Comments on Nous sommes tous Charlie — et maintenant on fait quoi ?

frankie (2015-01-22T17:00:00Z)

http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html

Ggauvain (2015-01-13T04:41:29Z)

Ca me fait plaisir que tu cites Slate Star Codex, qui est un excellent blog (je pense que tu t'entendrais bien avec l'auteur !)

Régis (2015-01-10T18:52:07Z)

David,en effet l'introspection est toujours nécessaire quand nous sommes en présence du mal,mais je trouve que celle que tu pratiques confine au scepticisme et que du scepticisme à l'indifférence il n'y a qu'un pas. Je voudrais aussi te rappeler que le terrorisme n'est pas un mal autonome: il s'intègre le plus souvent dans un cursus honorum criminel qui débute par le vol de sacs à main et le trafic de marijuana. Il n'est pas la simple expression d'une exaltation néoromantique. Il est le fait de personnes incapables de supporter les frustrations et d'éprouver de la pitié pour leurs semblables. S'il est important de faire notre acte de contrition, nous les non-violents, nous ne pouvons pas céder face à la carrière continue du mal. Il faut revenir aux fondamentaux - parmi lesquels certains que les personnes se recommandant du Livre auraient pu, depuis trois jours, rappeler devant les micros, et ne l'ont, hélas, pas fait: aime ton prochain comme toi-même/tu ne tueras pas…

dicky (2015-01-10T18:36:18Z)

Diderot a dit

"je ne hais pas les grands crimes, premièrement parce qu’on en fait de beaux tableaux et de belles tragédies ; et puis c’est que les grandes et sublimes actions et les grands crimes portent le même caractère d’énergie."
la citation continue (de mémoire) par : si un homme n'était pas capable de mettre le feu à une ville, un autre ne serait pas capable de se jeter dans un précipice pour sauver …

Le 11/09 a certainement fait de belles photos, ça ne semble pas être une raison suffisante pour l'apprécier, mais l'héroïsme généreux des pompiers New Yorkais est le même héroïsme que l'héroïsme barbare des terroristes : je ne crois pas qu'aucune éducation puisse éradiquer le second sans toucher au premier.

BR (2015-01-10T17:22:51Z)

Merci de votre commentaire : tout est parfaitement juste.

Cette histoire de terrorisme est tellement triste. Je suis allé manifester en silence aujourd'hui. Pas un mot, pas un slogan. Rien que de la tristesse.

Peu m'importe le terrorisme, peu m'importe Charlie. Toute cette histoire est tout simplement d'une infinie tristesse, pour tout le monde.

Dyonisos (2015-01-10T17:22:28Z)

Mais j'avais bien compris cette précision ! Néanmoins la matrice du nous, elle renvoyait dans votre billet à des choses comme des défauts personnels, par exemple le fait de se croire meilleur que les autres, pas à des constantes sociales comme l'état de l'éducation, la manière dont émerge un langage/esprit d'analphabète au coeur même de notre culture, non pas en tension avec elle mais comme son fruit naturel, en corrélation avec d'autres facteurs (avant d'être fanatisé religieusement, ils étaient déjà dans un langage très pauvre etc, bref sans les outils intellectuels qu'une école ambitieuse aurait dû dispenser). Je persiste à estimer que ce n'est pas le nous individuel ou celui très générique de l'humanité capable du pire et du meilleur qui est le plus pertinent à prendre en compte ici, mais celui plus précis des membres de notre société actuelle. Bref, pour parler à la manière de Durkheim, à ne pas négliger trop vite la catégorie du "fait social" (de notre société) pour rendre compte de ce qu'on présente trop facilement comme l'altérité absolue barbare (point que vous critiquez effectivement) ou l'humanité dans son ensemble.

Ruxor (2015-01-10T16:57:49Z)

@Dyonisos: Je me demande toujours si c'est moi qui ne sais pas parler français ou si on me lit en diagonale, mais quand on me dit que « là où je ne vous suis pas vraiment, c'est sur le "nous" mobilisé par contraste avec l'attitude de ces cinglés répugnants » alors que c'était précisément un message que j'essayais de faire passer que cette distinction est douteuse (« autant il est tenant de se figurer que nous faisons partie de la team civilization contre la team barbarity, nous devons bien nous rappeler que la matrice dont surgit la bête immonde, ce n'est pas l'"Autre", c'est Nous »), je me dis vraiment qu'il y a un problème de communication…

Dyonisos (2015-01-10T16:47:39Z)

