Comments on Comment et pourquoi Apple est-il devenu méchant ?

Fork (2010-07-19T19:40:34Z)

@Ruxor : J'aime beaucoup le sabre qui coupe les doigts pour empêcher de perturber la réception :)

Ruxor (2010-07-19T14:13:42Z)

Un résumé pertinent et très drôle (même si on ne comprend pas le chinois) : <URL: http://www.youtube.com/watch?v=Tn-YesqzvNk >.

SB (2010-06-22T17:02:05Z)

@tartaglia: "qu'on cesse d'invoquer la psychanalyse comme système général de la pensée et comme vision du monde, alors qu'elle n'a fait ses preuves que dans l'hystérie -et encore, jusqu'à 35 ans! et la névrose obsessionnelle"

Un peu plus d'après "Psychothérapie - Trois approches évaluées" (2004) http://www.inserm.fr/content/download/7356/56523/version/1/file/psychotherapie%5B1%5D.pdf :

Niveaux de preuves de la thérapie psychodynamique (psychanalytique) chez
l’adulte
Preuve d’efficacité : établie par une méta-analyse et des études contrôlées randomisées
• troubles de la personnalité, en particulier trouble de la personnalité borderline
Présomption d’efficacité : établie par des études contrôlées randomisées
• trouble panique sous antidépresseurs ; état de stress post-traumatique

Couard Anonyme (2010-06-18T19:38:19Z)

N'importe quoi ! Le grand méchant maintenant c'est IBM.

Anonyme (2010-06-05T11:04:38Z)

W → je dis plutôt :

Apple n'est pas "devenu" méchant récemment. Elle n'a pas changé depuis le retour de Steve Jobs. Ou, plutôt, pour répondre au titre de cette entrée :

Quand Apple est devenu "méchant" : en 1997

Pourquoi Apple est devenu "méchant" : parce qu'en 1997, au seuil de la mort, après avoir du faire des courbettes à Microsoft et Bill Gates pour qu'ils daignent continuer de développer Microsoft Office encore quelques années, avoir du faire énormément de concessions à Adobe sur les frameworks de dévelopement, tout ça, histoire d'avoir une chance de survivre, la compagnie a décidé une chose simple : se focaliser sur un nombre très restreint de produits, et surtout plus jamais, sa survie ne serait dépendante de gros développeurs tiers mais uniquement du jugement des utilisateurs, quitte à ce que ce ne soit qu'un petit nombre d'utilisateurs.

C'est pourquoi elle a embrassé les standards qui lui paraissent les plus ouverts et les meilleurs techniquement, qu'elle s'est impliqué dans des projets open-source quand cela avait du sens, et qu'elle s'assure constamment qu'elle contrôle les points clefs de sa plateforme (MacOS X et iPhoneOS).

Apple apparait méchante maintenant parce qu'elle a beaucoup plus d'utilisateurs qu'en 97 et que sa réussite est arrogante et, surtout parce qu'elle est devenue le point de référence de toute l'industrie high-tech consumer en terme de qualité et de features : les concurrents ne sortent pas des lecteur MP3, des smartphones ou des tablettes, ils sortent des iPod-/iPhone-/iPad-killers. Même sur l'OS desktop, la référence est MacOS X.

- Apple n'est pas méchant

- Le succès de chaque produit Apple (iPod, iPhone, iPad maintenant) sont du à leurs qualités intrinsèques et pas juste à un super-marketing (les pubs Apple? on montre le produit, c'est tout) ou par un lock-in des utilisateurs (comme peut l'être le monde de l'entreprise avec Office)

- Apple est effectivement un control-freak (et l'est depuis 1997), Apple croit dur comme fer que c'est la seule façon de faire des choses fantastiques

- Elle fait effectivement des choses assez souvent "fantastiques"

- Elle a peut-être tort (depuis 1997) mais ce ne sont pas les gesticulations des geeks qui vont lui faire comprendre, ce sont les produits concurrents. Seulement, ces produits sont incohérents, manquent souvent de finitions (et les finitions sont quasi un TOC chez Apple), d'intégration. Tout ça conforte Apple dans ses positions.

