Plantes de Paris (il est ici[#3]). Le nom du cultivar, Shirotae (que j'eus par le passé écrit par erreur Shirotæ, pensant que c'était le génitif d'une latinisation), en japonais 白妙, signifie littéralement tissu blanc. Et de fait, quand il fleurit (typiquement vers la dernière semaine de mars), et c'est vraiment un spectacle, il y a toujours plein de gens qui se pressent autour pour le prendre en photo, se prendre en photo avec lui (y compris des couples de jeunes mariés, d'ailleurs). Si vous voulez voir un Shirotae aussi beau mais sans les nuées de visiteurs autour, il y en a un à Chèvreloup (il est précisément ici).

[#3] J'hésite toujours un peu à désigner un arbre individuel pour les raisons que j'ai évoquées ici (à propos de la destruction du Sycamore Gap Tree). Mais bon, je fais le pari que mon blog n'est pas lu par des millions de personnes et que ces personnes ne sont par ailleurs pas des vandales, et de toute façon cet arbre précis est déjà hyper connu. Mais j'avoue que je suis toujours nerveux quand je vois tant de gens autour de lui : c'est un specimen fragile, quand même. Donc j'en profite pour rappeler qu'on ne touche pas les plantes (quelles qu'elles soient), on se contente d'admirer avec les yeux et éventuellement d'approcher le nez pour sentir.

[Cerisiers du Japon en fleurs (blanches) le long d'une route]

Image : Prunus (peut-être Prunus × yedoensis) ornant la route de Damiette à Gif-sur-Yvette (photo prise le )

[Cerisiers du Japon en fleurs (blanches) sur un parking]

Image : Prunus (peut-être Prunus × yedoensis) ornant le parking de la gare de Courcelles à Gif-sur-Yvette (photo prise le )

Mais les beaux specimens ne sont pas forcément plantés dans un jardin : parfois ils décorent modestement une rue. La route de Damiette à Gif-sur-Yvette (ici) et, pas loin de là, le parking relais de la gare de Courcelles-sur-Yvette (ici) sont ornés de cerisiers absolument splendides. Comme ils ne sont pas étiquetés et que je ne sais pas identifier les plantes avec ce degré de précision, je ne sais pas de quels cultivars il s'agit : je penche pour Prunus × yedoensis ‘Somei-Yoshino’ (je ne sais même plus bien sous quelle base j'avais fait cette identification), mais ils ressemblent quand même aussi beaucoup à ces Prunus serrulata (groupe ‘sato-zakura’) f. erecta ‘Ama-no-gawa’ photographiés ici. En tout cas, ils ont des fleurs blanches délicates mais très nombreuses : alors que le Shirotae mérite son nom de tissu blanc, celles-là m'évoquent plutôt de la neige ou du coton. La première fois que j'avais vu ces arbres (en passant en voiture), je les avais qualifiés de floup-floup pour désigner leur aspect cotonneux. Et oui, je sais, le parking relais de la gare de Courcelles-sur-Yvette, ça ne fait pas rêver, mais je vous assure que, l'an dernier, j'avais trouvé l'endroit absolument féerique (même si les photos ci-contre, à droite, ne le rendent pas bien), et je compte bien y retourner cette année, surtout s'il fait beau.

[Cerisiers du Japon en fleurs (roses) dans un parc, avec des gens dessous en train de pique-niquer]

Image : Hanami au parc de Sceaux sous les Prunus serrulata ‘Kanzan’ du bosquet nord (photo prise le )

Maintenant, si vous préférez les cerisiers à fleurs roses à ceux à fleurs blanches, le cultivar le plus populaire est Prunus serrulata (groupe ‘sato-zakura’) f. purpurascens ‘Kanzan’, cultivar également connu commercialement sous le nom de Hizakura mais en fait c'est la même chose. Ceux-là fleurissent plus tard, typiquement vers la première ou deuxième semaine d'avril, et ils ont de très abondantes fleurs roses. (En fait, je crois que ce sont presque toujours des greffes : je ne sais pas quelle est l'espèce du porte-greffe, mais le cultivar dont je parle est celui des branches à fleurs.) Il y en a par exemple de très jolis au jardin Brassaï à Paris (ici), ou, pas loin de là, un superbe alignement au mail de Bièvre (ici). Mais pas seulement à Paris, ils sont un peu partout : j'avais remarqué, par exemple, le chemin de la Hunière (ici), dans le quartier des Joncherettes à Palaiseau, un autre très joli alignement de ces cerisiers précis.

Ceci étant, si vous voulez célébrer 花見 (hanami, contemplation des fleurs) en Île-de-France, l'endroit évident est le parc de Sceaux. Le bosquet nord (ici) est planté du cultivar ‘Kanzan’ à fleurs roses et, le week-end où ils fleurissent, s'il fait beau, il y a carrément foule, des gens qui font des pique-nique, des cosplayers japonisants, c'est vraiment très bon enfant (cf. la photo à gauche). Le bosquet sud (ici), lui, accueille des Prunus avium ‘Plena’ (je crois), à fleurs blanches (et qui fleurissent un peu plus tardivement) : il est beaucoup moins populaire, mais comme j'ai dit que je préférais les Prunus à fleurs blanches que roses, je trouve ça très joli aussi.

Précision importante () : Ma maman me fait part d'une information lue dans je ne sais quel journal : comme la surfréquentation des bosquets de cerisiers du parc de Sceaux abîme les arbres (dont les racines sont, si je comprends bien, victimes d'un champignon que le piétinement aggrave), le département propriétaire du parc a décidé qu'à partir de cette année 2026, l'accès aux bosquets pendant hanami se ferait sur réservation préalable (gratuite), de manière à limiter le nombre de visiteurs. Voyez sur cette page pour le programme et la manière de réserver.

Voilà, je n'ai fait que lister quelques uns des endroits que j'ai remarqués, soit parce que j'y passe souvent soit parce qu'ils sont particulièrement spectaculaires, mais il va de soi qu'il y a plein d'autres endroits en Île-de-France où on peut voir des beaux Prunus. N'hésitez pas à en signaler en commentaires si vous en connaissez de remarquables.

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