Comments on Processus mentaux et endormissement

D (2022-05-06T13:28:19Z)

"Et de fait, quand je suis réveillé à un moment tel que je me rappelle les rêves que j'étais en train de faire, essayer de repenser à ces rêves, les rejouer ou les prolonger dans ma tête est ce que je trouve de plus efficace pour me rendormir."

J'ai découvert que quand j'essaye de m'endormir, le soir, s'il me vient une pensée pas logique (une liaison entre deux choses, la première c'est une instruction assembleur qui lit en binaire un uint64 dans la suite du binaire, la seconde c'est une porte qui ferme une pièce), se répéter la pensée de cette liaison le plus précisément possible m'endort.

Je vais maintenant essayer de faire des liaisons absurdes de ce type, pour voir si ça m'endort.

JML (2021-12-19T17:53:32Z)

Personne n'a fait la blague obligatoire ?
« Ce qui est trop somnipète risque de devenir somnifuge, à l'exemple de la consommation excessive de fayots. »

Ma question sur le sommeil « comment rêve un humain parfaitement sain d'esprit ? » (comme cas particulier de « à quoi ressemble un humain parfaitement sain d'esprit ? », une fois qu'on a bien voulu se rendre à l'évidence que la civilisation planétaire rend les humains complètement fous), parce que peut-être un tel humain n'a pas de conflit intérieur qui le travaille en fin de journée et ça pourrait changer quelque chose pendant le sommeil : les rêves sont-ils complètement incohérents puisqu'il n'y a plus besoin d'être confronté à une situation particulière ? Ou au contraire plus clairement résultant d'une intégration des évènements de la journée avec des expériences passées ? Ou encore l'expression de messages divins qui ne rencontrent plus les obstacles parasites des problèmes bassement terrestres ? (questions mentionnées au cas où cela t'amuse, je ne prends pas ces choses au sérieux.)

« dormir comme un bébé », c'est parce que les bébés, pas encore rendus fous (sauf environnement particulièrement toxique), savent s'abandonner complètement pendant leur sommeil, en toute confiance que quoi qu'il se passe est bon ; et les parents, les voyant, les trouvent trop chou et les envient. (Par ailleurs, pour les réveils nocturnes, il y a l'idée que les bébés sont prévus pour dormir contre ou au moins à côté d'un adulte mais je ne sais pas si cela a été étudié, au-delà d'une certaine mode de néo-parentalité.)

Mon impression est qu'un mode de pensée somnifuge ou somnipète (mais dans ce dernier cas je dirais “état intérieur” plutôt qu'en référer à des pensées, même non-verbales) est une conséquence plutôt qu'une cause d'insomnie ou endormissement : si je n'ai pas un rythme de sommeil en vrac au cours des semaines qui précèdent (auquel cas il peut se passer n'importe quoi), si "je" suis d'accord avec le fait de dormir au moment venu (guillemets parce que ça dépasse le je conscient), hé bien d'une manière ou d'une autre je vais m'endormir rapidement. Boire un café tard n'aide pas, mais j'ai l'impression que si je me laisse aller à boire un café tard, c'est déjà que "j"'ai décidé de mal dormir. Une activité intellectuelle intense ne dérange pas (après une pause nécessaire) si "je" suis bien d'accord pour m'arrêter à un moment (plutôt qu'aller plus loin dans la réflexion). J'ai l'impression que si ça marche de m'endormir en faisant l'effort de me détendre et d'arrêter de penser à un truc, c'est que le parasitage était modéré ; d'autres fois le parasitage est fort et alors rien n'y fait, autant me relever rapidement, parfois j'accouche d'un truc en écrivant, d'autres fois Dieu seul sait ce qui se passe.

