Comments on Le poussinet et moi avons déménagé (de deux étages)

Laurent (2020-01-27T23:57:06Z)

J’ai vécu une situation similaire il y a quelques années : acheter quasi sur place et déménager dans le même immeuble, depuis le RdC vers un appartement plus grand au 4e étage. Mais avec un “tuilage” plus serré, une semaine seulement à partir de la signature, pour éviter de rempiler encore d’un mois de loyer sur l’ancien logement. Déménagement stressant même si le seul véhicule utilisé fut l’ascenseur, mais c’est appréciable d’avoir plus d’espace in fine.

Anecdote : une fois emménagé au 4e, une préoccupation immédiate fut de penser à NE PLUS enjamber l’appui de fenêtre pour aller chercher quelque chose tombé à l’extérieur par flemme de faire le tour de l’immeuble (après 10–12 ans au RdC on prend des habitudes… dix ans après, j’y pense encore parfois).

Pour se balader à poil chez soi sans interférer avec le voisinage ni trop perdre en luminosité : des voilages aux fenêtres ! (mais peut-être moins efficace la nuit quand l’intérieur de l’appartement est plus éclairé que l’extérieur ; ou alors il faut un type vraiment opalescent).

…Mais as-tu envisagé de garder l’ancien appartement en le mettant en location ?
(ça pourrait amortir l’équation financière en laissant le temps de réfléchir…)

Vicnent (2020-01-21T09:56:56Z)

il faut (essayer de) évacuer les émotions dû au changement et te souvenir de la raison (coup de cœur ? fonction purement utilitariste ? …).
Ensuite, avec l'appropriation dans le temps, viendront les bonnes émotions.
Ce qui peut t'aider :
- ce n'est pas parce qu'une question existe qu'elle est légitime ou qu'elle a du sens.
- évacuer les questions ou les sentiments pour lesquels ont on n'a pas de réponse (ou pas de réponse tout de suite). Se dire que c'est comme ça, qu'on verra plus tard. Que ça n'a aucune importance. Chaque chose en son temps. être focus sur d'autres choses plus importantes.

Et la vie va être clairement plus simple et plus douce.

JML (2020-01-20T17:01:16Z)

Psychanalyse à deux balles : pour lutter contre l'angoisse tu as beaucoup projeté sur le lieu où tu vis. Maintenant tu dois faire sans, tu es contraint de te passer d'un soutien extérieur, pour le remplacer si tout va bien par une forme d'équilibre moins contraignante. Le déséquilibre temporaire connu sous le nom de "grandir" n'a pas vocation à être vécu dans l'euphorie, en fait, il est plutôt connu pour les douleurs qui l'accompagnent, de catégorie douleurs d'accouchement. On ne fête pas victoire en pleine bataille…

Proust, bof. Trop complaisant envers les sentiments. Il n'y a rien de sacré ni miraculeux à éprouver des sentiments. Un sentiment peut porter au meilleur comme au pire, cela n'a rien d'une panacée. Ceci dit, un trouble réel, délicieux ou pénible, aucunement amplifié pour les besoins d'aucune cause, est un excellent élan pour la rédaction d'une poésie qui s'efforcerait à le mettre en mots aussi justes que possible. Je suggère comme exercice littéraire de compléter la poésie qui suit ("compléter" = garder le sens, pas forcément les mots, quelque part dans la poésie) :

Mon premier déménagement
Expulsé hors de la chair
Mon dernier déménagement
Entrer six pieds sous terre

[Je t'aide :
Ayant pris un peu d'âge j'ai gravi deux étages
Mais toujours s'entortillent les longs fils de ma vie
Au milieu des cahots des protocoles de mort.
Une chaleur à mes trousses, c'est un Diable et sa pompe,
Qu'un revêtement se hâte de me couvrir de maths,
Que viennent à ma rescousse des peluches en surnombre.
Plus du Ciel je m'approche et plus nu je me sens
Je ne sais ce qui cloche car jamais je ne mens
Mais je doute que là-haut aime encore ce Madore…
]

;)

PS On peut coller un effet dépoli sur les fenêtre quand on veut se promener à poil. (… ou quand les voisins se promènent à poil…)

Bob (2020-01-17T21:42:57Z)

