Comments on Quelques pensées sur la conquête spatiale, les extraterrestres, et le paradoxe de Fermi

frankie (2015-11-18T18:04:15Z)

Notre fenêtre spatio-temporelle, pendant laquelle nous recevons de l'information de l'extérieur, est très restreinte. Par ailleurs, notre durée de civilisation en âge d'émettre ou recevoir de l'information jusqu'ici est excessivement courte (disons 50 ans…). Notre durée de vie en tant que civilisation humaine développée n'est pas connue, mais on n'a pas de raison d'être trop optimiste… Je ne vois pas où ce paramètre (pourtant bien connu) est pris en compte dans les équations…
L'argument de la probabilité doit être complété par un argument (un principe de nature physique) qui explique qu'une évolution possible apparaît. Pour plus de précision, il est bon de faire référence à un ouvrage rédigé en français par François Roddier, "la thermodynamique de l'évolution", qui a la vertu d'être clair et bien renseigné, et écrit dans une belle langue par un physicien distingué.
Un système auto-organisé modifie son environnement dans un second temps, et rend possible l'émergence d'une nouvelle structure.
On peut donc se poser la question de la prochaine structure auto-organisée qui succédera à notre "civilisation humaine". Naïvement, deux solutions s'offrent à nous : l'essor d'une nouvelle structure auto-organisée à travers le web mondial (ce qui n'est pas si sûr, est-on certain par exemple que la technologie va pouvoir suivre, les terres rares risquant de nous manquer dans un avenir proche, etc…?, en fait il faudrait envisager une évolution technologique majeure à base de nano-technologies par exemple qui consoliderait cette révolution de l'information), ou la fusion (intégration) de notre civilisation avec une (ou plusieurs) autre(s) structure(s) compatible(s) (une autre civilisation extra-terrestre par exemple, mais encore faudrait-il en rencontrer, et trouver un motif partagé pour ne pas vouloir se détruire mutuellement). Une troisième solution, sachant qu'un système auto-organisé est fortement (ou complètement) imprévisible, pourrait ne se manifester que dans un temps suffisamment éloigné pour que personne n'en ait la moindre idée- une période relativement longue comme celle du Moyen-Âge après l'Empire Romain nous en séparant-. J'ai dû mal à donner suite à une autre hypothèse qui serait d'aller coloniser d'autres planètes ou d'autres systèmes voisins de notre système solaire. Une quatrième solution serait de nous doter d'une cuirasse morale qui consisterait à aider notre prochain et limiter nos différences de traitement sur terre, où les riches ne pensent qu'à s'enrichir au détriment des pauvres qui sont condamnés à chercher leur moyens de subsistance -ce n'est même pas une caricature !-. Cette solution semble la plus irréalisable de toutes celles que je viens de proposer, et c'est là que je me pose de sérieuses questions sur notre soi-disant "humanité".
@Apokrif : il semblerait que le Groenland redevient habitable et que le passage du nord-Ouest au Nord du Canada s'ouvre au fret. La Russie, le Canada lorgnent sur le Pôle Nord. L'Antarctique se réchauffe à petit bouillon, et d'ici un siècle ou deux sera ouvert à de nouveaux pionniers -donc nul besoin de le terraformer, le processus est en voie-. Le Sahara sera récupérable si l'on s'en donne la peine -http://www1.rfi.fr/sciencefr/articles/114/article_82102.asp -… Mais quel intérêt de nous agrandir si dans le même temps une grande partie des terres actuellement arables deviennent stériles ou consacrées à des cultures tournées vers des biocarburants par exemple ?

Apokrif (2015-11-18T16:07:32Z)

"ceux qui parlent de terraformer une planète devraient commencer par terraformer l'Antarctique, le Sahara ou le désert de Gobi pour s'entraîner"

Cf http://www.slate.fr/story/109255/mars-colonie-ridicule

julien (2014-05-20T13:39:01Z)

Les particules qui nous composent ont l'âge de l'univers. Celui-ci possède dès sa création, la faculté de s'auto-arranger en être conscients, qui s'interrogent sur leur propre nature. C'est un constat de fait.

Le paradigme prenant le parti de dire que tout cela arrive de manière improbable est ce qu'il est un paradigme. Mais ça ne parait pas une idée franchement chouette. L'univers a besoin de la vie pour exister, il faut que quelqu'un, quelque chose le ressente. C'est de la logique pure. Pour que la question de l'existence de l'univers se pose, il faut que quelque chose se la pose.

Bien sûr ce que je dis parait étrange, mais est relativement simple.

Le corollaire de ce paradigme est que la vie est un phénomène courant dans l'univers. Fermi avec son paradoxe est un imbécile. Si personne n'est venu nous contacter c'est parce toute civilisation avancée se refuserait à aller perturber le développement d'une autre civilisation. L'étude est beaucoup plus interressante … mais là encore, on a imaginé que la seule attitude possible est celle qu'a été la nôtre : conquérir et piller et évangiliser. Bref, une attitude de primitif.