Et moi dans tout ça ? je *sais* de première main qu'il y a beaucoup de vrai dans l'approche d'Apple mais je *crois* qu'un tel contrôle ne peut pas tenir à long terme mais je *comprends* que la stratégie d'Apple est d'ouvrir sa plateforme de façon raisonnée et progressive et non juste tout ouvrir tout de suite parce que c'est moralement "bien" pour les geeks.

Ruxor (2010-06-05T01:51:03Z)

Ben, justement, c'est bien parce qu'elles sont schizophrènes que je prétends que ça ne va pas marcher de les psychanalyser, les corporations.

tartaglia (2010-06-04T21:31:45Z)

Pfouhhh… je ne sais par quel côté commenter ce post: il est touffu comme les "chouquettes" dont Ruxor confesse qu'il se les entrechoque sans douleur; aporétique comme 2/3 des dialogues de Platon ( Monique CS dirait pet-etre 3/4 quandelle est en forme); et puis surtout il y est question de psychanalyse des schizophrènes et là, non, non, non!!! il y a une limite à tout!!! que Lacan se soir acoquiné avec Foucault, Lévi Strauss, Sartre et Althusser, c'est un fait, mais nom de D… qu'on cesse d'invoquer la psychanalyse comme système général de la pensée et comme vision du monde, alors qu'elle n'a fait ses preuves que dans l'hystérie -et encore, jusqu'à 35 ans! et la névrose obsessionnelle…
Quant à Apple… nul en informatique, j'ai acheté mon premier Apple à 25 ans (j'avais programmé en basic en term C) et puis j'ai suivi un enseignement de maîtrise de sciences biologiques et médicales avec des stats, de l'épidémio, et tutti quanti, avec un prof affreux, sourd et criard, méchant comme un morpion dont on aurait écrasé une patte; et pour qui un Mac était un "ustensile pour secrétaire" (mes secrétaires sont très à l'aise sur PC…)et nous faisions des TP d'info sur des Goupils 286, sur une version du DOS que des archéologues de l'informatique confirmeraient (DOS 4???) l'Université française en était là en 1992-3…
allez, je me laisse aller à dire que l'université en France est incompétente… mais c'est un peu comme si, sous prétexte que c'est eficace, en 2010, pour un jeune qui a une appendicite un peu compiquée, on faisait uen laparotomie en lui fendant la caisse sur 30 cm de la xyphoide au pubis, histoire de lui nettoyer le bide au mieux.

Vivien (2010-06-04T21:04:07Z)

A propos de ta note [#4], sur la schizophrénie des compagnies, je conseille le documentaire _The Corporation_ (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Corporation ), qui dénonce les conséquences du fait que les entreprises sont considérées comme des personnes morales. Il montre en particulier que si on considère les
"corporations" comme des personnes, alors elles remplissent toutes les
caractéristiques de la description clinique de la psychopathie. Visible sur
http://video.google.com/videoplay?docid=1643050067177891440#

W (2010-06-04T09:57:44Z)

J'ai l'impression de voir ici un schéma de discussion assez courant quand on parle d'Apple. Quelqu'un dit "Apple c'est des méchants" et quelqu'un répond "Leur produits sont bons". Anonyme → Est-ce que tu penses vraiment qu'il y a un rapport ou est-ce que tu réponds point-par-point à David tout en étant d'accord avec lui sur l'idée générale ?

Imohtep (2010-06-03T18:46:48Z)

Mais si, on te laisse parler des consoles de jeu à l'envi ! Tu as si bien commencé qu'il serait dommage de t'arrêter et de te frustrer dans ton besoin d'écrire des pavés maintenant ;-)

JML (2010-06-03T13:38:32Z)

«J'ai un ami qui, à chaque fois qu'on mentionne le comportement bizarre d'une société, assure qu'elle a dû très bien réfléchir à la question, et que si elle fait telle ou telle chose, c'est que c'est certainement ce qui est le mieux pour elle.»
… et les généraux prennent toujours des décisions tactiques ou stratégiques raisonnablement bonnes sur le terrain ou dans leurs programmes de développement / acquisition de matériel, et les rois, et les gouvernements, …
À mon avis c'est un mythe de croire que les entreprises ont des processus de décision plus rationnels que d'autres structures.