Question bête : es-tu déterminé à régler, au moins approximativement, ton problème de sommeil ? Ce n'est pas évident parce qu'il y a de nombreux avantages à avoir des raisons de se plaindre (ex : si j'ai le problème X, je ne me sens pas coupable de ne pas arriver à Y ; j'ai plus envie de raconter sur mon blog comment la 1000ème tentative de solution échoue que de vraiment résoudre le problème ; etc.). Inversement, si tu es déterminé, tu devrais finir par trouver quelque chose qui marche, quitte à abandonner des pratiques auxquelles tu es attaché (« c'est ce à quoi nous sommes le plus attaché qui nous empoisonne le plus »).
Parmi les types de solution non mentionnées, il y a par exemple l'hypnose ericksonnienne positive (thérapie brève donc vite explorée, de bonne réputation) ; mais tous les coups sont permis pour ce qui est inconscient/placebo (après élimination de facteurs de risque plus objectifs), donc pourquoi pas un magnétiseur.
De manière plus générale, tu es très intéressé par une forme d'introspection mais tu te limites (en opposition avec l'esprit scientifique) à un type d'approche de toi-même que tu pratiques depuis 10+ ans alors que tu habites Paris bordel ! Il y a toutes sortes de choses à moins d'une heure de chez toi : du rebirth, du clown, de la rencontre avec tes animaux-totem, de la communication avec les esprits, du micro-dosage de substances hallucinogènes, du théâtre trans-générationnel, du parasitage magnétique du cerveau gauche, j'ai cité 1/100ème de ce qui existe, et s'il n'existe pas encore de tantrisme homo (à quoi bon avoir un poussinet si ça n'a aucune chance de t'envoyer au 7ème Ciel [enfin le 1er est déjà pas mal] te fondre dans le grand Tout et revivre le Big Bang ? franchement), c'est probablement que c'est en train d'arriver… Il y a évidemment des dangers à aller voir des trucs bizarres, mais rester dans son connu, c'est le danger de rester coincé dans ses processus étriqués jusqu'à ce que mort s'ensuive. Derrière tes angoisses, la magie, qui ne saurait se trouver sans risques…

Camille (2021-11-23T17:23:31Z)

J'ai la même analyse. Toute recherche de réalisme, de rigueur etc. (par exemple imaginer des histoires cohérentes) nuit au sommeil.

Ruxor (2021-11-18T17:36:12Z)

Je lie depuis ce fil de commentaires une réponse qui m'a été faite sur Twitter par une personne neurologue : <URL: https://twitter.com/Disciple_Neuro/status/1461087969163583491 > (fin de l'enfilade ici : <URL: https://twitter.com/Disciple_Neuro/status/1461095537323782149 >).

Dr FionsD (2021-11-18T10:30:03Z)

En ce qui concerne l'expression "dormir comme un bébé" : quand un bébé dort, cela peut être extrêmement profond ! On peut passer l'aspirateur sans souci à côté, voire le prendre dans les bras et le déplacer si besoin, sans qu'il ne se réveille…

Natacha (2021-11-17T21:27:03Z)

J'aime beaucoup cette conceptualisation de somnifuge et somnipète, à condition que ce soit un continuum (comme tu fais l'analogie avec des forces, je suppose qu'on pourrait y voir une grandeur réelle dont le signe détermine l'adjectif). Ça correspond plutôt bien avec mon vécu.

Ton résumé colle bien aussi avec mon vécu, quoique de façon très simplifiée.

La plus grosse différence serait que les problèmes abstraits ne sont pas tellement somnifuge chez moi, ils peuvent être même un peu somnipètes.

Il y aurait tout un billet à écrire sur ma façon de réfléchir, mais en gros je construis un objet mental qui représente le problème, et ensuite je l'explore ou je le contemple, jusqu'à ce qu'une solution émerge comme une évidence ; au besoin en construisant des extensions à cet objet ou en raffinant des sections existantes.

Les activités de création (de l'objet initial ou d'extensions) sont effectivement somnifuges chez moi, mais les raffinements sont plutôt neutres et l'exploration contemplatoire neutre à somnipète (quoique nettement moins que repenser a une fiction).

Il m'est donc arrivé souvent par le passé de m'endormir avec un problème abstrait, et c'est moins le cas ces dernière années surtout parce que j'ai moins de problèmes abstraits dans ma vie (et plus récemment parce que j'ai trouvé plus efficace pour m'endormir plus vite).