A l'évidence, une civilisation qui aurait une écart de développement se mesurant en unité géologique avec le notre, prenons 3 millions d'années, ne doit qu'être stupéfaite en nous observant, nous taper dessus, et nous faire peur les uns les autres avec des bombes atomiques, pendant qu'une partie de la population de sexe masculin, continue de traiter celle de sexe féminin avec mépris, au moins dans certaines parties du monde.

Il est établi que la Terre a eu des visiteurs. Etre terrorisé selon les derniers restes d'anthropocentrisme suffit à générer des attitudes de dénis propre à rassurer ceux dont la propre nature ne permet pas d'envisager qu'il y ait dans l'univers des plans plus grandioses que la domination.

Nous avons besoin de grandir pour faire partie du "club". Abandonner toute forme de violence, et utiliser la technologie à d'autres fins que la domination et la fabrications d'armes serait un grand pas. Il n'y a pas à avoir de morale élastique là-dessus. A. Grothendieck l'a parfaitement appliqué. Il doit être un exemple moral pour tout scientifique, et toute personne dispensant un enseignement scientifique doit aussi enseigner à quoi cela sert. Ça ne sert pas à faire des armes et à asservir l'autre. Tout scientifique devrait avoir les idées parfaitement claires à ce propos et diffuser cette idée en même temps que la connaissance qu'il transmet. Ne pas le faire reviens à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Grothendieck a été d'une cohérence parfaite.

Alcide (2014-05-10T14:13:04Z)

J'abonde dans le sens du commentaire qui vous recommande la lecture de Greg Egan. Même dans la "Hard Science", je ne connais pas d'autre auteur de SF qui se base à ce point sur les maths.

C'est également vrai dans ses nouvelles. Les plus *matheuses* sont "Radieux" (dans le recueil du même nom) et "Les entiers sombres" (dans le recueil "Océanique"), qui est la suite.

Toute l'histoire repose sur l'idée que les mathématiques de notre univers peuvent être *inconsistantes* et qu'on aurait finalement mis en évidence une proposition révélant cette inconsistance en impliquant des nombres très grands mais non infinis. On établit à partir de là une carte de la "discontinuité" entre deux mondes.

Cette intrigue est prétexte à une réflexion sur la réalité des maths, platonicienne ou "formaliste" (je ne sais pas si c'est le bon terme), l'auteur semblant davantage du côté de son personnage le moins "platonicien", auquel l'histoire donne d'ailleurs raison.

Le mieux est d'en proposer un extrait :

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"ce qui est lié par la logique est simplement… lié. On n'a pas besoin qu'il se passe quoi que ce soit, rien ni personne n'a à "faire exister" une conséquence logique. Tu t'imagines que les premiers événements postérieurs au big bang, les premières excitations incontrôlées du plasma quark-gluon, ont fait une pause pour combler toutes les lacunes logiques ? Ou peut-être penses-tu que les quarks ont fait le raisonnement suivant : eh bien, nous avons pour l'instant fait A, B et C, mais nous ne devons pas faire D car D serait logiquement inconsistant avec les autres mathématiques que nous avons "inventées" jusqu'ici… même s'il faut une démonstration de cinq cent mille pages pour mettre en évidence cette incohérence ?"

Alison réfléchit longuement. "Non. Mais si l'événement D avait eu lieu malgré tout ? Si les mathématiques qu'il impliquait avaient été, de fait, logiquement inconsistantes avec le reste, mais qu'il se soit lancé et se soit produit quand même… parce que l'univers était trop jeune pour avoir calculé qu'il y avait une contradiction ? […] Suppose que D et non-D soient tous les deux vrais. Cela ressemble à la fin des mathématiques, non ? Le système tout entier s'écroule, instantanément. Partant de D et non-D à la fois, on peut prouver tout ce qu'on veut : un égale zéro, le jour égale la nuit. Mais c'est tout simplement la vieille vision rasoir des platoniciens dans laquelle la logique voyage plus vite que la lumière et le calcul est instantané. Les gens acceptent bien des théories oméga-inconsistantes, non ?"

Les théories des nombres oméga-inconsistants étaient des versions non standards de l'arithmétique, fondées sur des axiomes qui se contredisaient "presque" - rachetées uniquement par le fait que les contradictions ne pouvaient se manifester qu'au terme de "démonstrations infiniment longues" (qui étaient explicitement interdites, en plus d'être physiquement impossibles). C'étaient des mathématiques modernes parfaitement respectables, mais Alison semblait prête à remplacer "infiniment long" par "long" tout court, comme si la différence n'avait aucune importance, en pratique.