Anonyme (2010-06-03T08:10:14Z)

Ruxor → c'est beaucoup plus du paternalisme envers les développeurs que les utilisateurs. Apple pense qu'elle fait de meilleurs produits en gardant le contrôle du développement de sa plateforme. Cela lui permet de choisir précisément ses chevaux de batailles et d'ouvrir seulement petit à petit les portes aux développeurs mais uniquement quand elle considère que le chambranle est bien fini.

Prenons l'exemple du copy/paste : si la plateforme avait été complètement ouverte, le manque de copy/paste dans la version 1.0 du système aurait sûrement été "comblé" de façon anarchique par chaque développeur d'application aboutissant, très certainement à une implémentation sous-optimale et fragmentée et rendant l'ajout de la feature system-wide d'autant plus difficile. Ce n'est pas de la théorie, ce genre de problème se pose tous les jours sur MacOS X.

"Mais, d'une part, ça n'explique pas vraiment le changement progressif d'attitude. Apple n'a pas du tout la même attitude vis-à-vis de Mac OS" : il n'y a pas vraiment de changement d'attitude, un fantasme, encore. Apple fonctionne toujours de la même façon et les décisions que la compagnie prend suivent toujours les même règles, tout du moins depuis que Steve Jobs est revenu à Apple. La différence est qu'Apple est beaucoup plus gros maintenant et attire beaucoup plus l'attention.

Apple n'a bien entendu pas la même attitude vis-à-vis de MacOS X parce qu'elle ne peut pas l'avoir - ou tout du moins, pas de façon aussi drastique - les portes sont déjà trop ouvertes. Ça ne l'empêche pas de prendre des décisions dictatoriales fortes sur cette plateforme, quitte à faire hurler les développeurs tiers (et si possible le moins d'utilisateurs possible), ce qui arrive à chaque release majeure de MacOS.

Encore une fois, elle prend ses décisions parce qu'elle est convaincue que son produit final sera alors meilleur (et pourra devenir encore "plus" meilleur dans le futur) et que, donc, les utilisateurs achèteront ses produits. C'est une relation de confiance entre elle et l'utilisateur - beaucoup moins entre elle et les développeurs (le développeur doit faire un effort - pas l'utilisateur).

Elle a peut-être tort - sauf que ce qui se passe en ce moment a tendance à lui donner raison : les gens achètent ses produits et, surprise !, en sont très majoritairement satisfaits. Charge aux concurrents de lui donner tord mais, étonnamment, en suivant tes préceptes, n'y arrivent pas (encore ?). Peut-être sont-ils nuls et les ingénieurs d'Apple sont vraiment au dessus du lot (ce qui est bien-sûr faux) - ou alors, y a-t-il un peu de vrai dans sa démarche ?

"D'autre part, je ne suis pas du tout d'accord avec l'affirmation qu'Apple n'a aucun monopole : elle a avec son App Store une position dominante écrasante sur le marché de la vente des applications pour téléphones portables" : sauf que la part de marché de l'iPhone est très loin d'être écrasante (moins de 30% sur les smartphones - ne parlons même pas sur la totalité des téléphones portables. Apple est derrière Nokia et RIM).

Pour finir, je ne dis pas qu'Apple a raison mais il faut avouer qu'il semble que, jusqu'à présent, elle n'a pas souvent tort.

Ruxor (2010-06-02T23:29:36Z)

Anonyme → Admettons, donc, que ce soit du paternalisme envers les utilisateurs Apple. Je ne suis pas sûr que ça montre Apple sous un meilleur jour (lier les pieds et les poings des gens pour les protéger contre eux-mêmes, avec des slogans comme « c'est pour réinventer la vie et vous donner la meilleure expérience possible », c'est justement le genre de choses qu'on attend d'un dictateur de science-fiction), et c'est aussi, ironiquement, ce que font des gens comme Debian qui retirent des docs indispensables ou des programmes utiles sous prétexte de préserver la « liberté » des utilisateurs, comme quoi les extrêmes se rejoignent ; on peut surtout dire que leur comm' est à chier, si c'est ça leur idée, parce qu'il y aurait moyen de s'en vanter beaucoup plus efficacement.

