Comments on L'esprit d'équipe et les opinions politiques

Essaime (2016-07-11T10:27:07Z)

La première phrase de JML m'a fait penser à ça : https://www.youtube.com/watch?v=3-son3EJTrU

JML (2016-07-07T20:11:12Z)

Il n'est pas difficile d'observer que la plupart des discours tenus par les humains n'ont pas pour motivation leur contenu apparent : il ne s'agit que d'un prétexte pour servir des buts inconscients, typiquement lutter contre des angoisses. Par exemple des gens parlent de foot en apparence, ont des opinions divergentes en apparence, alors qu'en réalité ils sont d'accord pour se rassurer les uns les autres qu'ils valent quelque chose, la preuve, ils ont des compétences reconnues par leurs pairs en analyse footballistique. Ainsi de nombreux enjeux sont projetés sur un objet culturel conventionnel et lui donnent son importance.
Pour les pigeons, c'est simple, ils roucoulent. Mais les humains ne s'autorisent pas à roucouler ensemble, ils sont contraints de maquiller les roucoulements en discours apparents. Une pathologie est ainsi introduite dans le discours qui peut par exemple devenir factuellement faux quand la motivation réelle est mise en danger par les faits. La pathologie est que l'outil verbal est asservi à une motivation inconsciente.
Tu parles d'une réévaluation de tes croyances. (Une croyance, exprimable verbalement, ne sort pas du phénomène « discours » dont je parle.) Mais comment faire alors que les fondations même de l'outil mental, que je voudrais bien utiliser pour secouer mes croyances, sont minées par des besoins inconscients impérieux, des besoins dont je sais avec le recul de l'expérience qu'au fond je me refuse absolument à les attraper pour les aborder en face parce que j'ai bien trop peur que quelque chose de terrible ne se produise ?
Une démarche fondée sur la seule utilisation directe de l'outil mental est vouée à l'échec. Il est nécessaire que l'outil soit d'abord ôté des forces qui en dévient la trajectoire. C'est-à-dire qu'une hygiène mentale est nécessaire.
Je ne connais qu'une forme d'hygiène mentale, qui consiste à mettre le mental au repos (ça demande de l'entraînement). Les émotions liées aux besoins inconscients sont alors démasquées, les prises de conscience plus faciles. Une fois le lavage fait il est plus facile de savoir si l'on s'intéresse vraiment à une certaine question, ou s'il ne s'agissait que d'une manœuvre dilatoire. Mon opinion et mes croyances n'ont plus guère d'importance, les idéologies ne peuvent plus m'asservir, il y a simplement les domaines dont j'ai l'expérience et le reste où je suis ignorant.
Dans son livre The Power of Now, Eckhart Tolle décrit une utilisation de son outil verbal incroyablement habile : quand il a besoin de réfléchir à quelque chose, il y réfléchit un tout petit peu, puis remet son mental au repos ; puis quelques instants après réfléchit encore un petit peu etc. Je me dis qu'aucune angoisse n'est susceptible de monter discrètement en puissance pour dévoyer son raisonnement. Je me demande à quoi pourrait ressembler une société moderne constituée d'humains capables de ça. Je me demande aussi si arrêter le circuit verbal revient à couper le CPU pour pouvoir écouter un peu les résultats des calculs parallèles sur GPU, auquel cas ça serait utile dans tous les domaines, même pour résoudre un problème de maths.
Quoi qu'il en soit, l'humain moderne est très peu porté sur l'hygiène mentale et nous passerons notre vie parmi des malades mentaux. J'entends des bruits dans la rue, je vais voir la deuxième mi-temps :)

Ruxor (2016-07-07T12:14:29Z)

@zEgg: Toujours, en effet. Je suis au moins content de savoir que je ne suis pas le seul touché. :-) (Le problème ne se produit que dans un terminal texte, c'est probablement pour ça qu'il n'a pas été détecté par plus de gens.)

zEgg (2016-07-07T11:27:30Z)

Toujours le problème de point d'interrogation dans les liens à cause d'emacs (C-c C-c h) ? Tu avais dit que c'était lié à Debian mais j'ai le même problème sous Fedora 24 (emacs-25.0.94-1.fc24).

frankie (2016-07-04T23:29:45Z)

