Comments on Quelques impressions de Twitter

Olivier (2018-11-28T16:31:59Z)

Pour ma part, je ne lis twitter que au travers des pages publiques, sans utiliser de compte. Il m'arrive de suivre des gens, auquel cas je passe par l'excellent twepper pour générer des flux rss: ça a l'avantage que je choisis moi-même ce que je vois et qui je vois. Et parfois des gens bien m'envoient à la main des liens choisis (merci à eux).

Je trouve assez insupportable la notion de timeline, avec les choses qui défilent plus ou moins en continu, le tout sans URL bien identifiée (elle existe, mais elle est cachée dans un sous-menu et surtout elle n'est pas stockée dans l'historique du navigateur. J'ai l'impression que ces gens font tout pour tuer le web. Et ça c'est au delà de ma limite d'utilisabilité: lire les pages publiques ça passe, mais hors de question d'utiliser un compte.

MartinShadok (2018-11-13T12:26:35Z)

J’aimerais réagir à cette phrase :
> Mais au moins Twitter, contrairement à Facebook, n'oblige pas à avoir un compte pour une utilisation minimale en lecture seule (et, là aussi, c'est une barre en-deçà de laquelle je n'accepterais pas de m'en servir).

C’est peut-être ma configuration qui veut cela, mais cela ne correspond pas à mon expérience (en tous cas sur mobile). Dès que je suis un lien vers Twitter posté depuis une autre plateforme, je me retrouve systématiquement devant une page de Twitter avec le message d’erreur suivant :
> Sorry, you are rate limited. Please wait a few moments then try again.

Je ne suis pourtant que très rarement un lien vers Twitter : si cette limite existe vraiment, elle est inférieure à une requête par semaine 😕

Bref, je trouve cela vraiment dommage de se tourner vers Twitter au moment où le Fédiverse (c’est-à-dire le réseau social distribué géré via le protocole ActivityPub, dont plusieurs implémentations open-sources—Mastodon, Pleroma, etc.—sont disponibles) monte vraiment.
Après, j’imagine que cette série de messages de blog à propos de Twitter est aussi une discussion (assez intéressante, d’ailleurs) sur le micro-blogging en général, plus que Twitter en particulier. Mais comme beaucoup de commentaires sont assez spécifiques à Twitter et que certains de ces problèmes sont résolus par certaines implémentations d’ActivityPub (pas tous, loin de là), je me demande pourquoi ☺

Enfin bref, merci d’avoir commencé à formaliser comment fonctionne cette plateforme : c’est toujours intéressant à lire ☺

Traducteur (2018-11-09T20:34:57Z)

@Ruxor : j'ai vu (ou cru comprendre) qu'elle était avocate spécialisée dans le handicap uniquement grâce aux éléments biographiques qu'elle a mis sur Twitter.

J'ai fait cependant un léger contre-sens en disant que le discours qu'elle critiquait était « ceux qui ne se bougent pas le cul sont responsables de leur propre sort », alors que cette phrase est déjà une traduction, celle de « Ne dites jamais que vous ne pouvez pas ».

Merci à sff9 de l'avoir signalé.

Je suis d'accord que chercher à comprendre un tweet peut être parfois compliqué (et que le jeu n'en vaut pas forcément la chandelle (« ah ! c'est à ça qu'il faisait allusion !! pfff… »)), mais je ne suis pas sûr que l'exemple du tweet d'Elisa Rojas était le meilleur.

Apokrif (2018-11-06T01:01:01Z)

"Aucun mécanisme n'est proposé, par exemple, pour catégoriser ce qu'on tweete."

Même solution que pour les blogs:
* prévoir des catégories de tweets (correspondant à des mots-dièses)
* afficher une liste (si possible exhaustive) de ces catégories (dans son profil sur Twitter ou un tweet épinglé, ou, si c'est trop long, sur une page web liée depuis Twitter)
* proposer aux gens de suivre uniquement les tweets correspondants, en leur mâchant le travail en fournissant:
** des liens (bookmarkables) vers les recherches twitter sur from:auteur+#MotDièse
** des flux RSS

Ou encore, avoir un compte Twitter différent pour chaque thématique ? (cela favorise la constitution de listes dans l'interface de Twitter)

Et pas un mot sur des réseaux similaires à Twitter (et open-source donc améliorables) comme Mastodon ?

Vincent (2018-11-05T09:26:34Z)

Ce qui m's le plus marqué avec twitter, c'est le côté addictif.

Avant de le désinstaller de mon téléphone, je consultais le site en permanence, du lever au coucher. Ca n'avait que peu d'intérêt, j'en étais conscient mais je n'arrivais pas à m'en passser…

Depuis j'ai arrêté et ça ne me manque pas :-)

sff9 (2018-11-04T19:23:17Z)

Elisa Rojas fait référence au tweet de Sophie Cluzel qui est en lien dans son tweet : <URL: https://twitter.com/s_cluzel/status/1058006570645250050 >. « Ceux qui ne se bougent pas le cul sont responsables de leur propre sort », c'est la traduction qu'elle propose.

