David Madore's WebLog: Quo vadis ?

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(vendredi)

Quo vadis ?

Bon, mon extrême mélancolie d'avant-hier soir et d'hier m'est largement passée (mais je ne sais toujours pas à quoi l'attribuer, et je n'ai aucune idée de si elle reviendra). Je suis conscient que le caractère très volatil de mon humeur est inquiétant, comme un commentateur de l'entrée précédente le signale, mais je ne pense pas qu'il y ait grand-chose à y faire. Une chose qui m'inquiète aussi beaucoup, c'est qu'à force de faire des cycles rapides de tristesse↔joie, je vais finir par lasser vraiment tout mon entourage (chose que j'ai déjà observée : on a beau ressentir a priori énormément de sympathie pour quelqu'un, lorsqu'elle tourne toujours obstinément autour des mêmes malheurs, toute compassion finit par s'user), c'est l'effet du garçon qui criait au loup (il y avait vraiment un loup à chaque fois, mais le loup s'en allait bien vite).

L'effet principal de se sentir déprimé, c'est que tout vous paraît futile et sans saveur : à chaque chose qui devrait normalement vous réjouir une petite voix dans votre tête résonne et dit et alors ? — et à chaque action que vous entreprenez elle vous dit à quoi bon ? — otant ainsi toute motivation. Et objectivement il n'y a rien à répondre à cette petite voix : la vie est dénuée de sens et de motivation, ce n'est que par la force de la volonté qu'on peut lui en donner (manque de chance pour moi, ma conception du bonheur a l'air de dépendre quand même assez largement de certaines relations affectives que je n'arrive pas à avoir — et en ce moment et à ce sujet je ne vois plus aucune des potentialités qui semblaient exister il n'y a que quelques semaines).

Mais dans l'immédiat, il vaut sans doute mieux que je me concentre sur, justement, l'immédiat. Comme rédiger ma thèse (mon directeur a trouvé satisfaisante une référence que je lui ai proposée pour justifier un argument de théorie de l'intersection, cela me rassure assez), rencontrer des gens (le plus de gens possibles, pour ne pas me laisser passer des soirées seul à ruminer), faire du rollers (il faut que j'arrive à apprendre à freiner sans utiliser le frein arrière ! j'y arriverai, scrogneugneu) et claquer tout mon argent (aujourd'hui j'ai dépensé 100€ dans une bande dessinée — l'intégrale des Méta-Barons, une suggestion du frangin). Si je m'occupe assez, je ne trouverai plus le temps de déprimer. Allez, je ne résiste pas de terminer par une de ces merveilleuses petites phrases de Sempé (je cite de mémoire… et je ne peux pas, bien sûr, reproduire le dessin qui va avec) :

Je suis déprimé pour des raisons graves, profondes, existentielles. Bien sûr, il m'arrive d'être heureux ; mais les raisons pour lesquelles je suis heureux sont tellement légères, tellement futiles, que ça me déprime.

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