Pour prendre un exemple de tel problème abstrait, le dernier en date est partir d'un polyèdre de ℝ³ et construire un assemblage de surfaces de Béziers (de degré à définir) qui soit au moins G¹ et qui coïncide avec ce polyèdre en tout point soit à une distance supérieure à un r donné de toutes les arrêtes du polyèdre. (D'ailleurs au passage si quelqu'un a une idée pour m'aider à le résoudre, ça a l'air trop simple pour ne pas avoir de jolie forme fermée, et pourtant je n'arrive même pas a trouver un début de piste sur google, même pour le cas "facile" convexe.)

Cela dit, je ne suis capable de percevoir le caractère somnifuge ou somnipète que pour des pensées relativement neutres. Les pensées violemment somnifuges sont faciles à identifier a posteriori, mais les pensées très somnipètes sont des pensées dans lesquelles je me perds complètement, sans percevoir ce caractère, et ce n'est qu'avec la répétition que j'ai pu constater indirectement leur efficacité.

Mon vécu me laisse penser que chez moi, le caractère somnifuge ou somnipète n'est pas limité aux pensées. L'exercice que j'ai décrit sur mon weblog m'a donné quelque chose qui me donne l'impression d'être un effort somnipète direct.

Pour situer en termes de sensation, quand je fais un exercice musculaire isométrique, je je perçois l'ordre et j'ai indépendamment une proprioception du muscle qui se contracte ; quand j'imagine faire un exercice musculaire isométrique, je perçois le même ordre sans la proprioception associée ; quand je bloque mes yeux en butée supérieure, la perception de l'ordre est claire mais la proprioception musculaire est douteuse ; et « pas loin » à côté de ces muscles je peux envoyer un ordre similaire qui est un effort somnipète de nature très proche d'un effort musculaire isométrique imaginaire.

À partir de là, le réveil express automatique quand je me lève m'a donné l'impression d'être un effort somnifuge direct, comparable à un frisson, de même nature que l'effort somnipète précédent mais de direction opposée, et colossalement plus intense.

Concernant les causes et les effets, j'ai l'impression qu'à chaque fois qu'on a un système nerveux on trouve rapidement des boucles de rétroaction les unes dans les autres comme un plat de spaghettis de poupées russes, avec des rétroactions négatives d'homéostasie et d'asservissement, et des rétroactions positives de basculement d'un état saturé à la saturation opposée.

Donc par défaut et jusqu'à preuve du contraire, je suppose que les pensées somnifuges appellent un état d'esprit somnifuge qui favorise les pensées somnifuges, et les pensées somnipètes construisent un état d'esprit somnipète qui favorise les pensées somnipètes.

Je ne sais pas si le parallèle que j'ai fait entre l'endormissement et un autre changement de mode est sortable ici, mais j'y retrouve la même amplification entre les pensées -pètes, l'état d'esprit -pètes, les sensations -pètes, et les actions -pètes ; et pareil avec les -fuges.

Concernant les mesures objectives, l'IRMf est effectivement difficile d'accès, mais le sommeil et l'endormissement sont les éléments les plus flagrants d'un EEG, et il existe des montages EEG grand public.

J'ai dans un carton un vieux Muse (<URL: https://choosemuse.com/ >), dont la connexion bluetooth a toujours été capricieuse et qui m'a frustrée par le peu de données auxquels l'app' donnait accès à l'époque. J'ignore si les choses se sont arrangées depuis, et je ne sais pas si les nouveaux modèles sont compatibles avec le sommeil. Je suis certaine qu'un tel appareil seraient capable d'identifier un mouvement net somnifuge ou somnipète, à condition bien sûr que son port n'empêche pas ledit mouvement.

