Comments on Sur la question de mes propres biais

Apokrif (2021-06-21T02:43:05Z)

Sur la comparaison avec les MST -> https://www.businessinsider.com/florida-judge-uses-sex-analogy-to-nix-cdcs-cruise-ship-covid-rules-2021-6

JML (2021-03-17T04:26:43Z)

@Vicnent
Le discours "allez voir un psy et tout ira bien" est un grave problème dans notre société :
1. Certains psys sont dangereux (possiblement beaucoup si l'on considère "conforter les gens dans leur idiotie" comme un danger)
2. Des gens vont voir un psy pour trouver les bonnes excuses de rester comme ils sont, et là, même un bon psy ne peut rien
3. "Psy" fait généralement référence à des techniques de parole, qui ont certes leur place (et notamment à l'accueil psychiatrique où des médocs sont souvent donnés trop vite), mais ne sont que certaines techniques parmi une multitude. Les alternatives sont possiblement plus dangereuses (moins surveillées, parfois sectaires etc.) mais également plus efficaces. Trop de personnes vont trop longtemps voir un psy. Une personne qui veut vraiment progresser, avec une technique et un thérapeute adaptés, ça doit bouger nettement en 10 séance max. "Il faut 10 ans de psychanalyse", c'est une arnaque lancée par des idéologues qui y trouvent leur intérêt. Dans le cas de David, très porté sur les choses de la tête, une technique qui ne passe pas par la tête me paraît plus probablement indiquée (même si bien sûr il n'est pas interdit d'essayer) : psychocorporel, clown ou groupe de théâtre, méditation ou sophrologie, etc. Ou d'aller œuvrer dans une association qui touche de près la souffrance humaine.

Comme exemple de psys dangereux, regarde ce qui se passe trop souvent dans la protection de l'enfance : des enfants qui sont envoyés en pâture à des psys, au prétexte que, voyez, on fait tout ce qu'on peut pour eux, alors qu'à la base l'enfant est dans une situation de maltraitance psychologique, soit dans sa famille, soit dans l'institution. Le psy qui s'est positionné sur les circuits qui envoient les enfants chez les psys a un biais d'intérêt à ne pas dénoncer la prise en charge de l'enfant par ceux qui par ailleurs lui envoient des enfants, qui s'ajoute à ses autres biais (comme le biais narcissique de penser que l'on a une action utile et efficace) et le rend aveugle à la réalité de la situation… Le résultat est un enfant "psychologisé", que l'on a persuadé qu'il a des problèmes psychologiques, ce qui s'ajoute aux problèmes qu'il avait déjà. Les psys sont bien placés dans la rente de situation que procurent les souffrances des enfants, et je soupçonne le préjugé "les psys c'est bon" d'y jouer un grand rôle.

Les psys sont avant tout des gens normaux, et leur intérêt pour leurs patients n'est pas spécialement plus grand que l'intérêt du boucher du coin pour ses clients, ni leur compréhension des voies du cœur. Tu as eu un bonne expérience avec un psy, et tu es loin d'être le seul, mais cela ne fait pas d'"aller voir un psy" une panacée, loin de là. J'espère que David sera d'accord que je squatte ses colonnes pour cette longue réponse qui a pour but de modérer les enthousiasmes pour les psys, qui sont certes ce qu'ils sont, mais pas plus. Je t'invite à distinguer dans ton expérience l'aspect "psy", qui à mon avis t'est personnel, de l'aspect transformation de soi, indépendamment du moyen extérieur utilisé pour faciliter la transformation, parce que pendant que les appels aux psys ont déjà saturé les discours, la société reste en grave déficit de transformations de soi. Et si tu parviens à cheminer de transformation en transformation, tu verras que ton psy ne te sera plus d'aucune utilité, et que tu peux continuer seul, du moment que tu écoutes ton cœur — bien sûr, tu trouveras de l'aide sous une forme ou sous une autre, à l'occasion, mais tu ne seras pas démuni même si tu ne trouves rien. Notre maître, c'est la vie…

