Comments on Dernières réflexions sur la présidentielle

Benjamin (2007-05-05T20:43:56Z)

@anonyme : il faut y voir, outre une marque de stupidité, une peur de la cohabitation, synonyme pour beaucoup d'immobilisme (si tant est qu'il y ait des réformes notables lorsque l'assemblée et le président sont de la meme couleur …).

Après, je ne fais que retranscrire ce que j'ai entendu autour de moi lorsque ce débat a été abordé, cette réaction peut etre donc cantonnée à certains milieux.

Anonyme (2007-05-05T19:33:58Z)

@ Benjamin
Il faut être vraiment idiot pour voter aux législatives pour un candidat qu'on n'aime pas afin de lui donner une majorité forte puisque les institutions de la Ve donnent pratiquement tout le pouvoir au parlement en cas de cohabitation.

C'est d'ailleurs assez bizarre. De Gaulle, partisan du pouvoir exécutif fort ne semble pas avoir imaginé le scénario de la cohabitation, pensant probablement qu'en un pareil cas le président démissionnerait. Du coup selon la couleur de l'Assemblée le président passe de "chef suprême" à "inaugurateur de musées".

Vicnent (2007-05-05T15:02:06Z)

Hum…

Le directeur du Cevipof, Pascal Perrineau, revient sur le profil des électeurs des principaux candidats à l'élection présidentielle. Les chiffres qu'il cite sont ceux du sondage sortie des urnes Ipsos-Dell-Europe 1-Le Point-France 2-20 minutes, effectué le 22 avril 2007.

"Concernant Nicolas Sarkozy, il n'y a pas eu de véritable effet de genre qui l'aurait défavorisé. Le candidat UMP fait même légèrement mieux chez les femmes (32 %) que chez les hommes (30 %), battant sur ce point Ségolène Royal, en faveur de laquelle 27 % des femmes ont voté. En revanche, on constate un effet d'âge : Nicolas Sarkozy est en dessous de sa moyenne nationale chez les 18-24 ans et les 25-34 ans, et il n'atteint son niveau national pour le dépasser que chez les électeurs d'âge mûr, et particulièrement chez les plus de 60 ans. Mais il faut bien voir que la société française vieillit dans sa structure socio-démographique, un mouvement que la candidat a épousé, parvenant à séduire des pourcentages extrêmement élevés chez les 60-69 ans (41 %) et chez les 70 ans et plus (46 %). En termes de sociologie, elle est relativement traditionnelle pour un candidat de la droite classique. C'est chez les artisans-commerçants et chefs d'entreprise (40 %) et les agriculteurs (35 % ont voté pour lui) qu'il bat ses records, mais il ne connaît aucun effondrement dans aucune couche sociale. Par exemple, 28 % des employés lui ont apporté leurs suffrages. Il a donc un niveau d'implantation assez homogène au-delà des bastions de la droite classique. Même une partie non négligeable des classes populaires lui ont fait confiance.

Ségolène Royal, comme je l'ai dit, ne bénéficie pas d'effet de genre. En revanche, les jeunes se sont bien retrouvés dans la candidate socialiste : 29 % des 18-24 ans ont voté pour elle, soit 3 % de plus qu'en faveur de son rival UMP. Son succès est celui des couches moyennes : 31 % des professions intermédiaires ont voté pour elle, et 31 % des professions libérales et des cadres supérieurs. En revanche, la reconquête des milieux populaires n'a pas vraiment abouti : seulement 21 % des ouvriers ont voté en sa faveur.

François Bayrou constitue un vote relativement jeune. S'il ne rassemble pas autant d'électeurs que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy dans cette catégorie, il capte cependant 19 % des voix des 18-24 ans et surtout 23 % des 25-34 ans, au-delà de son niveau national. En revanche, il connaît une faiblesse chez les 60 ans et plus, où la concurrence électorale avec Nicolas Sarkozy a joué en faveur de ce dernier. En matière socioprofessionnelle, c'est intéressant : François Bayrou obtient ses meilleurs scores chez les professions libérales et cadres supérieurs (29 %) et chez les artisans commerçants (24 %), c'est-à-dire dans les couches supérieures. Mais il n'arrive pas à pénétrer dans les couches populaires. C'est parce que ce verrou populaire n'a pas sauté qu'il n'est pas au second tour.