Ces commentaires sur ton nouvel appartement m'ont évoqué cet extrait de la Recherche du temps perdu, lorsque le narrateur a été contraint de quitter son appartement pour vivre dans une chambre d’hôtel:

"J'étais brisé par la fatigue, j'avais la fièvre, je me serais bien couché, mais je n'avais rien de ce qu'il eût fallu pour cela. J'aurais voulu au moins m'étendre un instant sur le lit, mais à quoi bon puisque je n'aurais pu y faire trouver de repos à cet ensemble de sensations qui est pour chacun de nous son corps conscient, sinon son corps matériel, et puisque les objets inconnus qui l'encerclaient, en le forçant à mettre ses perceptions sur le pied permanent d'une défensive vigilante, auraient maintenu mes regards, mon ouïe, tous mes sens, dans une position aussi réduite et incommode (même si j'avais allongé mes jambes) que celle du cardinal La Balue dans la cage où il ne pouvait ni se tenir debout ni s'asseoir. C'est notre attention qui met des objets dans une chambre, et l'habitude qui les en retire et nous y fait de la place. De la place, il n'y en avait pas pour moi dans ma chambre de Balbec (mienne de nom seulement), elle était pleine de choses qui ne me connaissaient pas, me rendirent le coup d’œil méfiant que je leur jetai et sans tenir aucun compte de mon existence, témoignèrent que je dérangeais le train-train de la leur. La pendule – alors qu'à la maison je n'entendais la mienne que quelques secondes par semaine, seulement quand je sortais d'une profonde méditation – continua sans s'interrompre un instant à tenir dans une langue inconnue des propos qui devaient être désobligeants pour moi, car les grands rideaux violets l'écoutaient sans répondre mais dans une attitude analogue à celle des gens qui haussent les épaules pour montrer que la vue d'un tiers les irrite. Ils donnaient à cette chambre si haute un caractère quasi historique qui eût pu la rendre appropriée à l'assassinat du duc de Guise, et plus tard à une visite de touristes conduits par un guide de l'agence Cook, – mais nullement à mon sommeil. J'étais tourmenté par la présence de petites bibliothèques à vitrines, qui couraient le long des murs, mais surtout par une grande glace à pieds, arrêtée en travers de la pièce et avant le départ de laquelle je sentais qu'il n'y aurait pas pour moi de détente possible. Je levais à tout moment mes regards – que les objets de ma chambre de Paris ne gênaient pas plus que ne faisaient mes propres prunelles, car ils n'étaient plus que des annexes de mes organes, un agrandissement de moi-même – vers le plafond surélevé de ce belvédère situé au sommet de l'hôtel et que ma grand-mère avait choisi pour moi ; et, jusque dans cette région plus intime que celle où nous voyons et où nous entendons, dans cette région où nous éprouvons la qualité des odeurs, c'était presque à l'intérieur de mon moi que celle du vétiver venait pousser dans mes derniers retranchements son offensive, à laquelle j'opposais non sans fatigue la riposte inutile et incessante d'un reniflement alarmé. N'ayant plus d'univers, plus de chambre, plus de corps que menacé par les ennemis qui m'entouraient, qu'envahi jusque dans les os par la fièvre, j'étais seul, j'avais envie de mourir. "

mummy (2020-01-17T15:00:23Z)

Il est toujours difficile de trouver ses marques dans un nouveau lieu, il faut changer ses habitudes, en créer d'autres, s'habituer à un cadre de vie différent, et un déménagement est toujours une épreuve (certains ne vident même pas leurs cartons pendant des mois, ne sachant pas comment organiser l'espace avant d'y avoir un peu vécu !). Le fait d'avoir un living réservé à la détente et aux loisirs, un espace séparé pour le travail et un espace "Nuit", est vraiment un très gros avantage, tu vas le découvrir au fil du temps ! Cheer up !

Ska (2020-01-16T20:05:00Z)

"celles de souvenirs qui se perdent" ? Voyons. "celles de tous ces moments qui se perdront au fil du temps", enfin ! Le texte, David, le texte !

Just_me (2020-01-16T19:28:17Z)

Beau récit ! Bon courage pour la "suite et fin" du déménagement. En espérant qu'à terme tu t'y trouves mieux.


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