David Madore's WebLog: Où et quand voir des cerisiers en fleurs en Île-de-France

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(jeudi)

Où et quand voir des cerisiers en fleurs en Île-de-France

Méta : Un billet comme celui-ci mérite évidemment d'être illustré par des photos. Comme c'est vraiment long et pénible pour moi de mettre des images sur mon blog et que je manque de temps, je commence par publier le texte, avec des liens vers les réseaux sociaux où j'ai déjà mis des photos (donc n'hésitez pas à les suivre ! il n'y a pas besoin de compte pour voir les images), et je compte éditer ce billet plus tard pour y ajouter quelques photos.

Plus les années passent plus j'attends les signes de l'arrivée du printemps avec impatience comme une sorte de libération. Là fait quelque chose comme quatre mois (avant même le début de l'hiver, donc) que je répète sans arrêt à mon poussinet : j'en ai marre de l'hiver ! je veux voir des cerisiers en fleurs !

Ce n'est pas comme si je ne remarquais pas les fleurs avant, bien sûr, mais comme je l'ai dit plusieurs fois (cf. le dernier billet, en fait), mon rapport à l'espace extérieur a, pour diverses raisons, pas mal changé vers 2020. Et depuis 2021, à chaque printemps, je photographie les arbres en fleurs, et maintenant je commence à savoir identifier quelques espèces[#], et à bien connaître l'ordre dans lequel le ballet du printemps se déroule.

[#] Je veux dire que je partais de loin. En 2010, pour moi, tous les noms d'arbres étaient synonymes de arbre : je savais peut-être distinguer un cerisier d'un mélèze, mais c'est à peu près la limite. (Séquence obligatoire des Monty Pythons.)

J'aime bien les magnolias, qui fleurissent de manière si éphémère (et cette année ils sont en avance d'environ trois semaines). Plus tard dans la saison, j'aime beaucoup les fabacées comme les robiniers faux-acacias et les glycines, surtout pour leur parfum doux et sucré ; encore plus tard, j'aime bien l'odeur des faux jasmins (Trachelospermum jasminoides) et du chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum), que je n'arrive pas bien à distinguer bien que ces plantes n'aient que peu de rapport. Et n'oublions pas, au passage, les paulownias qui fin avril colorent brièvement en mauve la place d'Italie.

Mais pour moi, les rois du printemps, ce sont les rosacées. Et parmi les rosacées, sans vouloir porter ombrage aux pommiers et poiriers d'ornement qui peuvent avoir des fleurs magnifiques (comme ceux-ci dans notre quartier ou ceux-ci à Chèvreloup), mes préférés sont certainement les Prunus.

S'il y a besoin d'éclaircissements, le genre Prunus est un genre parmi d'autres dans la famille des rosacées (voyez ici si le rapport entre une famille, un genre et une espèce vous échappe, mais c'est du plus grand au plus précis), et il regroupe diverses espèces d'arbustes ou arbres fruitiers : cerisiers, pruniers, pêchers, abricotiers, amandiers, prunelliers, etc. — tout ça ce sont des Prunus. (Les pommiers et poiriers, ainsi que toutes sortes d'autres choses comme les ronces et les roses, sont dans la même famille des rosacées, mais pas dans le genre Prunus. La caractéristique la plus évidente des rosacées est leurs fleurs à cinq pétales, même si certains mutants ont été sélectionnés pour faire des fleurs beaucoup plus épaisses.)

Ce qu'on appelle communément les cerisiers est un sous-genre, nommé Cerasus, au sein du genre Prunus. Ce sous-genre des « cerisiers vrais » comporte notamment l'espèce Prunus avium, le merisier, qui est l'ancêtre sauvage de ce qu'on cultive pour ses fruits appelées cerises, mais aussi P. cerasus, le griottier (elle est l'espèce-type du sous-genre), ainsi que P. serrulata, le cerisier du Japon, qui est l'ancêtre, ou un des ancêtres, de la grande majorité des cerisiers d'ornement dont je vais parler plus bas.

Comme les humains aiment bien les belles fleurs et les fruits juteux, on a beaucoup croisé et sélectionné les Prunus pour obtenir l'une ou l'autre (rarement les deux) de ces caractéristiques en abondance. Mais même à l'état sauvage, les Prunus ont de très jolies fleurs (dans les forêts d'Île-de-France, à l'état sauvage, on trouve des Prunus spinosa, ou prunelliers, qui sont des sortes de buissons, et des P. avium, ou merisiers).