Concernant Jean-Marie Le Pen, on trouve des choses relativement classiques. Deux fois plus d'hommes ont voté pour lui que de femmes (14 % contre 7 %). Et il conserve ses deux bastions : celui des professions indépendantes, avec un bon score chez les agriculteurs, et celui des ouvriers. Selon Ipsos, c'est toujours lui qui est placé en tête par les ouvriers : 24 % disent avoir voté Le Pen, 20 % Sarkozy, 20 % Royal. On retrouve dans la sociologie ce que je disais à propos de la géographie électorale : la capacité du candidat FN à exprimer encore une partie de la protestation populaire et du malaise social.

Olivier Besancenot, qui termine cinquième, bénéficie lui d'un phénomène de jeunesse. 9 % des 18-24 ans déclarent avoir voté pour lui, soit plus du double de son score. On voit bien comment le candidat de la LCR a parlé à une partie minoritaire mais significative des plus jeunes, comme en 2002. Son score atteint notamment 9 % chez les étudiants, plutôt dans les couches moyennes inférieures.

Quant à Marie-George Buffet, son score – moins de 2 % des suffrages – marque la disparition du communisme électoral. Et il est frappant de voir que la candidate communiste n'existe presque plus nulle part : même chez les ouvriers, elle n'obtient que 2 %, soit à peine plus que son score national. Le communisme semble vraiment entré dans sa phase terminale de déclin. Pour la première fois à ce degré-là, il n'a plus aucune structure sociologique. Plus aucun milieu ne porte l'idée et la candidate communistes. Et ce, même si Marie-George Buffet s'est montrée très discrète, à savoir que son appartenance communiste n'était pas mentionnée sur ses affiches."

source : <URL: http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-823448,50-900832,0.html >

ivo (2007-05-05T12:20:41Z)

Il est raisonnable de penser (je crois) qu'il y a un effet d'entraînement si on vote pour des idées, une conception de l'avenir. Mais si on vote aux présidentielles contre un candidat, pour "le moins pire", pour un candidat plutôt que pour un parti ou des idées, ou si même un parti est en décalage par rapport à sa base, etc, alors cet effet d'entraînement peut à mon avis se contredire voire s'inverser. Et puis, aux législatives le côté local peut jouer un rôle.

nameornick (2007-05-05T10:55:22Z)

Pas d'accord, 49% pour le/la vaincu(e) n'est pas du tout pas pareil que 5%: dans le premier cas on peut prétendre être chef de file de l'opposition et réver à 2012, dans le second on se fait étriper par les cadres du parti le soir même.

Benjamin (2007-05-05T09:50:48Z)

Pour 2002, certains électeurs pas forcément de droite se sont aussi un peu fait avoir en pensant que J. Chirac, fort de 82% des voix, ferait un gouvernement avec une large ouverture vers le centre, plut^t que de considérer que les français avaient voté à droite par adhésion. Et se sont retrouvés à voter UMP aux législatives pour lui donner une majorité forte.

Médard (2007-05-05T07:34:52Z)

pour les non latinistes ;-) :

Les dieux furent pour le vainqueur, mais Caton pour le vaincu.
Lucain, dans le cinquième chant de son poème de la Pharsale, où il raconte la lutte entre César et Pompée, pose une question à laquelle il ne fait qu'une réponse voilée : « Lequel a eu raison de prendre les armest ? Les dieux ont été pour César, mais Caton fut pour Pompée. »
Caton, après la bataille de Pharsale, réunit les débris de l'armée républicaine, et, quand il apprit la déroute de Thapsus, où succombèrent les derniers adversaires de César, il se perça de son épée dans Utique, pour ne pas survivre à la liberté.

http://www.abnihilo.com/v/vi_b.htm

A. N. O'Nyme (2007-05-05T00:00:47Z)

On pourra quand même noter que d'après le dernier baromètre SOFRES (bien sûr, sondage, précautions d'usage etc), les 2/3 des chefs d'entreprises et commerçants, et une légère majorité (52%) de cadres sup et de professions intellectuelles (donc vu la marge d'erreur en gros la moitié) pencheraient pour M. Sarkozy, ce qui contredit quelque peu ce que tu avances. (Par contre, j'ai lu également le sondage dont tu parles à propos des préférences du public des différents media: sans surprise pour la presse écrite, mais plus amusant pour la télé et la radio).
Quant à l'effet d'entraînement, on a pu y assister en 2002, dans des circonstances certes particulières, mais aussi en 1981, alors qu'on prédisait avant les élections l'impossibilité pour Mitterrand d'obtenir une majorité stable pour gouverner.


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