@David
Es-tu toujours dans l'optique « mon cœur ne peut accepter la souffrance des confinements qui sont comme un viol de mon être » ?
On m'avait dit que les cœurs peuvent accepter n'importe quoi, et j'apporte mon modeste témoignage que le mien a accepté il y a peu l'inacceptable. Je pensais que c'était au-dessus de mes forces, dans ma situation. Et puis finalement ça s'est fait. Alors en cas de 3ème confinement, garde espoir ! Essaye de laisser une chance à ton cœur de faire son truc mystérieux — même si je ne peux rien dire de clair sur ce qui aide précisément.

Vicnent (2021-03-16T11:58:57Z)

@JML

J'ai peut être parlé un peu vite ou me suis mal exprimé et je suis assez d'accord avec toi.
Ce que je voulais dire, c'est qu'il est possible qu'à travers l'analyse intellectuelle, on _peut_ deviner qu'il doit exister des biais. Mais les déterminer et traiter les failles psy qui en sont la cause, du fait de processus inconscients, sont inatteignables seul. (D'où le recours au psy). Et là dessus, je ne pense pas me tromper (ce n'est pas un biais intellectuel qui te transforme en Zombie quand on te demande de rester chez toi alors que tu es relativement privilégié et c'est peu de le dire.)

Je ne vais pas faire ma psychologie de comptoir ici ni faire ma psychanalyse en ligne mais pour prendre mon exemple (mais je pourrais en prendre d'autres), je pensais bien me connaitre et être quelqu'un de relativement normal (pour peu que cela veuille dire qqch…) jusqu'à ce qu'un événement dinguissime vienne me faire prendre conscience intellectuellement que ma réaction était largement au delà de 5 sigmas… Et là, j'ai appelé quelqu'un de compétent à l'aide. Et jusqu'à là, j'avais un Dunning Kruger sur la psychologie clinique en général assez hallucinant. Et le reste, je le garde pour moi mais je peux affirmer que j'ai considérablement changé et que c'est 1000 fois plus merveilleux aujourd'hui. Très différent et bien plus sain. (le fameux "devenir soi" qui est souvent très incompris parce que l'approche n'est que purement intellectuelle).

Beaucoup de gens pensent que les filtres intellectuels et émotionnels sont en concurrence ou travaillent en parallèle l'un de l'autre voire pire, que l'analyse précède l'émotion. C'est une vraie révélation que de comprendre (au sens émotionnel) que c'est l'émotion qui est le premier filtre (et qui explique dans bien des cas, les prises de décisions ubuesques ou les comportements très décalés - comme par exemple ne pas simplement être ennuyé par une absence temporaire de Liberté mais totalement terrorisé…) - je ne sais pas d'ailleurs dans quel mesure notre Ruxor lit les commentaires, mais il a toutes mes coordonnées ainsi que celles des personnes qui peuvent l'aider si il veut creuser cette piste…

JML (2021-03-12T16:08:58Z)

@Vicnent
Tous nos biais ne viennent pas d'un besoin émotionnel profond, loin de là. Nous avons aussi beaucoup de biais, par exemple issus de préjugés idiots, qui peuvent céder, ou que l'on peut tenter de pallier, avec une exposition à l'information ou à la réflexion.
Même quand nos biais sont fortement contraints par des besoins inconscients, tenter de s'en saisir par un travail de prise de conscience peut participer à une évolution psychique. Cela échoue pour la plupart des gens (d'après ce que je crois pouvoir constater) parce que leur processus de réflexion n'est qu'apparence, sans détermination ni rigueur, sans espoir que la vérité est bonne même quand elle est douloureuse, et ne vise qu'à les conforter dans leur position. Mais nous parlons ici de David, et je crois qu'il a ses chances. La réflexion est certes faible quand elle menace les besoins inconscients, mais cette menace venant titiller les émotions, cela peut faire bouger le système.