NB: Les liens vers d'autres tweets (ou vers d'autres contenus), qu'ils soient au début ou à la fin d'un tweet, apparaissent en-dessous dans un cadre spécial (enfin, c'est comme ça sur le site web twitter.com). C'est parfois très gênant pour la compréhension en effet, mais je n'aurais pas cru que ça puisse troubler à ce point même un utilisateur de twitter !

Ruxor (2018-11-04T17:22:31Z)

@Traducteur:

> Elle est avocate spécialisée dans le handicap, non ?

Je n'en sais rien, mais c'est précisément le problème de Twitter : elle s'adresse sans doute à des gens qui savent qui elle est, mais la manière dont Twitter est (dés)organisé fait que ses tweets arrivent dans la timeline de gens qui n'ont aucune idée de qui elle est ni quel est son message général ni quoi que ce soit dans le genre (et notamment du sens global du hashtag). Ce n'est ni sa faute ni la mienne mais c'est celle de Twitter. Bon alors il est vrai que je peux regarder sa bio, mais là aussi, nouveau problème de Twitter, c'est que celle-ci est sur une place extrêmement limitée, ce qui fait que ça la rend aussi opaque pour quelqu'un comme moi qui n'a pas les clés préalables. (Alors évidemment, si je prends suffisamment de temps pour rechercher, me documenter, Googler, je finis par comprendre : mais je n'ai pas envie de prendre ce temps pour un message qui ne m'est manifestement pas destiné.)

Traducteur (2018-11-04T16:22:27Z)

D'après ce que je comprends, le mot-dièse #TraduisonsLes (que je découvre) sert à dénoncer les sous-entendus et les intentions cachées de ceux qui tiennent certains discours.

Le message d'Elisa Rojas paraît clairement dire, donc, que les gens qui tiennent le discours « ceux qui ne se bougent pas le cul sont responsables de leur propre sort » veulent en fait « tout ramener à un problème de volonté individuelle pour se déresponsabiliser, dépolitiser la question et vous culpabiliser dans la foulée. »

Elle est avocate spécialisée dans le handicap, non ?

@GLaG_38 (2018-11-03T09:42:54Z)

"Je veux bien que les gens qui sont sur Twitter pour échanger politique m'expliquent un peu mieux les raisons de leur démarche : ce qu'ils espèrent faire exactement, avec qui ils cherchent à discuter, etc." : allons-y ;-)

Déjà je précise que je m'intéresse beaucoup à la politique locale à Grenoble, et que Grenoble me semble être la seule ville où on retrouve sur Twitter la majorité des élus locaux et des candidats déclarés aux prochaines municipales. Et que parmi eux, un nombre significatif tweetent eux-mêmes et vont au delà des simples messages "j'ai fait <cela> aujourd'hui" mais interagissent (soit pour apporter des précisions techniques, soit pour débattre). Ce qui fait de Twitter une mine d'info. Ce n'est pas forcément généralisable.
C'est une Bulle (élus, militants et citoyens pas forcément militants mais très informés) au sens où cela n'est pas représentatif de l'ensemble de la population, ni lu par elle. Mais ce n'est pas vraiment une bulle partisane de gens d'accord entre eux. Des "simples habitants" peuvent interpeler des élus et avoir des réponses précises (pas de tous, pas toujours : mais bien plus et plus facilement que par tout autre canal).

Par ailleurs Twitter est le seul média à mettre ainsi sur un pied d'égalité tous les débatteurs : sur les blogs, sur Facebook on est part défaut chez quelqu'un (qui peut effacer les messages qui ne plaisent pas, bannir, etc…)

Pour donner deux exemples récents de ma pratique, et que tu as pu voir passer dans ton fil, je citerais :

- l'opposition à la chasse. Twitter est une caisse de résonnance pour faire connaître une action (recours au TA contre l'arrête chasse du Préfet de l'Isère) mais aussi plus globalement faire connaitre une position "politique".
Accessoirement, faire et lire de l'humour plutôt noir suite à chaque accident, et retweeter ce genre de chose…

- un fil comme celui-ci, qui concerne un ensemble de thème autour de la place du piéton et du vélo en ville et des aménagements associés. Je prends un de mes messages au hasard, pas trop loin du début d'une discussion qui part un peu dans tous les sens.
https://twitter.com/GLaG_38/status/1057907615227920384

On y croise des militants de partis variés (plutôt écolo, ou à l'inverse l'un des candidats de la tête de la future liste de centre-droit), de l'association ADTC (asso locale qui promeut vélo et TC), des élus, c'est lu et ponctuellement "liké" par l'élu en charge du sujet à la Métropole…
Je trouve que se mélangent plusieurs aspects, tous intéressants et propres à Twitter :

- le débat "courtois" entre personnes d'opinions diverses,

- l'aspect écrit et non-synchrone (même si la plupart des intervenants se connaissent ou se sont déjà croisés, on n'aurait probablement pas pu réunir les mêmes intervenants "en vrai"),

- la possibilité entre les réponses d'aller chercher de l'info et mettre des liens pour alimenter le débat (peu possible dans un débat en direct),

- le côté "bavardage sympa" aussi.

