David Madore's WebLog: Des toits aux sous-sols profonds

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(lundi)

Des toits aux sous-sols profonds

J'ai beau connaître maintenant plus que bien les bâtiments principaux de l'ENS (ceux du 45 rue d'Ulm), je suis très peu allé dans les bâtiments annexes. Notamment ceux de la rue Lhomond, qui abritent les laboratoires de physique, chimie et sciences de la Terre : inaugurés en 1936 et semblant avoir été préservés dans une bulle temporelle, ces bâtiments sont presque une caricature du laboratoire vieillot et poussiéreux de sciences expérimentales, avec une quantité hallucinante d'objets en tout genre dans tous les coins, énormément de choses cassées ou dont personne ne doit savoir ce qu'elles font là, des pièces de musée qui côtoient des appareils de technique de pointe (mes ces derniers ont tendance à être mis derrière des portes fermées à clé), bref, c'est assez épatant à explorer. Ce que j'ai fait cette nuit avec deux amis.

Nous sommes d'abord montés sur les toits, qui sont nettement plus hauts que ceux à côté de mon bureau, et d'où on a, donc, une bien meilleure vue. On a passé un moment, donc, (avec jumelles et pointeur laser), à tenter d'identifier ce qu'on voyait de Paris. Notamment, il y a quelque chose qu'on voit assez nettement depuis les toits de l'ENS, à peu près en direction du palais omnisports de Bercy, mais sans doute plus loin, peut-être vers Saint-Mandé ou le bois de Vincennes, qui m'intrigue beaucoup : cela ressemble à une petite montagne (je dirais presque un terril, mais en région parisienne c'est assez peu vraisemblable), avec une lumière rouge qui clignote en haut. Même après une fort longue exploration de Google Maps, je n'ai pas réussi à localiser ce truc.

Puis nous sommes descendus dans les sous-sols. Il y a un endroit quasiment mythique dans les profondeurs du département de physique (j'en ai d'ailleurs déjà parlé), c'est une petite pièce enfouie à peut-être trente-quarante mètres sous la Terre où le père Rocard faisait des expériences à l'abri des rayons cosmiques ; j'en avais entendu parler par un maître de conf' du département de physique : ces parties, où on descend par un ascenseur qui ressemble plus à un monte-charge, sont largement en-dessous du niveau des égouts, donc il y a des pompes pour faire remonter l'eau, mais l'histoire veut qu'un jour l'endroit ait été inondé, quelqu'un est descendu par le monte-charge, qui l'a noyé et il est mort, et depuis tout l'endroit a été abandonné. Toujours est-il que le passage qui y mène était mystérieusement ouvert ce soir (il est derrière une porte normalement protégée par un digicode). C'est assez impressionnant à voir : au bout d'un couloir étroit où il n'y a plus de courant depuis au moins trente ans, on tombe sur un ascenseur désaffecté et une échelle ponctuée de trois trappes séparées d'une dizaine de mètres. Moi qui ai fortement le vertige et qui n'aime trop ni les lieux trop étroits ni le noir absolu, je n'ai pas osé m'aventurer là-dedans : peut-être qu'avec un meilleur éclairage je l'aurais fait, mais avec juste une lampe de poche douteuse et un pointeur laser en cas d'urgence, j'ai préféré rester en haut pour attendre mes amis et donner l'alarme s'ils ne revenaient pas. Peut-être aussi que les histoires de cloportes gros comme la main m'ont inquiété (mais apparemment c'est des mythes, en tout cas mes amis n'en ont pas vu ; oui, oui, je sais, les cloportes sont totalement inoffensifs pour l'homme). Donc je ne peux pas rapporter comment est cet endroit qui n'a pas bougé depuis des dizaines d'années, mais indéniablement il existe. D'après un tableau à l'entrée du couloir, il semble que quelqu'un y descende environ tous les deux mois, pour s'assurer qu'il n'y a pas de problème majeur.

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