"Laisse-moi voir si j'ai bien compris. Tu parles de prendre l'arithmétique ordinaire - pas des axiomes bizarres et contre-intuitifs, mais simplement ce que tout enfant de dix ans sait être vrai - et de démontrer qu'elle est inconsistante, en un nombre fini de pas ?"

Elle opina joyeusement du chef. "Fini, mais grand. De sorte que la contradiction n'aurait que rarement des manifestations physiques - elle serait "calculatoirement éloignée" des opérations et des événements physiques de tous les jours."

Denis (2014-05-08T11:40:23Z)

Ce post rappelle beaucoup une bd de SMBC qui développe la même idée de civilisation s'éteignant parce que s'enfuyant dans un monde virtuel: http://www.smbc-comics.com/index.php?db=comics&id=3183

Ruxor (2014-05-07T11:59:28Z)

@Mat: Je ne l'ai pas lu, mais ça pourrait sans doute me plaire, effectivement. Ce qui m'intéresse surtout, c'est que de l'article Wikipédia sur *Permutation City* je tombe sur <URL: http://en.wikipedia.org/wiki/Mathematical_universe_hypothesis >, qui décrit une idée sur laquelle j'ai souvent médité — sauf que je ne m'arrêterais pas à ce qui est calculable, j'irais jusqu'à tout ce que contient l'univers constructible de Gödel (<URL: http://www.madore.org/~david/weblog/2013-03-19-constructible.html#d.2013-03-19.2124 >) vu comme un système de mondes imbriqués qui se simulent les uns les autres (j'avais déjà écrit <URL: http://www.madore.org/~david/weblog/philo.html#d.2010-05-27.1758 >, puis j'ai commencé à écrire quelque chose de plus systématique, mais je n'ai jamais fini).

Mat (2014-05-07T05:31:16Z)

Bonjour, j'imagine que vous avez lu Permutation City de Greg Egan? Ce livre présente assez brillamment certains des concepts que vous exposez (en tout cas de façon convainquante pour un profane comme moi…). Merci pour cet excellent article!

Dr. Goulu (2014-05-05T14:39:12Z)

@Forrest (avec retard, désolé) : mais nous sommes déjà "suffisamment développés pour maîtriser le voyage interstellaire". C'est juste que ça coûte affreusement cher et qu'on a d'autres priorités, mais si notre planète était condamnée, disons dans un siècle, on enverrait des vaisseaux vers les planètes "habitables" comme nos ancêtres en ont envoyé vers l'Amérique ou l'Australie, avec un risque énorme, sans espoir de retour, et avec des flingues pour faire de la place à l'arrivée.

Le voyage interstellaire coûte trop cher en énergie, années de vie et ressource pour le vaisseau et sa propulsion pour qu'on le fasse pour le plaisir de la science. On ne le fait que sous une pression (démographique) énorme ou pour éviter l'extinction. Et comme tout être vivant on cherche alors une "niche écologique" qui convienne, donc du carbone et de l'eau à la bonne température pour pouvoir répliquer des êtres vivants. Quelle que soit la source d'énergie disponible, du carbone et de l'oxygène tous faits coûtent moins cher que des éléments transmutés, et plus y'en a, plus on peut faire d'enfants, et moins il y a d'autres espèces qui bouffent ces ressources, plus on peut faire d'enfants avant de construire un nouveau vaisseau colonial avec ce qui reste de ressources..

C'est pas de la SF, c'est juste exactement ce qu'on a fait en 2D sur cette planète depuis que les enfants de l'Eve mitochondriale se sont taillés d'Afrique à pattes…

Il vient d'y avoir un article sur un thème similaire ici : http://sciencetonnante.wordpress.com/2014/05/05/les-extraterrestres-sont-parmis-nous-cest-lhypothese-la-plus-probable/

Fred le marin (2014-05-03T17:01:59Z)

Et moi qui croyais que l'on allait coloniser Mars et prêcher la bonne parole sur une planète du système Alpha du Centaure.
Ce système, d'ailleurs, ne sera pas toujours le plus proche du nôtre.
Mais j'ai trop joué, à "Civ" en particulier.
Par le procédé diagonal de Cantor ! Ainsi les étoiles resteront à jamais inaccessibles comme les réels non dénombrables…

a3nm (2014-04-22T15:16:11Z)

Par raport à un des points que tu mentionnais, l'idée d'une extinction volontaire de la race humaine a déjà été sérieusement avancée : <URL: http://en.m.wikipedia.org/wiki/Voluntary_Human_Extinction_Movement >

Pas drôle la vie de voyageur inter-stellaire ! (2014-04-17T21:37:29Z)

Le problème c'est quand nous aurons trouvé mille exo-planètes habitables : nous aurons l'embarras du choix …

Vicnent (2014-04-17T18:20:46Z)

bvcxw (2014-04-17T18:19:50Z)

@Forrest: Le seul intérêt pour des aliens à se balader dans l'Univers (à part éviter une supernovæ menaçante) serait juste un mélange de curiosité scientifique et de tourisme: voir ce qui existe, et cataloguer (comme un entomologiste ou un astronome). Et, sans doute, voir sans être vu: les physiciens font des progrès dans le domaine de l'invisibilité et ça semble possible <URL: http://en.wikipedia.org/wiki/Metamaterial_cloaking >.