Mais, d'une part, ça n'explique pas vraiment le changement progressif d'attitude. Apple n'a pas du tout la même attitude vis-à-vis de Mac OS (ou surtout, ne l'avait pas du tout il y a quelques années) que vis-à-vis de l'iPhone. L'intégration système est forte dans certains domaine, mais quasiment inexistante d'en d'autres (il n'y a pas de gestionnaire de packages correct, notamment). Alors que sur iPhone/iPad, tout est beaucoup, beaucoup plus contrôlé. Ce qui m'amène à :

D'autre part, je ne suis pas du tout d'accord avec l'affirmation qu'Apple n'a aucun monopole : elle a avec son App Store une position dominante écrasante sur le marché de la vente des applications pour téléphones portables, et c'est justement là-dessus que j'ai centré mes critiques : je ne vois pas pourquoi le contrôle très poussé qu'Apple exerce sur les applications dans le domaine n'est pas, du point de vue du droit, un abus de position dominante exactement comme énormément de choses dont on a accusé Microsoft pour ce qui est de sa façon de profiter du succès démesuré de Windows sur les machines de bureau.

Je serais globalement satisfait si (disons) la Commission européenne imposait à Apple que tout iPhone/iPad vendu doive pouvoir être déverrouillé par l'acheteur six mois ou un an après l'achat (au sens où il obtiendrait, légalement, le droit d'installer toute application dessus, ou de changer l'OS ou n'importe quoi de ce genre). La même remarque s'applique d'ailleurs aux mobiles Android sur lesquels on n'est pas root : si on impose aux opérateurs de donner les clés du mobile s'agissant du déSIMlocking, je ne comprends pas pourquoi on ne leur impose pas de les donner s'agissant du contrôle de l'OS. (Ah, et ne me laissez même pas commencer à parler des consoles de jeu, parce que je m'éloigne du sujet.)

Fred le marin (2010-06-02T17:31:09Z)

Ah bon, Micro$oft n'est plus le grand méchant ?
Plus rien ne sera comme avant !

Raleur (2010-06-02T15:15:17Z)

Comme Sandrine, je ne comprends pas pourquoi Apple s'échine à faire de la connectique compatible avec rien. C'est vraiment pathétique. Ca suffit en tout cas pour que je n'achète pas de mac dans l'immédiat.

Anonyme (2010-06-02T13:18:26Z)

Beaucoup de choses dans ce papier, mais hélas, beaucoup de fantasmes sur Apple déformés par les blogs (l'article délirant sur la façon dont Apple traiterait ses employés est un bon exemple) - la faute en revient à Apple et son "culte du secret" (mais c'est sa stratégie marketing - qui est, tu en conviendras, d'une efficacité redoutable - mais aussi de ce désir réel de ne jamais promettre la lune - désir assez unique dans l'industrie : il n'y a pas de concept car, que des voitures futuristes mais bien réelles - ensuite, on peut critiquer la qualité des voitures et le discours marketing qui les vante :-) ) mais aussi la faute à la médiocrité des journalistes et l'ignorance de beaucoup de geeks de ce que veut dire développer un plateforme (vs. développer une application, par exemple).

Apple est méchant autant que peut l'être n'importe quelle compagnie : elle est en fait assez neutre. S'il y a quelque chose de méchant chez Apple, ce serait surtout son arrogance et, pire, son immodestie, son impression qu'elle fait vraiment les meilleurs (*) produits du monde.

(*) meilleur ne voulant pas dire avec la plus grosse… liste de features. Philosophie d'Apple (que je partage) aussi assez unique dans l'industrie.

En fait, et je sais que c'est toujours difficile à croire, la presque totalité des décisions sont effectivement prises pour des raisons d'ingénierie très (très) pragmatique ou légale/contractuelle et le but final est vraiment d'arriver au meilleur produit pour l'utilisateur final (*) en respectant ce très grand nombre de contraintes.

On a tendance à réécrire l'histoire sur le cas des DRMs mais il faut revenir en arrière pour bien saisir ce qu'il s'est passé :

- 2001 : le Mac est encore trop insignifiant pour intéresser les constructeurs de lecteur MP3 qui sont, en plus, assez "clunky". Apple voit non seulement une opportunité de faire mieux (beaucoup mieux) mais surtout de s'assurer que le Mac n'est pas à la traine dans ce domaine. Apple sort l'iPod, pour Mac uniquement.

