Comments on Analysons le mécanisme de vote du Conseil de l'UE

avs (2015-10-08T23:55:33Z)

Mon avis c'est que Publier les maths mieux rédigées, pas sur que ça baule le coup. Scanner les équations manuscrites et les joindre ici, oui.
Mais surtout publier ça dans une reçue d'économie politique, complètement.

Ruxor (2015-10-06T10:24:26Z)

@vicnent: Le problème si on veut analyser, par exemple, quels pays auraient tendance à être d'accord avec lesquels, c'est que les votes sont en fait le plus souvent totalement opaques : sur le papier (i.e., sur les rapports officiels), ils passent très souvent à l'unanimité. Ça ne veut pas dire que les pays soient toujours tous d'accord avec ces votes, mais à partir du moment où la présidence du Conseil annonce qu'elle dispose d'une majorité suffisante pour faire passer la mesure, les pays opposés préfèrent marchander quelques concessions (« je vote la mesure, mais en échange on envoie au Parlement tel amendement qui la tempère ») ou des faveurs réciproques, plutôt que de d'apparaître sur le papier comme faisant partie d'une opposition qui a échoué à constituer une minorité de blocage. Inversement, si l'opposition constitue une minorité de blocage, le vote n'a tout simplement pas lieu, parce que la présidence du Conseil le sait et laisse juste la proposition hors de l'ordre du jour. Du coup, on ne sait pas vraiment qui vote quoi, on sait juste le résultat des tractations, et c'est très difficile de remonter de là aux préférences réelles des pays.

Fondamentalement, le Conseil ne se comporte pas tant comme une assemblée parlementaire que comme un groupe de diplomates, qui aiment faire leurs petites négociations derrière des portes closes et à l'abri de l'œil du public. (Je ne dis pas que c'est forcément un mal : la diplomatie a aussi du bon, même si la transparence n'est pas trop son fort. Si on voulait changer les choses, il faudrait sans doute que les journalistes de chaque pays essaient de tenir les autorités responsables de leurs votes à Bruxelles, suivent l'agenda du Conseil et demandent pourquoi on a voté pour telle ou telle proposition contre laquelle on se disait opposé, ou contre laquelle on se dira opposé quand on fera semblant de la découvrir quelques mois ou années plus tard.)

Mais je pense que l'étude des propriétés mathématiques du mécanisme de vote a quand même un sens dans ces conditions, parce que c'est elle qui sous-tend la dynamique des négociations : même si les votes réels n'apparaissent pas sur le papier, je pense qu'ils sont en permanence dans la tête de ceux qui négocient, et qui doivent compter combien il y a pour ou contre telle ou telle mesure, et donc quelle marge de manœuvre ils ont.

vicnent (2015-10-06T09:46:46Z)

Très intéressant (merci). Effectivement, c'est une analyse mathématique, pas politique.

Je pense néanmoins, qu'il y a possibilité de mettre un chouilla de politique pour pas cher (les conseilleurs n'étant pas les payeurs évidemment).

idée pour aller plus loin :
- a) prendre l'historique des décisions et regarder quelles sont les liens naturels qui existent (j'imagine que souvent, les pays baltes se serrent les coudent, que l'Allemagne et la France votent de concert, …)
- b) et comment ces groupes liés mènent la danse (on peut reprendre non plus le test de l'influence de la France, mais celui du couple Franco Allemand, des pays Baltes, …)

Une question que je me pose (mais tu sembles y répondre à travers la racine carrée polonaise), c'est à quel point les "votants" sont au courant des propriétés mathématiques des mécanismes de votes qu'ils emploient et comment ils s'en servent effectivement (ie mettre l'effort sur les minorités de blocages 'au plus juste') et comment cela influence-t-il les flux (diplomatiques, commerciaux, …) entre ces pays par la suite. Passionnant en tout cas.

Ruxor (2015-10-05T16:57:46Z)

@Régis: Oui et non : je fais une analyse double : quand je trace des courbes, je suppose que tous les états votent oui avec probabilité p, et dans ce cas ils le font indépendamment ; mais quand ensuite je calcule une aire sous la courbe, i.e., une intégrale sur p, ça revient à supposer que les états votent selon une distribution « de Bose-popularité » où leur vote n'est plus indépendant. Ce qui est sûr, c'est que je ne tiens pas compte de corrélations *spécifiques* entre pays (par exemple, que tel ou tel pays aurait plus ou moins tendance à voter avec tel ou tel autre, ou tel groupe de pays ensemble), parce que je m'en tiens à une analyse générale du système, pas de la politique.

Régis (2015-10-05T16:07:35Z)

Tu supposes que les positions des différents Etats-membres sont des variables indépendantes?

Ilia (2015-10-02T21:22:11Z)

Pour retrouver la notion de "Bose-popularité" dans la littérature, comme d'ailleurs pour d'autres questions difficilement googlables : as-tu songé à poser la question sur la section appropriée de StackExchange ?
(Bon, je dois admettre que la question de déterminer quelle section est la plus appropriée ne me paraît pas facile dans ce cas.)


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