Tout à fait d'accord pour dire que maîtriser les voyages interstellaires (ou pire, intergalactiques) implique d'être capable de vivre en autarcie sur de très longues périodes, et donc ne pas être avidement à la recherche de ressources ni de lieu de reproduction.

frankie (2014-04-17T17:03:29Z)

Oui, Monod …et Atlan, Gros…, on ne se lasse pas de les relire.
Une vie extra-terrestre : relire Asimov par exemple…
Hypothèse de travail : elle émerge dans un milieu non pas aussi archaïque que le nôtre(après tout, nous avons dû "terraformer" notre planète avant de nous l'approprier, et même un peu trop, mais c'est un autre problème) mais déjà très avancé (en particulier en présence d'un environnement de nano-particules très sophistiqué, le carbone en étant la pierre de base), ou bien avec des constantes de la physique légèrement différentes des nôtres…
Quant à savoir si nous sommes capables de collaborer avec notre prochain sans vouloir l'exterminer, je pense que l'histoire est assez parlante pour ne pas avoir besoin de se casser la tête ! C'est non. Et encore non ! Ce qui fait que notre prochain n'aura, s'il est assez développé, et nous connaissant, aucun autre choix que de faire avec nous ce que nous envisagerions tout naturellement de faire avec lui.
Se déplacer : en dehors de trous de vers et autres monstruosités géométro-dynamiques spéculatives, peu d'espoir d'aller bien loin en un temps raisonnable.
Enfin, une question (sans réponse je suppose) : quelle équation (à l'instar de celle de Drake) décidera du temps que l'homme voudra bien passer sur Terre ?

Vicnent (2014-04-17T15:09:16Z)

Sur la vie, je n'ai pas lu l'ouvrage dont tu parles mais je suis souvent très étonné de voir mes contemporains avoir une vision très anthropocentrée de la notion de "vie extraterrestre". Peut être un peu de lavage de cerveau de la part de la TV… :-) Je suis assez persuadé que la vie existe ailleurs, si on essaie de la résumer à une population d'entités relativement stables dans leur structure et qui a un mécanisme inscrit de reproduction. Probablement, sous des formes qu'on imagine peut être même pas (par exemple pas à base de carbone, …), allant d'un semblant de bout de commencement d'acide aminé à des technologies très avancées (que je ne vais pas essayer d'inventer pour ne pas me contredire avec la ligne du dessus et ne pas paraitre trop ridicule dans mon manque d'imagination)

Je pense sincèrement que les conditions extra terrestres d'apparition de la vie (au sens où je la définis ci dessus) sont intrinsèquement très très faible, et évidemment, si cette probabilité est en gros d'une chance sur un cent milliardième (avec vent de Nord Nord Est de 3 Beaufort), il est compliqué en sus d'appréhender cette probabilité infiniment petite alors que nous même avons eu cette chance. On retrouve d'ailleurs cette notion dans le nombre de joueurs de loto dont la plupart pensent qu'ils ont effectivement une chance (puisque ça arrive !), d'où la grande finesse du marketing de la FDJ : "tous les gagnants ont tenté leur chance", qui sous entend une condition nécessaire comme probablement suffisante pour le prochain gagnant, et pourquoi pas soi. A noter que j'ai certains amis tout à fait à propos de ce raisonnement qui achètent de temps en temps des tickets, ce qui est l'acte physique qui leur permet psychiquement dans la peau du gars qui pourrait gagner (mais ils savent que non), ce qui leur est suffisant pour rêver avec assez de force pour que ça les contente.

Je pense également qu'on n'a aucun intérêt à essayer de communiquer avec d'autres : soit ils sont particulièrement peu avancés (jusqu'au stade de la bactérie par exemple), et cela ne sert à rien. Soit ils sont beaucoup plus avancés, et la je trouve le pari un peu osé… Même s'ils ne sont pas belligérants dans 99,9% des cas (ce qui à mon avis m'étonnerait), jouer notre survie à 1 chance sur 1000 me parait un tantinet risqué.