La lucidité sur ce que nous sommes est un point clé de notre vie, et la lucidité se travaille. Quand la réflexion est mise au service de la détermination ferme d'être lucide, nous sommes en plein dans ce qui fait notre spécificité d'être humain : cela fait partie de notre voie royale en montrant où sont les problèmes, qu'il s'agit de surmonter, certes par des moyens plus larges que la seule réflexion.

Seule, par elle-même, la tête ne peut rien sortir de bon (en dehors des domaines techniques intellectuels) ; mais la tête n'est pas seule, elle peut dialoguer avec le cœur. Si nous cherchons à avancer seuls, par nous-mêmes, grâce à notre tête et notre cœur, alors nous ne risquons pas qu'une éventuelle aide extérieure ne reste que cosmétique, et nous ne craignons pas de ne trouver aucune aide.

Vicnent (2021-03-12T11:01:42Z)

Ce qui est assez fou, c'est que tes biais (qui sont par nature inatteignables parce que ce sont des processus inconscients), tu ne peux en rien en faire l'analyse car ce sont des processus 100% émotionnels.

Certes, tu ne peux que constater au travers de certaines conséquences que tu as des biais (ou des failles psy - je te renvoie à quelques mots que j'ai pu te laisser dans la partie 'Optional Message'), la façon dont tu as effroyablement souffert de la pandémie au début me parait clair.

Mais tu ne peux en rien en déterminer la cause, seul, par toi même, et surtout pas analytiquement. Et donc tu ne sais pas quel sont ces biais. Et donc tu ne sais pas comment ils peuvent très largement modifier intégralement ta capacité à raisonner. (J'ai à ce propos tellement d'exemples de gens bien avec un bon cerveau, capable de [ dire des trucs / avoir des attitudes] parfaitement hallucinants du fait de biais.

Typhon (2021-03-11T02:01:31Z)

« j'ai souligné que les médecins en général avaient souvent le biais consistant à privilégier la préservation de la vie à n'importe quel prix au lieu de celle de la qualité de la vie »

Sauf que ce n'est pas vrai, ou en tout cas c'est à nuancer très fortement.

Clairement la tendance à faire du nombre de mort l'A et l'Ω du succès de la médecine existe, pour des raisons tout à fait compréhensibles, et clairement ça peut avoir des effets pervers (je sais pas si c'est une question de loi de Goodhart mais le phénomène est proche, on se focalise sur ce qui est facile à mesurer au détriment de ce qui l'est moins).

Cependant, on peut trouver très facilement une grande quantité de médecins qui tiennent des raisonnements validistes ou eugénistes.

Alors ATTENTION, je ne dis pas que s'intéresser à la qualité de vie est nécessairement validiste/eugéniste en soi, et même privilégier la qualité de vie plutôt que la durée ne l'est peut-être pas.

Mais par contre, les positions eugénistes et/ou validistes sont très souvent rationalisées à l'aide de ce type de raisonnement, ce qui implique d'une part qu'il y a une forte proportion de médecin qui est parfaitement capable de comprendre l'idée, et qui d'autre part donne une explication évidente au biais institutionnel que les médecins peuvent avoir et, à mon avis, doivent garder contre ce genre de raisonnement.

Et quand je vois des gens dire que le COVID c'est pas si grave parce que ça ne tue que des "vieux de 80 ans", mais AUSSI d'autres leur répliquer en disant "c'est faux ça tue aussi des jeunes" (impliquant, inconsciemment ou non, que si c'était vrai ils auraient raison de dire "c'est pas grave"), je pense que c'est un point directement pertinent sur la situation actuelle.

Pour ce qui est de mes propres biais sur la crise du COVID, je pense que j'ai d'abord un biais anti-gouvernemental :

Il y a un an j'étais persuadé (comme beaucoup de monde je pense) que la crise allait retomber assez vite (comme le SRAS ou la grippe A H1N1, qui ont eu des effets disruptifs mais bien moindre).

