Comments on Discours de Patrick Bloche contre la loi Création et Internet

Caroline (2009-04-18T08:27:35Z)

C'est fou ce que ton "Manifeste contre les abus de la « propriété intellectuelle »", écrit en 2002, est toujours aussi pertinent en cette période !

<URL: http://www.madore.org/~david/misc/thoughts/manifesto.html >

Caroline (2009-04-02T08:56:27Z)

Et merci aussi à Christian Paul, Martine Billard et à quelques autres députés assis de part et d'autre de l'hémicycle !

phi (2009-03-21T12:37:39Z)

La question est épineuse, en effet: faut-il nécessairement protéger les super-profits de ceux qui ont eu la chance d'exploiter la médiocrité idoine du moment? Faut-il entériner la loi du "winner takes all" qui permet à quelques «stars» de pomper la majeure partie du budget multimédia limité a priori du peuple et de mener une vie absurdement luxueuse? Graves questions…

La débat actuel pourrait faire croire que les défenseurs de l'HADOPI sont des idiots mais ce n'est en fait qu'une tactique classique qui a aussi été exploitée par la gauche (au passage, le «clivage droite-gauche», mouarf, disons plutôt apparatchiks de l'UMP contre ceux du PS): que peut-on opposer à un idiot? on ne peut même pas le lui dire! La rhétorique contemporaine est un peu comme l'art contemporain… vaine et absurde.

Un point est absolument inédit: un peu comme si le fait que quelque commerçant vous soupçonne de ne pas avoir respecté quelque conditon de vente d'un produit pouvait vous faire retirer votre passe Navigo ou le permis de conduire, selon le moyen de transport qui vous aurait permis de transporter ledit produit…

N (2009-03-20T11:58:47Z)

@tartaglia : Mozart a eu une vie de bohémien, mais je ne suis pas sûr qu'il aurait préféré vivre dans le système légal actuel : il n'aurait pas pu faire de la musique comme il en a fait, il aurait fallu avoir un statut d'intermittent, une licence d'entrepreneur, et surtout : respecter le droit d'auteur ! Au passage, si Mozart est mort dans l'anonymat, je me demande combien des génies d'aujourd'hui mourront, eux aussi, dans l'anonymat, ployant sous la mass-média produite par les majors.

iPidiblue ce siècle avait neuf ans (2009-03-17T10:40:09Z)

"Millions ! millions ! châteaux ! liste civile ! …"

Tartaglia le pauvre "exhilé" quand il a publié "Les Misérables" qui ont été diffusés librement en France sous "l'horrible" régime de Napoléon III a gagné des millions qu'il s'est empressé de placer à la bourse de Londres …
Désolé de casser la légende des siècles mais celui qui demandait dans son testament le corbillard des pauvres tout en léguant un million aux vrais pauvres fut un des auteurs les mieux payés du XIXème siècle.

PS Un million de francs or c'est à peu près l'équivalent de dix millions d'euros d'aujourd'hui pour autant qu'on puisse faire des équivalences avec une époque où il n'y avait pas d'impôts sur le revenu.

tartaglia (2009-03-15T22:58:52Z)

@ruxor: le respect des droits d'auteur aurait permis à Mozart d'élever décemment ses enfants et de ne pas finir à la fosse commune. Il aurait assuré à Victor Hugo exhilé dans les Iles anglo-normandes des royalties confortables alors que Verdi puisait sans vergogne la matière du Roi s'amuse et d'Hernani pour en faire ses plus grands succès (je ne parle pas des drames shakespeariens ou schilleriens, déjà anciens)

Koko90 (2009-03-15T09:04:00Z)

J'aime bien l'exemple de la médiathèque cité par ivo. Ou comment les communes dépensent des fortunes pour offrir à une minorité de privilégiés (les citadins) l'accès gratuit à une infime partie de la culture quand cet accès pourrait être généralisé aux 30 millions de Français ayant accès au haut débit sans aucun coût technique. Le pire c'est que cette fortune ne termine même pas directement dans la poche des artistes : ce sont les locaux, le personnel et les frais de fonctionnement qui font le cout d'une médiathèque.

