Comments on Le dernier biopic d'Alan Turing

Vicnent (2015-04-12T11:23:51Z)

Enfin vu !

Assez d'accord avec toi dans l'ensemble.

Pour ma part, le détail qui m'a semblé être le plus désagréable est ce fameux coup de génie dans le bar, qui est tout simplement le copié collé du coup de génie de John Nash dans a beautiful mind, avec de surcroit, le même type de relation entre une brune et une blonde. C'est vraiment navrant.

L'extrait est ici : <URL: https://www.youtube.com/watch?v=2d_dtTZQyUM >

frankie (2015-02-16T22:29:09Z)

Pour ceux qui aiment la précision historique doublée de quelques théorèmes mathématiques (le mélange des genres est plutôt atypique !), lire absolument :
The brains behind the Enigma Code breaking before the Secind World War de Elisabeth Rakus-Andersson, un article contenu dans le recueil : "Mathematics and War", édité par Bernhelm Booss-Bavnbek et Jens Hoyrup, à Birkhäuser.
Et évidemment cet autre article du même recueil consacré tout particulièrement à A. Turing : "The military use of Alan Turing", par Andrew Hodges.

Apokrif (2015-02-15T21:55:10Z)

@Ruxor: quand vous parlez de « traits de caractère », quid des troubles de la *personnalité*, qui sont officiellement considérés comme des troubles mentaux ?

Quid, chez les autistes ou les Asperger, de l'« adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques et non fonctionnels », qui serait probablement considérée en soi comme un *trouble* (par exemple TOC) à part entière, même en faisant abstraction des autres composantes du syndrome ?

Quid des problèmes sensoriels, qui n'ont pas grand-chose à voir avec le caractère ? (mais ils ne font pas partie des critères officiels de diagnostic..)

Au passage, dans la série « autisticisation de la société »:
http://www.reddit.com/r/worldnews/comments/2uscd3/pentagon_2008_study_claims_putin_has_aspergers/
http://ww2.lakartidningen.se/store/articlepdf/1/11854/LKT0917s1201_1204.pdf

Et j'apprends l'existence de cette page :-)
http://en.wikipedia.org/wiki/Retrospective_diagnoses_of_autism

Régis (2015-02-13T16:05:10Z)

Quelques précisions sur le syndrome d'Asperger:
- c'est un syndrome bien défini avec des critères diagnostiques précis;
- c'est une pathologie rare.
En résumé il ne suffit pas d'être un matheux peu sociable pour être considéré comme atteint. De même pour l'autisme de haut niveau, qui est une pathologie distincte.
La cause reste inconnue et les TCC marchent bien.

f3et (2015-02-13T09:07:54Z)

Concernant la Bataille d'Angleterre, Wikipédia (française ou anglaise) ne semble pas disposer des mêmes chiffres… {{Refnec}} ?

frankie (2015-02-12T20:16:57Z)

