David Madore's WebLog: Tomb Raider

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(mercredi) · Dernier Quartier

Tomb Raider

[English translation follows.]

Eh bien je ne recommande pas ce film : c'est vraiment sans intérêt. En fait, le gros problème c'est que ça se prend vraiment trop au sérieux. Si j'ai bien aimé Pirates des Caraïbes, c'est surtout pour son humour agréable et rafraîchissant (quand on va au cinéma l'été ce n'est en général pas pour voir du Bergman) ; et si Indiana Jones est si bon, c'est pour son mélange d'action et de distraction, et c'est aussi pour ça que Charlie's Angels, récemment, m'a bien plu. Mais dans Tomb Raider, le comique lui-même se veut presque sérieux. Et du coup, ça n'a pas pris (enfin, pour moi en tout cas) : qui peut s'intéresser à une histoire de recherche de la boîte de Pandore (tout de même, il fallait oser !) si ce n'est pas raconté sur le ton de la légèreté ?

En plus, le grand méchant n'est pas réussi. Il est caricatural sans faire peur. On ne comprend pas sa psychologie ou ses motivations (à part « être le grand méchant » — ce qui ne va pas chercher loin). Et tout le monde sait que c'est souvent un grand méchant réussi qui est la seule façon de sauver un film d'action.

Finalement, peut-être ce qui m'a surtout amusé, et fait plaisir, c'était d'apprendre que Lara Croft était anglaise.

Une autre chose qui m'intrigue, c'est comment on est censé regarder Lara Croft elle-même. Je peux tenter une analyse sociologique à 0.02€ : autrefois, dans les histoires d'aventure, le héros était un homme et les femmes servaient surtout de faire-valoir, de princesse que l'aventurier va sauver, et dont le rôle va peut-être aller jusqu'à poignarder le grand méchant au moment où il croit avoir vaincu le héros, mais c'est à peu près tout ; ah, il y a aussi le cas de la femme fatale, méchante, mais qui parfois va irrésistiblement succomber aux charmes du héros, et se mettre à ses côtés au moment décisif. Bon, on a progressé depuis, donc : les femmes peuvent être des héroïnes à part entière ; mais le sont-elles vraiment pour elles-mêmes, ou sont-elles simplement là pour le regard du spectateur masculin (hétérosexuel) ? Finalement, je ne suis pas certain que Lara Croft, héroïne remplaçant les héros machos, soit un réel progrès pour le féminisme. Superficiellement, elle peut passer pour une icône lesbienne — sauf que les producteurs ont pris grand soin de bien montrer qu'elle n'est pas lesbienne.

Dans cette ligne d'idées, d'ailleurs : c'est peut-être naïf et enfantin de ma part, comme souhait, mais ça me plairait vraiment beaucoup si un jour on pouvait voir un film d'action / aventure, grand public (si, si), dont le héros (ou peut-être son acolyte, si c'est vraiment trop dur que ce soit le héros) serait homo. Pas forcément montré avec des scènes aussi explicites que quand on tient à nous prouver qu'il apprécie les femmes, hein : ça a le droit d'être plus discret que ça, peut-être même juste suggéré, mais que ce soit envisageable, quoi. Et je veux vraiment parler du genre de personnages qui cogne partout et qui sauve le monde des griffes de l'immonde grand méchant : pas le technology geek qui tapote à toute vitesse sur un clavier et vous déchiffre n'importe quel code secret — ni le hobbit aux grands yeux, plein de courage, mais qui ne se la joue pas vraiment Lara Croft — ou autres rôles dont on consent parfois à nous laisser penser que peut-être ils sont ambigus. Diable, je trouve que ce serait même bien si le grand méchant pouvait éventuellement passer pour homo, parfois.

Mais bon, d'accord, ça n'a aucune importance au fond, et je suis sûrement victime du politiquement correct. Ou de mes propres fantasmes. Sûrement.

[Traduction anglaise de ci-dessus.]

Well, I won't recommend this film: it's really devoid of interest. Actually, the big problem is that it takes itself far too seriously. If I much enjoyed Pirates of the Caribbean, that's mostly for its pleasant and refreshing humor (when you go to movies in the summer in general it's not to see some Bergman) ; and if Indiana Jones is as good as it is, it's because of its mix of action and amusement, and that's also why I enjoyed Charlie's Angels, recently. But in Tomb Raider, the comic element itself tries to be almost serious. And, consequently, it didn't work (well, for me at least it didn't): who can seriously claim interest in a story of the quest for Pandora's box (really, they had to dare!) if it isn't told on a light tone?

Moreover, the bad guy isn't a success. He is grotesque without being frightening. One doesn't understand his personality or his motivations (apart from “being that really bad guy”—which doesn't get you very far). And everyone knows that often a successful bad guy is the only way to save an adventure movie.

All in all, what perhaps amused me most, and pleased me, was to learn that Lara Croft is English.

Another thing that intrigues me is how one is supposed to consider Lara Croft herself. If I may attempt a $0.02-worth sociological analysis here: once upon a time, in adventure stories, the hero was male, and women were essentially used as foils, as princesses which the adventurer could save, and whose role could sometimes go as far as stabing the evil guy at the point where he things he has defeated the hero, but that's about all; oh yes, and there's also the case of the femme fatale, evil, but who will sometimes irresistibly succumb to the hero's charm, and side along with him at the decisive moment. So, we have made progress since: women can be heroins on their own; but are they really for themselves, or are they simply there for the male (heterosexual) spectator's eye? After all, I'm not certain that Lara Croft, heroin replacing macho heros, is a real progress for feminism. Superficially she might pass as a lesbian icon — except that the producers took great care in showing that she's not a lesbian.

In this line of thought, actually: maybe it is naïve and childish on my part to wish this, but I would really like it if some day one could see an action / adventure movie, for the general public (really!), whose hero (or perhaps the hero's sidekick if it's really too hard for it to be the hero) would be gay. Not necessarily shown with such explicit scenes as when they try to prove to us that someone likes women, eh: it can be more discreet than that, maybe just hinted, but that it be at least conceivable, you know. And I mean the sort of blockbuster character who hits rough and saves the world from the claws of the despicably evil guy: not the technology geek who types at the speed of light and can decipher any code—nor the hobbit with really big eyes, full of courage, but who doesn't exactly play Lara Croft—or any of these roles which they sometimes consent of letting us believe that maybe they are ambiguous. Hell, I'd even think it were good if the really bad guy could be gay, sometimes.

But all right, it is utterly unimportant, really, and I'm surely victim of politically correct. Or of my own fantasies. Surely.

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