Ensuite j'ai eu droit au confinement seul dans un appart où je venais d'emménager qui m'a bien démoli moralement, donc, indirectement, physiquement (j'ai pris cinq kilos de gras depuis un an je pense), partagé entre la pétoche du virus sur lequel on savait alors fort peu de choses, et le caractère usant du confinement.

Mais en vrai sur le COVID lui-même j'ai lâché l'affaire assez vite : suivre les courbes, s'empeigner sur les bonnes stratégies à suivre, etc m'a fatigué et je pensais, il y a un an, que les informations qu'on (le grand public) avait alors étaient trop parcellaires pour parvenir aux bonnes conclusions (je pense toujours qu'on manque d'informations et de recul d'ailleurs, et on - même les spécialistes - mettra probablement des années à mieux comprendre SARS-COV-2 et ses épigones, sans parler de toutes les leçons annexes à tirer de cette crise).

Mais que les décideurs n'aient pas eu les moyens de faire mieux et que les moyens de faire face à la crise aient été préalablement sabordés (les stocks de masque et les mensonges à leur sujet) est proprement scandaleux.

Je reste relativement convaincu qu'un confinement très dur comme le premier confinement (voire pire) peut (ou, au stade actuel, aurait pu) être un outil utile pour *juguler* les contagions *temporairement* afin de gagner le temps de mettre en place des dispositifs plus pérennes ou de trouver un traitement, ou d'obtenir des informations (point crucial).
Une chose que je regrette de pas avoir commenté en réponse à ce billet <URL: http://www.madore.org/~david/weblog/d.2020-03-11.2640.deux-approches-epidemie.html#d.2020-03-11.2640 > c'est que l'alternative que tu suggérais ne pourrait pas fonctionner en réalité.
En étant aussi ignorants qu'on l'était à l'époque sur les modes de contagion de SARS-COV-2, il était impossible d'avoir une vraie approche de suppression du virus, on ne pouvait que trouver une façon de le gérer plus ou moins sévère. Que "zéro COVID" fût un objectif avoué ou prôné pour le confinement c'était et ça reste une erreur totale (Je pense que la seule stratégie zéro covid un tant soit peu plausible à l'heure actuelle c'est la vaccination, et encore). La seule question il y a un an était de savoir comment le gérer, et en l'absence d'information le confinement me paraissait alors un outil de gestion défendable (à court terme).

Et comme en pratique le confinement a été vite insupportable pour tout le monde, on en est sortis, on n'avait pas trouvé de traitement, et les dispositifs plus pérennes mis en place se sont révélés relativement insuffisants voire à côté de la plaque (Je pense ici au couvre-feu), et ont été mis en place en ordre dispersé : les obligations de ports du masque, les gel hydro-alcoolique, toute cette logistique qui a tardé à se mettre en place, les réouverture / fermetures, le deuxième confinement qui en était pas vraiment un mais un peu quand même, le flou sur le télétravail…

Toute une série d'actions qui semblent plus celle d'un poulet décapité qui court partout, ou d'un programmeur qui change des trucs au hasard dans un script pour corriger un bug, et qui a amplement démontré que le pouvoir avait été incapable de mettre à profit le temps gagné par le premier confinement. On a vécu une faillite partielle de la gestion du pays.

Ils ont même pris le parti délibéré de garder le flou sur leur stratégie (faute d'en avoir réellement une), ce qui empire évidemment le stress de tout le monde (quoi qu'on pense des confinements, c'est clairement mieux psychologiquement de savoir dès le départ qu'il y a une date de fin programmée, et idem pour toutes les autres mesures restrictives).
En appliquant la stratégie du cinglé <URL: https://en.wikipedia.org/wiki/Madman_theory > à leur communication de crise, ils ont vraisemblablement infligé des dégâts psychologiques immenses à une grande partie de la population, sans aucune contrepartie ou aucun gain concret pour qui que ce soit, ce qui, j'espère, finira par leur retomber dessus.