C'est le terme de maladie qui prête à controverse. Qui dit maladie dit catégorie à part, handicap, exclusion, différence pathologique, etc.
Si on veut éviter de parler de maladie, on parle de difficultés, de troubles, etc…
On parle donc des mêmes choses en les cachant derrière d'autres mots connotés différemment et supposés indolores.
C'est une tendance généralisée, qui définit en gros le "politiquement correct".
Au fond, qu'est-ce qu'on a résolu ???
Reprenons du début.
Personne ne se réduit à son handicap, sa maladie, etc…
Par contre, le regard et l'aide que la société peut apporter sur certains facteurs qualifiés de "maladifs" peuvent se révéler bénéfiques quand appliqués à bon escient.
Le syndrome d'Asperger existe et se décline selon chaque individu de façon différente. L'identifier jeune permet d'aider un individu à se développer dans des conditions moins conflictuelles et à terme meilleures dans sa construction présente et future. Par contre, son déni peut s'avérer catastrophique.
La sociabilité peut (et doit) aussi se construire chez des individus à tendance autistiques. J'ai pu le constater de visu. Ca marche. A condition donc d'avoir le regard et les structures d'aide qui conviennent.
Je m'accorde avec Ruxor -disons je m'accorde cette licence…- pour penser qu'un individu s'étant construit "cahin-caha", avec ses facteurs génétiques, son histoire et à travers un environnement où il a baigné, n'a plus guère besoin d'être qualifié d'autiste. Il est comme il est, autrement dit il a son propre comportement, sa propre personnalité, il développe ses propres traits de caractère, etc.
Mais, j'en reviens à mes moutons. On prête à tort à Turing un trait de comportement qui me semblerait mieux appliqué à K. Gödel.
Ceci dit, inutile de ressortir la même polémique sur Gödel… Les meilleures blagues n'ont pas besoin de sortir deux fois…
Autre point : un rapide coup d'oeil sur le dernier ouvrage de Copeland montre qu'il ne tient guère compte du travail antérieur des services français, et plus encore des spécialistes polonais (une des meilleures écoles de mathématiques dans l'entre deux-guerres, faut-il le rappeler !). C'est une tendance lourde chez les Anglo-Saxons d'oublier l'apport des autres… Un exemple sur la même époque pour se rafraîchir la mémoire…
On oublie souvent (en fait systématiquement) de signaler que la Bataille d'Angleterre, qui se serait jouée à peu de choses près, a bénéficié d'une contribution assez décisive de la … France pourtant battue à plate couture sur le champ de bataille terrestre. L'aviation française s'est montrée très efficace et le nombre d'appareils allemands qu'elle a mis hors d'état de combat s'élève à environ 1000.
Copeland prétend (ou le fait par le biais de citations…) que le déchiffrement d'Enigma aurait écourté la guerre de deux ans. Ignore-il que le sort de la guerre s'est plus joué à l'Est qu'à l'Ouest ?
Je trouve la partie de l'ouvrage de Singh sur Enigma à la fois pédagogique et plus équilibrée que celle de Copeland.
Mais je ne prétends pas faire une critique générale de l'ouvrage de Copeland…

Ruxor (2015-02-12T11:39:55Z)

@Ggauvain: Ce qui est inventé, pour moi, ce ne sont pas les symptômes, c'est leur lecture comme une maladie. Si tu veux une comparaison, le gigantisme ou le nanisme sont certainement des maladies, mais si on en va à décider que toute personne dont la taille n'est pas comprise entre 170cm et 180cm (pour un homme, disons) est atteinte du syndrome de Paslabonnetailler, on est en train d'inventer une maladie. Or la mode est à inventer des maladies mentales à la pelle, pas vraiment en les inventant de toutes pièces, mais en qualifiant de maladie (ou au moins, de phénomène à traiter) tout ce qui dévie un tout petit peu de la norme : comportements bipolaires, par exemple. Le syndrome d'Asperger rentre clairement dans cette catégorie : si on est autiste au point que les relations sociales sont essentiellement impossibles, c'est sans doute une maladie — sinon, c'est un trait de caractère, et c'est tout.

Ggauvain (2015-02-11T21:40:26Z)

Ruxor :

-OK sur le fait que Turing n'était pas conforme à ce portrait ;

-Pourquoi dis-tu que le Syndrome d'Asperger est une maladie inventée ? et pourquoi ne pourrait-on pas poser de diagnostic d'Asperger pour des gens qui ont vécu avant 44 ? j'imagine que ces deux affirmations de ta part sont liées. Mais il me semble qu'il y a un consensus, aujourd'hui, pour dire que le syndrome d'Asperger correspond à des caractéristiques neurologiques et cérébrales précises, et qu'à cet égard il n'est pas plus "inventé" que l'épilepsie ou la migraine (qui sont aussi des troubles neurologiques). Y a quand même une base matérielle et objective derrière.

Fred le marin (2015-02-11T11:42:28Z)

D'autant plus que les états mentaux *évoluent* dans le temps (comme beaucoup de choses dans l'Univers; y compris lui-même).
Mais il y a très peu d'espoir de changement révolutionnaire dans le cas de l'autisme.
Bien que : <URL: http://www.slate.fr/story/90651/guerir-autisme >
Le syndrome dit de "repli autistique" par exemple (et pour une autre affection) échappe à toute volonté consciente de la part du sujet atteint.
Quelque soit la vérité (et Ruxor a certainement raison), je préfère avant tout retenir d' A.Turing qu'il nous a soulagé d'un très grand fardeau !