Mais quand c'est sous forme d'un bibliothèque ou d'un médiathèque "c'est bien" (alors que les artistes ne son presque pas rémunérés, moins qu'ils ne le serait avec une licence globale). La bibliothèque c'est juste la forme ancestrale et légale du piratage… C'est plus légitime parce que quand ça a été inventé on cherchait à généraliser l'accès à la culture, pas à le freiner. Les temps changent.

C'est peut-être un argument de troll mais c'est vrai.

Ruxor (2009-03-14T14:11:06Z)

tartaglia → Il y a tellement d'erreurs dans ce que tu dis qu'on ne sait pas très bien par où commencer, mais en tout cas la première est de présenter les artistes comme des victimes lésés dans leurs droits naturels par une majorité de « pirates ». Tout cela est faux : il est faux que la diffusion de chansons sur Internet soit du « piratage » (qu'on laisse utiliser ce terme est scandaleux) comme il est faux que cette opération lèse les artistes ou appauvrisse la production artistique (ce qui est vrai, c'est que ça rend caduque une certaine forme de diffusion des contenus artistiques, et qu'il faut évoluer pour en trouver d'autres), et il est pervers de supposer que parce que des gens sont « lésés » on doit maintenir leurs droits envers et contre tout progrès (surtout quand leur « droit » est de restreindre de façon complètement injustifiée les droits de la majorité) ; et surtout, il est malhonnête, comme toujours, de présenter la paternité artistique comme une « propriété » (intellectuelle), ce qui sous-entend que le « propriétaire » possède des droits naturels et inaliénables à contrôler la diffusion de l'œuvre (alors que ces droits sont juste une commodité qu'on leur accorde quand c'est dans l'intérêt de la production artistique). Et la démocratie ne doit pas non plus devenir la tyrannie d'une minorité lobbyiste qui arrive à faire passer des lois spécieuses pour défendre son droit à tout contrôler — ce qui est exactement ce qui se passe ici, et c'est une honte.

tartaglia (2009-03-14T13:44:41Z)

La question posée est intéressante parce qu'elle illustre bien le problème éternel de la définition de la liberté et de ses limites. Le débat à l'Assemblée est un débat à l'Assemblée: il obéit aux lois du genre: un ministre dans l'arène, l'opposition qui l'interromp à tout bout de champ en essayant de faire des mots d'esprit -pas toujours réussis-, la majorité qui applaudit et vilipende les interventions de l'opposition, le président qui rappelle à l'ordre… c'est le jeu parlementaire, mais ce n'est pas de la dialectique!
Ce débat nous rappelle que la démocratie ne doit pas devenir une tyrannie de la majorité: ce n'est pas parce qu'ils sont en plus grand nombre que les internautes désireux de télécharger gratuitement doivent léser une minorité -en l'occurence les maisons de production ou les artistes, quand bien même ce sont des nantis - mais l'industrie du disque a aussi ses humbles.
Enfin il faut se rendre compte que la gratuité de fait appauvrit la diffusion et ne donne plus aux artistes d'aujourd'hui les mêmes chances que ceux de la génération précédente. La dernière intégrale en studio d'un opéra de Wagner remonte à 2/3 ans: Tristan avec Domingo et Nina Stemme. C'est d'autant plus dommage que nous avons depuis quelques années des artistes internationaux réellement capables d'affronter le répertoire wagnérien, après 20 ans de vaches maigres. Malheureusement aucune maison de disques ne projette d'enregistrer un Ring complet. Pour qui n'a pas l'opportunité de vivre ou de se rendre occasionnellement dans une grande métropole où ce répertoire est cultivé, aucune chance de les entendre. Dans une ville de province des questions de budget, de taille de la salle rendent l'entreprise délicate; sans compter sur la politique - à Lyon les ayatollahs du contemporain et du baroque ont tout pouvoir.
Faut-il souhaiter qu'un Mandrin du téléchargement pirate Deborah Polaski ou Deborah Voigt lorsqu'elles poussent un cri de guerre haut en décibels? Et pourquoi pas, à défaut d'autre chose. Les piratages ont dans les années 50 motivé les maisons de disque à entreprendre des intégrales en studio. Le succès du Ring de Bayreuth en 53 sous la baguette de Clemens Kraus diffusé sous le nom d'artistes est-allemands inconnus et acheté par hasard par Windgassen et Hotter lors d'un passage au Met a suggéré à Decca de suivre le projet de Solti. Mais le téléchargement n'existait pas encore…
Bon, soliloque aporétique, je vais faire mon tour à l'hosto, puis mon tour à la FNAC, au milieu de rayons vides…mon budget CD a tellement fondu depuis 2 ans que le home cinema est presque financé…