Pour toutes ces raisons, je pense que Carthage est à détr… que le gouvernement doit démissionner collectivement et aller se perde au désert (ou se retirer à la Trappe, ou peu importe du moment qu'on n'entend plus parler d'eux).

Ça ne suffirait certes pas à nous sauver du COVID, ni d'autres problèmes sérieux que je n'évoque pas ici, mais ça nous débarrasserait d'une source de stress qui n'a guère apporté de positif à cette crise.

bartex (2021-03-10T08:07:52Z)

Cher David,

je pense effectivement que bcp de gens raisonnent en se disant "le fait de se dire que si on a fait tout ça il fallait bien que ce soit pour quelque chose, parce que c'est trop horrible d'imaginer qu'on a confiné pour rien". Je ne suis pas un grand connaisseur, mais il me semble que c'est une stratégie standard pour éviter ce que certains appellent la "dissonnance cognitive" : le fait de souffrir d'informations contradictoire (ce qui me paraît être tout à fait ton cas - du mien aussi accessoirement).

Constater que, bien que très sévère, l'épidémie n'est néanmoins pas l'apocalypse que nous décrit (et impose) le gouvernement pose inévitablement la question "est-ce moi qui suis fou et tous les autres qui ont raison ?".

Tu te retrouves dans la position de Winston dans le roman 1984, ce que bcp te décriront comme "dans le déni". La solution simple étant de te convaincre que 2+2=5 et d'aimer ton tortionnaire gouvernemental. Tu ne veux pas ? Je te comprends…

Une note d'optimisme peut être. Le bordel de cette année est bien sûr dû au virus, mais aussi très largement au sous-dimensionnement du système de santé (qui était fait pour des classes d'âge de 600 000 personnes de 75 ans alors que les boomers commencent à faire monter ça vers 800 000 et que l'hôpital, bien au contraire d'être développé pour accompagner ça, se réduit comme peau de chagrin). Donc ce bordel va perdurer les années prochaines. C'est plutôt pessimiste, mais le côté optimiste que je voulais souligner : tôt ou tard il faudra bien regarder la réalité en face : les mesures de "distanciation sociale" (confinements inclus) ne sont qu'un cache-sexe de l'incurie d'un gouvernement pourtant parfaitement au fait d'une situation démographique prévue depuis des lustres !

bien cordialement

Dadou (2021-03-06T15:35:00Z)

J'aime bien cette entrée, très bien écrite et éclairant un pan de l'esprit qu'on est trop tenté de critiquer par paresse ou malhonêteté intellectuelle.

Quarante-sept (2021-03-05T17:16:09Z)

Je plussoie beaucoup Natacha sur la distinction juge/avocat !!

Natacha (2021-03-05T08:35:42Z)

C'est une jolie argumentation, même si elle sent un peu le billet publié pour servir de référence dans une argumentation face à des gens qui ne feront probablement pas l'effort de le lire.

Je trouve qu'on gagnerait beaucoup, aussi bien dans ton billet que dans les critiques qui l'ont causé, à distinguer plus clairement le rôle de juge du rôle d'avocat. Ce n'est pas pour rien que cette structure a été mise en place dans les tribunaux, les avocats sont précisément là pour être biaisés, et le choc des biais est censé pouvoir les détacher de la qualité des arguments.

J'avais abordé toutes tes prises de position dans un rôle d'avocat, en me laissant le rôle de juge, donc je ne me suis même pas tellement posé la question du biais, tant que l'argumentation est saine (il y a bien des gens biaisés qui produisent de l'argumentation malhonnête pour avancer leur camp, mais je n'ai à aucun moment eu l'impression que c'était ton cas, et j'en détecte plus du côté confinementiste).

