Comments on L'Enfer de Matignon

tartaglia (2008-11-05T21:09:30Z)

je reviens sur le problème du PM et du président du conseil conservant un ministère (sincèrement, quand je prendrai le pouvoir, c'est ce que je ferai, en conservant l'Intérieur, la Justice, et les Finances, le reste je laisse à d'autres).
Dans le régime actuel défini par Sarkozy au vu de la Constitution (qui est ambiguë) et du mandat que lui ont donné les électeurs, le président de la République conduit la politique du gvt et le PM la coordonne. On est typiquement dans un régime semi-présidentiel qui aspire à devinir présidentiel, d'autant qu'aucune cohabitation n'est possible et que le PDT est relativement jeune, a été porté par une majorité significative et qu'il a des alliés dans les franges politiques à côté du parti majoritaire (centre-gauche socio-libéral [Boeckel, Jouyet, Kouchner, Mme Canto-Sperber, radicaux] et droite nationaliste [soutien plus discret]).

tartaglia (2008-11-04T23:01:54Z)

ruxor: Thiers n'a jamais été président de la République, mais "chef de l'exécutif de la république" à son grand regret ("chef… chef… on va me prendre pour un cuisinier…")quant à Mac Mahon ses tendances monarchistes ont été évidentes (dernier chef de l'état à avoir attribué des titres nobiliaires au titre de la RF)
Ma réflexion valait surtout, dans l'histoire parlementaire de la France, pour la seconde restauration, pendant laquelle le "premier des ministères", du moins sous le gouvernement Talleyrand, était celui des Relations Extérieures (tombé en désuétude, repris par Roland Dumas en 1981…)
Bonne nuit, je vais lire les sondages puis me pieuter!!!

Pascal (2008-11-03T04:45:43Z)

Rocard n'est pas gâteux, mais a renoncé à sa carrière politique. Il joue dorénavant le vieux sage et adore raconter ce genre d'anecdotes, qu'elles humilient ou pas, peu importe, du moment qu'elles lui donnent un certain beau rôle — elles sont plus d'autant plus intéressantes dans les rares cas où il admet s'être trompé.
Personnellement j'aime bien l'écouter. J'apprends souvent des choses que j'ignorais ; ce qui n'empêche pas de rester critique.

Le Petit Chose (2008-11-02T16:13:44Z)

Phi, la question c'est : si Pierre Bérégovoy était encore vivant est-ce que Michel Rocard aurait raconté cette scène ? Non n'est-ce pas !
La politique c'est l'art d'humilier constamment ses amis les plus proches afin de montrer sa domination sur eux, Ruxor appelle cela, je crois, être le mâle alpha !
Or Bérégovoy a fait toute sa carrière comme Petit Chose à la remorque de Mitterrand dans des humiliations quotidiennes et on sait où cela l'a entraîné le long d'un canal …
Je crois que cette petite scène tragi-comique n'apporte rien qu'on ne sache déjà sur les relations politiques mais bon si cela passionne … et si cela fait vendre !

Pascal (2008-11-01T20:18:07Z)

Ruxor : "j'ai croisé Couve de Murville, et là aussi j'ai été modérément surpris d'apprendre ainsi qu'il était encore en vie".

Quelle idée ? Tout le monde sait que pour les résistants à l'épuration, Vichy conserve. C'est comme la mortalité infantile.

Papon, Pétain, Weygand, Couve, Darquier, Ladurie, Bettancourt, Carcopino,… tous on largement dépassé 80 et plusieurs 95 ans.

Pascal (2008-11-01T19:36:13Z)

Ruxor: "le Monsieur qui était Premier ministre quand je suis né"

Heu… pendant 22 jours seulement, hein :

www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&num_notice=4&full=d%E9mission&cs_order=0&total_notices=382

Qu'est-ce qu'il était joli garçon, hein ?

Ruxor (2008-11-01T13:53:45Z)

tartaglia → Au début de la IIIe République (1871–1876), les chefs de gouvernement (Dufaure, Broglie, Cissey, Buffet) portèrent le titre de « vice-président du Conseil », sous-entendant que c'était le président de la République (Thiers, Mac-Mahon) qui en était président. Le 9 mars 1876, Dufaure redevint chef du gouvernement avec cette fois le titre de « président du Conseil », qui avait été abandonné depuis 1849, et qui est ensuite resté la norme jusqu'en 1958. C'est une différence avec le Premier ministre de la Ve République puisque la constitution de 1958 prescrit : « Le président de la République préside le Conseil des ministres. »

Mais, sous la IIIe République presque toujours, et sous la IVe parfois, le président du Conseil avait un (autre) portefeuille : généralement les Affaires étrangères (fréquent en 1879–1893 puis à partir de 1913 pour des raisons évidentes, voire la Guerre) ou l'Intérieur, parfois autre chose (Finances, Justice, et pour Ferry on sait que ça a été l'Instruction publique). Le premier président du Conseil sans portefeuille, ce fut Poincaré en 1928, et c'est devenu commun avec le Front populaire (Blum en 1936 était président du Conseil sans portefeuille) : à ce moment-là, on se remit à avoir aussi un vice-président du Conseil, avec un portefeuille (commençant en 1936 avec Daladier, à la Défense nationale et à la Guerre).