Quant aux voyages inter stellaire, je n'ai pas les bons chiffres en ordre de grandeur en tête, mais il me semble que plusieurs problèmes à l'avenir se posent : d'abord, il faudra un "navire" d'une taille assez gigantesque dont l'inertie sera énorme : quid de la détection tardive d'un astéroide leur fonçant dessus à quelques kilomètres par seconde ? Ce "simple" problème est pour moi une condition suffisante à ne pas avoir d'entreprendre un tel voyage dont on sait aujourd'hui que les conditions ne pourront pas permettre qu'il se fasse en moins de plusieurs centaines ou milliers d'années. Les autres problèmes deviennent alors assez dérisoires. Par exemple, un tel voyage signifie des ressources particulièrement limitées et donc un probable arrêt du progrès. Or, à la vitesse actuel du progrès (si quelqu'un a une idée pour le quantifier et quantifier son accélération, je suis preneur - Ruxor / Dr Goulu), je pense qu'il est plus simple d'attendre et de reporter le voyage : actuellement, et pour un bon bout de temps, je pense qu'il sera plus rentable (énergétiquement, technologiquement, physiologiquement, …) de le démarrer demain plutôt qu'aujourd'hui, et ainsi de suite. Mes deux cents, quoi :-)

Forrest (2014-04-17T10:00:39Z)

Pour le docteur Goulu:
Crois-tu que des êtres vivants suffisamment développés pour maîtriser le voyage interstellaire auraient quelque chose à nous demander ? Des ressources ?
Attention, physique naïve de bas étage : E=mc², c'est-à-dire que des quantités illimitées d'énergie sont disponibles en permanence, partout. Théoriquement, on peut transmuter n'importe quel atome en n'importe quel autre, c'est juste une question d'énergie (et de savoir-faire, mais qui eut cru il y a 100 ans -une vie d'homme- qu'on puisse supprimer une ville avec un dispositif de la taille d'une voiture ?).
Donc quel intérêt pour une civilisation maîtrisant la fusion de n'importe quelle matière d'aller voir ailleurs ? Tout est sous la main.
Qu'espère-t-on secrètement en voulant entrer en contact avec des E.T., sinon améliorer notre ordinaire ? Pour un individu moyen, le papou est aussi une forme d'alien, mais pas grand-monde n'a envie d'aller discuter puisqu'il n'a rien à apporter matériellement.

régis (2014-04-17T08:09:14Z)

Version des Septante (probablement une des moins trafiquées): Αὐξάνεσθε καὶ πληθύνεσθε καὶ πληρώσατε τὴν γῆν καὶ κατακυριεύσατε αὐτῆς…

zEgg (2014-04-16T06:32:35Z)

Concernant l'expérience de pensée, et sans vouloir spoiler, as-tu vu le film "Her" (<URL: http://www.imdb.com/title/tt1798709/ >) ?

Dyonisos (2014-04-15T22:22:25Z)

Sur la confusion entre Jacob et Monod, autant pour moi. Concernant les éléments qui justifient l'extrapolation, je rechigne encore un peu. En tout cas, il faudrait mettre plus nettement l'accent que je n'ai l'impression que c'est traditionnellement le cas sur le concept de vie qu'on manipule. Si on considère que la vie s'explique intégralement par le jeu des forces physiques et de ses lois, ok, c'est sans doute fondé en raison, par exemple, de l'universalité des lois physiques, de l'isotropie de l'univers etc… Et je vois mal effectivement comment persister à vouloir adhérer à une idée plus souple sans charrier en sous-main du vitalisme ou quelque chose comme ça. En même temps, tant qu'on n'aura pas une explication claire et faisant consensus sur l'émergence de ce qu'on appelle luca(last universal ancestor ou la/les premiers procaryotes je crois à partir de ce qui précédait et n'était pas vivant), c'est quand même cette réductibilité de la vie aux éléments physiques et à leurs lois qui reste, il me semble, encore incertain. Ca ressemble à un argumentum ad ignorantiam et ça ne me satisfait pas mais je me méfie aussi sur la précipitation qu'on a à se prononcer sur la probabilité que la vie existe aussi ailleurs alors que je ne suis pas sûr qu'on sache réellement ce que la vie peut être, faute de savoir parfaitement ce qu'elle est. Je me trompe peut-être, mais j'ai l'impression que s'il n'y a pas de théorie satisfaisante et exhaustive sur l'émergence de la vie (pas sur sa date, sur ses causes et le détail du mécanisme de son apparition; sur le mécanisme de son fonctionnement je n'ai pas de doute ni de réserve sur le caractère satisfaisant du réductionnisme physico-chimique), il y a encore place pour l'idée d'un saut qualitatif, et si on fait droit à cette idée de saut, alors on peut parfaitement concevoir qu'il eût pu prendre d'autres formes ailleurs.

YBM (2014-04-15T20:51:08Z)

As-tu lu La cité des permutants de Greg Egan ? C'est un développement sur ce que tu évoques comme destinée d'un univers totalement simulé sur des ordinateurs, ils n'ont pas vraiment besoin de tourner.

