David Madore's WebLog: Fragment littéraire gratuit #5

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(samedi)

Fragment littéraire gratuit #5

Sa voix se cassa enfin, et les murs anciens, indifférents aux chagrins humains, cessèrent de nous renvoyer ces sanglots entrecoupés de hoquets. Son regard se tourna sur moi, et je reculai sous la force du coup porté ; les yeux criaient le désespoir d'une voix plus claire encore que les hurlements qui s'étaient tus.

Non, supplia Camille. Puis : Loïc !

J'observais cette beauté sauvage transfigurée par la douleur. Le nom appelé semblait, lui, si serein, si pur, après cette éruption de tourments, comme s'il avait déjà rejoint d'autres rives. J'en cherchai un écho en mon propre cœur — mais rien n'y répondit.

Resterez-vous sans rien dire ? C'est votre fils qu'on va tuer ! C'est votre fils que j'aime !

Le vieux duc posa doucement sa main, consolatrice, sur l'épaule de Camille, mais elle fut reçue par une morsure emplie de rage : ce n'était pas pour la consolation que Camille ouvrait en cet instant son âme.

Laissez-moi. Ne ferez-vous enfin rien ?

Cette fois, le timbre résonnait comme un jugement.

D'une voix que je ne reconnus pas, je répondis :

Loïc est mort. Ne tardons plus.

Loïc était mort — et toute la saveur du monde avec lui.

Je n'en suis pas content. Le style est beaucoup trop visible et trop pesant alors que j'aurais voulu faire quelque chose d'épuré. Que l'art est difficile !

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