Dire qu'on ne gagne rien n'est pas exact. On gagne de la confiance en soi ou dans le groupe auquel on appartient en renforçant son sentiment d'identification par un stimulus positif.
Dès lors, on peut se demander si le sentiment d'identification est toujours bien fondé.
Au niveau des nations, il y a une certaine stabilité dans la définition de leurs représentants, sauf en rugby où un joueur étranger qui évolue dans le championnat français peut représenter les couleurs de la France ou pour des pays qui naturalisent à tour de bras, mais au niveau des clubs, on parle de joueurs mercenaires tellement ils changent de maillots et d'équipes au gré de transferts plus ou moins (cas rares) mercantiles.
Quand la majorité des joueurs censés représenter la France en coupe Davis payent leurs impôts en Suisse, je n'hésite pas à penser qu'ils n'ont rien à faire dans cette équipe. Un pays, ce n'est pas qu'un lieu de naissance ou de résidence, c'est aussi un en droit dont on accepte certaines règles (les lois) et où l'on verse des impôts qui sont l'expression de cette acceptation. Qu'on y soit forcé ou non ne change rien à l'affaire.
Dire que le football est le domaine privilégié de la triche et du mensonge, c'est un peu oublier qu'ils sont inhérents à toute activité humaine -l'athlétisme qui vise le dépassement de soi devrait en être exempt, ce qui n'est pas le cas, et depuis fort longtemps…-. la question sur le terrain est plutôt de savoir quelles sont les marges de tolérance de la part des arbitres et s'ils ont les moyens de bien analyser les situations qui peuvent conduire à des fautes afin d'en tirer les conséquences les plus appropriées -accessoirement, si les règles ne sont pas conçues de façon à les faciliter, mais qui dirait que les Anglais qui en ont inventé un grand nombre sont pervers, à défaut qu'ils seraient les seuls à pouvoir jouer avec leurs propres règles sans les controuver ?…-. Quant à savoir où commence une faute, il suffit d'observer un match de basket pour comprendre que c'est un exercice hautement subtile, dans un sport où prétendument le contact est prohibé !
Bon, le foot, c'est un jeu dont toutes les règles sont assimilables par un enfant de 6 ans, et une est incompréhensible ou inapplicable par le commun (et même le gratin) des mortels.
Conclusion (si l'on peut dire) : notre jeunesse vibre avec une équipe de France que l'organisateur de la compétition a su habilement protégé, et après tout, ce n'est pas si mal.

Frank Wolff (2016-07-03T12:49:16Z)

Football : n.m. [pl. : non usité] sport dont on parle même si on ne s'y intéresse pas. Activité grégaire dont la pratique autorise la tricherie et le mensonge. Sujet courant de mauvaise philosophie. Syn. : politique, religion.

A tous, bon match ce soir, et allez les Bleus !

Régis (2016-07-03T08:50:46Z)

La satisfaction du besoin d'appartenance ( cf la pyramide de Maslow) est une condition indispensable à l'équilibre affectif. L'homme est un animal social. L'appartenance à un groupe c'est la promesse d'être aimé. D'où l'adhésion parfois caricaturale aux valeurs ou aux idées portées par la tribu.

Dyonisos (2016-07-03T00:36:10Z)

C'est d'autant plus injustifiable de supporter un club que la plupart des joueurs, par la logique inhérente du foot, veulent être dans la poignée de clubs qui a des chances de briller au plus haut niveau et les clubs en dessous sont un moyen essentiellement de se faire remarquer par les prestigieux et d'essayer de faire monter sa cote. Et pourtant les fans des "grands" clubs pour la plupart ne disent pas 'je le supporte parce que c'est le club qui a le plus d'argent et a le plus de chances de gagner", ce qui serait la seule raison à peu près intelligible. J'en déduis qu'en réalité ils ne supportent rien du tout, ils veulent juste vivre une expérience collective et se sentir "vainqueur" dans des rencontres alors que la raison, à l'ordinaire (des trucs du genre Leicester ou Islande Pays de Galles sont très rares et de toute façon pour les deux derniers ça recoupe le cas plus difficile à apprécier du sentiment national) n'en est pas très glorieuse. Bref, c'est un moyen de se réunir et de créer du liant avec d'autres personnes, de nourrir des conversations, de se déplacer, d'adapter un genre vestimentaire avec l'écharpe le maillot, voire de vouloir répandre autour de sa personne un peu de l'aura qu'on attribue aux stars qu'on se choisit etc.. Et au fond, je crois que personne n'est dupe, pas même eux de l'absurdité foncière de l'opinion subjective affichée qui n'est qu'un prétexte.

Dyonisos (2016-07-03T00:21:18Z)

Moi non plus je n'ai jamais ressenti cette évidence de l'inclination spontanée pour une équipe censée me représenter (que ce soit le tennis à la coupe davis, le foot en 98) et j'ai toujours trouvé cela assez terrifiant cet unanimisme requis et presque exigé. Je me souviens encore de ma voisine de sixième quand je n'étais pas spécialement emballé par la victoire française à la coupe davis et qui tendait à prendre cette réaction comme plus ou moins martienne et assurément pas normale.
Mais justement, c'est à force de baigner dans des familles, des contextes sociaux où ce genre de réflexes "va de soi" que les gens embrayent à mon avis. Le summum de l'absurde c'est quand on supporte tout et son contraire, cad même plus une équipe nationale mais une équipe de club, par exemple de football.Non seulement on n'est pas personnellement impliqué mais c'est bien pire : si le supporter est fidèle à son caprice, on peut faire l'expérience de pensée suivante : l'année x mettons au real il supporte onze titulaires habituels et l'année x plus 2 un autre gros club attire mettons 7 de ses joueurs initiaux alors qu'il n'en reste aucun au real, et pourtant il doit bien continuer à supporter ce club, puisqu'il se définit comme tel. Bref, ce qui est très curieux ici c'est l'absence de tout arrimage à une implication personnelle et même à celle d'une identité collective dont on ferait partie. Certes on peut dire qu'on fait précisément partie de ce groupe de supporters mais ce qu'on soutient ainsi est tellement dépourvu de toute continuité substantielle, si gratuit et arbitraire qu'il faut toutes les prouesses de l'absence totale de réflexivité à mon avis pour choisir ce genre d'identité imaginaire qu'est celle d'un "supporteur de club."

nihiliste (2016-07-02T21:12:54Z)

L'homme est de nature tribale, je ne suis pas convaincu que ce soit dépassable.


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