Vous avez écrit ": les idéologies meurtrières rendent-elles les gens criminels, ou les gens ayant des prédispositions dans ce sens créent-ils les idéologies en question ? Quel est l'œuf et quelle est la poule ? Personnellement, je n'en sais rien (et je ne sais même pas si la question a un sens suffisamment précis)"
Euh et pourquoi faudrait-il choisir ? Je pense que c'est les deux, selon les cas envisagés, tantôt l'idéologie engendre l'affect, tantôt c'est ce dernier qui préexiste et qui fait fond sur un manteau idéologique qui lui permet de s'"épanouir" (sans connotation positive mais au sens où une pulsion suicidaire se réalise, de même pour un affect agressif), et tantôt (ce qui doit être vrai à plus de 99pct les deux se fermentent, par exemple un certain malaise qui fait qu'on lorgne vers des pensées haineuses qui à leur tour "rationnalise" en ciblant ou imaginant un ennemi qui devient pôle de son attention et qui nourrit une hargne grandissante (Gauss disait je ne sais plus où que quiconque aurait autant pensé que lui aux mathématique aurait découvert les mêmes choses, on peut je crois dire que la focalisation de l'attention a aussi des effets d'émergence/renforcement d'affects négatifs) etc..
Mais là où je ne vous suis pas vraiment, c'est sur le "nous" mobilisé par contraste avec l'attitude de ces cinglés répugnants car il tourne dans votre billet à un pur "je". Contre le vent dominant des clichés du temps, ce "nous" en l'occurrence me paraît devoir être bien précisément la société dans laquelle on vit: ces jeunes assassins, avant d'avoir été embrigadés dans la version gore de l'obscurantisme musulman, vivaient en France, dans cette culture. Comment une vingtaine d'années passées ici peuvent-elles conduire à un langage aussi dépouillé, à une cervelle aussi poreuse à la bêtise ? L'état de l'éducation dans notre pays, la manière dont elle tend à tourner à la pure régulation de flux où l'on se borne à se satisfaire d'une ignorance crasse dans bien des lycées "sensibles", c'est ça surtout qui m'interroge sur le "nous" évoqué. Avant d'enclencher sur la ritournelle facile et fausse du conflit de civilisation, il serait bon de s'interroger sur la place exacte de la culture exigeante dans notre culture sociologique contemporaine, ce qui rejoint quelque peu votre réticence à dresser la barbarie comme l'adversaire en s'interrogeant sur sa place dans notre réalité, mais en déplaçant l'accent du personnel au culturel.

Ruxor (2015-01-09T18:42:03Z)

@Charlie: Je trouve ça plutôt cocasse de dire que personne n'a cure de mes imperfections dans un commentaire qui justement en dénonce une…

Charlie (2015-01-09T18:20:07Z)

Un homme est la somme de ses actes. Peu importent ses idées, ses "hommes de cire" et autres constructions mentales. Ce qui compte, ce sont ses actes et ses paroles. Des fanatiques commettent un crime d'une rare barbarie, et ta réaction consiste à t'interroger sur ton degré de "perfection" (dont personne n'a cure) comparé à celui de ces bas-de-plafond? Désolé mais ton analyse est à côté de la plaque.

Ruxor (2015-01-09T15:39:15Z)

@Joël: Je ne prétendais certainement pas faire un discours exhaustif sur les tenants et les aboutissants des actes terroristes récents, et certainement pas en délimiter les causes. Donc tu ne me contredis absolument pas. Bien sûr qu'il y a des choses qu'on peut dire spécifiquement sur une idéologie meurtrière particulière, et bien sûr que selon le niveau où on se place, tel ou tel aspect peut être plus pertinent. (Tu as raison de dire que ce serait idiot de se limiter à croire que la seconde guerre mondiale opposait les pays alliés à des tanks. Mais ce serait aussi idiot d'écrire un livre sur les façons de se défendre face à un nazi armé d'un pistolet et de ne pas se rendre compte que ces techniques marchent aussi contre un khmer rouge armé d'un pistolet.) Maintenant, il y a pour les psychologues une question intéressante en filigrane, à savoir : les idéologies meurtrières rendent-elles les gens criminels, ou les gens ayant des prédispositions dans ce sens créent-ils les idéologies en question ? Quel est l'œuf et quelle est la poule ? Personnellement, je n'en sais rien (et je ne sais même pas si la question a un sens suffisamment précis). Je me contente de faire remarquer qu'on ne doit pas se croire invulnérable à la barbarie sous prétexte qu'on n'est pas tenté par UNE idéologie meurtrière particulière, ou par UNE forme de violence particulière, et pour faire passer ce message je devais bien parler de manière assez générale (de nouveau, sans reprocher quoi que ce soit à ceux qui parlent de façon plus précise, c'est juste que je n'ai pas de lumière à apporter sur le sujet plus précis).

Joël (2015-01-09T15:12:10Z)

David, dans cette histoire, notre ennemi (je veux dire le mien et celui de ceux qui pensent comme moi,
tu t'y mets si tu veux) n'est pas le "terrorisme", mais l'impérialisme islamiste, ce mouvement
politique multiforme qui a ouvertement pour but de rétablir l'unité du monde arabe (le califat),
d'y imposer une vision extrémiste de l'islam (sunnite évidemment), en y soumettant ou pire les minorités religieuses ou linguistiques (chiites, coptes, Kurdes, berbères, etc.), de mettre ce monde arabe unifié à la tête du monde musulman, comme au premier temps de l'Islam, pour continuer la conquête du monde par l'Islam là ou elle s'est arrêtée (en commençant par reprendre les territoires occupés un temps par le monde musulman puis reperdus: Timor oriental, Espagne, Israël, sud de la Russie, diverses zones en Afrique noire, etc.). C'est le programme officiel, répété à chaque vidéo, de Daesh, d'AlQuida avant lui, et même, avec un insistance moins grande sur la religion, du moins dans les premiers temps, de Saddam Hussein.

Le "terrorisme", ce n'est pas un camp, c'est une méthode de combat, qui d'ailleurs en vaut une autre (si l'attentat de juillet 44 contre Hitler avait réussi, ç'aurait été un très utile acte de terrorisme). Dire que la guerre qui a lieu en ce moment à Paris et ailleurs, que nous le voulions ou non, est contre le "terrorisme", c'est un peu comme dire que la seconde guerre mondiale opposait les alliés aux "avions", aux "tanks" eu aux "V2". Et centrer sa réflexion sur les spécificités et les difficultés inhérentes à la lutte contre le terrorisme, c'est vraiment ne voir que l'arbre qui cache la forêt (ou le doigt et pas la lune, ou etc… enfin tu vois ce que je veux dire). Bref, ouvre les yeux.


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