Les choses évoluent (comme je le disais) et il est peu probable (avec la technique actuelle) qu'une telle prouesse de déchiffrage de messages cachés soit renouvelable à l'avenir…
Cependant, la technique nécessite malgré tout d'être suffisamment intelligent pour la maîtriser, ce qui termine sur une note plutôt optimiste.
L'Ennemi restera sempiternellement un cran plus "bête" que l'Allié, de par sa nature intrinsèque.

Ruxor (2015-02-10T22:45:21Z)

@Ggauvain: Pour commencer, parler de syndrome d'Asperger, ou même dans une certaine mesure d'autisme, avant 1944, aurait été un anachronisme. Mais indépendamment des mots qu'on utilise (j'ai tendance à penser que le syndrome d'Asperger est en bonne partie une maladie inventée : sous prétexte que des caractéristiques mentales extrêmes, l'autisme, sont clairement problématiques, on en arrive à classer comme problématique tout ce qui va vaguement dans cette direction et on fait de l'hypocondrie collective/sociale), indépendamment des termes qu'on utilise, donc, Turing n'était pas du tout conforme à ce portrait, notamment parce qu'il est attesté qu'il avait un bon sens de l'humour et un bon rapport aux autres.

Ggauvain (2015-02-10T22:10:19Z)

"

Il y en a cependant un qui m'énerve assez, c'est d'avoir fait passer Turing pour un quasi autiste, ou en tout cas un asocial au dernier degré, incapable de comprendre quoi que ce soit aux relations humaines les plus simples, bref, la caricature du génie torturé. (Et ils en ajoutent une couche en le montrant comme imaginant presque avoir une relation avec sa machine, à laquelle il aurait donné le nom de son amour d'enfance : là c'est vraiment grotesque.) Le vrai Turing était un personnage plutôt avenant et drôle, quoique un peu naïf, timide et excentrique. Et autant les autres altérations de la réalité me paraissent justifiables pour le format cinématographique, autant cette modification assez profonde du caractère central ne semble avoir comme seule fin que de renforcer le cliché du matheux fou, incompréhensible donc incompris — et ce cliché est franchement lassant."

C'est plus qu'un "quasi" autiste : Turing, dans le film, a pas mal de symptômes qui évoquent directement le syndrome d'Asperger - ça va du TOC (séparer les petits pois des carottes) à la difficulté à comprendre l'implicite et le second degré. S'il y a bien une caractéristique typiques des autistes Asperger, c'est celle-là. Il ne sait pas plaisanter, il ne capte pas les blagues, il ne comprend pas que l'assertion "on va manger" implique une invitation…D'ailleurs Turing formule explicitement ce problème à Christopher dans l'une des scènes.

Je ne sais pas si c'est un fait biographique avéré - en fait, je ne pense pas que les scénaristes aient eu le moindre moyen de le savoir. C'est dans tous les cas un choix scénaristique. C'est un choix d'autant plus curieux que les mots "autisme" ou "asperger" ne sont jamais prononcés. On a un personnage dont il est évident, pour un oeil averti, qu'il est aspie, mais le film se contente de suggérer, pour les gens non avertis, que Turing est étrange, spécial, pas normal… En fait, le film traite l'autisme de Turing exactement comme on pouvait parler d'homosexualité au cinéma il y a quelques décennies : sur le mode du caché/montré, de l'allusion, en insistant sur l'aspect déviant et mystérieux, et avec un regard, au mieux, compassionnel.

Je ne sais pas ce qu'il faut en conclure, mais ça m'interpelle.

Vicnent (2015-02-10T15:41:38Z)

je n'ai pas encore vu (contrairement à the Theory of Everything / stephen Hawking qui est magnifique et très émouvant), mais en recherchant des infos sur le suicide (pourquoi du cyanure et dans une pomme, et via l'histoire de la mère… hum), je me suis rendu compte que sans être un mythe, on n'est en fait pas du tout sûr qu'il se soit suicidé.

<URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Alan_Turing#D.C3.A9c.C3.A8s>

Ruxor (2015-02-10T11:28:53Z)

@Subbak: Ben si, ça peut être les mêmes lettres si les allemands font l'erreur de réutiliser la même configuration du code. (Et c'est juste des lettres au hasard, et l'opératrice a pu trouver amusant de leur donner une signification.) Moi c'est comme ça que je comprenais les choses, mais de nouveau, je suis bien d'accord que c'est très confus.

Subbak (2015-02-09T23:22:24Z)

@Ruxor: Mais dans ce cas ça n'a aucun sens non plus, puisque le "CIL" ne serait pas les mêmes lettres à chaque fois, et surtout ça ne serait pas "CIL".

frankie (2015-02-09T22:27:12Z)

La littérature suit ou accompagne la production cinématographique :
http://www.irishtimes.com/culture/books/turing-pioneer-of-the-information-age-by-jack-copeland-1.2068875
http://ukcatalogue.oup.com/product/9780198250807.do
Si l'on fait passer A. Turing pour un autiste, je crains le pire pour Gödel…
Concernant l'effort de guerre des scientifiques, j'ignore si le sujet a été traité en profondeur -je suppose que oui…-, mais je ne peux m'empêcher de penser à Yves Rocard qui évoque dans ses mémoires ses travaux sur les radars. De fait, beaucoup d'avancées en temps de guerre ont été soit anonymes, soit collectives.

Ruxor (2015-02-09T14:17:03Z)

@Subbak: Hum, non, je pense que Helen est censée lire et noter des messages chiffrés (elle décode juste le code morse et transcrit ce qu'elle entend, sans avoir la moindre idée de ce que ça signifie). Mais je suis d'accord que tout ça est assez confus dans le film.

Subbak (2015-02-09T12:07:40Z)

En plus de l'histoire de l'autisme (dont je suis d'accord que ça ne fait du bien ni à l'image de l'autisme ni à l'image des maths), un autre truc qui m'agace c'est le contexte du "coup de génie" des mots probables. Non, je n'ai aucun problème avec le fait que cet aspect de la cryptanalyse soit particulièrement mis en avant. Mais l'anecdote que raconte Helen (la fille dans le bar) n'a aucun sens : a priori elle lit des messages en clair, ils ne sont pas censés être préfacés par un mot quelconque.
L'histoire des "Cillies", c'est que les allemands utilisaient à chaque transmission une clé jetable (transmise en utilisant la clé du jour) de trois lettre, censé être aléatoire mais qui ne l'était pas en pratique. Sortie de son contexte, l'anecdote n'a plus aucun sens et ça ne semble choquer personne…

Pierre (2015-02-09T00:02:11Z)

J'ai trouvé ce film très bon. Je suis d'accord avec toi que l'exactitude historique n'est pas le plus important ici. C'est malgré tout un bon thriller historico-mathématico-sentimental, très bien joué et mis en scène.

Ils ont a eu la décence (ou la pudeur, comme on voudra) de terminer le film avant le suicide du héros. On aura tout de même remarqué deux allusions à cet événement tragique : d'abord au tout début du film, lorsque Turing avertit les deux inspecteurs de police venus chez lui de faire attention au cyanure renversé à terre par les cambrioleurs. Et puis aussi la scène ou il offre une pomme à chacun de ses collègues (en leur racontant la blague de l'ours) parce que Joan Clarke lui avait conseillé d'être plus sympa avec eux, ceci afin de mieux s'intégrer au groupe. J'imagine que ces deux scènes sont fausses, et que c'est juste une petite astuce pour nous rappeler que Turing s'est suicidé en croquant une pomme empoisonnée au cyanure. Et pourtant, j'aurais aimé voir raconter le choc psychologique qu'a dû être le premier dessin animé de long métrage ("Blanche-Neige" de Walt Disney) sur l'âme enfantine de Turing. Un film qui en raconte un autre, c'est souvent passionnant (je pense par exemple au film "The Artist" avec Jean Dujardin ou à "La rose pourpre du Caire" de Woody Allen).