Avant la lecture de ce billet, si je m'étais posé la question (chose que j'ai d'ailleurs pris le temps de faire entre la lecture du tweet qui l'annonce et le lecture du billet), j'aurais été d'avis que ton vécu te rendrait peut-être moins sensible à des arguments confinementistes, plus prompt à chercher des arguments anti-confinement, et peut-être plus enclin à surestimer les coûts des confinements, mais sans rien ôter à la qualité des arguments.

Dit autrement, je regarderais peut-être avec une suspicion a priori les conclusion d'un gro-tsen-juge (même si après réflexion j'ai l'impression d'être plutôt d'accord), mais le gro-sten-avocat est clairement bienvenu dans mon champ mental.

L'impact le plus grave à mes yeux de ton vécu sur ton discours est le champ lexical de la prison, surtout lorsqu'il n'est clairement pas un dysphémisme. Ces mots ont l'air d'avoir un impact très fort sur les gens, au point de fermer leurs capacités de jugement intellectuel et de partir complètement dans l'émotionnel. Ça me rappelle un peu ma propre expérience, lorsque les aléas de la vie m'ont désensibilisée au thème du suicide, au point de pouvoir en parler de façon aussi détachée que de la mécanique des fluides, il m'a fallu du temps pour percevoir puis comprendre le changement de mode brutal de mes interlocuteurs. Je pense que du devrais envisager (ou peut-être l'as-tu déjà fait) une auto-censure de ce champ lexical lorsque tu ne veux pas que l'échange fasse tilt.

Kapik (2021-03-05T06:14:17Z)

Tu es enfermé dans une chambre d’écho parce que tu choisis de suivre si peu de gens sur Twitter. Étends un peu ton horizon et tu découvriras parce exemple que les maladies infectieuses ne sont qu’une partie de l’épidémiologie et qu’il y a des spécialistes qui s’intéressent justement aux conséquences psychologiques, sociales, mais aussi sur les autres pathologies que covid.

Bob (2021-03-05T02:57:54Z)

Remarquable analyse comme d'habitude, très lucide ! Merci David.

--------------------
Coquilles:
il na que le mépris
que ces biais doivent importants

Apokrif (2021-03-04T23:33:56Z)

« déjà confiné pendant des mois toute la population du pays, et continue à le confiner une bonne partie du temps, et une partie de la population quasiment tout le temps »

Peut-être gagnerait-on en clarté si on disait uniquement « confinement » (pas « couvre-feu »), en précisant selon le cas ses modalités (pour qu'on garde mieux à l'esprit que toute ou presque toute la France reste confinée):
* « national », « local », « métropolitain »
* « H24 » ou « de nuit/de telle à telle heure seulement »
* « semaine complète » ou « week-end seulement »
* + variantes sur commerces ouverts, leurs limites de surface, leurs heures (couvre-feu *et* confinement cumulables le week-end !), les motifs de sortie avant ou après 18h…

Toutes ces infos pourraient être synthétisées avec une notation du genre geek code (de préférence prononçable): Paris est actuellement en « 7:18-6:Pharm » (couvre-feu 7 jours sur 7, pharmacies ouvrables et sorties possibles pour y aller pendant le confinement de nuit) par exemple.

Comment serait ressentie une interdiction (théorique ou pratique, s'il est impossible de se faire vacciner ou d'obtenir le bon certificat de vaccination) de sortir du territoire national (voire, comme cela a été le cas, de se déplacer sur une grande distance en France) même pour quelqu'un qui en pratique voyage peu ou pas ? Cela provoquerait-il à peu près la même impression d'enfermement qu'on peut ressentir, pendant un confinement, lorsqu'on est chez soi et qu'on n'a même pas envie ni besoin de sortir ?

Au passage, une partie de cette nouvelle aborde la difficulté de la cohabitation pendant une sorte de confinement (très brève mais très peu confortable): https://blog.whsmith.co.uk/andy-weir-the-short-story-prequel-to-the-martian/


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