Je ne prétends pas comprendre la classification au sein du genre Prunus, ni même du sous-genre Cerasus qui regroupe les vrais cerisiers. C'est très compliqué, parce que déjà on a un certain nombre d'espèces naturelles (et avec les plantes, la notion d'espèce est toujours délicate, encore plus qu'avec les animaux), qui ne collent pas toujours parfaitement bien avec les noms vulgaires (cerisier, prunier, etc. : chacun de ces termes peut regrouper plusieurs espèces). Ces espèces elles-mêmes peuvent prendre diverses formes ou variétés. Et comme je viens de le dire, on a croisé et sélectionné, c'est-à-dire créé des cultivars au cours de toutes sortes de traditions d'horticulture (la plus célèbre pour les cerisiers à fleurs étant celle du Japon) qui leur donnent des noms qui ne permettent pas toujours de bien retrouver la ou les espèces sauvages parentes, si tant est qu'elle soit identifiable. Je me suis procuré une copie du livre Japanese Flowering Cherries de Wybe Kuitert, et j'avoue que c'est un peu décourageant si on veut s'y retrouver, il y a pas loin de 400 pages dans ce lire consacré juste aux cerisiers à fleurs japonais (les espèces Prunus campanulata, P. incisa, P. nipponica, P. pendula, P. sargentii et bien sûr P. serrulata, leurs hybrides et très nombreux cultivars), qui ne sont qu'un sous-ensemble des Prunus (même si ce sont les plus importants dans les arbres d'ornement).

Quelques précisions, quand même, pour les maniaques, au sujet de la terminologie et de la nomenclature (les autres, vous pouvez sauter ce passage en petits caractères), de ce que j'ai compris de mes lectures :

Un nom d'espèce s'écrit en donnant le genre et l'espèce, en latin, et si possible en italiques, par exemple Prunus cerasifera, vulgairement appelé le prunier-cerise ou myrobolan. Le nom du genre prend toujours une majuscule, le nom de l'espèce n'en prend jamais (et ne peut pas commencer la phrase puisque le nom du genre précède forcément) ; pour éviter des répétitions lourdes quand on parle toujours du même genre, on peut abréger le dernier genre évoqué en juste son initiale, p.ex. P. cerasus, le cerisier aigre ou griottier. Il y a aussi des hybrides, qu'on indique soit en donnant les espèces parentes séparées par des signes ‘×’, soit juste un signe ‘×’ devant un nom spécifique de l'hybride, par exemple P. × yedoensis qui est un croisement (probablement artificiel, mais partiellement devenu féral) entre plusieurs taxa du sous-genre Cerasus (du genre Prunus), mais ce n'est pas totalement clair lesquelles (probablement P. serrulata var. speciosa côté mâle et P. pendula f. ascendens côté femelle ; voir ci-après pour la signification de var. et f.).

En-dessous de l'espèce, contrairement aux zoologistes qui ne connaissent que la sous-espèce, les botanistes distinguent la sous-espèce, la variété et la forme (dans l'ordre décroissant), mais il est rare d'avoir plusieurs, et à plus forte raison toutes ces choses, donc on note que ce qui intervient, en sous-entendant que ce qui n'est pas écrit a le même nom que le taxon immédiatement au-dessus (et souvent qu'il est le seul). On abrège ça en subsp. (ou ssp.), var. et f. respectivement (qu'on ne doit pas écrire en italiques, contrairement aux noms des taxons eux-mêmes). Par exemple : Prunus cerasifera var. pissardii, le prunier de Pissard, qui est une variété du prunier-cerise. En gros, si je comprends bien, la notion de sous-espèce doit correspondre à des groupes géographiquement séparés qui ne se reproduisent donc pas et qui acquièrent des caractéristiques particulières en s'adaptant à leur environnement ; une variété se réfère à des variations naturelles au sein de l'espèce ; et une forme se réfère à des variations encore plus mineures (qui peuvent apparaître par une mutation accidentelle).

Mais comme il n'y a pas d'autorité divine ou de consensus clair ce qui est une espèce, tout ça est laissé à l'appréciation de qui fait la classification : l'espèce Prunus pendula est parfois classifiée comme variété P. subhirtella var. pendula de l'espèce P. subhirtella (alors que d'autres considèrent cette dernière, notée P. × subhirtella, comme hybride entre P. pendula f. ascendens et P. incisa — vous suivez ?), et l'espèce P. speciosa parfois considérée (surtout au Japon) comme variété P. lannesiana var. speciosa d'une espèce P. lannesiana (qui, pour d'autres, est un groupement artificiel). Il ne faut pas s'imaginer que vous verrez toujours le même nom sur les étiquettes de plantes essentiellement identiques ! Le choix des noms lui-même a une histoire et des traditions, parfois assez compliqués.