Ruxor (2014-04-15T19:19:06Z)

@dyonisos: C'est à Monod que j'ai renvoyé, pas Jacob. :-) Et il explique assez soigneusement, justement, pourquoi les cristaux ne sont pas vivants. Il ne faut pas non plus exagérer sur le caractère abusif de l'extrapolation : on sait que l'Univers est formé d'étoiles, par exemple, ceci fait bien quelque chose d'universel ; on sait que la chimie est la même par tout, et que l'abondance des éléments est comparable partout, ce qui permet d'éliminer plein de choses ; on sait quelles sont les molécules chimiques complexes qui ont tendance à se former : penser que la vie ailleurs sera basée sur le carbone n'est évidemment pas absolument certain, mais c'est beaucoup mieux qu'une extrapolation complètement gratuite à partir de la vie sur Terre. (Même si je mentionne aussi la possible vie d'un système de turbulences sur Jupiter.)

Ruxor (2014-04-15T19:13:05Z)

@Frank Wolff: C'est bien pour ça que j'ai écrit « et encore cette tendance n'est-elle qu'une approximation, car ce qui importe avant tout est la survie de son patrimoine génétique ».

@Flatteur: Je cite ce passage en latin parce que j'ai l'impression qu'il est proverbial en latin (probablement parce qu'on y pense plutôt comme à un commandement de l'Église catholique romaine que comme à un verset biblique). Mais si tu préfères que j'écrive « פרו ורבו ומלאו את־יקום », je peux aussi.

@W & @Dr. Goulu: Le phénomène universel c'est qu'en avançant en technologie, on surmonte les impératifs biologiques, comme celui de se reproduire à tout prix : c'est bien ça le fonctionnement d'une transition démographique — et c'est bien pour ça qu'on prédit que la population mondiale se stabilise vers 2050 (il y a un effet de retard entre la transition démographique elle-même et son effet sur la population). Pourquoi l'humanité change de comportement là maintenant ? Parce que, justement, elle fait des progrès, ou pour le dire crûment, on peut prendre du plaisir sexuel sans se multiplier comme des lapins. (Il n'y a pas besoin que les gens arrêtent de faire des enfants pour que la population décroisse, il suffit que le taux de fécondité tombe en-dessous de 2.)

On n'est sûr de rien, évidemment, mais penser que si on ne fait pas de transition démographique sur Terre alors c'est en se tournant vers d'autres planètes qu'on survivra, je ne vois pas pourquoi c'est plus raisonnable qu'en supposant que ce sera en transformant les hommes en nanorobots (ce qui ferait beaucoup plus de place sur Terre) ou en partant dans des mondes complètement virtuels, ou autres choses comme ça. Aller vers d'autres planètes, ce n'est pas spécialement plus facile que tout ça.

dyonisos (2014-04-15T18:52:51Z)

Je crois que c'est dans Terre et fondation, lorsque Trevize justifie son choix pour un système Gaïa généralisé à toute l'humanité par une espèce de raisonnement probabilitaire sur l'existence d'une vie extraterrestre que j'ai pour la première fois petit réellement rencontré cet enjeu. Bon, l'entrée était intéressante mais pour moi, le point aveugle décisif est son esquive d'une caractérisation sur l'essence de la vie, ce qui donne lieu à des pseudo -évidences dans les commentaires insistant sur le caractère de sa réplication (dans un cristal une structure tend à se reproduire aussi, où commence la réplication proprement humaine ? Je pense que la question est mal posée) ou au renvoi à Jacob qui d'ailleurs reconnaissait, selon la formule ressassée, qu'on n'interroge plus la vie dans les laboratoires. Du coup, à mon sens, tous les raisonnements probabilitaires empruntant massivement à tel ou tel aspect de la vie sur Terre (l'importance de la chimie du carbone par exemple) me frappent comme tellement dogmatiques et marqués du doigt d'un provincialisme potentiel généralisant une instance pour le tout que je ne peux pas suivre très avant en prenant ça au sérieux. Perso, ça fait très longtemps que je considère que le fait marquant est, qu'à l'échelle de la détection astronomique dont nous sommes capables, il n'y a rien de tel que la vie qui apparaisse. La vie est tellement rare que l'induction ou plutôt l'abduction me semblent pencher très nettement en faveur de son caractère unique. Mais je reconnais que c'est parce que les éléments classiques empruntant à la forme qu'a prise la vie sur Terre ne sont pas les critères que je retiens et que dans cette acception plus souple (très vaguement et brièvement d'une forme d'existence s'efforçant de remonter la pente de l'entropie), il est vraiment remarquable qu'on n'observe rien de tel ailleurs que sur Terre. Bien que totalement hétérodoxe, très vaguement formulée et manquant de tout argument sérieux, c'est une perspective à laquelle je suis resté scotché et qui m'empêche vraiment de considérer avec attention et sérieux tous les programmes de recherche axés sur une vie mimant celle évoluant sur Terre.

