David Madore's WebLog: What a Wonderful World

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(lundi)

What a Wonderful World

M'étant récemment acheté un graveur de DVD, j'ai poursuivi mes courses en achetant, pour relire les disques que je pourrai graver, deux lecteurs de DVD (dont un qui fait aussi graveur de CD) à mettre dans mes deux ordinateurs à Orsay et à Paris (l'un d'eux n'avait jamais eu qu'un lecteur de CD, l'autre avait un lecteur de DVD vieux de quatre ans et qui avait énormément de mal à lire certains DVD et par ailleurs des problèmes mécaniques dans l'ouverture et la fermeture du tiroir). Ce n'est pas d'eux que je veux parler (ils n'ont rien de spécialement remarquable en eux-mêmes) mais du fait qu'on peut maintenant se procurer un lecteur de DVD pour moins de 60€ (montez à 80€ si vous voulez en plus qu'il fasse graveur de CD), et encore, je suppose qu'en cherchant un peu (ce que je n'ai pas fait — je suis allé à exactement cinq minutes de chez moi à pied, donc à la Fnac Italie 2), on peut descendre encore un peu plus bas. Ce serait un peu éculé de faire remarquer qu'Alexandre le Grand n'aurait pas, pour tout son empire, pu obtenir un seul de ces objets qu'on trouve maintenant avec tant de facilité, mais il y a tout de même, je crois, quelque chose à retenir de cette idée. Même en se gardant bien d'une révérence excessive envers la technologie, nous avons le droit de nous étonner admirativement de certains prodiges auxquels elle a su arriver en matière de création d'objets sophistiqués.

Ce n'est pas qu'un lecteur de DVD est quelque chose de miraculeux en soi : je crois avoir une bonne idée des principes physiques qui régissent son fonctionnement. Mais le fait qu'on arrive effectivement à les implémenter, et que ça marche, me fascine positivement. À la fois sur le plan « ontologique » et sur le plan « ergologique », si j'ose dire : d'une part, c'est une chose de savoir qu'on peut focaliser un laser pour observer l'état d'une impulsion microscopique, et qu'il existe des molécules susceptibles de changer de réflectivité ou de transparence quand on les soumet à une forte lumière, mais c'est tout à fait autre chose d'arriver effectivement à caser dans un parallélipipède de quelque chose comme 15cm×4cm×18cm tout le mécanisme et toute l'électronique capables de tirer parti de ces principes physiques ; d'autre part, c'est une chose d'avoir les plans détaillés d'un lecteur de DVD qui marche, mais réussir à en produire vraiment un (ou des milliers à la chaîne — ce n'est pas cette différence qui m'impressionne) est tout autre chose.

En bref, je suis tout à fait admiratif devant le métier d'ingénieur, parce que je serais complètement incapable de l'exercer : en fait, je n'arrive même pas à concevoir ce que les ingénieurs font — pour moi, c'est de la magie noire. La science, je sais comment ça marche, mais le génie, c'est, justement, du génie.

Et ce ne sont pas les objets les plus complexes qui sont forcément fascinants dans leur création : il y a un célèbre petit texte de Leonard Read appelé I, Pencil qui souligne tout ce qu'il y a d'admirable dans la création de l'objet le plus banal de ceux qui nous entourent — un crayon à papier. (L'auteur en fait un manifeste pour le libéralisme économique, ce avec quoi je ne suis pas forcément d'accord, mais quoi qu'on en pense, ce texte est tout à fait digne d'intérêt.)

Par certains aspects, c'est tout de même vraiment un monde merveilleux…

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