David Madore's WebLog: Un peu de catastrophisme

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(dimanche)

Un peu de catastrophisme

Distrayons-nous un peu en pensant à la fin du monde. Enfin, pas la fin du monde, même pas forcément la fin de l'humanité, mais des choses pas du tout agréable quand même. Il y a quarante ans, c'était la guerre thermonucléaire et l'hiver nucléaire qu'on voyait comme Armageddon. Maintenant, c'est plus varié. Par exemple, il y a les problèmes climatiques… les cyclones sur la côte sud des États-Unis sont de la gnognote par rapport à ce qu'on pourrait voir, et le manque de préparation avec lequel ils ont été accueillis fait un peu froid dans le dos ; en Europe on pourrait avoir un froid glaciaire durable si le gulf-stream se décidait à passer ailleurs.

La mode en ce moment, bien sûr, c'est la grippe aviaire. C'est presque sûr qu'elle déferlera une année ou une autre sur l'humanité (quand le virus aura muté pour pouvoir se propager d'homme à homme) et elle fera probablement dans la centaine de millions de morts sur Terre dont des centaines de milliers en France. (On en parle beaucoup cette année, mais la loi de Murphy fera probablement que ce sera quand on ne sera plus du tout préparé que ça arrivera. Par exemple, les masques respiratoires ou les antiviraux qu'on produit à tour de bras ont une durée de vie limitée.) J'ai discuté ce midi avec un médecin de l'INRS, alors j'ai appris plein de choses. Entre autres, il est probable que la pandémie aura deux phases séparées d'environ six mois — et la seconde serait, dans les pays développés, moins grave en terme de mortalité parce qu'un vaccin pourrait être disponible. Le taux de mortalité (sur les individus contaminés) serait peut-être d'autour de 20% : il est actuellement autour de 50% (pour les personnes contaminées par des oiseaux), alors que les premières contamination étaient mortelles à plus de 90%, et cette évolution est plutôt un mauvais signe, en fait (si le virus tue moins, un individu donné peut plus facilement en contaminer d'autres — c'est une des raisons pour lesquelles la fièvre ébola ne va jamais très loin).

Mais bon, en un certain sens, le problème avec une pandémie de ce genre, ce n'est pas seulement les morts, c'est la catastrophe économique qui suit le fait que toute l'activité des pays par lesquels elle passe est entièrement paralysée. Ça, mine de rien, ça peut avoir des conséquences à très long terme : autrefois ce n'était pas si grave, mais notre société n'est vraiment plus prévue pour pouvoir subir ce genre de chocs. Parce que c'est un troisième type de catastrophe auquel je pense : un désastre économique, qui n'a pas forcément besoin d'avoir une cause clairement identifiable (mais qui peut en avoir une), et qui aurait des conséquences assez pénibles (penser à la crise de '29 et à tout ce qui a suivi) — j'en ai déjà parlé.

Tout ça, bien sûr, sans compter quelques petits désastres plus locaux mais bien pénibles : à Paris comme ailleurs, on peut craindre les innondations ; et un peu partout on peut redouter des attaques terroristes (la grande question étant de savoir si un jour il y aura une vraie attaque terroriste nucléaire, ou plutôt une bombe sale ou quelque chose de ce goût-là).

Tout ceci est bien amusant pour se faire peur. La morale, je suppose, c'est que notre mode de vie confortable auquel nous sommes habitués est assez furieusement instable, et il n'y a pas de façon de le garantir de façon satisfaisante.

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