David Madore's WebLog: Un peu de misogynie ordinaire

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(vendredi)

Un peu de misogynie ordinaire

Quand je suis en public, j'aime bien écouter les conversations des gens qui m'entourent (et parfois me demander si je dois y glisser un mot) : c'est intéressant pour savoir comment les gens pensent et pouvoir faire de la sociologie de café du commerce.

L'autre jour j'étais attablé chez une enseigne Pomme de pain (où je vais assez souvent quand j'ai laissé passer l'heure de la cantine) quand j'ai remarqué[#] deux jeunes, la vingtaine probablement tout juste passée, habillés légèrement-racaille-mais-guère, qui parlaient de filles (enfin, l'un parlait, et l'autre se contentait surtout d'approuver et de rigoler bêtement). J'ai donc dressé mon oreille de sociologue de comptoir, ce qui n'était d'ailleurs pas nécessaire parce qu'ils discutaient assez fort.

L'intensité de la misogynie qu'ils affichaient m'a impressionné. Celui qui parlait le plus était, si j'ai bien compris, en instance de rupture avec sa copine, et même si cette rupture n'était pas encore certaine (y'a encore des sentiments, disait-il — ils devaient être bien cachés), il attendait avec impatience la vie de célibataire qui l'attendrait après. Les filles, il les voyait comme des créatures manipulatrices (dès que tu dis je t'aime, c'est fini, t'es foutu), qui n'en ont aux hommes qu'après leur portefeuille (quand elles font style qu'elles ont de l'affection, en fait c'est pour te dire, tu m'achètes ça, tu m'achètes ça ; mais moi, non, si je t'achète un truc, c'est pour faire plaisir, c'est moi qui décide) ; toujours fausses et mauvaises (il faut toujours qu'elles cherchent le conflit, moi j'en ai marre, je lui dis t'as qu'à te disputer avec un mur, arrête de me prendre la tête) ; et incapables de se décider (je me dispute avec elle [son ex, j'imagine], je lui dis bon, ben on rompt ?, et elle non, mais non…, et puis deux semaines après, finalement, oui : ben merci la perte de temps). Apparemment, donc, le temps passé en couple était une perte de temps : la vie de célibataire, par contre, semblait avoir beaucoup d'attraits à ses yeux : soirées avec ses potes, pas de prise de tête, et pour ça, y'a la branlette et les putes (je ne sais plus comment il disait). Mais surtout, la possibilité d'humilier les femmes (maintenant j'ai plus aucun respect pour elles) qui, indubitalement, ne manqueraient pas de le courtiser en masse, en leur disant non, pas moyen.

J'hésitais entre le rire et la pitié, et dans ce cas, pour lui ou pour cette fameuse copine.

[#] OK, au début, je les ai surtout remarqués parce que celui qui écoutait était joli à regarder.

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