Dr. Goulu (2014-04-15T18:33:06Z)

@Ruxor : attention à ne pas généraliser des phénomènes constatés depuis un siècle ou moins. Les seuls pays qui ont actuellement une décroissance démographique sont listés lici <URL : http://www.nationmaster.com/country-info/stats/People/Population-growth/Annual-%25 > A part l'Allemagne (- 0.06%) ce sont tous des pays de l'Est, dont, surprise, la Géorgie et l'Ukraine aux premiers rangs… Très transitoire donc.

La forte croissance de la population depuis 2 siècles a été causée par la "terraformation" permise par l'industrie, les engrais,les transports etc qui ont donné accès à beaucoup plus de ressources tout en limitant la croissance ou éradiquant la concurrence (lions, loups, virus de la variole, sioux, papous, aborigènes et bien d'autres) Même si les naissances se stabilisent actuellement, ce n'est pas le cas de la population mondiale, qui va augmenter encore de 20% grâce au vieillissement (voir absolument la présentation de Hans Rosling <URL: http://www.ted.com/talks/hans_rosling_religions_and_babies > )

A long terme, même une croissance de la population de 0.1 % cause un presque triplement en 1000 ans : insoutenable. Pourquoi donc l'humanité dans son ensemble changerait-elle de comportement là maintenant ? Seulement parce que forcée et contrainte par les ressources ses enfants mourront de faim. Mais dès que la possibilité technologique existera, on se tirera d'ici comme les européens vers l'Amérique, en zigouillant ceux qu'on trouvera pour prendre leurs ressources et se multiplier, parce que c'est le principe même de la vie.

Et les Autres sont comme nous, ou alors ils devront bien se cacher car ils n'auront aucune chance contre une espèce expansionniste comme la notre.

Si tu renonces à propager tes chromosomes et veux te terrer, pas de problème. Mais il y aura des Magellans, des Armstrong et de Goulus pour viser les étoiles !

Flatteur (2014-04-15T17:56:31Z)

Super article.

En revanche, je trouve toujours étrange le fait que, bien que tu cites très souvent des œuvres littéraires dans leur langue originale, tu persistes à citer la Bible en latin…

W (2014-04-15T17:47:07Z)

Il y a une chose dont tu ne parles pas beaucoup, c'est la diversité de notre civilisation (en admettant que l'humanité constitue une civilisation). Les 7G humains existants n'ont pas les mêmes valeurs, les mêmes croyances, les mêmes buts. Même les Droits de l'Homme peinent à faire consensus. L'humanité évolue, des minorités deviennent des majorités et inversement, mais peu de choses disparaissent vraiment.

Par conséquent, sur la volonté de notre civilisation de survivre, la sélection naturelle s'applique : si demain 90% de l'humanité décidait qu'il ne sert à rien de se reproduire, ne se retrouverait-on pas dans 50 ans avec sur Terre 700M humains (soit plus qu'en l'an 1700) ayant envie de se reproduire ?

Sur de grands projets comme l'installation d'une colonie sur Mars ou sur la plus proche exoplanète, je crois que la question n'est pas de savoir si notre civilisation se le donne pour but, mais plutôt si, au cours notre évolution, l'effort nécessaire pour réaliser le projet X sera inférieur aux moyens des individus qui trouvent X profitable ou amusant, quelle que soit la fraction de l'humanité que ceux-ci représentent.

Trop Gear Top Geek (2014-04-15T15:21:56Z)

- Dans 500 millions d'années le soleil sera déjà trop chaud pour la vie à la surface du globe.
- Dans un milliard d'années même les océans se seront évaporés.

Conclusion : la vie sur Terre a déjà parcouru l'essentiel de sa carrière depuis trois milliards d'années.

Frank Wolff (2014-04-15T15:13:59Z)

>un individu a tendance à rechercher sa propre survie, pour des raisons universelles de sélection naturelle

N’est-ce pas dans le sens inverse : un individu ayant tendance à rechercher sa survie, il s’ensuit une sélection.

Ou alors c’est la sélection, produite par les individus qui cherchent à survivre, qui produit les individus qui cherchent à survivre…hmmm.

Ruxor (2014-04-15T14:40:02Z)

@Dr. Goulu: Ce que je dis, c'est qu'il est beaucoup plus facile pour une civilisation d'effectuer une transition démographique qui limite sa croissance plutôt que d'aller chercher des ressources « ailleurs » (de toute façon, si on atteint le stade de saturation de ressources tel qu'on ait besoin d'aller en chercher hors de la planète, on n'a plus les moyens de l'intense R&D nécessaire pour que ce soit possible). Plusieurs pays sur Terre ont *déjà* fait cette transition démographique, même sans la rechercher volontairement, et leur population diminue, ou n'augmente plus que grâce à l'immigration, et il ne semble pas du tout invraisemblable que ça arrive au monde entier, donc il est tout simplement faux de dire que toute population vivante augmente forcément exponentiellement jusqu'à saturation de ses ressources. Les autres espèces de la planète ne peuvent pas sérieusement entrer en concurrence avec les ressources que l'espèce dominante utilise (ce n'est pas parce que les humains cessent de se multiplier exponentiellement que les cafards vont tous nous exterminer !). Et je note au passage la mention du « risque supplémentaire de disparaître » : en quoi disparaître est-il un « risque », i.e., quelque chose qu'on veut éviter ?