D'ailleurs, quand on cite un taxon, on est censé aussi donner une citation, justement, qui donne l'attribution à la première personne en ayant validement publié une description de celui-ci (très souvent c'est Linné, qu'on cite juste comme L.) ; et il y a encore des règles très compliquées sur la bonne manière de citer quand le taxon a été reclassifié ou renommé. Le code international de la nomenclature botanique se lit de façon aussi plaisante et distrayante qu'un recueil de lois (je le sais parce que j'ai plongé dans les deux).

Tout ça, bien sûr, concerne les plantes sauvages : les botanistes ne s'intéressent pas à l'horticulture (enfin, ils peuvent, mais ce n'est pas leur centre d'intérêt, cf. ce que je disais sur les linguistes et les conlangs) ; et bien sûr, parfois les taxa créés artificiellement s'échappent dans la nature et deviennent féraux. Un taxon créé artificiellement s'appelle un cultivar. Un cultivar se cite normalement (je ne sais pas s'il y a une norme claire en la matière) en mettant entre guillemets (moi j'utilise des guillemets simples) le nom que lui a donné la personne qui a créé (ou, à défaut, décrit) le cultivar, après le nom du taxon naturel dans la mesure où on peut le retrouver, p.ex. Prunus serrulata ‘Albo Plena’ (un nom donné en 1906 par Camillo Schneider, mais le cultivar semble remonter à un individu importé du Japon en Angleterre, probablement aux jardins botaniques royaux de Kew, au début du XIXe siècle ; en tout cas, celui-là n'est pas un cultivar japonais même si l'espèce parente est originaire du Japon). Comme je l'ai dit plus haut, retrouver l'espèce d'un cultivar est parfois tellement confus qu'on doit se contenter d'une approximation.

Notamment, il y a tout un groupe de cultivars japonais anciens, dit sato-zakura (里桜, littéralement fleurs de village), dont la généalogie est tellement confuse que des experts conseillent d'écrire simplement Prunus groupe ‘sato-zakura’ sans chercher à spécifier une espèce précise (les espèces sauvages parentes semblent être majoritairement P. serrulata, peut-être en trois formes différentes, mais aussi P. apetalata et P. pseudocerasus). Donc pour les cultivars de ce groupe (comme ‘Ama-no-gawa’ et ‘Kanzan’), on pourra chercher à donner une espèce, généralement P. serrulata et/ou écrire Prunus groupe ‘sato-zakura’.

Et puis pour arranger le tout, les cerisiers sont souvent greffés, donc l'espèce (ou en tout cas le cultivar) du tronc porte-greffe et l'espèce des branches qui donnent des fleurs peuvent être différents, d'ailleurs parfois le porte-greffe se rebelle et fait ses propres fleurs, si bien qu'on voit clairement que l'arbre est composite.

Voilà, donc pour résumer : c'est Compliqué™.

Comme en plus les caractéristiques permettant l'identification ne sont pas du tout évidentes et ne sont souvent pas ce qu'on remarquera spontanément (par exemple, la couleur des fleurs est une mauvaise clé d'identification), et que certains traits sont très instables dans une espèce, on s'y perd complètement. Ce qu'il faut vraiment regarder pour identifier les espèces, c'est la forme des pétales, la forme des étamines et du pistil, la structure des inflorescences, la longueur du pédoncule, l'attachement aux branches, etc. Ce ne sont pas les choses qu'on remarque si on veut juste admirer les arbres (et ce n'est sans doute pas un hasard : c'est justement parce qu'on ne les remarque pas qu'il n'y a pas eu de sélective artificielle à ce sujet, donc ces paramètres peuvent servir à l'identification). Et j'avoue que, moi, je ne regarde pas trop de près.

🌸

Mais peu importe le nom précis du Prunus, on peut se contenter de l'admirer.

Donc, où et quand peut-on voir des beaux Prunus en Île-de-France ? (Je parle de l'Île-de-France parce que c'est là où je vis et ce que je connais, mais évidemment beaucoup de remarques générales comme celles sur le moment de la floraison s'appliquent à tout endroit qui a un climat comparable.)