- 2002 : l'iPod se révèle être vraiment meilleur. Apple voit une opportunité d'étendre sa clientèle et sort une version pour Windows

- 2003 : le Mac est toujours trop insignifiant pour intéresser les boutiques de musique en ligne qui se développent - mal. Apple voit non seulement une opportunité de faire mieux (beaucoup mieux) mais surtout de s'assurer que le Mac n'est pas à la traine dans ce domaine. Pour cela, Apple doit passer un contrat avec les éditeurs de musique qui veulent des DRMs (qui, pensent-ils, doivent les sauver). Apple doit concilier deux choses irréconciliables : les DRMs et une bonne expérience utilisateur (la deuxième étant beaucoup plus importante que les premiers). Apple réussit un tour de force : trouver le bon compromis (DRM beaucoup moins tatillons que ce qui existaient jusque là - possibilité d'écouter la musique sur plusieurs ordinateurs, de graver des CDs, de synchroniser avec un nombre illimité d'iPods et de façon vraiment quasi transparente pour l'utilisateur). Il faut dire qu'Apple bénéficie de son allure de petit poucet, les majors voient ça comme une petite expérience et pensent garder facilement le contrôle.

Pas de bol, le produit final est vraiment pas mal (et le marketing au niveau) et la concurrence, éclatée (de par son nombre mais aussi par le fait qu'il n'y a pas de bonne synergie entre le hardware et le software - proposant finalement des solutions assez médiocres) : l'iPod écrase la concurrence - les majors ont perdu le contrôle *parce qu'ils voulaient des DRMs*. Je peux t'assurer qu'Apple aurait préféré dès le début ne pas avoir de DRM (et ne pas avoir de limitations stupides de synchronisation de contenu dans l'iPod ou iTunes, d'ailleurs).

Plus généralement, tu as assez raison qu'Apple a une volonté paranoïaque de tout contrôler. Et cette volonté est parfaitement rationnelle et pragmatique. C'est difficile à appréhender mais c'est en fait capital parce qu'Apple développe une *plateforme* et non juste une application ou un serveur et qu'elle veut pouvoir prendre des décisions, parfois drastiques, si elle pense (souvent à juste titre) que c'est la bonne chose à faire pour que cette plateforme soit encore meilleure.

Il faut se souvenir qu'elle a failli mourir (plus d'une fois) parce qu'elle ne contrôlait pas cette plateforme qu'était le Mac et que ses transitions majeures étaient à la merci du bon vouloir de quelques gros développeurs tiers (Microsoft et Adobe). Que ce soit la transition Motorola -> PowerPC, MacOS 9 -> MacOS X, Carbon -> Cocoa, PowerPC -> Intel ou plus récemment 32bit -> 64bit. Et encore Apple a toujours fait des efforts d'ingénierie énormes pour que chacune de ces transitions marchent.

On a un très bon exemple de cette problématique encore ces dernière années et maintenant :

- Windows était mauvais (*) non parce que Microsoft est mauvais (quoique ;-) ) parce que, tellement ouverte, les applications tierces sont un foutraque sans nom.

(*) mauvais au sens du produit pour l'utilisateur final, d'un point de vue utilisabilité, crashes et la qualité générale des applications. Il faut être bien clair que je parle d'utilisateurs, pas de geeks - ou alors des geeks, comme moi, qui veulent que leur bidule fonctionne sans se prendre la tête (c'est rigolo de temps en temps, mais on s'en lasse - on a d'autres choses plus rigolotes à bidouiller) et qui soit plaisant et satisfaisant à utiliser.

- Windows Vista a été un fiasco non parce que Microsoft est mauvais mais parce qu'effectuer une telle transition avec un tel bordel consomme énormément de ressource et empêche des choix technologiques judicieux

- Linux est mauvais (comme desktop) parce que c'est un foutoir sans nom aussi

- Android prend le même chemin : foutoir et incohérence conduisent à une perte de ressources au lieu de se concentrer sur le polissage et la qualité des features - et aussi impossibilité pour l'utilisateur de comprendre quelle système il a sur son téléphone (et, pire, s'il pourra/saura installer les nouvelles versions qui corrigent toutes les petites agaceries/manques du système).