D'accord avec toi également sur l'importance démesurée prise par la complexité au détriment de la calculabilité, mais n'est-ce pas là surtout une conséquence de la conjecture "P <> NP", laquelle est dotée comme chacun sait d'un prix d'un million de dollars ? Y a-t-il des conjectures du même acabit en calculabilité ?

Ruxor (2015-02-08T22:44:33Z)

@Geo: Concernant la calculabilité, à qui le dis-tu ! J'enseigne dans une grande école d'ingénieurs plus ou moins spécialisée en télécommunications et informatique, et je peux confirmer qu'il est possible pour un élève d'en sortir diplômé après avoir suivi en tout et pour tout 1h30 de cours sur la calculabilité (dans le cadre d'un module sur la théorie des langages). Une heure et demie lors desquelles on ne peut qu'esquisser une rapide démonstration de l'indécidabilité du problème de l'arrêt en sachant très bien qu'ils n'en retiendront rien (quand on pose des questions sur la calculabilité à l'examen, on a confirmation du fait qu'ils font systématiquement l'impasse dessus).

Je serais personnellement d'avis d'échanger le temps consacré à enseigner des notions de complexité (ce que c'est que P, NP, EXPTIME, etc.) et celui consacré à la calculabilité : parce qu'à mon avis, la calculabilité est fondamentalement plus importante que la complexité, parce que la complexité se base de toute façon sur les idées de la calculabilité en les rendant moins transparentes (par exemple, la diagonalisation, la notion d'oracles et de hiérarchie sigma-pi, etc.), et surtout parce que, en pratique, les questions pratiques de complexité des algorithmes s'apprennent assez bien sur le tas pour les algorithmes qu'un ingénieur va vraiment utiliser, alors que les questions de calculabilité, justement, ne s'apprennent pas sur le tas. Même au niveau recherche, je trouve que beaucoup trop d'effort est consacré à définir un zoo invraisemblable de classes de complexité alors que la recherche en calculabilité semble avoir été abandonnée dans tout un tas de branches.

Mais bon, ça c'est une question assez différente que celle de savoir si les gens savent qui était Turing. Parce que le terme de « machine de Turing », lui, il est forcément prononcé, à plus d'une reprise, même en l'absence d'un cours sur la calculabilité : donc ce n'est pas tout à fait la même problématique.

Geo (2015-02-08T18:23:18Z)

> je trouve vraiment triste que le grand public n'ait aucune idée de qui était Turing

Et pas seulement le grand public. Même des informaticiens je pense… La calculabilité est un peu une matière vu en coup de vent dans les écoles d'ingénieur ou les universités. Pas assez pratique en école d'ingénieur, et rébarbatif en fac d'info où les étudiants n'aiment pas les formalismes mathématiques.

Ruxor (2015-02-07T11:56:20Z)

@jonas: Scott Aaronson's one-paragraph summary definitely hits the spot. On the other hand, I'm not really upset with the filmmakers' decision to make Turing in charge of deciding what to do with the intelligence gathered: someone had to make that decision (apparently it was mostly Menzies), it was obviously a very difficult one to make and a huge ethical quandary, I think it makes sense to try to picture that on screen (and to make the point that "having the intelligence does not mean you can use it"), and while it is historically inaccurate, the most striking way to picture it is to present the main character with it.

@Octave: C'est une légende urbaine persistante — le logo Apple n'est en réalité pas une référence à Turing.

Camille (2015-02-07T11:10:05Z)

Merci pour ton billet ! J'étais précisément à la recherche de ce type de commentaires sur ce film (je pense en particulier aux écarts à la réalité décidés par les scénaristes).

Octave (2015-02-07T09:48:16Z)

Ben ? Il a (par procuration) inventé la marque Apple (TR) ; c'est un coup de génie du marketing !

jonas (2015-02-07T07:06:52Z)

You should read Scott Aaronson's blog entry reviewing the same film on his blog Shtetl-Optimized <URL: http://www.scottaaronson.com/blog/?p=2096 >.

The complaint of him that your entry doesn't address is the following. “But perhaps the movie’s zaniest conceit is that Turing was also in charge of deciding what to do with Bletchley’s intelligence (!). In the movie, it falls to him, not the military, to decide which ship convoys will be saved, and which sacrificed to prevent spilling Bletchley’s secret.”


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