L'idée d'une guerre, ou même d'une concurrence, entre espèces de planètes différentes, est surtout le signe d'une surconsommation de SF. Une civilisation assez développée pour explorer l'espace a aussi les moyens de se contrôler elle-même pour ne pas en avoir besoin ou envie.

Suggérer que les extraterrestres pourraient venir sur Terre pour prendre nos ressources est exactement aussi absurde que de suggérer qu'ils pourraient venir sur Terre prendre nos cartes Pokémon.

@Typhon: Il n'y a jamais eu autant d'humains qui meurent, aussi. :-)

Typhon (2014-04-15T14:13:34Z)

« Je ne veux pas juste dire qu'une civilisation ou espèce peut être peu douée pour se préserver elle-même (la nôtre n'a pas l'air particulièrement adroite) »

Ça, ça me paraît bien une affirmation totalement gratuite. Après tout, il n'y a jamais eu autant d'être humains vivants…
Et de toute façon, l'emploi du mot "doué" est inapproprié pour quelque chose qui relève bien plus hasard que de toute autre considération.

Dr. Goulu (2014-04-15T13:58:13Z)

Il me semble que vous omettez quelques réalités, dont certaines mathématiques.
Par exemple que la caractéristique la plus fondamentale de la vie est la capacité à se répliquer, ce qui implique une tendance à la croissance exponentielle lorsque les ressources nécessaires sont disponibles. Tôt ou tard, n'importe quelle fonction exponentielle croit plus vite que la fonction quadratique ou cubique à laquelle les êtres vivants peuvent accéder aux ressources, que ce soit dans une boite de Petri ou en colonisant l'espace à la vitesse de la lumière. Il en résulte que toute forme de vie est irrémédiablement limitée par des ressources qui augmentent moins vite que sa croissance "naturelle" (j'appelle ceci le "principe de saturation cubique")

Evidemment, une espèce intelligente pourrait décider de limiter sa croissance à 0 pour préserver la qualité de vie de ses individus, mais dans ce cas elle laisse disponibles des ressources potentiellement utilisables par d'autres espèces en croissance exponentielle, qu'elles soient originaires de sa planète ou d'une autre, donc court un risque supplémentaire de disparaître.

A mon humble avis partagé par d'autres avant moi, si une espèce atteint un niveau de technologie suffisant pour accéder à des ressources sur d'autres planètes, elle le fera. D'abord en minant des astéroïdes, puis en exploitant l'Helium 3 de sa Lune, puis les hydrocarbures et gaz de ses géantes gazeuses, puis elle poussera vers d'autres systèmes, pas pour dire bonjour aux gentils zitis, mais pour accéder à leurs ressources avant qu'ils n'accèdent aux nôtres.

(entre parenthèse nous n'avons pas encore terraformé le Sahara ou Gobi, mais plein d'autres endroits inhospitaliers (pour nous) de notre Terre comme les forêts primaires, les marécages, endigué des rivières, etc. Si nous avions assez d'énergie pour désaliniser de l'eau bon marché, les jours des déserts seraient comptés.)

Dès lors, la seule raison pour laquelle nous ne recevons pas de messages radio est que les êtres réellement intelligents s’abstiennent de signaler leur position aux envahisseurs potentiels avant d'être eux-mêmes en mesure de coloniser l'espace. Dès lors la seule vraie question est de savoir pourquoi nous n'avons pas encore été envahis.

Dans "The Great Filter" (traduit par mes soins, voire liens plus bas), Robert Hanson estime qu'il n'y a que deux possibilités:
- soit il est très difficile à la vie d'atteindre notre niveau, et une "probabilité" de la loi de Drake est beaucoup plus faible que ce que nous pensons.
- soit, et c'est mon opinion actuelle, le voyage interstellaire est extrêmement difficile, beaucoup plus qu'on ne l'imagine, voire "impossible" à l'horizon de plusieurs siècles.

Donc on conquerra l'espace dès qu'on pourra, sous la pression de notre population affamée, ou pour éviter d'être tôt ou tard éradiqués par des Aliens Conquistadores comme de vulgaires Incas.

Quelques liens sur mon blog sur ces sujets :
<URL: http://www.drgoulu.com/1999/10/24/psc/ >
<URL: http://www.drgoulu.com/2012/10/28/anneau-monde-et-surpopulation/ >
<URL: http://www.drgoulu.com/2012/12/28/le-grand-filtre/ >


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