David Madore's WebLog: Quelques mèmes sur les relations humaines

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(dimanche)

Quelques mèmes sur les relations humaines

Les derniers jours, et plus généralement les deux ou trois derniers mois, et l'agitation émotionnelle (si j'ose dire) qu'ils ont développée en moi, ainsi peut-être que certaines lectures entreprises pendant le même temps, ont alimenté un certain nombre de réflexions auxquelles je me suis livré concernant les relations affectives, mes chances dans ce domaine, et d'autres sujets connexes. Je voudrais ici livrer, plus bruts que travaillés (et surtout pas développés), un certain nombre de mèmes de ce genre. Je ne prétends pas qu'il s'agit de pensées profondes, ni que ces idées soient toutes justes et vraies (ou qu'elles puissent être d'un quelconque intérêt pour un autre que moi): peut-être même sont-elles vaguement contradictoires, d'ailleurs (et leur ordre n'est pas terrible non plus); ce sont seulement quelques considérations qu'il peut être intéressant de méditer (fût-ce pour les écarter).

  • Faire semblant, comme un jeu, de draguer quelqu'un peut être une façon d'y arriver vraiment. Surtout si on est timide, cela peut constituer un moyen d'approche intéressant, une façon de rompre ses inhibitions, même si ensuite on n'arrive à rien. Évidemment, il y a aussi des risques associés (notamment celui que la confusion s'installe).
  • Il n'est pas défendu de prendre plaisir à tomber amoureux, indépendamment du fait que « ça marche » ou pas. (Et ça peut devenir très naturel.) Peut-être ai-je en fin de compte de la chance d'y arriver si facilement.
  • Je souffre probablement d'un divorce entre une conception encore très enfantine et idéalisée de l'amour (version « prince charmant », pourrait-on dire) et une vision plus adulte, et parfois désabusée, des rapports humains. (Raison pour laquelle je ne sais même pas toujours si je cherche mon âme sœur ou un plan cul d'une nuit.) Il faut que j'arrive à concilier ça. Pour la vision disons « moins idéalisée », cf. le film Le Déclin de l'empire américain.
  • Est-ce pour cela que je suis souvent (quoique pas uniquement) attiré par des gens plus jeunes que moi ? Je suis très immature sur beaucoup de plans (dans le genre « ado/étudiant attardé ») et je dois trouver une résonance chez les moins âgés. D'un autre côté, à moins qu'ils soient très précoces, je risque aussi de trouver que les plus jeunes sont justement trop jeunes sur certains plans. Ou alors il me faut un autre ado attardé (et de la même façon que moi) ?
  • Un point sur lequel il est très important pour deux personnes (amies, ou à plus forte raison en couple) d'être émotionnellement en phase : savoir quand jouer à « faire le pitre » et quand être sérieux. Il faut donc prêter attention (mais ça devrait être quasiment inconscient) aux signes que l'autre laisse paraître d'amusement ou au contraire d'agacement. Faire le guignol avec quelqu'un qui veut être sérieux va l'agacer très vite ; être toujours sérieux fait paraître bien vite ennuyeux. Donc : rien de plus ennuyeux que quelqu'un de raisonnable, rien de plus irritant que quelqu'un de déraisonnable — comment trouver le juste milieu ?
  • Même chose pour les taquineries ou les moqueries : lorsqu'elles sont faites avec beaucoup d'attention prêtée à la réponse émotionnelle de l'autre, elles sont très profitables ; mais sinon, elles peuvent rapidement devenir très blessantes.
  • Faire le zouave, faire des choses absurdes (voire profondément absurdes) m'est à l'occasion nécessaire. C'est aussi une façon de me prouver ma liberté. Il m'est aussi nécessaire d'avoir quelqu'un (ou, généralement, des gens) qui soient prêts à partager cette absurdité.
  • Les gens n'ayant aucun sens de l'humour sont très rares : en général, si on a cette impression, il s'agit plutôt d'un décalage entre le sens de l'humour de l'un et de l'autre, concernant les choses qu'on trouve drôles — ou revenant au problème de savoir quand rigoler et quand être sérieux.
  • Il est essentiel d'apprendre à faire confiance aux autres quant aux sentiments qu'ils éprouvent à notre égard : faire preuve d'empathie pour les lire et détecter leurs changements, et ne pas demander qu'ils soient toujours prouvés. Pire encore serait de se livrer en permanence à des tests pour vérifier que l'autre vous aime toujours, c'est une chose qu'il faut à tout prix éviter (symptôme possible : faire preuve de méchanceté pour s'assurer que l'autre réagit comme on le croit). Le manque d'empathie se traduit souvent par ce manque de confiance, d'où incertitude et instabilité.
  • A contrario, il est sans doute bon de s'efforcer à montrer régulièrement aux gens qui comptent qu'on les apprécie. L'écueil, ici, c'est de devenir envahissant. Or le but n'est pas d'envahir ou d'imposer, mais de faire comprendre aux autres (surtout ceux qui risquent de douter) qu'ils peuvent compter sur nous.
  • Feindre l'indifférence est parfois présenté comme un moyen de s'assurer du renouveau de l'intérêt d'autrui, mais c'est aussi terriblement dangereux.
  • Et que dire de l'attitude protectrice à l'égard d'autrui (disons un ami ou un [objet d']amour) ? Parfois c'est touchant, comme un grand témoignage d'affection ; parfois c'est au contraire terriblement irritant. Comment savoir s'y prendre avec tact ?
  • Encore un mème : l'essentiel des mécanismes psychologiques qui entrent en jeu dans une interaction sociale ou même une relation affective donnée est assez simple. Si les choses nous paraissent compliquées, c'est parce que nous ne les voyons pas avec assez de recul.

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