Sous les gouvernements pléthoriques de la IVe République, il pouvait y avoir un président du Conseil sans portefeuille, plusieurs vice-présidents du Conseil eux aussi sans portefeuille, voire aussi plusieurs ministres d'État sans portefeuille (pour faire entrer au gouvernement toute la coalition au pouvoir), mais il arrivait quand même que le président du Conseil garde un portefeuille (comme Mendès-France, les affaires étrangères en 1954). Ce n'était plus la norme, mais ce n'était pas rare.

Avec la Ve République, cette pratique est devenue l'exception (il n'y a eu que Barre, et encore, seulement jusqu'en 1978), je suppose qu'on peut dire qu'elle a complètement disparu sauf peut-être pour assurer un intérim (Bérégovoy a été brièvement ministre de la Ville en 1992 pour remplacer Tapie).

tartaglia (2008-11-01T10:28:49Z)

La place de Premier ministre dans la Vème République n'est pas de tout repos surtout lorsque le président de la République est fort et présent (typiquement CDG, VGE entre 74 et 78, Tonton de 81 à 84, Sarkozy). Il existerait pourtant une disposition qui permettrait au PM de garder son pré carré, qui n'est pas sans précédent dans l'histoire parlementaire de la France. C'est que le PM conserve un ministère régalien (Intérieur, Justice, Finances, Défense, Affaires Etrangères) dans lequel il peut mener une politique concrète au lieu de faire de la coordination des ministères. Sous la seconde Restauration, Talleyrand assurait (mal) la présidence du conseil et les relations extérieures; Decazes a assez habilement présidé le conseil en étant ministre de l'Intérieur. Je ne sais plus quel président de la IIIè avait été auparavant ministre de l'Intérieur puis président du conseil tout en conservant l'Intérieur. Raymond Barre a cumulé Matignon et les Finances.
On objectera que cela fait beaucoup, surtout avec des gouvernements qui comportent une quinzaine de ministres et 25 ministres délégués ou secrétaires d'état.
Pourtant, au cours de cohabitations, le PM devient, de fait, président du conseil et un ministre devient dans les faits le véritable premier des ministres parce que son domaine d'action est centré sur le programme électoral de la nouvelle majorité parlementaire. Ce fut le cas en 86: Chirac a été le chef officieux de l'exécutif et Balladur, aux Finances, le PM officieux. En 97, Jospin a mis en avant Aubry (qui n'avait pas un poste régalien) parce que la mise en oeuvre des 35 heures était le fer de lance de sa politique.
Le cas Balladur est différent. Il ne pouvait pas servir de fusible: avec Mitterrand qui s'éteignait à petit feu et limitait ses engagements au strict nécessaire, nul n'avait intérêt à le faire sauter, cela aurait entraîné une crise institutionnelle très grave. L'état de santé de Mitterrand était tellement connu à l'étranger que Balladur a fait fonction de chef de l'Etat. Exemple frappant: pendant la crise des otages du vol Alger-Paris, il a été l'interlocuteur direct du président Bouteflika qu'il a bousculé téléphoniquement au mépris de tout protocole. Il a échappé à l'enfer de Matignon; sa damnation est venue d'ailleurs…

phi (2008-11-01T09:17:00Z)

Je crois plutôt que Rocard veut montrer la perversité de Mitterrand, qui «n'était pas un honnête homme»…

Il a aussi fallu, probablement, convaincre Rocard de laisser le champ libre au 2eme mandat de Mitterrand; d'où nomination comme 1er ministre éphémère, juste le temps de le griller un peu. Ça me fait sourire, ces manipulations qu'on prête à Sarkozy, un amateur par rapport à ce qu'a dû être Mitterrand.

Fork (2008-10-31T17:23:04Z)

Moi non plus ça ne me plairait pas, mais pas du tout, d'être premier ministre.
Je me demande combien de personnes en France le souhaiterait (et combien de ceux-ci sont des anciens de Sciences-Po ou de l'ÉNA).

Le Petit Chose (2008-10-31T10:15:17Z)

C'tte bonne blague ! La nomination de Michel Rocard ne faisait pas un pli, il n'y avait aucun suspense, tu es trop jeune pour t'en souvenir mais entre les deux tours en 1988, Mitterrand s'est promené à pied avec Rocard sous l'oeil complaisant des photographes pour bien faire comprendre aux français qu'il serait nommé à Matignon s'il était réélu.
Soit Rocard devient gâteux, soit il veut se moquer de Bérégovoy un peu trop facilement puisqu'il n'est plus là pour donner sa version du repas.


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