Arthur (2021-11-17T18:44:59Z)

Processus somnipète pour moi : m'imaginer en train de me déplacer *en 3D* dans des lieux que je connais bien, comme le village où j'ai passé beaucoup de vacances dans mon enfance. J'essaye de m'imaginer tout ce que je vois autour de moi, quelles rues je prends, où j'aboutis, etc. Je crois que cela me fatigue le cerveau car il est mauvais pour les représentations dans l'espace : je suis de ceux qui sont beaucoup plus à l'aise à retourner la carte pour savoir s'ils doivent tourner à gauche ou à droite au carrefour si la carte est à l'envers, ou qui sinon préfèrent verbaliser (en gros "la carte est à l'envers ; or je dois tourner à gauche sur la carte telle qu'elle est par rapport à moi ; donc je dois tourner à droite en fait"). Je *peux* faire l'effort de retourner la carte dans ma tête, peut-être même que j'y arriverais beaucoup plus facilement si je devenais chauffeur de taxi, mais ce n'est pas "naturel" en l'état.

Je pense que ces "balades mémorielles" peuvent aussi avoir l'avantage de me détendre si je les imagine dans des lieux heureux (comme ce village).

Sinon, même si je dors sur le dos, je m'endors mieux la tête sur le côté. Il me faut alors un oreiller pour me soutenir la tête car sinon, j'ai mal au cou. Je dois me retourner quand je suis endormi puisque je me réveille sur le dos mais je n'en ai jamais conscience.

La position sur le côté peut me faire mal au dos, si bien que je préfère replier les jambes pour que ma colonne ne soit pas tordue (je suis un peu en PLS, quoi, mais uniquement pour le confort de mon dos, et d'ailleurs c'est il n'y a pas si longtemps que j'ai découvert cette position, à cause d'un mal de dos précisément). Mais ce n'est important que si je mets du temps à m'endormir, ce qui est plutôt rare.

En général, quand j'ai eu du mal à m'endormir, on me dit le lendemain "C'était la pleine lune". Comme je regarde rarement la lune avant de me coucher, il faut croire que ce n'est pas un effet psychologique. Par ailleurs, je ne prends plus de café après 14h car j'ai constaté que cela nuisait à mon sommeil. Enfin, j'essaye de ne pas travailler trop tard car cela excite mon cerveau et je dois éviter les douches chaudes, même si parfois je pense que cela me détendra les muscles pour mieux dormir. Je suis malheureusement un couche-tard et j'ai l'impression que le bon rythme pour moi, c'est minuit-sept heures, mais je ne peux pas le faire tous les jours pour raisons professionnelles. Au bout du compte, quand je ne dors et que ce n'est aucune des raisons listées ci-dessus, c'est tout bêtement à cause de mes soucis ou du stress (peu de choses, le plus souvent), mais comme je l'ai dit, c'est plutôt rare.

Pour m'endormir, je préfère être tourné du côté du mur, peut-être à cause du sentiment de sécurité que cela me procure. Dormir tourné vers le vide m'angoisserait. Enfin, je crois …

J'aurais encore beaucoup à dire mais j'aurais peur d'ennuyer le lecteur patient qui aurait lu jusque-là.

zamour (2021-11-17T16:07:14Z)

Boujour, mon expérience personnel :
Eviter toute pensée qui sollicite des affects.
Pour moi cela consistait pendant longtemps à essayer de me représenter intuitivement l'infinité de l'univers (dont le silence eternel ne m'éffrait pas contrairement aux libertins vu par Pascal). L'impossibilité de la tâche fini par engourdir le cerveau.
Une deuxième technique consiste à susciter un état de pensée tel que celui que nous ressentons quand nous sommes dans un demi sommeil : légère incohèrence, images qui se chevauchent, brouillage mental, respiration ralentie. C'est une habitude à prendre.
Et surtout donc, chasser/laisser filer toute émotion ou sujet perturbant.
bonne nuit.

Frank Wolff (2021-11-17T14:09:37Z)

L’endormissement est une énigme qu’il faut résoudre chaque jour.

>tout effort de mémoire est somnifuge
Dans ce registre il y a « Funès ou la mémoire », qui se veut une allégorie de l’insomnie. Les contrariétés du monde réel, lorsqu’elles empêchent de dormir, peuvent se ressentir avec une acuité et une précision monstrueuses.


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