Le et le quand vont ensemble, bien sûr : chaque arbre donné va fleurir pendant quelque chose comme une à deux semaines, mais la floraison de l'ensemble des Prunus s'étale entre fin février et fin avril. En excluant des floraisons carrément hivernales (qui peuvent être des accidents, des mutants ou des cultivars très spécifiques), les premiers à sortir leurs fleurs ce sont les prunelliers (sauvages), Prunus spinosa (espèce du sous-genre Prunus, c'est-à-dire plus proches des pruniers que des cerisiers vrais), des petits buissons épineux assez nombreux sur le bord des chemins et des routes et qui se repèrent bien parce qu'ils se parent de jolies petites fleurs blanches assez délicates. Bon, de près, c'est un peu décevant, mais de loin c'est très mignon, surtout quand il y en a beaucoup, et je les aime surtout parce que je vois ça comme le signe que ça y est c'est le printemps qui arrive.

Dans les parcs et jardins, ce sont surtout les Prunus cerasifera (pruniers-cerises, aussi dans le sous-genre Prunus) qu'on va voir fleurir à peu près à ce moment-là (je veux dire, maintenant, tout début mars). Et au sein de cette espèce, il y a un groupe d'individus, précisément des Prunus cerasifera var. divaricata, auxquels je suis particulièrement attaché, et auxquels je vais rendre visite chaque année début mars : ils sont situés ici dans l'arboretum de Versailles-Chèvreloup[#2] (il faut tourner à gauche immédiatement après l'entrée, et ensuite avancer d'environ 300m). Je les avais vus pour la première fois le , en fleurs, par un temps absolument magnifique, et j'étais complètement émerveillé par leur aspect presque argenté, resplendissant au soleil : chaque année, depuis, j'essaie de retrouver ce moment magique, mais ce n'est pas toujours possible (il faut qu'il y ait un moment de beau temps qui tombe à la fois pendant la brève floraison des pruniers-cerise et où je sois disponible pour aller à Chèvreloup). J'ai enfin réussi à les revoir aussi beaux hier et c'est essentiellement ça qui me motive à écrire ce billet de blog. Si vous voulez les voir, il faut y aller maintenant : dans une semaine ce sera déjà trop tard.

[#2] L'arboretum de Chèvreloup, situé sur la commune du Chesnay-Rocquencourt, est situé immédiatement au nord du parc de Versailles (juste à côté du domaine de Trianon), en face du centre commercial Parly 2. Il appartient au Museum national d'Histoire naturelle (comme le Jardin des Plantes de Paris). Ce n'est pas un jardin paysager mais bien un arboretum : le but n'est pas de faire joli, mais de rassembler des specimens de nombreuses espèces et de les étiqueter ; néanmoins, c'est un cadre agréable où se promener (ou bien pour faire un pique-nique si on aime ça), et le poussinet et moi aimons bien y aller (souvent après avoir pris un brunch au café Coutume à Parly 2). L'entrée de l'arboretum est payante, mais ce n'est vraiment pas exorbitant et il y a des abonnements annuels. Ils ont une jolie collection de cerisiers à fleurs, mais je souligne que les pruniers-cerise dont je parle ci-dessus, qui fleurissent nettement avant les autres, ne sont pas au même endroit (ce ne sont pas des cerisiers vrais, c'est-à-dire du sous-genre Cerasus, ce sont plutôt des pruniers). À toutes fins utiles, je précise qu'on peut y aller en transports en commun (prendre le bus depuis Versailles jusqu'à Parly 2 et ensuite c'est à quelques minutes de marche), même si c'est un peu long.

Mais la floraison des cerisiers proprement dit (le sous-genre Cerasus du genre Prunus) commence plus tard, typiquement vers la dernière semaine de mars ou tout début avril.

Personnellement je préfère ceux qui ont des fleurs blanches, et à ce sujet, un magnifique specimen est le Prunus serrulata f. albida ‘Shirotae’ du Jardin des Plantes de Paris (il est ici[#3]). Le nom du cultivar, Shirotae (que j'eus par le passé écrit par erreur Shirotæ, pensant que c'était le génitif d'une latinisation), en japonais 白妙, signifie littéralement tissu blanc. Et de fait, quand il fleurit (typiquement vers la dernière semaine de mars), et c'est vraiment un spectacle, il y a toujours plein de gens qui se pressent autour pour le prendre en photo, se prendre en photo avec lui (y compris des couples de jeunes mariés, d'ailleurs). Si vous voulez voir un Shirotae aussi beau mais sans les nuées de visiteurs autour, il y en a un à Chèvreloup (il est précisément ici).