Le cas de l'iPhone est très clair : Apple recommence l'informatique à zéro. Un ordinateur n'est pas (plus) un CPU, de la RAM et des pixels et on en fait ce qu'on veut, c'est une machine à résoudre des problèmes. Ne les résolvons pas tous d'un coup, dit Apple, prioritisons ces problèmes à résoudre et résolvons les dans l'ordre, mais résolvons les *bien* (si possible), quitte à avancer prudemment mais de manière très réfléchie et retarder la résolution de problèmes que l'on considère moins importants.

2 cas d'écoles : le copier/coller et le multitâche.

Apple a mis 3 versions majeures pour avoir le copier/coller parce qu'il a fallu tout ce temps pour faire des choses plus importantes et surtout pour faire un copier/coller de bonne qualité. Résultat : le copier/coller sur l'iPhone écrase la concurrence par son ergonomie, son efficacité, sa cohérence et son ubiquité (va faire du copier/coller de bouts de page Web dans Android…).

Pour le multitâche, même chose : le multitâche pour le plaisir d'avoir du multitâche est une bêtise. Ce qui compte, c'est "pour quoi faire ?". Sur le desktop, on le voit bien, les applications se marchent sur les pieds - vas-y que je te prends ton CPU et ta RAM et tes accès disques et ta consommation d'énergie. Le noyau a tellement peu d'informations sur l'intention de chacune des tâches qu'il doit (en gros) les traiter d'égale à égale et les laisser faire. C'est encore pire dans des environnements aussi contraints que sont les téléphones portables. La solution est de définir des intentions de haut niveau qui forcent le développeur à déclarer pourquoi il veut du multitâche. Dans iPhoneOS 3, la seule intention est la notification à l'utilisateur (Push notifications). iPhoneOS 4 en rajoute 6 autres. Ça ne couvre bien entendu pas tous les cas mais les plus importants - les autres viendront quand le besoin se fera sentir et que d'autres choses plus importantes auront été couvertes.

Et c'est une mauvaise idée de donner (d'ouvrir) tout, tout de suite. Car donner une bille aux développeurs, si la bille se révèle de mauvaise qualité, mal pensée, il est difficile voire impossible de revenir en arrière : tu en prends pour 20 ans et quand tu veux faire mieux, tu sors Vista.

Il faut bien comprendre que la personne importante est l'utilisateur, pas le développeur et, hélas, le développeur est souvent l'ennemi de l'utilisateur. Ce n'est pas que ce soit vrai en théorie - le développeur travaille pour l'utilisateur - mais c'est, une fois encore hélas, vrai en pratique.

Par exemple, ce n'est pas qu'il soit théoriquement impossible d'avoir des environnements (d'application utilisateur) cross-plateform de qualité - ça simplifie tellement le travail du développeur et les coûts de développement - mais en pratique, *il n'existe et n'a jamais existé aucune application cross-plateform de qualité* (qui soit de qualité sur toutes les plateformes qu'elle couvre).

C'est encore plus criant sur MacOS X. Cocoa est un framework de très haut niveau qui met en branle un nombre très important de design patterns qui s'imbriquent pour former un tout extrêmement cohérent (pas étonnant puisque c'est le bébé de chercheurs français assez brillants de l'INRIA très versés sur la POO ;-) ) fournissant au final des applications très cohérentes entre elles et avec les autres features du système mais aussi, et peut-être surtout, robustes vis-à-vis de l'évolution des features de la plateforme. Et ça se voit. Et les applications qui ignorent Cocoa sont merdiques. Firefox est merdique, par exemple - il ne supporte pas la moitié des features de haut niveau de MacOS X - pas de correction orthographique/grammaticale automatique (et surtout pas celle de MacOS X, donc pas de partage des dictionnaires persos), pas de support de la Keychain (Base centralisées des mots de passe de l'utilisateur et de ses certificats - synchronisable), pas de support de l'accessibilité et de l'automation dont profitent automatiquement les applications Cocoa, support incohérent avec le reste du système de la correction de couleur, du drag-n-drop, de la sélection, et j'en passe - et ça, ça dégrade l'expérience utilisateur. Et ça, Apple déteste ça. Pire, pour pouvoir ajouter certaines features system-wide, elle doit faire des contorsions parfois pas possibles pour ne pas casser ces applications à la mords-moi-le-noeud.

