David Madore's WebLog: Thèmes oniriques

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(jeudi)

Thèmes oniriques

Je ne crois guère aux théories freudiennes sur les rêves, ou en tout cas à l'idée que ceux-ci véhiculent des messages refoulés sous forme cachée : le plus souvent, j'arrive à en déchiffrer une bonne partie (je m'étais déjà livré ici à l'exercice) et ce sont de simples associations d'idées un peu fumeuses. Il y a cependant certains thèmes qui, en revenant souvent, doivent nous renseigner sur des peurs ou des désirs dont nous n'avons pas toujours directement conscience ; cela n'implique pas nécessairement un codage compliqué : par exemple, j'ai souvent rêvé (cf. aussi ici) que je passais un examen, que le temps arrivait à la fin et que je n'avais encore rien écrit parce que j'avais perdu mon temps à recommencer sans cesse la même chose — c'est une angoisse assez transparente.

Pour ce qui me concerne, il y a quelques motifs que j'ai remarqués comme récurant fréquemment dans mon sommeil :

  • Celui qui est peut-être le plus particulier, c'est celui de la lumière faible : je rêve que je suis chez moi ou dans un endroit familier, il fait noir ou sombre, je veux allumer la lumière, et celle-ci est étonnamment sombre (imaginez une lampe incandescente sur variateur avec le variateur pratiquement à sa position minimale), alors j'essaie d'autres lampes mais toutes produisent le même effet (ou ne s'allument carrément pas). Au bout d'un moment, souvent, je panique et je me réveille (mais pas toujours, et parfois ce n'est pas vraiment angoissant). Je ne crois pas que rien de tel me soit arrivé dans la vraie vie (sauf peut-être cette petite péripétie, mais rien d'angoissant, et je faisais le rêve depuis bien plus tôt).
  • J'ai des tendances somnambules légères, qui se manifestent presque toujours de la même façon : je rêve que je suis dans un endroit qui ne m'est pas familier, et au moins une des trois choses suivantes se produit : (i) je suis perdu, (ii) il fait totalement noir, ou (le plus souvent) (iii) je suis emprisonné. Typiquement, je pourrais rêver que je suis entré dans un sous-sol, un coffre-fort, un placard, que sais-je, et que la porte s'est fermée derrière moi, et que pour l'ouvrir il me faudrait voir ce que je fais mais je suis dans l'obscurité totale ; ou bien que je suis entré dans une grotte et que la lumière s'est éteinte et que je suis perdu. C'est en tentant de m'échapper quand même que je me réveille à moitié seulement et que je commence à errer dans ma chambre (une fois je suis vraiment entré dans mon placard comme ça, en cherchant la sortie de je ne sais quel rêve).
  • Toujours au rayon des labyrinthes, il m'arrive fréquemment de rêver de vastes dédales inexplorés : mais cette fois-ci plus comme un rêve agréable (ou prometteur et excitant) que comme un cauchemar (cela peut faire un peu peur tout de même, mais pas de la même façon). Je rêve, par exemple, que j'apprends qu'un endroit que j'ai l'habitude de fréquenter possède des souterrains immenses, dont certaines parties n'auraient jamais été explorées par l'homme (même si elles sont en béton : ne pas chercher la logique, c'est un rêve !). Généralement, dans le rêve, je n'en vois que l'ouverture qui donne sur des tunnels à perte de vue et qui à la fois m'effraient et me donnent envie de m'y aventurer. Ce ne sont pas forcément des endroits totalement inexplorés, cependant, et pas non plus forcément des sous-sols (je rêve aussi assez souvent de hautes tours comportant des milliers d'étages).
  • Un peu lié au rêve des labyrinthes, il y a mes rêves de métro. Ne riez pas : c'est un des thèmes très fréquents de mes rêves (bon, la réalité fait coucou à ce niveau-là, mais je faisais ce rêve depuis bien longtemps). L'argument est généralement que le réseau du métro a été modifié ou n'est pas ce que j'attends, et en général c'est plutôt un plaisir, un étonnement ou éventuellement un ennui (mais jamais une angoisse) de découvrir ces changements. Parfois je tombe sur des résidus d'infrastructures anciennes ou inachevées, ou des choses plus mystérieuses (et ça peut alors rejoindre le côté labyrinthe-inexploré du point précédent).
  • Un thème que j'ai plus de mal à définir exactement, mais qui revient assez souvent et parfois de façon très nette, c'est celui du grand final cosmique : il faut imaginer un cadre un peu comme dans un jeu d'aventure, de rôle (type fantastique), où on a des instructions un peu compliquées à suivre, des éléments disparates à rassembler, pour gagner, pour activer une sorte de dispositif qui demande des circonstances très précises (du style : lorsque se produit une certaine syzygie astronomique, réussir à regrouper à un endroit précis aux connotations mystiques un certain nombre d'objets magiques, ce qui va déclencher quelque chose de titanesque). Peut-être que mon inspiration, ici, vient du film Dark Crystal, qui m'avait énormément marqué quand j'étais petit. Ça peut se combiner avec l'aspect labyrinthe, vu que parfois un élément déclencheur pour « gagner » consiste à trouver un endroit donné dans le labyrinthe. Malheureusement, ce que je gagne, le plus souvent, c'est de me réveiller (et je suis déçu, alors, de ne pas voir le monde merveilleux auquel je devais pouvoir accéder en accomplissant le rituel) : mais il m'est arrivé de continuer à rêver, et d'accéder ainsi à une phase totalement différente de rêve. Cette nuit, par exemple, j'ai rêvé que je devais résoudre une sorte de casse-tête cosmique (trois cubes emboîtés dont je devais changer l'ordre — tâche impossible en apparence — pour réveiller d'anciens dieux).
  • Enfin, je peux mentionner un thème qui se rapproche du « rêve lucide », c'est-à-dire quand je commence à prendre contrôle de ce qui m'arrive dans mes rêves, et c'est généralement assez agréable comme sensation : c'est typiquement un rêve qui commence par un certain nombre de malheurs et tout d'un coup je me rebelle et je dispose alors de pouvoirs extraordinaires (parfois la conscience de rêver est totalement explicite et je dis clairement à un personnage qui veut me faire du mal qu'il n'est qu'un personnage de mon rêve, mais le plus souvent c'est juste que je me découvre une sorte de don de Jedi ou d'archimage et je balaie une attaque d'un revers de main).

En revanche, je ne fais que rarement le rêve souvent décrit comme le plus fréquent de tous, celui de pouvoir voler (ça m'est bien arrivé une ou deux fois, mais beaucoup moins que les thèmes que j'ai cités ci-dessus).

Also, Herr Professor Freud, bin ich verrückt?

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