[#3] J'hésite toujours un peu à désigner un arbre individuel pour les raisons que j'ai évoquées ici (à propos de la destruction du Sycamore Gap Tree). Mais bon, je fais le pari que mon blog n'est pas lu par des millions de personnes et que ces personnes ne sont par ailleurs pas des vandales, et de toute façon cet arbre précis est déjà hyper connu. Mais j'avoue que je suis toujours nerveux quand je vois tant de gens autour de lui : c'est un specimen fragile, quand même. Donc j'en profite pour rappeler qu'on ne touche pas les plantes (quelles qu'elles soient), on se contente d'admirer avec les yeux et éventuellement d'approcher le nez pour sentir.

Mais les beaux specimens ne sont pas forcément plantés dans un jardin : parfois ils décorent modestement une rue. La route de Damiette à Gif-sur-Yvette (ici) et, pas loin de là, le parking relais de la gare de Courcelles-sur-Yvette (ici) sont ornés de cerisiers absolument splendides. Comme ils ne sont pas étiquetés et que je ne sais pas identifier les plantes avec ce degré de précision, je ne sais pas de quels cultivars il s'agit : je penche pour Prunus × yedoensis ‘Somei-Yoshino’ (je ne sais même plus bien sous quelle base j'avais fait cette identification), mais ils ressemblent quand même aussi beaucoup à ces Prunus serrulata (groupe ‘sato-zakura’) f. erecta ‘Ama-no-gawa’ photographiés ici. En tout cas, ils ont des fleurs blanches délicates mais très nombreuses : alors que le Shirotae mérite son nom de tissu blanc, celles-là m'évoquent plutôt de la neige ou du coton. La première fois que j'avais vu ces arbres (en passant en voiture), je les avais qualifiés de floup-floup pour désigner leur aspect cotonneux. Et oui, je sais, le parking relais de la gare de Courcelles-sur-Yvette, ça ne fait pas rêver, mais je vous assure que, l'an dernier, j'avais trouvé l'endroit absolument féerique, et je compte bien y retourner cette année, surtout s'il fait beau.

Maintenant, si vous préférez les cerisiers à fleurs roses à ceux à fleurs blanches, le cultivar le plus populaire est Prunus serrulata (groupe ‘sato-zakura’) f. purpurascens ‘Kanzan’, cultivar également connu commercialement sous le nom de Hizakura mais en fait c'est la même chose. Ceux-là fleurissent plus tard, typiquement vers la première ou deuxième semaine d'avril, et ils ont de très abondantes fleurs roses. (En fait, je crois que ce sont presque toujours des greffes : je ne sais pas quelle est l'espèce du porte-greffe, mais le cultivar dont je parle est celui des branches à fleurs.) Il y en a par exemple de très jolis au jardin Brassaï à Paris (ici), ou, pas loin de là, un superbe alignement au mail de Bièvre (ici). Mais pas seulement à Paris, ils sont un peu partout : j'avais remarqué, par exemple, le chemin de la Hunière (ici), dans le quartier des Joncherettes à Palaiseau, un autre très joli alignement de ces cerisiers précis.

Ceci étant, si vous voulez célébrer 花見 (hanami, contemplation des fleurs) en Île-de-France, l'endroit évident est le parc de Sceaux. Le bosquet nord (ici) est planté du cultivar ‘Kanzan’ à fleurs roses et, le week-end où ils fleurissent, s'il fait beau, il y a carrément foule, des gens qui font des pique-nique, des cosplayers japonisants, c'est vraiment très bon enfant. Le bosquet sud (ici), lui, accueille des Prunus avium ‘Plena’ (je crois), à fleurs blanches (et qui fleurissent un peu plus tardivement) : il est beaucoup moins populaire, mais comme j'ai dit que je préférais les Prunus à fleurs blanches que roses, je trouve ça très joli aussi.

Voilà, je n'ai fait que lister quelques uns des endroits que j'ai remarqués, soit parce que j'y passe souvent soit parce qu'ils sont particulièrement spectaculaires, mais il va de soi qu'il y a plein d'autres endroits en Île-de-France où on peut voir des beaux Prunus. N'hésitez pas à en signaler en commentaires si vous en connaissez de remarquables.

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