Dans les deux cas, il faut quand même garder à l'esprit que quasiment personne ne change d'avis suite à une discussion Twitter politique, sauf sur des aspects très factuels et techniques. Mais néanmoins cela peut aider à des évolutions à moyen terme quand des thèmes et arguments reviennent au fil du temps. Et sur cet aspect, qu'on soit en 280 caractères ou en 5 pages écran, ce n'est pas significativement différent de forum…

jonas (2018-11-03T02:04:48Z)

I agree with your motivation to find a separate interface for short messages, and the decision to post on Twitter and copy your posts to <URL: http://www.madore.org/~david/tweets.html > where I can view them conveniently. But in addition to that, you should consider collecting your new Twitter posts every month (or every other month) and post them in a single blog entry on this blog.

----

> Il y a les gens qui sont en mode « disque rayé » : on a l'impression que tout ce qu'ils écrivent est toujours essentiellement le même message, ressassé inlassablement dans d'innombrables variations […] Je ne donnerai pas d'exemple

I will give an example though.

Raymond Smullyan's book “Some interesting memories: a paradoxical life” has a section of seven prefaces, each written by a different friend of Smullyan about him, each a few pages long, but written apparently before reading this book of Smullyan. Douglas Hofstadter, in his preface, says that Raymond is saying the same message all the time, but that one message is so deep and Raymond understands it so well that he can always show it from a new and new side, so you still enjoy all those repetitions.

> Ray egyetlen dolgot szeret, de az a dolog olyan mély és szerteágazó, hogy ezer és ezer módon mutatja be, újabb és újabb perspektívákat és álláspontokat tár föl előttünk. Mindannyiunkat gazdagabbá tett azzal, ahogy eltökélten örökké kitart a létezése mélyén rejlő egyetlen ragyogó és rejtett téma állhatatos kibontása mellett. [Hungarian translation of the book (2004) by Csaba Ferenc]

----

> Il me semble que si on veut parler politique, comme les enjeux sont complexes et tout dans la nuance, il est important d'écrire des textes longs et structurés

Yes, but this is an unfair complaint, because someone else could say the same about mathematics rather than politics, yet you do post on Twitter about mathematics.

Typhon (2018-11-02T23:34:43Z)

Personnellement je pense que ce qui m'énerve le plus sur twitter, c'est que les gens oublient très souvent que c'est une conversation structurellement asymétrique ; qui oublient que les gens à qui ils s'adressent par défaut, leurs abonnés, ne sont pas les gens qu'ils lisent, et que ces deux ensembles n'ont pas forcément une grosse intersection.

Typhon (2018-11-02T23:13:45Z)

L'explication à un certain nombre de ces interrogations tient à l'histoire de Twitter et de ses tentatives désespérées de se revamper pour devenir profitable (Twitter a publié son premier profit en février dernier, soit près de 12 ans après sa création ).

Je pense qu'on peut résumer l'histoire de Twitter en disant que ses créateurs eux-mêmes le comprennent assez mal parce que les utilisateurs l'utilisent de façons qu'ils n'avaient pas prévues, et essaient de courir pour se maintenir en place comme la reine rouge.

C'est ainsi que la multiplicité des manières de retweeter s'explique assez bien par le fait que cette fonctionnalité n'existait pas à l'origine. Les fameux "RT manuels" (écrire "RT" suivi du lien vers un autre tweet) étaient à l'origine la seule manière de partager un tweet fait par quelqu'un d'autre. La pratique a perduré même après que twitter a introduit la fonctionnalité de retweet qui existe aujourd'hui, notamment parce que certains programmes clients de twitter prédataient cette fonction et continuaient de le faire à l'ancienne.

Le bordel horrible que constituent les fils s'expliquent de façon assez similaire par des usages préexistants que twitter a tenté d'accomoder.

Le seul truc qui est vraiment sorti de nulle part et ne semble apprécié par personne (du moins dans ma bulle personnelle) c'est le fait que les tweets likés soient montrés à d'autres utilisateurs.
Mais il paraît que c'est une fonctionnalité qu'on peut à présent désactiver, tout comme on peut désactiver l'option "montrer les meilleurs tweets en premier" et avoir une TL à peu près chronologique.

Donc voilà : twitter c'est le bordel, les semblants d'organisation ont été imposés a posteriori et cachent difficilement la misère.

Est-ce que j'irai jusqu'à dire que c'est ça qui rend Twitter intéressant à mes yeux ?
Je ne sais pas, mais ça rejoint sans doute les réflexions de J. Scott dans Seeing Like A State (review par Scott Alexander ici <URL: http://slatestarcodex.com/2017/03/16/book-review-seeing-like-a-state/ > ), et de Jane Jacobs qu'il cite, concernant la vertu de la sérendipité.


You can post a comment using the following fields:
Name or nick (mandatory):
Web site URL (optional):
Email address (optional, will not appear):
Identifier phrase (optional, see below):
Attempt to remember the values above?
The comment itself (mandatory):

Optional message for moderator (hidden to others):

Spam protection: please enter below the following signs in reverse order: ae33f8


Recent comments