ivo (2009-03-13T15:11:54Z)

Je suis contre le téléchargement illégal, mais ma position est un peu facile. J'écoute peu de musique et il me semble que ceux qui téléchargent sont aussi des mélomanes qui achètent.
Si je fais le parallèle avec les livres, je dois dire que pour un simple abonnement à une médiathèque, on peut accéder à des milliers de titres, on peut même "passer commande". Je lis beaucoup, mais j'achète peu, c'est un geste pour l'environnement.
En fait cette question du piratage tient (je pense) à une problématique sociologique du sens de la propriété à l'excès sans pouvoir faire usage de tout ce qu'on possède.

je pense (comme Médard) que la technique de com' qui consiste à utiliser une bonne raison (je veux dire une cause méritant d'être publiquement abordée) est de plus en plus utilisée pour lever les verrous permettant alors d'autres changements, généralement appelés réformes (on entre alors dans une autre dynamique de com' qui prend le relais).

On procède par induction. Par exemple, pour qu'un sujet ne soit plus à traiter, on passe commande pour faire un ouvrage qui traite de la question, l'ouvrage n'est alors plus à écrire, il occupe "l'espace de communication publique", le débat possible est alors parfaitement connu, scénarisé même, et mis en scène idéalement par quelques émissions "phares" de TV ou de radio (ou même des blogs !)

xavier (2009-03-13T09:59:20Z)

Combien d'artistes un "jeune" a t il dans son répertoire de mp3?
Combien en connait il?

Même question en 1970?

Qu'on arrete de nous les briser menu avec un faux pb.
Oui, je télécharge mais, quand j'aime, j'achète (et souvent c'est après avoir testé en télechargeant).

Que les portes ouvertes que j'ai enfoncées me pardonnent.

Médard (2009-03-13T07:26:43Z)

Hmmmm… je me demande si cette loi n'est pas un écran de fumée (un attrape-nigaud ?) qui cache autre chose ; en effet c'est un premier jalon pour le CONTROLE d'internet !
Une fois adoptée "pour les artistes" (tu parles), "on" pourra l'étendre de façon indéfinie à toutes sortes de secteurs, comme le fichage ADN, qu'on ne pouvait pas être contre, puisque c'était contre les vilains violeurs ;->

Mathieu (2009-03-12T22:47:04Z)

Ce type de loi va favoriser l'émergence de réseaux P2P chiffrés.

PB (2009-03-12T21:29:25Z)

Merci pour le lien vers la vidéo !

Conscrit neuneu (2009-03-12T18:51:43Z)

Effectivement, tout ce remuage, qu'on retrouve aussi à Bruxelles avec l'extention des droits des interprètes à 95 ans donne l'impression que l'industrie du disque fait tout pour essayer de rattrapper le marché qui est en train de lui échapper (enfin, de disparaître dans un pouf) et qui lui a permis de s'en mettre plein les poches depuis les années 50. J'espère qu'elle n'y arrivera pas.


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