Et c'est la même chose pour l'iPhone. Et ça explique essentiellement nombre de décisions d'Apple pour sa plateforme et sa formulation parfois (souvent) maladroite, même parfois foireuse (ajoute à ça les contraintes qu'apportent la question des brevets - grrrr - ou simplement l'obligation de la formulation juridique et on finit avec un sacré gloubiboulga)

Au bout du compte, Apple est paranoïaque, oui, mais parce qu'elle pense sincèrement que c'est la seule façon de rester maître de son destin et de celui de sa plateforme. Elle fait et fera encore des erreurs, mais si elle perd, ce sera uniquement de sa faute.

Pour finir, Apple est le grand méchant du moment parce que c'est le nouveau Goliath et il est arrogant (et sa réussite aussi est arrogante ! Beaucoup d'analystes et de geeks n'ont toujours pas compris pourquoi et continuent de croire que ce n'est qu'une question de super-marketing) - et pourtant elle n'a aucun monopole et a, jusqu'à présent, gagné ses marchés à la force du poignet par les produits qu'elle proposait. Ce qui est très différent de ce qu'a pu faire Microsoft en utilisant son rouleau compresseur Office pour écraser la concurrence. Apple "écrase" la concurrence parce qu'elle sort des produits qui, effectivement, que les utilisateurs veulent acheter, et non qu'ils doivent acheter.

Julien (2010-06-02T13:06:53Z)

"Non seulement les Macs sont les seuls à ne pas avoir le branchement standard pour les vidéoprojecteurs, mais en plus chaque modèle d'ordinateur différent a un branchement différent. Il faut, pour chaque ordinateur, acheter un adaptateur si on veut pouvoir brancher sa machine à un vidéoprojecteur. Tout ça ressemble plus à une petite magouille destinée à nous faire dépenser 30 euros de plus qu'à autre chose"

Euh non, c'est surtout un signe q'Apple s'est planté dans ces choix de connectiques et n'hésite pas à faire marche arrière si elle pense que ça va les bloquer par la suite.

Reste que le plantage fait mal au c… des utilisateurs, c'est sûr et donc d'Apple, puisque ça risque de les décourager la marque. Mais Apple préfère prendre le risque.

Sandrine (2010-06-02T08:59:47Z)

Ah, Apple… J'ai longtemps été une fan inconditionnelle d'Apple, mais leur politique récente a effectivement de plus en plus tendance à m'agacer. Ils ont maintenant les défauts que je reprochais à Microsoft.
Un autre exemple que ceux que tu as donnés : l'adaptateur vidéoprojecteur… Non seulement les Macs sont les seuls à ne pas avoir le branchement standard pour les vidéoprojecteurs, mais en plus chaque modèle d'ordinateur différent a un branchement différent. Il faut, pour chaque ordinateur, acheter un adaptateur si on veut pouvoir brancher sa machine à un vidéoprojecteur. Tout ça ressemble plus à une petite magouille destinée à nous faire dépenser 30 euros de plus qu'à autre chose, et je ne suis pas sûre qu'ils y soit gagnants au final, car, à mon avis, ce genre de trucs doit décourager pas mal de monde d'acheter Apple.

Fork (2010-06-02T06:19:46Z)

On pourrait aussi rajouter le fait qu'Apple vient de plus ou moins "valoir plus" que Microsoft <URL: http://news.bbc.co.uk/2/hi/business/10168684.stm/ >. Ça rend encore plus inopérable l'argument qui dit qu'Apple c'est le gentil David (de toute façon tout le monde sait que le gentil David c'est Ruxor !)
Ce que je trouve intéressant dans le cas actuel d'Apple, c'est que c'est visiblement une personne qui contrôle tout chez eux (i.e. Jobs). Même si c'est probablement à nuancer (il doit bien y en avoir d'autres qui pensent comme lui, à moins qu'il soit devenu un Tyran offi©iel), c'est un peu comme Microsoft du temps de Gates, où il était le grand méchant milliardaire à tuer sur XBill. Les choses sont nettement différentes dans les cas de Google, Adobe, Sun… (ou alors je suis vraiment déconnecté de la réalité). Ça contribue sans doute à la mauvaise perception que j'ai d'Apple. Je m'accommode beaucoup plus facilement d'une entité abstraite que d'une multinationale contrôlée par une unique personne.


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